Eh...salut !
Comment se passent vos vacances, les endives ? Les miennes viennent de commencer et l'inspiration m'a frappé comme ça, sans prévenir ! Je sens que ces vacances vont être productives et que je vais bien avancer mes histoires ^^
Je vous laisse donc avec le Chapitre 37, vous pourrez le lire à la plage, à la montagne, là où vous êtes !
Faites-moi un coucou, dîtes-moi d'où vous le lisez !
Plein de bisous sur les fesses et pensez à bien boire et à mettre de la crème solaire, hein !
Bonne lecture estivale :)
CyberCoffee
Chapitre 37
Rowena soupira d'aise avant de s'étirer en gémissant dans ses draps. Peut-être vivre à nouveau à Poudlard en temps qu'élève serait-il plus agréable que ce qu'elle avait préconisé ?
-Roxane, es-tu levée ? demanda Su Li, une de ses camarades de septième année de Serdaigle.
-Presque ! dit-elle en profitant encore un petit moment de la douceur des draps en coton égyptien.
-Dépêche-toi ! Nous allons bientôt descendre et je dois à nouveau te montrer le chemin jusqu'à la Grande Salle, lui rappela Su.
-Pas la peine de m'attendre, je connais le chemin ! répliqua-t-elle.
Il y eut un silence étrange avant que sa camarade ne reprenne :
-Tu…connais le chemin ? demanda-t-elle, perplexe.
Rowena se morigéna en silence : en effet, comment aurait-elle pu connaître le chemin qu'il fallait emprunter dans ce dédale de couloirs si elle ne l'avait parcouru qu'une seule et unique fois, en sens inverse ?
-Euh…j'ai une excellente mémoire ? risqua-t-elle en fronçant les sourcils.
-Ah…fit Su, dubitative. Bon, à toute à l'heure dans ce cas !
Rowena se laissa tomber sur son lit dès que toutes ses camarades furent sorties du dortoir. Mis à part Helga, elle avait toujours eu du mal avec les filles de son âge. Alors évoluer avec des filles de plus de mille vingt ans de moins qu'elle allait être un véritable calvaire ! Rowena avait toujours préféré la compagnie au combien plus agréable des garçons. Quand les filles se querellaient pendant des semaines sur un sujet idiot, les garçons se battaient une bonne fois pour toute, s'accolaient en riant et n'en parlaient plus jamais. Ah que n'aurait-elle pas donné pour être elle-même un homme !
La sorcière souffla avant de se lever et de se préparer pour cette première journée « de l'autre côté du bureau du professeur ». Il n'aurait pas été totalement honnête de dire qu'elle n'appréhendait pas du tout les prochaines heures. Comment allaient-ils cacher leur puissance, tous autant qu'ils étaient ? Rien que leur arrivée en fanfare la veille devait avoir intrigué plus d'une personne dans la Grande Salle. Ce ne serait pas une partie de plaisir, de cela elle était certaine.
Rowena inspira une grande bouffée d'air, pour se donner le courage nécessaire de descendre les escaliers qui menaient à la salle commune des Serdaigle. Elle n'avait pas encore atteint les dernières marches que la lumière du jour illuminait déjà l'espace. La salle commune était restée telle qu'elle l'avait aménagée bien des années auparavant : la rangée de fenêtres en arcades aussi hautes que belles longeait les murs de la tour dans laquelle la salle se trouvait, le plafond en dôme était constellé des étoiles qu'elle avait intégrées à l'aide d'un sort particulièrement astucieux -celui-là même qu'elle avait réutilisé pour créer le même plafond dans son boudoir à La Citadelle et les voiles de tissus bleu-nuit tendus aux murs rendaient toujours l'ambiance aussi aérienne que dans ses souvenirs.
Ce n'est qu'en se retournant et en dévisageant la statue à son effigie dans la grande niche qui abritait la bibliothèque qu'elle se renfrogna. Outre le fait que l'art de l'époque n'avait finalement rien de flatteur pour sa personne, ce qui la chagrinait le plus était de voir la représentation en pierre de son diadème.
Si elle avait su ce que celui-ci allait engendrer quand Lailoken le lui avait offert, elle aurait poliment décliné ce cadeau empoisonné. Aujourd'hui, elle n'avait plus aucune idée d'où était caché l'objet de sa souffrance et ne s'en sentait que plus rassérénée. Il valait mieux pour tout le monde que cette relique de malheur repose à jamais au fond du lit d'un fleuve plutôt qu'il n'entre en possession de quelques chercheurs mal intentionnés.
