Cela était trop tentant pour que je n'écrive pas de suite donc… voilà ! Puis en vérité… est-ce vraiment surprenant que j'écrive une suite ? Non, évidemment. Je vais approfondir quelques fils rouges de la première partie (ne vous en faites pas, il n'y a toujours pas d'intrigue hein, je fais juste réapparaître quelques personnages, voilà tout) et j'espère que vous apprécierez. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !


Surveillance

Godric Gryffondor traverse un couloir quand il remarque la présence de Salazar Serpentard dans un angle, semblant observer quelque chose en veillant à ne pas être vu.

Godric Gryffondor — Salazar ! Que faites-vous là ?

Salazar Serpentard sursaute, grimace et tire Godric Gryffondor près de lui, son index sur ses lèvres.

Salazar Serpentard — Taisez-vous, sot ! Vous ne voyez donc pas que je me cache ?

Godric Gryffondor — Vous vous cachez ? Mais pourquoi donc ? Vous êtes menacé ?

Salazar Serpentard — Pff ! Menacé ? Moi ? Vous êtes drôle, Godric. Bien sûr que non, je ne me cache pas par crainte pour ma vie. J'espionne, voilà tout.

Godric Gryffondor — Mais qui donc espionnez-vous ?

Salazar Serpentard — Ça, cela ne vous regarde pas. J'ai bien le droit de faire ce que je veux, cela inclus de surveiller qui je souhaite, quand j'en ai envie et…

Il s'arrête brusquement et secoue la tête.

Salazar Serpentard — Pourquoi même je me prend la tête à me justifier ? Je n'ai pas de compte à vous rendre, à ce que je sache ! Alors fichez-moi la paix, vous êtes déjà en train de me déconcentrer ! À cause de vous, je vais perdre leurs traces !

Godric Gryffondor — Les traces de qui ?

Godric Gryffondor regarde le couloir qu'observe Salazar Serpentard, vide de monde.

Godric Gryffondor — Il n'y a personne, ici…

Salazar Serpentard — QUOI ? Par tous les dieux ! Ils ont filé ! Il fallait bien sûr que ça arrive ! Vous voyez ce que vous faites, Godric ? Vous m'avez distrait et ainsi, ils ont eu le temps de partir et je ne sais plus où ils sont ! Je vais devoir repartir à leur recherche… bravo, Godric !

Il part à grandes enjambés, énervé. Godric cligne des yeux, perplexe.

Godric Gryffondor — Je n'ai rien compris à ce qui vient de se passer…

Plus tard, au crépuscule, Godric Gryffondor trouve Helga Poufsouffle, alors que celle-ci sort après la fin d'un cours.

Godric Gryffondor — Chère amie, je vous cherchais ! J'ai besoin de votre aide pour comprendre quelque chose.

Helga Poufsouffle le dévisage.

Helga Poufsouffle — Vous avez… besoin de mon aide… pour comprendre quelque chose ? Dans ce cas, ne pensez-vous pas vous trompez d'interlocutrice ? Ne devriez-vous pas plutôt trouver dame Rowena ? C'est en général vers elle qu'on se tourne pour obtenir des explications, pas moi.

Godric Gryffondor — Oh, ne vous en faites pas. Cela n'a rien à voir avec des formules magiques ou d'autres complications. Cela concerne Salazar.

Helga Poufsouffle — Salazar ? Raison de plus d'en parler à Rowena. C'est elle, son épouse.

Godric Gryffondor — Je ne pense pas qu'elle puisse m'aider avec ce problème. Voyez-vous, j'ai croisé Salazar tantôt et celui-ci avait une drôle d'attitude. Il était caché derrière un mur, à observer un couloir adjacent et en s'énervant contre moi, il a admit être en train de… surveiller discrètement quelqu'un – voire plusieurs personnes. Comme je me doute qu'il ne parle pas de cette activité secrète à sa femme, je me disais que vous sauriez peut-être pourquoi il s'adonne à cette… pratique. Alors ? Savez-vous quelque chose à ce sujet ?

Helga Poufsouffle — Hé bien…

Godric Gryffondor — Hé bien quoi ? Pourquoi ce sourire malicieux, ma dame ? Que me cachez-vous, vous aussi ?

Helga Poufsouffle — Je pense qu'il voudrait mieux que vous voyez de vos propres yeux. Attendez que nous soyons dans la Grande Salle et je pense que vous comprendrez.

Le soir vient et tous sont dans la Grande Salle, pour le souper. Godric Gryffondor est à la table des professeurs, aux côtés d'Helga Poufsouffle.

Godric Gryffondor — Alors ? Que suis-je censé voir ?

Helga Poufsouffle — Regardez à ma gauche.

Godric Gryffondor — C'est ce que je fais mais je ne vois rien d'exceptionnel. Je n'y vois que Salazar, aussi grincheux que d'habitude. Quoi que, dame Rowena paraît suspecte. Elle a le même sourire que vous, celui qui indique que vous complotez quelque chose.

Helga Poufsouffle — Nous ne complotons rien. Nous sommes simplement amusés. Vous les hommes n'êtes pas les plus observateurs, il faut croire. Ne remarquez-vous vraiment rien de particulier chez ce cher Salazar ?

Godric Gryffondor — Je suis complètement confus, ma dame. Salazar est différent, vous dites ? Certes, il paraît vouloir foudroyer quelqu'un du regard et je plains le pauvre élève qui subit son courroux silencieux mais…

Godric Gryffondor se tait et écarquille les yeux. Il tourne son regard vers le malheureux qui est dévisagé par Salazar Serpentard. Il devient pâle.

Godric Gryffondor — Helga ? Est-ce que je me trompe en supposant que c'est mon fils que Salazar foudroie du regard ?

Helga Poufsouffle — Absolument pas.

Godric Gryffondor — Et cela a à voir avec le fait que votre filleule, Helena Serdaigle, est assise aux côtés de mon fils et qu'ils paraissent passer un bon moment ensemble ?

Helga Poufsouffle — Effectivement. Vous comprenez à présent ?

Godric Gryffondor — Oui, je comprend.

Helga Poufsouffle — Bien ! Parce que cela fait déjà quelques jours que Rowena et moi avons remarqué le petit jeu auquel Salazar s'adonne, à surveiller les faits et gestes non seulement de sa fille mais également ceux de votre fils. Je crois qu'il complote un plan pour se débarrasser de votre fils mais ne vous en faites pas, Rowena s'est déjà chargée d'empêcher un drame d'arriver en lui faisant promettre de ne rien faire à celui qu'elle pourrait un jour appeler son gendre.

Godric Gryffondor — Excusez-moi, mais je ne suis guère rassuré. Bien que j'apprécie Salazar, s'il menace la vie de mon fils pour quelque amourette de jeunesse, je me dois de l'en empêcher, ami ou non.

Helga Poufsouffle — Encore une fois, ne vous faites pas pour si peu. Qu'importe l'aversion de Salazar pour votre fils et l'idylle que ce dernier vit avec Helena, il a bien plus peur de la colère de son épouse. Vous savez bien à quel point Rowena peut être effrayante quand elle est énervée…

Godric Gryffondor se remémore un incident impliquant une Rowena Serdaigle en colère et frisonne, tout comme Helga Poufsouffle.

Godric Gryffondor — Je vous accorde qu'il n'y a rien de plus menaçant en ce monde que le courroux de dame Rowena…

Helga Poufsouffle — C'est le moins qu'on puisse dire…

Godric Gryffondor dévisage Salazar Serpentard, qui semble bouillir de rage à la simple vue de Gray Gryffondor et Helena Serdaigle côte à côte.

Godric Gryffondor — Je crois que je vais quand même garder un œil sur Salazar, juste par précaution….


Les doléances

Les quatre Fondateurs sont assis les uns à côtés des autres, dans la Grande Salle dégagée de ses tables.

