Bonsoir à toutes mes endives,

J'ai appris comme vous tous le décès de Alan Rickman, et je lui dédie ce chapitre, en espérant qu'il appréciera les poutous que Soul et moi-même lui faisont sur les fesses !

ALAN ON T'AIME !

Et bien évidemment, je vous fais des poutous sur les deux fesses à vous aussi !

Bonne lecture, en espérant que ce chapitre vous plaira !

CyberCoffee

Ps : au fait vous êtes trop des fifous, pour le chapitre 17, vous avez été 528 en une seule journée à avoir été sur le lien ! Je vous kiff !


Chapitre 18

Nathanaël était concentré à ne surtout pas laisser son auto-lévitation s'arrêter même si la fatigue se faisait bien présente.

-Je vais tuer Salazar ! gronda Soul, hors d'elle. Si tu ne résistes pas, tu t'écraseras sur les rochers coupants du canyon ! Il est complètement inconscient !

Une goutte de sueur perla sur son front déjà trempé.

-Soul, je dois rester concentré…sinon on meurt, fit le jeune homme du haut de ses quinze ans.

-Ah oui, pardon ! Fais comme si je n'étais pas là !

-Ça fait plus de quatre ans que j'essaye, figure-toi ! la taquina l'adolescent.

Son sort faiblît et Nathanaël tangua. D'une habile maîtrise de son flux magique, il redistribua de manière homogène sa puissance pour se stabiliser.

Sa puissance de noyau magique avait grandit de manière exponentielle de mois en mois, à une vitesse folle, une première selon les quatre sorciers. Il possédait désormais le modique pourcentage de deux cent trente-neuf pourcent de puissance magique. Il parvenait -encore avec mal, il fallait l'avouer- à tenir de longues heures face au titan qu'était Godric en duel sorcier. Salazar avait été intenable le jour où il avait passé les deux cent pourcent : il avait décidé arbitrairement que les cours particuliers avaient portés leurs fruits et que l'échauffement était terminé. Le coquard violet que l'enfant avait récolté le jour d'avant par ce même Salazar n'avait pas convaincu les autres sorciers que l'échauffement venait à peine de s'arrêter.

Le jour où il avait passé la barre des deux cent pourcent -c'était il y avait à peu près six mois- était le jour où Nathanaël avait commencé à se faire joyeusement taper dessus sans retenue. Le jeune homme ne pouvait pas vraiment appeler ça autrement : les duels qui l'opposaient à son père étaient purement et simplement un cassage de gueule en règle. Cela lui avait d'ailleurs rappelé les cours que lui avaient donnés Chiridirelle.

L'elfe noire et Salazar avaient cette manière étrange de penser que la dureté et la douleur permettait d'apprendre plus vite et, dans le cas où il n'avait pas enregistrées les leçons, ils avaient aussi cette étrange manière de penser qu'ils n'avaient simplement pas tapés assez fort. Mais malgré un entraînement dur et violent, Nathanaël n'avait jamais été aussi heureux. Les sorts fusaient dans d'impressionnants ballets, les coups pleuvaient comme autant de gouttes d'eau et les railleries transperçaient leurs égos comme des hallebardes : un paradis pour le jeune homme qui avait un trop-plein d'énergie à revendre.

Que se soit avec son père, avec Chiridirelle ou encore avec Godric, ces duels « amicaux » avaient permis à l'enfant de progressivement devenir un jeune homme en pleine santé. Bien qu'il ne soit pas très grand -Chiridirelle le dépassait d'une bonne tête et il ne parlait même pas de Godric- il avait acquis une belle carrure et un corps qui ne demandait qu'à terminer de se dessiner. Il était loin, l'enfant maigrelet et dégingandé qui se regardait pensivement dans la glace de la salle de douches de l'orphelinat !

