Tout d'abord, un grand merci à Mimi70 ainsi qu'à Arbalest Ex Strider pour leur reviews :3
Voici donc la seconde partie du chapitre 4 de cette fan-fiction ! Avec la réécriture, elle a gagné environ 1000 mots. Bon, ce n'est pas d'une grande importance mais bon, ça fait tout de même un chapitre un petit plus long que ce que je pensais initialement. ^^'
Je vais un peu ralentir dans l'écriture de cette fan-fic car j'ai pas mal de boulot qui s'annonce pour le lycée et beaucoup d'autres projets, dont des fan-fictions, dans lesquels j'ai envie/besoin de m'investir.
Mais je vais tout de même tout faire pour publier au moins le chapitre 5, et peut-être aussi le 6, d'ici la fin des prochaines vacances !
- Bien, maintenant que nous sommes tous réunis ici en Minas Fael, le Conseil du Château d'Ebène peut donc commencer !
C'est avec ces mots que Faramir lança le Conseil du Château d'Ebène, dont les répercussions sur la Terre du Milieu n'allaient pas se limiter qu'au seul royaume du Gondor.
- Avant d'entamer le réel Conseil, je pense qu'il serait préférable que je fasse les présentations. Suite à cela, je pourrai initier le Conseil, car j'ai quelques informations importantes qu'il serait préférable que je donne avant que nous ne commencions tous à débattre. Par conséquent…
Il désigna tout d'abord les hommes de Lossarnach. Tous étaient grands et imposants, portant des haches et des épées. Le premier d'entre eux avait le crâne dégarni, des yeux bleus sombre comme le fond des abysses et gardait dans son dos une lourde hache à deux mains. Il semblait plutôt âgé mais encore parfaitement vigoureux. Ce fut celui-ci qui s'exprima en premier.
- Mon nom est Fanoc. J'ai combattu sous les ordres de Forlong le Gros lors du siège de Minas Tirith et ait participé à la bataille qui a eu lieu devant la Porte Noire. Je suis par ailleurs un des Capitaines de l'armée de Lossarnarch. Mes compagnons et moi mêmes, dit-il en désignant les autres combattants venus de Lossarnach, avons découvert les souillures d'ombre dans notre région et en avons informé notre seigneur.
Sa grosse voix bourrue exprimait bien la force qu'il semblait avoir, au simple vu de ses muscles, ainsi qu'une légère touche de témérité. Cependant, elle témoignait aussi de la sagesse qu'ont les hommes au fil des ans et des batailles, une sagesse de l'âge et de la guerre, qui fait réfléchir à deux fois avant de frapper, qui sait retenir la main des hommes tout comme l'exalter. Les uns après les autres, il désigna ses quatre compagnons.
- Voici Hardong, Begon, Tandürn ainsi que Haegön. Tous sont des vétérans de l'armée de Lossarnach et ont participé à la bataille de Minas Tirith, mis à part Haegön - dans le dos duquel il mit une grande claque en riant – qui est un jeunot, chevalier de Lossarnach et membre de la garde personnelle de son seigneur !
A l'appel de leur nom, chacun des hommes de Lossarnach afficha un immense sourire sur son visage dévoré par une barbe brune bouffante et d'abondants cheveux bouclés. Les yeux verts laiteux, ils portaient tous une hache à une main ainsi qu'une épée courte, rangée elle entre leurs omoplates.
A côté des colosses que ces trois hommes étaient, Haegön semblait presque être un bambin, ne dépassant guère les un mètre soixante-cinq. Juraient aussi avec ses compagnons ses yeux châtain clair, empreint d'une volonté d'acier et d'une détermination sans faille ainsi que ses cheveux bruns coupés mi-longs, qui dessinaient de fins rayons sur son cou et sur sa tempe. Chacun des rares mouvements qu'il faisait était souple et relaxé mais parfaitement maîtrisé. Une épée en acier pendait à ses côtés, parcourue par des veines torsadées qui s'y enfonçaient, tournoyant autour de la lame comme un siphon.
Contrairement à ses camarades, celui-ci ne rit pas aux éclats et ne dit rien, se contentant de saluer tout le monde d'un geste de la main amical.
Fanoc s'empressa cependant de reprendre les présentations, enchaînant tout en utilisant un nombre inutilement grand de geste vastes.
- Que ce soit avant de partir ou lors du voyage, nous n'avons repéré rien qui ne puisse avoir de lien avec ce que nous recherchons. Par contre, ce que nous pouvons assurer, c'est que tous les lieux qui avaient été corrompus par cette forme de ténèbres en ont, étrangement à vrai dire, été libérés. Plus rien ne laisse penser qu'il y a eu une quelconque activité néfaste.
Il y eut un petit instant de blanc pendant lequel personne n'osa trop prendre la parole, gêné de rompre le silence imposé par la fin de la présentation des guerriers de Lossarnach.
Brisant finalement le silence, un des chevaliers de Dol Amroth s'empara de la parole, se levant du fauteuil où il était confortablement assis l'instant d'avant. Ses yeux d'un vert intense qui s'approchait de l'émeraude semblaient fatigués. A l'instar de ses deux compagnons, ses cheveux étaient châtain clair. Il les portait longs, les laissant descendre mollement sur ses épaules.
