Hello !
Comment allez-vous ? Cela fait un moment que je n'ai rien posté, j'en suis navrée !
J'ai changé de travail et il m'a fallut un petit temps d'adaptation avant de reprendre de plus belle ! :)
Mais me revoilà avec un beau chapitre 34 qui, je l'espère, vous fera autant rire que moi quand je l'ai écris !
Et pour me faire pardonner de ma loooooongue pause, je vous poste aussi un petit bonus. Un instant que j'ai écris et que j'ai volé à Nathanaël pour vous l'offrir.
Bonne lecture ;)
CyberCoffee
Chapitre 34
Severus détaillait avec application la rangée de nouveaux élèves qui remontait l'allée, précédée par Minerva. Ils avaient tous l'air d'avoir onze ans, pas un seul ne semblait pouvoir être Noah Potter. Étrangement, le fait de savoir qu'il allait revoir l'enfant qu'il avait bordé pendant des jours il y avait de cela seize longues années le bouleversait plus qu'il ne pouvait l'admettre.
Après tout, cet enfant et lui avaient vécu plusieurs semaines ensemble, rien que tous les deux. Il se souvînt subitement de la sensation qui l'avait saisi quand il avait trouvé l'orphelinat : il avait été soulagé et en même temps cela lui avait fait comprendre que ces quelques moments partagés l'avaient plus attaché au gamin qu'il ne s'y été attendu.
Revenir tous les ans pour vérifier les protections qu'il avait mis en place était une manière détournée de pouvoir savoir comment il allait. Bien des années avaient passé avant qu'il ne finisse par se l'avouer.
Severus secoua la tête avec vigueur, il devait cesser de penser à toutes ces mièvreries. Il avait pour mission de protéger Harry et Noah Potter de Lord Voldemort. Il se devait d'être totalement focalisé sur leur protection, rien d'autre.
Les applaudissements qui clôturèrent la chanson du Choixpeau le tirèrent de ses pensées et il concentra son attention sur la Répartition. Toujours aucun signe de Noah Potter. Dumbledore avait pourtant bien dit qu'il viendrait ce jour-là.
Assis à côtés de lui, deux des nouveaux professeurs chuchotaient, pensant être discrets. Severus fronça les sourcils, Helga et Salamander « Wyllt », comme ils s'étaient présentés, ne semblaient pas être intéressés par la Répartition des élèves.
-Rappelle-moi, pourquoi sommes-nous là ? demanda l'homme aux cicatrices sur le visage à la femme qui, et Severus voulait bien l'admettre, était sans nul doute la plus belle de cette salle.
-Parce que tu aimes notre fils, que tu m'aimes et qu'il ne fait aucun doute que je suis celle qui porte la culotte ? hasarda celle-ci d'un air malicieux.
Le sourcil gauche de Severus se haussa instantanément.
-Toi et moi savons très bien qui ne porte pas de culotte en ce moment précis, susurra l'homme en glissant sa main gauche vers les cuisses de la femme qui lui flanqua une petite tape sur le bout des doigts. Enfin, sérieusement, moi ? Professeur ? Moi, avec des enfants ? Te rappelles-tu de mes débuts avec Nat' ?
Au surnom de « Nat' », Severus se figea imperceptiblement et continua de fixer la Répartition tout en écoutant la conversation à côté de lui qui venait de prendre une tournure bien plus intéressante. Il accorda cependant tout son soutient à Salamander. Lui-même avait en horreur les gamins morveux qui résidaient dans cette école. Il n'avait pas une once de pédagogie en lui et le reconnaissait bien volontiers. Il ne pouvait que comprendre la détresse de son nouveau collègue.
-Tu t'en sors très bien avec lui, le contredit Helga en souriant tendrement.
-Il est mon fils ! argumenta l'homme sur le ton de l'évidence. Il est intelligent, il s'intéresse, il veut apprendre et il est tu-sais-quoi !
-Quelle idiote je fais, j'avais omis le détail qui fait toute la différence ! enchaîna Helga. Tu es simplement ravi de pouvoir parler avec Sealvia et lui sans qu'on vous comprenne pour pouvoir nous jouer des tours !
-Tu admettras que c'est une particularité bien pratique.
