Disclaimer : Les personnages et l'univers appartiennent à J.R.R Tolkien, si ce n'est ceux inventés pour cette fan-fiction.
Avant-propos : Ce second chapitre est un petit peu plus court (environ une centaine de mots) que le premier mais je vous promet que les prochains seront bien plus long désolééééé !
(Pour info, le chapitre 4 fait environ 6000 mots il me semble. De quoi me rattraper pour ce second chapitre un peu faiblard. Je le retravaillerai peut-être si je trouve le temps et l'énergie de le faire cependant).
Sur ce, je vous laisse lire ce chapitre qui précède le début de l'action :)

PS : Désolé pour la mise en page, le document a un peu foiré et c'est assez difficile de tout bien remettre comme il faut. J'essaierai de régler ça pour le prochain chapitre, ça m'évitera de passer une demi-heure à tout remettre en page (finalement, je ne suis pas si déçu que ça que le chapitre ne fasse que 1800 mots...)


Les jours qui suivirent la rencontre avec Faramir se déroulèrent à toute vitesse pour Anerän et Elerion. Ils furent rythmés par un entraînement intensif qui ne leur laissa qu'à peine le temps de s'occuper de leur vie personnelle. La version officielle de leur départ, ainsi que leur couverture, était une mission diplomatique dans le Harad qui requérait l'assistance de gardes d'élite pour sa protection.

Le Lundi qui précédait leur départ en mission, les autres Gardes les invitèrent à se joindre à eux peu avant onze heures du soir.
La lumière de la torche éclairait les alentours, permettant à Elerion de marcher sans encombre. Elle se reflétait dans l'armure d'acier d'Anerän, posté juste en peu en retrait de son compagnon, en de multiples éclairs chatoyants qui ondulaient.
Ils saluèrent les Gardes en fonction auprès de l'arbre et allèrent dans l'édifice de pierre qui servait de garnison aux Gardes de la Tour. Hargun les accueillit avec le sourire.

« Allez rentrez ! Vous avez peut-être tout votre temps puisque vous êtes dispensés de la garde de l'Arbre mais ce n'est pas notre cas. Et on n'a donc pas tout notre temps pour fêter votre départ en mission !»

Les autres Gardes approuvèrent en éclatant de rire et en tendant deux choppes de bière à Elerion et Anerän. Ils jetèrent un regard suspicieux aux provisions qui traînaient à côté du feu.

« Oh, ça ? De la viande séchée, du fromage frais de Lossarnach ainsi qu'un peu de poisson de Cair Andros ! Ce n'est pas tous les jours qu'on peut se permettre un tel repas !»

Elerion saisit allègrement la choppe de bière et s'assit auprès du feu tandis qu'Anerän restait debout, sceptique. Hargun se gratta la nuque et lança d'un air gêné.

« C'est le Commandant qui nous a fait parvenir ça. Il nous a dit de bien fêter ça. Je ne vois pas de raison de refuser un ordre du Commandant, surtout aussi agréable que celui-ci ! Cette mission doit-être sacrément dangereuse ou importante pour que vous fassiez l'objet de tant d'attention par contre.»

Anerän sourit et enleva son casque. Il posa sa lance contre le mur et s'assit sur le sol à côté de ses camarades. Il s'empara lui aussi de la choppe de bière qui lui était tendue et but une grande gorgée. Hargun laissa se tisser un petit sourire en coin sur son visage.
Les Gardes de la Tour commencèrent à chanter et rire bruyamment. Elerion et Anerän se mirent de tout cœur dans cette fête, trinquant avec leurs camarades.
Le repas dura longtemps, les mines joyeuses des Gardes éclairées par les flammes qui léchaient le foyer dans l'édifice de pierre. Le poisson de Cair Andros fut bien vite fini, premier plat sur lequel les Hommes se jetèrent à pleine dents.

Les chansons et les rires résonnèrent dans la garnison des Gardes de la Tour, emplissant la nuit claire et silencieuse d'échos tonitruants et hilares. Les flammes dans l'âtre faisaient danser l'ombre des Gardes sur les dalles de pierre, créant une atmosphère douce et chaleureuse, tout autant soulignée par la température de la nuit ainsi que par la gaieté des hommes de la Tour.

Lorsque les denrées fournies par le Commandant furent épuisées, tous se calmèrent peu à peu, laissant les rires et les chansons se fondirent dans le ciel de la Terre du Milieu.

