Ouais, c'est Noël.
Je suis trop inspirée, j'ai fini ce chapitre à l'instant et comme je suis pas foutue de le garder jusqu'à mercredi prochain je vous le mets maintenant.
Je suis trop impatiente que vous le lisiez, hé hé.
Allez, gros bisous !
CyberCoffe
PS : Toujours le même combat, prenez le temps de laisser un commentaire, cela me permet de savoir si l'histoire vous plait toujours, si l'intrigue vous emporté encore, ce genre de chose quoi !
Je vous kiff !
Au fait, il y a maintenant 50 followers sur cette histoire, je suis trop contente, vous êtes parfaits !
PS bis : Dalmir, je n'arrive pas à voir ta review je ne peux donc pas te répondre en direct. Cependant, il est étrange que tu n'aies pas été prévenue du chapitre 9. Enfin, vu que mes reviews bug aujourd'hui, rien ne m'étonne vraiment. Bonne lecture !
Chapitre 11
« Il n'est donc pas étonnant que tes parents t'aient abandonnés, morveux ! »
La phrase que Salazar lui avait balancé à la figure continuait de tourner en boucle dans la tête de Nathanaël tandis qu'il courait à perdre haleine sur le chemin du Bois aux Disparus.
Il ne savait plus vraiment comment avait commencé la dispute mais le ton était rapidement monté et l'homme avait été cruel. A ces mots, son cœur s'était serré et l'enfant avait bien cru qu'il n'arriverait plus jamais à respirer à nouveau. Demain était le jour de son anniversaire et durant ces dernières semaines, Nathanaël s'était peu à peu rapprochés des quatre sorciers, passant naturellement du vouvoiement au tutoiement. Le jour le plus mémorable avait été lors du petit déjeuner où machinalement il avait remercié Helga de la tartine beurrée qu'elle lui tendait en l'appelant maman.
Salazar en avait recraché son jus d'orange sur Godric qui était assis en face de lui. Le visage d'Helga quant à lui valait tout l'or du monde : un sourire éclatant avait illuminé ses traits et elle avait couru enserrer Nathanaël de l'étreinte protectrice de ses bras.
Nathanaël avait laissé une chance à Salazar, il avait étudié longuement son comportement, avait cessé de lui lancer des piques à tout va et de l'asticoter pour déterminer si l'homme était en quelque sorte digne d'être son nouveau père. Ce qui en était ressorti était que le sorcier était plus que capable d'assumer ce rôle. Alors qu'il lui balance ces atrocités au visage lui avait brisé le cœur.
Les larmes coulaient sans retenue le long de ses joues et les branchages fouettaient ses bras mais l'enfant s'en fichait. Il voulait simplement rentrer à La Citadelle pour se terrer dans ses draps et y pleurer toutes les larmes de son corps.
Il détestait Salazar.
Il ruminait ses sombres pensées quand un sifflement suraiguë retentit et un projectile le frappa de plein fouet à l'épaule gauche le projetant hors du chemin. Ce fut un tronc d'arbre qui l'arrêta net, le choc lui coupant le souffle. Sonné, Nathanaël mit quelques secondes à reprendre ses esprits.
-Nat', Nat' ! Tu vas bien ? demanda la voix affolée de Soul.
Le garçon aurait voulu répondre par l'affirmative mais quand il essaya de bouger une atroce douleur au niveau de l'épaule irradiait ses chairs. Il tourna la tête pour voir un gigantesque dard semblable à ceux des scorpions planté dans celles-ci. La vue du sang chaud qui s'écoulait dans d'horribles borborygmes lui fit pratiquement tourner de l'œil.
-Lève-toi, Nat' ! cria Soul. Retourne sur le chemin, vite !
