Bonne année mes endives !

J'espère que vous avez passées de belles fêtes remplies de joies !

Pour bien commencer l'année, voilà le Chapitre 39 que -je le sais- certaines personnes attendaient avec impatience. J'espère qu'il vous plaira autant que les chapitres précédents ;)

Quels sont vos pronostics pour la suite ? Comment la voyez-vous ? Quelles sont vos hypothèses (même les plus farfelues) ? Vos craintes ? Vos espoirs ?Lâchez-vous dans les commentaires, je suis curieuse de savoir si quelques personnes auront juste !

Pour ce qui est de la parution cette année, dans mes bonnes résolutions, j'ai pensé fort à vous et j'ai ajouté : "publier plus souvent". Je vas faire en sorte de tenir cette nouvelle résolution afin de vous faire profiter de cette histoire qui me tient tant à coeur.

J'ai hâte qu'elle soit terminée (parce que moi non plus je ne connais pas tous les tenants et les aboutissants et j'ai hâte de savoir ce qu'il va se passer), j'en serai tellement fière lorsque j'écrirai le mot FIN...

Mais bon, rassurez-vous c'est pour dans très longtemps !

Bonne lecture les endives,

Bisous et léchouilles sur les deux fesses (ah bah oui, c'est pas tous les jours la nouvelle année !)

CyberCoffee


Chapitre 39

-Et comment expliques-tu le fait qu'ils aient l'air de se connaître ? répéta Ron à Hermione pour la troisième fois. Harry ! Dis-lui, toi ! Rogue a souri ! Il lui a parlé gentiment et il lui a même posé des questions sur sa journée ! Depuis quand Rogue s'intéresse-t-il a quelqu'un d'autre que lui-même ou que Tu-Sais-Qui ?

-Ronald, ce n'est pas parce que le Professeur Rogue a été aimable avec un élève que celui-ci est forcément relié à Voldemort. Cela dit, je suis d'accord dans une certaine mesure… Le Professeur Rogue n'a jamais été du genre à s'intéresser aux autres. Malefoy à la rigueur et seulement parce qu'il est son filleul. Mais un nouvel élève ? C'est très étrange. Et ça nous confirme qu'ils cachent quelque chose. Le Professeur Rogue fait parti de l'Ordre, je te rappelle. Peut-être que Dumbledore lui a confié une mission ? On ne peut pas affirmer catégoriquement que Wyllt est relié à Voldemort mais je comprends ton point de vue. Après tout, ce serait logique que Rogue le prenne sous son aile à Poudlard. Mais dans ce cas cela voudrait dire que le nouveau est important pour Voldemort et que Dumbledore le sait.

-Alors qu'est-il pour Voldemort ? demanda Harry qui n'aimait pas tellement la tournure que prenait la conversation qui les tenait éveillés depuis 2h du matin, quand Ron avait décidé de les réveiller pour débriefer. Admettons qu'il soit connecté à Voldemort et admettons que Rogue ait été choisi pour veiller sur lui à Poudlard... La question est : qu'est-il venu faire à Poudlard ? Fait-il parti de son armée ? Font-ils partis de son armée ? Cela me paraît tout de même étrange que Dumbledore ait laissé entrer son Ancien Maître d'Apprentissage si celui-ci est un Mangemort. Je veux bien que les gens changent mais Dumbledore doit sentir ce genre de choses chez l'homme qui a été son Maître, non ?

-Je pense que ces gens cachent quelque chose de beaucoup plus complexe que ce qu'on croit, intervint Hermione. Je pense que tout ceci est lié à l'avertissement du Choixpeau. Je suis persuadée que nous n'avons pas le quart des informations. Dumbledore sait quelque chose, Rogue aussi. Mais quoi ?

-Je pense surtout que Dumbledore avance ses pions dans la partie, marmonna Ron. Comme aux échecs. Dumbledore a besoin de solidifier son armée. Et quoi de mieux que son Maître d'Apprentissage ? Mais vu la réaction de Lailoken Wyllt quand Dumbledore l'a présenté, le directeur s'est peut-être trompé. En pensant faire rentrer un allié à Poudlard, il y a fait rentrer des espions… Je déteste l'admettre mais peut-être que tu as raison, Hermione. Peut-être que Dumbledore les a fait rentrer dans Poudlard pour pouvoir les surveiller et qu'il a demandé à Rogue de s'en charger. Après tout, l'adage dit bien d'être proche de ses amis et encore plus de ses ennemis.

