Bonjour tout le monde !
J'ai mis un peu de temps à sortir ce chapitre de mon imagination, je sais !
Mais l'important ce n'est pas ça, l'important c'est que j'ai appris que Hugh Jackman n'endosserait plus jamais le rôle de Wolverine. Oui je sais, j'ai quelques mois de retard.
Ensuite, j'ai vu Deadpool hier : MAIS ALLEZ LE VOIR BORDEL IL EST ENOOOOOOOORMISSIME !
Allez, bisous sur les deux fesses !
CyberCoffee
Chapitre 21
Le sourcil gauche du vieillard se releva, entraînant avec lui les chairs fondues de ce qui fut un jour ses yeux. Le mouvement fit gémir de dégoût Nathanaël qui était toujours étalé au sol.
L'homme nommé Lailoken se tourna vers Salazar et releva sa lèvre supérieure droite exactement comme le faisait Mrs Collins.
-Tel père, tel fils ! lui lança t-il sur un ton si étrange que Nathanaël et Soul n'arrivèrent pas à déterminer s'il était rieur ou menaçant.
Interrogation qui fut rapidement assouvie quand Lailoken se retourna à nouveau vers lui en balançant sa queue de cheval en arrière, dégageant ainsi une épaule large et bien plus musclée que l'aurait deviné le jeune homme. Merzhin -que personne n'avait remarqué jusqu'alors- vînt s'y poser avec douceur.
-Tu sais, le gnome, je suis ici pour t'apprendre la maîtrise des éléments…commença t-il doucereusement. Je voulais te tester pour connaître ton niveau mais je sais désormais que tu es idiot, irréfléchi et que tu as trop de tchatche.
Nathanaël prit la mouche immédiatement et Soul gronda de colère. Le jeune se dressa de toute sa hauteur mais celle-ci ne suffît pas à rattraper celle du vieillard.
-Comment ça ? Je ne vous permets pas, dis donc ! s'écria t-il en rougissant de frustration et en pointant du doigt son agresseur.
Lailoken se saisit aussitôt de son appendice et le tordit. Il lui fit ensuite une clé de bras et en deux secondes Nathanaël se retrouva plié en deux, le visage pointé en direction du labyrinthe de glace que Salazar n'avait pas encore fait fondre, à la merci de ce vieil homme qu'il avait sous-estimé.
-Euh, un coup de main ? demanda fébrilement l'enfant à son père qui retroussa le nez en déclinant la supplique.
Personne ne vînt l'aider -bien que Chiridirelle en eût fait la démarche avant d'être stoppée par une Rowena qui se retenait de rire.
-Quelles sont tes erreurs ? gronda Lailoken.
-Mais je n'ai pas fait d'erreurs ! s'écria Nathanaël. J'ai gagné !
Le jeune homme ne comprenait pas du tout où le sorcier voulait en venir. La torsion que celui-ci accentua sur son bras lui indiqua cependant que ce n'était pas la réponse attendue.
-Tu as certes battu Salazar et tu as en effet bu l'eau de la fontaine mais il n'en reste pas moins que tu as fait des erreurs stupides. Tu aurais pu gagner bien plus rapidement même avec le peu de puissance magique que tu possèdes pour le moment.
-Tu vois de quoi il veut parler ? lui demanda sa colocataire.
-Non, pas du tout, lui répondit le jeune homme silencieusement.
-Même à deux vous n'êtes pas foutus de trouver de quoi je parle ? les rabroua la voix de Lailoken qui s'était frayée un chemin dans son esprit.
Si Soul avait pu sursauter, elle l'aurait fait. Nathanaël, quant à lui, ne se priva pas pour laisser s'échapper un cri qui n'avait rien de masculin.
-Vous…vous la voyez ? bégaya le jeune homme dans sa tête.
-Évidemment ! Elle fait un boucan d'enfer, difficile de la louper ! fit le vieil homme d'un air exaspéré.
-Mais…mais…les autres ne l'ont jamais remarqué !
-Je ne suis pas eux.
-Alors ça, c'est géant ! fit Soul.
-Alors, quelles sont tes erreurs ? demanda à nouveau Lailoken à voix haute.
Nathanaël et Soul se concertèrent une nouvelle fois mais leur recherche ne fut pas plus fructueuse que la fois précédente.
-Je n'en sais rien, finit pas dire Nathanaël. Par contre, vous pourriez desserrer votre prise ou, mieux encore, cesser de vous acharner sur mon bras !?
Godric grimaça en appréhendant la réaction de Lailoken qui ne tarda pas à venir.