- Je suis Maelrun, fils d'Elegon et d'Algawë, chevalier de Dol Amroth au service du prince Imrahil, tout comme l'était mon père avant moi. Tout comme lui, j'ai suivi une formation de Guérisseur dans les murs de Minas Tirith avant de devoir reprendre la chevalière familiale ainsi que les armes de mon père. J'accompagnais le prince Imrahil lorsqu'il a découvert la corruption qui rongeait les rivages de Dol Amroth, noircissant la mer et le sable. Au départ, nous avons cru à une nouvelle variété d'algues mais, au vu de leur façon de progresser, nous avons décidé de mener une enquête rapide. Leur propagation s'étant brusquement arrêtée et aucun résidu n'ayant subsisté, nous n'avons pas poussé plus loin. Cependant, lorsque le prince a eu besoin de trois hommes, au retour de son voyage dans la Cité Blanche, pour continuer la traque de la source de la corruption, non seulement en son nom mais aussi en celui du Roi, nous avons, mes deux compagnons et moi-même, acceptés.
Par ailleurs, je vous présente donc Beasil ainsi que Tarodin. Tous deux sont mes frères d'armes et, ajouta-t-il d'un ton espiègle, mes demi-frères puisque les époux de mes sœurs.
Les deux autres chevaliers du Dol Amroth avaient des yeux d'un azur marin, clair et brillant. Leurs cheveux étaient eux bouclés et ils avaient un visage affiné par le contact de la mer. Tous les deux étaient plutôt grands, mesurant respectivement un mètre soixante-quinze et un mètre quatre-vingt, et portaient à leur hanche une longue épée, sur laquelle se reflétaient les éclats du soleil.
-Bonjour à tous tout d'abord, en ces heures encore lumineuses avant que ne sombre le soleil. Je suis Aidan Elbelien, rôdeur d'Ithilien depuis maintenant assez longtemps. Je suis tout particulièrement un spécialiste de la traque et de la préparation d'embuscades. Je faisais partie de la troupe qui subit l'embuscade qui causa la perte du Capitaine Beregond, et, par conséquent, suis un de ceux ayant traqué les fuyards qui nous ont échappé en ce jour funeste. Pour ceux qui en sont intéressés, il regarda discrètement vers Anerän, sachez que nos flèches les ont transpercés avant qu'ils ne puissent rejoindre un quelque abri que ce soit et que la mort cruelle, bien que noble, du capitaine Beregond ne fut ni vaine ni laissée invengée.
-Non, en effet. Isilion avait pris la parole juste après Aidan, ne laissant aucun temps mort. Non, elle n'aura pas été vaine puisque le seigneur Faramir a pu par ce fait être sauvé d'une mort sans doute certaine. Je suis Isilion, le Capitaine de la Garde Blanche d'Ithilien qui a remplacé Beregond. J'ai collecté nombre de données intéressantes quant à ce que nous traquerions.
Il ne dit rien d'autre, semblant préférer rester froid comme le marbre. Ce fut son silence qui poussa le troisième rôdeur à se présenter. Lorsqu'il repoussa sa capuche, il dévoila des cheveux blonds comme le blé. Ses deux grands yeux bleus semblaient se focaliser sur les pupilles de chacun, les scrutant longuement mais avec bonté. Lorsqu'il passa son regard sur Isilion, celui-ci le lui rendit, ne baissant pas les yeux, tout à l'inverse des hommes de Lossarnach et de Dol Amroth.
Enfin il parla, laissant sortir une voix douce mais acérée de sa gorge pourtant zébrée d'une longue mais fine trace rouge.
- Je suis quant à moi Eraldion. Je faisais aussi partie de la troupe qui fut prise en embuscade. Ce sont mes flèches qui transpercèrent le cœur des fuyards. Je suis aussi le commandant des Rôdeurs d'Ithilien lorsque le seigneur Faramir ne peut assumer cette charge pour quelque raison que ce soit.
De son dos dépassait un arc d'if et d'argent ainsi qu'un carquois rempli de flèches empennées avec des plumes de cygne. Finalement, l'homme vêtu de gris s'avança de quelques pas sereinement. Lorsque sa voix s'échappa de ses lèvres, elle coula lentement, calme, sûre, ferme et enchanteresse.
- Quelle noble compagnie est ici présente ! Que de glorieux soldats du Gondor sont donc tous ceux qui sont venus ici.
A mon tour de me présenter donc. Je suis Elrodan, membre de la Compagnie Grise. J'ai été envoyé par le roi Elessar afin de faciliter la traque de l'être, ou des êtres, à l'origine de cette corruption et pour vous mener par des chemins qui vous seraient inconnus. Je pense que, si le roi Elessar a décidé de m'envoyer avec vous, c'est car ma présence devait sans doute être, à son esprit, nécessaire pour éclaircir le mystère qui pèse sur cette étrange corruption et qui ronge nos terres.
