7 : À quatre.
Cela faisait deux semaines que la rencontre avec Adèle était passée. Emma avait organisé un déjeuné la semaine suivante avec ses parents, sa soeur et Regina, au restaurant, pour que tout le monde se rencontre, et tout c'était parfaitement bien passé. Sa famille adorait la brune, sa soeur était venue la voir avant de partir, et lui avait soufflé qu'elle ne devait pas la laisser filer, parce qu'elle était parfaite. La blonde s'en trouvait soulagée, toute sa famille aimait la brune, l'acceptait et en plus ils étaient tous persuadée que c'était la bonne. Adèle parlait de Regina souvent, trop souvent au gout de la blonde d'ailleurs. Emma était frustrée de ne pas voir la brune plus souvent alors quand sa fille lui en parlait tout le temps ça ne l'aidait pas, mais au moins elle avait la certitude qu'Adèle l'aimait. Il ne restait plus que la rencontre avec Henry senior et toute leurs famille saurait.
Ce matin là, Emma ouvrit les yeux et tomba nez à nez avec les yeux bruns et amoureux de son amante. La veille, Adèle avait demandé au dernier moment à aller dormir chez sa copine avec qui elle faisait du surf, alors la blonde l'avait déposée et avait ensuite appelé sa belle pour lui demander si elle pouvait passer la soirée ensemble. Évidemment, Regina avait été ravie, et avait tout de suite accepté, mais lui avait demandé de venir chez elle, puisque que de toute manière Henry voulait la revoir. Ils avaient passé la soirée ensemble, et une fois le jeune garçon couché, la brune avait tiré Emma dans sa chambre pour l'embrasser en la déshabillant. Pour la seconde fois depuis qu'elle avait passé le cap Regina lui avait demandé de lui faire découvrir ce qu'elle ne connaissait pas encore du sexe entre femmes, résultat elles avaient passé des heures à se donner l'une à l'autre, et ce matin Emma sentait son corps la tirer.
-Bonjour Emma. Ronronna la brune, avec sa voix chaude et rauque du matin en se penchant pour embrasser le visage pâle enfouit dans l'oreiller.
-Ma puce. Marmonna Emma, à peine réveillée.
-Ma puce? Interrogea Regina, contre sa peau, avec un sourire.
La blonde passa un bras autour de sa taille, et la serra contre elle, pour l'embrasser.
-Ça m'a échappé. Tu veux pas que je t'appelle comme ça? Marmonna Emma, à peine réveillée.
-Si, je veux. Sourit la brune en venant chercher un baiser. Je veux être l'unique, la seule pour toi. Je veux plus vivre sans toi.
-Mais tu es l'unique Gina, y a personne d'autre. Assura la blonde en venant l'embrasser encore. Je vais te le prouver, je vais faire le petit déjeuné pour toi et ton fils. Prends ton temps pour te lever.
-Tu n'es pas obligée. Sourit Regina.
-Je sais, mais j'en ai envie. Elle sortit du lit, mit son boxer et attrapa la chemise blanche et large de sa compagne pour l'enfiler. Je t'aime. Murmura-t-elle en se penchant au dessus de la brune pour l'embrasser.
-Moi aussi. Sourit la brune en la regardant sortir de la chambre.
Emma se rendit seule dans la cuisine, et se mit à préparer des pancakes pour ses deux Mills préférés. Elle fit aussi un chocolat chaud maison à la cannelle, tout en préparant la table de la cuisine pour manger. Elle du fouiller un peu dans les placards pour trouver ce qu'elle voulait, mais au moins elle pu voir que Regina était prévoyante, elle avait tout ses placards pleins, des possibilités à l'infini de confitures et pâtes à tartiner. Alors qu'elle faisait revenir les pancakes dans la poêle, elle fut surprise.
-Vous devez être Emma.
Elle sursauta, plaquant une main sur son coeur en se tournant. Un homme de taille moyenne, dégarni, avec des cheveux blancs et une petite barbe tout aussi blanche était devant elle.
-Excusez moi de vous avoir fait peur, ce n'était pas mon but. Sourit gentiment l'homme.
-Ce n'est rien. Soupira Emma, se remettant de ses émotions. Vous devez être le père de Regina, c'est ça?
