Hé, ça va ?

Comment ça ça fait longtemps ?

Pas du tout ! Je vois pas de quoi vous parlez...

J'ai eu une panne d'inspiration absolument horrible d'où mon absence prolongée !

En tout cas, profitez bien de ce chapitre ! :)

Bisous les endives et à très bientôt !

CyberCoffee


Chapitre 26

Les nuages furent comme coupés en deux par l'immense explosion de magie propulsée du corps de l'homme.

La colonne de lumière s'éleva haut dans le ciel comme si elle n'avait pas de fin.

Nathanaël fut presque balayé par la force de la pression mais ses griffes tinrent bon, bien plantées dans la branche de pin.

L'explosion fut soudainement aspirée par le corps du sorcier et quand la poussière finit par retomber, Nathanaël put voir le cratère qu'avaient laissé sa colère et son chagrin. Dans ses yeux bleus brillaient une multitude de paillettes qui dansaient en un rythme enragé.

-Gwenddydd, murmura-t-il d'une voix rauque et brisée, comment vais-je faire pour continuer sans toi ?

La tristesse remplaça la colère et le désespoir la rage, ses yeux brillèrent de peine et des larmes constellèrent ses joues. Il enserra le corps sans vie de la femme étendue au sol et il enfouit son visage dans ses cheveux couverts de sang.

Nathanaël eut un hoquet de surprise quand la magie de la femme sortit doucement de son corps pour être assimilée aussitôt par celui de l'homme effondré. Le flux semblait ne jamais vouloir cesser, il était dense et rapide.

Le sorcier remarqua le phénomène et releva brusquement la tête en fixant, hébété, le pouvoir s'infiltrer en lui.

-Qu'est-ce que…qu'est-ce que c'est ? s'étonna-t-il.

Il passa ses mains sur son torse comme pour empêcher la lumière d'y entrer.

-Non…non, non, non ! cria-t-il à la magie. Retourne-y, elle a besoin de toi !

Mais, malgré tous ses efforts, le flux se fit plus intense.

Et à mesure que la magie évacuait le corps sans vie de la jeune femme, la pression qui émanait de l'homme se faisait plus importante, plus étouffante et plus colérique.

-Non, non, non ! continua-t-il de crier à la magie en s'écartant du corps en une vaine tentative de faire cesser le transfert.

La magie n'écoutait rien ni personne, elle filait à grande vitesse rejoindre l'homme qui pleurait de rage.

-J'AI DIT NOOOOOOOOOOOOOON ! hurla-t-il.

Le flux grossit immédiatement, rendant instable sa nouvelle puissance. Une colonne de magie brute s'éleva encore plus haut dans le ciel que la précédente et une déferlante de pouvoir s'expulsa du corps du jeune sorcier.

Nathanaël put voir deux colonnes d'une lumière brûlante irradier de ses yeux avant d'être balayé par le souffle de l'explosion et de se réveiller en sursaut, trempé de sueur.

-Bordel ! s'écria-t-il en s'essuyant le front. Tu as vu ça, Soul ?

-Comment aurais-je pu le louper !? répliqua l'âme vagabonde qui cohabitait en lui.

-Cette puissance, cette force et cette pression, murmura Nathanaël, c'était comme si l'homme avait aspiré la magie de la femme. Il a donc la puissance de deux sorciers, et pas des plus médiocres !

-Mais la magie d'un sorcier lui est propre, non ? C'est bien à ça qu'on reconnaît une signature magique. Tu penses que c'est pour cela qu'il l'a expulsée ? demanda Soul.

-Tu veux dire que bien que sa magie ait aspiré l'autre magie, son corps ne lui permettait pas de la garder et que l'explosion finale est le résultat de ce rejet ? résuma le garçon.

-En quelques sortes, oui.

-Je n'ai pas eu l'impression que la magie de la femme soit aspirée mais plutôt qu'elle s'y déplaçait de son plein gré.

-Oui, tu as raison, reconnu Soul d'un ton songeur.

Le jeune homme allait se relever pour s'habiller quand il frôla le pied chaud de Chiridirelle. La drow était étendue à ses côtés, endormie. Leurs ébats avaient été longs et intenses. Ils avaient fini la soirée dans sa chambre où ils s'y étaient endormis. Ils partageaient une réelle complicité dans la vie et il l'avait d'autant plus ressenti durant la nuit. Leur amitié était étrange –il en convenait- mais elle avait le mérite d'être la leur et d'être unique.

