Non, vous ne rêvez pas, c'est bien moi.

Après 9 mois de gestation, voici enfin le petit dernier, le tant attendu Chapitre 43 !

Pas d'inquiétude, je n'abandonne pas cette histoire (je me ferai tuer par mes petites soeurs !) mais j'ai traversé une période compliquée et riche en émotions. Mais me revoilà, avec un beau chapitre tout mignon !

Je vais essayer de reprendre un rythme régulier, afin de ne pas vous perdre avec de longs délais.

Très bonne lecture et surtout : bisous sur les deux fesses, les endives !

CyberCoffee


Chapitre 43

Le Manoir Malefoy avait toujours été un endroit froid.

Malgré le fait que les générations s'étaient relayées au fil des siècles, jamais il n'y avait eu de fête sans politique, de réunion de famille sans jeux de pouvoirs, d'union sans considérations sanguines et d'amour pur et véritable. Mais le Manoir Malefoy possédait malgré tout une âme. Froide, masquée, pudique.

Les bottes de cuir de Lucius Malefoy claquaient au rythme de ses pas sur les carrés de pierre qui pavaient le sol du couloir qui menait à la Salle du Trône. Il y avait encore quelques années, il s'agissait de la Salle de Bal du Manoir qui accueillait alors les réceptions les plus fastueuses et les invités les plus distingués. Puis, le Lord avait ressuscité. Les braises de l'espoir avait été ravivées et les flammes brûlantes de la promesse d'un Monde Purifié avaient à nouveau réchauffé le cœur de ses plus fidèles partisans. Lucius avait sauté sur l'occasion de réparer ces années d'incroyance et il avait invité son Seigneur et Maître à s'installer dans son Manoir.

Loin de l'en remercier, le Lord avait toutefois accepté l'offre et y avait installé son quartier général.

Et, sans même s'en rendre compte, l'âme du Manoir s'était essoufflée avant de s'éteindre lentement. Mais qui avait besoin d'une âme lorsqu'en contrepartie vous obteniez le pouvoir ?

La porte de la Salle n'était pas fermée, comme à son habitude. Lucius se racla la gorge pour annoncer son entrée à son Seigneur, assis sur le gigantesque trône, face à lui.

-Entre, Lucius, susurra Le Seigneur des Ténèbres de sa voix glaciale.

Le sorcier approcha, avec déférence.

La Salle n'avait plus rien à voir avec ce à quoi elle avait ressemblé : il n'y avait plus les dorures sur les moulures du plafond, les fenêtres noircies par la poussière et l'humidité ne laissaient plus passer la lumière du jour et, du magnifique lustre de cristal qui avait éblouit tant de leurs invités, il ne restait que quelques pampilles qui pendaient pathétiquement au plafond, seul vestige d'une des nombreuses colères destructrices du Lord.

Mais rien de tout ça n'émouvait Lucius Malefoy. L'aura de Lord Voldemort, elle, lui provoquait immanquablement des frissons de peur et d'excitation mêlées.

-As-tu des nouvelles pour moi ?

-L'enfant est à Poudlard, Maître.

-Je sais lire un journal, Lucius ! siffla Lord Voldemort, son poing serré à en blanchir ses jointures.

Lucius trembla légèrement et déglutit avant de se reprendre.

-Évidemment, Maître. L'enfant est à Poufsouffle, une aide charitable m'informe de tout ce qu'il fait et à qui il parle.

-Ton fils, Drago ?

-Non, bien que mon fils s'en soit considérablement rapproché.

-Je connais tous les Mangemorts en postes à Poudlard, fit Lord Voldemort, songeur. De qui parles-tu donc ?

-Une toute nouvelle recrue, Maître. Je vous la présenterai bientôt.

-Fiable ?

-Cela va de soi, répondit Lucius en esquissant un sourire mauvais.

Cela fit à son tour sourire Lord Voldemort : ils s'étaient compris.

-Bien. Très bien. Que ton fils se tienne prêt, je veux savoir ce que cet enfant désire le plus au monde. Il me faut sa puissance et je suis prêt à lui offrir ce qu'il voudra en contrepartie. Cet enfant fera partie de cette guerre et il la fera à mes côtés.

Lucius s'autorisa à dévisager son Maître, espérant ainsi percevoir un signe quelconque qui pourrait lui indiquer quel était son plan. Mais Lord Voldemort était passé maître dans l'art de l'Occlumencie depuis ses plus jeunes années et tout ce que put voir Lucius était un visage dénué de toute émotion.