En quatre ans, il avait énormément appris, énormément lu et énormément écouté. Sa fascination pour la magie n'avait jamais faibli peu importe la difficulté des exercices que lui avaient demandés les quatre sorciers et son amie drow. Il n'avait jamais cessé de se dépasser, même quand sa mère et son père lui avaient appris l'Occlumencie et la Legilimencie. « Les magies de l'esprit sont les plus nébuleuses et les plus compliquées », lui avaient-ils expliqué devant ses échecs répétitifs. C'était Soul qui avait su l'aiguiller, ayant une meilleure vision que lui-même de son esprit. Ensembles, ils en étaient venus à comprendre qu'elle n'était pas sa conscience mais bien une autre âme, cohabitant avec la sienne. Et c'était d'ailleurs bien pour ça qu'Helga et les trois autres sorciers n'avaient jamais rien su de son existence. Helga devait cibler son esprit et non celui de Soul dont elle ignorait tout. Même après cette découverte, il n'avait jamais voulu en parler à qui que ce soit. Soul était son amie et sa confidente, qu'elle soit dans sa tête était tout simplement plus pratique pour communiquer.

C'était lui qui avait réalisé que ses parents lui cachaient quelque chose lors de sa sortie au Chemin de Traverse bien des années auparavant : comment ses parents avaient-ils su où Mrs Collins et lui se rendaient ? Ils lui avaient donné de l'argent sorcier pour ses achats alors qu'il n'avait jamais parlé du Londres magique. Dès que cette pensée lui était passée par la tête, il avait couru confronter ses parents pour obtenir des explications et il avait ainsi appris pour le don de sa mère et les magies de l'esprit qu'il avait bien évidemment voulu apprendre dès le lendemain.

Il en avait profité pour demander à ses parents de plus amples informations sur Lord Voldemort et Harry Potter, le Sauveur du monde sorcier. Ils lui avaient donc expliqués avec réticence -son père n'aimait pas parler de son descendant- les événements de la terrible nuit du trente-et-un octobre mille neuf cent quatre-vingt un. Comment le Lord avait voulu tuer l'enfant qui le détruirait selon les prédictions d'une prophétie, comment il avait trouvé cet enfant en l'un des jumeaux Harry et Noah Potter, comment il avait pu accéder à leur localisation à cause de la trahison de l'ami loup-garou proche du couple, Remus Lupin -qui purgeait actuellement sa peine à Azkaban après avoir froidement assassiné un de leurs amis communs, Peter Pettigrew-, comment le Lord avait tué de sang froid James et Lily Potter, les parents des enfants et comment il avait fini par être défait par Harry juste après avoir désintégré son frère jumeau.

-Concentre-toi, Nat' ! le sortît Soul de ses pensées. Je suis trop jeune pour mourir !

-Parce que ça t'inquiètes tout d'un coup ? la moucha le jeune homme en riant.

Il se recentra tout de même sur son objectif : traverser la reproduction grandeur nature du canyon de Tsingy qu'avait subitement fait pousser du sol Salazar pour l'empêcher d'atteindre la fontaine. Le verbe malgache «mitsingitsingy » ou « marcher sur la pointe des pieds » d'où venait son nom prenait tout son sens : le labyrinthe de canyon était couvert de roches tranchantes comme des rasoirs, y tomber signifiait la mort.

Salazar ne jouait plus depuis bien longtemps et c'était grâce à cela que tout le potentiel de Nathanaël s'était révélé. Cela avait quand même valu quelques engueulades monumentales entre sa femme et lui. Après tout, Nathanaël était leur bébé et ce que Salazar lui faisait était trop pour le cœur de mère de la pauvre Helga. L'oreille indiscrète du garçon avait entendu son père répliquer à sa mère qu'il ne le laisserait jamais mourir mais qu'elle savait autant que lui-même qu'il devrait en passer par là. Encore et toujours des secrets sur son probable futur très prometteur !

-Fais gaffe, le prévînt Soul, Sal est derrière le troisième rocher à droite, il te prépare une surprise si j'en crois son excitation.

