Helloooooo les endives !

Voici le très attendu Chapitre 36 :)

Je sais que vous avez patientés très longtemps (2 mois, déjà !) mais le voilà, en chair et en os !

Je vous avoue avoir un peu plus de mal à développer toute l'intrigue qui se déroule à Poudlard qui est bien plus complexe et plus riche en événements et en personnages. Je préfère mettre un peu plus de temps à sortir chaque chapitre mais que l'intrigue et la qualité reste inchangée plutôt qu'enchaîner les parutions et me vautrer joyeusement.

En attendant, je vous invite à aller lire Harry Potter ou l'art et la manière de foirer son retour dans le passé dont j'ai posté le premier chapitre il ya quelque temps (j'avais un vide intersidéral pour le chapitre 36...). Pour info, le chapitre 2 de Marius Late ou putain y'a un bug dans la matrice devrait pointer le bout de son nom assez vite aussi !

Et pour finir, je vous invite tous à aller encourager mon meilleur ami Barberousse-l'hypster qui a commencé à écrire une fiction : The Rogue Flashpoint. Laissez-lui une review pour qu'il puisse progresser !

Merci à vous, bande de fifou :)

Au fait, nous allons bientôt passer la barre des 40 000 vues pour cette fiction ^^

Maman est fière !

CyberCoffee


Chapitre 36

À peine eut-il avalé le dernier morceau de son Saint-Honoré que Nathanaël vit la quasi-totalité des élèves de Poudlard se lever.

-Ahem !

Nathanaël se tourna en direction du raclement de gorge pour voir Dumbledore debout sur l'estrade, les mains écartées, qui faisait signe à l'assemblée pour qu'elle aussi se mette sur ses pieds.

Il obtempéra, perplexe.

-Il est temps de terminer ce délicieux banquet pour lequel je tiens à remercier les elfes de maison de l'école pour sa préparation et pour sa réussite. Et maintenant, j'invite tous les élèves à chanter l'Hymne de Poudlard, sur l'air qui leur plaira !

Il agita sa baguette magique comme la baguette d'un chef d'orchestre et la chorale -que Nathanaël eut la surprise de remarquer- se mit à entonner une suite de vocalises lyriques pour s'échauffer la voix, dirigée par un homme minuscule.

Dumbledore secoua une seconde fois sa baguette et un long filin d'or en jaillit, s'enroulant et serpentant pour former les paroles de la chanson.

-Tu n'as qu'à essayer de me suivre, lui chuchota Susan avant de commencer à chanter sur un air qui ne lui disait rien.

« Poudlard, Poudlard, Pou du Lard du Poudlard,
Apprends-nous ce qu'il faut savoir,
Que l'on soit jeune ou vieux ou chauve
Ou qu'on ait les jambes en guimauve,
On veut avoir la tête bien pleine
Jusqu'à en avoir la migraine
Car pour l'instant c'est du jus d'âne,
Qui mijote dans nos crânes,
Oblige-nous à tout étudier,
Répète-nous c'qu'on a oublié,
Fais de ton mieux, qu'on se surpasse
Jusqu'à c'que nos cerveaux crient grâce. »

-A ton avis lequel des quatre a écrit les paroles ? ricana Soul.

-J'aurai tendance à dire Godric, fit Nathanaël en jetant un coup d'œil vers la table des Serpentard à laquelle son oncle hurlait justement la chanson avec entrain.

Les élèves terminèrent leur chanson à des moments différents, suivant les airs qu'ils avaient choisis. Quand plus un son ne fut perçu, Albus Dumbledore battit des mains avec frénésie, déclenchant les applaudissements des étudiants et des autres professeurs.

-Ah, la musique ! s'exclama-t-il, les yeux brillants. Ce sera toujours la plus belle des magies ! Allez, tout le monde au lit !

Un brouhaha emplit la salle et les enfants se mirent à avancer vers la porte en se poussant les uns les autres.

-Par ici les premières années ! s'écria Ernie en levant la main droite qui tenait sa baguette pour y faire apparaître un petit étendard de brume jaune aux armoiries de Poufsouffle. Suis-moi aussi, Nathanaël.