De quelle particularité pouvait donc bien parler les deux professeurs ? Nathanaël Silverstone avait-il une capacité secrète ? Severus garda cette information non loin dans son esprit en se promettant de faire quelques recherches sur le sujet.
-Je veux bien te le concéder, finit par lui accorder Helga. D'ailleurs où sont-ils donc tous passés ? Gabriel et Roxane avaient promis qu'ils ne seraient pas en retard ! Ce n'est pas comme s'ils ne connaissaient pas le chemin tout de même !
À peine eût-elle terminé sa phrase que les portes de la Grande Salle s'ouvrirent avec force et une jeune fille trempée et visiblement très en colère entra dans la salle d'un pas furieux en hurlant.
-OÙ SONT-ILS ?
-Tu vois, je t'avais bien dit que les laisser tous les trois ensemble n'était pas une bonne idée, fit l'homme en remontant son menton d'un air hautain, geste qui rappela à Severus son filleul, Drago Malefoy.
-Je suis certaine que c'est encore la faute de Gabriel, prédit Helga en souriant.
Un BOUUUM ! retentit et deux formes s'écrasèrent sur la table des Gryffondor en criant.
-Au moins, ils sont tous arrivés…murmura la femme en soupirant.
-Ils ont dû manquer la partie du discours de Lailoken dans laquelle il parlait de discrétion ! lança l'homme avec un sarcasme non dissimulé.
-Tu n'avais qu'à les accompagner, si tu savais que cela allait se terminer ainsi, Sal !
-Ils n'ont plus cinq ans, je te rappelle ! protesta « Sal». Enfin…concernant Gabriel, je me suis toujours posé la question de savoir s'il ne régressait pas plutôt qu'il ne progressait.
-Bien évidemment, c'est un avis mûrement étudié et basé sur des preuves tangibles, lança Helga d'un air désabusé.
Salamander haussa les épaules et bomba le torse.
-Naturellement.
Severus n'écoutait que d'une oreille, trop occupé à essayer de reconnaître Noah Potter. Il était sans conteste l'un des deux arrivants s'il en croyait les paroles échangées par ses parents adoptifs. Mais nul garçon aux cheveux bruns ne faisait partie des deux nouvelles têtes, à la place un grand rouquin fort comme un ours et un garçon d'une trentaine de centimètres plus petit que son compagnon qui arborait d'étranges cheveux blancs. Il fronça les sourcils. Il ne reconnaissait pas le visage qui était censé être identique à celui d'Harry Potter.
Quelque chose clochait.
Plus il focalisait son attention sur le garçon aux cheveux blancs et plus le fil de ses pensées devenait incohérent. Il voulait trouver des ressemblances car il savait qu'il était Noah Potter alias Nathanaël Silverstone mais il n'y arrivait pas. Il y avait toujours cette voix dans sa tête qui lui susurrait qu'il faisait fausse route.
Un sort ! comprit-il quand, grâce à ses capacités innées de Legilimens, il put recentrer ses pensées vers le lien altéré de la gémellité de Noah et Harry Potter. Un sort de confusion particulièrement habile et maîtrisé recouvrait le garçon pour que personne ne puisse faire ce lien dont la découverte pourrait s'avérer dangereuse si des personnes malintentionnées venaient à en être informées.
Severus ne put s'empêcher de se tourner vers les parents adoptifs de l'enfant et de les dévisager. Qui étaient-ils ? Ce sort était la preuve flagrante qu'Helga et Salamander Silverstone savaient qui était Nathanaël. Restait à savoir si Nathanaël lui-même avait connaissance de sa propre identité.
-Elle aurait pu se démantibuler, dit Nathanaël d'un air fatigué au grand garçon qui se disputait avec la fille en colère.
Les yeux de Severus s'écarquillèrent quand une évidence vînt le frapper avec force : tout à ses réflexions sur l'enfant, il en avait oublié un point des plus importants. Comment ces deux garçons avaient-ils pu transplaner dans l'enceinte de Poudlard ? Le professeur jeta un coup d'œil rapide vers le Directeur mais rien sur son visage ne pouvait lui indiquer qu'Albus Dumbledore avait quoique ce soit à voir avec cette inhabituelle rentrée en fanfare. Ce qui n'infirmait ni ne confirmait rien.