Si Nathanaël avait progressé, Soul aussi. Son amie faisait preuve d'un talent particulier : elle ressentait de manière plus forte les émotions des autres. Et ce talent s'était révélé bien pratique à maintes reprises pour empêcher Nathanaël de ce faire taper dessus par les brutes qui lui servaient de professeurs.

Nathanaël se prépara immédiatement au prochain impact qui surviendrait dans les quelques secondes à venir : il dressa un large bouclier invisible autour de lui tout en prenant garde à bien rester homogène dans la distribution de sa magie de son auto-lévitation. Il ne vit qu'une seconde trop tard l'immense branche d'arbre qui se mouvait comme un serpent s'abattre dans sa direction. Avec agilité, il se déplaça d'une cinquantaine de centimètres, juste assez pour que la branche -enfin, étant donné le diamètre de celle-ci, Nathanaël avait envie de l'appeler un tronc- ne fasse que le frôler. Voyant leur cible voleter à couvert, les feuilles de l'arbre se tressèrent rapidement entre elles pour former des liens solides et s'élancèrent à la poursuite du garçon.

-Plus vite, Nat' ! scanda Soul qui surveillait ses arrières.

-J'aimerai t'y voir toi ! râla le jeune homme dont le t-shirt était désormais trempé de sueur.

Avisant une roche coupante détachée de sa gangue, il s'en saisit en faisant fit des coupures qu'elle lui laissa sur les doigts. La roche était parfaitement aiguisée, il envoya sa magie courir en elle et elle se métamorphosa en une épée de pierre extrêmement coupante. Nathanaël se débrouillait plutôt bien avec une épée ou un cimeterre mais son réel talent résidait dans le maniement du bâton. Cependant, un bâton n'était d'aucune utilité à ce moment même.

-Maintenant !

Le garçon fit migrer le devant de son bouclier protecteur vers son dos, le renforçant et lui laissant ainsi le champ libre pour manier son épée. La première liane filait comme le vent en visant son angle mort, Nathanaël la trancha immédiatement. La deuxième liane se fondit dans la troisième et, ensembles, elles mutèrent pour laisser apparaître à leur extrémité un appendice sans visage possédant d'immenses dents se diriger à toute vitesse vers lui. Il n'eût pas le temps de l'éviter, l'appendice lui saisit la jambe gauche en plantant ses crocs dans sa chair.

-Réveille-toi ! cria Soul qui voyait son ami commencer à tourner de l'œil. Il y en a une bien plus grosse qui arrive.

En effet, un monstre long de plus d'une trentaine de mètres et large comme le diamètre d'un train filait rageusement dans sa direction.

Tranchant l'appendice crochu qui le retenait toujours, il s'apprêtait à se mettre en position de combat quand il remarqua qu'il avait fait inconsciemment disparaître son auto-lévitation, trop concentré par la douleur qui irradiait de sa jambe. Le sol annonciateur de mort se rapprochait à une vitesse folle, ce ne fut qu'à deux mètres de son trépas qu'il reprit le contrôle de sa magie et s'éleva dans les airs, le visage encore marqué par la peur de mourir.

-C'est pas passé loin ! souffla Soul qui avait retenue sa respiration durant leur descente aux Enfers. Je me fous qu'il soit ton père, je vais l'éviscérer !

-Je te prête mes mains si tu veux ! acquiesça Nathanaël, tout aussi furieux contre son paternel.

Le garçon en avait ras-le-bol, sa jambe le faisait souffrir, ses doigts pissaient le sang et l'épée se faisait plus lourde à mesure qu'il fatiguait. Il aurait pu lui apposer un sortilège poids-plume mais elle perdrait alors en efficacité puisque son aérodynamisme en aurait été bouleversé. De plus, il avait dépensé bien trop de magie depuis le début du combat pour se permettre un gâchis pareil. Il décida d'utiliser sa fureur contre son père à bon escient : quoi de mieux qu'un feu magique et destructeur pour brûler des feuilles enragées quand on ne savait pas encore maîtriser les Éléments naturels ?