-Henry, enchanté de vous rencontrer Emma, ma fille et mon petit fils n'ont que votre nom à la bouche. Sourit l'homme. Regina m'avait dit que vous étiez la plus belle femme du monde.
-Elle vous a dit ça? Sourit la blonde, en tirant sur sa chemise mal à l'aise.
-Oui, je crois qu'elle vous aime un peu beaucoup. S'amusa gentiment Henry. Et j'espère qu'elle vous l'a dit, parce que sinon elle va me tuer. Rajouta-t-il.
-On se l'ai dit une bonne dizaines de fois, si ce n'est plus. Assura Emma avec un sourire.
-Bien. Vos pancakes. Prévint Henry s'en perdre son sourire.
-Mince! Mince! Mince! S'exclama Emma en se retournant rapidement. Vous prenez quoi pour le petit déjeuné? J'ai fais un chocolat chaud cannelle pour Henry, Regina et moi, vous voulez quoi?
-La même chose se sera très bien. Sourit l'homme. Il vit la blonde sortir une nouvelle assiette et un mug pour lui et l'ajouter à la table. Les deux ne sont pas réveillés?
-Henry je ne sais pas, mais Regina est réveillée, elle ne devrait plus tarder. Répondit Emma.
Elle continua les pancakes, pendant que l'homme s'installait à table. Alors qu'elle avait presque fait tout le saladier ils entendirent un ronronnement.
-Hmm...ma fleur ça sent délicieusement bon. Geignit Regina en entrant dans la cuisine sans voir son père elle se colla à la blonde pour embrasser son oreille, habillée d'une robe bleue très simple.
-Ton père est là. Souffla Emma, avec un léger sourire, au surnom que la brune avait laissé échappé, pour la seconde fois depuis qu'elles se connaissaient, elle l'avait appelée ainsi quelques jours avant au milieu de sa boutique.
Regina sursauta et se tourna pour voir son père qui souriait.
-Papa? Mais que fais tu là? S'étonna la brune.
-Je n'ai plus le droit de venir voir ma fille et mon petit fils le week-end? Sourit l'homme.
-Bien sur que si. Je ne m'attendais pas à te voir si tôt c'est tout. Fit Regina un peu mal à l'aise.
-J'étais venu avec l'idée de vous préparé le petit déjeuné, mais je suis arrivé et j'ai découvert une jeune femme prenant ce rôle déjà. Sourit Henry. Je crois que je vais devoir me faire au fait que quelqu'un prend soin de ma fille.
-Elle prend bien soin de moi, mais tu seras toujours le bienvenu. Sourit la brune. Je vais chercher Henry. Elle se tourna et embrassa la joue d'Emma. Merci pour tout ça.
La brune disparu, et Emma discuta avec Henry senior pendant ce temps là, jusqu'à ce qu'ils entendent des pas rapides et peu légers dans les escaliers. Quelques secondes après Henry arrivait en courant.
-Papy! Hurla-t-il en venant dans les bras de son grand père. Regina arriva derrière, pieds nus elle était bien plus discrète. T'as vu papy! Emma est là! Elle a passé la soirée avec maman et moi et on a regardé un super film.
-Fantastique? Interrogea l'homme.
-Oui! Emma adore aussi! S'emballa le jeune garçon.
Durant tout le petit déjeuné, le jeune garçon ne tarit pas d'éloges sur Emma, qui fit connaissance avec le père de sa compagne. Adèle passant la journée avec son amie au surf, Emma pu rester avec les Mills, apprenant ainsi à les connaitre.
