Bonjour et bonne année à toutes mes endives !

J'espère que vous avez passé de belles fêtes et que vous commencez cette année avec de bonnes résolutions !

Tout d'abord, je souhaite remercier toutes les personnes qui ont pris le temps de poster un commentaire suite à mon petit coup de gueule ^^

Cela m'aide énormément de connaître votre point de vue sur le déroulement de l'histoire, la qualité de mon écriture, sur la construction des personnages et de leurs personnalités. Je souhaite progresser et ce n'est qu'en ayant vos avis constructifs que j'y parviendrais !

Je compte sur vous pour m'encourager et me poster des reviews très souvent !

Concernant ce chapitre, j'ai été un peu plus longue que prévu mais j'ai été pas mal occupée ces derniers temps ! Beaucoup de changements ont eu lieu dans ma vie et ils m'annoncent une année remplie et pleine de belles surprises !

Sans attendre, voici le chapitre 32 !

Bonne lecture !

CyberCoffee


Chapitre 32

La lueur malicieuse qui brillait habituellement dans les pupilles d'Albus Dumbledore se fit plus intense quand il entendit ces mots. Les pièces blanches de l'immense échiquier sur lequel se déroulait la partie la plus intéressante qu'il lui avait été donnée de jouer évoluaient d'une manière délicieusement inattendue.

Il venait de rafler une pièce maîtresse et avait désormais quelques coups d'avances sur son adversaire. S'il jouait finement, il en gagnerait plusieurs autres.

-Je serai ravi de vous faire entrer dans mon école, Nathanaël.

Lailoken se précipita vers son apprenti et le saisit par les épaules pour lui faire regarder les deux orbites vides qui lui défiguraient le visage.

-Inconscient ! Tu ne peux pas aller à Poudlard ! Tu n'as pas terminé ton apprentissage, tu n'as plus aucune maîtrise de ta magie. En la libérant, tu as brisé le processus de la Maîtrise des Élémentaires. Je n'ai aucune idée de quelles en seront les conséquences. Veux-tu courir le risque de finir comme moi !?

Nathanaël fixa les chairs brûlées de Lailoken sans ciller. Cela faisait bien longtemps que leur vue ne lui donnait plus de haut-le-cœur.

-Alors venez avec moi.

Surpris, l'Enchanteur eut un mouvement de recul.

-Venez avec moi ! répéta le jeune homme en fronçant les sourcils. Vous continuerez mon apprentissage là-bas. Je dois y aller !

-Imbécile ! tonna le vieil homme. Cesse de te comporter comme un gamin ! Imagine un instant que tu perdes le contrôle comme à l'orphelinat, combien de personnes devront encore mourir par ta faute !?

Sa phrase fit l'effet d'un coup de poing dans le ventre du jeune homme et le sorcier regretta immédiatement ses paroles à la seconde où elles sortirent de sa bouche. Il était injuste et mélangeait sa propre expérience à celle que venait de traverser Nathanaël.

La culpabilité d'avoir laissé Mrs Collins mourir et d'avoir ravagé l'orphelinat vînt le frapper brusquement. Le souvenir des visages apeurés des enfants et des aurors s'imposa dans son esprit et il balaya le couloir du regard. Les aurors encore présents le dévisageaient avec une crainte non dissimulée. Il les terrifiait. Son incontrôlable et puissante magie les effrayait.

La pièce se mit à tourner. Les visages lui parurent plus accusateurs que jamais, ses craintes et la réalité se mélangèrent et il eut la sensation d'être écrasé par le poids de la peur qu'il inspirait.

-Respire, Nat' ! s'écria Soul qui sentait le cœur de son hôte s'emballer sous la panique. Ce n'est pas ta faute. Tu n'es pas responsable de sa mort !

Mais rien n'y faisait, il se mit à hyperventiler et sentit le sol se dérober sous ses jambes. Il tomba à quatre pattes dans le couloir, le nez collé au marbre noir. Il essaya de se raccrocher à quelque chose, à quelqu'un mais ce fut le visage fatigué de Mrs Collins qui lui apparut. Elle murmura quelque chose qu'il fut incapable d'entendre et ses larmes se mirent à nouveau à couler.

-Calme-toi, Nat' ! Tu risques de lâcher ta magie, elle veut sortir !

Celle-ci s'engouffra dans les portes qu'avait entrouvertes sa crise d'angoisse et courut à travers ses veines pour goûter à nouveau à la liberté.