C'était donc ça, il était sorti du chemin et commençait déjà à devenir fou. Aucun dard n'était réellement fiché dans son épaule. Tout ceci était dû aux fruits de son imagination et à la magie du Bois. Péniblement, en faisait fit de la douleur qu'il pensait ressentir, il se releva et se traîna jusqu'au chemin. Son souffle était saccadé et l'air affluait avec difficulté jusqu'à ses poumons. Le sang continuait de tomber par grosses gouttes sur le sol terreux. Il s'apprêtait à reprendre la direction de La Citadelle, il voyait la sortie, elle n'était qu'à quelques dizaine de mètres de l'endroit où il se tenait mais entre son objectif et lui se tenait la créature la plus horrifiante qu'il lui avait été donné de rencontrer.
Haute comme le plus gros des grizzlis, un corps musculeux de lion, une énorme queue articulée qui finissait par le même genre de dard de scorpion qui était actuellement planté dans son épaule, des griffes impressionnantes et pour finir une tête humanoïde qui possédait trois rangées de dents pointues qui partaient d'une oreille pour terminer à l'autre en un sourire remplit de cruauté. Deux yeux d'un bleu glacial le fixait avec appétit. Nathanaël fit tout de suite le rapprochement : il avait lu tout ce qu'il avait à savoir au sujet de cette créature dans le livre de Théophile Gobeplanche.
Il s'agissait d'une manticore.
Et ce qui n'était pas pour le rassurer était cette phrase surlignée de trois traits rouges dont il se souvenait : la manticore a un goût prononcé pour la chair humaine.
-COURS ! hurla Soul dans son esprit.
Cela donna le signal de départ. La manticore se regroupa sur elle-même et bondit vers Nathanaël qui déguerpit en direction opposée vers le village, comme si sa vie en dépendait (et c'était d'ailleurs le cas). La douleur que lui causait le dard empêchait le garçon de se concentrer pour augmenter sa vitesse aussi il sentit rapidement ses cuisses brûler comme si elles étaient faites de fer chauffé à blanc. Haletant, il esquiva un coup de griffe avec habilité pour mieux se prendre le suivant dans le dos. Il fut projeté contre une souche d'arbre non loin.
La peur donnait des ailes, il paraissait. Ce ne fut absolument pas son cas car la peur le tétanisa. Il n'eut que le réflexe de se saisir d'une large écorce d'arbre pour s'en servir de bouclier alors que la manticore chargeait dans sa direction.
Allait-il mourir dévoré ?
Oo
Mais qu'est-ce qui lui avait pris ?
Salazar se remémorait la scène, il ne comprenait pas comment et pourquoi il avait balancé ces choses au gamin. Il était de ces phrases qu'on disait et qu'on regrettait tout de suite après et celle-ci en était une. Il lui faudrait aller s'excuser auprès du gosse. C'était injustifié et surtout c'était complètement faux !
L'éclair de douleur qui avait brillé dans les yeux verts de l'enfant l'avait fait se sentir minable. Minable et très, très petit. Il avait décidé de laisser encore dix minutes à l'enfant pour lui laisser le temps de rentrer au château et il transplanerait directement à La Citadelle pour lui parler.
Une alarme rugit dans son esprit, lui faisant écarquiller les yeux.
Il ne s'agissait pas de l'alarme du village mais de celle qu'il avait apposée tout autour du chemin du Bois aux Disparus ! Et ce son en particulier ne voulait dire qu'une chose : intrusion à caractère magique.
Bordel de bouse de Scroutt à Pétards !
En une seconde, Salazar avait transplané dans le bois pour y voir l'enfant aux prises avec une gigantesque manticore.
-INFLAMMARE !
Le sorcier scanda la formule magique plus par peur qu'il n'arrive quelque chose au gamin que par nécessité mais sa peur donna un surplus de puissance à son sort et de sa main jaillit une gerbe de flamme impressionnante effrayant ainsi la créature qui fit un bond de recul, laissant alors le champs libre à Salazar de lancer un sortilège d'attraction sur l'enfant et de le tirer derrière lui.
-Nathanaël, ça va ? questionna le sorcier, soucieux.
L'enfant hocha la tête avant d'ouvrir les yeux en grand :
-ATTENTION !