Une vague de franche mélancolie la frappa subitement. Elle secoua furieusement la tête pour la chasser au plus profond d'elle.
Tout ceci était du passé.
Elle sortit de la salle d'un pas décidé et ce ne fut que parce qu'elle se cogna à quelqu'un qu'elle réalisa qu'elle avait rejoint la Grande Salle.
-Je ne sais pas ce qu'il se passe dans ta tête mais regarde ou tu vas, Rowena ! la rabroua Salazar en grommelant. Je passe un très mauvais début de journée sans que tu n'en rajoutes.
La sorcière le dévisagea et sourit de toutes ses dents.
-Laz' ! s'exclama-t-elle avant de froncer les sourcils. Tu…as quelque chose de différent…
-Sans blague ! marmonna-t-il avec une moue de dégoût.
-Oui, vraiment…continua Rowena qui le détaillait avec application.
-Rigole une bonne fois pour toutes et par pitié, ignore-moi pour le reste de la journée, veux-tu !?
-N'y compte pas ! s'esclaffa Rowena en ne cessant de fixer la robe de sorcier de son ami. Le rouge rehausse ton teint à merveille, tu es à croquer ! Attends, ne pars pas si vite, je veux absolument voir la tête des autres quand ils vont te voir arriver !
Salazar mit un soin particulier à l'ignorer et à continuer son chemin tout en relevant la tête. Il devait rester digne. Il fixa sa chaise vide à la table des professeurs et traversa la Grande Salle d'un pas décidé, le menton en l'air. Il était heureux qu'il fût aussi doué en Occlumencie et qu'il réussisse à garder toute sa contenance quand il sentit les regards moqueurs de ses proches sur sa tenue.
-Tu es…absolument fantastique dans cette couleur, commenta sa femme tout en cachant sa bouche de sa main pour étouffer ses hoquets de rires.
-Tout me va à ravir, ma chérie ! répondit Salazar en s'efforçant de rendre son ton le plus enjoué possible.
Il tendit la main vers la carafe de jus de citrouille et ce fut à ce moment précis qu'il croisa le regard de Godric qui pétillait d'amusement. Il lui fit un signe de tête et s'obligea à lui sourire. Godric explosa alors d'un rire gras, faisant sursauter les personnes autour de lui.
Un rapide coup d'œil lui indiqua que ni Nathanaël ni Chiridirelle n'étaient encore arrivés et il sut alors que son humiliation n'était pas encore terminée. Mais en attendant il pouvait tout de même noyer sa honte dans son café matinal.
Il se servit un large bol du café bien noir qu'il prenait habituellement et se cacha derrière, essayant tant bien que mal d'ignorer les ricanements incessants de son vieil ami.
Oo
Godric rattrapa Rowena qui marchait à la suite de filles de sa maison dans le couloir qui menait à la salle de classe où se déroulerait leur premier cours. Lors de la distribution des emplois du temps, il avait découvert avec surprise que tous les élèves de septième année avaient généralement cours tous ensemble. A vrai dire, cela lui avait ôté un poids qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir sur l'estomac.
Pourquoi avait-il fallu que ce soit lui qui joue l'élève ? Il n'était en aucun cas fait pour toute cette mascarade et craignait de malencontreusement ruiner leur couverture.
-Roxie ! Appela-t-il en prenant bien garde à appeler son amie par son nom d'emprunt.
Celle-ci se retourna et lui jeta un coup d'œil peu amène.
Rowena n'avait pas pu garder dans l'enceinte de Poudlard l'enchantement si pratique apposé sur leurs prénoms. En effet, la magie ambiante qui y régnait et le nombre de personnes y vivant l'avaient contrainte à devoir annuler ce sort. Elle ne pouvait après tout pas contrôler les nombreux sorts apposés sur Nathanaël et sur Chiridirelle et garder cet enchantement-ci actif. Toute Fondatrice qu'elle était, cela représentait une perte de magie considérable.
-Ne fais pas l'erreur de penser que j'ai oublié ce que le Choixpeau a dit hier ! le menaça-t-elle en guise de salutations.
-Ce que tu peux être rancunière…marmonna-t-il en faisant la moue.