Il avait été suffisamment bref et concis pour que presque tous approuvent d'un signe de tête, impressionnés par la prestance de l'homme.
Ses yeux mordorés chatoyaient et brillaient, hypnotisant Elerion. L'étrange énergie qui parcourait l'individu lui donnait l'impression qu'il était absolument impossible qu'ils puissent échouer. Il était même complètement absorbé par la contemplation de cette personne, comme hors de toute pensée rationnelle.
Anerän était lui resté bien plus attentif que son camarade et, bien que la présence d'un membre de la Compagnie Grise l'encouragea, il pensa immédiatement que, pour que le roi dépêche un de ses membres pour cette mission, il fallait que cela soit tout particulièrement important. Ceci ajouta comme un poids à ses épaules lorsque, voyant que tous les regardaient désormais, il dût se racler la gorge et donner un coup d'épaule à Elerion pour le ramener à la réalité. Ce dernier sursauta et balbutia durant quelques secondes avant de se reprendre.
- Je suis Elerion, Garde de la Tour. Mon ami et camarade se nomme Anerän et nous avons été choisis pour cette mission par le Commandant des Gardes de la Tour car nous étions d'après lui ceux qui correspondaient le plus à ce que le seigneur Faramir recherchait.
Il avait hésité à ajouter quelque chose au sujet de ce qu'ils avaient croisé en Ithilien mais, sous le regard insistant, mais pourtant discret, d'Anerän, n'en fit rien et se tut, légèrement gêné de conclure par une si courte présentation.
Bien évidemment, plusieurs des autres guerriers présents, Aidan, Isilion, Maelrun et Elrodan tout particulièrement, avaient noté son hésitation et lui lançaient un regard pénétrant. Elerion déglutit silencieusement et fut plus qu'heureux lorsque Faramir frappa dans ses mains, détournant l'attention sur lui.
- Bien messieurs. Avant toute chose, je dois donc vous renseigner sur le contexte actuel. Car, à part peut-être Elrodan, qui hocha doucement la tête, personne n'est, je suppose, au courant de l'état actuel réel du Gondor. Il se trouve donc que, même si le royaume semble encore jouir d'une paix durable, cela ne devrait plus être le cas durant longtemps. Nous avons récemment appris l'échec des négociations avec le Proche-Harad ainsi que le Lointain-Harad. Il est donc fortement possible et envisageable que le Gondor soit attaqué par les Haradrims.
Avant que quiconque n'ait le temps de s'exclamer, Faramir leva haut les mains en haussant la voix :
- Bien entendu, les armées du Gondor ne devraient avoir aucun mal à vaincre celles envoyées par le Harad mais cela constitue tout de même une menace pour nous, et ce d'autant plus dans cette période. C'est d'ailleurs aussi pour ça que nous avons, le roi, Imrahil et moi-même, décidé de ne pas envoyer plus d'hommes que cela à l'encontre de ce qui corrompt nos terres, bien que cet être pourrait bien s'avérer être plus dangereux que l'armée du Harad, si jamais nos estimations se révèlent exactes.
La guerre est proche, mais il se pourrait qu'elle ne vienne pas que du Sud. Pour cela, je laisse la parole à Aidan Elbelien, qui a su rassembler quelques informations, bien que pour la plupart très peu claires, sur la nature de ce que nous devons traquet ainsi que sa localisation. Ces informations qu'il a pu glaner vous sembleront peut-être minimes mais, avec ce que vous apportez, je pense que nous devrions être capables de bien déterminer quoi faire.
Il s'assit dans le fauteuil sur lequel il s'était jusque là simplement accoudé, laissant le rôdeur et traqueur prendre la parole à nouveau.
- Dès que nous avons remarqué les premières traces de cette souillure en Ithilien, j'ai moi-même mené des recherches actives dans les zones qui me semblaient soit les plus propices à la prolifération d'une ombre, soit les plus marquées par la guerre de l'anneau. Mais je dois vous dire que parmi toutes les journées que j'ai pu passer à examiner la forêt, seules quelques unes, très rares, se sont révélées, si je puis me permettre d'utiliser le terme, fructueuses. A deux reprises j'ai pu voir une créature à l'aspect humanoïde qui rampait entre les arbres. Dès que je m'en suis approchée, elle s'est cependant enfuie. J'avais du mal à la distinguer et elle se déplaçait extrêmement vite, tout en laissant des traces de corruption là où elle prenait appui.
Il s'arrêta un court moment afin de dévisager l'assemblée qui buvait ses paroles, concentrant toute son attention sur ce qu'il disait. Un fin sourire passa sur son visage avant qu'il ne reprenne.
- De ce que j'ai découvert, les zones trop longtemps occupées par cette créature finissent inexorablement par partir en poussière. Elles se volatilisent comme par magie, partant en fumée. La puissance de cet être n'est, à mon avis, clairement plus à démontrer. Il a déjà fait des victimes, des Gondoriens qui auraient disparu. Bien sûr, cela ne reste qu'une supposition mais je suis quasiment sûr, au vu de ce que j'ai pu apprendre tout au long de mes recherches, que ces disparitions ainsi que cette créature sont liées. Et outre des soldats et bûcherons égarés, elle aurait surtout avant tout réussi à tuer et faire disparaître, du moins c'est ce que je présume, deux rôdeurs bien entraînés à survivre dans les bois mais aussi bons combattants. Par conséquent, je présume que son plus grand avantage est l'effet de surprise.
