Bonne année à tous !

J'espère que vous avez passé de très bonnes fêtes, entourés de votre famille et de vos amis !

Personnellement, tout était parfait pour moi mis à part mon opération des quatre dents de sagesses le 17 décembre : j'ai dû manger de la compote pendant des jours et je continue à faire attention aux fils (ouais, pour le glam on repassera).

Question cadeaux de Noël : j'ai reçu un oreiller de baignoire de la part de ma petite sœur.

C'est mon nouveau meilleur ami : je ne le quitte plus !

Je n'ai pas posté le chapitre 10 plus tôt parce que j'étais encore un poil dans les choux donc le voici en ce 1er Janvier 2016, pour bien commencer l'année !

Gros Bisous,

CyberCoffee

PS : J'aime toujours beaucoup les reviews.


Chapitre 10

La cible en vue, la vague sombre gagna du chemin. Lentement, l'ennemi perdait du terrain. Si cela continuait, plus aucune trace blanche ne persisterait.

-Allez Nathanaël, faites un effort par le Saint Miroir de poche ! encouragea à sa façon la voix criarde de Sir Romuald.

L'enfant grogna mais ne se déconcentra pas : il était si proche du but ! Il fixa son reflet dans le miroir et foudroya du regard son épaisse chevelure. Il n'était pas dit qu'il échouerait à recolorer sa mèche blanche en noir !

-Par le Miroir du Risèd, Nathanaël vous devez y parvenir ! piailla Sir Romuald. Je ne supporterai certainement pas devoir vous servir alors que vous êtes…échevelé.

Il soupira et repris :

-Déjà que vous vous attifez avec tellement de mauvais goût !

Nathanaël grogna à nouveau sous l'effort et la remarque.

Salazar n'avait rien trouvé de mieux pour faire cesser ses coups d'yeux malicieux que de déplacer Sir Romuald dans ce qui était désormais sa chambre. Cela n'avait plût ni à l'un ni à l'autre.

-J'y suis presque, murmura le garçon, j'y suis presque !

-Allez Nat', il ne reste que deux petits millimètres ! s'extasia Soul.

Il était très encourageant de voir que sa mèche de cheveux se parait à nouveau -bien que non sans mal- de sa si jolie couleur noire. Cependant, le blanc résistait comme s'il était question de survie. Et cela épuisait l'enfant.

-Ça ne veut pas, c'est trop fort, grinça t-il le rouge aux joues.

Et en effet, le pauvre garçon -désormais Silverstone- avait les joues carmines d'effort. Un inconnu passant par là à ce moment précis aurait demandé ce que ce garçon faisait déguisé en bouilloire à moins que ce ne soit la bouilloire qui c'était déguisée en garçon.

-Vous n'abandonnerez pas, je vous l'interdit Nathanaël ! scanda le miroir parlant.

-Allez, tu peux le faire, Nat' !

Les encouragements auraient pu passer pour des cris réellement joyeux si dans le ton de Sir Romuald aucune note désespérée n'était venue s'y glisser : le pauvre aristocrate était pétrifié de peur de devoir rester collé au mur sud de la jolie chambre de Nathanaël alors que celui-ci n'était pas présentable.

Salazar avait vite était exaspéré des rires moqueurs que Nathanaël et Godric s'échangeaient sans cesse ces derniers jours -et comme il ne pouvait pas grand-chose contre son ami sorcier- il avait jeté son dévolu sur l'enfant. Après tout, les enfants ça s'éduque, par les serpents de Méduse ! L'idée lui avait été glissée par Rowena : elle n'était jamais la dernière pour participer à maintes vengeances qui ne la concernait pas. Le sorcier avait dû admettre que Sir Romuald avait été un ennemi redoutable (ses cris étaient stridents) et le déménagement dans la chambre du morveux n'avait pas était une partie de plaisir. Mais entendre les chamaillements incessants de ces deux-là valaient toutes les peines du monde.