Salazar Serpentard — Tout cela est ridicule… Des doléances, franchement ? Vous en avez d'autres, d'idées saugrenues comme celle-ci, Godric ? Depuis quand sommes-nous des monarques dirigeant une bande de paysans ?

Godric Gryffondor — Ne pouvez-vous pas arrêter de râler deux minutes, Salazar ? Pour votre gouverne, cette initiative a été très appréciée par les résidents de Poudlard. La première séance de doléances fut un véritable succès, sinon nous ne serions pas ici pour une deuxième série de réclamations.

Salazar Serpentard — Un succès, un succès… de votre avis, oui ! Pour ma part, ce fut une véritable perte de temps, ces doléances. Tous les problèmes dont nos apprentis nous ont fait parts étaient futiles et si cela pressait tant pour qu'ils soient réglés, c'est vraiment que les gens de ce château passent leurs journées à flâner au lieu d'étudier et de progresser dans leur apprentissage sur la magie !

Helga Poufsouffle — Cela vous arrive-t-il de respirer entre deux plaintes, Salazar ? Si quelqu'un vient ici maintenant et nous voit nous battre comme des chiffonniers, nous allons commencer à avoir mauvaise réputation dans notre propre château. Vous qui appréciez tant le respect dû à votre rang, vous devriez y réfléchir. Le grand et intransigeant Salazar Serpentard, réduit à se plaindre comme une personne âgée ? C'est la réputation que vous souhaitez gagner ?

Salazar Serpentard — Oh vous, taisez-vous. Je vous ai déjà répété des centaines de fois que votre avis, personne ne s'y intéresse.

Helga Poufsouffle — Ça, c'est vous qui le dites ! À ma connaissance, les gens viennent plus vers moi que vers vous pour régler leurs soucis et obtenir des conseils. Quand on vous entend parler, on comprend pourquoi.

Salazar Serpentard — Cela n'a rien d'étonnant, avec quelqu'un de votre espèce ! Vous ressemblez à une princesse de conte de fées, avec vos propos mielleux sur la tolérance et la gentillesse. Il ne vous manque plus qu'un talent en chant et le don de communiquer avec les animaux pour être une parfaite paysanne transformée par une idiote de fée en princesse qui assurera la ruine à son royaume. Quoi que, pour parler aux animaux, la moitié du travail est déjà fait, à la nuance que vous avez beau croire que les animaux comprennent ce que vous dites, ils doivent simplement vous prendre pour une folle.

Helga Poufsouffle — Vous êtes simplement jaloux que je puisse parler aux animaux, admettez-le.

Salazar Serpentard — Vous vous fourvoyez, oui. Parce que vous n'avez pas d'ami humains, vous vous tournez vers les animaux en croyant que ceux-ci peuvent vous comprendre. Vous voyez à quoi vous en êtes réduite ?

Helga Poufsouffle — Je remarque que vous êtes particulièrement désagréable aujourd'hui, Salazar. Qu'est-ce qui vous arrive ? Vous vous êtes levé du mauvais pied ? Oh, pardon ! C'est votre caractère naturel. Pas étonnant que personne ne vous supporte. Même les animaux vous fuient !

Godric Gryffondor — Euh… Mes chers amis…

Salazar Serpentard — Vous, ne vous mêlez pas de ça, Godric ! C'est entre la demoiselle qui parle aux oiseaux et moi. Je disais donc…

Ses propos sont interrompus quand quelqu'un entre dans la salle. C'est un jeune étudiant, aux cheveux courts et portant une insigne verte aux bordures argentées. Salazar Serpentard est incrédule, ainsi qu'agacé.

Salazar Serpentard — Mais… Merlin ? Peut-on savoir ce que vous fichez ici ? Et non, ne vous retournez pas et ne me regardez pas avec de grands yeux, c'est bien à vous que je m'adresse ! Que faites-vous ici ?

Merlin — N'est-ce pas ici la salle des doléances, maître ?

Salazar Serpentard — Si mais…

Rowena Serdaigle l'arrête, elle qui est silencieuse depuis le début de cette étrange assemblée.

Rowena Serdaigle — Laissez-le donc parler, mon cher. Peut-être n'est-il pas ici en qualité de votre disciple mais étudiant de Poudlard.

Salazar Serpentard — Je vous en prie, ma chère. Je connais assez bien mon disciple pour savoir que ce qu'il va dire n'aura aucun rapport avec ces doléances… Mais soit ! Si vous y tenez. Allez-y, Merlin, parlez. Quelle est votre requête auprès de nous ?

Merlin — Hé bien… J'expérimentais une potion qui nécessitait des lutins de Cornouailles mais euh…

Merlin paraît gêné.

Merlin — Il se peut qu'ils soient parvenus à s'échapper de la cage que j'ai mal fermé et maintenant ils saccagent une salle de cours de potion. Je venais vous demander si vous auriez une solution à me donner pour que je répare mon erreur, maître.

Salazar Serpentard soupire alors que Godric Gryffondor et Helga Poufsouffle clignent des yeux.

Godric Gryffondor — Vous avez fait… quoi ?

Helga Poufsouffle — Où a-t-il trouvé des lutins de Cornouailles, pour commencer ?

Godric Gryffondor — Quelle expérience peut nécessiter des lutins de Cornouailles, d'abord ?

Salazar Serpentard — Je vous avais dit que cela n'aurait rien à voir avec une doléance. Merlin, écoutez-moi. Ici, vos requêtes doivent concerner le bien-être de l'ensemble de la communauté magique vivant au sein de Poudlard, pas juste d'un… incident que vous avez provoqué. Alors si vous ne venez pas faire de réclamation en lien avec la vie commune et sociale de Poudlard, vous n'avez rien à faire ici. Nous réglerons ce problème de lutins plus tard. Allez-vous en.

Merlin — Mais… et les lutins ?

Salazar Serpentard — J'ai dit : allez-vous en !

Merlin — D-D'accord, maître ! Navré pour le dérangement !

Merlin part sans demander son reste, sous les regards perplexe d'Helga Poufsouffle et de Godric Gryffondor tandis que Salazar Serpentard s'affale dans son siège, déjà las.

Helga Poufsouffle — Sincèrement, je ne comprends pas ce que vous trouvez d'extraordinaire à ce jeune garçon, Salazar. Non pas que je veuille le dénigrer mais j'ai dû mal à comprendre pourquoi vous en avez fait votre disciple. Il n'est pas spécialement bon pour fabriquer des potions ou réactif lors de duels de sortilèges, tout comme il ne possède pas un esprit de déduction au-delà de la moyenne ou un talent caché…

Godric Gryffondor — Il semble surtout… simplet. En plus d'attirer tout un tas de problèmes.

Salazar Serpentard — C'est ça, moquez vous. En attendant, je vous répète que l'Histoire se souviendra de lui. Il a un potentiel certain, même si vous êtes tous trop sots pour le remarquer. De plus, de tels propos de votre part, Godric… c'est l'hôpital qui se fout de la charité.

Helga Poufsouffle — Un hôpital ? Qu'est-ce que c'est ?

Salazar Serpentard — Pff, laissez tomber. Quelqu'un arrive.

Leur nouveau visiteur s'arrête devant les Fondateurs. C'est un homme d'une forte corpulence, au visage amical.

Godric Gryffondor — Mais c'est…

Rowena Serdaigle — Hengist de Woodcroft. C'est un plaisir de vous revoir parmi nous. Comment se porte Pré-au-Lard ?

Hengist de Woodcroft — Merveilleusement bien, chère dame Rowena ! C'est bien aimable à vous de le demander. Et comment va cette chère maison Poufsouffle que j'ai quitté il y a déjà plus de trois ans ?

Helga Poufsouffle — Notre chère maison se porte bien. Nous regrettons votre absence en cuisine, cependant. Vous étiez vraiment le meilleur de nos cuisiners.