Le sourire qui s'étirait sur son visage avait complètement disparu pour faire place à une grimace douloureuse. Il ne prit qu'un léger instant pour que ses paroles soient bien comprises puis enchaîna.
- Tout à l'heure, le seigneur Faramir vous disait que la guerre pourrait bien ne pas venir que du Sud. S'il n'a pas insisté vraiment insisté sur ce point, c'est notamment car nous ne sommes pas encore certains de ce qui pourrait advenir et que, qui plus est...
Il prit une longue respiration, suspendant ses paroles à ses lèvres.
- … il se pourrait que notre mission nous amène justement à empêcher cette autre attaque. Laissez-moi finir ! Lors de la destruction de Sauron, le Mordor a été en grande partie anéanti et, grâce aux efforts de nos armées, il a finalement été entièrement purgé de tous les orcs qui restaient encore debout et de tout ce qu'ils avaient pu bâtir. Par manque de forces armées mais aussi de population, devant de plus privilégier avant tout la reconstruction du royaume, le roi n'a pas occupé les terres maudites que sont celles du Mordor.
Mais certaines rumeurs nous sont parvenues. Rumeurs que je suis allé vérifier, il y a deux années de cela. Les rumeurs disaient donc que, sur ces terres désolées et infertiles, une secte avait pris place, formée d'humains, de demi-trolls et de quelques orcs ayant échappé à la destruction. Ce que j'ai rencontré, avec mon équipe, en Mordor, ce n'était pas une secte d'une centaine de membre. C'était les fondements d'un nouveau royaume. Des centaines d'individus, éparpillés en de nombreux lieux du Mordor. Nous avons soutiré toutes les informations que nous avons pu à nos prisonniers et avons tout fait pour étouffer dans l'oeuf la menace. Mais, bien que nous ayons réussi à repérer et détruire plusieurs lieux de culte, je suis quasiment sûr que nous n'avons qu'endommagé la structure et que le plus gros et le plus terrifiant de cette force est encore éparpillée à travers ce territoire maudit. Et je suis convaincu que la corruption qui gangrène peu à peu le Gondor est liée à la montée de cette nouvelle force.
- Pourquoi ne pas l'avoir attaquée et détruite lorsqu'il en était encore temps ?! Cela n'aurait-il pas pu nous éviter nombre de problèmes ?
C'était Baesil qui avait parlé, se levant brusquement de sa chaise. Aidan lui sourit tristement en lui faisant signe de s'apaiser. Ce fut Faramir qui répondit à la question qui torturait l'esprit de quasiment tous les soldats présents. Sa réponse fut calme et posée et ne contenait aucune once de pédanterie ou d'agressivité.
- Aurions-nous pu risquer une armée en Mordor afin de détruire cette menace, nous l'aurions fait, chevalier de Dol Amroth. Mais malheureusement, n'ayant aucun objectif clair, nous ne pouvions pas tout simplement lancer des milliers d'homme au hasard dans le Mordor afin de chercher et détruire ces personnes. D'autant plus qu'il nous aurait été extrêmement compliqué de ravitailler les hommes. Et nous avions alors besoin de l'armée, ne serait-ce qu'au cas où, car les négociations avec le Harad commençaient déjà à mal tourner pour nous. Maintenant, si j'ai bien répondu à votre question, je propose de laisser Aidan finir de dévoiler tout ce qu'il a appris.
D'un signe de la tête, il indiqua alors à Aidan d'achever ce qu'il avait commencé. Ce dernier le remercia rapidement et reprit son discours.
- Il y a donc de fortes chances pour que notre mission nous mène au cœur même du Mordor. Cependant, là n'est pas la question qui prime. Actuellement, je n'ai aucune idée de comment apparaît la créature et de comment prévoir ses déplacements. La corruption qu'elle produit est reconnaissable aux veines noires qui se répandent à l'endroit corrompu et qui l'assombrissent, créant comme un nuage de ténèbres stagnantes. Mais je vais maintenant laisser la parole à Elerion et Anerän.
Elerion se figea instantanément lorsque les regards se posèrent sur lui. Anerän le sortit de ce mauvais pas en se levant et en prenant la parole.
- Lors de notre voyage vers Minas Fael, nous avons été retardés, comme vous avez sans aucun doute pu le remarquer. La cause de ce retard ? Elle est relativement simple. Nous avons croisé ce que nous pensons être la créature à l'origine de cette souillure... et Elerion l'a même affrontée en duel durant un court instant, ajouta-t-il finalement..