-Je n'y arrive pas ! hurla Nathanaël à haute voix. Elle est trop forte !

Lailoken s'accroupit immédiatement près de son élève et l'aida à se redresser. La puissance de sa magie était telle que tous purent voir son flux luminescent couler dans ses veines pour atteindre la peau autour de ses yeux qui commença à rougir et à chauffer.

-Stoppe-la ! ordonna l'Enchanteur. Elle t'appartient ! Elle ne doit pas te contrôler, tu es celui qui la contrôle !

Encouragé par sa voix rauque, Nathanaël inspira un grand coup et rappela sa magie en lui. Ses yeux le faisaient souffrir, les paillettes débordaient dans le blanc de ses yeux et commençaient à recouvrir entièrement ses globes oculaires. S'il ne stoppait pas sa magie immédiatement, elle allait jaillir et lui brûler les yeux, comme son prédécesseur avant lui.

-Respire, Nat' ! l'implora Soul. Pense aux cours de relaxation de Rowena. Inspire. Souffle.

Guidé, le jeune homme s'appliqua à suivre les directives en tâchant de se raccrocher aux bons moments passés avec la femme qu'il considérait comme sa grand-mère. Il se rappela les câlins, il sentit les tapes sur le coin de son crâne quand il faisait des bêtises, il se souvînt de sa manière de le houspiller, de sa façon de prendre sa défense, de tous leurs fous rires et de tous leurs secrets.

Plus il pensait à Mrs Collins telle qu'elle l'avait été, une femme forte et bienveillante, et plus sa magie se calmait.

Les paillettes se dispersèrent peu à peu et retrouvèrent leur rythme nonchalant dans ses pupilles. La chaleur que provoquait sa magie diminua et ses veines cessèrent lentement de le brûler. Il inspira et souffla une toute dernière fois puis ordonna à son pouvoir de retrouver sa place.

-J'ai réus…

Epuisé, il s'évanouit dans les bras de Lailoken.

-Un tel pouvoir ne peut rester sans protection, déclara Dumbledore. Toute l'Angleterre magique a senti le déferlement de sa puissance quand il en a perdu le contrôle à l'orphelinat, les bonnes personnes comme les mauvaises. Il n'est plus en sécurité.

Lailoken serra la mâchoire et se tourna vers son ancien apprenti :

-Toutes les protections de Poudlard ne sont rien comparées aux sorts qui protègent La Citadelle ! Ton école n'est pas mieux protégée qu'une maison moldue !

-Je te le concède, admit le Directeur. Après tout, je ne suis pas un Enchanteur de ton niveau, Lailoken.

-Tu n'as rien d'un Enchanteur, assena ce dernier avec condescendance. Tu as perdu ce statut il y a bien longtemps.

Maugrey réagit au quart de tour :

-Pour qui vous prenez vous ? Vous parlez à l'Enchanteur-en-Chef en personne !

-Il suffit ! coupa net Dumbledore. Alastor, tu n'as aucune idée de qui se tient en ce moment devant toi, ne parle pas avec autant de légèreté.

-Et qui se trouve devant nous ? demanda l'homme qui ne comprenait pas pourquoi le grand Albus Dumbledore s'évertuait à défendre ce vieil homme qui ne cachait même pas le dégoût qu'il éprouvait pour lui.

-Il s'agit de mon ancien Maître d'apprentissage, Lailoken Wyllt. Si vous me pensez fort, ma puissance n'est rien comparée à la sienne. Et bien que nous nous soyons quittés en de mauvais termes, cet homme mérite tout mon respect et le vôtre également.

Lailoken grogna intérieurement, Albus ne pouvait s'empêcher de montrer au reste du monde une image bien différente de ce qu'il était réellement. Il n'y avait que lui pour le faire sortir de ses gonds et cette situation l'énervait au plus haut point : que cette personne ait autant d'influence sur lui était insupportable.

Albus sembla s'apercevoir du monde qui commençait à s'agglutiner autour d'eux et fronça les sourcils. Les rumeurs allaient toujours bon train aux Ministère de la Magie et il ne souhaitait en aucun cas que sa trouvaille soit exposée aux yeux du monde -ce qui semblait déjà être compromis par l'impressionnante décharge de magie qui ferait sans aucun doute la une du lendemain.

-Lailoken, isolons-nous, si tu le veux bien, proposa-t-il en ouvrant la porte de la salle d'interrogatoire d'un coup de baguette magique. Nous serons à l'abri des regards indiscrets.

