Bonjour mes endives !
Vous allez bien ?
Moi j'ai froid aux fesses... Vivement le retour du soleil !
Allez, bonne lecture ;)
Bisous sur les deux fesses !
CyberCoffee
Chapitre 22
Les vibrations du parquet en vieux bois sous les pas de Lailoken et Chiridirelle réveillèrent Nathanaël qui avait fini par se fabriquer un lit à même le sol avec ses bagages. Ce n'était pas confortable mais il était si fatigué qu'il s'était endormi immédiatement, toujours couvert de boue. Cela se révélait avoir été une très mauvaise idée après mûre réflexion et s'il en croyait son dos endolori et ses joues figées par la boue séchée.
Alors qu'il essayait vainement de décoller cette dernière de chaque parcelle de sa peau qui aurait été visible sans, Lailoken apparu dans l'encadrement de la porte.
-Bien dormi, microbe ? demanda t-il avec une satisfaction à peine voilée.
Nathanaël ne répondit rien. Le vieux sorcier était un beau salopard et il ne comprenait pas comment ses parents avaient pu le laisser entre ses serres acérées. Oh, il aurait deux mots à leur dire à ces traîtres !
Il eût une soudaine pensée pour Logan qui avait hurlé et tapé des pieds quand il lui avait annoncé qu'ils ne se reverraient pas avant un très long moment. Le pauvre petit était effondré par la nouvelle. Il n'avait jamais su s'il pleurait pour lui ou parce que Chiridirelle, son « amoureuse », partait pour un temps tout aussi long.
-B'jour Nat', fit cette dernière en se dirigeant vers le frigo qui montra instinctivement des dents pointues avant de reconnaître la jolie drow et de la laisser l'ouvrir pour qu'elle puisse se saisir d'une patte de ce qui ressemblait à un sanglier.
-Hm, répondit le jeune homme plus intéressé par la viande que par ce que lui racontait son amie.
Dieu qu'il avait faim !
Il allait tendre un bras gourmand vers cette belle pièce de viande quand un bidule qui ressemblait à s'y méprendre à une spatule lui frappa le dos de la main.
Nathanaël se tourna immédiatement vers Lailoken qu'il savait être à l'origine de l'attaque.
-Quoi encore ?
-Si tu as faim, va chasser ! grinça le vieil aveugle qui faisait preuve d'une capacité étonnante à toujours voir ce qu'il se passait autour de lui.
Nathanaël grommela, ce qui réveilla sa colocataire.
-J'ai mal partout ! se plaignît-elle. J'ai mal au dos et aux jambes alors que je n'ai pas de dos ni de jambes ! C'est quoi cette histoire ?
-Le glandu n'est pas le seul à devoir travailler dur durant ces trois ans, feignasse ! lui apprit Lailoken qui s'était -une fois de plus- invité dans les méandres de l'esprit de Nathanaël sans permission.
-Ma tête n'est pas un moulin ! grogna t-il pour la forme.
-Justement si ! le contra le vieux sorcier en sortant un paquet de cigarettes de son jean noir. Et il s'agirait de faire mieux que ces pauvres défenses fébriles si tu ne veux pas que quelqu'un d'autre que moi sache que tu as une colocataire dans le tiroir !
Lailoken n'avait pas baissé la voix et Chiridirelle avait délaissé un maigre instant sa patte de sanglier pour dresser une oreille attentive à la conversation qui n'était pas censée la concernée.
-Mais je vous en prie, espèce d'idiot, criez-le sur les toits ! persiffla Nathanaël en s'approchant au maximum du vieillard.
Le vieux sorcier lui souffla la fumée de sa cigarette entamée sur le visage pour toute réponse.
-C'est bien ce que j'essaie de te faire comprendre, mollusque ! continua t-il un peu après en étalant ses longues jambes chaussées de ses éternelles rangers sur la table. S'il me prenait l'envie de révéler à tout le monde tes secrets, rien -et surtout pas toi- ne pourrait m'en empêcher.
Il tira une autre bouffée de sa cigarette et ses cheveux jusqu'alors détachés se lièrent sans qu'il n'ait à le demander.
-Par exemple, je pourrais révéler à Chiridirelle que tu penses souvent à elle toute nue quand tu es sous la douche...