-Ma robe en soie de Bombyx Mori, Gabriel ! grogna-t-elle. En soie de Bombyx Mori ! As-tu une idée des prix de ce genre de tissu ces temps-ci ?
-Euh…non ?
-Exactement ! aboya-t-elle. Parce que ça n'existe plus !
Godric déglutit en voyant l'air commencer à se regrouper dans les mains de son amie. Il sauta immédiatement dessus pour cacher et interrompre son invocation.
-A quoi joues-tu !? chuchota-t-il furieusement. Tu ne peux pas invoquer un Élémentaire ici !
Rowena se mit à rougir, elle avait complètement oublié ce détail. Elle tourna la tête dans tous les sens pour vérifier que personne ne traînait encore dans les parages et n'ait pu voir la scène.
-Oh merde, s'excusa-t-elle quand elle fut certaine de n'avoir commis aucun impair. Je vais avoir du mal à me faire à toutes ces restrictions de magie…
-Une chance qu'on ait tous nos cours ensemble, ricana Godric. On va pouvoir se soutenir moralement… Mais au fait, où est Nat' ?
-A ton avis ? répliqua Rowena en continuant son chemin sans l'attendre.
Godric fit la moue avant de presser le pas pour marcher à sa hauteur.
-Il s'agirait de ne pas arriver en retard dès le premier jour, ça ferait tâche.
-Il sera à l'heure, tu verras ! On dirait Laz', un vrai papa-poule !
Le sorcier roux la toisa de ses deux mètres et pinça les lèvres.
-Tu peux parler, tu es la première à lui avoir collé des dizaines de protections sur le dos avant qu'on ne parte de La Citadelle…
Ils bifurquèrent à gauche et rattrapèrent le reste des élèves qui commençaient déjà à entrer dans la salle de classe. Rowena sourit de contentement quand elle vit Nathanaël assis au fond de la salle, leur faisant de grands gestes pour qu'ils viennent s'installer à ses côtés.
-Alors cette première nuit à Poudlard ? demanda Godric en collant une tape à faire voler un bœuf dans le dos de son neveu.
-Magique ! répondit Nathanaël en souriant. J'adore le dortoir des Poufsouffle, il est incroyable ! Et les élèves sont tous très accueillants, nous avons fêté mon arrivée en grandes pompes. D'ailleurs j'ai eu du mal à me lever pour aller courir avec Chiri…
-Vous ne m'avez même pas prévenu ! geint le sorcier roux.
-Ne le prends pas mal, nous avions certaines choses à nous dire, avoua Nathanaël avec mélancolie.
Godric eut le bon goût de ne pas insister et le sorcier lui en fut reconnaissant.
-Mais demain je vous rejoins !
-Rendez-vous à cinq heures et demi à la Grande Porte, fit Nat' en souriant.
-Tu n'as pas encore vu ton père ? lui demanda soudainement Rowena.
-Si, je suis allé demander à Maman de soigner mes côtes ce matin très tôt, répondit-il.
Rowena ne releva pas le fait que son neveu s'était encore cassé quelque chose et attendit son fou rire mais celui-ci ne vînt pas.
-Et…il n'avait rien de particulier ?
-Non, pourquoi ?
-Rien d'inhabituel ? insista Godric.
-Non…
-Rien du tout ? renchérit Rowena.
-Non, je vous dis ! s'agaça Nathanaël qui ne comprenait pas où ils voulaient en venir.
-Bien, bien ! s'exclamèrent-ils dans un bel ensemble.
-Que devait-il avoir ? demanda Nathanaël dont la curiosité était désormais piquée au vif.
-Tu le sauras bien assez tôt ! chuchota Rowena tandis que le Professeur McGonagall se postait devant son bureau, ses lèvres éternellement pincées.
-Bien, commença le professeur pour réclamer le silence. Vous tous êtes au commencement de votre dernière année entre ces murs. J'attends donc de vous un travail irréprochable et une envie d'apprendre insatiable. J'attends de vous une discipline de fer et une maturité exemplaire. Il est hors de question que vos divergences d'opinions et les rivalités inter-maisons nuisent au bon déroulement de ces cours. J'entends bien mettre dehors tout élève qui transgresserait l'une des règles que je viens de vous exposer. Est-ce bien clair ?
-Oui, professeur McGonagall ! scandèrent tous les élèves.
