Hello les endives !

Enfin, le chapitre 41 est publié !

Pour vous faire une confidence, j'ai failli mettre cette histoire en pause, le temps de bien penser au synopsis de ce qui allait se passer à Poudlard. Attention, confidence : je n'ai jamais vraiment réfléchi à ce qui s'y passerait.

Je vous avoue comment j'écris : au fil de mon clavier, en fonction de mes idées, sur le moment.

Je n'ai ni synopsis, ni trame, ni chapitres bien construis en avance. J'ai seulement des flashs de scène que je veux écrire et je tisse autour de ces flashs. Si c'était suffisant pour le début de l'histoire, je me rends compte que ça devient plus compliqué de tisser une toile qui tient la route sans préparer la trame avant. Du coup, mes publications sont erratiques.

Je ne veux en aucun cas que la qualité de mes écrits en pâtissent aussi je préfère prendre le temps qu'il faut pour écrire un seul chapitre tout en réfléchissant bien à l'avancement des intrigues. Je vais donc profiter de cet été pour faire ce que je n'ai jamais fait : préparer mes chapitres à l'avance ! Wouhouhou !

J'ai tellement hâte de finir cette histoire, la fin me brûle les doigts mais voilà...je connais la toute fin, sinon je suis comme vous : dans le flou le plus total. Ce sont mes personnages qui font leur vie, je crois.

En tout casn sachez que je n'abandonnerai jamais cette histoire et je me suis même lancée und éfi : la terminer pour 2019... Ouais, vaste projet ! ;)

Allez, on encourage l'auteur, on lui fait des bisous sur les 2 fesses et on lui laisse des gentils mots qui lui font chaud au cœur !

A tous ceux qui sont là depuis le début et à ceux qui ne lâchent pas cette histoire : MERCI !

J'VOUS KIFFE LES ENDIVES !

CyberCoffee


Chapitre 41

Leur salon était douillet et bien aménagé mais Helga n'y faisait pas attention. Elle aurait pu profiter de sa soirée pour se reposer afin de reprendre des forces après une journée particulièrement remplie mais elle ne pouvait s'empêcher de revoir son fils rentrer dans la Grande Salle aux côtés de son frère.

Avoir fait tout ce qu'elle avait pu pour les tenir éloignés et mettre toutes les chances de leur côté pour que la prophétie s'accomplisse dans le bon sens pour voir tous ses efforts balayés comme une poussière par une brise d'été.

L'angoisse qui dormait au fond de son être se réveilla et lui tordit les tripes. Y'avait-il seulement une seule chance pour que Nathanaël ne finisse pas par savoir qui était Harry Potter ? Malgré tous les sortilèges de Rowena, le lien de gémellité ainsi rapproché finirait par réveiller son huitième sens et il finirait par se douter de quelque chose.

Mais quels choix avaient-ils ? Le seul moyen de s'approcher de l'un des meurtriers de Mrs Collins était le fils de cet assassin qui était scolarisé à Poudlard.

-Il ne découvrira rien, fit Lailoken qui s'était assis dans un des fauteuils du salon. Les protections sont étanches.

-Ça finira par arriver, murmura-t-elle d'une voix brisée. Je…je ne le supporterai pas s'il lui arrivait quelque chose.

-Il est bien plus fort que tu ne le penses, il arrivera à bout de cette épreuve. Et il en sortira vainqueur.

-Tu dis ça parce que tu ne supporterais pas de devoir vivre encore des années s'il mourrait où y crois-tu vraiment ? répondit méchamment Helga.

Les mâchoires de Lailoken se contractèrent et il inspira longuement.

-Désolée, ce n'était pas juste, s'excusa-t-elle en fermant les yeux. Je suis angoissée depuis qu'on est ici.

Le vieil homme balaya l'excuse d'un geste de la main.

-Le petit est intelligent et débrouillard. Mais même sa vivacité ne pourra pas briser les sortilèges de Rowena. Tu dois arrêter de t'en faire pour ça. Il ne pourra jamais imaginer que Potter est son frère jumeau. La prophétie va se réaliser.

-J'ai si peur pour lui, Lailoken, tellement peur ! gémit Helga tandis que des larmes perlaient sur ses joues. C'est mon fils, mon tout petit. S'il venait à mourir lui aussi, j'en mourrai cette fois.

Lailoken se leva et vint enserrer Helga dans ses bras.

C'est dans cette position que les trouvèrent Rowena, Godric et Salazar.