-Je vais y arriver, gronda Nathanaël.

Et ce qui devait arriver arriva : plus une trace de blanc ne subsistait dans son épaisse chevelure.

-Ouiiiiiiiiiiii, Ô par les Miroirs de Glaces, hurla Sir Romuald, oubliant toute tenue.

Si le miroir avait eu des mains, le garçon était certain qu'il les auraient secouées.

-Tu es très doué Nat', l'encouragea sa conscience.

L'enfant se laissa glisser contre le mur face au miroir parlant, rouge de fatigue et couvert de sueur. Il allait ajouter quelques mots pour fêter sa victoire quand un fourmillement le chatouilla au niveau du crâne. Nathanaël bondit sur ses jambes et s'approcha de l'aristocrate pour regarder attentivement ses cheveux.

Le blanc reprenait sa place.

-Ô Saint Miroir Magique ! se lamentait Sir Romuald tandis que tous les efforts qu'avait fourni l'enfant partaient en fumée.

-Je pense que c'est irréversible Nat', tu ne pourras sûrement jamais enlever cette mèche, ça doit être une manifestation de tes pouvoirs, si tu réfléchis bien elle est apparue après ton « explosion » de magie envers Salazar.

Nathanaël était on-ne-peut-plus-d'accord avec son amie. Il avait réellement poussé ses ressources dans leurs derniers retranchements et il avait échoué. Il en parlerait tranquillement au souper avec Rowena.

Cette dernière était la personne la plus indiquée concernant les questions qui traitaient de sortilèges et autres malédictions : après tout elle était la seule qui avait ces paillettes dans ses pupilles après une manifestation conséquente de ses pouvoirs.

L'enfant avait obtenu des quatre sorciers de pouvoir s'exercer sans retenue à la magie à la seule condition d'être toujours prêt d'un miroir. Les Miroirs de La Citadelle étaient tous reliés et ils permettaient de voir ce que chaque habitant faisait dans le château à tout moment de la journée. À cela Godric et Rowena s'étaient jetés des coups d'yeux graveleux et avaient ricané en fixant leur couple d'amis. Nathanaël avait jugé plus sage de passer outre. Tout ceci était encore des discussions de « grands ».

Mort de fatigue, l'enfant laissa en plan Sir Romuald qui gémissait de déconvenue et pleurait à chaudes larmes pour aller de chercher un petit encas auprès de Pumkin, l'elfe de maison dévoué à ses fringales.

-En tout cas, tu as vraiment progressé depuis que tu as découvert la forme de ta magie, depuis qu'elle reste bien en toi, commenta Soul sur le chemin des cuisines.

-On dirait bien, répondit Nathanaël, j'arrive beaucoup mieux à visualiser ce que je désire et je n'ai réellement pas besoin de toutes ces « fioritures » comme tu les appelles.

L'enfant faisait référence à toutes ces formules magiques en latin et tous ces gestes inutiles que se devaient d'appliquer chaque sorcier pour faire fonctionner la magie. Enfin, il avait quand même remarqué qu'aucun des quatre sorciers n'en avait besoin non plus. Godric lui avait raconté pour les Informulés il y a avait de ça plusieurs mois mais il n'avait jamais été question d'immobilisme. Mais les démonstrations incessantes de Rowena qui avait un faible pour les effets de surprises l'avaient convaincu que tout ceci n'était qu'une question de puissance de noyau magique.

Après un rapide encas, Nathanaël se dirigea vers l'immense bibliothèque de La Citadelle qui abritait des grimoires par milliers. C'était une pièce gigantesque qui paraissait plus petite de l'extérieur que de l'intérieur et où les livres voletaient au gré de leurs envies (il était apparemment très normal dans le monde magique que les livres s'engourdissent et souhaitent faire une petite promenade de temps en temps, tout comme les photographies et tableaux bougeaient et leurs personnages allaient visiter les cadres voisins). Le garçon aimait énormément cette antre du savoir dans lequel était pratiquement toujours fourrées Helga et Rowena. Les deux femmes y prenaient tous les jours le thé autour d'une table fournie de petits gâteaux secs en discutant des avancées de leur petit protégé ou -en de plus rares occasions- de coups fourrés destinés à leurs deux compagnons.