-Cet enfant est puissant, Maître, finit-il par dire du bout des lèvres. Il faudra agir vite car Dumbledore a déjà bougé dans sa direction.

-Ce vieillard sénile ! tonna Lord Voldemort en expulsant une salve de magie si noire qu'elle fit frissonner Lucius. Mais les enfants sont si faciles à manipuler, Lucius. Si…naïfs. Il suffit de les appâter avec quelques promesses et du miel pour qu'ils viennent dans le plus visible des pièges. Et ce gamin sera mien, Lucius !

Les yeux du Lord s'étaient mis à rougir plus intensément à mesure qu'il parlait et Lucius eut du mal à s'arracher de sa contemplation.

-Il sera fait comme vous le désirez, Maître, dit-il en s'inclinant avec respect avant de sortir de la Salle du Trône.

Oo

-Qu'est-ce qu'il fait là ? fit Harry en dévisageant Drago.

-Si tu as un problème avec ma présence, Potter, tu peux t'en aller ! répliqua ce dernier.

Rowena se pinça l'arête du nez et jeta un regard noir de reproches à Nathanaël.

-Pourquoi doit-on se coltiner ces deux abrutis ? râla-t-elle.

-Tu t'y fera ! ricana le Poufsouffle. Bien ! Harry, Drago, on va commencer par se décrasser les poumons et nous ferons quelques combats afin que vous puissiez régler vos différends et qu'on puisse jauger votre niveau.

-Mais on ne va rien se briser, rassure-moi ! couina Harry qui se souvenait que trop bien des os brisés de Nathanaël.

Ce dernier ne répondit rien mais sourit avec malice en s'éloignant à petites foulées. Harry et Drago se regardèrent, inquiets, avant de s'élancer à sa suite en essayant de savoir s'il plaisantait. Faire le tour du parc fut éprouvant pour Drago qui n'avait pas l'habitude de faire autant d'efforts et il s'écroula à même le sol quand ils arrivèrent finalement au bord du lac.

-Tu fais moins le malin, Malefoy ! lança Harry que la course matinale n'avait pas beaucoup essoufflé.

-Attends…que je…reprenne…du poil…de la bête, Potter ! haleta Drago en le fusillant du regard.

-Le siècle prochain ? se moqua Harry qui ressentait une fierté infantile à l'idée d'être plus résistant que son pire ennemi.

-Moque-toi, Potter ! Mais tu rigoleras moins quand je t'aurais réglé ton compte au combat à mains nues !

-Faudrait-il encore que tu puisses tenir sur tes jambes de canard arthritique !

Drago allait répondre quand Godric s'interposa entre les deux garçons et les fixa d'un air agacé.

-Vous avez bientôt fini de vous chamailler comme des enfants ? Vous avez beaucoup de ressentiment l'un envers l'autre ? Alors combattez !

-En garde, Potter ! cria Drago en levant les poings devant son visage.

Harry l'imita et les deux adversaires se firent face. Godric donna le signal de départ et Drago envoya son poing droit dans la mâchoire du Gryffondor qui recula sous le coup. Leurs gestes manquaient d'assurance. Ils avaient été élevé en tant que sorcier et n'avait pas l'habitude de se battre avec autre chose que leurs baguettes. Cela ressemblait plus à une bagarre de couloirs qu'à un véritable combat mais personne ne les arrêta. L'un comme l'autre avaient besoin de relâcher leur rancœur.

-Ils ont beaucoup à apprendre, souleva Rowena.

Nathanaël sourit en regardant ses nouveaux amis se battre avec toute la rage qui était bien ancrée au fond de leurs tripes. Harry avait l'arcade sourcilière en sang et fermait l'œil pour se protéger des gouttes qui y coulaient. Drago avait la lèvre fendue et ne cessait de cracher le sang qui s'accumulait dans sa bouche en enchaînant les coups sans prêter attention à ses poings abîmés. Malgré leur haine mutuelle, la scène qu'ils étaient inconscients de jouer avait une signification bien plus profonde qu'il n'y paraissait : ils se libéraient. Nathanaël sourit encore plus.

-Tu penses vraiment qu'ils pourraient s'entendre ? demanda Soul, d'une voix sceptique. Ils ont l'air de réellement se haïr.