-Je savais que vous vous appréciez excessivement bien mais je n'aurai pas imaginé que tu me tromperais avec ce vieux croûton, les railla Salazar avec humour.

Helga se dégagea de l'étreinte de Lailoken en essuyant ses larmes de ses mains. Son mari la rejoignit et l'embrassa.

-Arrête de te faire du souci pour Nat', la rabroua-t-il gentiment. C'est un garçon intelligent.

-Mais tu ne comprends pas ! s'écria Helga. S'il découvre qui est Harry Potter, le monde périra ! Ils doivent ignorer qu'ils sont frères !

-Et je ne vois pas comment il pourrait l'apprendre, lui rappela Rowena. Mes sortilèges sont puissants et indestructibles. Il n'en saura jamais rien.

-Et nous le surveillons, ajouta Godric. D'ailleurs il a été invité par Harry à une soirée ce soir…

Helga se tourna brusquement vers le sorcier roux.

-Comment !? Non, il ne peut pas copiner avec son frère ! Salazar, dis quelque chose !

-Ma chérie, calme-toi ! répondit son mari d'une voix douce mais franche. Nathanaël n'a aucun moyen de découvrir quoique ce soit. Et plus tu lui interdiras de se lier avec Harry, plus il trouvera cela étrange et il fouillera fatalement pour trouver le fin mot de l'histoire. Laisse-le donc se rapprocher de lui. Rowena, Godric, faites-vous inviter par Nat' à cette soirée et surveiller ce qu'il s'y dit !

-C'est déjà fait, Laz' ! l'informa Rowena en souriant.

-Parfait.

-Parfait ? Il n'y a rien de parfait là-dedans, Salazar ! s'écria de plus belle Helga. La prophétie a bien spécifié qu'ils ne devaient avoir aucun lien pour déjouer la malédiction !

Helga ne cachait plus ses larmes qui coulaient sans retenue le long de ses joues. Le cœur de Salazar se serra à cette vision. Helga était si fragile. La famille avait toujours été un sujet sensible pour elle qui avait si mal vécu la mort de ses proches.

-Je ne veux pas qu'il vive malheureux, blessé et meurtri comme toi Lailoken ! Ce n'est pas une vie ! Lailoken, tu sais pertinemment de quoi je parle ! Tu es le premier à vouloir que tout cela cesse. Tu souffres depuis des centaines d'années sans pouvoir y faire quoique ce soit ! Combien de temps as-tu mis à dompter la puissance de ta sœur et la tienne cumulée ? Plus de cinq cent ans à être un danger pour toute la planète ! Je ne laisserai pas mon enfant vivre ça ! Il ne perdra pas son frère, il n'absorbera pas la seconde moitié de sa puissance ! Je ne le permettr…

Helga ne put terminer sa phrase, elle s'effondra sur le canapé, inconsciente. Salazar se précipita pour voir si elle n'avait rien de grave mais sa femme semblait s'être simplement endormie. Il se tourna brusquement vers Lailoken.

-Qu'est-ce qu'il t'a pris ?

-Il fallait qu'elle se calme, répondit simplement l'Enchanteur en haussant les épaules.

-Tu aurais pu t'y prendre autrement !

-J'ai beau l'aimer comme si elle avait été ma fille, j'ai aussi mes propres limites, grinça le vieil homme, les mâchoires serrées. J'ai beau apprécier Nathanaël, il est mon successeur et rien ne l'empêchera de prendre ma suite. J'attends depuis trop longtemps.

-Comment peux-tu dire un truc pareil !? s'insurgea Godric, outré.

-Je me fous que vous me compreniez ou non, répliqua Lailoken d'une voix froide. Personne ne m'empêchera de mourir.

-Sors d'ici avant que je fasse quelque chose que je regretterai ! gronda Salazar, hors de lui.

Lailoken le fixa sans un mot, comme s'il attendait de voir ce que son ancien élève serait capable de lui faire, avant de soupirer et de sortir de leurs appartements.

-Bordel, mais qu'est-ce qu'il se passe ? s'inquiéta Rowena.

Oo

-Mais taisez-vous, bon sang ! chuchota furieusement Ernie à la tribu qui le suivait en ricanant. On va se faire repérer !

-Ne t'inquiète pas, Macmillan ! s'exclama Roxane. J'ai apposé un Assurdiato autour de nous.

Ernie se retourna, les yeux écarquillés.

-Attends…tu arrives à jeter un sort mobile !?