Nathanaël toqua doucement à l'imposante porte en bois d'amourette et abaissa la poignée pour entrer.

La pièce était vide, seul un feu magique plus ici pour la décoration confortable que pour la chaleur brûlait doucement dans l'âtre. La magie faisait vraiment tout et n'importe quoi se dit-il en souriant. Quelle était l'utilité d'un feu en août, et qui plus est un feu qui ne chauffe pas ? Enfin, c'était aussi pour tous ces mystères et ce champs des possibles que la magie ne cessait de l'émerveiller ! Déçu de ne pas avoir trouvé Rowena pour lui parler de ses cheveux, il parcouru du regard les longs rangs de grimoires sagement posés sur les étagères. Il y avait de tout.

Les Forces du Mal de Barderius Nott, Histoire Antique du Basilic ou ce que l'on pensait en savoir de Leïa Médusa, Potions et Sortilèges, une compatibilité risquée ? de Eileen Prince, Les propriétés du sang de dragon de Albus Dumbledore, La Botanique pour les nuls de Bavière Rusard, Créatures de légendes de Théophile Gobeplanche.

Le dernier livre attira son attention : il s'agissait d'un très, très épais livre à la couverture racornie et vieillie. Ce livre avait dû être souvent utilisé. Il s'en saisit et avec peine grimpa sur le pouf en poils gris d'il-ne-savait-quelle-créature et s'installa confortablement pour commencer sa lecture.

« Ce livre est un achèvement en soi, lecteur prends en soin. J'ai parcouru tant de terres arides, de champs verdoyants, de pleines ensoleillées, de montagne tortueuses et de territoires bien plus sombres pour rassembler au bout de toute une vie ces informations que je déplorerai une intention peu noble de ta part. Ce livre est destiné à la personne qui s'en sentira digne. Digne de continuer le si minuscule chemin que j'ai entrepris pour continuer vers la connaissance ultime afin de livrer aux générations futures le Savoir et les Connaissances des Us et Coutumes de nos cousins si proches et si lointains en même-temps. Nous, sorciers, ne sommes pas seuls êtres vivants à être dotés de ce que l'on appelle le « noyau de puissance magique », et dans ce livre est regroupé toute une vie passée à trouver et apprendre des Autres, de l'autre. Je te souhaite une bonne lecture. Toi, génération future. »

Les yeux écarquillés, Nathanaël tourna avidement les pages jaunies de l'épais grimoire : le livre était composé comme un journal de bord, relatant les défis qu'avait dû braver Théophile Gobeplanche pour dénicher telle civilisation perdue, telle tribu hostile, comment il avait dû user de patience pour s'y faire accepter, comment il avait bravé le danger pour atteindre certaines terres si sombres qu'un détraqueur ne voudrait s'y aventurer. Un détraqueur, avait appris Nathanaël, était une sombre créature qui se nourrissait de vos plus beaux souvenirs et vous assaillait de pensées morbides comme si vous n'alliez plus jamais être heureux de votre vie. Et quand vous pensiez souffrir le martyre, quand plus aucun souvenir joyeux ne restait, la créature aspirait votre âme et vous ne restiez alors qu'une coquille vide. Ces horreurs étaient utilisées pour garder la prison anglaise Azkaban, la prison des sorciers. Voilà un sombre endroit où Nathanaël ne voulait jamais poser un pied.