Pendant les deux mois qui suivirent, les deux femmes s'arrangèrent pour se voir souvent, dormant l'une chez l'autre le plus possible, leurs parents et Elsa étant toujours partant pour garder les enfants au besoin. Quand à ces derniers ils étaient toujours ravis de passer du temps avec leurs mères respectives et la compagne de celle ci. Adèle avait trouvé en Regina quelqu'un pour parler littérature et culture, même si sa mère le pouvait aussi, Regina avait bien d'autres références et une culture plus grande encore, alors elle adorait discuter avec elle. En fait la brune était comme sa meilleure amie, Adèle n'était pas très douée avec les enfants de son âge, elle était bien plus à l'aise avec les adultes et particulièrement avec l'amoureuse de sa mère. Au point, que la blonde était des fois jalouse, quand les deux parlaient ensemble elle ne pouvait ni passer du temps avec sa fille ni avec sa compagne, et se sentait frustrée. Lorsqu'elles passaient du temps avec Henry, le jeune garçon s'employait -avec l'aide d'Emma- à convertir sa mère à la science fiction et au fantastique, il estimait que Regina les aimant tout les deux très fort devait forcément aimer aussi leurs genres littéraires et cinématographiques préférés. Tout trois passaient beaucoup de temps ensemble, tout comme Adèle, Emma et Regina, et tout se passait à merveille.
Ce soir là, Adèle était couchée, Henry chez son grand père, le ciel laissait voir de belles étoiles, et la brune passait la nuit chez sa compagne. Cette dernière était installée sur le fauteuil du balcon du salon, une cigarette à la main, et Regina vint s'installer sur ses genoux, les bras autour de ses épaules, et l'embrassa sur le front.
-J'ai observé la bibliothèque d'Adèle tout à l'heure, Henry et elle ont plein de livres en communs. Remarqua-t-elle.
-En parlant de ça, je voulais qu'on discute. Reprit Emma, en passant son bras libre autour des hanches de sa compagne.
-Dis moi ma belle. Encouragea Regina.
-Cela fait quatre mois qu'on est ensemble, et plus de deux qu'on connait l'enfant de l'autre. Plaça la blonde. Et je sais pas pour toi, mais ça m'énerve de voir qu'on peut pas être en famille, c'est ton fils, puis ma fille, puis ton fils, puis ma fille, etcétéra. Mais jamais on peut se voir tout les quatre.
-Je sais, mais on peut faire quoi? Remarqua la brune.
-Je ne sais pas, mais Gina, je compte pas te laisser partir, je suis désespérément amoureuse de toi, et je veux avancer avec toi, mais ton fils et ma fille passent avant tout on a toujours été d'accord là dessus. Reconnu la blonde.
-Attends t'es pas en train d'essayer de me quitter? S'inquiéta Regina.
-Non, bien sur que non. Mais je me rends compte que on essaye de pas faire de face à face avec les enfants, parce qu'on s'est dit qu'on avait le temps. Mais faudra bien que ça arrive à un moment ou l'autre. Remarqua Emma. Et je ne sais pas si tu as remarqué, mais plus j'apprends à connaitre ton fils, et plus je me rend compte qu'il-
-Ressemble beaucoup à Adèle. Termina la brune. Ils ont énormément de points communs, j'ai remarqué. D'ailleurs je me suis souvent fais la remarque qu'ils pourraient être de grands amis si ils n'avaient pas décidé de se faire la guerre.
-Exact. Acquiesça Emma, avant de tirer sur sa cigarette. Donc j'ai une idée. Ton fils aime le musée des arts?
-Oui, pourquoi? Demanda Regina, en fronçant les sourcils, la regardant tirer sur sa cigarette.
-On y va demain avec Adèle, Henry et toi pourriez nous rejoindre. On leurs dit rien. Et on voit comment ça se passe. On pourra essayer de comprendre leurs colère au moins, comme ça. Remarqua la blonde.
-On peut essayer. Accepta la brune, en la regardant tirer une nouvelle fois sur sa cigarette. Pourquoi je ne t'ai jamais vu fumer avant?
-Parce que je n'ai jamais fumé devant toi avant. Sourit Emma. Tu fumes toi?
-Je fumais quand j'étais jeune, puis j'ai eu Henry et j'ai jamais retiré sur une cigarette. Se souvint Regina. Je peux?
Emma accepta et lui donna la sienne. La brune se lova contre elle, et termina la cigarette avant de la mettre dans le cendrier. Elles restèrent silencieuses à regarder les étoiles, et Regina sentit son corps s'échauffer quand elle vit les mains de la blonde la caresser.
-Em', c'est normal que j'ai continuellement envie de toi? Murmura la brune.
-Parce que je suis la meilleure. Souffla la blonde en embrassant le cou de son amante.