Harry bâilla à s'en décrocher la mâchoire. Cette conversation ne menait à rien. Les Wyllt et leurs amis cachaient quelque chose, cela était évident. Mais ce qui restait complètement nébuleux était ce qu'ils cachaient. La sensation qu'avait eue Harry lorsque Nathanaël avait parlé ne cessait de lui revenir en mémoire. Il était intimement persuadé que Nathanaël Wyllt n'était pas quelqu'un de mauvais. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui le faisait avoir un jugement aussi catégorique ? Une simple sensation ne suffisait pas à laver de tout soupçon un parfait inconnu.

-Je vais l'approcher, finit-il par dire à voix haute.

Hermione et Ron s'arrêtèrent immédiatement de parler.

-Qui ça ? s'exclama son ami. Le Maître ?

-Mais non, idiot ! Nathanaël.

-Es-tu bien certain que c'est prudent ? souleva Hermione avec justesse. Il a l'air extrêmement puissant. Je ne voudrais pas qu'il t'arrive quelque chose !

Harry claqua sa langue contre son palais avec agacement. Hermione avait une fâcheuse tendance à le couver.

-Je suis puissant aussi. Il ne m'arrivera rien.

Hermione pinça les lèvres mais ne fit aucun commentaire. Harry était en effet puissant. Mais l'était-il autant que le nouvel élève ? Après tout, si ses doutes se confirmaient, il était peut-être capable de maîtriser la magie sans baguette ! Et ça, quoiqu'en dise Harry, lui n'en était pas capable.

-Qu'avez-vous pensé du cours du Professeur Wyllt ?

-Étonnamment utile, répondit Harry. Et intéressant. Mais il a une vision assez « unique » de ce qu'était Salazar Serpentard.

-Tout le monde sait que Salazar Serpentard était un Mage Noir, continua Ron, mais lui semble ne pas partager cet avis. Il vivait dans une grotte ou quoi ?

-Son analyse de la magie est pourtant intéressante, continua Harry. Je suis plutôt d'accord avec lui quand il dit que ce n'est pas la magie qui est bonne ou mauvaise mais le sorcier qui s'en sert. Tout n'est pas noir ou blanc. Il n'y a qu'à prendre Voldemort comme exemple. D'après les souvenirs que m'a montrés Dumbledore l'année dernière, Tom Jedusor était un élève brillant. Il aurait certainement pu devenir une figure emblématique du monde des sorciers s'il n'avait pas été aussi mauvais. Mais j'ai aussi vu les souvenirs de l'orphelinat. La solitude, l'incompréhension, le rejet. Tout ça l'a définitivement fait basculer tous les jours un peu plus vers la noirceur et l'envie de revanche. Il a fini par se servir de la Magie comme le moyen d'expression de sa haine. Mais que ce serait-il passé s'il l'avait utilisée pour devenir quelqu'un d'autre ? Il aurait sûrement utilisé sa magie à bon escient. Je pense que le Professeur Wyllt a raison sur ce point. L'intention du sorcier modifie la Magie. Sa Magie. Et la Sienne est devenue d'une insondable noirceur.

-Ne me dis pas que tu éprouves de la compassion pour Lui !? hoqueta Ron, véritablement choqué. Il a tué des personnes par centaines ! Il a divisé son âme en morceaux ! C'est un être abject qui ne mérite aucune empathie.

Harry abaissa ses paupières qui lui semblaient exagérément lourdes en cet instant.

-Essaye un instant de te mettre à Sa place. Imagine-toi, seul, perdu, dans un orphelinat insalubre, dans lequel ta présence n'est pas désirée. Pire, tu inspires la peur de par ta différence. Tu peux parler aux serpents et personne ne voit ça comme un don. Les gens te craignent, pensent que tu es un démon. Comment penses-tu que tu évoluerais ? Éprouverais-tu de la compassion envers quiconque ? Mais un jour un vieux monsieur vient dans cet orphelinat et t'annonce que tu es un être exceptionnel. Ton monde s'éclaircit, ce tunnel sombre et sans fin qui était ta vie a finalement une sortie. Tu apprends que tu es un sorcier et que tu es destiné un vivre une vie pleine d'enchantements. En entrant à Poudlard, tu décides de tout faire pour maîtriser cette magie qui est en toi. Mais tu n'as personne à rendre fier si ce n'est toi-même. L'orphelinat t'as rendu méfiant et tu ne sympathises pas avec les autres élèves. Ton air froid les fait fuir. Très vite, tu en viens à les mépriser inconsciemment pour n'être pas capable de faire un seul pas dans ta direction. Tu te renfermes et tu finis par ne plus penser qu'à la Magie. Une idée germe peu à peu dans ton esprit : si tu deviens le meilleur, tout le monde connaîtra ton nom. Tu t'entraînes comme un forcené jusqu'au jour où, en cherchant des réponses aux questions que tu te posais sur tes parents, tu apprends la triste vérité. Ton père était un moldu qui a été ensorcelé par ta mère, une Cracmol, qui l'aimait éperdument. Quand le sort fut brisé, il s'est rendu compte de ce qu'elle avait fait et il l'a battue et l'a chassée. Tu apprends que ta mère est morte en couches, en te donnant la vie. Tu te rends alors compte que les moldus sont tous les mêmes : des êtres sans pitié, sans cœur, de misérables vermines. L'orphelinat, ton père, ils sont pareils. Et ta mère...ta mère cette Cracmol si faible, si pitoyable qu'elle n'a pas su se défendre décemment. Tu te mets à haïr la faiblesse et les moldus. Tu finis par apprendre que tu descends de la lignée d'un des Quatre Fondateurs, tu es extatique, tu as la puissance et tu te mets en tête de terminer ce que ton ancêtre avait commencé. Tu deviens alors connu du monde entier pour tes exploits morbides et des centaines de personnes se mettent à te suivre. Le Monde Sorcier te craint, tu n'es plus cet enfant perdu qui pleurait dans un coin de l'orphelinat. Tu es devenu la Mort Personnifiée.