Mais c'était trop tard, la manticore était déjà au-dessus de l'homme et sa patte gauche lui lacéra la joue droite.
-NOOOOON, SALAZAAAAR ! hurla de terreur le jeune enfant en se saisissant de la canne du sorcier qui avait roulé jusqu'à ses pieds.
Dans un ultime effort, l'enfant s'élança sur la bête en la frappant de toutes ses forces avec le pommeau qui avait quadruplé de volume et de poids.
La monstruosité rugit de mécontentement en s'éloignant de quelques pas ce qui laissa le temps à Salazar de se relever, d'attraper sa canne que lui tendait Nathanaël et de faire signe à l'enfant de se cacher derrière une souche.
Avisant des épais branchages des deux côtés du chemin, Salazar invoqua un Élémentaire de Terre et les branches grossirent et se déplacèrent à toute vitesse vers les pattes et la queue de la manticore. Les arbres se saisirent sans mal des pattes mais la queue leur donna plus de fil à retordre, elle se mouvait avec vivacité et lançait dards sur dards en direction de l'homme. Après un combat acharné, les branchages coincèrent la queue et la manticore fut immobilisée.
En une seconde, Salazar métamorphosa sa canne en une magnifique et tranchante épée et d'un coup sec trancha la tête de l'animal.
Dans un dernier râle, la bête s'éteignit.
Nathanaël jeta un coup d'œil craintif à la scène pour voir Salazar choir près d'un tronc.
-C'est bon morveux, lança t-il d'une voix essoufflée.
L'enfant accouru et se jeta dans les bras du sorcier en pleurant.
Un peu étonné au premier abord, Salazar fini par passer sa main dans les cheveux emmêlés de l'enfant.
-J'ai eu...j'ai eu...peuuuur, gémit l'enfant.
Nathanaël hoquetait, pleurait, reniflait en même temps si bien que son discours était difficile à suivre. Le garçon resserra sa prise autour du torse du sorcier et plongea sa tête dans son t-shirt.
-Là, là, là, respire gamin, c'est fini, répétait inlassablement Salazar. Je suis là, je te protégerai mon grand.
A ces mots, l'enfant releva la tête :
-Promis ?
L'homme sourit tendrement et acquiesça.
-Promis, bonhomme.
Il se racla la gorge.
-Hmm, concernant les mots que j'ai dit tout à l'heure...je...je ne le pensais pas, je ne sais pas ce qu'il m'a prit. Tu es un petit mec exceptionnel et...euh...il y a sûrement une explication logique au fait que tu aies été placé à l'orphelinat.
Salazar Serpentard n'était pas très doué pour les excuses larmoyantes. Mais le message était passé et Nathanaël sourit de toutes ses dents et hochant la tête.
-Évidemment que je suis exceptionnel ! ajouta t-il en riant.
A peine eut-il terminé sa phrase, qu'il tourna de l'œil et s'évanouit dans les bras du sorcier.
L'enfant avait perdu beaucoup trop de sang.
En jurant, Salazar se releva et transplana directement à l'infirmerie de La Citadelle.
Oo
-Nathanaël est vraiment adorable, fit Helga en sirotant son thé du bout des lèvres.
Rowena gloussa.
-Et le fait qu'il t'ait appelé maman n'y est évidemment pour rien ?
L'air malicieux qui trônait sur son visage indiquait clairement le fond de ses pensées.
-Hm, peut-être un peu...concéda Helga en rougissant.
Rowena regardait son amie tendrement, Helga n'avait jamais autant resplendit que ces derniers jours. Elle avait toujours eu la fibre maternelle et la perte de son propre fils bien des centaines d'années auparavant l'avait anéantie. Elle avait tenté de se rapprocher des descendants de celui-ci mais au fur et à mesure des années, la sorcière avait fini par perdre la notion du temps, du présent et les pertes accumulées au fil des siècles lui avaient labourées le cœur. C'est en la personne de son ami Salazar qu'elle avait trouvé le réconfort puis, plus tard, l'amour.
-Je suis ravie pour toi Helga, tu as vraiment l'air heureuse !