Un sourire carnassier fleurit sur ses lèvres tandis qu'il faisait apparaître un orbe gigantesque contenant le Feudeymon le plus destructeur qu'il eût la force d'invoquer.

Alors que l'imposante liane s'équipait de milliers d'aiguilles grâce aux roches du canyon, il fit grandir et grandir encore son orbe jusqu'à ce qu'elle ait la taille d'une montgolfière.

-Attends, attends…le fit patienter Soul, déterminant quand Salazar passerait à l'attaque. MAINTENANT !

Nathanaël augmenta sa force de telle manière que ses muscles grossirent, il empoigna l'orbe de ses deux mains, tourna sur lui-même pour donner de la vitesse au Feudeymon, augmenta au même moment la vitesse de ses bras et balança l'orbe en direction de l'immense liane qui chargeait.

Le monstre de bois couina quand la boule de feu explosa sur lui et que le feu magique commença à brûler frénétiquement chaque parcelle d'écorce. Ce que Nathanaël n'avait en revanche pas du tout prévu était que la liane ne meurt pas sur le coup et qu'elle lui lance, dans un dernier sursaut, la totalité de ses aiguilles mortelles enflammées de son propre Feudeymon.

-Bordel de merde ! grogna le jeune homme qui ne savait plus comment faire pour éviter la totalité des aiguilles.

Son bouclier pût en arrêter cinq bonnes centaines mais il partit bien vite en miettes, rongé par le feu destructeur.

Alors que les autres aiguilles se rapprochaient dangereusement de lui et de Soul et que les deux amis commençaient déjà à se faire leurs adieux respectifs, un mur de glace venu de nulle part s'interposa subitement entre eux et les pointes de feu aiguisées.

-On est morts ? demanda Soul. Non ? On est pas morts ! Nat', on est pas morts !

Nathanaël vérifia d'un rapide coup d'œil qu'il avait effectivement encore tous ses membres correctement rattachés à son tronc. Il n'eût pas le temps de terminer son examen que l'image se figea et que les quatre sorciers, Chiridirelle et le jeune homme furent expulsés de la pensine.

-Bon, fit Helga, quelles sont tes erreurs Nat' ?

Le garçon réfléchît un instant.

-Le bouclier.

-Développe, l'invita Godric d'un geste de la main.

-Je n'aurais pas dû le faire passer dans mon dos au moment de l'attaque des lianes, j'aurais dû faire un bouclier malléable. Un qui aurait laissé passé mes bras et qui aurait suivit leurs mouvements comme ça je n'aurais pas été mordu à la jambe et je n'aurais pas perdu le contrôle de la lévitation, expliqua le jeune homme en fronçant les sourcils.

-Je ne doute pas que tu puisses faire apparaître un tel bouclier, d'ailleurs il faudra que tu me le montres ! s'exclama Godric avec une moue appréciatrice.

Nathanaël fit un salut militaire en s'écriant :

-Oui, chef !

-Hé Sal, ton fils a enfin compris qui était le patron dans ce château ! railla le rouquin avant de se retrouver les lèvres mystérieusement collées ensembles.

Salazar se leva du canapé où il s'était rassit.

-Tu disais, poil de carotte ?

-Hmmm, hmmm, hmmmmm ! essaya d'exprimer Godric.

-Laz, n'enlève surtout pas ce sort de la journée, apprécia Rowena en chatouillant son ami persécuté.

Chiridirelle en profita aussi pour dire une vacherie sur le pauvre homme qui ne pouvait pas se défendre, du moins verbalement. Il ne pût rien faire, sachant pertinemment que la drow n'hésiterait pas à lui casser la gueule s'il utilisait une quelconque manifestation physique à son encontre. En quatre ans, la relation entre Chiridirelle et Godric n'avait pas évolué. Godric se méfiait d'elle et il horripilait toujours autant la jeune elfe.

Un vrai calvaire pour le pauvre Nathanaël qui était très souvent prit à parti.

