Bonne Année! ^^
Bon j'avoue j'ai vraiment du retard ^^'
Mais c'est le temps des résolutions et il y en a une que je ne vais pas prendre à la légère. Je vais donc désormais essayer de m'avancer sur les chapitres et ne pas vous faire des promesses que je ne tiens pas, Hein "une semaine (et demie)" mon œil -´
Bref merci du fond du cœur pour votre soutien, vos commentaires adorables et excusez moi encore une fois. :,) Je ne mettrai jamais plus d'un mois à poster un chapitre.
Sur ce je vous propose la chanson "Kids" de MGMT ;)
Le vacarme de la cafète résonnait bruyamment dans mon crâne, comme si un tambour frappait contre les parois de mon cerveau. Je pris une grande inspiration avant d'ingurgiter le jus infâme contre la gueule de bois que m'avait conseillé Will, la boisson poreuse coula dans ma gorge.C'était vendredi et comme d'habitude j'étais crevé. Néanmoins j'étais bien moins fatigué qu'il y a deux mois et j'avais développé des techniques pour ne pas être un zombie le vendredi, je dormais avant la fête et rentrais plus tôt pour récupérer un peu de sommeil. En gros j'étais devenu un expert des lendemains difficiles. La soirée dans le métro était devenue une drogue pour moi et je ne pouvais même pas m'imaginer décrocher. C'était pourtant la même chose à chaque fois, je buvais, je dansais, je mangeais et je m'écroulais sur la banquette avant d'atterrir chez moi. Et une fois au lycée, je reprenais ma vie normale, et ne laissais rien paraître. C'était clair, je ne devais parler de la fête à qui que ce soit, le bruit aurait pu se reprendre et ils auraient dû trouver en autre endroit. J'avais l'impression que c'était un précieux secret, si fragile que si je l'évoquais il s'envolerai, j'étais lier à cette fête. Annabeth et les autres n'étions plus rien pour les autres dès que le soleil se levait. Ça ne me dérangeait pas, c'était comme ça quoi que je fasse.
-Percy?! Mais tu m'entends ou quoi?!, s'écria Léo à côté de moi.
-Ouais désolé, je suis juste un peu crevé...
Léo et Piper me regardèrent étrangement mais aucun de ne posa de questions, au bout de trois mois ils commençaient à être habitués à me voir comme ça le vendredi. Et puis ils avaient renoncé à me demander pourquoi, étant donné que je répondais toujours vaguement. Aujourd'hui on n'était que trois, Jason et Frank étaient à leur entraînement de football et Hazel avait décidé d'accompagner Frank. C'était incroyable, que ce gros nounours ait réussi à intégrer l'équipe.
-Je demandai juste ce que c'était ça., reprit-il en pointant son doigt en direction de mon thermostat.
-C'est un jus énergisant, il y a des fruits, des légumes et des plantes...
Il me fixa de ses grands yeux bruns, complètement hébété.
-Percy! Faut pas prononcer ce genre de mots devant lui! Il est texan..., me chuchota Piper, en se penchant vers moi.
-Ouais mec c'est flippant..., reprit-il, un peu dégouté.
Piper était assise en tailleur sur la table, son assiette de frites sur les genoux.
-Attrape ça va te changer les idées!, cria la brune en lui jetant une frite. Il l'attrapa de justesse et un sourire satisfait apparu sur son visage, tandis qu'elle l'applaudissait.
-Merci! Enfin de l'huile pour alimenter ce feu perpétuel!
-Et moi ?!, grognai-je.
-Ah désolée, pour la peine t'en auras deux.
Elles atterrirent dans ma bouche.
- C'est cool ! Mr Président et Panda canadien auraient déjà pété un câble s'ils nous avaient vu faire.
-Hey c'est mon petit ami !, s'offusqua Piper en lui donnant un coup de coude. N'empêche t'as raison, une fois on a séché une heure de cours, il avait l'air si mal qu'on a du retourner au lycée parce que j'ai cru qu'il allait faire un malaise.
-Et Frank ! Dès qu'on prononce le moindre gros mot il devient aussi rouge que le drapeau canadien !
-Oh t'es rude avec lui !, le réprimanda-t-elle, pourtant morte de rire.
Je n'écoutais pas vraiment, j'avais vraiment la tête dans le cul et ce matin j'avais eu le droit à un rendez vous chez le principal, encore. Mes résultats étaient vraiment mauvais, j'étais habitué au mauvais mais je ne pensais pas que ça pouvait être pire. Il m'avait posé un ultimatum,je m'améliorais ou j'étais virer de l'équipe de natation. La natation c'était ma seule chance d'accéder à l'université.
