A la fin du chapitre, j'ai mis une liste de tous les magiciens que je cite dans le texte.
VIII. Les jours perdus (3)
Michel Desjardins
Je suis reparti, cette fois avec Erwan. Du côté d'Amiens toujours. J'aimais bien Erwan, il m'avait tout appris. Alors que Vasseur, qui n'avait pas été au front, posait des questions emmerdantes en permanence, lui savait se taire. Je pouvais enfin passer des heures tranquilles, en silence, ou au contraire disserter sur des sujets divers. Il écoutait tout, parfois se moquait de moi avec sa bienveillance grave. Je retournai au bon vieux temps de mes études, quand je le suivais en Bretagne ou en Irlande, puisqu'il travaillait en même temps qu'il m'enseignait la magie. Erwan avait un côté de sa famille chez les Celtes. Les panthéons tendaient à s'attirer mutuellement, c'était une règle que j'avais vite comprise. Il n'avait que quinze ans de plus que moi et était en charge des relations avec les druides et prêtresses. Sur le papier ses responsabilités étaient limitées, il faisait office de messager, mais en réalité, au jour le jour, c'est lui qui négociait constamment pour garder un semblant d'équilibre sur le territoire. Personne d'autre ne connaissait comme lui les rouages des affaires celtes, les hommes à qui il fallait parler, les tempéraments de chacun.
On l'avait choisi parce qu'il était de langue maternelle bretonne, et parlait le gaélique. C'était d'ailleurs une des autres raisons pour lesquelles je n'avais toujours pas appris l'anglais ; nous avions plus trainé avec des membres de l'IRA que des instituteurs. Erwan était lui-même un fervent régionaliste, qui frisait à l'indépendantisme, mais il était de nature trop paisible pour jamais dépasser la limite d'une manifestation pacifique. On l'avait réquisitionné après la guerre pour mener les brigades élémentalistes qui nettoyaient le territoire, et il avait accepté avec joie ce travail comme une tâche utile, qu'il menait avec sérieux. Notre chef de Nome l'appréciait beaucoup, malgré ses origines modestes. Il était effacé, tranquille et abattait un travail considérable. Même ma mère, malgré sa détestation de la Maison de la Vie, l'avait vite adopté.
Il était petit, roux, le teint buriné, des yeux dans le vague. C'était un marin, c'était aussi un des esprits les plus paisibles et les plus doux que j'aie rencontré. Il avait parcouru le monde entier dans la marine à voile. Comme élémentaliste, il maitrisait l'eau, et l'air. Il n'était pas très instruit, ne parlait que quelques mots d'égyptien, avait parfois un peu de mal avec le français, mais c'était un des hommes les plus libres que j'ai rencontré. Avec lui, tout semblait simple, léger. C'était un homme de paix surtout. C'était enfin le seul au Nome que ni Vasseur ni moi n'avions jamais réussi à agacer.
Il avait été mobilisé pendant la Grande Guerre à Lorient, toujours dans la marine. Par manque de bâtiments de guerre où servir, ils furent déployés à Dixmude, en Belgique. On les avait envoyé couvrir la retraite de l'armée ; ils devaient y tenir quatre jours, ils résistèrent trois semaines. Les Belges avaient fait sauter les digues et inondé la ville. Les bretons durent se battre en nageant et sur des radeaux. Après ça, il fit Verdun, comme toute l'armée française. Nous nous sommes retrouvés au Nome, pendant une permission. Il m'avait raconté ça toute une nuit.
Nous travaillions en silence. La magie de l'eau, était la plus adaptée aux travaux de purification, avec celle du feu aussi Erwan s'arrogeait toujours la plus grande parcelle de terrain. Nous y passions la nuit également. Je suppose que notre travail, s'apparentait un peu à celui des labours. J'aimais bien son côté répétitif, machinal, même s'il était contraignant physiquement et exigeait une tension permanent. S'il épuisait les autres magiciens, moi, il m'empêchait de penser.