Nathanaël se décomposa instantanément et son regard fuya celui de son amie qui s'était fait immédiatement plus insistant et interrogateur. Il se racla la gorge et rougit comme un enfant pris en faute.
-Ce n'est pas très malin de l'avoir provoqué…constata Soul.
-Il n'a pas besoin de ça pour se permettre de me rabaisser Soul, soupira t-il silencieusement. Je ne sais pas ce que je lui ai fais mais il n'a pas apprécié. Peut-être la remarque sur ses yeux…enfin son absence d'yeux.
Lailoken sourît en se frottant inconsciemment le dessous des chairs brûlées. Nathanaël grommela : le vieux écoutait encore une fois ce qui devait être une conversation privée.
-Tu devrais aller te chercher à manger, Lailoken m'a dit que l'entraînement serait éprouvant, fit la drow, la bouche pleine.
-Super ! ironisa le pauvre jeune homme en replaçant ses lunettes sur son nez.
Puis, il sortit de la demeure en prenant bien soin de claquer la porte en bois. Une fois sur le pallier, il réfléchit à la situation : s'il comprenait bien, avec Lailoken, c'était « marche ou crève » et, par pur esprit de contradiction, Nathanaël était bien décidé à lui prouver qu'il marcherait quoiqu'il en coûte. Un souffle nouveau d'une motivation à toute épreuve lui emplit la poitrine et il s'enfonça un peu plus dans les bois.
Oo
-Putain, mais ils sont où les sangliers !? ragea Nathanaël dont la motivation s'était bien vite envolée. Ça fait des heures que je cherche !
-Tu fais tellement de bruit qu'il n'est pas difficile pour eux de t'éviter, bécasse ! le rabroua Soul en soupirant de gêne -elle avait toujours autant de douleurs fantômes.
Nathanaël grogna.
-J'aimerai bien t'y voir !
Et alors qu'il s'apprêtait à se rabattre sur les nombreux buissons de groseilles qui parsemaient la forêt pour se remplir le ventre, il tomba sur un immense lac à l'eau étrangement bleue. Un bleu qui ressemblait énormément à la couleur de l'étang qu'il avait souvent vu dans ses rêves et qui le poussa d'autant plus à confirmer ses premières impressions : c'était dans cette forêt que tout c'était déroulé.
Le jeune homme s'approcha doucement, comme s'il ne voulait pas déranger le paysage qui s'offrait à lui. Le lac était bordé d'arbres centenaires à l'écorce sombre et aux feuillages touffus qui se paraient des couleurs de l'automne. Un peu plus loin, une famille de canards barbotait dans l'eau et cette vision lui donna un bref instant l'eau à la bouche mais la vision des cinq petits canetons et leur joie de vivre indéniable le fit se raviser : il ne mangerait pas de canard aujourd'hui ! Son estomac lui rappela alors sa journée éprouvante de la veille et le poisson qui sauta hors de l'eau pour gober une mouche le décida à combler son appétit par une future belle prise. Le seul hic était qu'il n'avait pas le droit à la magie et qu'il n'avait pas la patience d'attendre qu'un poisson morde à l'hameçon. Il avisa une branche qui lui semblait solide et, avec son canif qu'il louait avoir emporté, il la coupa. Il façonna une pointe et se déshabilla.
Il ne garda rien : le lac devait être gelé et il lui faudrait se sécher en en sortant. Il prit son aventure avec beaucoup d'optimisme et se convainquit que ce bain forcé lui permettrait au moins de se débarbouiller.
Sans plus s'attarder, il plongea nu comme un vers dans l'eau glacée.
Il sentit instantanément son membre se recroqueviller sur lui-même et il crut qu'il allait mourir de froid. Il fit quelques longueurs pour se réchauffer et mit sa tête sous l'eau pour voir le fond du lac. C'était incroyable de pouvoir distinguer aussi nettement la vie qui y grouillait. L'eau était si claire et si bleue qu'il avait l'impression de nager dans une eau des îles. Il n'eut aucun mal à trouver un poisson assez gros pour satisfaire son appétit et il nagea à sa rencontre en espérant arriver à le transpercer sans trop de difficultés.