L'Enchanteur ne perdit pas de temps, il s'empara de son apprenti inconscient et entra dans la salle pour le déposer sur la table en fer.

-Continuez de protéger Chiridirelle ! ordonna silencieusement Lailoken à ses anciens élèves. Il est hors de question qu'Albus apprenne qui elle est.

Les Fondateurs hochèrent la tête puis s'engouffrèrent avec Chiridirelle à leur suite, suivi de près par le directeur de Poudlard qui, alors qu'il allait fermer la porte derrière lui, sortit sa tête dans le couloir et appela Maugrey :

-Eh bien, Alastor ? Qu'attends-tu ? Entre donc !

Surpris de faire partie des personnes invitées, l'auror eut un instant de latence avant de rejoindre le Directeur.

-Bien, Alastor, je vais te demander de faire un serment sorcier, expliqua le vieil homme. Tu ne pourras rien révéler de ce qui te sera dévoilé dans cette pièce. Es-tu d'accord ?

-Un ser…serment ? bafouilla Alastor, pris au dépourvu. Euh…oui, très bien ! Je m'en remets à vous, Albus.

-Parfait ! applaudit le vieil homme avant de faire tournoyer sa baguette en murmurant une formule magique qui lia instantanément la vie d'Alastor Maugrey. C'est fait ! Alors…où en étions-nous ? Poudlard, donc. Lailoken, l'enfant veut y aller et je sais de source sûre qu'il a fait un Serment Inviolable pas plus tard que lors de l'attaque. Un serment…de mort, je me trompe ?

-Et, où veux-tu en venir ?

-J'ai bien peur qu'empêcher ton apprenti de suivre sa destinée pourrait lui être fatal. Il s'est enchaîné lui-même à une obligation qui peut avoir de sombres conséquences s'il ne se démène pas pour tenir sa promesse. Je conçois entièrement que le niveau de sécurité de Poudlard n'est en rien comparable à celle de ta « Citadelle » comme tu le dis, mais il ne tient qu'à toi de les renforcer afin de veiller à sa sécurité…et celles de tous les autres élèves.

Lailoken dû admettre qu'Albus n'avait pas tord. Nathanaël devait tenir son engagement s'il ne voulait pas mourir. Et, en toute franchise, il ne supporterait pas de devoir perdre un nouvel apprenti et assumer le titre d'Enchanteur des siècles encore. Mais bien plus que son salut, il s'était étonnamment attaché à l'enfant en temps que personne à part entière.

-Il ne mourra pas.

La voix d'Helga claqua dans la pièce devenue silencieuse.

-Il ne mourra pas car je ne le laisserai pas mettre sa vie en danger, quoiqu'il m'en coûte. Cet enfant, mon enfant, c'est tout ce que j'ai. Sa vie est bien plus précieuse à mes yeux que le destin sordide auquel il est promis. Je me fous de savoir ce que Mère Nature ou ce que la Magie ont prévues pour lui, je me fous de savoir tout ça car, quoiqu'il se passe, il survivra. Et si pour ce faire il doit aller à Poudlard, alors il ira. Et moi aussi.

-Il en va de même pour moi, ajouta avec peine Salazar qui déployait tous ces efforts pour maintenir le sortilège sur Chiridirelle.

-Ainsi que de moi, continua Rowena.

-Et moi, sourit Godric.

-Ne m'oubliez pas ! s'exclama Chiridirelle en levant la main.

-Je suppose que je n'ai plus le choix…marmonna Lailoken en remontant le coin de sa lèvre supérieure gauche.

-Excellent ! La question est réglée ! fit Albus en esquissant un large sourire. Alastor, si tu es là avec nous c'est que j'ai besoin de ton statut de Chef des Aurors pour enfreindre une ou deux lois.

-Pardon ? s'étonna le borgne.

-Si j'ai bien compris, vous vous nommez Roxane Savage, Gabriel Garnett, Chiridirelle Mir'Drust –très joli prénom, il vous va à ravir, miss !- et Helga, Salamander et Nathanaël Silverstone, énonça Albus en se tournant vers les habitants de La Citadelle. Vous n'êtes pas sans savoir que notre Ministre des Affaires Magiques Étrangères a été inculpé pour son appartenance aux Mangemorts ? Oui, un fâcheux incident. Il serait bien plus agréable pour votre séjour de changer votre nom de famille, Mr et Mrs Silverstone. J'ai bien peur qu'il n'ait une connotation trop…sombre par les temps qui courent.