-Tu voudrais pas m'emmener dans ta chambre pour me le prouver. Sourit Regina.
-J'ai tellement envie de toi. Marmonna Emma, en glissant ses mains sous la robe de la jeune femme.
-Pas sur le balcon quand même. Soupira la brune.
-Ça risque pas. Souffla la blonde en se levant, son amante dans ses bras. Je veux que personne ne te vois, t'es rien qu'à moi. Susurra-t-elle en mordillant son cou.
Rapidement elles se retrouvèrent dans la chambre, pour un énième moment de tendresse et d'amour.
Le lendemain, Regina partit chez elle dans la matinée. Elle avait convenu de se retrouver à quinze heure au musée, et de ne rien dire à leurs enfants. Emma avait dit à Adèle qu'elle ferait un tour au musée d'art, en compagnie de la brune, et sa fille avait sauté partout dans l'appartement, ravie, sans même se douter que Henry avait eu la même réaction. Des deux côtés, les deux femmes angoissaient un peu, elles avaient peur de ce que ça allait donner. La brune arriva la première avec son fils, et prit deux places.
#Em', j'ai pris les entrées pour Henry et moi, nous sommes dans le hall sur une banquette.# Envoya-t-elle à Emma pour la prévenir.
La blonde reçu le message alors qu'elle et Adèle grimpaient les marches de l'entrée du musée, et se mordilla la lèvre.
-C'est Regina? Elle est déjà arrivée? Demanda sa fille.
-Heu...oui. Fit Emma en rangeant son téléphone. Elle a son entrée, on va prendre les notre et on les-la rejoint. Se reprit-elle.
Les deux prirent leurs tickets d'entrée, et Emma chercha du regard sa compagne. Cette dernière la vit et se leva de la banquette pour faire signe à la blonde.
-Maman? Interrogea Adèle alors qu'elles s'approchaient des Mills. Dis moi si je rêve, c'est Henry? Grogna-t-elle.
-Peut-être. Marmonna Emma.
-T'es sérieuse?! Tu m'as vraiment fait ce coup là?! S'exclama sa fille.
-Non mais d'où tu me parles comme ça? T'es sûre d'avoir dix ans? Gronda la blonde.
-J'ai presque onze. Soupira Adèle.
-Ça ne justifie rien. Reprit Emma. Écoute, tu es mature, et réfléchie, essaye de l'être avec Henry. Tu adores Regina, c'est son fils, tu devrais l'aimer. Essaye, pour moi, s'il te plaît. Supplia-t-elle.
La jeune fille grogna et se tourna vers les deux Mills qui les avaient rejoint. Les deux femmes se sourirent timidement, avant d'échanger un furtif baiser. Emma garda une main dans le dos de sa compagne, avant qu'elles ne regardent leurs enfants. Les deux se regardaient droit dans les yeux, les bras croisés sur la poitrine, le regard dur. On aurait dit des personnages de dessins animés près à rentrer en guerre.
-Bon allez, on y va. S'exclama Emma, un peu mal à l'aise.
Elle partit devant, avec sa compagne, et elles purent entendre les deux trainer des pieds pour les suivre. La journée n'allait peut-être pas être une réussite, rien n'était gagné. Dès la première salle, Adèle alla voir les oeuvres de droite et Henry celles de gauche.
-Ma puce, ça te dérange si je parle à ton fils? Demanda tout bas la blonde, en embrassant le dos de sa main dans la sienne.
-Vas y je vais avec Adèle. Sourit Regina.
Elles partagèrent un baiser volant, et la blonde alla auprès d'Henry. Elle resta silencieuse jusqu'à la deuxième salle.
-Dis moi, content d'être là? Sourit gentiment la blonde.
-Je l'étais avant de me rendre compte que c'était un coup monté de vous. Marmonna le garçon en regardant les oeuvres.
-Pourquoi tu détestes ma fille? Demanda Emma, de but en blanc.
-C'est pas contre toi. Soupira Henry en la regardant. Je t'adore, et je suis content que tu sois l'amoureuse de maman, je-
-Je sais, tu me l'as dis dès la première rencontre. Rappela la blonde. Mais j'aime ta mère tu sais, j'aime ma fille, et je t'adore aussi, alors c'est de plus en plus compliqué pour nous d'avoir une relation sans pouvoir voir nos enfants en même temps. Alors je voudrais comprendre. Expliqua-t-elle.