-Ce n'est pas difficile, répondit-elle en esquissant un sourire qui fit battre le cœur du jeune homme.

Roxane était particulièrement jolie. Ses pommettes rosées, son teint pâle, ses grands yeux et ses longs cheveux noirs avaient séduit le jeune Préfet-en-Chef. Et bien qu'elle ait déjà démontré qu'elle était douée magiquement parlant, voilà qu'elle continuait de lui prouver qu'elle était belle et compétente. Il n'en fallut pas plus pour qu'il se mette à bégayer en rougissant.

-C'est imp…impressionnant, Roxane !

-Ce n'est vraiment pas grand-chose une fois que tu as compris le truc, continua cette dernière sans remarquer le trouble du jeune homme.

-Tu…tu pourrais m'app…rendre ? osa finalement demander Ernie en fixant ses pieds.

-Evidemment, avec plaisir !

Le sourire rayonnant qui s'était dessiné sur son visage finit d'abattre la faible résistance qui subsistait encore dans le cœur du Préfet-en-Chef des Poufsouffle. Son être tout entier appartenait désormais à Roxane Savage.

-Tu vas finir par exploser, mon pote ! se moqua Ian.

-Je suis amoureux.

-Je vois ça.

-Sérieusement.

-Je vois ça.

-C'est la femme de ma vie.

-Je vois ça.

-Tu me prends pour un idiot ?

-A peine.

-Tu verras quand ça te tomberas dessus.

Ian ricana de plus belle et lui flanqua une tape dans le dos avant d'aller embêter Glenn qui tirait Megan Jones par le bras. Megan était la troisième et dernière fille de septième année de Poufsouffle. Elle avait un franc-parler rafraîchissant, de longues jambes et un air sévère. Glenn avait apparemment su la séduire car ils filaient le parfait amour depuis maintenant trois ans.

-Où est-ce que la fête à lieu déjà ? demanda Gabriel à Terrence.

-Au cinquième étage, c'est dans une vieille salle de classe désaffectée. Apparemment il n'y aura que des Gryffondor…es-tu certain que tu vas être bien accueilli ?

-Pourquoi ne le serai-je pas ? s'étonna Gabriel.

-Tu es un Serpentard ! s'exclama Barry comme si cela était évident. Et les Gryffondor détestent les Serpentard autant que les Serpentard détestent les Gryffondor.

-C'est complètement idiot.

-Je ne te le fais pas dire...nous, les Poufsouffle, on se contente de les regarder à distance se faire des crasses entre eux. On compte les points en quelques sortes !

-Cela dit, étant donné que tu t'es pris le bec avec Zabini, tu ne devrais pas avoir trop de mal à t'intégrer ! souleva Justin. Personne ne peut le supporter.

-Tu ne vas pas avoir des problèmes avec les personnes de ta maison, d'ailleurs ? s'inquiéta Hannah.

-Pourquoi donc ?

-Tu as clairement démontré ta position concernant les Nés-de-Moldus, et tu t'en es pris directement au descendant d'une des Nobles et Anciennes Familles de Sang-Pur.

-Et donc ?

-Qu'est-ce que tu fais à Serpentard ? demanda finalement Ian en le regardant avec les yeux ronds. Chez eux, il y a toute une valse d'associations, de machinations, de pouvoir, de secrets et d'ascendances entre Sangs-Purs et Sangs-Mêlés. Je ne te parle même pas des Nés-de-Moldus. Je crois qu'une Née-de-Moldus avait été répartie à Serpentard l'année dernière…elle a quitté Poudlard moins d'un mois après y être entrée. Que tu te positionnes aussi visiblement aura certainement provoqué un cataclysme. J'ai cru comprendre que tu t'étais associé à Daphné Greengrass. Ta prise de position va l'avoir mise dans l'embarras…

-Mais ça ne la concerne en rien ! protesta Gabriel. C'est complètement idiot !

-Comme tu t'es lié à elle, tout ce que tu fais l'impacte directement, comme tout ce qu'elle fait t'impactera directement. D'ailleurs comment cela se fait-il que tu aies conclu une si bonne alliance alors que tu ne comprends rien aux us et coutumes des Serpentard ?

-On m'a conseillé.

-Qui donc ?

-Un certain Gersende Morency.

Ian fit une drôle de tête, Terrence et Barry firent la grimace, Ernie se figea, Justin déglutit, Susan et Hannah cessèrent de parler, Glenn fronça le nez de dégoût et Megan… Megan continua de siroter son jus de citrouille avec son air éternellement ennuyé.