Instantanément, une grande agitation s'empara des Gondoriens. Les chevaliers de Dol Amroth regardaient Elerion incrédules tandis que les hommes de Lossarnach semblaient pris d'une stupeur indicible. Faramir et Isilion regardaient les deux gardes à tour de rôle puis se regardaient, surpris, étonnés mais avant tout attentifs et concentrés. La seule personne qui ne semblait pas être plus surprise que ça dans le chaos presque généralisé de paroles qui se mêlaient et se coupaient les unes les autres était Elrodan. Il continuait d'observer attentivement Elerion, si bien que ce dernier en vint à éprouver une sorte de gêne, qui le fit détourner le regard.
Chacun y allait de ses hypothèses, emportés comme par une sorte de frénésie.
- Et si nous écoutions ce qu'ont à nous dire ceux qui ont combattu l'ombre et qui sont sortis vivant de ce combat ?
Elrodan n'avait pas crié mais pourtant sa voix s'était imposée. Toutes les autres voix s'arrêtèrent. L'attention se rapporta à nouveau sur les deux Gardes de la Tour.
Puisque Elerion semblait ne toujours pas pouvoir parler, Anerän s'en chargea à nouveau.
- Voici ce que nous avons découvert. Alors que nous étions en plein cœur de la forêt, la lumière a commencé à faiblir, les ténèbres et l'ombre à s'amonceler autour de nous. Lentement mais sûrement, nous avons été coupés de la lumière. Un bruit inhumain retentissait, une sorte de sifflement venu d'outre les frontières physiques du monde. Nous avons été encerclés par un mur d'ombre. Nous avons alors vu une forme sombre et humaine se mouvoir dans les ténèbres, se glissant dans les volutes sombres qui nous encerclaient. Afin d'en savoir plus sur cette créature, Elerion a décidé de tenter de l'affronter. Lorsque la créature a attaqué, un coup de la lame d'Elerion a suffi à la dissiper. Mais elle s'est aussitôt reformée dans le cercle d'ombres. J'en ai profité pour passer le cercle mais Elerion est lui resté pour tenter d'en apprendre un peu plus. A un moment, l'ombre s'est démultipliée et l'a attaqué de plusieurs côtés.
Ainsi, il nous a semblé que la créature ne possédait de force que dans l'ombre, la lumière l'affaiblit et la terrifie. Mais elle possède justement des pouvoirs capables d'occulter cette lumière. On pense qu'elle ne possède de véritable emprise que sur ceux qui la craignent, sinon Elerion ne s'en serait pas sorti à aussi bon compte. Plus on la craint, plus elle devient puissante. Tout comme c'était le cas des Nazgûls, sauf que eux transmettaient justement la peur aux cœurs alentours
Un silence de plomb s'installa lentement alors qu'Anerän se taisait. Elerion ne dit rien mais il avait remarqué que son ami n'avait pas parfaitement retranscrit le combat, omettant volontairement le fait qu'Aurël ait invoqué de la lumière. Faramir et Elrodan se tenaient pensifs côte à côte, la face haute et dure. Un instant, il eut envie de compléter le récit de son ami mais le regard sévère d'Anerän l'en dissuada. Bien qu'il ne comprit pas pourquoi ne pas tout dire, il fit confiance à son camarade et ne dit rien. L'air semblait se compresser et les ténèbres obscurcir la lumière rien qu'en évoquant la créature et ses effets.
La voix d'Aidan explosa le silence, retentissant à travers l'air et rattachant toute l'attention vers lui.
Il récapitula ainsi rapidement la situation. La créature était formée, d'après ce qu'avaient constaté ceux qui l'avaient vue, d'ombre et son caractère effrayant n'était absolument pas démenti. De forme humanoïde bien qu'indistincte, la créature était tout particulièrement puissante et dangereuse et disposait d'étranges pouvoirs, comme le fait de se renforcer avec la peur environnante ainsi que la capacité d'occulter la lumière et de manier les ombres présentes.
Elle laissait sur son sillage une corruption reconnaissable aux veines noires qui recouvrent la surface de ce qu'elle touche et un sifflement aigu perpétuel l'accompagne.
Enfin, il n'était pas impossible que la créature soit originaire du Mordor.
A l'issue du court récapitulatif dressé par Aidan, tous hochèrent la tête. Puis Maelrun posa la question, sachant tout à fait que tout le monde n'attendait que cette question mais que personne n'osait trop la formuler. Il la dit d'une façon réfléchie, claire et posée, comme s'il avait longuement réfléchi à sa demande.
- D'après le récit d'Anerän, nos armes ne font aucun dommage à cette créature. Son épée n'a pas suffit à détruire la créature et, d'après vous, dit-il en désignant Anerän et Elerion, elle semblait même éperdument n'en avoir rien à faire. Alors comment peut-on traquer et détruire une créature contre laquelle nos armes ne peuvent rien ? Je vois mal en quoi deux, trois, quatre ou même quatorze lames pourraient faire quelque chose là où une seule ne servit à rien d'autre qu'à dissiper pendant un temps minime la créature.
Tous approuvèrent la question, bien évidemment. Ce fut Faramir qui se chargea de répondre.