-Oh, non ! Absolument pas ! répondit Nathanaël. Je ne pense pas qu'ils pourront s'entendre un jour. Mais je ne pense pas non plus qu'ils se haïssent eux mais plutôt ce que l'autre représente à leurs yeux.

-Alors, quel est le but de tout ceci ?

-Pourquoi y'aurait-il forcément un but à tout ce que je fais ? J'apprécie Harry et j'apprécie Drago. Ils veulent courir avec nous et ils peuvent…s'ils sont prêts à apprendre dans le respect mutuel. Je ne pense pas qu'il pourront s'entendre un jour mais cela ne veut pas dire qu'ils ne pourraient pas avoir un peu de respect l'un envers l'autre.

-Tu vois ! Il y a toujours une raison derrière tes actions ! pouffa Soul.

-Tu dois avoir raison, admit le Poufsouffle en souriant.

Harry et Drago balancèrent leurs poings en même temps, se frappèrent simultanément et s'effondrèrent ensemble.

-Bien, match nul ! Roxie contre Nat' ! brailla Godric avant de se tourner vers les deux garçons étendus au sol. Prenez-en de la graine !

Tant bien que mal, les garçons se relevèrent et s'assirent afin de ne pas perdre une seule miette du combat qui suivrait. Nathanaël et Rowena se firent face, Godric abaissa la main et le combat débuta. Ce combat là ne ressemblait en rien au précédent. Chaque coup était d'une précision chirurgicale, chaque riposte rapide et les impacts plus destructeurs.

Rowena était certes une fine tacticienne et réfléchissait à une vitesse vertigineuse mais elle possédait aussi une force de frappe insoupçonnée. Sa figure de frêle poupée cachait une combattante de talent. Son poing se fraya un chemin jusque dans les côtes de Nathanaël qui esquiva de justesse pour mieux se prendre son coup de pied fouetté dans la tempe. Il utilisa sa chute pour rouler hors de sa portée et se redressa immédiatement pour s'élancer vers elle. Il feinta à gauche, se déplaça à droite, frappa la côte flottante de Rowena, pris appui et enroula ses jambes autour de sa taille pour l'envoyer au sol.

Prise en tenaille, Rowena était immobilisée. Elle esquissa un sourit mauvais et mordit le mollet de son adversaire jusqu'au sang.

-Elle est folle ! s'exclama Drago.

-Et tu n'as encore rien vu, fit Chiridirelle en soupirant.

Nathanaël ne broncha pas. La douleur était tout à fait supportable par rapport à ses carbonisations à répétitions lors de son entraînement chez Lailoken.

-Il va falloir faire mieux que ça, la vieille ! la nargua-t-il.

Mise au défi, Rowena fronça les sourcils et serra de plus belle la mâchoire jusqu'à arracher d'un coup de dent la chair de Nathanaël qui fut bien forcé de lâcher prise.

-Mais…personne ne va les arrêter !? hurlèrent Drago et Harry de concert.

-Et pourquoi serait-ce nécessaire ? demanda Chiridirelle.

-Mais enfin, elle vient de lui arracher le mollet avec les dents ! cria Drago. Il doit souffrir le martyr !

Chiridirelle sourit et désigna le Poufsouffle d'un geste de la tête.

-Il a l'air de se plaindre, là ?

Au grand damne de Drago et d'Harry, Nathanaël souriait. Il le regardèrent clopiner pour se remettre debout et se remettre en garde. D'une seule jambe, il bondit sur Rowena qui para avec son bras mais Nathanaël semblait l'avoir prévu car il enroula sa jambe autour de son bras et se servit de cet appui pour balancer le genou de sa jambe blessée en plein dans son visage.

-Mon nez ! aboya Rowena en fusillant Nathanaël du regard. Ne touche pas à mon visage d'ange !

-Un ange ? Toi ?

-Tu en doutais, peut-être ? aboya-t-elle de plus belle en se saisissant du poignet du sorcier pour l'amener à elle et lui asséner à son tour un puissant coup de genou dans le nez. Un partout, la balle au centre !

Le sang affluait dans le nez de Nathanaël qui n'arrivait plus à respirer correctement. S'il avait eu la possibilité d'utiliser la magie, il aurait déjà arrangé ce problème mais, aujourd'hui, deux spectateurs ne loupaient rien de ses faits et gestes. Il devrait se contenter de respirer par la bouche jusqu'à la fin du combat.