-Morency ? répéta Ian. Morency t'as conseillé ?

-Oui.

-Gratuitement ?

-Oui.

- Méfies-en-toi comme de la peste, ce type est dangereux.

-Je sais.

-Alors pourquoi l'as-tu écouté ?

-Parce que ce qu'il disait était intéressant et intelligent. Et qu'il connaît bien mieux toutes ces conneries que moi.

-Ne lui fais pas confiance. Jamais.

-Évidemment.

-Ce mec est le garçon le plus tordu que j'ai jamais rencontré, insista Ian en réprimant un frisson.

-Qui est ce Gersende Morency ? demanda Nathanaël, intrigué.

Ian sembla réfléchir un moment comme s'il cherchait les mots justes.

-Je crois que le terme « serpent » convient réellement le mieux. Justin, tu m'avais raconté l'histoire d'Adam et Eve, ces moldus à l'origine du Monde…dans cette histoire il y avait un serpent qui était la représentation du malin et qui a tenté la femme pour lui faire commettre l'irréparable. Je pense que ce serpent est la meilleure description de Gersende Morency.

-C'est…malsain, non ?

-C'est le mot, oui. Pour tout te dire, nous sommes tous tombés dans ses filets à un moment donné. Tous.

-C'est-à-dire ?

-Il m'a dit qu'il collectait les secrets en échange de son aide, intervint Gabriel.

-C'est exactement ça, fit Susan. Il est là quand rien ni personne ne peut t'aider. Je pense que la quasi-totalité des élèves de Poudlard lui a déjà confié un secret. Je ne serai même pas étonnée que certains des professeurs aient aussi eu recours à ses services.

-Va savoir comment, mais il parvient toujours à résoudre les problèmes, révéla Glenn.

-Toujours, confirma Megan.

-Il a l'air d'être une personne très intelligente, fit Nathanaël.

-Trop, même.

-Il m'avait l'air assez tordu, fit Gabriel. Mais pas mauvais pour autant. Juste…différent.

-C'est peu de le dire ! s'exclama Ian.

Ernie se retourna encore une fois pour leur intimer le silence.

-Roxane, ton Assurdiato fonctionne aussi contre les esprits frappeurs ? demanda-t-il en se félicitant mentalement de ne pas bégayer.

-Non pourquoi ?

-Personne ne t'a parlé de Peeves ? fit Ernie en grimaçant.

-Non, qui est-ce ?

-Lui ! s'écria Ernie en pointant du doigt l'ectoplasme à la peau bleuâtre qui portait un costume trois-pièces rouge trop grand pour lui et qui flottait à toute allure vers eux en ricanant.

-ELEVES DANS LES COULOIRS ! ELEVES DANS LES COULOIRS APRES LE COUVRE-FEU ! INFRACTION !

-Courrez ! s'ecria Glenn en tirant Megan par le bras.

Toute la bande se mit à dévaler les escaliers en espérant semer l'esprit frappeur mais rien n'y faisait, Peeves les suivait à la trace. N'étant pas un être vivant, la magie n'avait aucun effet sur lui et ce ne fut que grâce aux réflexes de Justin qui les fit se cacher derrière une tenture qu'ils purent finalement s'en débarrasser.

-Ce n'est pas passé loin ! souffla Hannah en essayant de calmer sa respiration.

-On est encore loin ? demanda Nathanaël.

-C'est juste à côté ! le rassura Barry.

Ils tournèrent à gauche et Nathanaël n'eut aucun mal à deviner que la tapisserie gigantesque qui représentait différents peuples de l'eau combattre était la fameuse tapisserie dont lui avait parlé Harry. Ils longèrent l'œuvre qui ne mesurait pas moins de sept mètres et arrivèrent enfin devant la porte de bois vert. Ce fut Terrence qui frappa deux coups secs. Il fallut attendre quelques secondes avant que la porte grince et qu'Harry Potter les invite à entrer.

-Waouh ! Je ne m'attendais pas à autant de monde ! s'exclama-t-il en souriant avant de se décaler pour les laisser pénétrer à l'intérieur. Tu es vraiment bien entouré, Nathanaël !

-Hmm, en effet. Désolé, j'espère que ça ne fait pas trop de monde, je ne pensais pas qu'ils viendraient tous !

-Plus on est de fous, plus on rit ! sourit Harry en refermant la porte après avoir vérifié une dernière fois que Rusard ne se cachait pas derrière une des tentures des fenêtres du couloir.