Cette nuit-là, Erwan sentit leur présence bien avant moi. « Des magiciens ». Je suivais son instinct, nous nous cachâmes derrière un buisson. Trois silhouettes noires s'avancèrent dans le champ. Ils parlaient à voix basse. « Que disent-ils ? » Ils parlaient en grec alexandrin. Erwan haussa les épaules, il ne connaissait pas la langue. J'avais étudié le grec ancien, ce qui était basiquement la même langue, sauf que je connaissais mieux le grec de l'âge classique qu'hellénistique, et surtout que je travaillais sur des textes écrits uniquement. J'ai essayé de suivre.
« Je ne suis pas sûr, ils cherchent quelqu'un. Ils examinent le terrain. Ils disent qu'il faut honorer, non choisir… Choisir un terrain purifié ? Quelque chose en rapport avec le manque de preuves ? Je ne les entends plus.
– Ils nous ont vu tu crois ?
– Je ne sais pas. En tout cas, on a l'air malin derrière notre buisson à la con.
– C'est l'instinct du poilu qui se réveille. Je n'aime pas bien ça. Des magiciens d'un autre Nome en activité dans la région... Les déplacements sont censés y être interdit tant qu'on n'aura pas fini le travail.
– Depuis quand les gens ne font que ce qui est autorisé ?
– Laisse-moi rêver un peu. Allez vient, on finit, on rentre à Amiens, et j'envoie un message au Q.G. De toute façon le travail est terminé ici, dès demain on bouge vers Verdun. »
Erwan Le Bihan
A Amiens on se retrouva entre brigades de déminage. Il y avait là presque tous les élémentalistes du Quatorzième, une quinzaine en tout. Nous étions basés à l'auberge des trois notaires, un vieil établissement d'avant la guerre aux murs lambrissés de bois. Je déroulais une grande carte sur une des tables de la salle du haut, pour diviser le territoire qu'on devait quadriller.
Dans la salle régnait un joyeux bazar, celui des fins et des débuts de mission. Quelqu'un avait posé un haut de forme sur une des têtes de sanglier empaillées en trophée sur le mur, sans doute Jean-François, un gamin de dix-sept ans qui n'avait même pas encore passé son examen d'entrée et n'avait d'ailleurs jamais mis les pieds au Caire. Justine Vasseur s'engueulait joyeusement avec Henri Dupuy. Letizia m'aidait à coincer les bouts de la carte. Arthur, Alain et Anne-Marie cassaient la croute sur un coin de la table, Jeannot ouvrait une bouteille, Desjardins et Lefort avaient dégagé une table dans un coin, fait une pile de manteaux et dormaient. « Y'en a qui se sentent pas concernés », me fit Letizia en me les désignant.
« On va pouvoir commencer, venez voir ! » j'appelai. Thomas alla réveiller les deux du fond. Michel nous rejoignit, mais Lefort fit un doigt d'honneur et retourna dormir. Tout le monde était plus ou moins à cran à force de mois de travail. Deux autres dans le coin était à couteaux tirés.
« Bien dormi ? Sourit Jeannot qui venait de déboucher son Pommard.
– Ta gueule.
– Desjardins, l'homme tellement aimable que même les allemands n'en ont pas voulu. » Je cru qu'il allait lui en mettre une, mais il se contenta d'aller chercher du café en bas. Dieux merci.
« Trompe-la-mort, dit ironiquement Thomas.
– Qu'est-ce que t'es con aussi Jeannot, lui lança Justine. Tes réflexions tu peux te les garder.
– Tu as un problème Vasseur ?
– Foutez-lui la paix.
– C'est un compliment ce surnom.
– Mon cul oui.
– Qu'est-ce que t'en sait, t'étais à Verdun peut-être ?
– Tu ne peux pas toujours tout ramener à Verdun, Jeannot, intervint Alain du Fayou.
– J'avoue tu emmerde tout le monde, Cordelier, rajouta Arthur.