-Pourtant pour Jason ça avait l'air d'aller à la fête.
Piper rougit un peu.
-D'ailleurs on devrait trop recommencer! En espérant que tu ne nous lâches pas par rejoindre des copains avec ta mystérieuse amie.
-Pourquoi tu remets ça sur le tapis?, me plaignis-je.
-Tu veux dire sortir du placard?, se moqua-t-il en me faisant un clin d'œil.
-En parlant de la louve, elle vient de rentrer avec toute sa meute, nous interrompit Piper.
Mon cœur rata un battement. Je me retournai, et la vis, cheveux au vent, un air hautain et mystérieux plaqué au visage comme une signature, suivie de Thalia, Will et Reyna.
-Je l'invite à nous rejoindre?, proposa le latino.
-Excuse moi, mais t'as un problème mental ou t'essayes vraiment d'anéantir le peu de réputation qu'il te reste?, ironisai-je.
Il commença à agiter sa main pour lui faire coucou et sourit comme un psychopathe, accompagné par Piper.
-Toi aussi ?
-Ouaip.
-Elle va jamais venir..., soupirai-je comme pour m'en persuader.
-Ça marche, elle arrive!
Je m'enfonçai un peu plus sur mon siège. Je n'avais absolument pas envie pas envie qu'Annabeth et mes amis soient réunis. C'était comme deux aspects de ma vie opposés. Le jour c'était mes amis, une vie tranquille bordée par l'ennui, c'était la "vraie" vie, les ennuis du quotidien, celle où mon avenir était flou. Et puis il y avait la nuit, Annabeth, la fête, là où rien ne semblait m'arrêter, mais c'était une illusion qui disparaissait dès le lever du jour. Ça ne pouvait pas se mélanger.
-Salut Percy, fit une voix familière en s'asseyant à côté de moi.
Je levai la tête pour la voir avec son sourire fière, tandis que ses amis s'installèrent en face. Comme d'habitude Thalia affichait une expression blasée à la limite de la colère alors que Will rayonnait et que Reyna était...sérieuse, déprimée?
-Salut Annabeth! Comment ça va?, lançai-je.
-Très bien surtout depuis que tu nous as enfin invité!, dit-elle en me fixant longuement, une lueur dangereuse dans les yeux, auquel je répondis par mon habituel sourire narquois.
-Ça devient gênant là..., coupa Léo.
Elle détourna la tête.
-Léo c'est bien ça?
-Oui tout feu tout flamme!
-Et Piper? Chef des pompon girls et petite amie de Jason?
-Yep! J'imagine que vous savez qu'on vous connaît?
-Le contraire m'aurait étonné mais par principe je vais faire les présentations, voici Thalia, Reyna et Will mon copain.
Je me raclai la gorge et elle répondit par un coup de pied dans le tibia.
-Salut!
-Alors que nous vaut ce plaisir d'être invités?, demanda Thalia sans grand enthousiasme.
-Oh rien de spécial je voulais faire connaissance avec la grande amie de Percy, Tu sais former une grande famille et tous ces truc. Depuis le temps qu'il arrête pas de parler d'elle!
Je lui jetai un regard qui disait "T'es sérieux mec?".
-Ah bon?, dit la concernée d'un ton amusé.
-Oui je te jure, absolument tout le temps!
-Mon frère n'est pas là?, s'inquiéta Thalia.
-Ah ouais où sont Jason, et l'autre jolie couple qui dansait ensemble? Comment ils s'appellent déjà ?
-Hazel et Frank. Non ils sont à l'entraînement de foot.
-Ah oui ! Très mignons ceux là, ils doivent vraiment être très amoureux.
Le sourire de Léo se décomposa un peu, et ses mains s'agitèrent nerveusement. Il semblait loin maintenant, perdu dans ses pensées. Piper et moi échangions un regard, on savait que Léo en était fou amoureux d'Hazel, mais il y avait Frank. Il avait conscience qu'il n'avait aucune chance.
Annabeth savait indéniablement ce qu'elle disait, repérer les faiblesses des autres était un véritable jeu pour elle, qui relevait quasiment de la stratégie guerrière.
-C'est à dire qu'ils ne sont pas ensemble, fit timidement Piper.
-Dommage mais ça ne saurait tarder. Et toi Léo, ça avance après la douche froide avec Khioné ?
-Non d'ailleurs Pip's t'aurais pas une magnifique pompom girl à me présenter pour que je puisse l'enflammer?
-Premièrement si tu fais encore une référence au feu je t'immole, deuxièmement compte pas sur moi, le menaçât-elle avec sa frite.
-Égoïste ! Tu les prives d'une chance merveilleuse !