La partie la plus dangereuse du voyage de Théophile fut son périple dans les SombresTerres. Les SombresTerres étaient un vaste territoire sous la surface du globe où aucun bruit ni aucune lumière ne venaient perturber le noir des grottes. Toutes les créatures des tréfonds y vivaient. Toutes les créatures les plus dangereuses et les plus viles s'organisaient dans ce méandre de tunnels et de labyrinthes. Un habitant de la surface ne tenait pas un jour en s'enfonçant dans ces lieux de désolations. Et Théophile, en plus d'y avoir perdu le peu de raison qui lui restait était devenu aveugle d'y avoir trop passé de temps et à cause des horreurs qu'il y avait vues. Les SombresTerres furent son dernier voyage. Quand il fut remonté à la Surface, il se consacra à terminer son livre avant d'y mourir, épuisé.

Théophile racontait que les SombresTerres cachaient le peuple le plus dangereux qu'il lui avait été donné de rencontrer : le peuple drow. Les Drows étaient des elfes noirs, des elfes qui ne vivaient qu'en SombresTerres, le seul territoire qui supportait autant de cruauté et de perversité. Les Drows étaient un peuple qui fonctionnait selon le système matriarcale, la femme était autorité et l'homme un inférieur. Les postes à responsabilités comme généraux d'armées ou prêtresses étaient donc réservées aux femmes et les hommes étaient souvent magiciens ou combattants. Il n'y avait nulle souveraine en royaume drow seulement un Conseil regroupant les matriarches des cinq plus vieilles familles de Zarbenzhu'M, la cité drow.

Les Drows prônaient la méchanceté, la cruauté, la perfidie, le perversité et les complots. Il n'y avait nul honneur que d'attaquer un voisin de front : l'honneur, le vrai, était de piéger son adversaire de manière vile mais surtout le plus important était de ne laisser aucune preuve. Toute la cité drow saurait mais tant que rien ne pouvait vous faire tomber votre crime était applaudi. Voilà ce qu'était être un drow.

Le massacre était une religion, le combat un art de vivre et la machination une profession de foi.

Un drow était un être que le commun des mortels pouvait qualifiait de beau. Les elfes noirs tenaient leur nom de la couleur de leur peau très sombre qui tirait sur le violet. Ils avaient les cheveux d'un blanc éclatant -chose que l'on ne pouvait voir qu'à la lumière du jour et que Théophile avait eu du mal à confirmer- et avaient de larges yeux en amande. Aucune pupille n'était visible cependant : deux larges amandes d'un rouge écarlate comme le sang des milliers de leurs victimes leur faisaient office d'yeux. Les drows voyaient grâce aux changements de température comme toutes créatures des tréfonds en étaient capables.

Nathanaël frissonna en lisant le descriptif qu'avait fait Théophile. Ces êtres avaient l'air d'être terrifiants !

-Eh ben, s'agirait pas de tomber sur un drow au détour d'un couloir sombre! déglutit Soul.

-En tout cas, ce livre est génial ! s'écria l'enfant. Théophile Gobeplanche a vraiment dû voyager partout pour regrouper toutes ces informations ! Tu crois que je pourrais continuer son œuvre, un jour ?

-Bien sûr, Nat' ! Rien ne t'en empêche ! Mais il va falloir savoir te défendre, ça à l'air dangereux quand même…

Nathanaël acquiesça.

Godric devait commencer à lui apprendre les bases en duel sorcier très bientôt, il lui demanderait aussi quelques autres bases concernant la self-défense. Après tout, on n'était à l'abri d'une agression moldue ou sourcière nulle part !

Oo

L'écoulement incessant de l'eau fraîche de la fontaine berçait Salazar dont les paupières s'affaissaient de plus en plus au fur et à mesure qu'il écoutait d'une oreille distraite le bruit relaxant. La nuit avait été courte : sa femme avait un appétit sexuel absolument effarant ! Se marier avec Helga était loin d'être une sinécure contrairement à ce que son caractère doux au premier abord pouvait laissait envisager.

Helga était une vraie pile électrique.