– On sait que tu as des couilles Jeannot, pas besoin de les montrer à chaque réunion, conclu enfin Anne-Marie » Et voilà mes élémentalistes de terre, toujours prêts à faire la paix dans le monde, je soupirai en mon for intérieur.
C'est pour ça que je détestais être chef de brigade. Après ça, pas étonnant que nos magiciens du rang aient une telle réputation. En réalité, il n'y avait que les magiciens élémentalistes russes qui jouissaient d'un réel prestige, mais ils étaient la raison pour laquelle leur territoire était imprenable. Sans compter qu'Anna Assilmouratova était sans nul doute la plus puissante magicienne de feu du Per Ankh. Assia Allaouah, débarquée d'Algérie il y a quelques semaines roulait des yeux. « Ils sont tout le temps comme ça ? » Elle me demanda.
« Est-ce que vous pouvez vous la fermer ? Aucun d'entre vous n'est de service de nuit, gueula Jean-Louis Lefort. »
Sa femme Agnès alla le rejoindre, pour le convaincre de se lever. Desjardins remonta avec une cafetière. « Tu as ta drogue ? lança Justine.
– Affirmatif, il dit.
– Allez, on commence ! » Je découpai la carte en plusieurs parties. Les Lefort, vous prendrez ce bout. » Agnès acquiesça, ce qui était le plus important.
« Tu as ta carte pour reporter ?
– Bah non, elle me fit.
– Comment ça, non ?
– On a des cartes de la région autour d'Amiens, mais rien sur Verdun. » Mais ce n'est pas vrai !
« Vous voulez dire que personne n'a de cartes ici ? » Grand silence. Mon mal de crâne recommença.
« Qui était en charge de passer prendre des cartes ?
– Henri, balança Anne-Marie.
– J'y suis allé au département carte, ils étaient en pénurie.
– Et tu n'as pas pensé à me le dire ? »
Il prit un air coupable. « J'ai oublié.
– Ceux qui ont combattu à Verdun connaissent le territoire, a rappelé Jeannot. Les autres n'auront qu'à suivre. » Desjardins le regarda comme un demeuré.
« Te repérer ? Comment ? Ils ont balancé des millions de tonnes d'obus ! En plus tu sais ce qui ressemble à une tranchée ? Une autre tranchée.
– Tout le monde n'est pas aussi demeuré que toi, moi je sais encore reconnaitre là où j'ai…
– Ferme ta gueule Arthur, tu as juste été une semaine à Verdun, après tu t'es fait réformer, lui lança Desjardins.
– Ouais, y en a assez des planqués ! S'est ramené Thomas. »
– De toute façon a ajouté Desjardins, même avec les cartes du Nome, ça serait impossible de reconnaitre le terrain. Elles sont d'avant-guerre. Le terrain a complètement changé, ils sont encore en train de re cartographier certains endroits.
– Voilà, fit Henri, du coup ce n'est pas gravissime si je ne les ai pas prises.
– C'n'est pas possible d'entendre des conneries pareilles ! se mit à crier Jeannot.
– De toute façon on va encore y mettre des plombes, Agnès essaya de relativiser.
– Deux ans en moyenne, dit Desjardins.
– Y en a qui sont fort pour gâcher l'ambiance, rouspéta Letizia Paoli.
– C'est bien un truc de gonzesse de dire ça, soupira Thomas.
– Qu'est-ce que tu veux dire par truc de gonzesse ? » Vasseur, il ne manquait qu'elle.