Salazar Serpentard — Attendez un peu ! Je vous rappelle que nous ne sommes pas ici pour une conversation amicale entre amis de longues date. Déjà que ces doléances me pèsent, si en plus elles s'éternisent à cause de futilités…

Il se tourne vers Hengist de Woodcroft.

Salazar Serpentard — Qu'est-ce que vous faites ici, vous ? Cela fait longtemps que vous n'êtes plus étudiant à Poudlard et au cas où vous ne l'auriez pas remarquer, nous sommes en pleine séance de doléances. Alors vous n'avez rien à faire ici.

Hengist de Woodcroft — Ne vous en faites pas, messire Serpentard. Je ne suis pas ici pour vous faire perdre votre temps. J'ai justement ouïe dire qu'aujourd'hui, vous autorisiez une séance de doléance et ma venue est dans ce but. Je viens vous offrir une proposition entre mon village, Pré-au-Lard, et votre château, Poudlard.

Rowena Serdaigle — Dans ce cas, nous l'écouterons attentivement. Parlez, je vous prie. De quoi s'agit-il ?

Hengist de Woodcroft — Voyez-vous, nombreux de vos étudiants viennent à Pré-au-Lard. Je ne devrais évidemment pas en parler mais ils se faufilent hors des murs de Poudlard le soir pour profiter de mes tavernes et de la jovialité et convivialité de mes bons gens, tout cela avec le plaisir de la boisson, cela va de soi.

Cette annonce provoque des réactions différentes et distinctes chez les Fondateurs. Helga Poufsouffle et Godric Gryffondor se dévisagent tandis que Salazar Serpentard semble prêt à bondir sur ses pieds et que Rowena Serdaigle fronce les sourcils, soucieuse.

Helga Poufsouffle — Et donc ? Mes excuses, mais je ne vois pas où est le problème. Nous n'avons jamais instauré de couvre feu. De plus, l'alcool est proscrit à Poudlard alors il semble logique que nos élèves quittent notre enceinte pour se permettre quelques verres, surtout en soirée.

Salazar Serpentard — Quoi ! Vous ne comprenez vraiment pas ce que cela veut dire ?

Godric Gryffondor — Nous devrions nous indigner comme vous ?

Salazar Serpentard se lève, n'y tenant plus.

Salazar Serpentard — Bien sûr ! Nos élèves deviennent alcooliques et cela ne vous pose pas le moindre problème ?

Helga Poufsouffle — Ne pensez-vous pas que vous exagérez ? Ils boivent, mais pas à profusion tout de même…

Rowena Serdaigle — Je suis d'accord avec Helga. Nous devons certes nous préoccuper de cela, mais est inutile de s'affoler. Nos élèves ne sont pas irresponsables et incapables de connaître les limites de la boisson à ne pas dépasser.

Hengist de Woodcroft — Euh… Loin de moi l'idée de mettre de l'huile sur le feu mais… si, les étudiants de Poudlard qui viennent dans nos tavernes finissent souvent dans de très mauvais états à cause d'une trop grande consommation d'alcool, même quand ce n'est que de la Bièraubeurre…

Salazar Serpentard — Des ivrognes ! La beuverie ! Voilà à quoi s'adonnent nos pupilles quand nous avons le dos tourné ! Cela commence avec la boisson, puis ils se détournent de leurs études, défient l'autorité de leurs aînés, deviennent indisciplinés et voilà la décadence en marche ! Une société magique d'illettrés et d'arriérés, voilà où nous nous dirigeons et avec elle, la fin des sorciers et des sorcières en ce monde ! Ils seront trop sots et ivres pour arriver à déjouer les traquenards des moldus et tous finirons brûlés sur des bûchers, tous…. JUSQU'AU DERNIER ! TOUT CELA PARCE QU'ILS SERONT DEVENUS DES IVROGNES !

Un silence de plomb s'installe dans la Grande Salle. Salazar Serpentard reprend son souffle puis, jetant un regard dégoûté à l'assemblée, quitte la pièce en grande pompe. Helga Poufsouffle est la première intervenir après son départ.

Helga Poufsouffle — Il prend les choses un peu trop à coeur, non ?

Godric Gryffondor et Hengist de Woodcroft hochent la tête.

Rowena Serdaigle — Je pense que nous pouvons déclarer ces doléances finies, à cause de l'absence d'un de ses membres fondateurs.

Godric Gryffondor et Helga Poufsouffle approuvent.


La Méchante Reine

Les Fondateurs sont à l'entrée de Poudlard, face à une personne des plus singulières. Leur visiteur est une femme vêtue d'une robe violette et d'une couronne.

Salazar Serpentard — Rappelez-moi qui vous êtes ?

La Méchante Reine — Je suis la Méchante Reine.

Salazar Serpentard soupire, exaspéré.

Salazar Serpentard — Cela, je l'avais compris. Je veux savoir votre nom, pas votre titre.

La Méchante Reine — Je suis connue comme la Méchante Reine.

Godric Gryffondor — Étrange réputation…

Helga Poufsouffle — Avec un titre pareil, elle ne doit pas être beaucoup aimée. Je soupçonne qu'elle soit de la même trempe que Salazar, à aimer maudire tout le monde pour un rien.

Rowena Serdaigle — Et donc, vous êtes une sorcière, Votre Majesté ?

La Méchante Reine — En effet. Je me spécialise surtout dans les potions empoisonnées.

Godric Gryffondor — C'est très spécifique, quand même…

Salazar Serpentard — Ce n'est pas que tout ça soit inintéressant – un peu quand même, admettons-le… – mais peut-on savoir ce que vous venez faire ici ? Vous désirez recevoir notre enseignement ?

La Méchante Reine ricane.

La Méchante Reine — Il n'y a rien que vous puissiez m'apprendre en terme de magie.

Salazar Serpentard serre des dents.

Salazar Serpentard — En tout cas, c'est pas la modestie qui vous étouffe.

La Méchante Reine — Que dites-vous ?

Helga Poufsouffle — Ne faites pas attention à Salazar ! Il… Il est naturellement irascible, il faut l'ignorer.

Godric Gryffondor — En fait, ce qu'il voulait vous faire comprendre c'est qu'ici, vous êtes à Poudlard, une académie d'enseignement magique. Donc si vous n'êtes pas ici pour recevoir un apprentissage des compétences magiques, pourquoi vous présentez-vous ici ?

La Méchante Reine — Je cherche quelqu'un, qui doit se trouver ici. Remettez-moi cette personne et je m'en irai.

Rowena Serdaigle — Nous avons beaucoup de résidents à Poudlard. Il nous faudra plus d'informations si vous voulez que l'on vous aide. Qui cherchez-vous ? Un enfant que vous nous auriez remis il y a longtemps ?

La Méchante Reine — Pas le moins du monde. La personne que je recherche est une jeune fille. Voyez-vous, dans le royaume que je gouverne, je suis considérée comme la plus belle des femmes. Jusqu'à ce qu'une jeune fille vienne et que tous s'accordent à dire que sa beauté dépasse l'entendement. Il était inconcevable que je laisse passer un tel affront.

Salazar Serpentard roule des yeux et marmonne.

Salazar Serpentard — Nous n'avons clairement pas le même sens des priorités. Je croirais entendre Godric quand il parle d'honneur, de chevalerie et d'autres idioties du même genre…

La Méchante Reine — J'ai donc tenté de la tuer, en demandant à un chasseur de me ramener son coeur. Sauf que cet incompétent s'est pris de pitié pour cette jeune femme et ne l'a pas tué, me forçant à m'en occuper moi-même.

Godric Gryffondor fronce les sourcils.

Godric Gryffondor — C'est étrange mais cette histoire me rappelle quelque chose.