Alors qu'il pensait avec délice aux moments intimes partagés la nuit-même avec sa douce, l'alarme se déclencha dans son esprit. Le morveux était aux portes du village. Le sorcier -bien qu'il ne l'avouerait pour rien au monde- appréciait ces petits duels avec l'horrible progéniture du diable qui était désormais son...fils. Le jeune garçon était un enfant plein de ressources et avait cette qualité que de trop nombreuses personnes sous-estimait : l'imagination. Le gamin était toujours à la recherche d'innovation et de nouveautés. Ses attaques se renouvelaient sans cesse et ses stratégies toujours abordées sous un nouvel angle, ce qui permettait à Salazar d'évaluer toutes ses capacités et de savoir quels points l'enfant devrait travailler avec Rowena, Helga et Godric pour s'améliorer.

Salazar avait vraiment hâte de constater les bienfaits des cours particuliers sur le pouvoir du gamin. Car lorsqu'il aurait une meilleure appréhension de sa magie Salazar cesserait l'échauffement et alors commencerait le véritable entraînement. Et cela promettait de faire des étincelles.

Les sens en éveil, l'homme feînt tout de même la somnolence pour berner son petit ennemi. Il ne sut pas vraiment d'où parti le coup mais sans pouvoir y faire grand-chose son tabouret s'éleva d'un bon mètre et bascula vers l'avant, il failli bien se retrouver le nez dans la poussière mais c'était sans compter sur ses réflexes : il poussa avec un petit coup sec le sol de sa main gauche et après une pirouette retomba sur ses pieds avec grâce.

Un rapide coup d'œil lui permit de déterminer où était caché l'enfant, non pas parce qu'il était visible mais parce que sa signature magique s'en échappait. Le gamin n'avait encore aucune idée de ce qu'était la signature magique et du moyen de la camoufler mais Rowena lui avait assuré qu'elle et Helga lui en parlerait très bientôt.

-Je te vois sale mioche, persiffla Salazar.

En une seconde, Nathanaël fut sur lui, les yeux remplit de paillettes dorées, un sourire ravi accroché aux lèvres. Il essaya sans succès d'agripper la canne du sorcier pour il-ne-savait-trop-quoi-en-faire mais ne réussit par là qu'à se faire siffler des injures par Sealvia.

Salazar souriait de toutes ses dents : alors voilà, l'enfant avait décidé d'augmenter sa vitesse pour essayer de l'immobiliser. C'était très bien joué, inattendu et rafraîchissant. Le sorcier savait que l'enfant ne pouvait pas vraiment se permettre de manœuvres plus complexes tant qu'il n'aurait pas trouvé le moyen de désactiver son bouclier mais il ne pouvait que saluer l'effort du garçon qui testait chacune de ses idées avec application.

Ô qu'il avait hâte que le morveux commence l'Occlumencie , la métamorphose, les duels sorciers ! Qu'il avait hâte qu'il progresse, qu'il avait hâte de pouvoir livrer bataille contre ce petit être exceptionnel !

-Trop lent, gamin, assena t-il à Nathanaël qui était désormais sous sortilège d'Entrave.

-Ce n'est qu'une question de temps avant que je ne vous batte, l'avare ! répliqua celui-ci absolument pas découragé.

Salazar ri à gorge déployée en délivrant l'enfant de ses liens d'un geste nonchalant :

-Que de belles paroles dans cette grande bouche, j'attends des résultats, sale mioche !

Il récupéra son tabouret, s'assit dessus et posta sa canne entre ses jambes pour une prendre appuis tout en regardant le jeune Silverstone courir vers sa brouette en lui tirant la langue.

Un sourire qu'un œil avertit aurait pu qualifier de tendre fleuri sur ses lèvres.

Oo

-Mrs Collins, qu'est-ce que tu fais là ? s'écria Nathanaël.

-C'est un pur hasard, ne va pas t'imaginer que j'avais envie d'avoir de tes nouvelles, hein ! souri la vieille femme, se contredisant par la même occasion.