Harry sortit de ses pensées. Hermione et Ron le regardaient d'un air étrange. Dérangeant.

-Quoi ?

-Tu...m'as fait flipper, mec, grimaça Ron en rougissant de ses propos.

-Tu es...étonnamment empathique, fit Hermione avec son éternel air inquiet.

-J'ai ressenti tout un tas de Ses sentiments depuis que notre lien est actif, expliqua-t-il en haussant les épaules. Quelque part, je crois que je comprends. C'est une vie bien triste qu'il a du vivre seul. Si une seule personne lui avait tendu la main, je pense que nous n'en serions pas là aujourd'hui.

-Mais c'est ce qu'à fait Dumbledore ! protesta Ron.

-Dumbledore l'a juste introduis dans le monde de la magie. Il est une sorte de sauveur, c'est vrai. Mais il a toujours eu cette suspicion envers lui et je pense que Tom n'a jamais été dupe. Ce que je veux dire c'est que Tom Jedusor n'a jamais eu d'amis. Dumbledore dit que l'Amour de ma mère m'a sauvé de la mort. Si Tom Jedusor avait reçu de l'Amour aussi, Voldemort ne serait jamais né.

-C'est dingue mais ça tient la route, fit Ron d'un air songeur. Je n'avais jamais vraiment pensé à ce qui avait pu pousser Tu-Sais-Qui à commettre toutes ces atrocités. Je crois que j'ai toujours pensé qu'il était né comme ça. Mauvais. Cruel.

-Je ne dis pas qu'il faut excuser ce qu'il fait à cause de son passé mais c'est au moins une raison pour comprendre ce qu'il est devenu.

Ron bâilla à son tour, déclenchant la même réaction chez Hermione puis chez Harry.

-Il est temps d'aller se recoucher ! fit-il en désignant l'horloge de la salle commune qui indiquait 4h55.

Harry le suivit dans le dortoir, non sans souhaiter à Hermione une bonne nuit –aussi courte serait-elle. Pensif, il retrouva son lit avec satisfaction. Il s'allongea, les bras derrière la tête. Une peur irrationnelle le frappa soudainement. Il ferma les yeux et se recroquevilla sur lui-même. Il en était persuadé, la fin était proche. Voldemort ou lui mourrait avant la fin de l'année scolaire. Il y a avait tellement plus que sa propre vie qui était en jeu ! Comment pouvait-il honorer sa part de la prophétie ? Comment faire pour mettre toutes les chances de son côté afin de pouvoir vaincre l'un des plus grand Mage Noir de tous les temps ? Pourquoi était-ce à lui de vivre comme un condamné à mort ? Tous les jours, il avait cette étouffante impression de gravir un peu plus l'escalier qui le menait à la potence…comme la preuve de sa fin inéluctable.

-Ressaisis-toi, mon vieux…se murmura-t-il à lui-même. Tu te comportes comme si tu avais déjà un pied dans la tombe. Tu es encore bel et bien vivant, ne Lui en déplaise. Et tu vas continuer de t'accrocher à ce maigre espoir aussi fort que tu le peux.

Il se redressa dans un sursaut et inspira à plein poumon avant d'expirer longuement.

-Tout ira bien, Harry. Tout ira très bien.