-Vous n'y pensez pas !? s'offusqua Alastor.

-C'est là que tu entres en jeu, mon cher ami, pourrais-tu changer leurs papiers discrètement afin de leur garantir toute la sécurité qu'il leur faut ?

-Mais enfin, Albus, c'est de la manipulation d'identité que vous me demandez de faire !

-Exactement, très cher. Et je t'en serai extrêmement reconnaissant.

-Mais ce sont des civils !

-Je pense que tu as pu voir l'étendue de leurs talents, non ? Il serait utile à notre cause de pouvoir les aider au maximum.

Dumbledore releva un sourcil et accentua la fin de sa phrase en regardant Maugrey dans les yeux, comme s'il voulait lui faire passer un message que lui seul pourrait comprendre.

-Attendez…sembla réaliser soudainement Alastor, vous voulez…non, vous n'y pensez pas ! Mais enfin, vous ne les connaissez pas à part cet énergumène aveugle !

-Alastor, mon ami, je t'ai dit que cet homme était mon ancien Maître d'Apprentissage, n'est-ce pas ? Oui. Mais je ne t'ai pas encore dit qui il était réellement.

-Et bien, dîtes-le moi une bonne fois pour toute ! s'exclama Alastor, rouge d'incompréhension.

-Lailoken Wyllt…mais tu le connais surtout sous le nom de Merlin l'Enchanteur.

Alastor Maugrey dévisagea Albus Dumbledore les yeux ronds.

-M…Merlin…l'Enchanteur…mais…bégaya-t-il. Albus, me prendriez-vous pour un abruti !?

-Pas le moins du monde ! sourit le vieil homme dont les pupilles brillaient de malice.

-Mais il est mort !

-Pour mon plus grand malheur, je suis encore bel et bien vivant ! dit Lailoken en foudroyant le Directeur de Poudlard du « regard ». A cause de lui.

-Je…ne comprends plus rien.

-Il n'y a rien à comprendre mis à part qu'Albus Dumbledore aurait dû me permettre de passer l'arme à gauche et qu'il a déserté ! Votre si grand Manitou-de-mes-deux est un lâche et un fourbe, voilà ce qu'i comprendre ! Il était censé reprendre la relève et il n'en a rien fait !

Alastor fixa Lailoken comme s'il s'attendait à voir écrit « menteur » au dessus de sa tête puis tourna son regard vers Albus qui hochait la tête pour confirmer ses dires.

-C'est impossible ! fit-il en ne cessant de passer de Albus à Lailoken puis de Lailoken à Albus.

- On ne va pas y passer la journée, hein ! râla Lailoken. Je suis Merlin, point. Vous vous occupez des papiers oui ou non ?

-Euh…oui, je suppose, acquiesça le pauvre homme dont l'œil de verre s'affolait en tournicotant dans les sens contraire aux aiguilles d'une montre.

Après tout, Maugrey n'avait encore jamais ressenti une pareille puissance magique que depuis qu'il avait rencontré l'enfant et le vieil homme. Que ce vieillard soit Merlin l'Enchanteur, le sorcier le plus puissant connu dans ce monde n'avait plus grand-chose d'impossible. Il n'avait jamais entendu parler de décharge de magie comme celle qu'avait expulsée le gamin et pourtant il en avait été témoin, alors qu'un vieux croûton aux yeux brûlés soit Merlin l'Enchanteur ne lui paraissait plus aussi improbable.

-Fantastique, Alastor ! s'exclama Albus en frappant dans ses mains. Tu nous es d'un grand secours !

-Mais je veux une preuve. Une preuve que vous êtes bel et bien qui vous prétendez être ! fit Alastor en fixant Lailoken de son œil de verre. Vigilance constante, vous comprenez ?

L'Enchanteur hocha les épaules.

-Vous l'aurez voulu.

Et malgré le dôme anti-magie, il libéra une très grosse partie de son pouvoir sans aucune difficulté et la dirigea vers l'auror.

Alastor Maugrey fut instantanément écrasé contre le sol. La pression de la magie du vieil homme le faisait suffoquer et il ne douta plus un instant que celui-ci était Merlin l'Enchanteur. Des larmes tout à fait involontaires se mirent à couler le long de son œil encore valide et il tapa deux fois de la paume de la main sur le sol pour abdiquer. Lailoken rappela immédiatement sa magie en lui. Alastor le dévisagea comme s'il le voyait pour la toute première fois avec une crainte non dissimulée : cet homme n'était pas humain. Il avait l'étrange sentiment que la démonstration de puissance de l'enfant à l'orphelinat n'était rien comparée à ce que cet homme pouvait faire.