Hargun sortit une gourde qu'il gardait sur lui et demanda les choppes de chacun des Gardes. Une fois qu'il les eues toutes récoltées, il les posa sur le sol et déboucha la gourde. Les Gardes échangèrent un regard amusé et circonspect.

Il y versa une bière blonde moussue dont la teinte s'ornait d'or et d'ocre avec la lumière des langues de flamme qui dansaient dans l'âtre. Une fois qu'il eut rempli chaque choppe, il les rendit à leur propriétaire et reboucha la gourde, qu'il secoua dans les airs avant de soupirer devant l'absence de bruit qui s'en dégagea.

Elerion saisit sa choppe et huma la boisson. Il jeta un regard soupçonneux à Hargun.

« Ça ne vient pas du Commandant ça n'est-ce pas ?»

Hargun sourit à pleines dents et éclata d'un rire franc.

« Non, pas du tout en effet ! C'est de la bière du Rohan, un cousin m'en a ramené un petit peu et je ne trouvais pas d'occasion de la déguster. Alors bon... il me semble bien que ce moment soit juste le meilleur qui puisse être pour la boire !»

Anerän laissa couler un mince filet de la bière dans sa gorge avant d'étreindre Hargun dans ses bras.

« Cela faisait des lustres et des lustres que je n'en avais pas bu et... le goût de la bière du Rohan est toujours le même ! Vraiment succulente.»

Il éclata de rire, peu habitué à une telle effusion de joie chez le vétéran. Tous vinrent serrer la main d'Hargun et lui mettre une claque amicale dans le dos. Ils dégustèrent ensuite lentement leur bière en silence, laissant régner le calme de la nuit. Une fois qu'ils eurent tous bu, ils se turent durant quelques minutes, réchauffés par les flammes qui brûlaient dans l'âtre. Le silence perdura, laissant s'imposer le crépitement des flammes. Finalement, un garde prit la parole.

« Tout de même... moi je ne suis parmi les Gardes de la Tour que depuis deux ans, mais j'imagine que vous devez avoir connu beaucoup de choses vous non ?»

Tous hochèrent la tête lentement, un sourire aux lèvres. Hargun et Elerion se regardèrent. Après un court moment où ils effectuèrent tous deux des mimiques discrètes, Elerion se lança :

« Hargun et moi on faisait parti de l'Armée de Cair Andros. On a été rappelés à Minas Tirith environ 8 ans avant que son siège ne commence. Le seul qui ait plus d'ancienneté que nous est actuellement ici-même Anerän. Son père était Garde de la Tour, tout comme son grand-père et son arrière grand-père. Et ça ne m'étonnerait pas que ses enfants le soient aussi ! »

Anerän lui sourit faiblement avant de protester :

« Ça ça m'étonnerait... aucun des deux garçons ne s'intéresse au métier des armes et c'est tant mieux comme ça. Ils veulent devenir guérisseur. Par contre, si la Garde ouvre ses portes aux femmes... alors je pense que je connais déjà une des futures personnes qui sera en poste devant l'arbre blanc »

Elerion lui adressa un sourire amical et, reportant son attention sur l'homme qui les avait questionné, fit un signe de la main qui englobait tous les Gardes à l'exception de ce dernier.

« On a tous subi la Guerre de l'Anneau sous les ordres de Denethor ici. Et c'est vrai qu'on a vu et vécu pas mal de trucs ensemble.»

Anerän prit le relais, passant une main dans ses cheveux.

« Vous vous rappelez de la venue de Mithrandir ? Il avait apporté un drôle de petit homme avec lui. Garde de la Tour... il avait été adoubé Garde de la Tour par Denethor !»

Hargun éclata de rire avant de prendre la parole :

« Ah oui ! Le semi-homme ! Comment est-ce qu'il s'appelait déjà... rah... je ne me rappelle plus ! C'est vrai qu'il était bien drôle et sympa...»

Un des gardes se pencha en avant et lui dit :

« On se demande même si ce n'est pas toi au final le semi-homme Hargun. Tu manges plus que ce qu'il ne le faisait, c'est à se poser des questions ! »

Tous se remirent à rire bruyamment, emporté par un des rares souvenirs joyeux qui avaient marqué la Guerre de l'Anneau avant que la bataille des Champs du Pelennor ne soit gagnée.