Mais l'affaire se révéla être bien plus compliquée qu'il n'aurait pu l'imaginer. Le poisson filait à vive allure, tous sens en éveils. L'eau ralentissait énormément ses mouvements et ses lancers en étaient imprécis. Résultat, le poisson finit par ne plus s'occuper de sa présence qu'il ne considérait plus comme une menace. Au bout d'une trentaine de minutes, complètement frigorifié, Nathanaël sortit du lac et s'ébroua comme un animal pour faire partir le maximum d'eau et se réchauffer par la même occasion.
-Je vois que tu as trouvé le lieu du premier entraînement ! fit la voix de Lailoken, le faisant sursauter. J'espère que tu t'es restauré correctement…
Le grondement sourd qui lui parvînt du ventre du jeune homme répondit à sa question et le vieux sorcier secoua la tête de désapprobation.
-Tant pis pour toi, glandu.
Nathanaël, toujours aussi nu, fixa le vieil homme en lui souhaitant de tomber dans le lac glacé et d'en tomber malade. Oui, ce n'était pas bien de vouloir le malheur d'autrui mais Lailoken avait l'air de penser que c'était justement un sport national alors il ne pouvait s'empêcher de souhaiter de mauvaises choses à ce sombre salopard.
-Hum, hum, fit Chiridirelle en laissant son regard glisser sur chaque partie de l'anatomie de son ami. Tu as l'air d'avoir froid, continua t-elle en désignant d'un mouvement de la tête son appareil génital grandement raccourci par la température de l'eau.
Nathanaël se couvrit immédiatement de ses mains et se saisit de ses affaires pour aller se rhabiller prestement sous le couvert d'un buisson. Fin prêt, il retourna se poster devant Lailoken, aux côtés de la jolie drow.
-Bien, puisque le microbe a terminé de se pouponner nous allons pouvoir commencer ! annonça Lailoken en souriant (ce qui avait la fâcheuse tendance à plisser ses chairs fondues et donner un air un peu plus macabre aux deux abysses noires qui lui servaient d'yeux). Tous les matins, et jusqu'à ce que vous maîtrisiez parfaitement ce parcours, vous devrez venir ici et traverser chaque obstacle.
Et devant leurs yeux ébahis, divers obstacles poussèrent autour et dans le lac. Et voyant de quels obstacles ils s'agissaient, Chiridirelle et lui déglutirent d'appréhension, ce qui ne rassura aucunement Nathanaël qui n'avait pas le souvenir d'avoir un jour vu son amie appréhender quelque chose.
-Eh bien ? Qu'attendez-vous !? hurla subitement le vieillard grincheux.
Chiridirelle prit cet aboiement pour le top départ et s'élança au-devant du premier obstacle qui s'avérait être le mur d'escalade en bois le plus haut que Nathanaël n'ait jamais vu. Il s'attendait à la voir passer rapidement de l'autre côté mais la prise qu'elle avait en main se renfonça dans le mur et la drow, qui ne s'y attendait pas le moins du monde, chuta lourdement au sol.
-Et merde ! jura t-elle avant de se remettre sur pieds et de gravir à nouveau le mur.
Nathanaël cessa de regarder son amie tomber sans cesse et se concentra sur son pan de mur. Tout ceci ne le rassurait pas des masses, non vraiment pas. Il s'attendait à perdre l'équilibre à tout moment et s'arrangea pour toujours avoir trois prises fermes. Alors qu'il atteignait difficilement le premier quart du mur, la prise sur laquelle se tenait son pied droit disparue et il serait tombé si sa technique des trois prises n'avait pas fonctionné. Sa victoire fut de très courte durée car la seconde suivante les deux prises restantes disparurent à leur tour et Nathanaël se sentit chuter.
Il atterrit violemment sur les fesses et crut bien s'être fracturé le coccyx. Alors qu'il massait douloureusement son postérieur endolori, il vit Lailoken ricaner de sa déconvenue. L'homme -ou le diable, il n'était trop sûr de rien en cet instant- s'était installé un hamac qui semblait très confortable et fumait une énième cigarette en regardant ses deux élèves essuyer nombres de défaites.