Promptement, la douzaine d'élèves de première année aux cravates d'uniformes noires et ors suivit le jeune homme aux cheveux blonds comme les blés. Il les conduisit dans un dédale de couloirs larges et étroits, soulevant des tapisseries pour dévoiler des passages secrets qui coupaient à travers le château, appuyant sur des pierres pour ouvrir des portes récalcitrantes, chatouillant des chandeliers pour que ceux-ci veuillent bien s'enflammer pour les éclairer. Le chemin parut long et court en même temps, Nathanaël aurait voulu voir encore bien des tours de magie mais ses pieds fatigués par sa longue journée se rappelaient à son bon souvenir.

Au détour d'un couloir, Ernie ralentit jusqu'à s'arrêter complètement devant le gigantesque tableau d'une nature morte.

-Si vous chatouillez la poire de la peinture, vous pourrez accéder aux cuisines, expliqua-t-il. Les elfes de maisons sont toujours ravis de concocter ce qui nous fait plaisir.

Puis il se tourna vers les immenses tonneaux de bois qui se trouvaient juste à côté du tableau, empilés les uns sur les autres, à l'horizontale. D'un geste vif, il rangea sa baguette et l'étendard mouvant disparut aussitôt.

-Bien, c'est ici que se trouve l'entrée du dortoir des Poufsouffle, fit Ernie en regardant son auditoire, pendu à ses lèvres. Pour entrer, il vous suffit de taper au rythme de « Helga Poufsouffle » sur le tonneau du milieu, le plus gros. Il s'ouvrira et nous pourrons descendre dans les profondeurs de Poudlard pour accéder à la salle commune. Pour votre information, la maison Poufsouffle n'a plus jamais fait face à l'intrusion d'inconnus depuis plus de mille ans. Je vous invite à garder cela à l'esprit quand vous voudrez impressionner vos amis des maisons voisines en dévoilant l'endroit où nos dortoirs se cachent. De toute manière, si l'un d'entre eux essayait de rentrer sans qu'on l'y ait invité, il se retrouvera envoyé immédiatement dans le bureau de Mrs Chourave, notre directrice de Maison.

Une fois qu'il fut sûr d'avoir vu toutes les têtes acquiescer à sa mise en garde, Ernie cogna sur le tonneau : cinq coups francs, entrecoupés de pauses plus ou moins longues que Nathanaël s'empressa de retenir. Devant les yeux brillants des élèves de premières années dont certains n'avaient encore jamais vu de magie jusqu'au matin même, les panneaux du tonneau se plièrent sur eux-mêmes comme deux paravents et dévoilèrent un escalier étroit et sombre qui menait dans les entrailles du château. Ernie s'engouffra sans plus attendre dans le trou béant et tapa deux fois sur une pierre légèrement plus blanche que les autres pour que les chandeliers ne daignent éclairer leur descente.

-Ne vous avisez surtout pas de grogner contre les chandeliers, les prévînt-il, ils sont très susceptibles et peuvent bouder pendant des semaines ! L'année dernière, un élève de seconde année en a fait les frais et le pauvre a dû descendre dans le noir pendant un mois !

Nathanaël attendit que chaque élève de première année soit entré dans le tonneau pour fermer la marche. Dès que son corps fut entièrement passé de l'autre côté de l'entrée, les panneaux se déplièrent et fermèrent l'accès. L'escalier était tortueux. Tantôt une marche était deux fois plus épaisse que ses voisines, tantôt une autre gigotait quand vous y mettiez le pied. Il se promit de ne jamais faire quoique ce soit qui pouvait vexer les chandeliers : sans lumière, descendre devenait périlleux. L'exercice fut difficile mais ils finirent par arriver au bout de la trentaine de marches qui les séparaient de leur salle commune.

Circulaire et basse de plafond, celle-ci faisait penser à un terrier. Les pierres des murs de la salle avaient une étrange teinte ocre, et Nathanaël ne sut dire si cela était simplement un choix esthétique ou si cela était dû au fait qu'ils se trouvaient sous terre.