La Méchante Reine — Je l'ai donc trompé en me transformant en une vieille femme et en lui proposant une pomme empoisonnée, qu'elle a mangé. Je pensais être débarrassée d'elle puisque ce poison la plongeait dans un sommeil éternel dont seul un baiser d'amour sincère pouvait la délivrer.

Salazar Serpentard — Pourquoi faire si compliquer ? Vous pouviez pas juste faire un poison qui allait la tuer ? Les amateurs, je vous jure…

Rowena Serdaigle — Je suppose que ce poison n'a pas duré ?

La Méchante Reine — C'est exact. Un idiot de chevalier s'est présenté et l'a libéré de son sommeil éternel, pendant que des nains croyaient que de la foudre et un rocher seraient suffisant pour m'abattre. Ainsi me voilà. J'ai suivi les traces de cette jeune femme et son chevalier jusqu'ici. J'exige donc que vous me remettiez cette jeune fille, afin que je puisse accomplir ma vengeance.

Helga Poufsouffle — Euh… Pour ma part, je ne suis pas sûre de vouloir vous aider dans votre acte vengeur. Que se passerait-il si on refuse de remplir vos exigences ?

Le Méchante Reine — Je maudirai vos terres, votre château et tous ses résidents en guise de représailles.

Salazar Serpentard — Pas très diplomate, n'est-ce pas ? Vous pouvez tenter autant que vous voulez de nous menacer, nous ne savons même pas qui est cette jeune fille dont vous parlez. Donc cela ne sert à rien

Godric Gryffondor — En fait… je sais qui est la jeune fille en question.

Il semble mal à l'aise, grimaçant. Salazar Serpentard le dévisage, suspicieux.

Salazar Serpentard — Qu'avez-vous encore fait, Godric ?

Godric Gryffondor — Je n'ai rien fait ! C'est Gray qui m'en a parlé.

Salazar Serpentard — Dans ce cas, je rectifie… Qu'est-ce que votre fils a encore fait, Godric ?

Godric Gryffondor — Pourquoi pensez-vous toujours que mon fils fait quelque chose de mal, Salazar ? Il s'est contenté d'agir comme il le fait toujours, c'est-à-dire héroïquement !

Salazar Serpentard — Arrêtez de tourner autour du pot et répondez.

Helga Poufsouffle — Oh mais attendez ! Moi aussi, je crois savoir de quoi vous voulez parler, Godric. Helena m'a raconté une histoire comme ça, il n'y a pas longtemps.

Rowena Serdaigle fronce les sourcils à la mention de sa fille, adoptant la même attitude méfiante que son époux.

Salazar Serpentard — Où voulez-vous en venir, tous les deux ?

Helga Poufsouffle — Vous n'allez pas aimer, Salazar, je vous préviens.

Salazar Serpentard — Je vais encore moins aimer si vous continuez de ne pas me dire la vérité alors parlez !

Godric Gryffondor — Hé bien… Vous l'ignorez mais quand votre fille est partie en voyage, elle fut en réalité accompagnée par mon fils. Ils se sont rendus dans une lointaine contrée où Helena s'est attirée quelques ennuies avec la royauté locale sans savoir pourquoi et finalement, Gray a dû la délivrer d'un puissant enchantement qui l'endormait à l'aide d'un baiser d'amour sincère.

Helga Poufsouffle — Helena ne vous en a pas parlé parce qu'elle savait que vous vous énerveriez. Vous êtes bien énervé, Salazar, n'est-ce pas ?… Salazar ?

Salazar Serpentard ne réagit pas. Il est trop choqué pour cela. Quand finalement il se remet de cette terrible nouvelle, il se tourne vers la Méchante Reine.

Salazar Serpentard — VOUS ! C'est vous qui avez empoisonné ma fille, ma douce Helena !

La Méchante Reine — Ainsi donc, cette jeune fille qui a osé me défier avec sa beauté surnaturelle est votre fille ? Parfait, cela sera plus simple que prévu. Remettez-la moi tout de suite et vous n'aurez pas de problème.

Rowena Serdaigle plisse des yeux, une lueur dangereusement féroce dans le regard.

Rowena Serdaigle — Vous n'y pensez pas, n'est-ce pas ?

Godric Gryffondor — Qu'est-ce que vous voulez faire à cette pauvre fille ?

La Méchante Reine — La tuer, bien sûr. Je vais lui arracher le coeur et le plonger dans une mixture spéciale composée essentiellement d'acide, avant de laisser son corps pourrir. Remettez-moi donc celle qui se fait appeler Helena.

Salazar Serpentard — Jamais de la vie ! C'est ma fille, pauvre folle !

Helga Poufsouffle — Et c'est ma filleule !

Godric Gryffondor — Elle n'est pas encore ma belle-fille mais je proteste aussi !

La Méchante Reine arque un sourcil et lève la voix alors qu'un flot de flammes vertes apparaît autour d'elle.

La Méchante Reine — Ainsi donc, vous osez me défier ? Moi, la Méchante Reine ?

Salazar Serpentard — Je vous assure que si cet incompétent fils de Godric a pu défaire votre enchantement et que des nains vous ont vaincu, nous devrions pouvoir vous faire face sans réel problème. Surtout que vous avez osé blesser ma fille, juste parce qu'elle est naturellement plus belle que vous. Vous ne vous en sortirez pas comme ça.

Godric Gryffondor tire son épée de son fourreau, au grand dam de Salazar Serpentard.

Godric Gryffondor — Pour le crime dont vous êtes reconnue coupable, rendez-vous ou périssez de ma lame, au nom de l'honneur de mon fils et de ma belle-fille ! Vous avez beau être une femme, je serai sans pitié.

Salazar Serpentard — Ne commencez pas à jouer aux chevaliers servants, vous ! Vous ne comprenez toujours pas que les armes moldues ne valent rien dans un duel de magie ? De plus, arrêtez de dire que Helena est votre bru comme si votre fils avait demandé sa main. Je vous ai déjà dit que un tel malheur devait arriver, je m'opposerai à ce mariage !

Helga Poufsouffle — Vous pensez vraiment que c'est le moment de se plaindre de ça, Salazar ?

Salazar Serpentard — Si ce n'est pas le moment, quand est-ce que ce sera le moment ?

Helga Poufsouffle — Oh, je ne sais pas… Peut-être quand nous ne ferons pas face à une sorcière maléfique qui s'apprête à nous brûler vif !

Ils sont interrompus dans leur dispute. Ils voient Rowena Serdaigle tendre son bras vers la Méchante Reine et s'exclamer d'une voix froide et intransigeante.

Rowena Serdaigle — Avada Kedavra.

Une lumière verte jaillit de la paume de sa main et frappe la Méchante Reine, qui tombe raide mort, tuée sur le coup. Salazar Serpentard, Godric Gryffondor et Helga Poufsouffle dévisagent Rowena Serdaigle, qui sourit.

Rowena Serdaigle — Pourquoi cet air surpris, mes chers amis ? Cette femme menaçait la vie de ma fille. Je n'allais pas la laisser agir impunément. Sur ce, rentrons. Nous n'avons plus de raison de nous attarder ici.

Les trois Fondateurs déglutissent et acquiescent.

Rowena Serdaigle — D'ailleurs, mon cher… Ce sort de mort immédiate que vous avez inventé fonctionne à la perfection.

Salazar Serpentard — Je vois ça, ma chère…


Réunion de famille

Dans un château sont réunis des sorciers et des sorcières autour d'une table pour le déjeuner.

Godric Gryffondor — Je suis honoré de tous vous recevoir ici, en ce grand jour ! Pour la première fois, nous sommes réunis à ma table et…

Salazar Serpentard — Arrêtez votre charabia, Godric ! La seule raison pour laquelle Rowena et moi sommes ici, c'est parce que ma fille tenait absolument à manger avec votre famille de pécores.

Helena Serdaigle — Des… pécores, père ? Êtes-vous sûr de votre choix de mots pour désigner la richesse de la noble famille Gryffondor ?