-Tu n'as donc aucune notion de survie ? demanda t-il d'une voix effrayante.
Et tandis que sa voix grondait, sa magie se libéra. Une intense et lourde vague de magie brute -la plus puissante que Nathanaël ait jamais ressenti- le frappa de plein fouet.
Il haleta sous la pression qu'elle exerça sur son corps. C'était impressionnant, c'était terrifiant. Sa magie était un monstre…non, Lailoken était un monstre de puissance. La force était telle que les larmes lui montèrent aux yeux et que sa gorge se serra. Il étouffait. Ses genoux faiblirent et il tomba au sol, tirant un peu plus sur son bras toujours enserré entre les mains du sorcier.
-Il…il n'est pas humain, souffla Soul avec difficulté, il me fait peur. Sa magie me fait peur !
Nathanaël ne la comprenait que trop bien. S'il avait été plus jeune il avait bien peur qu'il n'eût sans doute perdu le contrôle de sa vessie.
Lailoken était bien plus puissant que Salazar et Rowena réunis, de ça il n'avait aucun doute. À combien s'élevait son pourcentage ? Mille ? Mille cinq-cents ? Cet homme était un titan.
Il déglutit et n'eût d'autre choix qu'abdiquer.
-Ok, ok, j'ai compris, pas de sarcasme, pas de cynisme, pas d'ironie ! Rappelez votre magie, s'il vous plaît, rappelez-la ! supplia t-il l'homme, toute fierté oubliée.
Il devina plus qu'il ne vit le sourire suffisant du vieux sorcier qui s'appliqua à accéder à sa demande.
-Es-tu en de meilleures conditions pour répondre à ma question ? le pressa t-il.
-Je n'ai pas vraiment le choix, non ? répliqua t-il en regrettant immédiatement ses paroles. Euh…je voulais dire, oui M'sieur.
Lailoken tira le bras du jeune homme vers lui et Nathanaël fut soulevé pour retrouver la même position ridicule qu'un instant plus tôt.
-Regarde bien le labyrinthe de ton père, ordonna le titan.
Nathanaël s'exécuta.
-Oui, et ?
-Regarde bien.
-Je le regarde !
-Mieux que ça !
-Mais je me tue à le faire !
-Et bien fait le encore mieux ! s'exaspéra le vieil homme.
-Mais je ne comprends pas où vous voulez en venir ! répliqua Nathanaël qui s'énervait.
-Mais tu es nunuche ou quoi ?
-Je ne vous permets pas, on n'a pas élever les cochons ensembles !
Lailoken libéra à nouveau sa magie.
-Ok, ok, on n'a pas besoin d'avoir vécu tout ça pour que vous puissiez vous permettre, abdiqua à nouveau Nathanaël. Que dois-je regarder ?
Lailoken pointa le labyrinthe du doigt tout en rappelant sa magie à lui.
-En quoi est-il fait ?
-Ben, en eau ! fit le jeune homme sous le ton de l'évidence.
Une seconde évidence ne tarda pas à le frapper et lui décomposer le visage.
-Oh le con ! s'écria t-il en écarquillant les yeux. Oh le con !
-Je ne te le fais pas dire, enfonça Lailoken en souriant.
Un peu plus loin, Godric demanda à ses amis s'ils comprenaient un traître mot de cet échange nébuleux.
-Non, répondit Rowena, je suis larguée.
-Absolument pas, fit Helga.
-…dit Salazar.
-On est d'accord, confirma le sorcier roux.
Salazar voyait son fils se morigéner pour quelque chose qui semblait concerner le labyrinthe qu'il avait créé. Qu'est-ce qui pouvait bien l'embêter ?
-On est bête ! riait Soul. Mon dieu qu'on est bête !
-La honte…fit Nathanaël. Rowena ne va pas arrêter de se moquer de moi.
-Pourquoi ? fit la jolie sorcière, réagissant à son prénom.
-Le labyrinthe…il est construit à partir de l'eau de la fontaine ! s'exclama Nathanaël en se frappant la tête. J'aurais pu la décongeler et la boire au lieu de me farcir tous les pièges de Papa !
Rowena pouffa, pouffa, pouffa…et explosa de rire ! Elle dût même se tenir à Godric pour ne pas tomber.
Une fois que l'évidence fut dite, répétée et amplifiée, tous rirent de la déconvenue de Nathanaël. Tous ? Non, Salazar, lui, affichait un air crispé : à mille quarante et un an il n'avait pas été foutu de faire attention à ce qu'il faisait. L'excitation lui avait apparemment fait perdre le peu de bon sens qu'il lui restait. Il n'osait imaginer l'humiliation totale qu'il aurait vécu si son fils avait pensé à ça.