Étonnamment, la pièce était baignée des rayons du soleil qui filtraient au travers des fenêtres en demi-cercles qui rasaient le plafond et par lesquelles on distinguait de l'herbe et deux ou trois pâquerettes. Ils avaient le nez au niveau de la pelouse des jardins de Poudlard. A sa droite, une cheminée sur laquelle étaient gravés des blaireaux dansants et juste devant, une multitude de fauteuils à l'air tous plus confortables les uns que les autres. A sa gauche, une longue table de bois aux reflets miels sûrement installée là pour que les élèves puissent y faire leurs devoirs ou encore jouer à des jeux de sociétés.

Et, absolument partout, des plantes.

Des petites, des grandes, des touffues, des rachitiques, des vertes claires, des vertes foncées, des rouges, des jaunes, des immobiles, des dansantes, des parlantes, des chantantes, des grimpantes, des rampantes. Il vit même un élève accourir pour en arroser une qui s'était enflammée elle-même en éternuant.

Ernie souriait.

-Vous devriez voir vos têtes, les gars ! s'exclama-t-il. Mais je vous rassure, tout le monde est passé par là ! Sans vouloir vanter la maison Poufsouffle, nous possédons la plus belle salle commune des Quatre Maisons. Allez, venez visiter vos dortoirs ! Les garçons, suivez-moi. Les filles, vous allez à côté, Susan vous attends pour vous faire découvrir vos dortoirs.

Et sans plus attendre, il s'engouffra par l'une des deux portes en bois rondes qui se trouvaient à l'opposé de l'entrée de la salle commune. Sur le mur, entre les deux portes, était accroché un portait d'une femme rondouillarde qui saluait les élèves en souriant largement et en levant une coupe pleine de vin.

-Attends…murmura Soul en pouffant, c'est…non…Helga ?

-Il ne faut jamais qu'elle vienne ici, continua Nathanaël qui imaginait que trop bien la réaction cataclysmique qu'aurait sa mère en découvrant ce portrait.

-Jamais !

-Poudlard ne s'en remettrait pas.

-Assurément.

La promesse de tout faire pour que sa mère n'approche jamais de près ou de loin de la salle commune des Poufsouffle faite, Nathanaël suivit les garçons de première année par la porte ronde qu'avait empruntée Ernie. Un escalier en colimaçon montait le long des murs d'une des nombreuses tours du château. Arrivés au premier palier, Ernie s'arrêta et ouvrit la seule porte en bois qui s'y trouvait.

-Les premières années, voici votre dortoir ! Entrez !

Il s'écarta et laissa passer les six garçons surexcités qui se poussèrent pour découvrir leur chambre.

-Nat', toi tu viendras avec moi au septième palier, ton lit est en haut ! lui dit Ernie en souriant.

-Un palier par année ? devina ce dernier.

-Tout à fait ! Je leur donne les dernières instructions et j'arrive. Attends-moi là !

Et il entra dans le dortoir des premières années pour en ressortir deux minutes plus tard. Il tapota gentiment le dos de Nathanaël et l'invita à passer devant lui dans les escaliers.

-Tu vas adorer, tu verras.

Arrivé au septième palier, Nathanaël abaissa la poignée et ouvrit la porte. Tout comme la salle commune, le dortoir était une pièce circulaire. Un âtre trônait au centre de la pièce, cerné de toutes parts par des poufs plus moelleux les uns que les autres. Au lieu des lits habituels, des niches avaient été creusées dans les murs de la tour dans lesquelles d'épaisses courtepointes en patchworks recouvraient chaque matelas.

Toute la décoration avait été choisie avec extrêmement de goût.

-C'est douillet, finit-il par dire à voix haute en souriant. J'adore !

-Je te l'avais bien dit ! s'exclama Ernie.

La porte s'ouvrit à nouveau et le reste des garçons de septième année entra en riant à gorges déployées en se poussant les uns les autres.