- Notre premier objectif n'est pas de détruire la créature. Notre premier objectif est de la forcer à fuir l'Ithilien et le Gondor par la même occasion. De ce fait, nous pourrons directement juger de la force de notre adversaire et apprendre plus quant à ses pouvoirs.
Ce n'est qu'une fois que cet être malfaisant aura quitté les terres du Gondor que nous pourrons chercher à nous en débarrasser définitivement. Pour l'instant, il faut éviter toute victime Gondorienne possible.
Une fois qu'il sera en-dehors des limites de notre territoire, nous pourrons le pourchasser jusqu'à sa destruction ultime. Et pour cela, il nous faudra sûrement nous rendre en Mordor. Là...
- Là quoi ? Comment pourra-t-on trouver le lieu ou réside cette créature ? Comment le prendrons-nous d'assaut, nous ne sommes qu'une quinzaine ! Et enfin, cela ne règle pas pour autant la question de son invulnérabilité. Affronter l'ennemi sur son territoire n'ôtera pas sa protection. Et dans le Mordor, il aura tout le loisir de nous harceler à tout bout de champs. Nous ne le vaincrons pas de cette manière !
C'était Haegön qui s'était exprimé ainsi, manifestant par le fait même les inquiétudes du plus gros de la troupe, Elerion compris. Anerän lui, s'il n'avait encore aucune idée de comment cela pourrait faciliter la traque et la destruction de la créature, pressentait cependant que c'était là la seule chose à faire pour obtenir la victoire. Il croisa le regard d'Elrodan.
Je n'ai pas non plus la moindre idée de comment faire, mais c'est la meilleure, à défaut d'être la bonne, option.
Il avait eu l'impression de lire ça dans son regard. Il détourna les yeux, gêné.
Ce fut le rôdeur de la Compagnie Grise qui prit le relais auprès de Faramir, de sa voix douce et pourtant ferme.
- Là nous traquerons l'ombre. Même dans les plus profondes des ténèbres et dans les flots les plus tumultueux des nuages, il est toujours possible de retrouver la trace de ce que l'on cherche, et ce d'autant plus lorsque la créature en laisse une facilement repérable. C'est ainsi qu'on pourra trouver le lieu où réside l'être que nous recherchons.
Prendre d'assaut un tel lieu ne serait, pour répondre à votre seconde question, que peu difficile. Si l'être que nous recherchons est bel et bien lié à Sauron ou Morgoth d'une manière ou d'une autre, alors le temple, ou sanctuaire, où il réside sera uniquement dédié à son adoration. Ce ne sera pas une forteresse imprenable, loin de là. Cela ne veut pas pour autant dire que nous pourrons prendre le sanctuaire en toute impunité. Mais, considérant que tous ceux ici présents possèdent un certain niveau de maîtrise de combat, les occupants du sanctuaire ne devraient pas trop nous poser de problèmes.
Enfin, quant à la question de l'invulnérabilité... nous ne sommes pas certains que cet être soit invulnérable. Peut-être n'avons nous juste pas encore trouvé son point faible ? Cependant, même si nous ne le trouvions pas, nous pourrions tout de même détruire la créature. Il n'y a que deux moyens d'invoquer du monde des ténèbres et du néant des créatures aussi puissantes. Un sorcier tel que l'était Sauron l'aurait pu. Mais il a été détruit et rien ne nous donne à penser qu'il soit revenu ou bien qu'un nouveau « Nécromancien » soit apparu. La seconde manière est de faire appel à un puissant artefact. Et c'est ce que je soupçonne ici. En détruisant l'artefact, nous devrions détruire la ou les créatures qu'il a invoquées.
Personne ne répondit. Certains, tels qu'Anerän, Faramir, Maelrun ou encore Isilion approuvaient silencieusement, tandis que d'autres semblaient dubitatifs, comme Aidan, Eraldion, Haegön, Fanoc, Elerion ou bien Beasil et Tarodin, alors que tous les autres guerriers de Lossarnach réprouvaient complètement, du moins dans leur tête, l'idée que proposait Elrodan. Encore une fois, ce fut Faramir qui relança la discussion.
- Bien, mettant que nous avons mis au clair ce que nous devrions faire une fois que cette créature sera chassée de l'Ithilien et, par le fait même, du Gondor, il faudrait que nous décidions de quelle approche il nous faudra adopter pour l'y en chasser. Des propositions ?
- Pourquoi ne pas faire plusieurs groupes afin de passer l'Ithilien au peigne fin ? En se dispersant, l'on aura plus de chances pour trouver la créature. Ensuite, pour ce qui est de la forcer à fuir dans la direction que nous souhaitons... je n'ai aucune idée de comment faire.
- Des torches. Emportons des torches. Tout d'abord, on sait que cette créature craint la lumière, alors en utiliser devrait l'affaiblir. Ensuite, peut-être est-elle sensible aux flammes ?
A ce moment précis, Anerän sentit à nouveau peser sur lui le regard d'Elrodan. Il ne le regarda pas, feignant de ne rien sentir. Cependant, il se rassurait mentalement.