Il caressa la joue de l'elfe et fit passer les mèches de cheveux rebelles derrière son oreille pointue.

Chiridirelle souriait paisiblement.

-Elle est belle, fit Soul.

-Oui, elle est splendide.

Il soupira, s'étira longuement et se dégagea du lit avec précaution.

Il s'habilla rapidement, s'enveloppa dans une cape doublée de fourrure et sortit de la chambre sans bruit. Il traversa la chaumière, fit un signe de tête à Lailoken qui était confortablement installé au coin de l'âtre où y brûlait un grand feu et il s'engouffra dehors.

Il faisait extrêmement froid en cette heure matinale. Malgré le manque de clarté, Nathanaël distinguait un léger givre qui recouvrait les branches des pins. Salazar lui avait raconté que les hivers étaient rudes dans cette partie de l'Ecosse et qu'ils duraient de longs mois. Imaginer son père le nez rouge et grelottant le fit sourire mais il l'estompa aussitôt : il devait avoir une conversation avec sa mère, Rowena, Godric et lui.

Mais avant ça, il avait besoin de s'aérer la tête.

Il se promena longuement dans les bois sans penser à rien d'autre qu'à la beauté des lieux. Il vit le ciel s'éclaircir peu à peu, il entendit les oiseaux chanter, il huma les milles senteurs des sous bois, il toucha les écorces humides et se désaltéra avec l'eau pure du lac. Un cri retentit et Merlin apparut dans le ciel gris pour venir se poser sur son épaule en douceur.

-Salut, mon vieux, fit Nathanaël en souriant. Ça faisait un bout de temps que tu n'étais pas venu me voir !

Le faucon le fixa de ses yeux fauves comme s'il s'excusait de cette longue absence.

-Tu t'es trouvé une copine ?

Merlin lui picora l'oreille avec affection.

-Tu sais, tu as loupé de grandes révélations hier ! lui raconta Nathanaël. Apparemment, je suis le prochain Enchanteur, comme Merlin !

Le faucon tourna la tête d'un air interrogateur.

-Ah, non pas comme toi, rit le jeune homme. Comme Merlin l'Enchanteur !

Nathanaël s'esclaffa quand le rapace sautilla sur place en piaillant.

-Lailoken est un cachotier : c'est lui Merlin l'Enchanteur ! s'exclama-t-il. Je n'en reviens toujours pas.

Tout en racontant l'histoire à son compagnon ailé, l'adolescent repris le chemin de la chaumière de laquelle s'échappait la fumée du feu de bois par la cheminée. Arrivés au pas de la porte, Merlin frotta sa tête contre la joue du garçon et, dans un dernier cri, s'envola dans les airs.

Nathanaël soupira, sa pause était terminée.

Oo

-Bonjour mon chéri ! s'exclama Helga du miroir à double-sens que tenait Nathanaël dans les mains. Comment vas-tu ?

Les miroirs à double-sens étaient une merveilleuse invention qui permettait aux sorciers de communiquer et de se voir à distance. Ils se vendaient par lots de deux et étaient connectés l'un à l'autre. Il suffisait de prononcer à haute et distincte voix le nom du propriétaire du second miroir pour que cela relie les deux objets magiques. Lailoken ne possédant pas de téléphone, celui-ci lui avait été offert par ses parents pour qu'ils puissent se donner régulièrement des nouvelles.

-Bonjour Maman, répondit-il doucement. Je vais bien mais il commence à faire froid par ici.

-Couvre-toi bien surtout !

-Maman, peux-tu demander à tout le monde de venir ? demanda-t-il non sans une pointe d'appréhension. J'ai quelque chose à vous demander.

Nathanaël vit sa mère se décomposer immédiatement. Il sut qu'elle savait que la conversation qu'elle redoutait allait avoir lieu.

-J'y…j'y vais tout de suite, fit-elle d'une voix légèrement tremblotante.

Le miroir d'Helga fut posé quelques minutes face au mur du salon puis l'image bougea à nouveau et Nathanaël se retrouva devant les quatre Fondateurs de Poudlard.