-Je voulais l'aider moi, et elle elle a un caractère de merde, elle a crié et frappé parce que j'avais osé la défendre. Franchement, elle est pas nette. Grogna durement le garçon, en avançant.
-Tu parles de ma fille quand même. Gloussa Emma, pour le détendre.
-Pardon. Soupira Henry. C'est juste que depuis le début, elle est toujours méchante, fermée et refuse d'être cool, alors qu'au début moi j'ai essayé de lui parler et je suis venu la défendre, pour l'aider, alors franchement, c'est pas à moi ni de faire des efforts ni de m'excuser. Grogna-t-il.
-Ok. Soupira la blonde. Elle regarda Henry avancé et tourna la tête sa fille de l'autre côté, avant d'être surprise par une main dans la sienne. Gina! Se surprit-elle.
-Ta fille ne veut pas faire le premier pas ni d'effort. Souffla la brune. Dis moi que mon fils t'as aidé à comprendre le pourquoi du comment et accepte de faire le premier pas. Supplia-t-elle.
-Ni l'un ni l'autre. Soupira Emma, en l'emmenant avec elle. Il m'a juste dit qu'il trouvait qu'elle avait un caractère pourri et que lui était allé vers elle pour finalement se faire remballer, et ne risquait pas de prendre le risque de le refaire, il estime que c'est à elle de venir vers lui en gros. Résuma-t-elle.
-Emma, comment on va faire? Paniqua Regina, crispée sur le bras de son amante.
-Je ne sais pas, mais on va y arriver, je te le promets. Murmura la blonde, en venant chercher un baiser. J'imagine plus ma vie sans toi. Elle l'embrassa une seconde fois, avant de continuer d'avancer, leurs enfants regardant les oeuvres dans les salles.
-Moi non plus, mais un jour on voudra plus, on voudra vivre ensemble et on pourra pas si ça continue. Marmonna la brune.
-Est ce que tu as confiance en moi? Demanda Emma en la regardant droit dans les yeux.
-Oui, Em', bien sur. Acquiesça Regina, sans savoir où elle voulait en venir.
-Alors fais moi confiance, je te jure de trouver une solution. Promit la blonde avant de l'embrasser.
Adèle et Henry, chacun à un côté de la salle, se tournèrent pour parler à leurs mère respective, mais esquissèrent un sourire en voyant les deux enlacées. Ils tournèrent le regard, et se virent, leurs sourires disparurent de suite, et ils se fixèrent durement, se provoquant avec leurs regards, pas prêts, ni l'un ni l'autre à lâcher l'affaire.
Les quatre firent la visite durant une heure de plus, les deux refusant de s'adresser la parole. Finalement, après un passage par la boutique, ils quittèrent le musée. Devant la porte, les deux femmes lièrent leurs mains et partagèrent un regard, se mettant d'accord silencieusement.
-Glace? Proposa Regina avec un sourire.
-Ouais! S'écrièrent les deux enfants avant de se regarder en boudant.
La blonde leva les yeux au ciel, et se remit à avancer.
-On prend votre voiture? Adèle et moi sommes venues à pied. Précisa Emma.
-On va monter dans la même voiture? S'exclama le jeune garçon.
-Henry! S'indigna Regina. Je ne t'ai pas élevé comme ça, tu boudes et restes silencieux devant Adèle c'est déjà peu poli, mais vu qu'elle fait la même chose, je te le passe, mais là tu vas trop loin. C'est ma voiture, elles sont les bienvenues, point à la ligne. Imposa-t-elle.
C'est en grognant que Henry monta, et Adèle le fit aussi, timidement. Emma, porte ouverte, regarda sa compagne de l'autre côté de la voiture.
-T'es sexy quand tu t'énerves. Articula la blonde, juste pour sa compagne.
-Pas le moment. Grogna Regina en rougissant. Mais rappelles le moi un de ses quatre. Sourit-elle.