-Tu es toujours aussi trop sûr de toi, Sal.
C'était une confirmation que Lailoken lui balança au visage.
-Tel père, tel fils, répéta le vieil homme en souriant.
Oo
Nathanaël trébucha sur un rocher couvert de mousse humide. Il faillit tomber mais Chiridirelle le retînt de justesse avant de continuer de suivre Lailoken. Le chemin de terre rougeâtre qu'ils empruntaient serpentait le long du flan d'une immense colline -c'était presque une petite falaise, à la réflexion-, la terre boueuse collait aux chaussures et rendait l'ascension pénible mais Lailoken le gravissait comme s'il s'était agît une route plane et bien entretenue.
-Je n'en peux plus ! se plaignît-il du bout des lèvres.
-Du nerf, le gnome ! l'encouragea Lailoken. Ce qui t'attend pendant ces trois prochaines années sera bien pire.
-C'est hyper motivant, merci beaucoup ! ironisa le jeune homme dont les mollets et les fesses brûlaient atrocement.
Il avait été décidé que les trois prochaines années de sa vie se dérouleraient directement dans la demeure du vieux sorcier qui se situait dans la forêt calédonienne, au fin fond de l'Écosse. Chiridirelle avait été invité à participer à cette formation par Lailoken qui avait été ravi de parler culture drow avec elle de longues heures durant. À cette annonce, les quatre sorciers l'avaient regardé comme s'il n'allait plus jamais le revoir. Rowena lui avait même chuchoté à l'oreille un « bon courage » angoissant. Aucun n'avait voulu lui raconter ce qui l'attendait durant ces années sous le tutorat du vieil homme. Il avait cependant bien vite compris que son apprentissage serait bien plus dur que celui des quatre sorciers quand, arrivés à l'orée de la forêt calédonienne après un transplanage, Lailoken avait annoncé que la magie n'avait pas de place en ces lieux. Jamais. Durant trois ans. Puis, le vieil homme avait continué en disant qu'il faudrait parcourir le chemin à pied jusqu'à sa demeure. Sans prévenir, il avait redonné leur forme originelle à ses trop nombreux bagages et lui avait répété qu'il n'y aurait pas de magie dans cette forêt.
Puis il avait commencé à s'enfoncer dans le bois humides en précisant que chacun porterait ses propres bagages quand Chiridirelle avait voulu décharger son ami de certaines de ses charges.
-Il est fou, chuchota Soul -elle avait désormais une peur bleue que Lailoken ne l'entende. Il lui manque une case, on va mourir sous les outrages de cet esclavagiste !
-Ne te plains pas trop, ronchonna Nathanaël en rattrapant de justesse un de ses sacs qui menaçait de se faire la malle, toi tu n'as pas mal aux fesses !
-L'un des nombreux avantages à ne pas avoir de corps ! ricana t-elle.
-Je vais mourir ! souffla difficilement le jeune homme qui ne sentait que trop bien la douleur de ses épaules qui ployaient sous la lourde charge de ses bagages.
Il laissa son regard vagabonder autour de lui. Il le fit glisser sur le chemin de terre rouge, sur les rochers mousseux, sur les conifères aux odeurs de pluie…et s'arrêta subitement devant l'un d'entre eux.
-Soul…
-Oui…
-Ce sont…
-des pins…
-Sylvestres ! termina le jeune homme en criant presque.
En y réfléchissant bien, il était tellement en colère contre le traitement que le forçait à subir l'horrible sorcier aveugle qu'il n'avait pas réalisé plus tôt que la forêt calédonienne ressemblait arbre pour arbre à celle qu'il avait l'habitude de survoler dans ses rêves.
-Je suis certain que c'est ici que se déroule mes rêves ! annonça Nathanaël d'une voix sûre.
-Ces deux forêts se ressemblent bien trop pour que ce ne soit qu'une coïncidence.
-Bon, vous allez bouger vos fesses ou échanger vos spéculations pendant cent-sept ans !? intervînt Lailoken, à bout de patience.
Soul eût bien envie de lui répondre qu'elle n'avait pas de corps et que c'était -par conséquent- physiquement impossible mais se retînt de justesse de peur qu'il ne trouve un moyen de lui faire ressentir la douleur de Nathanaël à sa place. Oui, ce n'était pas solidaire mais Soul n'avait jamais prétendue être quelqu'un de bien !