Godric jeta un coup d'œil à Rowena puis à Nathanaël pour les voir aussi impressionnés que lui. Ce professeur tenait sa classe d'une main de fer et semblait avoir gagné le respect de tous les étudiants. Pas un seul rigolo ne s'amusa à ricaner ou à remettre en question son discours.
-Avant toutes choses, Miss Savage et Messieurs Wyllt et Garnett, je vous invite à venir me rejoindre à mon bureau, dit-elle. Je dois vous faire passer quelques tests afin de pouvoir évaluer vos niveaux respectifs. Chose que j'aurais pu faire avant votre arrivée si le Professeur Dumbledore m'avait prévenu de votre venue…il m'a certifié que vous aviez bien plus que le niveau requis mais je tiens à m'en assurer moi-même, ne vous en déplaise.
Les trois compères se levèrent et s'alignèrent docilement à côté du bureau professoral sous les yeux curieux du reste de la classe.
-Bien, Miss Savage, métamorphosez-moi cette allumette en aiguille, s'il vous plaît.
Rowena s'exécuta -dubitative devant la nécessité d'une épreuve si simple- et une seconde plus tard, une aiguille argentée apparue à la place de l'allumette.
-C'est très bien, la félicita le professeur. Une transition très fluide et un respect des composants exceptionnel. Belle maîtrise ! Maintenant, je veux que vous me changiez ce livre en oreiller à plumes d'oies. Attention, je veux un oreiller moelleux mais avec du corps !
De nouveau, la sorcière s'appliqua à accéder à la demande. Quelques instants plus tard, un bel oreiller à l'air confortable remplaça le livre. La vieille dame s'approcha et le tâta en plissant les yeux.
-Une réelle maîtrise, Miss Savage ! murmura-t-elle, impressionnée. Albus n'avait pas menti. Devrai-je…non, ce n'est pas possible. Ou…Miss Savage, seriez-vous capable de métamorphoser ce bureau en cochon ?
Sans un mot Rowena s'approcha du bureau, marmonna la formule dans sa barbe et agita sa baguette. Mais seuls des oreilles roses, un groin et une queue en tire-bouchon apparurent.
-Cela n'est pas grave, Miss Savage, la consola le professeur en souriant. Ce sort est d'un niveau bien supérieur à la septième année. Vous vous en êtes très bien tirée, cependant ! Changer quelque chose de non vivant de cette taille en une autre chose toute aussi grosse mais douée de vie est extrêmement difficile.
Rowena lui sourit puis se retourna vers Godric pour faire une grimace. Toute cette concentration pour ne pas réussir le sort l'avait épuisée ! Ce n'était pas si simple de rater intentionnellement une métamorphose pourtant simple !
-Mr Garnett, avancez-vous, je vous prie ! appela le professeur McGonagall. Commencez avec l'allumette.
Godric inspira et se concentra tellement qu'il faillit oublier de se servir de sa baguette magique pour la métamorphoser. Il ne dût son salut qu'aux raclements de gorge bruyants de Rowena et de Nathanaël. Une seconde plus tard, une belle aiguille dorée apparue sur le bureau du professeur.
-Bien, très bien ! Le livre, je vous prie.
Un instant plus tard, un oreiller dodu et brodé avec des fils dorés remplaça à nouveau le livre.
-Vous êtes très doué, Mr Garnett ! s'exclama le professeur. Essayez donc vous aussi de changer ce bureau en cochon, voulez-vous ?
Godric jeta un regard à Rowena qui commençait déjà à ricaner sans bruit. Elle lui balança même un « bon courage ! » muet. Le sorcier inspira et commença à incanter la bonne formule mais se trompa intentionnellement dans la gestuelle. Le bureau se mit à pousser des couinements de porc qu'on égorge, sous les rires de la classe.
-Cela reste un bel essai, ne désespérez pas ! l'encouragea le professeur McGonagall en souriant de plus belle. Bien, Mr Wyllt, à vous !
Nathanaël s'avança et regarda l'allumette qui semblait le narguer. Une question se posait désormais : comment allait-il faire pour réussir à métamorphoser cette allumette en aiguille à l'aide de sa baguette ? Il n'en avait jamais utilisé de sa vie et ne connaissait aucun des mouvements requis pour ce sort. Il essaya donc d'imiter les mouvements qu'avaient fait sa tante et son oncle avant lui.