-Salut Moustique ! s'exclama Rowena en secouant la main tandis que Godric et Salazar se contentaient d'un hochement de tête en souriant.

-Vous allez bien ? demanda Nathanaël aux trois sorciers qui répondirent à l'affirmative. Tant mieux !

Il se racla la gorge.

-Je vous ai demandé de vous réunir aujourd'hui parce que j'ai eu une conversation intéressante avec Lailoken hier, fit-il. Je pense que vous savez de quoi je veux parler ?

-Hm oui, on en a une petite idée, répondit Salazar.

-Bien, j'ai quelques questions, commença-t-il en déglutissant. La première est la suivante : pourquoi, par tous les dieux, ne m'avez-vous rien dit !?

La colère qu'il avait réussi à contrôler depuis les révélations faisait surface.

-Je pense être le premier concerné dans cette histoire, je me trompe !? continua-t-il en prenant malgré lui un réel plaisir à voir les Fondateurs prendre un air gêné. Il s'agit de ma vie, de mon destin et vous avez décidé de me laisser à l'écart. Pourquoi !? Pourquoi avoir choisi à ma place ? Pourquoi avoir décidé de vous murer dans le silence ? Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI !?

Ses yeux brillaient de colère contenue et de larmes retenues.

-J'avais le droit de savoir, je devais le savoir !

Helga fut la plus touchée par son coup d'éclat. Elle déglutit et commença à ouvrir la bouche mais rien n'en sortit. Devant l'incapacité de sa femme à prendre la parole, Salazar prit sa place.

-Nat', nous savions que ce jour ne tarderait plus à venir et nous savions que tu réagirais mal –et nous te comprenons, commença le sorcier aux yeux vert d'eau. Mais, s'il te plaît, mets-toi un instant à notre place : comment pouvions-nous nous résoudre à dire à un enfant orphelin qu'il était destiné à de telles responsabilités et une longévité hors normes ? Comment pouvions-nous te dire que tu devrais te battre pour la Magie durant toute ta longue vie ? Comment pouvions-nous te dire que tu nous survivrais ? L'aurais-tu supporté ? A onze ans ? Je suis désolé, Nat', mais tu n'étais pas prêt pour ça, aucun enfant au monde n'est prêt pour ce genre de révélations. C'est un choix que nous avons fait en notre âme et conscience et, même s'il te blesse aujourd'hui, nous ne le regrettons pas car tu as pu vivre des années d'insouciance et de bonheur.

Nathanaël réfléchit aux propos que lui soutenait son père. Oui, de leur point de vue, leur choix avait sûrement été le meilleur. Il n'aurait en effet pas supporté savoir qu'il allait perdre cette famille qu'il venait de se construire.

Mais il aurait dû pouvoir choisir.

-Je comprends, fit-il. Mais j'aurais dû avoir le choix. Je n'ai jamais eu le contrôle de ma vie, vous savez ? Je ne sais pas qui sont mes vrais parents, je ne sais pas quel est mon véritable nom ni si j'en ai un. Je ne sais pas qui m'a déposé à l'orphelinat et pourquoi, je ne sais rien de ma vie avant ça. Et là bas je n'ai jamais eu le contrôle, j'avais la mère supérieure collée à mes baskets qui me dictait sans cesse ma conduite. J'aurais voulu que vous –au moins vous- me considériez plus que tous les autres. J'ai voix au chapitre, j'ai mon mot à dire concernant ma vie. Vous êtes des sorciers, il y avait tellement d'autres solutions !

Godric soupira.

-Nathanaël, nous avons réfléchi à chaque possibilité, à chaque alternative. Il était hors de question de tout te raconter car nous ne pouvions pas anticiper ta réaction. Tu aurais pu le prendre avec recul comme en devenir fou. Nous t'apprécions bien trop pour risquer ta santé. Je reconnais cependant que tu n'aurais pas dû l'apprendre par Lailoken mais par nous. Nous avons été lâches, je suppose.

-C'est peu de le dire ! s'exclama méchamment le garçon. Un inconnu m'en a plus dit sur ma vie que ma propre famille ! Comment l'auriez-vous pris, vous ?

Nathanaël savait qu'il frôlait les limites mais sa colère le poussait à tester la réaction des quatre sorciers. Il les faisait souffrir, il en était pleinement conscient, mais son cœur voulait leur faire mal pour qu'ils comprennent sa propre douleur.