-Je le suis, confirma t-elle doucement en souriant.
-C'est peut-être un effet de mon esprit mais j'ai l'impression que Laz et le moustique s'entendent mieux depuis quelques jours, non ?
La sorcière aux cheveux mordorés acquiesça, elle l'avait remarqué elle aussi.
Les deux rivaux ne se chamaillaient plus autant et Nathanaël mettait un point d'honneur à ne pas chercher des poux à son aîné. Pour être tout à fait franche, Helga savait pertinemment ce qu'il se passait dans la tête de l'enfant étant donné que ses pensées jaillissaient hors de son esprit pour venir se loger dans le sien. Voilà un « soucis » qu'elle n'avait jamais réussi à contrôler : la Légilimencie. Elle était une legilimens naturelle d'un très grand pouvoir et celui-ci était incontrôlable depuis le tout début. Pour des Occlumens accomplis comme ses amis et son mari il était facile de toujours murer leurs pensées sous diverses protections mais pour les moldus et Nathanaël qui n'avait encore aucune idée de ce qu'étaient les magies de l'esprit, elle ne pouvait empêcher son don -et sa malédiction- d'effleurer leurs esprits.
Il était insupportable de toujours savoir ce qu'il se passait dans la tête des gens, surtout quand on ne voulait pas savoir ou qu'on entendait quelque chose que l'on aurait jamais dû entendre. Mais quelques rares fois tout ceci était bien pratique. En l'occurrence, Helga savait que Nathanaël jugeait son mari. Et elle savait aussi que l'enfant ne tarderait plus à l'accepter.
Et rien ne lui faisait plus plaisir.
-ALEEEEEERTE ! rugit le miroir de la bibliothèque. ALERTE, HELGA EST DEMANDEE DANS L'INFIRMERIE LE PLUS VITE POSSIBLE, NATHANAËL EST GRAVEMENT BLESSÉ !
En un bond, Helga et Rowena étaient sur leurs pieds et traversaient le dédale de couloir pour se rendre à l'infirmerie. La peur envahissait leurs sens. Helga était terrorisée à l'idée que Nathanaël soit en danger. Au détour d'un couloir Godric apparu en courant et ensembles, ils continuèrent leur chemin.
Arrivés devant les portes de l'infirmerie, Helga les ouvrit à toute vitesse pour voir son mari, le visage ensanglanté, occupé à apporter les premiers secours à un Nathanaël inconscient et couvert de sang.
-Par Merlin, cria t-elle, que s'est-il passé ?
-Une manticore l'a attaqué dans le bois, expliqua rapidement Salazar.
-Une manticore !? scandèrent Rowena et Godric. Mais elles sont toutes en captivité !
Helga n'écoutait déjà plus et commença à soigner son petit protégé à grand renfort de sortilèges et de potions magiques.
-Je me rappelle avoir lu quelque chose dans La Gazette du Sorcier il y a deux semaines je crois, se souvînt brusquement le sorcier aux yeux verts, le zoo de Londres en a égarée une !
-Comment peut-on égarer une manticore ? railla Rowena qui gérait plutôt mal son stress.
-Oh, ils vont m'entendre au zoo, rugit Helga en épongeant le sang qui sortait de la plaie béante qu'avait laissé le dard dans l'épaule du garçon. Je vais les étrangler !
Helga était une médicomage connue et reconnue en son temps et elle travaillait avec efficacité et rapidité. Potion. Sortilège. Suture. Potion. Baume. Cataplasme. Sortilège. Potion. En une trentaine de minutes, Nathanaël était hors de danger mais d'après Helga, il garderait toute sa vie ses hideuses cicatrices. Elle pourrait les atténuer un maximum mais elles seraient toujours visibles, malheureusement.
L'enfant dormait paisiblement tandis que Helga s'occupait à présent du visage ravagé de son mari. Après avoir nettoyé les plaies, elle appliqua un baume et un sortilège qui firent effet immédiatement. Mais le résultat serait le même que pour Nathanaël, les cicatrices resteraient à jamais sur son beau visage.