-Je croyais qu'il n'y aurait pas de magie dans cette forêt, pourquoi faîtes-vous de la legilimencie dans ce cas ? contra le jeune garçon épuisé.
Lailoken reprit sa marche et balança sa queue de cheval dans le visage de Nathanaël.
-Je n'ai jamais dit que cela s'appliquait à moi…
Nathanaël grommela.
Lailoken reprit son allure de croisière, c'est-à-dire que lorsque l'enfant faisait deux pas, il en avait parcouru cinq, si bien qu'il ne fut rapidement plus qu'une silhouette se découpant à l'horizon. Chiridirelle hésitait à augmenter sa cadence car elle n'avait que peu de charges et n'était pas du tout gênée par la montée du chemin. Mais cela revenait à abandonner son ami à son triste sort et, bien qu'elle aimait assez asticoter Nathanaël, le voir tant peiner à gravir cette colline lui préoccupait la conscience. Son cruel dilemme fut de bien courte durée car la voix de Lailoken retentit au loin :
-Chiridirelle, laisse donc l'asticot tout seul, il nous rejoindra quand il aura cessé de bâiller aux corneilles !
La drow fit un signe de la tête à Nathanaël en guise de « désolée » et le jeune homme renifla devant cette honteuse trahison.
-Traîtresse.
La nuit commençait à tomber, peignant le ciel d'une jolie couleur orangée. Nathanaël était désormais tout seul sur le chemin, son amie et son tortionnaire avaient depuis bien longtemps disparus au loin.
Le jeune homme regarda autour de lui et se confirma qu'il était bien seul dans la forêt. Personne ne pourrait le voir réduire ses bagages et les alléger.
-Je ne ferais pas ça à ta place, le prévînt son amie. Je suis sûre que Lailoken a un moyen de le savoir.
-Au pire on sera fixé ! coupa t-il court.
Alors qu'il plongeait en lui pour appeler sa magie, une sonnerie stridente retentit dans sa tête. Deux secondes plus tard, la voix de Lailoken retentit à son tour.
-J'AI DIT SANS MAGIE, TÊTE DE GLAND !
Nathanaël soupira et s'assit à même le sol humide qui fit un bruit dégoûtant de succion.
-Ne le dis pas, surtout ne le…
-Que j'avais raison ?
-…dis pas.
Nathanaël se reposa vingt bonnes minutes, ce qui laissa le temps au ciel de noircir et à la température de chuter.
-Allez, c'est reparti ! s'encouragea t-il lui-même.
À peine eût-il finit sa phrase que des trombes d'eau le trempèrent de la tête aux pieds.
Oo
Nathanaël arriva à la demeure du vieillard deux bonnes heures plus tard, trempé et couvert de boue.
La maison du sorcier était une simple chaumière à la devanture chaleureuse. La fumée d'un bon feu s'échappait de la cheminée en pierre qui trônait sur le toit en chaume. Un délicat fumet serpenta jusqu'aux narines du pauvre épuisé et fit gronder d'envie son estomac affamé.
Quand il poussa la porte en bois de la bâtisse, celle-ci grinça puis s'ouvrît sur la maison la plus étrange qu'il avait eu le loisir de visiter. L'intérieur n'était pas plus grand que l'extérieur mais des dizaines et des dizaines de bidules volaient, tapaient, parlaient, chuchotaient, dansaient, scintillaient, chantaient ou nageaient. Il ne vit ni Chiridirelle ni Lailoken.
-Hum, Hum, se racla t-il la gorge en espérant voir quelqu'un débarquer et il servir le souper.
Les bidules cessèrent toutes activités et se tournèrent vers lui. Les bidules de droites vinrent rejoindre ceux de gauche et ceux du bas volèrent jusqu'à ceux du haut, jusqu'à former un immense tas de bidules qui commença à façonner ce qui était censé ressembler au visage du vieux sorcier.
Celui-ci prit la parole :
-Microbe, ici les gens doivent chasser leur nourriture pour manger. N'essaye pas d'aller chiper nos parts dans le frigo, il mord. Et si tu veux un lit, il y a du foin dans la grange à un kilomètre d'ici au nord. Bonne nuit.
Au fur et à mesure que le tas de bidules parlait, la bouche et les yeux de Nathanaël s'ouvraient d'horreur. Sa lèvre supérieure eût un tic nerveux et tressauta pendant de longues secondes.
-RAAAAAAAAAAAAH MAIS QUEL SALOPARD !