-Je…je comprends ta réaction, mon chéri, finit par murmurer Helga. Je te demande pardon de ne pas avoir eu le courage de t'en parler avant ton départ chez Lailoken. J'aurais dû me faire violence mais j'avais si peur de voir ton beau visage en colère. Si peur de ne plus jamais voir ton sourire. C'est un destin difficile qui t'attend et je voulais que tu profites au maximum de ton insouciance. Tu auras toute ta longue vie pour t'inquiéter de tout ça. J'espère que tu pourras me pardonner et me comprendre.

Voir que ses propos avaient ébranlés sa mère lui fit finalement plus de mal que de bien et il regretta d'avoir été si insensible. Helga était une personne entièrement dévouée à sa famille. Elle avait beau être une sorcière de renom, elle restait une mère envers et contre tout et protéger son enfant était sa priorité.

-Je vous pardonne, finit-il par dire.

Il se sentait subitement complètement idiot.

-Je veux que vous me jureriez quelque chose en retour, ordonna-t-il cependant.

-Tout ce que tu veux, mon chéri ! s'exclama Helga.

-Ne me tenez plus jamais à l'écart. Ne me cachez plus rien. Je suis maître de ma vie.

Helga déglutit. Elle allait devoir lui mentir une dernière fois.

-C'est juré, mon cœur.

Nathanaël sourit. Après tout, comment en vouloir à sa propre famille ?

-Dis-moi, canaille, l'interpella Godric quand il fut sûr que la crise était passée, tu as un air différent.

Le jeune homme se mit à rougir et il baissa les yeux.

-Je ne vois pas ce que tu veux dire…

-Si, si, insista le sorcier roux, tu as un air que je connais bien. Ah, je n'arrive pas à mettre le doigt dessus !

-Quel dommage ! s'exclama faussement Nathanaël.

Godric secoua la main.

-Attend un peu, je l'ai sur le bout de la langue !

Nathanaël grimaça en priant que son oncle ne finisse jamais par trouver. Quand il vit Godric relever brusquement la tête avec des yeux ronds, il sut que ses prières étaient tombées dans l'oreille d'un sourd.

-Nat' ! s'écria-t-il. Tu…tu…

-Je ne t'entends pas ! inventa le jeune homme. La connexion est mauvaise.

-Tu…tu…as…

-J'entends rien !

-Avec qui ? demanda Godric.

-Je vous rappelle très vite, fit Nathanaël pour mettre fin à une conversation qui s'annonçait gênante. Bisous !

-Pas avec elle quand même !? fut la dernière chose qu'il entendit avant de couper la connexion des miroirs.

Oo

-Bordel, j'ai réussi ! hurla Nathanaël en levant les poings en signe de victoire, de l'autre côté du ravin aux geysers.

Le jeune homme regarda Chiridirelle se déplacer habillement de geyser en geyser pour finalement parvenir à ses côtés. Elle lui sourit en mettant ses bras sur ses hanches.

-Moi aussi ! s'exclama-t-elle avec fierté.

-Je trouve que la vie est plus belle de ce côté-ci, tu ne trouves pas ?

-Cela va sans dire ! répondit-elle en riant.

Leur étrange relation avait fini de dérider complètement la drow qui était plus rayonnante que jamais. Nathanaël la soupçonnait de lâcher prise et de peu à peu tourner la page. Il ne l'avait plus vu regarder la peinture de son mystérieux elfe noir depuis un long moment et cela le rassurait. Vivre dans le passé n'était jamais une bonne chose, Helga le lui avait bien fait comprendre. S'attacher à ses souvenirs ne menait bien souvent qu'à la destruction.

Lailoken en était l'exemple même.

-Bien, fit-il en ce retournant, quelle est la prochaine épreuve ?

Devant eux, se tenaient une dizaine de statuettes de sphinx de la hauteur d'ours bruns. Les deux amants froncèrent les sourcils en se demandant ce que leur réservait ce nouveau test. Leur ignorance fut bien vite au lointain souvenir quand Björn -qui avait dû refaire le parcours du début- sauta à corps perdu au milieu des sphinx dont les yeux se mirent à briller. Les statues commencèrent à bouger avec une fluidité étonnante et une à une, attaquèrent le nain. La statue la plus proche de Björn ouvrit la gueule en grand et cracha du feu dans sa direction mais le nain n'eut aucun mal à l'éviter et à contre-attaquer à coup de gourdin. La statue explosa en milles morceaux et le nain pivota pour faire face aux autres sphinx qui ouvrirent simultanément leurs gueules pour cracher leurs feux tous en même temps. Björn fit un bond d'une hauteur impressionnante pour esquiver leur attaque si bien que les sphinx s'entre-détruisirent.