« Ça suffit ! Vasseur, à ta place ! Taisez-vous et arrêtez de vous conduire comme des enfants. »
Je pensai soudain que Jeannot, Arthur, Michel et Thomas avaient tous les quatre combattus à Verdun et que si on y passait deux ans ils allaient finir par devenir fous. Déjà il va falloir les séparer, pour éviter qu'ils s'engluent dans leurs souvenirs militaires. Peut-être que je pourrai les exempter ? Oui, mais ça me fait quand même quatre magiciens en moins, et encore, je ne me suis même pas compté dans le groupe. Dans quel état je serai, moi, après deux ans là-bas ? La tâche m'apparue démesurée. Ce n'est même pas de la magie de combat, qu'on exige de moi, je devrai me ressaisir, ça va bien…
Vasseur me fixait d'un regard noir. Je me rendis compte que tout le monde me regardait, dans l'attente d'instructions. « Bon, voilà ce qu'on va faire. Desjardins, Assia, vous allez me trouver des cartes, les plus récentes possibles. » Je faisais là appel à mes deux magiciens les plus dégourdis. « Après on cartographiera les parties manquantes. De toute façon, on va effectivement y passer du temps. Rompez, on se retrouve à Verdun demain soir.
– Eh bien sûr, il n'y a pas de portails pour aller à Verdun depuis Amiens. Vive la campagne française, a soupiré Neima.
– Rompez, je leur ai fait. »
Après avoir réglé quelques autres menus soucis individuels, je rejoignis Desjardins et Assia dans la rue. Elle expliquait quelque chose à Michel en arabe algérien, lui riait de bon cœur. Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas même vu sourire. « Qu'est-ce qui vous amuse ?
– Assia écrit des blagues sur les magiciens français pour les ajouter au répertoire du Per Ankh.
– C'est encore intraduisible, elle s'excusa.
– Mieux vaut peut-être que ça le reste, je lui souris.
– Tu viens dîner avec nous ? proposa Michel.
– J'ai besoin de respirer, je m'excusai. On se voit après ?
– Tu plantes ta tente où ?
– Même endroit qu'hier.
– On ne sera pas long, il me promit. »
Michel Desjardins
La nuit était déjà avancée. J'avais raccompagné Assia à l'auberge, où elle partageait une chambre avec Letizia Paoli. Amiens était une petite ville, et j'avais pourtant déjà réussi à me perdre sur le chemin du retour. Quel gland je fais ! C'était quelle sortie de la ville déjà ? Une ombre bougea et mon habituel sentiment d'alarme s'enclencha soudain. J'étais sûr d'être suivi. Soudain, je me trouvai de nouveau à Lyon, avec Jean d'Aubigné. Nous avions dix ans, surveillions les ombres derrières les maisons, tremblant qu'elles ne se changent en monstres ou en ces hommes vêtus de noir. Je me pétrifiai puis clignai des yeux. J'étais à Amiens, non à Lyon, et les ombres ici prirent la forme de trois silhouettes qui sortirent de derrière les maisons et m'encerclèrent.
« That's the end of the road, I fear. – Qui êtes-vous ? » Pas de réponse. Je répétai ma question dans un grec hasardeux. « Abdias Kane », l'autre me fit gravement. Les pièces du puzzle se mirent en place. Je pensai à ce qu'avait dit Alice, ce qu'avait mentionné la comtesse… « Oh, je vais mourir c'est ça ? » Encore.
Mais c'est alors que s'approcha le troisième qui était resté dans l'ombre jusqu'à présent. « Lupin ? » L'autre tourna la tête et regarda ses deux comparses, avec un air un peu triste. Je n'avais jamais été proche de lui, il m'avait poursuivi toute mon enfance, mais sa trahison me fit quand même l'effet d'un couteau entre mes côtes. De nouveau j'eus cette sale envie de pleurer, comme si j'avais dix ans, mais au prix d'un grand effort, je restai impassible. Oh, vous seriez content si vous me voyiez père, vous seriez content. On me fit monter dans le véhicule, le troisième homme me plaça un sac de toile sur la tête. Quel sale nom de merde que Desjardins ai-je pensé soudainement. L'idée avait tellement peu de rapport avec ma situation actuelle que je me mis à rire. Erwan va m'attendre je pensai ensuite, et cette idée m'attrista.