-Harry, qu'est-ce qu'il fait ici ? l'apostropha une jeune femme d'origine indienne en désignant du doigt Gabriel.

-Nathanaël l'a gentiment convié à cette soirée, Parvati, répondit calmement Harry en appuyant sur le mot « gentiment ».

-Mais c'est un Serpentard ! contesta la jeune femme. Il va nous dénoncer à Rogue dès qu'il sera sorti de cette pièce !

-Tous les Serpentard ne sont pas des gamins idiots, intervint Gabriel en souriant. Je n'ai aucune intention d'aller dénoncer à qui que ce soit qu'il y a enfin un peu d'ambiance dans ce château !

-Mais…voulut continuer Parvati mais Gabriel ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase.

-Surtout s'il y a une aussi jolie jeune femme dans ces soirées.

Parvati cligna des yeux, secoua la tête et finalement sourit.

-Harry, ce Serpentard est absolument charmant ! fit-elle en acceptant le bras que lui tendait le grand sorcier roux.

Le Survivant soupira avec amusement.

-Il suffit de faire un compliment à Parvati pour la mettre dans sa poche, confia-t-il à Nathanaël. Elle adore qu'on lui courre après.

-Elle sera bien servie avec Gabriel, rit le jeune homme aux cheveux blancs. C'est un vrai Don Juan.

-Tu connais Don Juan ? releva Harry.

-Évidemment.

-Tes parents sont pourtant sorciers.

-Oh, ce sont mes parents adoptifs, j'ai vécu dix ans dans le monde moldu.

-Je ne l'aurais jamais deviné ! s'exclama Harry. Tu as l'air d'en savoir plus sur la magie qu'un Sang-Pur !

-Mes parents le sont, je crois.

-Tu crois ? Tu ne le sais pas ?

-Comment en être sûr ? Comme le disait Gabriel à Blaise cet après-midi, nos origines remontent à bien trop loin pour pouvoir avoir des certitudes. Et puis, ce qui compte vraiment, c'est l'enseignement des us et coutumes sorciers aux générations futures et non refuser l'enseignement de ces valeurs aux Nés-de-Moldus. Je trouve cela tellement plus riche d'échanger sur nos deux mondes plutôt que de sectoriser les uns ou les autres. Imagine un peu un monde où les Sangs-Purs connaissent les us et coutumes des Moldus ! Tu savais qu'ils ont inventés un moyen de communication très utile et qu'il commence à se démocratiser ? Ça s'appelle un « téléphone mobile », c'est comme le téléphone habituel…tu sais ce que c'est ?

-Sirius m'en a parlé, oui, acquiesça Harry.

-Et bien c'est le même système mais ils peuvent l'avoir sur eux –d'où le terme mobile- et ils peuvent s'appeler les uns les autres peu importe la distance. Je trouve ça réellement impressionnant cette capacité à innover sans magie. Bien évidemment, ça ne vaut pas nos miroirs mais je suis persuadé que dans peu de temps, ils auront un système équivalent au nôtre.

-C'est impressionnant ! Je t'avoue ne pas avoir été très souvent dans le monde moldu, Sirius n'y va généralement que pour changer des pièces de sa moto volante.

Nathanaël s'approcha de la table sur laquelle étaient entreposés les boissons et les apéritifs pour se servir un verre de Bièraubeurre après avoir tendu un verre à son nouvel ami. Il but une large rasade, appréciant sa fraîcheur. Harry fit signe à deux personnes de venir les rejoindre, un grand garçon roux dégingandé et une jeune femme à l'air intelligent et aux cheveux bouclés.

-Nathanaël, je te présente mes meilleurs amis : Hermione Granger et Ronald Weasley, les présenta-t-il. Mione, Ron, voici Nathanaël Wyllt. Appelez-le par son prénom, il trouva ça trop impersonnel de s'appeler par les noms de familles.

Nathanaël tendit sa main en souriant, ravi de rencontrer de nouvelles personnes. Il fallut un moment quasi imperceptible pour que Ronald la serre en souriant à son tour et il fallut presque vingt longues secondes pour qu'Hermione cesse de le dévisager en plissant les yeux pour la serrer à son tour.

-Enchanté, fit tout de même Nathanaël.

-Qu'est-ce qu'elle a cette pimbêche ? grogna Soul. Malpolie !

-Maman m'a interdit de fouiller l'esprit des gens sinon je te l'aurais dit, répliqua Nathanaël avec ennui.