-Priver serait pas le mot, ajoutai-je.
-Et toi Miss Populaire tu connais personne ?
Il regarda en direction de Reyna et Thalia. Celles-ci semblèrent le remarquer.
-Toi si tu m'approches d'un centimètre c'est pas une douche froide que tu vas te prendre!, menaça Thalia.
-Un bisous alors?
Elle leva les yeux au ciel, exaspérée et posa sa main sur la sienne. Il sursauta.
-Aïe! Putain c'est quoi ça?!, criat-t-il en désignant le petit objet métallique qu'elle avait dans la main.
-C'est rien, ça donne juste une petite décharge. Je t'avais prévenu.
Il secoua sa main et lui lança un regard noir qu'elle ignora royalement.
-Je peux pas dire que le courant n'est pas passé., ronchonna-t-il.
Il dirigea son attention vers Reyna qui pour simple réponse le regarda sévèrement. Il gloussa.
-Sinon Léo, t'as qu'à venir à ma fête pour le nouvel an, toi et toute votre bande., intervint la blonde.
Je tressaillis intérieurement et manquai de louper l'entrée de ma bouche avec ma fourchette.
-Vraiment?, s'étonna Léo, les yeux brillant.
Je tapai nerveusement sur la table, je ne savais pas où elle voulait en venir mais je n'étais pas rassuré. Elle observa ma main.
-Reyna tu penseras à leur envoyer un message d'invitation?
-Pas de soucis.
-Mais t'as pas nos numéros!, l'interpella Léo.
-Ce n'est pas un problème.
Soudain quelqu'un arriva à côté de nous et posa la main sur l'épaule d'Annabeth. C'était Malcom avec sa tignasse blonde et ses lunettes de travers. Il nous salua mais il avait l'air pressé.
-Annabeth faut que je te parle, il y a du nouveau...,lui chuchota-t-il. Son sourire se figea, elle se crispa et durant une seconde il me parut la voir paniquée. Les autres semblèrent avoir compris la situation et se jetèrent des regards inquiets.
-Excusez-nous mais faut qu'on y aille. On se reverra à la fête de toute façon, expliqua-t-elle, ayant retrouvé son sourire. Elle se releva.
-Sinon ça a été la recette?, me demanda Will avant de partir, en désignant la boisson.
-C'est pas pire que boire du ciment mais ça va.
-Tant mieux.
-A plus et merci!, lança Léo, ravi d'avoir été invité pour une fois.
Ils partirent tous d'un coup et s'éloignèrent. C'était bizarre.
-Dis t'es pas un peu stressé mec ?, s'inquiéta-t-il.
-Quoi ? Non.
-Désolé de te le dire mais c'est pas ce que me dit ton steak, affirma-t-il en montrant du doigt mon steak.
Je jetai un coup d'œil à mon assiette et tout ce qu'on pouvait dire c'était que mon steak était bien haché, je l'avais littéralement réduit en bouillie sans m'en rendre compte.
-Ah ouais..., soupirai-je.
-C'est à cause d'elle ?, demanda Piper.
-Rachel ?
-Non je parlais pas d'elle mais de Miss Populaire !
-Quoi ?
-Arrête c'est bon, je suis pas aveugle! Tes pauses clopes, les photos de toi sur son blog, les regards en coin...
-Et le jus de la mort, rajouta Léo.
-Et le jus de la mort ! T'as changé Percy et elle n'y est pas pour rien!
Ça me fit tiquer. Comment pouvaient-ils dire que j'avais changé? Il ne me connaissait pas, personne ne me connaissait!
-Il y a rien!, gueulai-je et me relevant précipitamment.
Ils me regardèrent, effarés.
-J'ai besoin de sortir..., m'excusai-je en m'éloignant.
Je poussai la porte et fermai les yeux en respirant profondément l'air froid pour me calmer. Je m'assis sur sur le bord du trottoir et fixai le parking. Le bruit des sirènes de polices et des ambulances et du trafique New-Yorkais, m'apaisa. Je restai de longues minutes, comme ça, tentant de faire le vide. Le bruit de talons aiguilles sur le goudron me sortit de mes pensées.
-J'étais sûr que tu serais là, fit une voix féminine.
Pas besoin de regarder derrière, c'était Annabeth.
Elle me rejoignit et me tendit une clope.
-Quoi ?, l'interrogeai-je.
-Ça va te calmer, assura-t-elle.
-Comment ça?
-Désolée de te l'apprendre mais ceci est une drogue et tu es addict. Je l'ai vu quand tu maltraitais ta viande et la table.Ça fait un petit moment que t'as pas fumé et plus t'es stressé plus t'en as envie.