Si les dards et les griffes de la manticore n'étaient pas empoisonnées, elles avaient cette capacité à puiser dans la magie de leur victime ce qui abîmait les tissus et empêchaient toute guérison totale. Si Salazar n'avait que faire de trois cicatrices de plus à son panel déjà bien remplit, il espérait que l'enfant ne vivrait pas trop mal ses deux nouvelles traces indélébiles.
-Merci mon amour, chuchota Helga à l'oreille de Salazar.
Il n'y avait pas besoin de mots entre eux pour savoir de quoi elle parlait. Elle le remerciait d'avoir sauvé l'enfant, de l'avoir ramené en vie et d'avoir lui-même survécu.
Salazar approcha ses lèvres de celles de sa femme et y déposa un très léger baiser.
-De rien, ma chérie.
Helga posa sa tête dans le creux du coup chaud de son mari et se laissa bercer par les caresses que lui prodiguait la main droite de celui-ci.
Ils ne remarquèrent ni l'un ni l'autre que Rowena et Godric avaient refermé la porte de l'infirmerie pour les laisser tous les trois.
Oo
-Ben merde alors ! s'écria Rowena en fixant avec dégoût la tête décapitée de la bête.
-C'est une grosse manticore, ajouta Godric en mimant la mesure du corps de la créature avec ses bras.
Les deux amis avait décidé d'aller camoufler le corps de la bête avant qu'un curieux ne passe par le bois et ne fasse la macabre découverte. Si un moldu tombait par hasard sur le massacre, les Oubliators devraient s'en mêler et il y aurait énormément de paperasse à remplir. Autant dire des problèmes inutiles.
Godric s'était chargé d'appeler le Service de Régulation des Créatures Magiques qui ne devrait plus tarder à arriver. En attendant Rowena avait apposé un bouclier qui brouillerait les sens du premier moldu venu.
Deux craquements plus tard, deux hommes tout de noir vêtus apparaissaient sur le chemin.
-Bonjour, Duncan Forward et voici Gontran Delvire, fit le premier homme enrobé en désignant du menton son compagnon, grand et longiligne. Nous sommes du SRCM. Vous avez une manticore morte c'est bien ça ?
Godric acquiesça et se présenta :
-Gabriel Garnett et Roxanne Savage, les personnes qui ont été attaquées sont mon ami Salamander Silverstone et son fils Nathanaël.
Ces noms d'emprunts étaient les noms qu'avaient toujours utilisés les quatre amis depuis qu'ils étaient au village. Seule Helga avait gardé son prénom car il était assez passe-partout. Rowena avait apposé un sort très complexe qui brouillait leurs véritables noms aux yeux et oreilles de tous ceux qui les entendaient. Si bien qu'à part Nathanaël qui n'était pas concerné par le sort, pour le restant des villageois les quatre amis s'appelaient ainsi. Si vous disiez Rowena à Archibald Brisefer, il entendrait Roxanne. Ah que la magie était fantastique !
-Où sont les victimes ? questionna Gontran Delvire.
-Elles sont en sécurité chez nous, la femme de mon ami est médicomage, expliqua Godric.
-Hm, très bien, il faudra tout de même qu'un médicomage agréé de nos services viennent contrôler leur état et vous fasse remplir quelques papiers Mr Garnett.
-Très bien, nous attendons votre hiboux avec tous les détails, fit-il en leur donnant l'adresse.
-Merci, Mr Garnett. Bien, qu'en est-il de la bête ? s'écria Duncan Forward en s'approchant du corps. Hou là,là,là, belle bête !
Godric, Rowena et Gontran Delvire s'approchèrent à leur tour de la créature.
-Mate ça Gontran, s'exclama Duncan. Elle est énorme !
-Je vois ça Dun', je vois ça. Eh ben, fit-il à l'attention de Godric, votre ami et son fils ont eut de la chance, c'est un sacré spécimen qu'il a tué !
-Il a de bons réflexes, marmonna Rowena.