-Gabriel Garnett ! appella Minerva avant de susurrer : et descendez de cette table, messieurs !
Les deux garçons sautèrent avec aisance sur les dalles grises de l'allée et la remontèrent en compagnie de la jeune fille qui avait fini par sécher ses vêtements transparents. Le grand gaillard roux s'assit sur le tabouret qui grinça sous son poids.
-C'est fou ce qu'une simple barbe peut faire à votre charisme, entendit-il ricaner Salamander à ses côtés.
-Veux-tu donc cesser de te moquer de lui ? le réprimanda Helga. J'aimerai bien voir à quoi tu ressemblerais sans tes cheveux longs !
-Cheveux courts ou non, depuis que j'ai de belles cicatrices sur le visage, j'ai gagné en charisme. Ce n'est pas Lailoken qui te dira le contraire !
-Nous n'avons jamais vu ton père avant son accident, répondit la femme. Nous n'avons aucun élément de comparaison !
Quand Lailoken Wyllt avait débarqué dans la Grande Salle, tous les professeurs avaient été perturbés par les orbites vides et brûlées qui défiguraient le visage de l'ancien Maître d'Apprentissage du directeur. Severus lui-même n'avait pu retenir un froncement de sourcils intrigué. Les stigmates noircis avaient l'air d'avoir été provoqué par quelque chose qui venait du corps de l'homme et Severus s'était demandé ce qui avait bien pu lui causer de pareilles plaies.
Lailoken Wyllt n'était pas tant impressionnant de par son apparence que par le charisme qui se dégageait de la moindre parcelle de son corps et qui forçait au respect : cet homme avait vécu bien plus de choses que la plupart des gens. Et son absence d'yeux ne l'empêchait aucunement de vous donner la sensation qu'il vous déshabillait du regard, qu'il mettait votre âme à nue.
Son instinct lui avait hurlé de se méfier de cet homme.
-Pourquoi faut-il toujours qu'il parle ? soupira Salamander qui observait la Répartition de Gabriel Garnett d'un air agacé en se servant un verre d'eau.
En effet, le garçon semblait être en pleine conversation avec le Choixpeau, ce qui était bien la seconde fois de sa vie qu'il assistait à une pareille scène, se souvînt Severus. La première fois s'était déroulée lors de la Répartition du célèbre Harry Potter.
-SERPENTARD ! hurla subitement le Choixpeau.
L'annonce devait être plus que surprenante car elle fit recracher l'eau que Salamander avait dans la bouche et le fit s'étrangler en toussant. Même sa femme avait cessé de bouger, la bouche grande ouverte. Nathanaël et la jeune fille à ses côtés s'étaient arrêtés de parler, les yeux écarquillés. Severus tourna la tête pour voir la réaction des deux derniers professeurs mais, contrairement à leurs confrères, Lailoken Wyllt et Chiridirelle Mir'Drust semblaient se retenir d'éclater de rire.
Et si leurs réactions démesurées l'intriguaient, celle qui lui fit perdre son sérieux fut celle du premier concerné : Gabriel Garnett semblait être sur le point de fondre en larmes. Les lèvres retroussées en un signe de déni, les sourcils froncés au possible, les traits de son visage s'étaient figés sous le choc. Seule sa tête bougeait de droite à gauche.
-Non, non, non, non, l'entendait-il murmurer sans relâche, plongé dans une profonde léthargie.
-A-t-il bien dit « Ser…pentard » ? balbutia Salamander à sa femme.
-Eh bien…il me semble, fit-elle.
Le père adoptif de Noah Potter se tourna vers Severus et lui posa la même question.
-Effectivement, susurra-t-il entre ses lèvres en guettant l'expression de son visage.
Celle-ci ne se fit pas attendre, les traits de son visage se décomposèrent et il releva la tête pour fixer Gabriel d'un air abasourdi.
-Mr Garnett, veuillez-vous lever et vous installer à la table des Serpentard ! s'agaça le professeur McGonnagall en pinçant les lèvres.
Le garçon se leva comme un automate et se tourna vers Albus Dumbledore.
-Il est cassé ce Choixpeau ? Dîtes-moi qu'il est cassé ! le supplia-t-il.
-Je ne suis pas cassé, Garnett ! s'exclama contre toute attente le chapeau, faisant sursauter toute l'assemblée.