Il se recoucha mais, comme bien souvent ces temps-ci, le sommeil l'avait déjà déserté. Ne sachant que faire d'autre, il glissa sa main entre son matelas et sa tête de lit et se saisit de la liasse de parchemins qui y était cachée. Il pointa sa baguette dessus et murmura : « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises ». Il étala le parchemin devant lui et, sous ses yeux, le château et ses moindres recoins apparurent. La Carte des Maraudeurs lui avait été donnée par Fred et Georges Weasley lors de sa troisième année. Il avait découvert plus tard qu'elle avait été créée par son père, Sirius, Remus et Peter Pettigrow, l'infâme traître qui avait piégé Remus et s'était fait passé pour mort. Lorsqu'il l'avait montrée à Sirius et Remus, ils lui avaient tout expliqué de son fonctionnement. Comment ils avaient réussi à créer la réplique exacte du château en trois dimensions et comment ils avaient pu savoir tout ce qu'il se passait à l'intérieur de Poudlard. Cette carte était un véritable outil d'espion. Tout y était parfaitement retranscris. De son lit, il pouvait voir un minuscule Pattenrond tourner à droite dans le sixième couloir est en reniflant le sol, à la recherche d'une quelconque proie, certainement. Pendant de longues minutes, il chercha Nathanaël Wyllt du regard dans le dortoir des Poufsouffle mais il ne l'y trouva pas. C'est lorsqu'il détailla le couloir près des salles de bains qu'il remarqua son prénom. Instinctivement, il se concentra sur la pièce en question et la carte suivit ses pensées, l'agrandissant comme s'il avait zoomé. Il se redressa d'un bond sur son lit lorsqu'il vit les deux corps entremêlés qui s'adonnaient aux plaisirs de la chair. Le sang lui monta aux joues. Pour une surprise, c'en était une de taille : Nathanaël Wyllt et le Professeur Mir'Drust étaient amants !

Les yeux ronds, Harry les observa se mouvoir lascivement dans une danse bien à eux pendant quelques minutes. Il cligna des yeux en secouant la tête lorsqu'ils finirent par se séparer pour se rhabiller. Il les vit sortir de la chambre du Professeur Mir'Drust et se diriger vers l'entrée du château où les attendait Gabriel Garnett. Les trois miniatures des nouveaux venus à Poudlard se mirent alors à courir à belle allure dans le parc du château. Harry se leva d'un bond et écarta les tentures de son lit à baldaquin pour ouvrir la fenêtre qui le juxtaposait. Il passa hâtivement sa tête par l'ouverture et tordit son cou pour apercevoir les trois silhouettes progresser le long de l'orée de la Forêt Interdite.

Il sourit. Il venait de trouver comment approcher Nathanaël Wyllt.

Oo

-Comprenez une chose, commença par dire Lailoken Wyllt de sa voix grave aux élèves devant lui, l'enseignement que nous vous dispensons, Chiridirelle et moi-même, n'est pas fait pour les précieux. Ce que j'entends par là c'est que vous ne devrez pas avoir peur d'avoir mal. L'apprentissage vient par l'exercice et ici, l'exercice est douloureux. Autant que vous soyez prévenus immédiatement, vous allez très certainement vous casser quelques os durant les prochains cours. Vous allez très probablement vous couper tellement profondément que vous allez pisser le sang sur les pavés de la salle. Mais sachez aussi que l'on n'a rien sans rien. Je ne perdrais pas mon temps avec les quelques élèves qui ne prendront pas cet enseignement au sérieux. Nous sommes intransigeants et l'objectif de ces cours est de vous apprendre à vous défendre en cas de perte de votre baguette magique. Et surtout pour que vous cessiez une bonne fois pour toute de vous reposer entièrement sur elle. Vous n'êtes pas mono-tâches. Et je ne pense pas me tromper si je dis que vous n'êtes pas non plus des idiots incapables de reconnaître un enseignement de qualité quand vous en voyez un. Alors donnez tout ce que vous avez.

Drago fronça les sourcils. Ces gens étaient fous. Mais, quelque part, ces cours étaient de loin les plus intéressants et les plus utiles auxquels il aurait l'occasion de participer. S'il voulait survivre à la guerre qui se profilait, il devait emmagasiner un maximum de compétences. Et peu lui importait qu'elles soient douloureuses. Après tout, cela n'était sûrement rien comparé aux séances de tortures qu'infligeait Le Seigneur des Ténèbres en cas d'échec. Drago avait même entendu dire que le Lord Noir faisait mordre les enfants des fautifs par le célèbre loup-garou Fenrir Greyback.