-C'est plus compliqué sans magie, hein ! murmura Rowena, assez bas pour que personne d'autre que lui ne puisse entendre. Et Soul n'a pas le droit de t'aider…comment vas-tu faire sans elle, moustique ?

Bien qu'il sache pertinemment que Rowena disait cela pour le provoquer, Nathanaël prit mouche et s'élança droit sur elle. Il fouetta l'air avec sa jambe blessée, Rowena para sans difficulté, l'agrippa en prenant un malin plaisir à appuyer sans ménagement sur sa blessure et s'abaissa pour balayer son autre jambe. Nathanaël tomba à la renverse et Rowena se laissa tomber sur lui en plantant son coude dans son estomac.

Le visage de Nathanaël blanchit tandis qu'il essayait d'aspirer de l'air mais ne réussit qu'à émettre des râles rauques.

-Roxie gagne ! applaudit Godric. Nat', tu te ramollis !

Ce dernier le fusilla du regard mais ne put rien lui répondre.

-Hé, ça va ? fit Drago en l'aidant à se relever.

Nathanaël hocha la tête, faute de pouvoir lui répondre de vive voix.

-Elle ne t'a pas raté ! s'exclama Harry en sifflant d'un air impressionné.

-Bien ! coupa Chiridirelle. Il va être l'heure, Nat', Roxie, accompagnez Mr Malefoy et Mr Potter voir Helga pour qu'elle leur prodigue des soins. Gabriel, tu veux faire un dernier combat à mains armées ?

-Avec grand plaisir ! s'exclama ce dernier en faisant déjà apparaître sa hache de prédilection d'un coup de baguette magique.

Drago et Harry s'éloignèrent à contrecœur du bord du lac où se déroulait une bataille sans merci.

-Alors, comment vous vous sentez ? demanda Nathanaël qui avait enfin repris son souffle.

-Je n'aurai jamais pu croire que je dirai ça mais cette violence était…salvatrice, avoua Harry alors qu'ils s'engageaient dans le couloir qui menait aux appartements des Wyllt.

-Je déteste être d'accord avec Potter mais c'est vrai que ça fait un bien fou ! acquiesça Drago avant de grimacer car sa lèvre était douloureuse. En revanche, Savage, je n'aurai jamais imaginé que tu sois aussi redoutable !

Rowena se mit à rire.

-Là est tout l'art de la guerre, Drago ! Faire en sorte que tes ennemis te sous-estiment pour les prendre à revers. Mais en l'occurrence, il ne s'agissait pas ça. Le Moustique a simplement une tolérance à la douleur bien plus élevée que vous et son niveau en combat à mains nues n'a rien à envier au mien. Je suis la moins douée en combat non-sorcier, je préfère nettement les sortilèges et les maléfices de combat. Encore quelques années et Nat' finira par atteindre le niveau de Gabriel et Laz' puis celui de Chiri et même celui de Lailoken.

-Vous n'avez pas commencé à apprendre les arts martiaux au même moment ? releva Harry.

-Nous avons quelques années de pratique en plus, opina Rowena en souriant. Mais Nat' est un bon élève. Il nous rattrapera très bientôt.

-Je tiens tout de même à te rappeler que j'ai battu Chiri en début de semaine, dit ce dernier non sans fierté. Bientôt je te ferai ravaler tes « moustique », la vieille !

-En attendant Lailoken t'a cassé la gueule.

-Ça ne compte pas.

Rowena et Nathanaël se chamaillaient toujours quand la porte en bois s'ouvrit d'elle-même pour les laisser entrer. Salazar leur jeta un regard peu amène par-dessus l'édition de La Gazette du jour d'avant avant de replonger dans sa lecture sans se soucier des blessures sanguinolentes des nouveaux venus.

-Qui a gagné ? demanda-t-il de sa voix froide.

-Roxie, grommela Nathanaël. Et Harry et Drago ont fait match nul. Où est Maman ?

-Elle dort encore, ne la dérange pas !

Nathanaël fronça les sourcils : Helga était toujours levée aux aurores, fraîche comme la rosée du matin. Il n'insista pas, après tout il n'était pas rare que les deux obsédés qui lui servaient de parents fassent des galipettes jusque tard dans la nuit ! A la place, il s'approcha de son père, la bouche en cœur.

-Donc c'est toi qui nous soigne aujourd'hui ? fit-il en lui tendant son mollet déchiqueté.

