Hello les endives !
Je vous offre le Chapitre 40, là comme ça.
Ouais, je suis trop sympa. En vrai, j'ai énormément de mal à écrire en ce moment. Je fais tout mon possible pour avancer cette histoire mais comme je ne veux rien bâcler, je préfère faire moins mais toujours aussi bien.
Je vous souhaite une bonne lecture !
Bisous tout plein les endives !
CyberCoffee
Chapitre 40
Ce fut la lumière du jour qui réveilla Rowena. La caresse du soleil lui fit d'abord froncer les sourcils puis la clarté du jour levant lui fit papillonner les paupières. Elle ouvrit ses yeux embués de sommeil bien avant que son alarme ne résonne.
Elle resta plusieurs longues minutes allongée dans son lit, à contempler le soleil se lever par la fenêtre. Quand elle estima que celui-ci était assez haut, elle s'étira en gémissant de contentement. Poudlard avait toujours été sa première maison et force était de constater qu'il ne lui avait fallu que très peu de temps pour s'y sentir à nouveau comme chez elle.
Finalement, être dans la peau d'une élève lui plaisait plus qu'elle ne l'avait de prime abord imaginé. A dire vrai, elle s'amusait comme une folle. Par moment, elle se revoyait lors de son apprentissage chez Lailoken, quand Helga, Godric, Salazar et elle étaient encore des enfants. Elle n'avait pas eu conscience que cette insouciance et cette légèreté lui avaient tant manquées.
Rowena inspira une grande bouffée d'air, expira longuement, se leva et secoua sa tête pour en faire partir l'idée saugrenue d'une vie simple. Nathanaël n'était pas ici pour profiter de son adolescence en toute tranquillité et eux n'étaient pas venus avec lui pour le regarder rire sans se préoccuper des lendemains. Nathanaël était ici pour ne pas mourir. Pour sa vengeance.
Il lui semblait que c'était hier qu'elle l'avait suspendu par les pieds à l'aide d'une racine, près du ruisseau. Ce bambin téméraire avait depuis lors bien grandi trop vite, parfois. Son cœur se serra, autant d'attendrissement que de peine. Élever ce bout d'homme avait été un enchantement permanent qui lui avait fait oublier sa propre incapacité à transmettre les valeurs fondamentales à sa seule enfant.
Comme à chaque fois qu'elle pensait à sa fille, Rowena fut prise d'un haut-le-cœur.
-Puisque tu es réveillée, ma vieille, va donc courir avec Chiri, Nat' et Godric, se murmura-t-elle à elle-même dans l'optique de penser à autre chose qu'à Helena.
En moins de temps qu'il ne lui en fallu pour le dire, elle fut en tenue de sport et dévalait les nombreux escaliers mouvants du château pour aller récupérer Godric. Plus elle s'avançait vers les cachots, plus l'air devenait froid et humide et elle réprima un frisson. Pourquoi Salazar avait-il eu l'idée d'installer ses dortoirs à côté du lac ? Elle ne put s'empêcher de glousser en imaginant un Godric frigorifié aux lèvres bleuâtres.
Ce ne fut que lorsqu'elle arriva devant la statue de Níðhöggr qui gardait jalousement l'entrée des dortoirs de Serpentard, qu'elle se demanda si Salazar était allé le voir. Le basilic manquait beaucoup au sorcier même si celui-ci ne voulait pas l'avouer. Quand ils avaient quitté Poudlard, Níðhöggr n'avait pas voulu suivre son protecteur, considérant qu'il pouvait bien vivre sa vie dans les entrailles du château, et Salazar -même s'il n'avait rien dit par fierté- en avait été profondément déçu.
Rowena ricana : les hommes, ces idiots !
Il n'était que 5h15 et Godric n'étant pas un lève-tôt, elle devrait attendre encore quelques minutes avant de le voir sortir des dortoirs. La sorcière vérifia que personne ne traînait dans les couloirs et s'assit dans les airs, comme si un fauteuil invisible des plus confortables la portait. Par la pensée, elle fit tourner son fauteuil invisible et s'amusa un moment à voltiger dans le couloir à plusieurs mètres de hauteur.
Toute à son activité délicieusement interdite, elle ne vit pas la statue du basilic se déporter sur le côté pour laisser passer Godric qui bâillait à s'en décrocher la mâchoire. La vision que lui offrait Rowena le stoppa dans son geste et un sourire machiavélique se dessina sur son visage. Il pinça ses lèvres, plissa les yeux et tendit son bras en direction de son amie. Son stockeur d'Élémentaires se mit à émettre une douce chaleur à l'intérieur de sa main et une bulle d'eau apparut devant lui. Il la fit léviter jusqu'au-dessus de Rowena qui tourbillonnait toujours dans les airs...et cessa son enchantement.