-Je ne l'aime pas, décida Soul.

-Dois-je te rappeler que tu n'aimais pas Chiri au début ?

-Rien à voir, Chiri c'est Chiri.

-Ah les filles !

Et Soul se mura dans un silence boudeur.

-Je ne boude pas !

-Et donc, Nathanaël, tu viens d'où ? demanda Ronald, coupant court à un débat intérieur qui s'annonçait long et difficile.

-D'Angleterre.

-Pourquoi n'es-tu pas venu à Poudlard dès tes onze ans, dans ce cas ? questionna Hermione avec curiosité et avec une intonation qui fit désagréablement ressentir à Nathanaël qu'il était coupable de quelque chose.

-Mes parents m'ont fait l'école à la maison, répondit-il simplement, sur la défensive.

-Et avant ça il a vécu dans le monde moldu, rajouta Harry en fixant Hermione.

-Tout à fait, renchérit Nathanaël qui ne vit rien des échanges de regards entre les trois amis. Mes parents m'ont adopté un peu avant mes onze ans. Ce sont donc eux qui m'ont tout appris sur la Magie et sur le monde magique. Pour tout dire, ils vivaient près de l'orphelinat dans lequel je vivais à cette époque. Je les ai rencontré au village et peu de temps après, j'étais devenu un S…un Wyllt.

Ronald ne parut pas remarquer son hésitation et lui tapa amicalement dans le dos en lui tendant un autre verre de Bièraubeurre.

-Alors bienvenue, mec ! Tu verras, Poudlard est géniale ! Si tu as des questions, n'hésite pas ! Cela dit avec Macmillan et les autres, tu ne devrais pas avoir de problème.

-Et qui sont tes deux amis ? demanda Hermione qui ne semblait pas avoir décidé d'arrêter ses investigations, quelles qu'elles soient.

-Roxane et Gabriel ? Ce sont des amis d'enfance, mon grand-père les a recueillis quand ils se sont retrouvés seuls après la mort de leurs parents respectifs. Ils les connaissaient bien et a décidé de les accueillir dans la famille. Je les considère comme ma famille.

-Je comprends mieux pourquoi vous vous connaissez tous, fit-elle en hochant la tête. D'ailleurs, j'ai une question : comment as-tu fais pour transplaner à l'intérieur de Poudlard ? C'est impossible.

-Le Directeur a aimablement ouvert une fenêtre de transplanage à nos trois signatures magiques, un geste appréciable si j'en crois la rareté du transplanage à Poudlard.

-Mais alors…pourquoi Gabriel a dit que vous deviez atterrir devant le portail du château ? insista la jeune femme avec un ton accusateur.

-Hermione ! intervint Harry. Laisse-le tranquille, enfin !

-Non, ne t'inquiète pas, Harry, fit Nathanaël qui commençait pourtant à se lasser de cet interrogatoire injustifié. Hermione, pour te répondre, Gabriel et Roxane voulaient absolument entrer par le portail afin que nous puissions découvrir les fameux jardins de Poudlard. Comme tu as pu le voir, il y a eu un petit…accident.

Il regarda la jeune femme réfléchir quelques instants.

-Ma réponse te satisfait-elle ? Ou dois-je montrer patte blanche en te donnant en plus la totalité de mes souvenirs afin que ta curiosité mal placée soit rassasiée ? lui demanda-t-il d'une voix beaucoup moins amicale qu'auparavant.

Il eut la satisfaction de la voir rougir de gêne.

-Oh…euh…désolée, je ne voulais pas être intrusive, s'excusa-t-elle maladroitement.

-Si, tu le voulais, répliqua-t-il. C'est d'ailleurs extrêmement malpoli.

-Je ne voudrais pas paraître désagréable mais j'avais raison, glissa Soul.

-C'est juste que tu es…intrigant, essaya de se justifier Hermione.

-Et cela justifie une telle indiscrétion ? persista Nathanaël qui commençait à rejoindre le sentiment de Soul vis-à-vis de la Gryffondor.

-N…non, tu as raison, finit-elle par capituler sans cesser de rougir. Ecoute, je te demande pardon. Je suis d'une curiosité maladive…c'est…écoute, je m'excuse, vraiment !

-Tu sais Hermione, je ne suis pas quelqu'un de méchant, je me considère même comme quelqu'un de très sympathique. Si tu n'avais pas été aussi suspicieuse, je suis certain que nous aurions pu devenir amis rapidement.