Salazar replia son journal en poussant un soupir avant de jeter un coup d'œil aux blessures des combattants. Il ne lui fallut pas plus de trente minutes pour les raccommoder.

Quand ils furent partis, Salazar reprit son journal mais ses yeux ne faisaient que survoler les mots sans les lire. Savoir Helga dans cet état le perturbait plus qu'il ne voulait bien l'admettre. Il n'avait jamais été doué pour trouver les mots, alors trouver ceux qui apaiseraient ses craintes envers Nathanaël… Et ce bougre d'imbécile de Lailoken qui décidait subitement de se comporter comme un abruti !

Oo

-Tu veux que je te dise, Ian ?

-Quoi donc, Barry ?

-J'ai toujours secrètement pensé que tu étais une tête de gland, avoua ce dernier en roulant sur le côté pour échapper aux tirs ennemis avant de lancer l'offensive à son tour.

-Et moi, j'ai toujours pensé que tu étais un trou du cul mais je n'en fais pas toute une histoire ! répliqua Ian en lançant un Protego efficace.

-Oh ! s'offusqua Barry tandis qu'il amenait à lui un pupitre qui lui servit de bouclier. Je dois avouer que je ne m'y attendais pas, tu le caches très bien.

-Je sais me comporter en société ! ricana Ian avant d'invoquer son Patronus qui avait la forme d'un cheval pour qu'il charge son adversaire.

Ni une ni deux, Barry invoqua son propre Patronus, un rhinocéros, et les deux entités se percutèrent avec une violence telle qu'ils disparurent simultanément. Ian esquissa une grimace qui se transforma en rictus supérieur tandis qu'il fouillait dans la poche de sa robe. Il en sortit un briquet qu'il alluma puis il positionna sa baguette juste derrière la flamme et s'écria : « INFLAMMARE ! ». La flamme grossit en une seconde et vint lécher les pupitres sous les cris des élèves qui s'empressaient de s'écarter. Mais la flamme n'arriva jamais jusqu'à Barry qui avait tout bonnement disparu.

-Rien ne sert de te cacher ! cria Ian. Tu vas perdre !

-Aguamenti !

L'attaque vint de la droite, le sort avait été murmuré si bas que Ian ne l'entendit pas assez tôt pour le contrer, il se prit la vague d'eau de plein fouet et il fut violemment projeté sur le tableau noir. Loin de s'inquiéter de savoir si son ami s'était fait mal, Barry enleva son sort de désillusion et lui sourit.

-Incarcerem !Expelliarmus ! Tu disais ?

-Et merde ! ragea Ian en tapant du poing sur le sol avant de saisir la main que lui tendit gentiment Barry quand il eut terminé de faire son tour d'honneur sous les applaudissements. Tu m'as eu, mon vieux !

-Excellent combat, messieurs ! les félicita le professeur, Sirius Black. Ian, le coup du briquet était bien pensé mais à l'avenir, fais ça dehors… Je n'ai aucune envie que le château me joue des tours parce qu'on lui a brûlé l'intérieur ! Bien, aux suivants ! Alors...qui sont les heureux él...oh...intéressant ! Wyllt, Zabini, c'est à vous de combattre !

Nathanaël sortit du demi-cercle d'élèves qui s'étaient formés avant que les duels commencent pour laisser de la place aux combattants et il vint se poster en face de Blaise Zabini. Il dévisagea son adversaire qui faisait de même. Il sentait sur lui le regard déterminé du Serpentard et il savait qu'il le jaugeait. Nathanaël n'avait nullement besoin de fomenter un plan de bataille car il savait que Blaise n'avait pas son niveau et qu'il lui serait facile de le battre. Oh, ce n'était pas de la vantardise mais une simple observation.

De ce qu'il avait pu constater, il n'y avait pas un seul élève de Poudlard qui pouvait prétendre l'égaler. Les Fondateurs avaient simplement poussé la barre très haut, trop haut pour l'époque. Ou alors était-ce le niveau d'enseignement qui avait considérablement baissé ? Rowena s'était plainte à ce sujet après pratiquement chacun de leurs cours depuis leur arrivée.

Nathanaël quitta Blaise du regard pour observer la main du Professeur Black s'abaisser lentement :

-Combattez !

Blaise avait été réactif et avait envoyé un puissant sort offensif dès que le professeur avait terminé son ordre, mais il ne l'avait pas été autant que Nathanaël qui avait apposé le sortilège du bouclier tout autour de lui, en informulé.