-Il va falloir vous ôter de l'esprit que l'on peut se battre sans prendre de coups, enchaîna le Professeur Mir'Drust en se déplaçant à travers la classe, de sa démarche féline. S'il y a bien une chose à savoir c'est que dans une joute à l'arme blanche vous finirez fatalement par être blessé. Vous allez apprendre à ne pas craindre les blessures. La peur mène à l'erreur. L'erreur mène à la mort. Compris ?

Elle amena son épaule devant elle et leur montra une longue cicatrice qui serpentait le long de son bras.

-J'ai été entraînée au maniement des armes blanches depuis mon enfance, cette cicatrice date de mon premier affrontement. Je ne savais pas utiliser une lame et mon adversaire me l'a rapidement fait comprendre. Comme vous le serez, j'ai été effrayée de ressentir de la douleur. Et lorsque sa lame s'est plongée dans ma chair j'ai souffert. J'ai bien évidemment perdu ce duel. En revanche, j'ai passé les semaines suivantes à m'infliger moi-même des blessures afin de ne plus jamais avoir peur des lames de mes adversaires. J'ai gagné tous les duels suivants.

-Mais vous n'allez quand même pas nous obliger à nous taillader nous-même ? s'exclama Blaise, déclenchant un concert de murmures approbateurs.

-Non, répondit la jeune femme en faisant la moue. Le Directeur nous l'a interdit. Ce qui est bien dommage. Vous auriez appris plus vite. Nous vous enseignerons le maniement des lames avec des sabres en bois. Vous n'aurez que des bleus. Mais avant tout nous commencerons par le corps à corps. Je te laisse choisir, Lailoken.

-Pignouf, en scène ! aboya le vieillard aveugle, faisant sursauter quelques personnes dans l'assemblée, Drago compris.

Nathanaël Wyllt sortit du rang en souriant.

-Contre qui ? demanda ce dernier au vieillard en attachant ses cheveux blancs en queue-de-cheval pour dégager sa vue.

-Moi, répondit celui-ci en esquissa un sourire carnassier.

-Fait chier ! grogna le nouveau en perdant immédiatement son sourire et en relevant sa garde.

Drago n'eut pas le temps d'émettre l'hypothèse que le professeur devait être redoutable malgré son handicap à en juger par la tête que tirait le nouveau que le vieillard l'envoyait déjà valser dans le mur opposé d'un puissant coup de poing dans le thorax. Lailoken Wyllt avait une détente impressionnante. Il ne l'avait pas vu bouger. C'était donc ça qu'ils allaient leur apprendre ? Il signait doublement ! Drago se voyait déjà désarmer des adversaires, les surprendre et les neutraliser grâce à cet enseignement. Peut-être, après tout, avait-il une chance de pouvoir survivre à la guerre ?

-C'est pas l'heure de dormir, mollusque ! claqua la voix de Lailoken tandis qu'il se jetait sur son adversaire.

Nathanaël secoua la tête et se dégagea des gravats que l'impact avait projetés sur le sol. Il semblait sonné mais cela ne dura qu'un bref instant. Il fut bien vite sur ses deux pieds, sa garde en place. Il para le coup de pied de son grand-père mais l'impact fut violent, tellement qu'il l'envoya à nouveau s'encastrer dans le mur. Cette fois-ci, Nathanaël ne s'attarda pas et contre-attaqua immédiatement en se dégageant habilement, sautant sur le genou droit de son adversaire, puis sur son épaule gauche, faisant une pirouette tout en assénant un coup de talon à l'arrière du crâne du vieillard, l'envoyant à son tour s'écraser dans les décombres du mur de la classe, tête la première.

-Tu es mort, Nat' ! s'exclama Garnett en ricanant grassement.

Son ami grimaça en marmonnant un « je sais » désabusé. En effet, lorsque Lailoken Wyllt se retourna pour faire face à son petit-fils, un sourire des plus inquiétants barrait son visage. Couplé à ses orbites aux chairs fondues et ses cheveux blancs, il faisait vraiment peur à voir. Mais quelque chose dans le regard de Nathanaël Wyllt semblait indiquer qu'il prenait plaisir à se battre contre ce monstre. De l'avis de Drago, tous les membres de cette famille étaient complètement dérangés.