Ce n'est rien. N'y fais pas attention. Il ne peut pas savoir pour l'épée d'Elerion. Et même s'il savait, il n'y aurait pas de quoi s'inquiéter.
Afin de ne plus se concentrer sur le regard qui l'écrasait, Anerän prit à son tour la parole.
- Combien serons-nous par groupe ? Il ne faut pas trop nous disperser non plus si l'on veut éviter de se mettre inutilement en danger.
Begön, qui était celui qui avait proposé de se disperser, répondit du tac-au-tac.
- Il faut faire quatre groupes. Plus, ça pourrait être dangereux. Moins, on n'irait pas assez vite. Avec au moins un porteur de torche par groupe et une personne pour aller prévenir les autres groupes de manière à se regrouper pour forcer la fuite de la créature. Par contre, il devra y avoir un groupe de trois...
Le Conseil se prolongea tard dans la soirée, la salle s'emplissant de lumières carmines et dorées puis s'en vidant, les torches accrochées aux murs devenant les seules sources d'éclairage, Faramir tenant à régler absolument tous les détails liés à leur mission. Lorsqu'il vit que ses hôtes tombaient presque de fatigue, et tout particuièrement Elerion et Anerän, il leva finalement le Conseil, promettant de s'occuper des derniers points seul pour le lendemain matin. Avant de laisser les guerriers partir, il récapitula les différents groupes.
Fanoc, Begön,, Hardong et Isilion formeraient un premier groupe. Maelrun, Haegön, Tandür et Aidan formeraient un second groupe, qui partirait tout d'abord dans la même direction que le premier, c'est-à-dire vers le Sud, avant de se séparer d'eux pour se rendre vers l'Est. Eraldion, Elrodan, Beasil et Tarodin seraient ceux présents dans le troisième groupe et Faramir, Elerion et Anerän formeraient le quatrième groupe, le plus petit.
Les délibérations avaient fini par limiter un premier temps la zone de recherche au Nord de l'Ithilien. Le territoire était bien trop grand pour que quinze hommes puissent se charger de patrouiller dans sa totalité sans inévitablement manquer ce qu'ils cherchaient. Une fois la partie Nord passée au peigne fin, ils pourraient alors passer dans l'Ithilien Sud afin de débusquer la créature et de la forcer à fuir vers l'Est.
Faramir alla ouvrir la porte, laissant sortir un à un chacun des hommes. Tous parlaient à voix basse, baillant quelque fois. Anerän et Elerion s'apprêtaient à quitter la salle lorsque Elrodan s'approcha d'eux.
- Jolies lames elfiques. Elles vous seront d'un grand secours je présume, tout comme elles vous l'ont été lors de votre venue à Minas Fael. Je ne doute pas que vous serez prudent mais évitez de faire un usage excessif de leurs « pouvoirs »... il n'est jamais très bon de dévoiler tous ses atouts. Passez une bonne nuit.
Il sortit alors devant le regard intrigué de Faramir ceux ébahis d'Anerän et d'Elerion. Sur le coup ils ne surent pas comment réagir et le laissèrent s'en aller sans rien lui dire. Une fois qu'il eut emprunté un des couloirs du château, le mettant hors de vue de Faramir, ce dernier se retourna vers les deux gardes de la Tour. Puis il leur annonça lentement.
- Ne vous en faites pas. Je doute qu'il aille révéler vos secrets. Il est sans doute la personne la plus fiable qui puisse être ici en ce moment même.
- Que voulez-vous dire ?
- Nous avons évité d'en parler devant tout le monde mais Elrodan et moi-même pensons que derrière la créature d'ombre pourrait se cacher un être humain. Et cela ne présage rien de bon. Mais peut-être faisons-nous fausse route, qui sait ? Sur ce, reposez-vous bien. Vous en aurez besoin demain.
Il les laissa sortir puis s'enfonça à bonne allure dans les couloirs. Leur pouls s'était brusquement accéléré et leur sang tambourinait partout dans leur corps. Sans un regard ni un mot, d'un accord commun et silencieux, ils déplacèrent légèrement leur cape de façon à cacher le fourreau de leur lame.
Suivant alors le même chemin que celui qu'ils avaient emprunté pour venir dans la salle du Conseil, ils retournèrent dans la salle des trônes du Château d'Ébène. Il était quasiment vide, à l'exception de quelques gardes, de rares serviteurs qui finissaient de nettoyer la salle ou de transporter des paquets couverts, ainsi qu'Isilion, qui, assit sur une marche au bas des trônes, scrutait attentivement la salle. Lorsqu'ils l'aperçurent, ce fut vers lui que se dirigèrent Elerion et Anerän. Il n'avait pas cet air grave et fatigué qu'il avait porté toute la journée. Il semblait même plutôt détendu en fait, comme s'il avait été libéré d'un fardeau. Il chantonnait à voix basse une comptine de Pelargir. Sa voix glissait dans la pénombre, belle et claire alors que les paroles semblaient comme se glisser dans l'obsidienne pour y résonner.
Viens, viens, ô beau petit matin.