-Nat', tu dois dire les sorts à voix haute ! lui rappela Soul. N'oublie plus, on va finir par se faire engueuler par Lailoken !

Nathanaël se morigéna silencieusement : il n'était pas assez prudent ! Les sorts que lançait Blaise venaient s'écraser contre son bouclier dans des poc ! étouffés. Le Poufsouffle ne faisait pas mine de vouloir attaquer et cela dut agacer son adversaire car il se mit à redoubler de créativité dans l'espoir de briser la protection.

-Tu n'es qu'un lâche, Wyllt ! gronda Zabini, rouge de colère. Tu ne fais que te cacher derrière ton Protego, j'avais raison au final. Tu ne vaux rien ! Tu te donnes des grands airs et tu fais la morale à tout le monde mais tout cela n'est que des paroles !

Bien que Nathanaël ne donne aucun crédit à ce qu'il lui disait sous la colère- après tout, c'est celui qui s'énerve et perd le contrôle qui est le plus susceptible de perdre le duel-, les mots qu'il vociférait entrèrent en résonance avec d'autres, qu'il avait entendu il y avait bien des années désormais.

« Sale Corbac ! Ils t'ont abandonné parce que tu étais laid, parce que tu ne vaux rien ! »

Ancienne école, autre Blaise.

A bien y penser, Nathanaël n'avait plus songé à ce garçon hargneux et mauvais depuis bien longtemps. Si seulement il avait pu ne plus jamais revoir son air supérieur et ses yeux noirs habités par cet inexplicable désir de le faire souffrir lui et lui seul ! Mais voilà que le Blaise de l'orphelinat se superposait à celui de Poudlard et qu'ensembles, ils ne cessaient de lui crier des horreurs.

-Bats-toi, le nouveau ! vociféra Blaise, hors de lui. Tu es vraiment pitoyable ! Tu as fait comme si toute l'école t'appartenait depuis que tu es arrivé ici mais au final tu n'es qu'un bon à rien.

Nathanaël sentit un étrange picotement dans sa nuque et son corps se tendit comme s'il savait et redoutait ce que cela annonçait. Une vague d'énergie se mit à pulser des tréfonds de son être, se regorgeant de sa colère qui montait en lui au fur et à mesure que les mots sortaient de la bouche du Serpentard.

-Bordel, Nat', calme-toi ! Ce n'est pas lui ! s'écria Soul. Rowena, Godric, il perd le contrôle !

Nathanaël ne comprenait pas ce qu'il se passait. Des vagues de chaleur irradiaient ses membres, et il sentit comme de la lave en fusion couler dans ses veines. La douleur était d'une violence inouïe brute et sauvage. La colère lui faisait voir le Blaise de l'orphelinat, âgé de onze ans, qui le toisait en croisant les bras sur son ventre rebondi comme il en avait eu l'habitude tandis que le Blaise de Poudlard continuait de lui crier qu'il ne valait rien. Le ressentiment que Nathanaël éprouvait envers son ennemi de l'orphelinat se transféra peu à peu envers son homonyme sorcier.

C'était comme s'il s'était retrouvé une fois de plus attaché dans la remise, les pieds et poings liés par la bande d'amis de Blaise. Mais cette fois-ci, il n'était pas démuni. Il avait grandi depuis, il avait désormais la force de se défendre.

La vague d'énergie se mit à grandir et Nathanaël paniqua : si cette vague se propageait hors de son corps, il se doutait bien de ce qui se passerait pour tous les élèves autour de lui. Il se mit à respirer et à souffler comme le lui avait appris Rowena et il essaya de toutes ses forces de faire abstraction des cris de Blaise. Rien n'avait d'importance hormis le fait qu'il ne perde pas le contrôle.

-C'est bien, Nat', c'est très bien. Inspire...souffle…inspire…souffle. Tu y es presque !

Mais l'exercice se révélait être bien plus épuisant qu'il ne l'aurait cru et Nathanaël sentit qu'il allait bientôt s'évanouir. Dans un dernier geste, il projeta Blaise à l'autre bout de la classe à l'aide d'un sort qui se révéla si puissant que le Serpentard n'en sortit indemne que grâce à l'intervention du professeur Black qui conjura in extremis un énorme coussin afin qu'il atterrisse en douceur.

Puis, tout devint noir.