Nous roulâmes des heures durant, toute la nuit. Je me suis demandé vers où. Le sac sur ma tête grattait. Au bout de longues heures, le camion s'est arrêté. Pourquoi on va si loin ? On me fit descendre puis on retira brutalement le sac de ma tête. Le soleil m'aveugla. Au bout de quelques secondes, je distinguai un champ, avec un grand arbre au bout. Un frêne ? Etrange. Dans le sol boueux, un grand trou était creusé. Il avait plu. Quelques flaques d'eau reflétaient le ciel.
Décidément, ça ne m'est pas indifférent en fait. Je ne veux toujours pas mourir. Les étourneaux s'envolèrent tous ensemble de l'arbre solitaire. Où sont-ils donc les derniers scarabées de ma chance ? « Vous me laisserez en fumer une dernière ? » Kane acquiesce gravement. Je sors une gauloise, l'allume, inspire profondément, et c'est si bon. La cigarette brûle bien trop vite, je reste agrippé à cette inspiration merveilleuse. C'est trop bête, c'est trop bête… L'impression reste persistante, celle d'avoir raté quelque chose, quelqu'un. De n'avoir pas tout à fait finit de dire quelque chose. Putain de merde, j'ai oublié quelque chose.
« Tu trembles ? demanda Keane.
– C'est le froid. »
C'était vrai, je n'étais pas bien habillé pour un matin de novembre en Picardie. « Okay, it's over. A genoux maintenant. » Je me suis agenouillé. L'herbe était humide et fraiche. Une odeur de terre mouillée montait de la tombe. Ils ont parlé entre eux en anglais. (« Wait, we should cut a hand for evidence. – We'll get the head when it is done. ») Je me suis demandé qui allait arroser mes fleurs, si quelqu'un pouvait dire à Alice que j'étais désolé et qu'elle avait raison, qu'elle avait toujours raison depuis toujours. Je me suis dit que rien n'était plus beau que le vol de ces étourneaux et que même la terre ne m'effrayait plus. Elle était presque tendre dans le soleil de novembre. « Let's do this, One… » Le monde bascula dans un bruit de fusils.
J'étais allongé dans une fosse et ça commençait à faire beaucoup de fosses, et beaucoup de fois où je me cachais dans des trous avec des cadavres. Des cadavres ? Deux corps fumaient sur moi, des trous dans la tête. « Sors de ta tombe Desjardins ». Lupin riait l'enfoiré, fidèle à lui-même, poudré, coiffé, avec son beau costume, ses gants blancs, son haut de forme, impeccable au milieu d'un champ boueux. « Ta mort n'a jamais été une partie du plan. » Et il lissait sa moustache, et son monocle luisait dans le soleil qui se levait toujours plus haut, violent et impassible. Et j'aimais ce soleil, j'aimais cette terre boueuse et cet air de novembre qui me piquait les yeux.
Personnages cités du Quatorzième Nome.
A l'administration.
Le Baron Ferdinand de La Roque: Chef du Quatorzième.
La Comtesse Anne de Montpensier: responsable des relations diplomatiques du Nome aux autres paganisme sur le territoire
Le Marquis Alphonse François de la Barre: responsable de la sécurité intérieure du territoire, police des créatures et dieux
Hubert-Pascal Ameilhon, dit le chevalier: responsable de la trésorerie
Arsène Lupin: chef de missions.
Les élémentalistes du Nome:
Erwan Le Bihan
Justine Vasseur
Michel Desjardins
Letizia Paoli
Henri Dupuy
Jean-Louis Lefort
Agnès Lefort, sa femme.
Alain du Fayou
Anne-Marie Bouglione
Thomas Dupré
Jean Cordelier (Jeannot)
Jean-François Coppée
Arthur Constant
Assia Allaouah
Neima Wadoche
Avec quelques autres cadres, les magiciens de combat, de soin, les spécialistes en sort, les retraités et les chercheurs en théorie, la liste promet de s'allonger. es élémentalistes forment toutefois le groupe le plus important.