-Mais…Pourquoi m'as-tu réparti à Serpentard alors ? Moi ? geint Gabriel en l'ôtant de son crâne pour lui faire face. Tu sais qui je suis pourtant, non ? Hein, mon Popo ?
-Rien ne sert de m'avoir par les sentiments, Garnett, comme l'a si bien dit Minerva McGonagall, mon jugement est irréversible ! Et cesse de m'appeler Popo…c'est humiliant !
-Mais…
-IL SUFFIT ! vociféra le Choixpeau en plissant tous les pans de cuir qui le constituaient. Va t'asseoir Garnett ! Et ne m'appelle plus jamais Popo ! J'ai vécu plus de neuf cent ans sans entendre ce foutu surnom ! Neuf cent ans ! Quelle humiliation ! Revenir comme si de rien n'était et me balancer mes erreurs de jeunesse dans la figure ? Je ne suis pas d'accord, Garnett ! Va t'asseoir ou je révèle des choses compromettantes à ton sujet ! Par exemple la fois où tu as malencontreusement brûlé la robe en soie de Bombyx Mori de…
-D'accord ! s'exclama Gabriel en jetant un regard anxieux vers la jeune fille au teint de poupée. Chuuut, chuuut ! J'y vais, j'y vais !
Mais le mal était fait, le regard de la jeune fille s'était fait perçant et ses grands yeux noirs n'étaient devenus plus que des fentes.
-C'était toi !? murmura-t-elle dangereusement.
Le grand gaillard roux recula en levant les mains comme pour calmer une bête enragée.
-Je peux t'expliquer, Roxane.
-Mais je t'en prie, Gabriel, explique-moi pourquoi tu m'as juré sur tes ancêtres et ta descendance que tu n'y étais pour rien et que c'était Lailoken qui avait foutu le feu à ma robe ! Espèce de sale pourriture putréfiée, je vais te faire avaler tous tes mensonges ! Tu savais très bien que je ne pourrais jamais dire quoique ce soit à Lailoken ! Ah, il est beau ton fameux courage dont tu nous rabâches les oreilles, elle est belle ton éthique inexistante ! Tu n'es qu'un petit manipulateur sans co...
-Roxane ! la réprimanda subitement Helga. Pas devant les enfants !
-Bien, Mr Garnett allez vous asseoir avant que je ne vous mette en retenue pour le mois ! le menaça Minerva dont la patience avait fini par s'étioler. Et vous Miss Savage, asseyez-vous !
Gabriel Garnett fila se trouver une place à la table des Serpentard, bien heureux d'avoir pu échapper à son règlement de comptes. Minerva posa délicatement le Choixpeau sur la tête de Roxane Savage et, à peine entra-t-il en contact avec sa peau, qu'il se mit à hurler : « SERDAIGLE »!
-Au moins cette Répartition-là s'est passée comme prévu, marmonna Salamander. Je n'en reviens toujours pas que le Choixpeau ait réparti Gabriel à Serpentard.
-Ces années en ta compagnie ont dû bouleverser son équilibre intérieur, déclara Helga d'un ton très sérieux.
En quoi le fait que Gabriel Garnett soit un Serpentard était-il si incroyable ? Que Harry Potter ne soit pas réparti à Gryffondor aurait en effet été digne d'un cinéma pareil mais qui était donc ce Gabriel Garnett pour que son statut de Serpentard provoque un tel choc à ses proches connaissances ? Par ailleurs, son interaction avec le Choixpeau avait profondément intrigué Severus. Le garçon avait naturellement utilisé le surnom de l'artefact comme s'il le connaissait depuis longtemps alors que personne au sein de cette école ne savait même que le chapeau avait un surnom. Les mots du Choixpeau avaient aussi été révélateurs : « revenir » avait-il dit. Et non pas venir.
Cela ne faisait qu'une petite heure que les Wyllt et leurs compagnons étaient arrivés à Poudlard et Severus venait d'assister à plus de choses incroyables qu'en seize ans d'enseignements.
-Nathanaël P.S. Wyllt, appella Minerva en désignant l'enfant aux cheveux blancs qui patientait au milieu de l'allée.