-GODRIC ! rugit Rowena en lui balançant une lame de vent qu'il évita habilement mais qui continua son chemin pour s'écraser contre le mur derrière lui.
-Bonjour à toi aussi, ma douce ! lui dit-il en riant à gorge déployée tout en réparant les dégâts. Tu te joins à nous pour courir ?
Rowena ronchonna mais acquiesça.
-Alors allons-y !
Rowena le dépassa en flottant et continua son chemin tout en gardant un œil sur son ami. Quand elle fut quasiment certaine qu'il ne tenterait plus rien, elle se retourna et se mit à voltiger dans les airs en faisant de grands cercles.
Godric marchait lentement à sa suite en se disant qu'il ne lui ferait pas remarquer que ses acrobaties la découvraient complètement et qu'il avait donc tout le loisir de détailler ses fesses bombées que son pantalon de sport moulait particulièrement bien. Quand ils arrivèrent au Grand Hall, Rowena arrêta de voler et continua de mener le chemin à pieds en sifflotant atrocement faux.
Alors qu'ils étaient presque arrivés à la Grande Porte, le fantôme Sir Nicholas apparut d'un des murs, suivit de près par le Moine Gras et toute la délégation des fantômes de Poudlard.
-Vous êtes bien matinaux, mes chers élèves, remarqua Sir Nicholas en haussant les sourcils.
-Que voulez-vous, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ! répliqua Godric en souriant.
-Voilà un enfant à l'avenir prometteur ! Le Baron peut être fier d'avoir un pareil représentant dans sa Maison. D'ailleurs, Moine Gras, savez-vous où est parti vagabonder cet énergumène ? Il ne se joint jamais à nos réunions matinales.
-Il doit sûrement chercher la Dame Grise, vous savez bien qu'ils ont un passif macabre et qu'il cherche toujours à obtenir son pardon.
-Il ne s'y prend pas de la bonne manière si vous voulez mon avis, grimaça Sir Nicholas. Assassiner cette pauvre femme l'a tout de même sacrément desservi…
-Oh, vous pensez ? railla le Moine.
-Évidemment, mon ami, continua Sir Nicholas sans relever le ton ironique, quand bien même il l'aimât à en mourir, il n'aurait pas dû la tuer après s'être fait éconduit.
-Vous savez, Sir Nicholas, je ne cesserai jamais d'être épaté par votre façon d'énoncer aux gens des faits qui vont de soi comme s'il s'était agi de nouvelles étonnantes, fit le Moine en secouant la tête.
Rowena et Godric ricanèrent et Sir Nicholas, qui prit la mouche, s'en fut, vexé.
-Oh enfin, Sir Nicholas, ce n'était qu'une simple boutade ! s'écria le Moine Gras en riant avant de se tourner vers les deux élèves. Je ne peux jamais m'empêcher de le moucher. Il est d'une telle susceptibilité ! Je ne m'en lasserai jamais.
Puis il les laissa là pour flotter à la suite de Sir Nicholas qui boudait dans un coin.
-Je ne sais pas qui est ce Baron mais il a l'air d'avoir été une sacrément mauvaise personne ! s'exclama Godric.
-Ce doit être d'autant plus dur pour sa victime de devoir vivre sa mort dans le même endroit que son meurtrier, souleva avec justesse Rowena.
Godric acquiesça du chef puis fit apparaître une horloge avant de s'étouffer en avisant les aiguilles qui criaient leur retard.
-On a déjà dix minutes de retard, Rowie ! Allons-y !
Les deux compères se précipitèrent vers la Grande Porte où les attendaient déjà Nathanaël et Chiridirelle.
-Tu cours avec nous, Rowie ? s'étonna le garçon en guise de salutations.
-Oui, j'ai besoin de me changer les idées, fit-elle en commençant à trottiner à la suite de la drow.
-Et ça ne lui fera pas de mal de se muscler le popotin ! rajouta Godric en pouffant avant de s'écarter de Rowena, par mesure de sécurité.
-Tu sais ce que te dit mon popotin, Godric ?
-J'ai ma petite idée là-dessus.
-Pourquoi le vieux ne vient-il pas courir avec nous ? demanda soudainement Nathanaël qui s'étonnait de l'absence de Lailoken. Il va finir par se ramoll...aïe !