Salazar Serpentard — Absolument, ma fille ! Franchement, nous faire venir près d'un village moldu pour que nous rencontrions votre femme… vous en avez encore de belle comme ça ?

La femme de Godric Gryffondor dévisage son mari.

Suzanne Gryffondor — Vous ne mentiez pas lorsque vous parliez du caractère… singulier de votre confrère, mon ami.

Godric Gryffondor — Comme vous pouvez le remarquer, ma mie. Ne vous en faites pas, il ne pense pas ce qu'il dit. Il est justement grincheux et grognon de nature.

Salazar Serpentard — Je suis là, pour votre gouverne.

Suzanne Gryffondor — Est-ce cet homme qui sera le beau-père de notre fils ?

Salazar Serpentard — Je ne serai le beau-père de personne !

Helena Serdaigle — Père, je vous en prie, ne faites pas une scène…

Rowena Serdaigle — Votre fille dit vrai, mon cher. Ne provoquez pas un scandale alors que cet aimable Gray Gryffondor nous a invité à déjeuner chez ses parents. Cela est d'ailleurs très gentil de votre part, Gray. Ainsi que des vôtres de nous accueillir chez vous, M. et Mme Gryffondor.

Godric Gryffondor — Tout le plaisir est pour nous ! C'est la première fois que nous nous réussissons en famille de la sorte.

Salazar Serpentard — En famille ? Vous vous moquez de moi ? Et elle ? Peut-on savoir ce qu'elle fiche ici ?

Il désigne Helga Poufsouffle, qui croise les bras.

Helga Poufsouffle — Pour votre gouverne, elle vous entend. De plus, je vous signale que je fais partie de la famille.

Salazar Serpentard — Vraiment ? Je me rappelle pas que vous êtes liée à ma fille ou au bâtard de Godric.

Helga Poufsouffle — Je suis la marraine de Helena !

Salazar Serpentard — Qu'est-ce que vous me chantez là ? Vous n'êtes même pas chrétienne, pas plus que ma fille ! Comment pourriez-vous être la marraine de quiconque alors que notre famille n'est pas et ne sera jamais chrétienne comme ces idiots de Gryffondor, qui pensent que leur Dieu unique sauvera le monde ?

Rowena Serdaigle — Mon cher, calmez-vous. Il est très impoli de critiquer les choix religieux de nos hôtes simplement parce que vous ne partagez pas leurs croyances.

Helga Poufsouffle — Écoutez donc votre femme et cessez d'embêter tout le monde.

Salazar Serpentard se lève.

Salazar Serpentard — Vous avez raison ! Je ne sais même pas ce que je fais ici donc je vais m'en aller.

Godric Gryffondor — Non, non ! Enfin, Salazar ! Restez avec nous, mon ami.

Helena Serdaigle — Oui père, restez donc. Nous vous demandons juste d'éviter les sujets fâcheux et les remarques désobligeantes. Pourriez-vous faire cela, pour moi ?

Salazar Serpentard observe sa fille en silence, avant de soupirer et de se rasseoir.

Salazar Serpentard — Bien, mais uniquement pour votre bon plaisir, ma douce.

Helena Serdaigle lui sourit.

Helena Serdaigle — Je vous remercie, père. Cela est très important pour moi.

Salazar Serpentard marmonne dans sa barbe mais ne rétorque rien, à la grande satisfaction de sa fille et de sa femme.

Godric Gryffondor — Je disais donc… c'est un réel plaisir de vous voir tous ici, conviés à ma table. J'espère que ce repas en famille sera le premier d'une longue lignée.

Salazar Serpentard — Et moi j'espère que non…

Godric Gryffondor — Ah, Salazar ! Si vous saviez à quel point j'attendais de pouvoir vous inviter ici, que vous rencontriez ma femme et que je puisse vous présenter à elle, qu'elle apprenne à connaître mon plus précieux ami.

Salazar Serpentard — Vous avez raison, quelle joie…

Godric Gryffondor — Absolument !

Gray Gryffondor — Père, je crois qu'il dit cela de manière sarcastique.

Godric Gryffondor — Ah bon ?

Suzanne Gryffondor — Oui, mon ami.

Helga Poufsouffle — En même temps, Godric n'a jamais été le meilleur pour déceler le sarcasme évident de Salazar.

Godric Gryffondor — Je suis certain que vous vous trompez. Salazar ! Rassurez-moi, vous êtes vraiment heureux de notre compagnie, n'est-ce pas ?

Salazar Serpentard s'apprête à parler, puis croise le regard rempli de sous-entendus de sa fille et roule des yeux.

Salazar Serpentard — Bien sûr, Godric. Je… je cachais juste ma joie.

Godric Gryffondor — Ah ! Vous voyez !

Le repas se poursuit dans la bonne humeur. Quand il se finit, Godric Gryffondor propose une promenade sur ses terres.

Salazar Serpentard — Godric… Pouvons-nous savoir pourquoi vous emmenez des côtes de mailles avec vous, ainsi que des épées ? Vous vous préparez à terrasser un dragon ou un ogre, peut-être ?

Le chevalier rit.

Godric Gryffondor — Oh non, loin de là, je vous rassure !

Salazar Serpentard — Dommage. Avec un peu de chance, vous auriez péri lors d'une telle lutte…

Helga Poufsouffle — Vous êtes particulièrement pessimiste et désagréable aujourd'hui, Salazar. Une raison à cela ?

Salazar Serpentard — Oui. Cette rencontre à laquelle je ne voulais pas assister et qui ne se réalisait alors que dans mes cauchemars. Maintenant ce cauchemar est devenu réalité.

Helga Poufsouffle — Vous êtes un vrai rayon de soleil, vous… Quoi qu'il en soit, qu'allez-vous donc faire avec un tel attirail, Godric ?

Godric Gryffondor — Hé bien, voyez-vous mon fils et moi avons l'habitude de nous entraîner au maniement des armes lorsque nous revenons sur mes terres. Ici, nous pouvons nous affronter sans risquer de blesser quiconque, ce qui est assez pratique. Je me disais qu'une petite démonstration serait de bonne augure avec la présence de convives. Cela vous tenterait-il d'assister à une passe d'arme ?

Helena Serdaigle — Oh ! Je me rappelle que vous m'en avez parlé, Gray ! Alors cela est vrai, vous êtes un authentique chevalier capable de vous battre avec des armes moldus ?

Gray Gryffondor rougit.

Gray Gryffondor — Je… Je n'irai pas à me vanter d'être un chevalier. Je suis encore bien loin d'avoir les qualités requises pour me faire appeler de la sorte, au contraire de mon père qui lui est un véritable chevalier, en plus de son titre de seigneur. Cependant, il est vrai que je me débrouille assez bien avec une épée en main. En faite, je m'intéresse beaucoup à l'escrime et aux arts de la guerre.

Salazar Serpentard — Tiens ! Et moi qui pensais que vous étiez un rêveur tout juste bon à faire des poèmes et jouer à l'amoureux transit.

Helena Serdaigle — Père, ne soyez pas désobligeant. Gray, dites m'en plus, je vous prie. Qu'est-ce que l'escrime ?

Gray Gryffondor — Hé bien, c'est l'art du maniement de l'épée. Voyez-vous, les armes ne doivent pas être utilisées n'importe comment et donc…

Helga Poufsouffle remarque que Salazar Serpentard est en retrait par rapport au groupe et joint les mains, tout en parlant à voix basse.

Helga Poufsouffle — Que faites-vous donc ?

Salazar Serpentard — Je prie pour qu'un accident se produise et que Gray décède. Comme ça ma fille sera libre de cet amour accablant et désolant.

Helga Poufsouffle — Vous priez, vous ? Depuis quand ? De plus, vous joignez les mains et, sauf erreur de ma part, ce n'est pas ainsi que l'on prie et rend hommage aux dieux romains ou celtes. À moins que vous vous soyez converti à une nouvelle religion en cachette ?