-Tu as fait d'autres erreurs, coupa Helga qui voyait son cours lentement dériver. Les as-tu vu ?

Nathanaël chercha pensivement.

-J'ai sous estimé la dernière liane. Les aiguilles, je n'ai pas pensé qu'elle puisse les expulser, du coup mon Feudeymon était mal venu et s'est retourné contre moi. Les aiguilles combinées au feu magique ont failli me tuer.

Rowena balaya son commentaire d'un geste de la main et ébouriffa les cheveux de son neveu.

-Laz ne t'aurais jamais laissé y passer, Moustique !

-Ça j'en doute, marmonna Nathanaël en repensant aux crocs dans sa jambe et à sa chute quasiment mortelle.

Salazar s'éclaircit la gorge avant de prendre la parole :

-C'est là ta plus grosse erreur, je t'ai lancé un sort de confusion qui t'as amené à penser que tu pouvais y laisser la vie. En temps normal tu aurais su que jamais rien ne t'arriverais tant que je serai là. Ça t'as amené à avoir peur, à craindre pour ta vie. Ça t'as amené à te surpasser, à puiser au fond de toi d'une part mais ça t'as aussi déstabilisé et t'as amené à faire une énorme erreur d'autre part : tu t'es mis en colère. Et ta colère a décidé pour toi d'où ton utilisation -certes utile- du Feudeymon mais aussi complètement irréfléchie.

Nathanaël encaissa la critique sans broncher. Il n'avait absolument pas remarqué le sort de confusion. Il avait pourtant levé toutes ses barrières mentales et Soul avait été sur le qui-vive depuis leur entrée au village, il ne comprenait pas quand Salazar avait jeté sa confusion.

-Tu l'as lancé quand ? demanda t-il à son père.

-Ouais, bonne question ! fit Soul.

Salazar remonta sa lèvre supérieure gauche en un sourire fier.

-Ce matin quand tu as louché sur la poitrine de Rowena…avoua t-il. Dis-moi, ça commence à te titiller l'entrejambe, fiston ?

Le regard que lui lança ladite propriétaire de la poitrine fit bouillir de honte le jeune homme qui grandissait…de partout.

-Si tu as des questions Nat', n'hésite pas a me demander ! lui lança Godric qui s'étouffait de rire en frappant du plat de la main sur sa cuisse maintenant qu'il avait réussi à enlever le sort de Salazar.

-Ça, ça ne m'étonne pas, critiqua Chiridirelle en dévisageant l'homme de haut en bas.

Immédiatement, Godric se leva du haut de son mètre quatre-vingt dix et fit face à l'elfe noire.

-Tu peux parler, tu te balades la moitié du temps à poil, tu essayes encore de séduire le petit, avoue !

-Je t'ai déjà expliqué cent fois les coutumes drows ! répliqua Chiridirelle en serrant les poignées de ses cimeterres.

-Moi, j'ai surtout retenu le moment où tu as parlé des orgies ! Espèce d'animal !

-Mais je n'y aies jamais participé ! T'es sourd ou quoi ? s'énerva la drow en dégainant ses armes.

Le sorcier roux fit pousser des masses à partir du sol en pierre dont il se saisit à pleines mains et les deux énergumènes s'engagèrent dans un impressionnant rapport de forces.

Les spectateurs de ce genre de scènes quotidiennes retournèrent bien vite à leur conversation bien plus intéressante.

-Bon, Nat'…commença Salazar en fixant son fils d'un air qui n'annonçait rien de bon. Vu que tu « grandis » et que je n'ai aucune envie d'être grand-père avant quelques centaines d'années, je mettrais des préservatifs dans ta salle de bain, tu sais, au cas où…

Au fur et à mesure qu'il avait expliquée sa future démarche, l'homme avait eu du mal à garder son calme et avait commencé à pouffer par à-coups.

-Très fin, Sal, très fin ! ronchonna son fils en rougissant de plus belle.