Comme un pantin désarticulé, le vieillard enchaîna une série de mouvements sans queue ni tête à une vitesse fulgurante. Drago ne put voir où Nathanaël avait été frappé mais celui-ci voltigea dans les airs et aurait dû s'écraser contre le plafond s'il ne s'était pas retourné pour profiter de l'impact contre ses pieds pour se propulser vers son adversaire, la tête en bas. Il se saisit des pans de tissus du t-shirt que portait son grand-père au niveau des épaules et tira dessus tout en roulant habillement au sol, entraînant avec lui son adversaire qui, emporté par l'élan, percuta le sol. Drago se demanda combien de temps il lui faudrait pour parvenir à un tel niveau. Dès lors qu'il avait vu Nathanaël Wyllt apparaître dans la Grande Salle, il avait eu l'étrange sentiment que ce garçon n'était pas comme les autres. Désormais, il en était certain, preuves à l'appui. Il était d'ailleurs persuadé que Lord Voldemort Lui-même s'intéressait aussi à ce nouveau venu. Après tout, comment ne pas l'être ?

Drago vit Nathanaël se relever en bondissant sur ses pieds. Il leur tournait le dos et tous les élèves purent voir l'état de celui-ci. La veste de son uniforme était déchirée par endroit, laissant apercevoir de longs sillons ensanglantés que les impacts à répétition dans le mur de la classe lui avait infligés.

-Il ne l'a pas raté ! s'exclama Pansy à côté de lui. Et il continue de se battre ?

En effet, Nathanaël semblait être blessé assez sérieusement mais cela ne semblait pas l'émouvoir plus que ça. Derrière lui, Draco entendait Garnett ouvrir les paris avec Savage. Ces deux-là ne semblaient pas non plus être inquiets de la tournure des événements. Comme s'il était connecté au reste de la classe, Nathanaël se débarrassa de sa veste puis de sa chemise qui n'était pas en meilleur état et qui semblait entraver ses mouvements. En plus des cicatrices qu'il venait de recevoir, trois longues cicatrices parallèles blanchies par le temps traversaient son dos musclé. Étant donnée la taille de cette griffure, la bête qui lui avait infligées devait être énorme. A peine s'eut-il débarrassé de ses vêtements que Nathanaël bondit en direction de son grand-père qui venait à peine de se relever. Il lui asséna une série de coups de poings, de coups de coudes et de coups de genoux presque aussi rapidement que ce qu'avait fait Lailoken Wyllt un instant auparavant. Ce dernier esquiva la plupart et inversa les rôles avec facilité.

Désormais, c'était Nathanaël qui était prit sous une pluie de coups qu'il arrivait à peine à esquiver. La différence de niveau était flagrante. Le combat se termina bientôt, avec une prise d'art martial qui envoya valdinguer Nathanaël dans la porte de la classe qui céda sous la violence du choc. Nathanaël finit sa course en roulant dans le couloir, faisant sursauter les quelques élèves qui n'avaient pas cours à cette heure-ci. Le Professeur Mir'Drust s'avança vers le vaincu et lui tendit la main dont il se saisit pour se relever. Étonnamment, Nathanaël Wyllt souriait à pleines dents.

-J'ai tenu dix secondes de plus que la dernière fois ! s'exclama-t-il en tirant la langue à Garnett et Savage.

Ce fut quand il se tint droit, devant l'ensemble de la classe tandis que les deux professeurs expliquaient les erreurs commises durant ce combat, que tous purent remarquer une seconde cicatrice blanchâtre qui ornait son épaule gauche, plus grosse. Quelque chose avait été profondément enfoncé dans sa chair. Nathanaël Wyllt avait du souffrir le martyr.

Drago n'arriva plus à se concentrer sur ce que disaient les professeurs, il passa le reste du cours à fixer la cicatrice de Nathanaël.

Il lui semblait bien l'avoir déjà vue quelque part.

Mais pas moyen de savoir où.

Oo

La porte en bois grinça lorsque Sirius Black l'ouvrit avec hâte. Il commençait bien l'année, il était en retard dès le deuxième jour de cours ! Pestant contre lui-même, il se débarrassa de sa sacoche en cuir dans laquelle il avait mis son nécessaire à écriture et les parchemins dont il avait besoin pour le cours des septième années. Cette année serait bien différente des précédentes. Sirius avait passé l'été à essayer de convaincre Dumbledore afin qu'il valide son projet. Le directeur avait capitulé un jour seulement avant la rentrée. Sirius ne savait pas ce qui avait fait changer d'avis Albus Dumbledore et s'en contrefichait pas mal. Tout ce qui importait était qu'il était arrivé à ses fins !

-Silence ! réclama-t-il à la classe d'une voix forte.

Les élèves semblaient anormalement excités. Si sa mémoire était bonne, ils venaient d'avoir le fameux cours d'arts martiaux dispensé par les deux nouveau professeurs. Sirius se promit de questionner Harry à ce propos quand ils se retrouveraient pour leur cour du soir.