-Bien, tu connais déjà Glenn, Ian et Justin, fit le Préfet en Chef en désignant les trois garçons avec lesquels il avait mangé au banquet. Les deux autres gars de septième année sont ces deux lascars.

-Enchanté, salua Nathanaël les deux nouvelles têtes que lui présentaient Ernie.

-De même ! s'exclama le très grand garçon aux cheveux blonds vénitiens et aux tâches de rousseurs qui se tenait à droite de Glenn. Je m'appelle Terrence Delvire.

Le second, plus petit et enrobé lui sourit avant de lui serrer la main.

-Et moi c'est Barry Forward, bienvenue dans le Terrier des Blaireaux !

-Je suis ravi d'en faire partie ! répondit Nathanaël en souriant de plus belle.

-Trêve de politesse, place à la fête ! s'écria Ernie en déboutonnant sa robe de sorcier pour se mettre à l'aise.

Oo

-Nat', réveille-toi ! murmura Soul quand il fut cinq heures tapantes.

Nathanaël grogna, il s'était couché il y avait à peine deux heures. Les garçons de Poufsouffle de septième année avaient tenu à fêter dignement son arrivée au sein de leur maison et avaient ouvert plusieurs bouteilles de whisky-pur-feu que Terrence et Barry avaient faites passer illégalement dans l'enceinte de l'école.

Il s'était avéré que Terrence Delvire et Barry Forward étaient les pourvoyeurs officieux de tout ce qui n'était pas toléré par le règlement de l'école. Ils avaient mis en place une combine bien huilée qui leur avait permis de monter une florissante affaire. Les deux compères se côtoyaient depuis leur plus tendre enfance car leurs pères respectifs étaient amis et travaillaient tous deux au Ministère de la Magie, au Service de Régulation des Créatures Magiques, et ils comptaient bien créer leur entreprise ensemble.

-Tu vas faire attendre Chiri, le morigéna Soul de sa voix moralisatrice.

-Je me lève, je me lève ! grogna Nathanaël en soulevant lentement le drap de coton qui le recouvrait.

Péniblement, il s'extirpa de sa niche douillette et enfila les affaires qu'il avait mises pendant ses années d'apprentissage. Les nombreux trous et brûlures qui parsemaient le tissu témoignaient de la dureté des entraînements dispensés par Lailoken. Fin prêt, il sortit du dortoir et descendit en silence l'escalier en colimaçon. Il n'y avait pas âme qui vive dans la salle commune.

Il ne put s'empêcher de pouffer en passant prêt du portrait de Helga et fila en vitesse pour grimper les escaliers capricieux qui menaient à l'entrée du « Terrier » .

Les couloirs de l'école étaient déserts et Nathanaël apprécia la douce sérénité qui régnait alentours.

S'il avait toujours su qu'avoir Soul dans sa tête était une bonne chose, cette vérité déjà établie se vérifia une fois de plus quand il se perdit plusieurs fois dans le dédale de couloirs qui se ressemblaient tous. Ce fut grâce à elle qu'il put trouver la Grande Porte sans trop d'encombres.

Chiridirelle l'y attendait déjà.

Adossée au bois sombre, elle avait les yeux fermés et semblait être plongée dans de profondes réflexions mais l'infime tension dans sa posture lui indiquait qu'elle était prête à se défendre si le besoin se faisait sentir. L'elfe noire avait toujours été de nature méfiante. Elle n'abaisserait jamais sa garde dans un endroit inconnu.

-Tu es en retard ! lui lança-t-elle en guise de bonjour en esquissant un petit sourire narquois.

-C'est de la faute de Soul, marmonna Nathanaël avec mauvaise foi.

-Tu es gonflé, sans moi tu serais toujours en train de chercher ton chemin ! s'exclama Soul aussi bien dans sa tête que dans la tête de Chiridirelle.

-Ne t'en fais pas Soul, je ne crois pas un mot de ce qu'il peut bien me dire, la rassura l'elfe noire en se décollant du mur pour avancer vers la sortie.