-Eh bien, le zoo est vraiment dans la panade maintenant ! commenta Duncan de derrière le corps. Laisser une manticore s'échapper et ne pas la retrouver en deux semaines de recherches, il faut le faire !
-J'aimerai pas être à la place du directeur du zoo ! Vous allez être sacrément dédommagés, continua Gontran pour Godric et Rowena.
Godric fronça les sourcils. Encore heureux que le directeur allait passer un sale quart d'heure ! Et encore, Helga ne s'était pas encore déplacée mais cela ne s'arrêterait pas là ! Elle allait écraser les responsables !
-Bon, pour les villageois, il s'agira d'une attaque d'ours, résuma Duncan. Il faudra que vous teniez le même discours et il ne devrait y avoir aucun problème.
-Très bien.
D'autres craquements se firent entendre et des techniciens du SRCM firent leur apparition pour entreprendre de nettoyer les lieux.
-Vous pouvez rentrer chez vous, nous nous occupons du reste, leur appris Gontran, nous vous contacterons si nous avons d'autres questions.
-Merci, bon courage.
Et les deux compères transplanèrent sans attendre à La Citadelle.
Oo
Salazar regardait pensivement les flammes magiques brûler dans l'âtre de la cheminée de l'infirmerie.
Le petit avait vraiment eut du cran. Il repensait au courage dont il avait fait preuve et qui lui avait permit de se sortir des griffes de la manticore. L'enfant était étonnant, une fois de plus.
S'il y pensait en toute honnêteté, il n'était pas mécontent du moment que lui et le garçon avait partagé juste après l'attaque. Il s'était sentit vraiment…connecté. Doucement, sans qu'il ne s'en aperçoive, le gamin s'était fait une petite place dans son cœur. Il ne s'en était tendu compte que quand il avait bien cru que la manticore allait tuer Nathanaël sous ses yeux.
Un gémissement se fit entendre dans le lit, derrière lui. L'homme bondit et se retrouva au chevet de l'enfant en une seconde.
-Sa…Salazar ? murmura t-il.
-Oui, je suis là gamin.
-J'ai mal, grimaça t-il. À l'épaule.
Salazar se saisit de la fiole remplie d'un liquide violet et lui fit signe de l'avaler.
-C'est un antidouleur, bois ça cul-sec.
-Erk, c'est dégoûtant !
Le sorcier ricana.
-Je n'ai jamais dis que c'était bon, morveux.
L'enfant s'étrangla avec le liquide et fut pris d'une quinte de toux. Salazar lui tendit un verre d'eau qu'il bu avec soif.
-Ton visage…commença Nathanaël en tendant la main vers les cicatrices de Salazar.
-Blessures de guerre, fit celui-ci en hochant les épaules.
-Ça ne partira pas je suppose ?
Salazar hocha la tête.
-Tu supposes bien. Et tu n'as pas encore vu les tiennes…
Nathanaël fit la moue.
-Encore des cicatrices. Comme si celle que j'ai sur le front ne suffisait pas ! râla t-il.
L'homme aux cicatrices fraîchement acquises sourit, l'enfant n'avait pas l'air dévasté de savoir qu'il ne se débarrasserait jamais de ces boursoufflures.
Les yeux du jeune garçon commençaient à papillonner et ses paupières avaient l'air de peser une tonne.
-Dors bonhomme, il faut que tu récupères.
Lentement, l'enfant s'enfonça dans un sommeil peuplé de monstres à grandes dents et de Salazar en tenue de Super-héros.
Le sorcier veilla un long moment le chevet du garçon avant de se lever doucement pour sortir de l'infirmerie mais une petite main froide se saisit de sa manche et ne lâcha plus prise.
Nathanaël avait le sommeil agité et murmurait du bout des lèvres la même phrase si bas que le sorcier dû se pencher pour entendre :
-Pars pas Papa, pars pas.
En ce quatorze août mille neuf cent quatre vingt onze, le cœur de Salazar Serpentard rata un battement.