-Je te pensais pas comme ça. Sourit Emma. La brune lui fit un clin d'oeil et s'assit derrière le volant. Alors elle fit de même, mais avant de s'attacher elle embrassa sa joue. Je t'aime plus si c'est possible.
Regina gloussa et tourna la tête vers elle pour lui voler un baiser. Les enfants à l'arrière, se recroquevillèrent légèrement, un peu honteux de par leurs comportements alors que leurs mères étaient amoureuses, mais pas prêts à faire plus le premier pas. La voiture démarra et ils partirent vers le front de mer. Alors qu'ils roulaient en silence depuis quelques minutes, Henry osa.
-Maman, t'es en colère? Demanda-t-il.
-Non, légèrement agacée serait plus exact. Remarqua la brune, avant de taper la cuisse de sa compagne qui souriait mutinement à côté. Tais toi, toi. Grogna-t-elle discrètement.
-Faut que je fasse quoi pour que tu sois plus agacée? Interrogea Henry.
-C'est pas comme ça que ça fonctionne Henry, et tu le sais. Argua la brune en se garant. Ce que tu sais aussi, c'est ce qu'il faut faire pour que je ne sois plus agacée. Ajouta-t-elle rapidement. Pour le moment glace.
Tout les quatre, ils partirent chez le marchand d'à côté, prirent chacune une glace et allèrent s'installer sur le sable pour discuter. Emma comme Regina essayaient de faire en sorte que leurs enfants se parlent, que les choses avancent, mais c'était bien plus compliqué que prévu, les deux n'étaient pas du tout coopératifs, et répondaient à moitié. Les seuls moments où ils répondaient vraiment, c'était quand la question les intéressaient et que la réponse ne pouvait s'adresser qu'aux mères et non à l'autre enfant. Cependant, les deux jeunes ne loupaient pas un moment pour agacer l'autre, en se moquant avec des grimaces quand l'autre parlaient, en lançant des piques par moment -que leurs mères repéraient et les punissaient d'une petite tape discrète, plus pour la forme que pour vraiment punir-, les deux ne cessaient d'être mesquins, avec des enfantillages de leurs âge. Alors qu'Henry parlait, répondant à une énième question, Adèle fit des grimaces à côté se moquant de lui.
-Mais tu es une gamine! Arrête ça! S'énerva le jeune garçon.
-Moi je suis une gamine!? Et tu te crois adulte parce que t'as un an de plus?! T'es aussi gamin que moi, et peut-être plus même! S'emporta le jeune fille.
-Impossible, plus gamine que toi ça existe pas! Tu fais des grimaces quand je parle, c'est mature ça peut-être? Provoqua Henry, alors qu'Emma soupirait se massant les tempes.
-Tu te fous de moi, tu faisais la même chose deux minutes avant! S'énerva Adèle.
-Stop. Imposa Regina. On a bien comprit, vous ne voulez pas faire des efforts. Râla-t-elle. Emma et moi avons toujours tout fait pour vous, et aujourd'hui on vous demande une chose, une seule, faire un effort avec l'enfant de celle qu'on aime, et vous n'êtes pas fichu de le faire. Ça fait plaisir de voir que vous nous aimez. Grogna-t-elle en se relevant.
-Adèle ça vaut pour toi aussi, hein. Je suis d'accord avec Gina. Appuya Emma, elle voulait être sûre que sa fille comprenait bien, c'était Regina qui parlait mais pour elles deux, elle ne voulait surtout pas que Adèle pense qu'elle n'était pas concernée parce que c'était la brune qui parlait et non elle.
-On rentre. Imposa de suite la brune, agacée.
Elle se leva et Emma la suivit rapidement. La brune les emmena chez elles, les déposant devant la boutique, et sortit laissant Henry dans la voiture. Adèle prit les clés et monta, laissant les deux mères.
-Détends toi ma puce. Murmura Emma. Je t'aime, et même si on doit en passer par des semaines de galères, je t'aime et je reste avec toi. Promit-elle avant de venir l'embrasser.
-Je te le promets aussi. Je t'aime. Souffla Regina en l'embrassant aussi.
Après plusieurs baisers, elles rentrèrent chacune de leurs côtés, le coeur lourd, et prêtes à avoir une longue discussion avec leurs enfants respectifs.