-Le vieux est déjà ici, pignouf ! grogna Lailoken en dépassant son apprenti qui se frottait le haut du crâne pour caler sa vitesse à celle de Chiridirelle et Rowena.
-Je déteste quand il fait ça !
-Je l'avais senti...avoua Soul en riant.
-Alors pourquoi tu n'as rien dit ?
-Et rater ça ?
La petite troupe de coureurs parcourut le même trajet que ce que Chiridirelle, Godric et Nathanaël avait fait le jour d'avant. Alors qu'ils contournaient un pan de la Forêt Interdite, ils eurent la surprise de croiser un coureur qui venait de la direction opposée.
Petit, les cheveux noirs en bataille, des yeux verts cachés par des lunettes rondes, une cicatrice en forme de V sur la joue et le sourire aux lèvres, il s'agissait du célèbre Harry Potter. Voyant le nombre de coureurs inhabituel s'adonner au sport si tôt le matin, celui-ci sembla surpris mais leur sourit en les saluant d'un mouvement de la tête. Ils lui rendirent la politesse.
Lorsqu'ils arrivèrent au bord du lac, Harry Potter était déjà assis sur la rive et contemplait le lever de soleil.
-Nous avons encore le temps pour un peu d'exercice, décida Lailoken en jaugeant la hauteur du soleil. Chiridirelle contre Gabriel.
-A mains armées ? demanda l'elfe avec une pointe d'espoir.
-Si cela convient à Gabriel.
-Avec plaisir ! rugit-il en se saisissant de sa baguette pour faire apparaître une lourde hache à la garde ornée de pierres précieuses.
Nathanaël et Rowena allèrent s'asseoir à côté de l'élève de Gryffondor qui s'était tourné dos au lac pour regarder l'entraînement d'un air intéressé.
-Gabriel va perdre, prédit Rowena tandis que Chiridirelle envoyait valser le sorcier.
-Il y a des chances, opina Nathanaël.
-Vous faites ça tous les jours ? demanda alors Harry Potter, admiratif.
-En effet, le vieux tient à ce que nous nous entraînions quotidiennement.
-C'est impressionnant. Ton combat d'hier contre lui était effarant ! Il est...comment dire ?
-Monstrueux ? proposa Rowena en gloussant.
-J'allais dire incroyable, dit Harry Potter en souriant, mais ça lui va aussi bien, si ce n'est mieux.
-Et tu n'as rien vu !
-Combien de temps t'a-t-il fallu pour en arriver à ce niveau, Wyllt ? demanda le Gryffondor.
Nathanaël grimaça.
-Oh, je t'en prie, appelle-moi Nathanaël ! Wyllt c'est très impersonnel ! Hmm, pour répondre à ta question, j'ai commencé à me battre à l'âge de onze ans, je crois. D'abord contre mon père, Gabriel et Chiridirelle puis vers l'âge de quinze ans contre Lailoken.
-Tu as commencé tôt !
-J'aime ça, il faut dire. Je trouve ça grisant de se rendre compte de ses progrès, qu'ils soient physiques ou magiques. J'aime me dépasser.
Godric fut projeté au loin, les fesses les premières. Il gronda de rage et se releva pour contre-attaquer mais Chiridirelle était déjà sur lui, ses cimeterres croisés en direction de sa gorge.
-Elle va le tuer ! s'écria Harry avec horreur.
Mais Godric stoppa les cimeterres avec sa hache et asséna un coup de pieds dans le ventre de l'elfe qui retroussa la lèvre supérieure en grognant. Se ramassant sur elle-même, elle bondit soudain dans les airs et vrilla avant de redescendre en piquet vers le sorcier roux qui dût plonger sur le côté pour l'éviter. Les cimeterres de la drow se plantèrent avec force dans la terre, à quelques centimètres du crâne de leur cible.
-Tu cherches à me scalper !? hurla Godric en se redressant.
-Je cherche à gagner, idiot !
Nathanaël leva les yeux au ciel. A chaque fois qu'ils s'affrontaient, l'accord tacite qu'avaient passé ces deux imbéciles disparaissait comme par enchantement.
-Qui traites-tu d'idiot ? Je vais te montrer, moi, qui est l'idiote ! rugit-il en balançant sa hache de toutes ses forces dans sa direction avant d'en faire apparaître une seconde dans ses mains à l'aide de sa baguette.
-Mais je ne te permets pas ! Sorcier de pacotille ! répliqua Chiridirelle en esquivant facilement la hache qui continua son chemin vers Nathanaël qui ne faisait pas mine de vouloir bouger.