-Marche ou crève, Nat', lui rappela gentiment Soul. Franchis ce mur et là tu pourras lui prouver que tu n'es pas un « glandu ».
Soul avait parfaitement raison. Comme pour Salazar à qui il avait démontré qu'il était capable de boire l'eau de sa fontaine, il prouverait à ce ramassis de vicissitude qu'il parviendrait au bout de ces trop nombreux obstacles…quoiqu'ils aient à voir avec son entraînement à la maîtrise des Élémentaires.
Les pensées du jeune homme firent naître un rictus machiavélique sur son visage et, sans plus tarder, il agrippa la première prise qui s'offrait à lui.
Oo
Il s'amusait comme un petit fou.
Pouvoir torturer le rejeton de Salazar était un vrai plaisir en soi.
Un plaisir malsain mais si libérateur.
Oh, il ne manquait pas de distractions perverses auparavant mais celle-ci était une apothéose. Le père et le fils étaient similaires pour ne pas dire identiques : ils s'étaient trouvés à la perfection. L'on pouvait tout de même distinguer de nombreux traits de caractères que le môme tenait d'Helga mais son impulsivité toute irréfléchie -bien que le commun des sorciers s'entêtent à penser qu'il s'agissait seulement d'un trait de caractère de Godric Gryffondor- était tout droit venu de ce serpent qu'était Salazar. Une impulsivité qui ne cachait non pas une soif de danger mais plutôt un désir certain de reconnaissance.
Il avait dû batailler de longues années avant que Salazar ne voit les bienfaits de la réflexion avant les actions. Chose qu'il n'avait pas pu faire rentrer dans le crâne de Godric qui était étonnamment étroit pour quelqu'un d'une si grande ouverture d'esprit. Mais l'on ne détruisait jamais sa nature profonde, on l'étouffait, on la liait mais celle-ci surgissait à nouveau dans les moments malheureusement les plus importants de nos vies.
De ça, il en savait quelque chose.
D'un geste bref, Lailoken se frotta le tour des yeux qui avait tendance à le démanger quand il pensait à son passé. Cela avait beau faire plus de huit cent ans qu'il avait perdu l'usage de ses yeux, il était toujours gêné par les résidus magiques qui continuaient lentement de brûler ses chairs. Si lentement qu'il lui arrivait d'en oublier la douleur latente avec laquelle il avait été obligé d'accepter de vivre. Non par choix mais par nécessité, pour ne pas devenir fou.
Il était des malédictions si terribles que la mort ne devenait plus une délivrance mais un rêve inaccessible. Nombres de fois il avait tenté d'en finir avec cette vie qui ne menait nulle part, nombres de fois il avait essayé de faire tomber l'épée de Damoclès qui partout le suivait et pesait chaque jour un peu plus sur ses épaules mais rien n'y avait fait.
Un maudit n'échappe pas à son destin.
Les meilleurs shamans, les meilleurs médecins, les meilleurs empoisonneurs et les meilleurs assassins n'avaient rien pu faire pour le libérer de sa souffrance perpétuelle. Et, bien qu'il ne soit pas un enfant de chœur, il ne souhaitait pas que cette malédiction pèse sur ce petit homme en devenir qu'était Nathanaël Pouffsouffle-Serpentard.
S'il fallait le pousser à bout pour qu'il soit préparé aux révélations macabres qui l'attendaient alors il serait son bourreau avec un plaisir non dissimulé.
Car ce monde ne pouvait se permettre un deuxième maudit.
Car ce monde ne pouvait se permettre un déséquilibre.
Oo
Bien loin de toutes ces sombres pensées, Nathanaël et Soul discutaient d'un problème important. Un problème qui devait trouver une solution car il était certes difficile de grimper sur ce mur qui n'y mettait pas un peu du sien mais cela l'était d'autant plus quand le pauvre garçon avait généralement une vue dégagée sur le postérieur très peu couvert de son amie drow.