Les Gardes échangèrent encore souvenirs et anecdotes de leur vie au service de la Tour de Garde auprès du feu faiblissant à grand renfort de geste. Finalement, Hargun se leva et s'étira. Il remit une bûche dans l'âtre et saisit sa lance en acier.

« -Bon. C'est pas tout mais les autres gars doivent attendre la relève. Berethön, tu viens avec moi ?
-D'accord, j'arrive.»

Elerion serra une nouvelle fois la main d'Hargun avant qu'il ne parte.

« Merci beaucoup vieux frère. On te revaudra ça quand on reviendra.»

Hargun déclina l'offre de la tête et sourit à pleines dents.

« Non, je t'assure, ça nous a tous fait plaisir ! Et puis bon, vous vous débrouillerez bien pour nous ramener un petit souvenir n'est-ce pas ? Ne serait-ce qu'une histoire ou deux.»

Elerion dirigea son regard vers Anerän, qui laissait le sien se perdre parmi les langues de flammes qui léchaient la bûche nouvellement jetée dans le foyer.

« Oh, ça, sans aucun doute...»

Anerän releva les yeux et croisa le regard d'Elerion. Sans un mot, il se releva et saisit sa lance.

« Il nous reste encore des préparatifs à faire ce soir. Merci encore à vous tous pour cette petite fête.»

Anerän serra la main de ses compagnons de garde et partit avec Elerion dans la nuit. Lorsqu'ils passèrent devant l'Arbre Blanc, ils saluèrent les Gardes alors en fonction et les prévinrent que la relève allait bientôt arriver. Ensuite, ils quittèrent le dernier cercle de Minas Tirith dans le silence, sans qu'une parole ne soit prononcée entre eux.

Les pas des deux amis résonnèrent bientôt dans le cinquième cercle de Minas Tirith. La lune avançait lentement dans le ciel, perçant le sombre voile de la nuit d'une lumière argentée. Anerän suivait les façades des bâtiments de la paume de la main, inhalant lentement l'air frais.

« Minas Tirith a changé. Cette ville est enfin devenue ce qu'elle devait être.»

Elerion jeta un rapide coup d'œil à son camarade et soupira.

« C'est vrai. Notre monde change. Le retour de la lignée royale et le rétablissement du royaume de l'Arnor ont vraiment amélioré les choses. Appartenir à la Garde est plus honorifique qu'autre chose. Le Harad se tient tranquille pour l'instant, les Orientaux sont pris dans des guerres internes... Et les villes retrouvent leur magnificence. J'attends avec impatience la finalisation de la reconstruction d'Osgiliath.»

Anerän regarda les étoiles qui brillaient dans le ciel, cherchant à y déceler les constellations. Son regard passa bientôt vers l'astre brillant qui l'illuminait. Il ne répondit pas tout de suite et continua de marcher. Il s'arrêta peu de temps après devant un petit jardin où poussaient deux arbres et quelques fleurs. Il se pencha et en renifla le parfum.

« Que crois-tu que l'on va affronter Elerion ? Malgré toute la confiance que j'ai en le seigneur Faramir, je ne peux m'empêcher de me demander ce à quoi nous nous frottons. Il a dit que c'était une créature à la forme humanoïde... mais qu'on n'en savait pas plus. Sinon le fait qu'elle semble laisser une marque d'obscurité là où elle opère. Mais quel est son but ? Comment pouvons-nous traquer quelque chose dont nous ne connaissons qu'un vague aspect et dont nous ignorons tout des objectifs ?»

Elerion se tut et laissa son regard vaquer.

« Je te reverrai plus tard. Je dois vraiment aller finaliser quelques petites choses avant d'aller dormir.»

Elerion acquiesça silencieusement et laissa son ami se fondre dans la nuit, le bruit de ses pas répercuté par les allées pierreuses de l'ancienne tour du Soleil.

La lumière des étoiles de Varda brillait d'un éclat glacial dans le ciel nocturne, se reflétant sur la pointe de la lance d'Elerion. Il vint se placer à la muraille du cinquième cercle, se postant juste à son bord. Il attendit là durant une demi-heure, contemplant les vastes plaines des Champs du Pelennor, plongés eux dans les ombres nocturnes et lui dans les souvenirs des atrocités de la Guerre de l'Anneau.