Harry se jeta sur le nouveau qui le regarda avec étonnement tandis que la hache venait s'écraser contre un bouclier invisible qu'il n'avait pas vu être installé.
-Oh, pardon ! J'ai cru que tu allais être embroché.
-Aucun risque, sourit le nouvel élève d'un air mystérieux.
-Ils sont toujours comme ça ? demanda Harry en désignant les deux combattants tandis qu'il reprenait sa place.
-Avant c'était pire, se contenta de dire Rowena en haussant les épaules.
-Tu ne fais vraiment pas attention à ce que tu fais, imbécile ! grogna Chiridirelle à Godric. Tu aurais pu blesser Nat' !
-Comme si c'était possible ! ricana le sorcier en se jetant sur elle, hache en avant.
Le combat continua ainsi jusqu'à ce que Lailoken s'interpose pour les faire cesser car il était temps de retourner au château. Il n'y eu ni vainqueur ni vaincu.
-Pourquoi ne te joindrais-tu pas à nous le matin ? proposa Nathanaël à Harry alors qu'ils gravissaient les escaliers pour retourner dans leurs dortoirs respectifs. Ce sera plus amusant pour toi que de courir seul !
Harry sourit.
-Avec grand plaisir ! Ce n'est parfois pas facile de se motiver quand on est seul. J'aurais bien emmené Ron avec moi –c'est le rouquin qui traîne avec moi- mais il n'est ni sportif ni du matin.
-Alors c'est réglé ! fit Nathanaël en continuant de gravir les escaliers alors qu'Harry bifurquait à droite. On se voit en cours tout à l'heure !
Oo
-Je vous sens impatients.
-Soyez sympa avec nous, prof ! s'exclama Anthony Goldstein, un élève de Serdaigle au physique avantageux. Qui va commencer les duels ?
-Je ne sais pas si vous êtes vraiment prêts, finalement…fit le Professeur Black. Je crois que je me suis avancé trop vite. Nous devrions annuler.
-Ah non ! s'écrièrent les élèves en chœur.
-Vous n'êtes pas sérieux, prof ? gémit Barry.
-Pourquoi vous nous faites ça ? enchaîna Terrence.
-Je croyais en vous, moi ! essaya Seamus Finnigan, un Gryffondor aux nombreuses tâches de rousseur malgré ses cheveux noirs.
Le professeur Black se mit à rire et leva les mains en signe de capitulation.
-Je plaisantais, je plaisantais !
-Vous êtes le meilleur, prof ! crièrent de concert Terrence et Barry en levant les pouces.
-Je sais, fit-il en plongeant sa main dans l'urne qu'il venait de sortir de sous son bureau. Alors…les heureux élus sont…
Terrence et Barry tapèrent des mains sur les pupitres qui étaient empilés au fond de la classe comme s'il s'était agi de tambours pour donner un air dramatique à l'annonce.
-…Terry Boot contre Ernie Macmillan !
-Houhou ! Allez Ernie, allez Ernie ! encouragèrent les Poufsouffle tandis que les Serdaigle encourageaient leur propre champion.
Ernie s'avança au centre de la salle de classe, rejoins aussitôt par son adversaire. Terry Boot était un garçon de taille moyenne, aux cheveux châtains et au sourire toujours accroché aux lèvres. Ils se firent face et se saluèrent avant de s'éloigner l'un de l'autre de quelques pas pour se mettre en garde.
Ce fut Terry qui lança l'offensive en balançant un Locomotor Wibbly qu'Ernie esquiva avec facilité tout en contre-attaquant d'un maléfice de Chauve-furie. Ils continuèrent à envoyer et parer une série de sortilèges avant qu'Ernie se prenne le dernier en pleine poitrine, ce qui le fit trébucher.
Terry saisit l'ouverture qui s'offrait à lui et bombarda Ernie d'une multitude de Stupéfix mais le Poufsouffle renvoya la totalité de ses sortilèges grâce au sortilège du bouclier qu'il eut juste le temps d'envoyer. Terry fut touché en pleine poitrine par trois de ses propres sorts de Stupéfixion.
-Accio baguette de Terry! fit Ernie en souriant.
Lorsque la baguette du perdant fut dans ses mains, le Professeur Black sa mit à applaudir et les élèves de Poufsouffle se mirent à brailler à tue-tête en le félicitant.