Et Dieu seul -et Soul- savait quel effet la découverte de l'anatomie plus que ravissante de son amie avait sur sa libido et son imagination débordante. C'était l'un des inconvénients à demeurer puceau (bien qu'il ait tenté d'y remédier auprès de la très mignonne fille des Tallson, Teresa). La jolie demoiselle n'avait pas cédé à ses avances à peine subtiles. Après tout, sa mère l'avait suffisamment mise en garde sur les dépravations de plus en plus en vogue des jeunes adolescents de cette génération. Elle l'avait supplié de ne pas céder à la tentation et la jeune fille avait malheureusement pris peur avant que les machinations de Nathanaël n'aboutissent.
Et la nature et l'évolution se rappelaient à lui en cet instant.
-Chiridirelle est magnifique, je sais, commentait Soul, mais elle est tout d'abord ton amie et tu sais très bien qu'elle est toujours amoureuse de son mystérieux drow !
-Je n'ai pas insinué le contraire, râla Nathanaël, je veux juste qu'elle couvre son derrière bien trop tentant !
-Tu n'as qu'à regarder ailleurs.
-J'aimerai t'y voir toi ! souffla le jeune homme tandis qu'il agrippait une prise à sa droite tout en calant son pied gauche. Je suis bien obligé de regarder en haut et comme elle va plus vite que moi, elle est toujours dans mon champs de vision. Elle ou plutôt ses fesses !
-Attention ! le mit en garde l'objet de leurs pensées qui chutait dans leur direction.
Nathanaël sauta sur sa droite, rattrapa la prise de ses deux mains et chercha des pieds de quoi se stabiliser. Chiridirelle le frôla et atterrit par terre.
-Rien de cassé ? demanda t-il à son amie qui grimaçait.
La drow fronça les sourcils pour toute réponse.
Ses pupilles violettes brillaient devant le défi que lui avait lancé Lailoken. Nathanaël savait pertinemment qu'elle était absolument ravie d'avoir un peu de challenge. Il la vit courir en direction du mur et sauter de prise en prise comme un singe particulièrement agile. Mais c'était comme si le mur évoluait en fonction des techniques qu'ils essayaient : subitement, il n'y eût plus aucune prise mais seulement de petites aspérités. Chiridirelle fut prise de court et faillit louper son atterrissage. Elle se saisit in extremis d'une petite aspérité et se retrouva pendue au-dessus du vide, dans une très mauvaise position.
Et bien évidemment, tout ceci se passait au-dessus du visage de Nathanaël qui avait une fois de plus un panoramique extrêmement précis des atouts de son amie.
L'aspérité à laquelle s'accrochait l'elfe disparue soudainement et elle tomba, emportant avec elle son ami. Ils chutèrent tous les deux dans l'herbe et Nathanaël déglutit en avisant la poitrine ferme de son amie à deux petits centimètres de son visage. La proximité de leurs corps en sueur titilla le second cerveaux du jeune homme et il ferma le yeux en inspirant et expirant rapidement.
-La chair est faible, commenta Soul d'un ton désapprobateur. La chair est faible.
La voix de sa conscience suffit à lui faire retrouver ses esprits et il repoussa doucement l'elfe noire de sur lui.
-Tu m'as l'air tendu, fit celle-ci en esquissant un micro-sourire qui laissant Nathanaël pantois.
Avait-elle senti son petit accident ?
Il n'eut pas le loisir de se poser plus amplement la question car l'elfe était déjà repartie à la conquête du mur en bois. Tout à ses réflexions, le jeune homme ne s'aperçut qu'une fois à la moitié de l'obstacle qu'il avait passé outre tous les pièges du sorcier fou.
Il s'appliqua à réessayer durant la semaine entière que lui prît l'ascension du mur.
Il fut le premier surpris par sa réussite -d'autant plus qu'il était le premier à avoir posé un pied tout en haut du mur- mais crut défaillir en voyant le second obstacle.
Devant lui, des geysers crachaient leur eau à intervalles différentes et, s'il en croyait ses yeux, il lui faudrait sauter de geyser en geyser pour traverser ce ravin et rejoindre la plateforme opposée où l'attendait la troisième épreuve.
Nathanaël jura et s'élança.
Et s'écrasa lamentablement dans l'eau.
Et alors qu'il s'apprêtait à retourner sur la plateforme, il réalisa une chose terrible : le seul moyen de retourner en haut du mur était d'escalader le mur.
-Eh oui glandu, ricana Lailoken, si tu tombes, tu recommences…du début.