Prends-moi un instant dans tes bras
Laisse-moi goûter tes embruns
Laisse partir la nuit de soie
Te dissimulant à ma vue.
Ecarte-la, déplace-la
Embrasse donc cette ingénue,
Fais-la glisser entre tes doigts.
Ecarte donc ce voile noir
Aimant occulter tes lueurs.
Tu n'es pas qu'un rêve illusoire
Et en ton sein et en ton coeur
Je glisserai sur l'océan
Naviguant avec toi vers l'Ouest
En m'endormant sur ton bois blanc,
Porté par tous les vents célestes.
Et à ton bord je chercherai
La cité engloutie, trésor
Des vieux hommes et de beauté,
Vers Valinor, ô Numenör !
Et quand Ulmo décidera
De m'envoyer ses vagues d'or
En oiseau tu te changeras
Et nous volerons sans remord,
Jusqu'à ce que tu doives fuir
Glisser hors du monde un instant.
Alors la nuit pourra sourire,
Jusqu'aux confins de l'occident.
Car ce sera là-bas qu'on me retrouvera
Noyé en Numenör mais vivant en vos bras.
Ce ne fut que lorsqu'il eut fini que les deux hommes de Minas Tirith osèrent s'approcher.
- Pardon si nous tous dérangeons mais nous aimerions savoir où il serait possible de trouver un endroit pour dormir.
Isilion fut surpris par leur arrivée, même s'ils n'avaient pas non plus tout fait pour se rendre discrets. De toute évidence, pensa Elerion, il était complètement pris par ce qu'il chantonnait.
- Oh oui, bien entendu. Venez, je vais vous conduire à l'une des chambres d'hôte du château.
Sa voix n'était pas celle qu'il avait lorsqu'il chantait ni celle qu'il avait eu un journée. C'était un ton amical. Il mena Elerion et Anerän dans une chambre où deux lits étaient disposés, éloignés l'un de l'autre d'un mètre. Ses yeux n'étaient plus petits et noirs comme lorsqu'ils l'avaient rencontré mais de taille moyenne et d'un jais brillant et humide.
- Je vais vous laisser, j'ai de nombreuses choses à finir avant l'aube. Puissiez-vous passer une bonne nuit.
Il referma alors la porte, ne leur laissant pas le temps de le remercier ou de lui souhaiter une bonne nuit, et partit. Anerän entendit ses pas rapides résonner contre les dalles de pierre des couloirs, sa cape frottant contre le sol froid. Il déposa sa lame elfique à côté de lui, dans un coffre destiné à ranger les affaires, où il mit aussi sa cape. Encore debout, il s'adressa à Elerion, qui s'était lui tout simplement assis sur le lit, ne levant ni sa cape ni son épée.
- Que penses-tu d'Isilion, Elerion ?
- Eh bien… il me semble être froid, distant, calme… mais il est le Capitaine des Gardes de Minas Fael et c'est tout ce qu'il y a de plus naturel et compréhensible à mon avis. Il m'a semblé être aussi formidablement intelligent. Cependant…
- Cependant ?
- Cependant, ce n'est pas lui qui m'inspire la plus grande confiance. J'ai eu l'impression qu'Elrodan se méfiait de lui pendant le Conseil.
- Je vois ce que tu veux dire. Cependant, je ne peux que te conseiller d'observer plus attentivement, avec ton coeur comme avec tes sens. Elrodan est peut-être membre de la Compagnie Grise et un homme en lequel on peut avoir une confiance absolue, il ne détient pas pour autant le savoir absolu. Isilion n'est, pour ce que j'ai vu de lui, pas un homme dont il faut se méfier. Je lui ferai tout autant confiance que je te fais confiance à toi si jamais nous venions à plus nous rapprocher.
Mais encore une fois, garde-toi des jugements hâtifs. Et vois par toi-même, ne regarde pas par la vue des autres. Une telle vue peut-être plus simple ou encore plus belle, mais elle n'aura jamais la même valeur en tant que pressentiment. Et ce sont ces pressentiments qui, lorsqu'il n'y a plus de place pour la raison et la logique, nous permettent d'avancer de manière sûre.
Elerion se tut. Cela méritait réflexion et il n'était pas sûr d'avoir bien saisi tous les détails de ce que voulait lui dire Anerän.
- Bonne nuit, Elerion. Tu m'excuseras si je ne reste pas plus longtemps éveillé pour discuter avec toi mais je tombe de fatigue.
- … Passe une bonne nuit aussi Anerän, je vais bientôt faire de même de toute façon.
Et après quelques minutes à peine, ils s'endormirent tous deux, vidés de leur énergie par les événements de la journée. A l'Ouest, les nuages qui cachaient le déclin du soleil finirent de se dissiper et le laissèrent, avant de finalement se coucher et plonger dans la mer, faire chatoyer ses derniers rayons sur Minas Fael, la faisant briller de tous feux dans les réelles dernières lueurs du jour.
Voilà ! J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à laisser une review si c'est le cas, ou même si ça ne l'est pas, ça me fera plaisir dans tous les cas de connaître un ou une autre de mes lecteurs/lectrices :D