Toujours était-il qu'il donna l'illusion d'utiliser sa baguette mais il ne fit que des gestes dans le vide. Il métamorphosa l'allumette en envoyant directement sa magie dans l'objet, sans la faire passer par sa baguette.
-Ce n'est pas trop mal, fit Soul. Personne ne devrait remarquer que tu ne te sers pas réellement de ta baguette.
-J'espère, j'aurais dû demander des cours de rattrapages ! geint Nathanaël. Pourquoi n'y ai-je pas pensé ?
L'aiguille qu'il avait fait apparaître était cuivrée et brillait de mille feux.
-Oups…murmura-t-il en voyant le résultat.
L'aiguille n'avait rien de naturel. Nathanaël fronça les yeux, il ne comprenait pas pourquoi il avait obtenu ce résultat, ce n'était absolument pas ce qu'il avait voulu !
-Tu t'es tellement concentré à faire semblant de faire les gestes avec ta baguette que tu as dû mal doser, proposa Soul.
-Votre aiguille est très belle mais l'éclat de votre métal n'a pas été assez bien dosé, Mr Wyllt, dit le professeur en expertisant l'objet. Cependant…la composition est parfaite au niveau moléculaire ! Je n'avais jamais vu un tel résultat.
-Euh…merci.
-Essayez avec le livre.
Nathanaël se posta devant le livre en déglutissant. Il ne se souvenait plus des gestes qu'avaient faits Rowena et Godric pour celui-ci. Il leur jeta un coup d'œil pour les supplier du regard mais ils ne comprirent pas sa prière muette et lui sourirent simplement.
Il leva sa baguette puis l'abaissa en marmonnant la formule adéquate. Il envoya sa magie dans le livre mais celui-ci explosa en milliers de morceaux de papier, déclenchant des cris au premier rang.
-Désolé ! s'exclama-t-il, étonné de voir qu'il avait de nouveau mal dosé sa magie.
-Mr Wyllt ! s'écria le professeur en le rejoignant. Que s'est-il passé ?
-Je n'ai pas l'habitude de manier une baguette, avoua-t-il, encore sous le choc.
Rowena lui flanqua un violent coup de pied dans la malléole et il réalisa alors la bourde qu'il venait de dire.
-Euh, je veux dire, se reprit-il, j'ai brisé ma précédente baguette et celle-ci est encore sauvage. Je ne la possède que depuis peu… J'ai visiblement encore du mal à la maîtriser.
-En effet, acquiesça le professeur McGonagall, il va falloir que vous preniez le temps d'apprendre à la manier. Pour le moment, c'est dangereux pour vous et pour les autres !
-Navré, s'excusa-t-il de nouveau.
La vieille sorcière les congédia d'un geste de la main et ils retournèrent s'asseoir à leur place.
-Que s'est-il passé ? lui demandèrent en même temps Rowena et Godric.
Nathanaël haussa les épaules.
-Je n'en sais rien, comme je ne sais pas me servir d'une baguette j'ai mimé et j'ai envoyé ma magie dans les objets comme je le fais habituellement mais à chaque fois j'ai mal dosé ma magie. Pourtant je suis certain d'envoyer le nécessaire. Ni trop, ni trop peu. Je ne comprends pas.
-C'est étrange…ça doit venir du fait que tu aies perdu le contrôle, fit Rowena.
-Oui, quand ta magie a explosé, ça a dû dérégler quelque chose en toi, renchérit Godric.
-Mais de quoi vous par…
-Silence au fond de la classe ! s'écria le professeur McGonagall, interrompant Nathanaël.
Le sorcier ne put terminer sa phrase mais la question résonna dans son crâne. De quoi parlaient-ils ? Quand avait-il perdu le contrôle de sa magie ? Et pourquoi ne se souvenait-il de rien ?
-Je craignais que cela n'arrive, fit Soul, la voix tremblante. Lors de ton entraînement avec Lailoken tu n'as pas réussi à te calmer et ta magie a forcé cette faille. Ça a tout détruit sur son passage, Nat'. Ton pouvoir était tel que tu as failli terminer comme lui. Les paillettes dans tes yeux et tes cheveux blancs sont le résultat de cette explosion. Je n'ai jamais eu aussi peur pour toi. Je trouvais ça étrange que tu n'en aies pas reparlé depuis que cela s'est produit. Tu as l'air d'avoir perdu la mémoire.