-C'était un beau combat ! Terry, tu avais l'ascendant jusqu'à ce qu'il ne trébuche. Tu as dû penser que c'était terminé pour lui et tu as baissé ta garde. Lors de ton prochain duel, il te faudra garder ton sang-froid jusqu'à ce que la baguette de ton adversaire se trouve dans tes mains. Ne jamais vendre la peau de l'hippogriffe avant de l'avoir tué.
Terry opina du chef et Ernie l'aida à se relever. Ils se serrèrent la main puis retournèrent à leurs places.
-Ernie, mon pote, c'était génial ! le félicita Glenn en passant un bras autour de son cou. Une première victoire pour les Poufsouffle !
Ernie se mit à rougir, gêné.
-Ce n'est vraiment pas facile de prévoir les attaques et les contre-sorts lorsque l'on est en pleine action.
-Tu t'en es très bien tiré, fit Nathanaël en lui collant une tape dans le dos. C'est la première fois que tu combats ?
-Officiellement, oui. Mais j'ai déjà fait quelques duels amicaux avec mes frères. Cela n'a rien à voir avec ce genre de duel. Avec mes frères, c'est toujours beaucoup plus détendu et cela finit régulièrement par des batailles d'Aguamenti.
-Tu peux tout de même être fier de toi, continua Nathanaël. Les premières fois sont généralement déroutantes mais tu t'es bien débrouillé malgré tout.
Ernie lui sourit, au fond, recevoir un compliment d'une personne aussi douée que Nathanaël en matière de combats lui faisait réellement plaisir.
-Bien, un peu de silence ! réclama le professeur en plongeant à nouveau sa main dans l'urne. Le prochain duel sera entre… Kevin Emtwhistle et Hermione Granger !
-Deux Sang-de-Bourbes qui combattent, murmura Blaise Zabini à Pansy Parkinson, pas un pour rattraper l'autre…
-La puissance magique n'a rien à voir avec le sang, Zabini ! chuchota Godric par-dessus l'épaule du jeune homme, le faisant sursauter.
Blaise le fusilla du regard et fit une grimace de dégoût.
-Bien sûr que si ! Tout le monde sait ça !
-Alors le monde est idiot.
-Evidemment que la pureté du sang joue sur la puissance magique ! grinça Blaise, furieux.
-Complètement faux. Tu n'as pas écouté ce qu'a dit Sa…le professeur Wyllt ? La magie est juste une énergie qui nous a été donnée par la Nature elle-même. Elle a été distribuée complètement au hasard. Un Né-de-Moldu peut donc être aussi puissant ou même plus puissant qu'un sorcier de « sang-pur ». D'ailleurs, les sang-purs n'ont jamais existé, ne t'en déplaise ! Nous avons tous des origines Moldues, plus ou moins lointaines.
-Tu n'as pas honte de dire des choses comme ça !? s'écria Blaise scandalisé, s'attirant les regards des autres élèves. Je suis un sang-pur ! L'arbre généalogique de ma famille remonte à la nuit des temps et nous avons tous été sorciers ! Je t'interdis de dire des choses aussi dégoûtantes !
-Que tu le penses est une chose, c'est ton droit le plus strict, répondit Godric, calmement. En revanche, que tu dénigres et que tu te montres irrespectueux envers tes pairs, ça je ne le tolère pas. Tes croyances te sont personnelles. Tout comme ta haine. Que tu ne supportes pas les Nés-de-Moldus est ton choix, mais ne t'avises plus de les insulter devant moi !
-Je fais ce que je veux, Garnett ! siffla Blaise. Je n'ai aucun ordre à recevoir de toi !
-J'ai bien compris que tu ne feras preuve de respect que lorsque je t'aurais démontré que, magiquement parlant, je te surpasse. Cela arrivera bien plus vite que tu ne le penses.
-Gabriel ! intervint Nathanaël en se postant entre les deux. Calme-toi ! Il n'en vaut pas la peine !
-Je ne sais pas pour qui vous vous prenez, vous deux, mais vous n'allez pas chambouler l'ordre établi de Poudlard ! fit Blaise d'une voix froide. Tu devrais faire attention à tes arrières, Garnett. N'oublies pas dans quels dortoirs tu dors la nuit.
-Blaise ! appela Drago Malefoy de sa voix traînante. Arrête de te donner en spectacle, veux-tu ?
-Oui, Monsieur Zabini, taisez-vous un peu, voulez-vous ? appuya le Professeur en le fixant d'un regard noir. Cela ne vous fera pas de mal de réfléchir à ce que vous dîtes au lieu de débiter des âneries.