Malgré l'heure matinale, il faisait déjà très lourd dehors. L'air était rempli d'une électricité qui annonçait des orages dans la journée.

-Je ne comprends pas pourquoi ma parole a si peu de valeur à tes yeux, Chiri ! ronchonna Nathanaël en mimant bouder.

-L'histoire du garçon qui criait au loup ne te dit rien ? souleva Soul avec justesse. L'avantage c'est que le jour où ce sera réellement moi la coupable personne ne te croira…

-Et tu aurais bien raison de lui jouer un mauvais tour ! ajouta Chiridirelle en riant aux éclats.

Voir le visage de son amie s'illuminer ainsi enleva toute envie à Nathanaël de débattre plus longtemps. La beauté de l'elfe noire se décuplait toujours lorsqu'elle était heureuse. Et en ce moment elle rayonnait.

Nathanaël lui flanqua une tape sur les fesses et s'élança à petites foulées dans la cour.

-Allez, on est censés s'entraîner, « Professeur Mir'Drust » !

-Tu ne perds rien pour attendre ! lui cria son amie en lui courant après.

Ils firent ensemble le tour entier de la propriété de Poudlard, longèrent la Forêt Interdite, traversèrent les serres et finirent leur course près du lac en soufflant.

-Ça décrasse ! ricana Nathanaël, trempé de sueur.

-Ça fait un bien fou, ajouta Chiridirelle en acquiesçant avant de s'allonger à même le sol.

Le soleil brillait et ses rayons tapaient déjà avec force. Il ne devait plus être très loin de 6 h 30. Les cours ne commençant pas avant neuf heures, ils avaient encore du temps devant eux. Nathanaël s'assit à côté de son amie et ferma les yeux pour mieux ressentir la chaleur du soleil sur sa peau. Il sentit la main de l'elfe lui caresser le bras et rouvrit doucement les yeux.

Chiridirelle le fixait avec intensité.

-Il va falloir arrêter, lui murmura-t-elle.

Il n'eut pas besoin qu'elle exprime ses pensées pour les comprendre. Dans l'enceinte de Poudlard, leur relation devait rester platonique. Être amants n'était pas envisageable. Nathanaël avait toujours su que ce jour arriverait. Il lui sourit en hochant la tête.

-Ce soir, disons-nous au revoir, dit-il simplement.

Chiridirelle n'eut pas non plus besoin d'acquiescer, elle en avait autant envie que lui.

-Bon ! s'exclama-t-elle soudainement en faisant une cabriole pour se remettre sur ses pieds. Il reste du temps pour un petit combat à mains nues, Nat' !

Ce dernier se saisit de la main qu'elle lui tendait et ils se firent bientôt face, tous leurs sens aux aguets. Ce fut Chiridirelle qui lança l'offensive en prenant appui sur une de ses jambes tandis que l'autre fouettait l'air pour atteindre la tempe de son adversaire. Celui-ci para au dernier moment, enroula son poignet autour de la cheville de l'elfe et emprisonna son pied entre ses bras pour effectuer une torsion. Profitant du mouvement engagé par son opposant, l'elfe se glissa entre ses jambes et le propre poids de Nathanaël lui fit perdre l'équilibre. Il lâcha prise mais roula habilement sur le dos et se releva aussitôt, en garde.

Il marqua une seconde d'arrêt avant de se jeter sur son adversaire. Il se saisit de ses poignets, les tordit et écarta la garde de l'elfe pour lui asséner un coup de pied avant qui la projeta sur deux bons mètres. Ce ne fut que grâce à son agilité qu'elle put arquer son corps, se réceptionner sur ses mains et utiliser l'élan du coup pour donner l'impulsion qui lui permit de se réceptionner une nouvelle fois, sur ses jambes.

-Ce n'est pas mal ! lança-t-elle en souriant, dévoilant ses incisives plus longues que la normale.

-J'ai eu un bon professeur, Professeur, répondit Nathanaël en remontant ses mains à hauteur de visage pour parfaire sa position.