Nathanaël et Chiridirelle pensèrent que Björn avait réussi l'épreuve et s'étonnèrent qu'elle soit si facile. Ils furent détrompés par le roulement des morceaux d'argile qui couraient rejoindre les corps brisés des sphinx pour se recoller entre eux. En une minute, les dix sphinx se tenaient debout, sans aucune égratignure et près pour la prochaine attaque.

-Ah, je préfère ! fit la drow. Cela me paraissait étrange venant de Lailoken.

Nathanaël acquiesça.

-Bon, allons-y ! s'exclama-t-il en sautant dans l'arène rejoindre le jeune nain qui explosait des sphinx à tout va.

Ses pierres touchèrent à peine le sol poussiéreux qu'une statue bondit sur lui en rugissant. Le garçon fut soudainement projeter dans un autre endroit, il y avait quelques temps, déjà. Lui qui s'était estimé chanceux de ne pas avoir été traumatisé par la manticore du Bois aux Disparus, il se retrouva à trembler contre sa volonté.

-Bouge ! intervînt Soul.

Il vit la patte du sphinx s'abattre sur lui et revit Salazar se faire lacérer le visage.

-Mais bouge, crétin !

Il n'évita les griffes de la créature que de justesse, poussé sur le côté par Chiridirelle.

-A quoi tu joues !? grogna-t-elle.

Nathanaël secoua la tête pour se débarrasser de ses souvenirs et lui sourit.

-J'attendais que tu viennes me sauver, Chiri !

-Ne compte plus sur moi ! répondit-elle en esquivant un jet de feu qui lui lécha seulement le mollet. Aïe !

-La prochaine fois, prends toi bâton avec toi ! lui conseilla Soul. C'est trop compliqué de se battre à mains nues contre ces bestioles, même avec l'entraînement que tu as reçu de Godric.

-Je suis bien d'accord ! hurla-t-il en éventrant la statue qui l'avait attaquée d'un coup de pied circulaire.

Il vit trop tard le sphinx qui bondissait dans son dos.

Il fut plaqué au sol, les griffes de la statue plantées dans son dos.

Il entendit la créature rugir et expulser le feu de ses entrailles.

La douleur lui fit perdre connaissance.

-Allez lève-toi gamin !

La voix désagréable de Lailoken le fit revenir à lui.

-On n'a pas toute la journée ! continua le vieux sorcier.

Nathanaël gémit en bougeant la tête mais contre toutes attentes de simples fourmillements parcouraient son corps. Il n'avait pas mal.

Il avait pourtant été carbonisé par le sphinx ou avait-il rêvé ?

-Ah, la magie ! s'exclama Lailoken en esquissant un minuscule sourire. Elle peut faire nombres de miracles, n'est-ce pas ?

-C'était une illusion ? demanda Soul en sachant pertinemment que le vieil Enchanteur l'entendrait.

-Non Soul, c'était bien réel, répondit-il d'un air mystérieux. Mais rien n'est impossible à mon génie !

Nathanaël leva les yeux au ciel en soupirant.

-Vous m'avez réellement brûlé ? insista-t-il. Vous êtes taré !

-Tu dois toucher, sentir et ressentir chaque élément, sale mioche ! lui aboya le sorcier. Il faut que tu ne fasses qu'un avec chaque élément pour un jour prétendre pouvoir les contrôler.

-Donc il faut que je me fasse carboniser pour ça ?

-Il faut souffrir pour devenir fort, répondit Lailoken sur le ton de l'évidence.

Il y eut un craquement et le corps brûlé de Chiridirelle apparu près de lui. L'odeur qui s'en dégageait était insupportable. En deux minutes, les plaies étaient refermées et de ces vilaines brûlures ne restaient bientôt plus qu'un lointain souvenir.

-Vous êtes complètement taré ! répéta le jeune homme.