Salazar Serpentard — Disons que si le Dieu unique de Godric existe vraiment, je m'attends à ce qu'il exauce mon souhait et ainsi, j'accepterai de croire à son existence.

Helga Poufsouffle — Euh… Je ne suis pas sûre que cela fonctionne ainsi.

Salazar Serpentard — Cela, je m'en moque éperdument. Maintenant, laissez-moi me concentrer sur ma prière.

Il s'arrête brusquement et un sourire plein de malice et de cruauté vient orner ses lèvres.

Helga Poufsouffle — Je n'aime pas la manière dont vous souriez… que mijotez-vous ?

Salazar Serpentard — Je viens de trouver un moyen de me débarrasser du bâtard de Godric.

Helga Poufsouffle — Vous devriez vraiment arrêter de traiter le fils de Godric de bâtard. Puis… ne cesserez-vous jamais d'essayer de tuer votre futur gendre ?

Salazar Serpentard — Il ne sera jamais mon gendre et non, je ne cesserai jamais ! Tant que moi, Salazar Serpentard, je serai en vie, ma fille n'épousera pas un Gryffondor, qui plus est un sang-mêlé !

Il se remet en marche et, en quelques grandes enjambés, rejoint Godric Gryffondor, qui semble ravi par ce que lui dit son interlocuteur.

Helga Poufsouffle — Je n'aime vraiment pas ça…

Godric Gryffondor — Quelle bonne idée, Salazar ! Mon fils ! Salazar se propose à vous affronter dans un duel d'escrime.

Gray Gryffondor pâlit.

Gray Gryffondor — U-Un affrontement, père ?

Godric Gryffondor — Absolument ! C'est une très bonne initiative de sa part. Ainsi donc, cela vous changera de faire face à un adversaire différent de moi.

Helena Serdaigle — Père, que complotez-vous ?

Salazar Serpentard — Rien, mon enfant. Je veux juste m'assurer que votre… amoureux, soit capable de vous défendre si nécessaire. Un père a bien le droit de s'inquiéter de la sécurité de sa fille, n'est-ce pas ?

Helena Serdaigle — Je suppose que oui…

Salazar Serpentard — Bien ! Dans ce cas, allons-y. Godric, remettez-moi une côte de maille et une épée, je vous prie.

Godric Gryffondor — Maintenant que j'y pense… vous êtes-vous déjà servi d'une arme moldue, Salazar ?

Salazar Serpentard — Non, mais cela ne doit pas être si difficile.

Godric Gryffondor — Si vous le dites… Faites attention, tout de même. Mon fils n'est pas un amateur en ce qui concerne le maniement des armes.

Salazar Serpentard — Comme si j'allais me faire vaincre par un gringalet juvénile…

Godric Gryffondor — Je vous aurais prévenu…

Vêtus de côtes de mailles et armés d'épées, Salazar Serpentard et Gray Gryffondor se font face sur une plaine. Un peu plus loin, Godric Gryffondor, sa famille et leurs invités les observent.

Helga Poufsouffle — Est-ce vraiment une bonne idée ? Je sens que cela va mal finir.

Godric Gryffondor — Pour qui ? Mon fils ou Salazar ?

Helga Poufsouffle — Maintenant que vous le dites… je ne sais pas.

Helena Serdaigle — En tout cas, mon père complote quelque chose. Je crains pour le bien-être de Gray…

Helga Poufsouffle — Vous êtes bien calme pour quelqu'un qui connaît les… fourberies de Salazar lors de duels, Godric.

Godric Gryffondor — Ne vous en faites pas. Mon fils sait se défendre, vous verrez.

Salazar Serpentard — Vous êtes prêt, jeune homme ?

Gray Gryffondor — Je le suis, monsieur !

Helga Poufsouffle grimace et ferme les yeux.

Helga Poufsouffle — Je ne peux voir ça !

Helena Serdaigle — Moi non plus ! Mère, un malheur va se produire, je le sens !

Salazar Serpentard et Gray Gryffondor se précipitent l'un vers l'autre. Salazar Serpentard sourit dangereusement et dirige sa lame vers le cou de son adversaire. Il fend l'air avec son épée mais réalise tardivement que sa cible n'est plus là. Gray Gryffondor, qui apparaît à côté de lui, frappe les jambes de Salazar Serpentard du plat de sa lame et le fait tomber.

Gray Gryffondor — Je pense avoir gagné cette manche, monsieur.

Salazar Serpentard — Q-Quoi ? Non !

Il se relève, furibond.

Godric Gryffondor — Salazar, ne trichez pas ! Mon fils vous a vaincu, reconnaissez-le et acceptez votre défaite.

Salazar Serpentard le foudroie du regard et jette son épée au sol.

Salazar Serpentard — Ces armes moldues sont vraiment inutiles ! Pff, je savais que j'aurais dû utiliser ma magie mais alors Helena n'aurait jamais cru à un malheureux accident lors d'une simple passe d'arme. Elle aurait su que je cherchais à tuer son amour et m'en aurait voulu éternellement…

Gray Gryffondor — Que dites-vous, monsieur ?

Salazar Serpentard — Rien ! C'est bien la dernière fois que je tiens une épée.

Godric Gryffondor s'approche en riant.

Godric Gryffondor — Je pense que cela sera pour le mieux, Salazar. Vous êtes sans doute un as dans l'usage de potions et de sortilèges mais vos compétences en escrime sont médiocres.

Salazar Serpentard — C'est ça, moquez-vous…

Godric Gryffondor — Je ne me moque pas, je vous assure ! En fait, si vous désirez vous améliorer, je pourrai vous donner des cours d'escrimes.

Salazar Serpentard — Vous ? Me donner des cours ? Plutôt mourir ! Et ne me parlez plus jamais de ces lames immondes et impossibles à manier correctement. Qui a conçu l'idée saugrenue que des épées pouvaient être de vraies armes ? Ces moldus, je vous jure…

Il part vers le château des Gryffondor, en rouspétant.

Helena Serdaigle — Je crois que la fierté de père vient de prendre un coup. Pensez-vous qu'il s'en remettra, mère ?

Rowena Serdaigle — Ne vous en faites pas pour ça, mon enfant. Votre père a un talent inné pour faire oublier ses humiliations. Par contre, il faudra veiller à ce qu'il ne fasse rien de trop… sanguinaire et dévastateur dans les jours qui viennent.

Godric Gryffondor — Il est vrai que s'il est en colère, il pourrait provoquer pas mal de dégâts…

Helena Serdaigle se tourne vers Gray Gryffondor.

Helena Serdaigle — Mon bien aimé ! Bien que je me sente mal pour mon père de vous dire cela… vous étiez héroïque dans ce duel ! Jamais je ne vis quelqu'un se battre de cette manière. Est-ce donc ça, l'escrime ?

Gray Gryffondor — Oh, ce n'était qu'un brève aperçu, je vous assure, mon amour. Votre père… euh… il s'est battu bravement.

Helena Serdaigle rit.

Helena Serdaigle — Je vous suis reconnaissante de dire cela mais nous savons tout deux que ce fut un piètre affrontement pour sa part. Je crois que les armes moldues, ce n'est vraiment pas fait pour lui.

Helga Poufsouffle — C'est certain. Il a une préférence pour les potions ou tout autre solution fourbe qui permet de gagner sans même devoir prendre part au moindre combat. Godric est bien placé pour le savoir.

Le concerné la regarde étrangement.

Godric Gryffondor — Ah bon ? Pourquoi dites-vous cela ? Salazar s'est toujours battu à la loyale contre moi.

Helga Poufsouffle — Parce que vous croyez vraiment ça ? Et les boissons qu'il vous offre avant chacun de vos duels, que pensez-vous qu'elles contiennent ?