-Il n'a pas tord, et d'ailleurs, puisqu'on en parle…avança Soul, ferme ton esprit quand tu « visualises » des scènes cochonnes ! Je suis ta colocataire, je te rappelle !

-Tu n'as qu'à fermer les yeux, lui répondit en silence le jeune homme qui se demandait si ce n'était pas sa fête aujourd'hui.

Oo

Helga repensait songeusement aux dernières années qui s'étaient écoulées, confortablement adossée au rebord de l'immense baignoire de la salle de bain mitoyenne à la chambre conjugale. L'eau chaude délassait doucement ses muscles endoloris -la semaine avait été rude. Elle avait appris à Nathanaël l'art du soin en plein combat et avait dû faire montre d'une rapidité d'exécution qu'elle avait depuis bien longtemps cessé d'utiliser.

Nathanaël avait grandi si vite et mûri à une vitesse tout aussi folle pour devenir ce beau jeune garçon qu'elle voyait tous les jours. La vie à La Citadelle avait été bien meilleure depuis l'arrivée des enfants. Chiridirelle était une jeune femme avide de connaissances qui n'hésitait pas , s'il le fallait, à bouleverser leurs croyances.

La seule ombre sur ce divin tableau, peint pour y représenter le bonheur, avait été la mort malheureuse de Marysa Brisefer. Malgré les soins qu'elle lui avait prodiguée, la maladie l'avait emportée loin de son mari aimant et de ses amis. Ce jour avait été noir pour eux tous, et c'était avec un des plus grands étonnement qu'ils avaient assistés impuissants à l'adoption d'un jeune orphelin d'à peine deux ans par Archibald dès le lendemain. « C'était son souhait le plus cher », avait-il expliqué, les yeux rougis. L'enfant s'appelait Logan et était introverti. Il n'osait alors adresser la parole qu'à Nathanaël qui avait réussi à le faire sortir du mutisme dans lequel il s'était enfermé, terrifié de ce changement de situation. Peu à peu, Archibald avait su gagner la confiance de l'enfant et instaurer un réel équilibre dans sa nouvelle famille. L'adoption datait de deux ans, l'enfant en avait désormais quatre et Helga le gardait souvent quand le maraîcher devait se rendre en ville. Logan était devenu un vrai petit Brisefer, joyeux et toujours de bonne humeur, tout du moins avec les personnes qu'il connaissait.

Ce qui inquiétait Helga était les ouïes-dires de plus en plus nombreux du retour à la vie de Lord Voldemort. Elle craignait pour la vie de son fils, elle craignait de voir survenir bien trop tôt sa destinée. Lailoken leur avait dit que toute cette paix ne durerait pas et que Nathanaël serait le seul à pouvoir empêcher le mal d'engloutir à jamais le monde. Mais il ne leur avait pas dit à quel prix. Oh, elle était au courant de la malédiction mais puisque son fils ne connaissait pas son passé, il n'y avait aucune raison pour que celle-ci le rattrape, non ? Salazar et elle avaient longuement hésité sur le fait d'intensifier ses entrainements mais les rumeurs s'intensifiant et le noyau de leur enfant augmentant toujours plus, leurs doutes avaient finis par s'estomper.

Nous étions maintenant à la mi-septembre et Helga essayait vainement d'oublier ces rumeurs qui avaient commencées à grossir fin juin, se persuadant avec mal que tout ceci n'était que fabulations d'un jeune homme qui souhaitait s'approprier encore plus d'oreilles et de regards attentifs que ce qu'il n'avait déjà.

Parce qu'on racontait que Harry Potter avait été sélectionné comme quatrième concurrent lors du Tournois des Trois Sorciers. On racontait qu'il avait mystérieusement disparu avec un de ses camarades, Cédric Diggory, lors de la dernière épreuve. On racontait aussi que ce denier avait été tué par Lord Voldemort. Et on disait même que c'était Harry Potter qui jurait avoir assisté à Sa résurrection.

Mais bien évidemment tout ceci n'était que mensonges, non ?