Blaise dévisagea une dernière fois Gabriel Garnett et Nathanaël Wyllt avant de murmurer à ce dernier :
-Nous réglerons ça lors de notre affrontement, Wyllt.
-S'il n'y a que ça pour te faire plaisir…
-Et toi Garnett, fais bien attention à toi.
Godric le toisa du haut de ses deux mètres et Blaise finit par se retourner pour rejoindre Drago et Pansy.
-Tu es vraiment idiot, fit Drago.
-Peut-être, mais comme je suis apparemment le seul à vouloir faire en sorte que les règles subsistent, je me dois d'aller jusqu'au bout, répliqua-t-il d'un ton chargé de reproches.
-Tu vas perdre, fit Drago sans relever.
-J'ai toujours admiré ta capacité de soutien…
-Ce ne sont que les faits : il est bien plus fort que toi…que ce soit physiquement ou magiquement.
-Je sais.
-Alors pourquoi tu t'entêtes ?
-Ils se prennent pour les rois du monde.
-Ils ont la force qui le leur permet.
-Je veux leur montrer que tout n'est pas aussi facile dans la vie.
-Tu as conscience que tu n'es tout au plus qu'une épine dans leurs pieds ?
-Oui.
-Tu es con.
-Sûrement.
-Taisez-vous, tous les deux ! chuchota Pansy. Ça va commencer ! Granger a beau être ce qu'elle est, elle est intelligente et puissante. Je veux voir comment elle va se débrouiller. Si jamais je tombe contre elle à un moment donné je veux avoir analysé son style.
Blaise parut outré que son amie accorde tant d'importance à une simple Sang-de-Bourbe mais ne dit rien et reporta toute son attention sur le combat. Après tout, s'il était honnête avec lui-même, il était vrai qu'Hermione Granger était particulièrement puissante pour une Née-de-Moldus. Cela devait être la fameuse exception qui confirmait la règle.
-En garde ! s'exclama le Professeur Black. Combattez !
Un sort fusa à travers la pièce et Kevin Emtwhistle plongea aussi sec sur sa gauche tout en répliquant de deux sorts consécutifs. Granger n'eut aucun mal à parer et à contre attaquer de plus belle.
Malgré son léger surpoids et sa petite taille, Blaise se surprit à trouver Emtwhistle très réactif et vif. Il tenait tête à la Gryffondor sans paraître se fatiguer plus que ça. Il cria un sort que Blaise ne connaissait pas qui vint frapper Granger de plein fouet. Elle tituba et cligna des yeux plusieurs fois. Elle se mit à tâtonner devant elle comme si elle ne voyait plus rien. Elle était aveugle, comprit Blaise en souriant. C'était finement joué. Kevin Emtwhistle réservait quelques délicieuses surprises à ses spectateurs.
La sorcière s'arrêta subitement de tâtonner, inspira longuement et l'affolement qui avait transparut dans ses gestes l'instant d'avant s'évanouit pour être remplacé par un calme dérangeant. Toute l'assemblée retint son souffle quand le Serdaigle la mitrailla de sorts tous plus inconnus les uns des autres. Granger allait tous se les prendre de plein fouet.
Les sorts vinrent s'écraser contre un Protego. Des murmures se firent entendre à gauche et Blaise reporta son attention vers le Serdaigle. Tout autour de lui, des dizaines de miroirs apparaissaient, tous inclinés vers lui. Blaise fronça les sourcils. Il ne comprit le coup de maître que lorsque Granger envoya des sorts de Stupéfixion à tours de bras.
Si la moitié allèrent se perdre dans le plafond ou au fond de la classe, certains ricochèrent sur les miroirs et furent redirigés en direction du Serdaigle qui fut emprisonné dans une cage de jets de lumières. L'un d'entre eux finit par atteindre sa cible et la sorcière n'eut qu'à faire léviter sa baguette jusqu'à elle pour gagner ce combat.
-Bravo, Hermione ! s'écria Potter en courant la rejoindre pour l'enlacer.
-C'était incroyable, Mione ! fit Weasley en souriant.
Et il fallait bien le reconnaître, Blaise était lui aussi très impressionné.
-Qu'est-ce que je te disais, Zabini ? le railla Garnett en souriant avec satisfaction. Le sang n'a rien à voir avec la puissance.