Il ne vit pas venir l'attaque qui suivit, Chiridirelle se déplaça avec tellement de vitesse qu'il ne put parer l'enchaînement de coups de coudes et de coups de genoux qu'elle lui infligea avec une impressionnante puissance. Une douleur aiguë lui transperça l'abdomen : elle venait de lui casser des côtes. Sa respiration se fit difficile, chaque inspiration était devenue un vrai calvaire. Quoiqu'il ait toujours pu dire des entraînements barbares de Lailoken, ils avaient au moins eu le mérite d'élever son seuil de tolérance à la douleur et il ne lui suffit qu'à occluder pour faire disparaître cette gêne.

Comme s'il n'avait jamais eu de côtes brisées, il passa à l'offensive. Leur dernier combat s'était soldé par un échec de sa part et il comptait bien inverser la tendance par pur esprit de compétition. Il s'accroupit tout en balayant les jambes de Chiridirelle qui ne s'attendait pas à une récupération aussi rapide et ne réagit pas assez vite pour éviter de tomber à la renverse. Nathanaël profita de cette exposition pour l'immobiliser au sol.

L'elfe était en assez mauvaise posture. Elle mit un moment à se dégager et n'y parvînt qu'en lui balançant son crâne dans le menton. Nathanaël fut sonné une petite seconde, qui fut plus que suffisante à son adversaire pour se faufiler hors de sa portée.

-Tu capitules ? demanda Chiridirelle en souriant.

-Que tu crois ! ricana Nathanaël en crachant le sang qui s'accumulait dans sa bouche.

Ils se fixèrent, chacun essayant de déceler une faiblesse exploitable chez l'autre. Nathanaël remarqua alors que le poignet droit de l'elfe tremblait très légèrement. Était-ce dû à la torsion qu'il lui avait infligé ou à sa réception hâtive quand il l'avait repoussée d'un coup de pied ? Toujours était-il qu'il allait pouvoir s'en servir pour gagner ce combat. Une rapide analyse lui indiqua qu'il lui faudrait feinter pour atteindre l'angle parfait pour maîtriser l'elfe noire. Chiridirelle était plus agile, plus rapide et plus expérimentée que lui, il lui faudrait donc se montrer plus patient, plus malin et plus méthodique s'il voulait la piéger.

L'elfe noire attaqua et Nathanaël para tout en lui laissant gagner du terrain. Elle devait croire qu'il faiblissait. L'elfe enchaîna coups sur coups et le sorcier les encaissa un à un sans broncher. Des gerbes de sang éclaboussaient l'herbe verte de la pelouse des jardins de Poudlard. Quand il sentit que Chiridirelle était grisée par sa victoire imminente, il s'affaissa au sol, dévoilant sa nuque pour qu'elle s'engouffre dans cette faille si alléchante. A peine eu-t-elle frôlé sa peau que Nathanaël bascula sur le côté en agrippant son bras pour l'entraîner dans sa chute. Surprise, Chiridirelle s'affala au sol la tête la première et le sorcier en profita pour l'immobiliser entre ses jambes et pour tordre son poignet jusqu'à ce qu'un craquement écœurant retentisse et que l'elfe grimace de douleur.

Le combat était terminé, il avait gagné.

Oo

Harry n'avait pas bien dormi. Il n'avait cessé de se tourner et se retourner dans son lit en pensant à ce nouvel élève si mystérieux. Il n'avait pas rêvé cette sensation, aussi fugace soit-elle. Toute la nuit il avait imaginé divers scénarios, tous plus abracadabrants les uns que les autres, et les premiers rayons de soleil avaient fini par teinter le ciel d'un joli rose sans qu'il n'ait pu fermer un œil.

Il était désormais inutile d'essayer de rattraper sa nuit blanche, il devrait de toute manière se lever dans moins d'une trentaine de minutes. Sans bruit, il s'extirpa de son lit et sélectionna sans vraiment y prêter attention les habits qu'il porterait pour la journée.