La sorcière se recroquevilla légèrement sur elle-même, la honte aux joues. Jamais personne ne lui avait balancé ses défauts à la figure comme Nathanaël Wyllt venait de le faire. Harry et Ron regardaient la scène, aussi fascinés que mortifiés. Le nouveau leur fit un signe de la tête poli et les laissa pour aller se joindre à l'un des petits groupes qui s'étaient formés dans la pièce.

-Il…

-Non Ron, ne dis rien ! le coupa Hermione avant de traverser la pièce d'un pas raide, embarrassée et furieuse contre elle-même.

-Je n'avais jamais vu quelqu'un moucher Hermione comme ça, fit Ron à Harry.

-Moi non plus et je dois dire que…

-Que c'était génial ? coupa Ron.

Harry hocha la tête en riant.

Oo

Les pulsations qui ne cessaient de battre dans son crâne réveillèrent Nathanaël avant son alarme.

-Tu ne devrais pas autant boire, déclara Soul d'une voix joyeuse. Tu n'as pas la descente de Björn ni sa résistance à l'alcool.

-Je n'ai bu que de la Bièraubeurre ! protesta Nathanaël en regrettant immédiatement s'être levé aussi vite.

-Ne fais pas le naïf, les bouteilles de Pur-feu qu'ont ramené Terrence et Barry y ont été mélangées !

Nathanaël ne répondit rien mais grimaça pour la forme. Avec une lenteur calculée (tout mouvement trop brusque lui donnait la nausée), il s'habilla et descendit rejoindre Chiridirelle à la Grande Porte. Godric et Rowena y étaient déjà, le visage blême et les cernes sous les joues.

-Tu verrais ta tronche, Moustique ! ricana Rowena.

-Tu peux parler, on dirait que tu as passé la nuit à vomir !

-C'est le cas…

Chiridirelle regardait la scène avec une certaine nostalgie.

-Je trouve ça étrange de ne pas pouvoir être avec vous pour ce genre d'évènements, dit-elle en souriant. Mais comme je suis votre professeur, je ne peux plus faire la fête avec vous.

-C'est vraiment dommage ! acquiesça Nathanaël à qui la présence de la drow manquait affreusement.

-Arrêtez de hurler, grogna Godric en se tenant la tête. J'ai mal aux cheveux !

-Quand on ne supporte pas bien l'alcool on ne boit pas, souleva Chiridirelle en ouvrant la sacoche qui était accrochée à sa taille pour en sortir trois fioles de potions contre la gueule-de-bois.

-Tu prévois tout ! Tu es la meilleure ! s'exclama Rowena en engloutissant la sienne. Aaaaah, ça va mieux !

-On y va ? fit l'elfe noire.

-Attendez, Harry doit nous rejoindre ! les arrêta Nathanaël sans voir les regards qui en disaient long qu'échangèrent Rowena et Godric.

Harry Potter apparut à l'extrémité opposée du Grand Hall à ce moment précis. Il avait l'air d'avoir, lui aussi, passé une nuit difficile.

-Salut, Harry ! s'exclama Nathanaël en lui souriant.

Harry grogna une réponse en fronçant les sourcils pour lui faire comprendre qu'il parlait trop fort. Devant sa douleur, Chiridirelle sortit une autre fiole de potion et lui tendit.

-Bois, fit Rowena. C'est pour ta gueule-de-bois.

Harry s'exécuta et sembla se défroisser une fois la fiole vide.

-Aaaah ! Ça va mieux !

-Allons-y ! s'exclama Nathanaël en s'élançant à l'extérieur à petites foulées.

Leur entraînement fut intense mais Harry suivait relativement bien la cadence grâce à ses entraînements de Quidditch. Il leur avait raconté qu'il était Capitaine de l'équipe des Gryffondor et ne lésinait pas sur les efforts pour maintenir en forme ses joueurs. Deux heures plus tard, la troupe revint au château exténuée et dégoulinante de sueur. Ils se séparèrent pour mieux se retrouver une trentaine de minutes plus tard à la table des Gryffondor pour manger leur petit-déjeuner.

Nathanaël venait de se servir une large portion de porridge à l'avoine quand un bruissement d'ailes lui fit lever la tête. Les chouettes entraient à tire-d'aile pour distribuer le courrier. Il sentit Merlin se poser sur sa tête puis sauter sur son épaule avant de lâcher la Gazette du Sorcier sur son assiette.

-Merlin ! râla Nathanaël.

Le rapace tourna le cou, le défiant de lui faire la moindre remarque.