-Ce ne fut pas facile, mais j'ai réussi à convaincre le directeur de bien vouloir changer le déroulement du programme initialement enseigné aux élèves de septième années. Cette année, vous aurez l'immense privilège de pouvoir participer à une nouvelle façon d'enseigner. Je vous explique : les heures de Défenses Contre les Forces du Mal seront divisées en deux parties. Il y a aura la théorie d'un côté, durant laquelle nous étudierons ce qu'il faudra mettre en pratique, dans la deuxième partie des cours. Et pour commencer l'année, rien de mieux que des duels, non ?

Comme il l'avait espéré, les élèves furent ravis de la nouvelle.

-J'ai préparé des bouts de parchemins avec vos noms dessus, continua-t-il lorsque les exclamations de joies se tarirent. Je vais les mettre dans deux boîtes séparées. Vingt-et-un noms dans l'une et vingt-et-un noms dans l'autre. Je piocherai un nom dans chaque boîte et ces deux noms seront donc adversaires lors de la première partie du tournoi de duel. C'est compris ?

-Oui, Professeur Black ! scandèrent les élèves, impatients.

-Commençons ! s'exclama-t-il en plongeant sa main droite dans la boîte à sa droite et sa main gauche dans la boîte à sa gauche. Su Li contre Ron Weasley.

Sirius vit Harry donner un coup de coude dans les côtes de son ami en signe d'encouragements. Il était de notoriété publique que Su Li était une excellente élève.

-Neville Londubat contre Glenn Truman, continua-t-il. Théodore Nott contre Michaël Corner. Tracey Davis contre Parvati Patil. Daphné Greengrass contre Roxane Savage. Morag MacDougal contre Susan Bones. Justin Finch-Fletchey contre Joan Thunderblake. Barry Forward contre Ian Summerby. Gregory Goyle contre Millicent Bullstrode. Pansy Parkinson contre Stephen Cornfoot. Lisa Turpin contre Anthony Goldstein. Nathanaël Wyllt contre Blaise Zabini. Padma Patil contre Seamus Finigan. Bonnie Howl contre Drago Malefoy. Megan Jones contre Vincent Crabbe. Hannah Abbot contre Mandy Brocklehurst. Kevin Emtwhistle contre Hermione Granger. Terry Boot contre Ernie Macmillan. Gersende Morency contre Lavande Brown. Harry Potter contre Terrence Delvire et… Dean Thomas contre Gabriel Garnett !

Il n'allait pas se mentir, Sirius était impatient de connaître le résultat de certains de ces duels. A commencer par les nouveaux venus. Les élèves étaient survoltés, parlant, commentant, échangeant à propos des duels à venir. Certains ne semblaient pas en mener large et Sirius comprenait pourquoi : Lavande Brown, par exemple, n'était pas tombée sur l'adversaire le moins habile ! S'il y avait bien un élève dont le niveau en duel sorcier frisait la perfection, c'était Gersende Morency. Ce gamin était étrange. Il avait débarqué à Poudlard en seconde année et s'était bien trop rapidement créé une étiquette bien à lui dans l'enceinte du château. Tout le monde le connaissait. Beaucoup utilisaient ses services, les plus intelligents l'évitaient comme la peste. Personne n'était indifférent à Gersende Morency. Pas même lui.

-Bien, ceci étant fait, nous allons passer à la théorie ! fit-il à voix haute afin de capter l'attention de ses élèves. Les duels commenceront lors du cours de demain. Quelqu'un parmi vous sait ce à quoi sert le Sortilège d'Absorption ?

Comme bien souvent, seule la main d'Hermione s'éleva immédiatement dans les airs, trépignant d'impatience. Il réprima l'envie de lever les yeux au ciel : il avait beau apprécier la jeune sorcière, son côté Miss-je-sais-tout l'agaçait énormément.

-Personne à part Miss Granger ne peut répondre ? questionna-t-il, espérant obtenir une réaction de la part d'autres élèves.

Une autre main se leva avec paresse.

-Oui, Monsieur Garnett, l'encouragea-t-il, honteux de se sentir presque soulagé de ne pas avoir à entendre Hermione déballer sa science de son éternelle voix académique.