Nathanaël sauta dans les bras de la sexagénaire et la câlina un long moment.

Archibald qui assistait à la scène poussa un soupir de tendresse.

-J'suis trop content que tu sois là, Mrs Collins, babilla t-il, faut que je te raconte plein de trucs trop cool !

Et sans attendre, il attrapa la main ridée de la femme pour l'amener jusqu'à un banc en bois, non loin. Pendant de longues minutes, il lui expliqua la vie à La Citadelle, les elfes de maison, les miroirs, Sir Romuald, les armures, les chandeliers, la bibliothèque, rien ne fut épargné à la vieille femme qui écoutait en souriant.

-Je suis heureuse d'entendre que tout te plaît, tête d'endive ! lui dit-elle en lui ébouriffant les cheveux.

Nathanaël ronchonna.

-Tout, c'est vite dit… Helga est parfaite mais Salazar...Salazar est si...Salazar !

Mrs Collins ricana.

-Certes, je comprends bien ce que tu veux dire par là.

-Il est arrogant, orgueilleux, égoïste, totalitaire, énervant, puérile…raaaaaaah ! ragea Nathanaël en se tirant les cheveux.

Et à mesure qu'il déballait les défauts du sorcier, une petite voix qui n'était pas Soul mais bien son cœur, lui criait qu'il avait eu la preuve que tout ceci n'était qu'une façade que se donnait Salazar. Il l'avait vu évoluer avec ses amis et avec Helga et, s'il était totalement honnête avec lui, il devait avouer que l'homme était toujours prêt à les aider.

Mais des mois de rivalité ne pouvaient s'effacer si facilement.

Nathanaël savait qu'il lui faudrait un jour avoir une discussion avec son nouveau père mais il n'était clairement pas prêt pour ça dans l'immédiat. Il souhaitait déjà approfondir les liens timides qu'il s'évertuait à lier avec Helga avant de tenter une approche étudiée envers Salazar.

-Allez, tête brûlée, le réveilla Mrs Collins en lui flanquant une tape dans le dos, vas chez le boucher, Archibald a terminé de remplir ta brouette !

Le garçon sauta sur ses pieds, planta un énorme bisous sur la joue chaude de la vieille femme et se saisit de sa brouette avant de s'éloigner dans la rue qui menait chez Mr Tallson en faisant de grands signe.

Oo

-Tu as entendu ? geignit Soul.

-Quoi ?

-Les bruissements étranges.

-Soul, on est dans la forêt, c'est normal qu'il y ait des bruits de feuilles ! la railla Nathanaël.

-Oui, mais ce n'est pas un bois normal !

-On ne craint rien tant qu'on ne sort pas du chemin de toute manière.

-Tu n'en sais rien.

-Rowena l'a dit.

-Et si elle avait tord ?

-Parce qu'elle a souvent eu tord depuis qu'on la connaît ? répliqua l'enfant.

-On ne peut pas toujours avoir raison, refusa de démordre Soul.

-Eux, si !

Et le débat continua ainsi durant tout le trajet juqu'à La Citadelle.

Le passage dans le bois aux Disparus était toujours source de stress pour Soul qui craignait de voir un monstre apparaître derrière chaque tronc d'arbre, chaque feuille, chaque brindille.

Il était vrai que le bois ne vous faisiez pas vous sentir en sécurité : une atmosphère pesante y régnait, des êtres étranges y vivaient, des tentations s'y trouvaient et des pièges mortels y étaient savamment dissimulés.

Non vraiment, le Bois aux Disparus était un lieu dans lequel il ne valait mieux pas s'y égarer.

Qui sait, après tout, ce qui pouvait vous y arriver ?

Et alors que Nathanaël sortait du couvert des feuillages, les tréfonds des sous-bois bruissèrent avec agitation, les oiseaux qui y vivaient piaillèrent de panique et s'envolèrent dans un harmonieux chaos pour fuir la menace qui venait d'être pressentie.