Blaise choisit d'ignorer le nouveau Serpentard. Pas parce que ses menaces de lui montrer leur différences de puissances l'avaient effrayé mais simplement parce qu'en cet instant précis, Blaise savait pertinemment qu'il avait perdu cette joute verbale. Hermione Granger venait de démontrer que tout ce qu'avait dit Gabriel Garnett était plausible. Il était bien trop intelligent pour continuer une bataille qu'il savait vouée à la défaite.
Il attendrait patiemment que les évènements tournent à son avantage pour répliquer.
-Bien, Miss Granger vient de vous montrer une maîtrise impressionnante de sa magie et une capacité à prendre des décisions rapides et ingénieuses C'est ce qui vous permettra de rester en vie lors d'un véritable combat. Comme elle l'a très brillamment démontré, il ne faut en aucun cas se laisser submerger par la panique. Si la panique et la peur s'emparent de vous, vous êtes morts. Bien…nous avons encore un peu de temps pour un dernier duel. Tracey Davis contre Parvati Patil !
De la prestance, Tracey Davis en avait. Ses cheveux noirs coupés courts à la garçonne dévoilaient sa nuque longue et menue qui lui donnait un port altier. Son visage fin et gracile mettait en lumière sa bouche pleine et délicatement rosée. Elle avait ce physique androgyne qui n'allait pas à tout le monde. Ses mouvements fluides mais francs et sa poitrine quasiment inexistante lui donnaient parfois un air masculin qui allait bien.
Le contraste entre elle et Parvati Patil était d'autant plus saisissant que la Gryffondor était une de ces filles d'une coquetterie incroyable qui pouvait passer des heures à retoucher son apparence physique et à discuter produits de beauté.
Tracey Davis privilégiait le confort vestimentaire et physique ainsi que l'apprentissage et l'entraînement. Et cela fut la différence qui envoya Parvati Patil à l'infirmerie.
A peine le professeur donna-t-il le signal que Parvati fut expulsée à l'autre bout de la salle sans qu'elle n'ait pu faire quoique ce soit pour se défendre. La baguette de son adversaire dans ses mains, la Serpentard leva le bras pour montrer qu'elle avait gagné.
Oo
-Godric voulait te parler ! mentit Soul en espérant que cela arrête Nathanaël.
-Ah bon ? Je ne l'ai pas entendu me le dire, répondit-il.
-Mais si, rappelle-toi, pendant le cours de Défense Contre les Forces du Mal ! continua Soul. Tu devrais aller le voir.
-Je ne m'en souviens vraiment pas. De toutes manières, je dois absolument aller voir Maman et Lailoken pour mon problème de magie et de mémoire. Je n'ai pas pu lui en parler ce matin, Harry était présent. J'irai voir Godric tout à l'heure.
Soul se mit à paniquer. Comment pouvait-elle faire pour l'empêcher d'aller les voir ? Elle s'imaginait déjà l'explosion que cela allait créer. Elle n'osait même pas penser à la réaction qu'aurait Nathanaël quand l'un des deux lui parlerait des véritables circonstances de la mort de Mrs Collins.
Poudlard serait assurément réduite en cendres.
Mais que pouvait-elle bien faire pour le stopper ? Ça seule particularité magique était son empathie exacerbée et cela ne l'aidait en rien à ce moment précis.
-Nathanaël !
Jamais Soul ne se sentit aussi contente de voir Harry Potter accourir dans le couloir. Si elle avait eu un corps, elle l'aurait serré dans ses bras.
Nathanaël s'arrêta et attendit que le garçon le rejoigne.
-Tu n'es pas facile à trouver, fit Harry en essayant de retrouver son souffle. Je voulais savoir…les septièmes années de Gryffondor font une petite soirée ce soir. Ça t'intéresserait ?
-Une soirée ? répéta Nathanaël en faisant la grimace malgré lui.
-Oui, tu verras, ça va être cool !
-Allez, Nat' ! l'encouragea Soul qui voyait là une belle occasion de lui faire penser à autre chose qu'à ses problèmes. Tu devrais te sociabiliser avec toutes les maisons de Poudlard. Tu te ferais des amis de ton âge en plus de tes camarades de Poufsouffle.
-Tu n'as pas tords, répondit-il silencieusement avant de continuer à voix haute. D'accord, je suis partant ! Où est-ce que ça aura lieu ?
-Génial ! Nous faisons ça dans une des salles désaffectées du cinquième étage. Tu ne peux pas la louper, c'est la porte en bois verte à côté de la fresque de la Bataille de 1523 entre les Sirènes et les Selkies.
-Je peux amener quelques amis ? demanda Nathanaël.
-Bien évidemment !
-C'est à quelle heure ?