-Je dois dire merci à qui ?, raillai-je.
-Tu la veux ou tu veux arrêter ?!, s'impatienta-t-elle.
-File la moi !
On alluma nos cigarettes et on fuma silencieusement.
-J'ai besoin de dégager d'ici, déclarai-je.
J'en pouvais plus de rester ici, les questions ne cessaient de se bousculer dans ma tête.
-Moi aussi. Viens!
Je la suivis dans le parking sans y réfléchir tout était mieux que pourrir ici. Elle ouvrit la portière d'une vieille voiture grise des années soixante-dix, déglinguée. Le mot voiture ne convenait même pas, c'était plus un assemblage de pièces disparates, qui donnait un ensemble étrangement cohérent. N'empêche avoir une voiture, même à moitié morte, à New York était un luxe.
-C'est ta caisse ?, m'exclamai-je.
-Oui. Ça t'étonnes ?
-Je t'imaginai plus avec une belle voiture style Mercedes ou BMW, voir une Porsch.
-On imagine bien mal les gens. C'est une Buick Riviera de 1971 et elle n'a jamais était une seule fois en panne depuis tout ce temps.
-C'est un miracle, me moquai-je.
-Bon tu montes ?
Elle m'avait ouvert la portière du côté conducteur.
-Tu veux que je conduise ?
-Non j'ai envie que tu poses tes fesses ici, et j'irais prendre un autre volant. Mais oui Cervelle d'Algues!
Je m'installai sur le siège au cuir vieillissant et anormalement mou.
-On va où ?, demandai-je.
-Comme tu veux.
-Fait chier! Tu peux pas t'exprimer par des phrases claires comme tout le monde ?
-T'as besoin d'un dessin ?
Je m'auto-corrigeai, elle n'était pas tout le monde.
Je mis le contact et tournai la clef pour faire vrombir le moteur, qui fit trembler toute la voiture en démarrant. Je savais où aller, c'était le seul chemin en voiture que je connaissais par cœur. Seul le bruit du bolide nous accompagna au long du trajet. Peu à peu le paysage urbain et l'agitation de New York laissèrent place à la verdure où venait se perdre de luxueuses maisons.
Finalement on arriva sur une plage, à Long Island. J'observais l'étendue d'eau grise par un temps presque hivernal et un sentiment de nostalgie grandit en moi. C'était là où les parents s'étaient connus, là où j'avais passé toutes mes vacances et là où moi et Rachel nous étions embrassés pour la première fois. Pour d'autres c'était une plage comme toutes les autres. J'arrêtai la voiture et pris une grande inspiration avant d'ouvrir la portière me préparant à sentir l'odeur familière de l'océan. Cette odeur j'aurais voulu la porter en parfum.
-On y est!, m'exclamai-je.
Elle sortit sans un bruit et observa tranquillement le paysage, les bras croisés sur sa poitrine. Elle avait l'air plus âgée, plus triste quand elle regardait au loin. Il faisait froid, nous étions en décembre, mais ca n'avait pas l'air de la déranger avec son fin manteau gris.
-Alors? Satisfaite?, questionnai-je.
-Ça me plait.
-Non je t'ai fait plaisir?!, me moquai-je.
-T'emballes pas trop! J't'ai pas fait une déclaration d'amour!, railla-t-elle.
Elle s'assit sur le capot encore chaud de la Riviera. Je la rejoignis.
-J'attends une explication, dit-elle.
-De quoi?
-Pourquoi cet endroit?
-Pourquoi pas?, répliquai-je, en imitant sa voix, ce qui ressemblait plus à un Chipmunk qu'à autre chose.
-Je n'aime pas ton imitation de moi.
-Et moi j'aime pas quand tu veux toujours être mystérieuse.
-Bon on est à ex-aequo maintenant?, soupira-t-elle.
-Pas tout à fait. Je ne sais presque rien de toi alors que tu connais toute ma vie.
-Mais si je t'ai dit plein de choses, c'est pas de ma faute si les algues dans ton cerveau t'empêche de résoudre notre petit jeu, ironisa-t-elle.
-Ah oui? Alors je sais que tu aimes emmener les gens dans des endroits bizarres, que tu aimes saccager des appartements avec des ados, que tu trafiques des caméras, que tu n'aimes pas les brutes, que tu es intelligente, que tu t'y connais en pole-dance...
-Tu vois que sais plein de choses, me coupa-t-elle.
-Ah oui et j'allais oublier le meilleur! Tu craques intérieurement pour les nageurs, donc pour moi!