-Ok, ok, tu n'aimes pas être pris pour une chouette livreuse, j'ai compris !

Merlin hocha la tête et sauta avec un plaisir non dissimulé sur le journal, écrasant le porridge par la même occasion.

-Sale pia….

Mais le rapace plissa les yeux et recula jusqu'au bol d'aiguillettes de poulet qui se trouvait sur la table, sans quitter des yeux Nathanaël, se servit et reprit sa place sur la tête de son propriétaire.

-Il est vachement susceptible ! remarqua Ron, les yeux ronds.

-A qui le dis-tu ? soupira Nathanaël en évitant habillement un coup de bec mécontent de son faucon. Tu t'ennuies, c'est ça, Merlin ? Pourquoi n'irais-tu pas rendre visite à Björn et Görth ?

La proposition parut l'enchanter car Merlin s'envola aussitôt sans un regard en arrière. Nathanaël soupira et se saisit de son journal détrempé. Il allait machinalement lui rendre son apparence première en expulsant sa magie par ses paumes mais Rowena fut plus rapide et lança un sort de nettoyage avec sa baguette magique en le fixant avec un air désapprobateur.

-Merci, murmura-t-il, soulagé de ne pas avoir commis d'impair avant de se plonger dans la lecture du journal.

NOUVELLE EQUIPE PEDAGOGIQUE A POUDLARD !

Albus Dumbledore n'a pas fini de nous surprendre. Le Directeur de Poudlard a dévoilé le jour de la rentrée scolaire une équipe pédagogique renouvelée : le célèbre Maître Potionniste Severus Rogue travaillera désormais à mi-temps afin de se concentrer sur ses créations et partagera ses cours avec le nouveau venu, Mr Salamander Wyllt, un enseignant qui a fait grande impression à nos chérubins malgré son air sévère et ses cicatrices. (Biographie et photo en p.2)

Nous vous avions fait part du tragique décès de Mrs Pompom Pomfresh, l'infirmière du collège, cet été lors d'une énième attaque terroriste. Le vide qu'a créé son absence ne sera jamais comblé –nous avons tous un souvenir de cette femme merveilleuse- mais la douceur de sa remplaçante, Mrs Helga Wyllt, la femme du Professeur Salamander Wyllt, saura apaiser les plus vilaines des plaies. (Biographie et photo en p.2)

Comment, me direz-vous, la famille Wyllt s'est-elle créée un chemin jusqu'aux postes tant convoités de Professeurs de Poudlard ? La clé du mystère réside dans un personnage des plus étranges : Lailoken Wyllt, père du Professeur Wyllt, et ancien Maître D'Apprentissage du célèbre Albus Dumbledore. (Biographie en p.3. Les cicatrices trop importantes sur le visage du Pr Wyllt Sr nous obligent à ne pas publier sa photo en raison de l'âge de nos plus jeunes lecteurs qui pourraient être choqués.)

Lailoken Wyllt a été présenté par le Directeur du collège comme étant l'enseignant d'une toute nouvelle matière : les arts martiaux sans magie. Il est secondé par une jeune professeure, Mrs Chiridirelle Mir'Drust.

D'après les récents témoignages, ces cours sont violents mais nécessaires en ces temps de guerre. La controverse est réelle : peut-on laisser nos chérubins grandir si vite ? Doit-on les laisser prendre part à une guerre dans laquelle ils sont, finalement, déjà acteurs ?

Les parents s'insurgent : comment laisser son enfant plonger tête la première dans la guerre, les cris, les larmes et la mort ? Les enfants protestent : ils préfèrent avoir toutes les chances de leur côté pour survivre à cette bataille.

Qui sommes-nous pour décider de l'avenir de nos enfants quand nous sommes ceux qui n'avons pas pu les protéger de la menace qui plane désormais sur l'Angleterre ?

Bien que le réveil soit difficile, sorcières, sorciers, la guerre est à nos portes, les brèches se font de plus en plus nombreuses et la maligne est désormais entrée au sein de Poudlard. Insidieusement, elle gagne du terrain.

Mais la peur, elle, ne saura nous gagner.

Nous vaincrons.

Votre dévoué, Pope Razzi.

Nathanaël soupira et replia le journal.

Au moins ils ne parlaient pas de leur entrée fracassante. Mais Pope Razzi avait raison sur quasiment toute la ligne. La guerre était belle et bien entrée dans Poudlard.

Sa seule erreur était qu'elle y était entrée depuis des années déjà.