Godric Gryffondor — Quoi ? Vous prétendez qu'elles sont empoisonnés ? Salazar me disait que c'était une tradition venant de sa famille, où deux participants buvaient une coupe d'alcool avant un affrontement.

Helga Poufsouffle — Et cela ne vous a pas étonné qu'il ne boive jamais sa coupe ?

Godric Gryffondor — Non. Je croyais que c'était parce qu'il n'aimait pas l'alcool.

Helga Poufsouffle — Mon pauvre ami, Salazar vous a bien berné…

Godric Gryffondor écarquille les yeux et se tourne vers Rowena Serdaigle.

Godric Gryffondor — Cela veut dire que tous nos duels furent truqués ?

Rowena Serdaigle — Probablement, oui. Ces coupes devaient contenir des breuvages affaiblissants ceux qui la consomment.

Godric Gryffondor — M-Mais c'est affreux !

Il fait volte-face et se précipite vers Salazar Serpentard.

Godric Gryffondor — Salazar ! Revenez, traître ! Je vous défie en duel et cette fois-ci, sans la moindre fourberie de votre part ! Comment ai-je pu vous qualifier de rival alors que vous jouez de moi depuis tant de temps ? Je nous croyais amis !


La zizanie

C'est le dernier jour de cours pour les étudiants de Poudlard. Les Fondateurs viennent de finir leur discours et laissent les élèves profiter d'une dernière fête avant le début d'une nouvelle année d'études, où certains vont partir et d'autres venir.

Rowena Serdaigle — Il nous faudrait instaurer un système d'étude plus organisé.

Salazar Serpentard — Celui que nous possédons me semble convenable. Que voudriez-vous changer, ma chère ?

Rowena Serdaigle — Beaucoup de choses, mais peut-être ne sommes-nous pas prêts pour de telles changements. Voyez tous ces gens venus d'un peu partout pour quérir notre enseignement. Certains se sont présentés en plein milieu de l'année, d'autres se sont spécialisés dans des disciplines précises en délaissant bien d'autres pourtant essentielles surtout dans les bases et, qui plus est, tous ici ne sont pas arrivés avec les mêmes connaissances concernant la magie. Il existe beaucoup d'inégalités intellectuelles dans notre école. J'aimerais pouvoir changer cela, avec des réformes. Par exemple, rendre obligatoire des matières essentielles jusqu'à un certain niveau de connaissances, créer une hiérarchie en fonction de l'âge ou du savoir et pourquoi pas mettre en place des séries d'examens pour s'assurer du bon apprentissage de nos élèves ?

Helga Poufsouffle fronce les sourcils.

Helga Poufsouffle — Mon amie, je reconnais votre sagesse et je ne doute pas que vos propos sont pleins de bon sens mais je dois admettre que vous m'avez perdu. Je n'ai rien compris à ce que vous venez de dire.

À côté d'elle, en train de manger, Godric Gryffondor hoche la tête.

Godric Gryffondor — De même pour moi.

Salazar Serpentard — Comme c'est surprenant…

Godric Gryffondor — Au lieu de vous moquez, pourriez-vous me resservir un peu de cette boisson ? Elle a un goût exquis. Oh, attendez ! Rassurez-moi, elle n'est pas empoisonnée, n'est-ce pas ?

Salazar Serpentard — Réfléchissez, Godric… Nous avons tous bu du même whisky. Si je voulais vous empoisonner, je n'aurais pas pris le risque que nous buvions tous la même boisson piégée. Maintenant cessez de dire des bêtises et passez-moi votre coupe, si vous tenez tant à être resservi !

Helga Poufsouffle regarde son quaich à moitié plein avec dégoût.

Helga Poufsouffle — Je me disais bien que cette bière avait un goût très prononcé…

Salazar Serpentard — Comment faites-vous pour confondre ces deux boissons, vous ? Vous êtes encore plus désespérante que Godric parfois…

Helga Poufsouffle — J'espère que votre registre négatif et critique évoluera quand Poudlard ré-ouvrira après l'hiver, Salazar. Vos blasphèmes commencent à se faire redondants et lassants.

Salazar Serpentard — Peut-être devriez-vous changer d'attitude s'ils vous fatiguent tant. Si vous m'énerviez moins, je vous insulterais moins. Réfléchissez-y.

Helga Poufsouffle — Mettez-vous vraiment un point d'honneur à être exécrable tout le temps, même la veille de la fermeture du château ?

Salazar Serpentard — Pour supporter d'être avec des gens comme vous ? Assurément.

Helga Poufsouffle — Comment ça, des gens comme vous ? Qu'insinuez-vous ?

Godric Gryffondor — Est-ce que vous m'incluez, Salazar ?

Salazar Serpentard — Évidemment. Vous deux et vos… lubies de considérer les moldus comme égaux aux êtres magiques. Vous êtes désespérants et si vous continuez de proclamer vos idéaux de tolérances ridicules, la société magique court à sa perte, voilà ce que j'insinue.

Helga Poufsouffle — Vous n'allez pas recommencer avec ça, tout de même ?

Godric Gryffondor — Je ne comprends pas comment vous faites pour croire que les moldus nous sont inférieurs. Ma femme est une moldue et regardez notre fils. Il est tout à fait capable d'utiliser la magie qui coule dans ses veines.

Salazar Serpentard grimace.

Salazar Serpentard — Je ne prends pas votre fils pour modèle, Godric. Vous voulez me faire croire que c'est ça, l'espoir du monde magique ? Un peuple de sang-mêlés, qui utiliseraient des baguettes magiques et vivraient en harmonie avec les moldus ? Ridicule. Regardez Merlin, mon apprenti. Lui est un véritable sorcier, destiné à un avenir radieux qui lui assurera gloire et prospérité, même après sa mort. Si mort il peut y avoir. Je ne serai pas surpris qu'il parvienne à trouver une formule d'immortalité l'éloignant de la mort, au moins pour un certain temps.

Helga Poufsouffle — Vous ne savez même pas si votre disciple est vraiment né de deux parents magiques ! Pour ce qu'on sache, il pourrait très bien avoir un père ou une mère moldue. Voir…

Salazar Serpentard — Voir quoi ?

Helga Poufsouffle sourit malicieusement.

Helga Poufsouffle — Il pourrait être né de deux parents moldus et pourtant posséder des pouvoirs magiques.

Salazar Serpentard — Encore avec vos théories farfelues ? Je vous ai dit que cela ne tient pas debout, voyons ! Des moldus ne peuvent pas subitement posséder de la magie, bon sang !

Rowena Serdaigle — Vous devez tout de même reconnaître certains faits assez surprenants et qui vont dans le sens des théories d'Helga et Godric, mon cher…

Salazar Serpentard — Des faits ? Quels faits ?

Rowena Serdaigle — Tous ceux qui viennent ici et qui assurent qu'ils n'ont jamais entendu parler d'ancêtres dans leur famille capables d'utiliser la magie. Certains vont même à s'affirmer être enfants de moldus.

Salazar Serpentard — Des bêtises, bien sûr ! Ils ont forcément un ancêtre magique dans leur lignage mais ils l'ignorent, voilà tout.

Helga Poufsouffle — Une mauvaise foi pareille…

Salazar Serpentard — Vous, mêlez-vous de vos affaires !

Helga Poufsouffle — Et vous, cessez d'être aussi désagréable ! Ne pourriez-vous pas faire un effort pour être aimable, une fois dans votre vie ?

Salazar Serpentard — J'ai déjà fait de tels efforts, bien des fois d'ailleurs ! Mais que voulez-vous, vous m'insupportez trop. De plus, je suis très agréable en compagnie de ma femme et de ma fille, qui elles sont dotées de bien plus de raison et de bon sens que vous. Tout comme Merlin, qui ne fait jamais rien qui puisse me mettre en colère.