-Hey! T'es pas le seul nageur sur cette terre! Et puis ça remonte à loin ça! Par quel miracle tu t'en rappelles, t'étais à moitié drogué!
-J'ai aussi mes secrets..., confiai-je, sourire aux lèvres.
-Comme quand tu as cru savoir parler aux poissons?, ricana Annabeth.
-J'avais onze ans!
-C'est ça le pire.
-Tu vois que tu connais toute ma vie!, ripostai-je.
-Bon j'avoue, mais je t'ai quand même donné des tas d'infos.
-Bon on fait un marché? Tu me donnes trois vraies infos sur toi que je ne connais pas et je t'explique pourquoi j'ai choisi cet endroit?
-D'accord.
Elle s'arrêta pour réfléchir et reprit:
-J'ai toujours voulu voulu devenir architecte pour construire des choses durables. À un moment de ma vie j'ai voué une grande passion aux chouettes à tel point que j'en portai partout, sur mes t-shirts, en collier, en boucles d'oreilles etc. Franchement je souhaite à personne de m'avoir connu à cette époque, ria-t-elle.
-Ouais... Il m'en faut une troisième, insistai-je.
-Je sais pas si je peux te le dire, j'aimerai pas que t'utilises ça contre moi. Mais vu que je m'adresse à celui qui murmure à l'oreille des poissons je veux bien faire un effort.
Elle prit une grande une grande inspiration avant de se lancer.
-Je suis arachnophobe et c'est tout sauf une blague.
C'était drôle qu'elle me confie ça. J'avais du mal à l'imaginer avoir peur de quelque chose, surtout d'araignées, mais les peurs ne sont pas logiques.
-T'inquiète, je ne les aime pas non plus, rigolai-je. Bon je me jette à l'eau. J'ai choisi cet endroit parce que c'est le seul endroit au monde où je me sens proche de mon père.
-Celui qui vous a abandonné? Tu l'as déjà vu?, elle l'avait dit d'un coup, sans prendre de pincettes.
-Oui on s'est vu, j'avais douze ans. C'était sympa, on a discuté..., confiai-je tristement.
-Ça n'a pas l'air si joyeux...
-Il s'est excusé de ne pas avoir pû s'occuper de moi, il était marrié et ça aura fait un scandale. Il a dit qu'il était désolé que je sois né. J'avais douze ans, j'étais un gosse.
Le silence se fit, on entendait seulement les bruits des vagues et du vent. Elle me regarda avec compassion. On aurait dit qu'elle me reconsidérait totalement.
-Si ça peut t'aider, je ne connais presque pas ma mère. Elle nous a laissé, elle n'avait pas le temps pour moi.
-Ça craint, conclus-je.
On était juste des gosses.
-C'est cool ça fait quatre maintenant, repris-je.
-Ah ouais...
Mon téléphone sonna, je le pris et vis un message d'un numéro inconnu.
"Le Titan se réveille"
-J'ai reçu un sms trop bizarre, annonçai-je, perplexe.
Elle m'arracha le téléphone des mains et l'examina.
-Hey!, criai-je.
Son visage se troubla et elle jeta violemment le smartphone par terre avant de l'écraser à coup de talons, complètement paniquée.
-C'est pas possible, c'est pas possible ..., se répéta-elle, en murmurant.
Je restai sous le choque. Elle contempla le désastre.
-Je vais t'en racheter un autre., expliqua-t-elle, encore tremblante.
-Heu d'accord..., répondis-je, complètement dépassé.
Elle remonta précipitamment dans la voiture, cette fois du côté conducteur. Elle me fixa intensément, sérieuse à nouveau.
-On va tout de suite au magasin. Je peux pas t'expliquer mais faut que tu me fasses confiance. Si jamais tu reçois un autre sms comme ça, il faut me prévenir en urgence.
J'acquiesai, silencieux.
-Oh putain, lâcha-t-elle, en m'étant le contact.
Sur le chemin, elle jetait des coups d'œils inquiets aux alentours, tortillait ses cheveux blonds et ses doigts tapaient nerveusement sur le volant. On ne se parla pas.
Arrivés au magasin, elle me dit que je pouvais choisir n'importe lequel peut importe le prix, pourvu que je me décide vite.
"Et avec tout ce fric tu peux pas te payer une voiture potable?", avais-je rigoler, elle ne prit pas la peine de me répondre.
J'en avais choisi un, et pas le moins cher, pour une fois que je pouvais me faire plaisir. Elle avait payé et on était partis. Et puis elle m'avait ramené, encore une fois dans le silence.
Un chapitre un peu plus sombre que les précédents et qui laisse pleins de questions en suspend ;)
Je vous souhaite à tous une merveilleuse année!