-On commence à 21h, après l'extinction des feux donc soyez discrets ou Miss teigne va vous pister et vous allez amener Rusard jusqu'à nous…
-Ne t'en fais pas, on sera invisibles et inaudibles.
-Fantastique ! Tu m'accompagnes dans la Grande Salle ? Il est l'heure de manger, l'invita Harry en tournant à gauche pour rattraper le couloir qui les mènerait jusqu'au Hall.
Nathanaël hésita un instant, il devait vraiment voir sa mère et Lailoken pour ses problèmes mais, avisant l'heure tardive, il allait certainement les manquer. Ils devaient déjà être en route pour le dîner.
-Tu verras ça demain, fit Soul.
Nathanaël haussa les épaules et acquiesça.
-Je te suis, Harry.
-Alors, tu te fais à Poudlard ? demanda celui-ci en repositionnant ses lunettes sur son nez.
-J'ai toujours rêvé de venir ici, tu sais ? sourit Nathanaël. Je suis vraiment ravi. J'aime beaucoup l'ambiance qui règne entre ces murs. Ça me fait penser à La Citadelle.
-La Citadelle ?
-C'est là où j'habite. C'est un grand et vieux manoir dont les fondations baignent dans un lac. C'est entouré de bois. C'est un vrai coin de paradis.
-En effet, tel que tu le décris, ça a l'air incroyable. Tu verras, Poudlard est un lieu magique. Je la considère réellement comme mon deuxième chez-moi. Le seul hic est les Serpentard. Malheureusement, ils ne partagent pas du tout la même vision que les autres Maisons. Je trouve ça dommage de se déchirer et d'être perpétuellement dans le conflit. Après tout, je ne vois pas vraiment pourquoi nous entretenons une rivalité qui concernait les Fondateurs.
-Savais-tu que Salazar Serpentard et Godric Gryffondor étaient amis à l'origine ?
-Sirius m'en avait déjà parlé, oui.
-Sirius comme Sirius Black, le Professeur de Défense ?
-Oui, c'est mon parrain et mon tuteur depuis la…enfin, la Nuit, quoi.
Voyant qu'Harry était mal à l'aise, Nathanaël ramena la conversation aux Fondateurs.
-Comme Serpentard et Gryffondor étaient amis, je ne vois pas pourquoi vous ne pourriez pas vous entendre aussi.
-À dire vrai, Malefoy avait bien essayé de devenir mon ami en première année mais il a été tellement méprisant avec Ron que je l'ai envoyé baladé.
-Pourquoi ne réessayerais-tu pas ?
-Nous avons grandi maintenant, la guerre est à nos portes. Les camps se sont formés et nous ne sommes pas dans le même.
-Tu sais, ce n'est pas parce que tu ne comprends pas la raison pour laquelle ils combattent que cela en fait forcément de mauvaises personnes. Nous avons tous des raisons personnelles qui nous poussent à agir.
-Je ne comprends pas la raison d'agir des Mangemorts. Comment peut-on vouloir être un Mangemort ?
-La réponse à ta question de trouve justement dans ta question. Vouloir. Certains ne le veulent pas. Ils ne le font pas par choix.
-Lucius Malefoy est le bras droit de Voldemort. Lui, il l'a choisi.
-Mais pas Drago.
Harry sembla réfléchir à ce qu'il venait de soulever.
-Ce que tu dis est pertinent. Même plutôt plausible. Mais je n'arriverai jamais à lui faire confiance. J'aurais toujours ce petit truc qui me dit qu'il est avec Lui.
-Le bénéfice du doute, Harry.
-Je ne suis pas aussi bon. Aussi tolérant.
-Personne n'est parfait, fit Nathanaël en haussant les épaules.
-Sorcière Hebdo ne serait pas d'accord avec toi, rigola Harry. Apparemment je suis le célibataire le plus e vogue de ces dernières années. Je suis le parfait parti.
-Charmé d'être en la présence d'une telle célébrité ! s'amusa le Poufsouffle.
Ils entrèrent dans la Grande Salle et voir entrer côte à côte le Survivant et la curiosité aux cheveux blancs tout droit venu d'on-ne-savait-où déclencha nombre de conversations.
-Bon appétit, Nathanaël ! Je te dis à plus tard ! le salua Harry en se dirigeant vers la table des Gryffondor.
Nathanaël hocha la tête et partit s'installer à côté de Glenn qui se mit à lui raconter à quel point il avait adoré le cours de Salazar.
Nathanaël se mit à sourire.
Il adorait la vie à Poudlard.