P.S. ? Que pouvait donc bien signif...évidemment ! Porter Silverstone ! L'enfant était sensiblement attaché à ses racines, se dit Severus.
-Ce serait assez drôle que le Choixpeau le répartisse à Gryffondor, non ? fit Helga en souriant à son mari.
Salamander grogna.
-Hors de question, Nat' est un pur Serpentard ! Tel père, tel fils !
Severus ricana intérieurement, il ne manquerait plus que Noah Potter soit un Serpentard pour que James Potter ne se retourne dans sa tombe !
-Je n'ai jamais réussi à savoir à quelle Maison il pourrait appartenir, dit Helga d'un air songeur. Il est un parfait mélange des quatre.
-Non, il ira à Serpentard ! grogna de plus belle Salamander. Regarde-le bien, cette prestance, cette aura ! Avec son esprit de stratège -qu'il tient de moi, évidemment !-, son charisme et son envie de réussir, il est sans conteste un Serpentard !
-Tu oublies qu'il est aussi impétueux, énergique, parfois brutal, puissant, qu'il a un sens aiguisé de la justice et qu'il est très courageux…
-Tout ça est secondaire ! répliqua l'homme avec une mauvaise foi évidente. Et il est tu-sais-quoi ! Si cela n'est pas une preuve flagrante de son appartenance à Serpentard, je veux bien m'engager à m'habiller tout en rouge pendant une semaine. Et Merlin sait que je déteste le rouge !
-Tenu ! s'empressa de conclure sa femme, les yeux malicieux.
Helga et Salamander Silverstone étaient pires que des enfants ! Ils étaient tout ce que Severus avait en horreur : ils étaient turbulents, ils jacassaient sans arrêt et semblaient avoir un avis sur tout et sur tout le monde. Mais l'amour qu'ils portaient à Nathanaël était l'évidence même. L'enfant semblait avoir évolué dans l'amour, la joie et le confort émotionnel et Severus en était plus que soulagé. Il était peut-être à l'origine de la mort de ses parents mais lui avoir offert une nouvelle vie avait sans conteste été la meilleure des décisions.
Noah Potter s'approcha du tabouret -Nathanaël ! se morigéna Severus, il allait finir par faire un lapsus malencontreux- et s'y assit avec lenteur. Minerva posa le Choixpeau sur son crâne et s'en suivi la plus longue Répartition qu'il n'eut été donné à Severus d'assister. Il fallut cinq longues minutes pour que le Choixpeau ne rende son verdict.
-POUFSOUFFLE ! s'écria-t-il.
Poufsouffle ? Noah Potter était réparti à Poufsouffle ? De l'avis de Severus, il 'agissait là de la Maison la plus inutile de Poudlard. Personne ne voulait aller à Poufsouffle. C'était la maison des faibles, des pleutres et ses élèves avaient la fâcheuse et dégoûtante habitude de faire preuve d'une loyauté pleine de mièvreries qui l'horripilait.
-Ça a du sens, ronchonna Salamander en fronçant le nez.
-Telle mère, tel fils ! le taquina sa femme. J'ai toujours su qu'il était comme moi !
-Il n'y a pas encore cinq minutes tu disais que tu n'avais jam…
-Tsss, siffla-t-elle, ne sois pas mauvais joueur et assure-toi de ne porter que du rouge dès demain, mon chéri !
Oo
-POUFSOUFFLE !
Nathanaël se leva en souriant, Poufsouffle était une Maison faite pour lui. Il rendit le Choixpeau au professeur non sans saluer l'artefact une dernière fois. Le Choixpeau créé par Godric était contre toute attente un véritable boute-en-train. Il était d'ailleurs persuadé que Godric avait dit quelque chose qu'il n'aurait pas du pour que son artefact ne le répartisse à Serpentard.
Avisant les applaudissements à sa gauche, il rejoint la table qui l'accueillerait durant l'année à venir.
-Hé, le nouveau ! l'apostropha un garçon aux cheveux blonds. Viens t'asseoir avec nous ! Je suis Ernie MacMillan, c'est une belle arrivée que tu nous a faite là !
-Nathanaël Wyllt, se présenta Nathanaël en souriant. Oui, c'était plutôt...bruyant.