-J'ai perdu le contrôle de ma magie ? Mais personne n'a été blessé ? Görth ? Björn ? Ils vont bien !? s'exclama silencieusement Nathanaël.
Son ventre s'était tordu, lui laissant une étrange impression de malaise.
-Non, ils n'ont pas été blessé, le rassura Soul en se raclant la gorge. Il n'y a eut que certains dommages matériels...si l'on peut dire.
-Il faut que j'aille voir Maman ou Lailoken pour leur en parler, ils vont certainement trouver une solution ! décida Nathanaël en fronçant les sourcils.
Soul ne répondit rien mais réfléchit rapidement à trouver une solution viable. Ah, elle retenait cette stupide idée de s'effacer la mémoire ! Nathanaël la laissait avec une charge si lourde qu'elle n'était pas certaine de réussir à le protéger très longtemps ! Que lui avait-il pris ? Il fallait qu'elle tente le tout pour le tout.
Arriverait-elle à l'empêcher d'aller voir Helga et Lailoken ?
Oo
-Entrez !
La voix sèche de Salamander Wyllt résonna dans le couloir d'où les élèves de septième année attendaient que leur nouveau professeur ne les invite à s'introduire dans la salle des potions. L'excitation se ressentait dans les gestes et les bavardages incessants des étudiants.
-Vous pensez qu'il sera comment ? chuchota Terrence à Barry et à Ian.
-Il n'a pas l'air commode...marmonna ce dernier en jetant un regard discret à l'homme entièrement vêtu de rouge qui se tenait droit comme un piquet à côté de son bureau.
-Tu n'as qu'à demandé à Nathanaël quand il sera là ! répliqua Barry en s'asseyant à l'un des pupitres. Après tout, il s'agit de son père, il pourra nous en dire plus.
-Où est-il passé, d'ailleurs ?
-Il doit être à la traîne avec ses amis, dit Ian en haussant les épaules.
-Toujours est-il qu'il ne pourra jamais être pire que Rogue ! lança Barry en ricanant.
-C'est certain ! renchérit Terrence en riant aussi.
Deux tables plus loin, Ron observait le professeur Wyllt avec insistance.
-Tu penses qu'il les a eu comment ses cicatrices ? demanda-t-il subitement à Harry, assis à ses côtés.
-Comment veux-tu que je le sache ? répondit ce dernier en haussant les sourcils. Il a dû avoir un accident…
-Non, ça ne correspond pas à sa dégaine, répliqua pensivement Ron, je pense plutôt qu'il a cherché les ennuis et qu'il les a trouvé. Tu vois bien qu'il n'a pas l'air d'être un rigolo !
-Eh bien va lui demander, comme ça tu sauras ! proposa Harry en soupirant.
-Je sens qu'il va apprécier que j'aille le voir la bouche en cœur en lui disant : « hey, m'sieur, on se demandait avec mon pote ce qui vous avait lacéré la figure, vous pourriez nous raconter !? »…
-Qui ne tente rien…
Ron acquiesça sans bruit avant de frapper le bras de Harry pour lui montrer du menton les personnes qui venaient d'entrer : il s'agissait des trois mystérieux nouveaux. Roxane Savage et Gabriel Garnett ricanèrent en regardant le professeur qui fronça les sourcils en les fusillant du regard. Quand Nathanaël Wyllt releva la tête pour voir son père, il écarquilla les yeux et ouvrit grand la bouche…avant d'exploser de rire.
-Ils m'intriguent vraiment, murmura Hermione en les observant s'asseoir aux peu de places libres restantes.
Le professeur Wyllt choisit cet instant pour se racler la gorge afin de faire taire les bavardages incessants.
-Silence !
Sa voix claqua dans la pièce, forte et claire, amplifiée par la magie.
-Soyez attentifs, soyez réactifs, ayez l'envie d'apprendre et nous nous entendrons relativement bien. Soyez indisciplinés, soyez désobéissants, soyez là seulement pour combler une chaise vide et nous nous entendrons vraiment très mal, dit-il de sa voix claire.
Le ton ne prêtait pas à discussion, le discours n'avait rien d'un discours de bienvenue. Il s'agissait purement et simplement d'un avertissement.
-Vous êtes toujours convaincus qu'il ne sera pas pire que Rogue ? marmonna Ian à Terrence et à Barry.