Cinq minutes plus tard, il descendait les escaliers qui menaient à la salle commune des Gryffondor, vide à cette heure encore bien matinale. Il s'assit sans conviction dans un des nombreux fauteuils moelleux que comptaient la salle et plongea une fois de plus dans ses pensées. Quand il ne pensait pas au nouveau, il pensait à Voldemort et à la guerre.

-Arrête de te lamenter, Harry ! finit-il par soupirer à voix haute.

Décidant que rester oisif ne lui apporterait rien de bon, il se leva et sortit de la salle commune pour aller rendre visite à Sirius. Oh, il était certain de le réveiller –de mauvaise humeur- à cette heure-ci mais il n'avait aucune envie de rester seul en cet instant.

Il traversa le château d'un bon pas et, alors qu'il allait tourner à l'angle du quatrième couloir sud du rez-de-chaussée pour rattraper le septième couloir sud-ouest, il entendit des éclats de voix. Il s'arrêta net, l'expérience lui avait appris que s'il s'agissait de Malefoy et de sa bande de décérébrés, il valait mieux battre en retraite. Seul un fou se jetterait dans une bataille qu'il savait perdue d'avance.

Les voix se rapprochaient. Il n'avait pas eu la présence d'esprit d'emmener sa cape d'invisibilité et aucun renfoncement dans les murs ou aucune statue ne pouvait le dissimuler aux yeux des arrivants. Heureusement que Sirius lui avait appris cet été le très pratiquement enchantement de désillusion.

Il fut entièrement masqué à la seconde où Nathanaël Wyllt et le Professeur Mir'Drust apparurent dans le couloir. L'un comme l'autre étaient recouverts de blessures et d'éclaboussures de sang frais. Le professeur soutenait Wyllt qui peinait visiblement à marcher.

-Neuf cent cinquante-trois défaites, six égalités et désormais dix-sept victoires ! s'exclama-t-il avant de se mettre à tousser, ce qui lui arracha une plainte de douleur.

-Tu progresses vite, Nat', répondit la jeune femme en souriant.

-C'est bien la première fois que j'arrive à t'immobiliser complètement ! enchaîna-t-il en riant. J'ai même réussi à te casser le poignet !

Le professeur soupira en fronçant le nez et Harry réprima un hoquet de surprise. Wyllt venait-il de déclarer comme si ce n'était rien qu'il avait brisé le poignet du professeur Mir'Drust ? Certes, Chiridirelle Mir'Drust allait enseigner le combat à mains nues mais allaient-ils devoir faire preuve d'autant de violence lors de leurs cours ? La perspective de sentir les os céder sous la pression et entendre leurs craquements écœurants le mit mal à l'aise.

-Soul ! s'écria subitement Wyllt. Il faut toujours que tu minimises mes victoires !

-En attendant elle a raison, ricana la jeune femme, tu m'as peut-être brisé le poignet mais j'ai broyé plusieurs de tes côtes.

Surpris, Harry tourna la tête de gauche à droite mais ne vit personne d'autre. A qui parlaient-ils ?

-Gnagnagna ! la singea Wyllt en faisant la grimace. Oh, n'en rajoute pas, Soul ! Tu es censée être de mon côté, je te rappelle ! Je t'en foutrais de la solidarité féminine, moi ! Traîtresse !

Le professeur Mir'Drust se mit à rire et Wyllt finit par être gagné par son hilarité avant de gémir et de se plier en deux en se tenant le ventre.

-Oh, tu ne m'as pas loupé ! grinça-t-il. Dépêchons-nous d'aller voir Maman, il ne faudrait pas que des élèves nous voient dans cet état ou Lailoken va râler !

-Il n'aurait pas tord, il nous a ordonné de nous tenir tranquille et de faire profil bas.

-Je suis certain que ses yeux auront plus fait parler d'eux que notre entrée fracassante d'elle!

Harry observa les deux nouveaux s'éloigner et bifurquer à gauche. Lui qui n'avait cessé de penser à Nathanaël Wyllt toute la nuit venait d'assister à une scène bien étrange qui le laissa encore plus songeur que la veille.

Il fallait absolument qu'il en parle à Ron et Hermione.