-Bruyant ? s'exclama la fille rousse qui lui faisait face. Tu veux dire que c'était incroyable ! Je crois que c'était ma meilleure rentrée à Poudlard. Je m'en souviendrais longtemps ! Mais dis-moi, comment avez-vous fait pour transplaner dans l'enceinte de l'école ? C'est impossible !
-Oui, Nat', comment as-tu fait pour transplaner dans l'enceinte de Poudlard ? répéta Soul d'une voix volontairement geignarde. Vous n'avez pas pu vous empêcher de faire les imbéciles ! Bon courage pour trouver une explication.
Nathanaël leva les yeux au ciel.
-Oh, le Professeur Dumbledore nous a laissé un créneau. Il a abaissé les barrières à nos trois signature magiques juste dans La Grande Salle. Nous venons de loin et il a été assez aimable pour nous rendre se service, mentit-il avec aplomb.
-Ce que tu peux m'agacer, bouda Soul. Tu as toujours réponse à tout.
-Le talent, Soul, c'est le talent ! ricana-t-il silencieusement.
-La rouquine qui parle fort s'appelle Susan Bones, elle est en septième année comme toute la bande, présenta Ernie. Le grand noir c'est Glenn Truman, à sa droite c'est Hannah Abbot et à ta gauche Ian Summerby, il est Attrapeur dans l'équipe de Quidditch. Et juste ici, c'est Justin Finch-Fletchley. Je te présenterai au reste des élèves de septième année tout à l'heure.
-Enchanté ! fit Nathanaël en dévisageant chacune des personnes que venait de lui présenter Ernie.
Ils avaient tous l'air d'être gentils et paraissaient ravis de sa venue.
-Dis-moi, les nouveaux professeurs, ce sont tes parents ? lui demanda Hannah.
-En effet, acquiesça-t-il. Et Lailoken Wyllt est mon grand-père.
Réussir à prononcer cette phrase à voix haute sans rire était un challenge en soit. Quand il avait compris que Lailoken jouerait le rôle de père pour Salazar, il n'avait pas pu garder son sérieux. Il rêvait du moment où il pourrait l'appeler « papy» devant Godric. Son oncle allait en mourir de rire.
-Et qui est le professeur Mir'Drust ? demanda Ian avec un sourire charmeur. J'ai hâte d'avoir cours avec elle !
-Elle est une très bonne amie de la famille, répondit Nathanaël en grinçant involontairement des dents. Et ne t'y trompe pas, elle est redoutable. Comme mon grand-père.
-C'est sûrement une question qu'on t'a posée de nombreuses fois mais...qu'est-il arrivé à ses yeux ? s'enquerra Susan qui ne cessait de fixer les orbites calcinées de Lailoken avec dégoût.
-Je n'en sais pas plus que vous, mentit Nathanaël. Il n'en parle jamais. Vous finirez par vous habituer, ne vous en faites pas !
Nathanaël n'avait jamais connu de pareilles commères. A dire vrai, il n'avait plus jamais eu d'interaction avec des jeunes de son âge à partir du jour où Helga et Salazar l'avait adopté. Et les seuls « jeunes » avec qui il avait des relations étaient une drow, un nain de plus de cent ans ou encore un bambin de six ans. Les relations sociales étaient-elles toujours aussi directes ?
-Souviens-toi de l'orphelinat, les enfants n'avaient pas vraiment de retenue, lui rappella Soul.
-Ils n'avaient qu'une petite huitaine d'années ! protesta Nathanaël. Ça n'a rien à voir.
-Certes, mais huit ans ou dix-sept, cela change-t-il réellement quelque chose ?
-Evidemment ! J'ai dix-sept ans et je n'ai jamais été aussi curieux !
-Oui, c'est vrai que ce n'était pas toi qui voulait absolument découvrir le secret de Salazar…
-Hmm, je veux bien t'accorder ça.
-J'ai toujours raison, il faudrait t'y habituer ! gloussa Soul.
Le banquet de rentrée se déroula dans la joie et la bonne humeur. Mais malgré l'excitation de la nouvelle vie qui s'offrait à lui, Nathanaël ne put réprimer la sensation étrange d'être surveillé. Il sentit comme une multitude d'yeux curieux le dévisager et guetter la moindre de ses réactions.
Mais tout cela n'était qu'une impression idiote, évidemment.