-O...ok, d'accord...vous...vous êtes Merlin, balbutia l'auror, la gorge encore serrée par l'émotion. Je vous crois...bordel, oui, je vous crois !

-Bien, maintenant occupons-nous de vos couvertures au sein de l'école ! lança Albus en souriant largement.

Oo

EXPLOSION DE MAGIE PHENOMENALE DURANT UN RAID DE MANGEMORTS !

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je prends aujourd'hui la liberté de m'adresser à vous en tant que sorcier et non en tant que journaliste.

Je pense pouvoir avancer sans me tromper que chaque sorcier et chaque sorcière d'Angleterre a pu ressentir cette incroyable et gigantesque explosion de magie brute. Je sais de sources sûres que cette vague dévastatrice a eu lieu durant le dernier raid mangemort dans un orphelinat moldu près du petit village de Loudly-Saint-Thomas.

Lorsque j'ai appris la nouvelle, je me suis dépêché de me rendre sur les lieux pour voir de mes propres yeux ce que les sbires de Vous-Savez-Qui étaient capables de faire. Je n'aurai jamais dû m'y rendre. Dormir sereinement me sera désormais impossible car j'ai pu compter le nombre de victimes. Leurs petits pieds salis par les cendres dépassaient pour la plupart des draps blancs qui les recouvraient comme un linceul. Comment peut-on enlever la vie d'êtres vivants sans aucune hésitation ? Comment peut-on tuer des innocents pour des croyances stupides ? Comment peut-on apporter mort et dévastation sur le monde en se persuadant que l'on est dans le droit chemin ?

Aujourd'hui je suis fatigué, mes amis.

Aujourd'hui je souhaite que plus jamais personne ne voit ce que j'ai vu. Je veux que chaque enfant vive jusqu'à ce qu'il devienne vieux. Je veux que chaque parent voit son enfant grandir en riant. Je veux que chaque personne sorcière ou moldue vive d'une belle vie. Je veux de l'unité, de la solidarité, des rires et beaucoup de bonheur.

S'accepter tel que l'on est et accepter les autres tels qu'ils sont ne devrait pas demander autant de sacrifices.

Mais ne perdez pas espoir, mes amis, car l'avènement de jours meilleurs est arrivé. Je suis heureux de pouvoir vous annoncer que cette explosion de magie n'est pas due aux Mangemorts mais belle est bien due à notre riposte ! Je ne sais malheureusement rien de plus sur cette nouvelle arme mais je soupçonne un coup de maître de la part de notre Golden Boy et sauveur, Harry Potter !

Alors ne soyez pas trop défaitistes, soutenons-nous les uns les autres et aidons notre prochain car c'est par l'amour et le don de soi que l'on vaincra chaque tentative de Vous-Savez-Qui de nous démoraliser !

Longue vie à la Liberté et au Bonheur.

Pope Razzi, un sorcier parmi tant d'autres.

Lord Voldemort grinça des dents et chiffonna d'un geste rageur le torchon qu'était La Gazette du Sorcier. Ce Pope Razzi n'était pas bon pour leurs affaires. Il était trop optimiste. Trop encourageant. Mais ce Pope Razzi avait cependant raison : cette nouvelle arme était bien trop dangereuse pour eux.

Bellatrix et Lucius étaient revenus du raid complètement horrifiés. Rodolphus était mort, tué par un gamin au pouvoir absolument titanesque répondant au nom de Nathanaël. Lucius avait été catégorique : cette explosion de magie était due à cet enfant. Il avait ressenti sa puissance, une puissance instable et avait traîné Bellatrix avant qu'ils ne se fassent tuer à leur tour. Ils avaient transplané sur une colline en hauteur et, de là-haut, ils avaient assisté à la libération de la magie du gamin.

Oh, bien sûr Lord Voldemort ne les avait pas cru au début ! Puis il avait fouillé leur mémoire et avait lui aussi été témoin de l'immense puissance de l'enfant.

Depuis lors, il n'avait voulu qu'une seule chose : savoir qui il était. D'où débarquaient soudainement cet enfant prodige et ses compagnons ? Il les avait tous vu se battre, incroyablement bien, incroyablement vite. Et il avait surtout remarqué l'absence de baguettes magiques à leurs mains. Toutes ces personnes au potentiel hors-normes devaient le rejoindre !