Helga Poufsouffle — Vous vous moquez de moi ? La moitié du château vous entend réprimander votre disciple quand celui-ci provoque une catastrophe, ce qui arrive à peu près tous les trois jours.

Salazar Serpentard — Je me contente de le conseiller, pour qu'il s'améliore.

Helga Poufsouffle — Bien sûr… d'ailleurs, en parlant de votre apprenti bien-aimé. Je ne le vois pas dans la Grande Salle. Où est-il ? Avec sa barbe, il est pourtant difficile de ne pas le remarquer.

Salazar Serpentard — Cessez d'être mauvaise langue. Cela fait bien longtemps que cet accident de barbe est réglé, et vous le savez.

Il scrute tout de même attentivement la salle.

Salazar Serpentard — Je dois quand même reconnaître que son absence est assez troublante… que fait-il ?

Helga Poufsouffle — Ah ! Vous reconnaissez donc qu'il prépare une énième catastrophe ?

Salazar Serpentard — Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dis. Je ne suis nullement inquiet de ce que fait mon apprenti. Je lui accorde toute ma confiance.

Helga Poufsouffle — Si vous le dites…

Salazar Serpentard secoue négligemment sa coupe, soucieux. Helga Poufsouffle voit ça et sourit du coin des lèvres en discutant avec son voisin de table.

Helga Poufsouffle — Alors Godric ? Rentrerez-vous chez vous cette année ?

Godric Gryffondor — Oh oui ! Ce n'est pas que vos compagnies me déplaisent mais toutes les lettre reçues par hibou de ma femme et de mon fils lors du dernier hiver où je suis resté à Poudlard emplissaient mon coeur d'une douloureuse mélancolie, qui me faisait prier pour qu'ils se portent bien. Je ne peux supporter un hiver de plus loin de mes proches.

Rowena Serdaigle sourit.

Rowena Serdaigle — En vous entendant, il ne fait aucun doute de qui votre fils tient son âme poétique.

Godric Gryffondor bombe le torse avec fierté et dignité, flatté par ces propos.

Godric Gryffondor — Un chevalier se doit de savoir faire parler son coeur et ses sentiments, ma dame. Nous ne comptons pas que sur les faits d'armes et la gloire pour mériter notre réputation, sinon nous serions plutôt traités de barbares ou de guerriers sanguinaires. Je suis heureux que l'éducation donnée à mon fils ait porté ses fruits et qu'il soit désormais le gentilhomme de bonne réputation qu'on lui connaît.

Helga Poufsouffle — Peut-être avez-vous fait de lui un trop aimable homme par ailleurs. Même Helena, pourtant d'une grande méfiance vis à vis de l'amour à cause de son père surprotecteur, est tombée sous le charme de Gray.

Godric Gryffondor — Et je suis heureux que Gray se comporte bien avec elle. Je serai le plus comblé des pères si leur amour venait à évoluer et se transformait en un lien plus fort, peut-être même béni par l'Église plus tard.

Salazar Serpentard tape du poing sur la table.

Salazar Serpentard — Cessez donc de parler de la vie amoureuse de ma fille ainsi, vous deux ! Mon enfant est trop jeune pour se permettre d'épouser quiconque, surtout pas si c'est pour se marier dans vos… églises. Quoi que… Godric ! Est-ce bien vrai que l'on peut s'opposer au mariage lors de la cérémonie ?

Godric Gryffondor — Euh… oui ? Je n'ai jamais vu personne le faire mais je crois bien que c'est possible.

Salazar Serpentard — Dans ce cas, si un tel malheur devait arriver, je m'opposerai à leur union, voilà tout.

Helga Poufsouffle — Vous êtes vraiment déterminé à mettre des bâtons dans les roues de cette relation jusqu'au bout, c'est ça ? Rowena, il faudra veiller à ce que Salazar ne soit pas au courant du jour de la cérémonie, afin d'éviter qu'il ne ruine l'amour de deux jeunes gens épris l'un de l'autre. Il n'existe pas plus belle chose au monde que l'amour sincère et véritable. Le gâcher serait le pire des crimes.

Salazar Serpentard — Il vous en faut peu, à vous. Entre ça et le fait que tuer des poulets est un délit grave…

Godric Gryffondor repose sa coupe et fronce les sourcils.

Godric Gryffondor — Pourquoi reparlons-nous de votre conception tordue qui consiste à placer les moldus à la même échelle que les animaux ? Et pourquoi cette fascination étrange pour le meurtre de poulets ? Auriez-vous tuer toutes les poules d'un poulailler ?

Salazar Serpentard — Vous, je ne vous adressais pas la parole. Retournez à votre picole et laissez nous tranquille.

Godric Gryffondor — Vous me prenez pour un ivrogne ? C'est un comble, venant de celui qui osait me faire boire une potion empoisonnée avant nos duels !

Salazar Serpentard — Ce n'est pas ma faute si vous êtes naïf, sot et que vous tenez à vous battre loyalement. Pour ma part, je n'ai jamais fait de telles promesses. Allez-vous vraiment rechasser cette vieille histoire encore longtemps ? Admettez qu'être rusé est mieux que faire preuve d'honneur et passez à autre chose, Godric.

Godric Gryffondor — Vous m'avez trompé ainsi pendant des années, Salazar. Comment voulez-vous que j'oublie cela ?

Salazar Serpentard — Faites comme moi. Si je devais me remémorer tous les absurdités que vous et Helga me dites, j'aurais depuis longtemps abandonné et fuis Poudlard. Ainsi, Merlin se serait retrouvé sans professeur et…

Il est interrompu par une forte détonation qui résonne dans l'enceinte de Poudlard. Les élèves paraissent surpris un instant, avant de reprendre leurs conversations. Helga Poufsouffle sourit.

Helga Poufsouffle — En parlant de votre apprenti…

Salazar Serpentard se lève brusquement.

Salazar Serpentard — Par tous les dieux ! Qu'est-ce que ce nigaud a encore fait ? MERLIN ! SI C'EST ENCORE CES LUTINS DE CORNOUAILLES OU JE NE SAIS QUOI… !

Il quitte la Grande Salle en toute hâte, sous les éclats de rire d'Helga Poufsouffle.

Helga Poufsouffle — Bon ! Godric, pour en revenir à notre conversation… vous me disiez que vous seriez heureux que ma filleule soit votre belle-fille ?

Godric Gryffondor — Hé bien, loin de moi l'idée de vouloir… présumer sur l'état de la relation entre Gray et Helena mais j'ai cru comprendre que mon fils voulait lui faire une surprise et l'emmener en balade à cheval sur mes terres. Cela doit vouloir signifier quelque chose, non ?

Helga Poufsouffle — Une balade à cheval ? Comme cela est romantique ! Dites m'en plus.

Godric Gryffondor — Ensuite, il voudrait l'inviter à passer quelques jours chez nous, pour qu'elle puisse mieux faire connaissance avec mon épouse et moi. Je pense que cela est un signe assez fort du sérieux et de la passion que Gray accorde à sa relation.

Helga Poufsouffle se frotte les mains avec satisfaction.

Helga Poufsouffle — Je le savais ! Vous entendez cela, Rowena ? Je crois que votre fille ne tardera pas à vous annoncer son amour éternel pour Gray. Il faudra faire attention à la réaction de Salazar quand il l'apprendra. Il risque d'en mourir d'effroi !

Rowena Serdaigle sourit mais ne dit rien, regardant les deux jeunes concernés, assis côte à côte sur une table, entourés de leurs amis. L'amour que Gray Gryffondor et Helena Serdaigle ont l'un pour l'autre est alors une évidence.

Rowena Serdaigle — Mon cher, vous avez encore bien du souci à vous faire si vous pensez pouvoir empêcher votre fille d'aimer un Gryffondor…


Et voilà, fini ! Je me suis pas mal concentré sur Helena et Gray, je l'admets mais c'est parce que je trouve que leur relation est sous-exploitée dans la première partie.