-Il s'agit d'un sort très compliqué que très peu de sorciers se risquent à essayer, expliqua le grand rouquin de sa voix grave. Il demande un entraînement rigoureux et une concentration maximale car, mal effectué, il peut se retourner contre son lanceur. Il est très utile lors d'un duel, car il permet d'absorber la magie des sorts que vous lance votre adversaire afin de pouvoir l'accumuler et le renvoyer au lanceur orignal. Par exemple, vous activez le sort au début du duel, vous absorbez autant de sorts que vous pouvez en supporter, vous les stockez et lorsque vous vous retrouvez tous les deux épuisés magiquement, vous surprenez votre adversaire avec ce dernier coup. Si votre agresseur a lancé cinq sorts, ce sera la puissance combinée des cinq sorts que vous renverrez à l'expéditeur. En revanche, si vous ratez votre sort d'Absorption, celui-ci vous explosera en pleine figure. D'où la dangerosité de l'exercice. La puissance des sorts absorbés est stockée dans le stockeur d'Elémentaires qui se trouve dans chaque baguette magique. Comme vous le savez tous, les Elémentaires n'étant pas stables, rajouter une telle puissance est très risquée. Il faut avoir un contrôle total sur sa magie afin d'y parvenir.

-C'est parfait ! s'exclama Sirius, réellement impressionné par l'explication que venait de partager Gabriel Garnett au reste de la classe. Je n'aurai pas mieux expliqué. Cinq points pour Serpentard ! Comme l'a si bien dit votre camarade, ce sortilège est extrêmement dangereux. Mais aussi incroyablement utile en temps de guerre. Le « hic » si je puis dire, c'est que la maîtrise de votre magie doit être totale. Hors, vous êtes encore loin d'être parvenus à un tel niveau. Ce que je veux que vous compreniez, c'est l'importance de bien connaître ses limites, cela vous facilitera la tâche lors du lancement de vos sortilèges. La pratique d'aujourd'hui consistera à ce que vous fassiez apparaître une boule de lumière et que vous la mainteniez le plus longtemps possible à son intensité la plus élevée avant de lentement baisser son intensité.

-Mais c'est pour les gamins ! protesta Ian Summerby, bien vite imité par Barry Forward et Terrence Delevire.

Sirius haussa les sourcils.

-Essayez, Monsieur Summerby.

Ian s'exécuta. Une boule de lumière apparut, elle brilla intensément, aveuglant toute la classe, mais s'éteignit brutalement deux secondes plus tard. Ian fronça les sourcils en grimaçant et essaya à nouveau. Cette fois-ci la boule illumina la classe quatre secondes. Il souffla. L'effort fournit lui avait prit beaucoup plus de force que ce qu'il pensait !

-C'est exactement de cela dont je parle, commenta Sirius. Vous ne maîtrisez pas encore assez bien votre magie pour pouvoir exécuter cet exercice avec facilité. Peu d'entre vous y arriveront, si ce n'est aucun. Cet exercice va lentement vous connecter à votre magie en profondeur. Comme on entraîne son corps afin de le renforcer, il faut entraîner sa magie pour la renforcer. Au fur et à mesure, votre endurance va augmenter et les possibilités vont se multiplier.

Et pour démontrer ses propos, il fit apparaître une boule de lumière qui brilla durant trente longues secondes avant de faiblir doucement puis se teinter de orange puis de jaune, de rouge et pour finir de violet avant de disparaître.

-Essayez !

Toutes les baguettes se levèrent dans un brouhaha enthousiaste. Des flashs de lumière apparaissaient de ci de là, ponctuées d'exclamations de déception. Sirius fit glisser son regard sur chaque élève afin de noter dans un coin de sa tête le nom des élèves qui avaient le plus de facilités. Au fond de la classe, Nathanaël Wyllt ne semblait pas concerné par ce qu'il se passait autour de lui. Il murmurait à voix basse, les sourcils froncés.

-Monsieur Wyllt ! l'interpella Sirius qui n'appréciait pas du tout que le nouvel élève se montre aussi dissipé. Allez-vous commencer l'exercice ou y-a-t-il quelque chose qui vous empêche de participer ?

L'adolescent sursauta et rougit, mal à l'aise d'être le centre de l'attention.

-Toutes mes excuses, professeur, j'étais plongé dans mes pensées...fit-il en s'emparant de sa baguette avant de faire apparaître une boule de lumière si éblouissante qu'il crut un instant regarder le soleil. Oups ! Trop fort ! J'ai encore du mal avec cette nouvelle baguette !

Il réduisit l'intensité comme s'il s'était agit de la chose la plus naturelle au monde avant de la faire clignoter de différentes couleurs. Bleu. Vert. Jaune. Rouge. Noir. Argent. Doré. Violet. Orange. Cyan. Pourpre. Mauve. Puis les couleurs changèrent de plus en plus vite, la boule se mit à tourner en flottant dans les airs...avant d'exploser en un million de paillettes de couleurs.

-Comme vous pouvez le voir, je maîtrise plutôt bien le sujet ! dit-il en souriant.