Il avait besoin du gamin à ses côtés.

Avec lui, il battrait Harry Potter et prendrait le contrôle de l'Angleterre...voire du monde.

Oo

Nathanaël ouvrit les yeux avec difficulté. Le sang séché sur son visage craquela et quelques miettes lui tombèrent dans les yeux. Il se mit à cligner des paupières rapidement pour les en faire partir. Cela le fit pleurer. Les larmes coulèrent sur ses tempes jusqu'à ses oreilles puis se perdirent dans ses cheveux désormais blancs. Il amena son bras droit jusqu'à son visage et se couvrit les yeux avec. Mais les miettes de sang ne voulaient pas partir et il continua de pleurer un long moment, seul, dans le noir de sa chambre.

Quand il n'y eut plus de miettes ni de larmes, il se redressa, poussa la couverture de soie qui le recouvrait et sortit péniblement de son lit pour se diriger vers sa salle de bain. Il eut un choc en voyant son reflet le dévisager dans le miroir.

Devant lui se tenait un inconnu au visage pâle et fatigué, couvert de sang séché et de regrets. Ses yeux verts lui parurent bien ternes et sans leur habituel éclat rieur. Et bien qu'il n'ait plus besoin de lunettes, Nathanaël eut du mal à se reconnaître. Ses cheveux noirs avaient complètement disparus. Des mèches d'un blancs salis par la poussière et la peine encadraient son visage.

Il détourna le regard et, sans même y penser, fit disparaître ses vêtements sales et troués avant de s'avancer sous l'eau chaude de la douche. Comme dans un rêve, il vit l'eau se teinter d'une étrange couleur rougeâtre avant de disparaître, absorbée par le trou d'évacuation. Épuisé, il se laissa glisser le long du mur carrelé et laissa l'eau chaude lui laver le corps et l'esprit. Ce n'est qu'en regardant sa main gauche qu'il remarqua encore tenir le médaillon d'argent de Mrs Collins. D'un geste fébrile, il l'ouvrit et contempla l'image d'un jour heureux lui faire un pied-de-nez. Le cocon de son bonheur un peu niais avait éclaté de la plus terrible des façons.

Il porta le médaillon à sa bouche et l'embrassa en murmurant :

-Adieu, Mrs Collins.

Nathanaël inspira un grand coup et accrocha le médaillon à son cou. Il se releva et se saisit de la bouteille de shampooing.

Il avait énormément de choses à faire.

Mrs Collins n'aurait pas voulu d'une vengeance meurtrière mais, dans sa douleur, il n'avait pas réfléchi et avait promis de tuer ses agresseurs. Le serment étant fait, il ne pourrait revenir sur sa décision mais il pouvait au moins ne pas se laisser aller au désespoir. Mrs Collins n'aurait pas voulu de ça. Mrs Collins aurait voulu que l'on danse et chante lors de son enterrement. Et, même s'il n'y avait plus rien à enterrer, Nathanaël lui ferait honneur en vivant d'une belle vie, exactement comme la vieille femme l'avait voulu il y a avait de ça si longtemps.

Fin propre, il sortit de la douche et se dévisagea à nouveau.

-Alors c'est toi mon nouveau moi, hein ? se lança-t-il en s'attendant presque à une réponse de la part de son reflet.

-Tu sais, se parler à soi-même est rarement signe de bonne santé mentale ! mumura Soul qui avait silencieusement attendue que son hôte et ami fasse son deuil.

-Tu étais déjà au courant que j'étais timbré, non ? plaisanta le jeune homme mais le cœur n'y était pas.

-A qui le dis-tu ?

-Tu sais, Soul, je vais avoir besoin de toi pour rester fort...pour ne pas sombrer, dit Nathanaël d'une petite voix.

-Je sais.

-Je peux compter sur toi ?

-Je ne vois même pas pourquoi tu demandes, Nat' ! râla faussement Soul en riant.

Nathanaël sourit et sortit nu de la salle de bain. Il farfouilla un moment dans son armoire et s'habilla avant de descendre jusqu'au salon. Il ne doutait pas un instant que les Fondateurs, Chiridirelle et Lailoken s'y étaient réunis pour l'attendre.

Il inspira et souffla avant d'abaisser la poignée ouvragée et de pousser la lourde porte.

Tous se retournèrent et le fixèrent, attendant un signe de sa part pour parler.

-Je suis prêt, leur annonça-t-il en referma la porte derrière lui.