Eh oui ! Tout arrive !

Voilà le Chapitre 44 :) Je sais, j'ai mis encore des mois à publier. J'espère que vous serez encore nombreux à venir lire ce chapitre !

Bisous sur vos fesse droites !

CyberCoffee


Chapitre 44

Le coup de bâton en bois que Miss Mir'Drust asséna à Rory Everglow le fit gémir et il eut envie de fuir à l'autre bout de la salle de classe.

-Ta garde, Everglow ! Plus hauts tes bras !

Le Gryffondor de quatrième année s'exécuta à contrecœur, priant silencieusement pour qu'une aide extérieure le sorte de cet enfer. Le cours de combat moldu avait commencé depuis une bonne heure quand la très jolie assistante du Professeur Wyllt Sr l'avait enjoint à venir aux devants de la scène pour faire une démonstration du prochain mouvement à apprendre. Bien que le fait de côtoyer de si près la charmante jeune femme soit sujet à des discussions enflammées dans le dortoir des garçons de quatrième année de Gryffondor, Rory regrettait amèrement que ce ne soit pas n'importe lequel de ses camarades plutôt que lui qui se trouve devant elle à ce moment précis.

-Je t'attaque et toi tu pares comme je viens de te le montrer, le prévint Miss Mir'Drust. Voilà, prends bien appui sur ta jambe gauche, suis le mouvement de ton bassin tout en levant ton bras droit. Ton arme doit être perpendiculaire au sol, tu dois venir chercher la pointe de l'arme de ton adversaire puis tu rentres dans son espace et tu fais glisser ta lame le long de la sienne pour arriver à la moitié. Là tu seras assez près de moi pour me mettre un coup de pied d'arrêt dans le ventre, ce qui va me projeter au loin. C'est compris ? Ok, maintenant on fait la même chose mais plus vite.

Rory jurera par la suite à ses amis qu'il avait pourtant fait tout ce que Miss Mir'Drust avait demandé mais il ne sut trop comment, il se retrouva une fois de plus sur les fesses, le souffle coupé.

-Relève-toi ! On recommence jusqu'à ce que tu y arrives !

Le pauvre adolescent jeta un regard qui criait au secours aux élèves qui le regardait avec pitié et résignation. Comme aucun ne fit signe de venir le tirer de là, il se remit en position, la mort dans l'âme et se préparait à attaquer de nouveau quand la porte de bois de la salle de classe s'ouvrit à la volée en claquant sur le mur de pierres, laissant apparaître dans toute la largeur de l'encadrement le nouvel élève de Serpentard, le colossal Gabriel Garnett.

-Lailoken ! Chiri ! Venez-vite, Nat' a recommencé ! s'écria-t-il avant de repartir par-là d'où il venait sans attendre.

Rory vit le vieux professeur aveugle et Miss Mir'Drust se regarder brièvement (autant que pouvait regarder un homme dont les yeux n'étaient que des orbites vides et calcinées) et, il crut percevoir une certaine inquiétude transparaître sur leurs visages. Les deux professeurs quittèrent précipitamment la salle pour se ruer à la suite du Serpentard et Rory décida qu'il avait une dette envers lui, qui l'avait sauvé des griffes redoutables de la désormais surnommée Démone de Poudlard.

Oo

Soul aimait particulièrement se rendre dans l'esprit de Nathanaël. C'était un endroit chaleureux et lumineux, à l'image de son propriétaire. Le décor était changeant, il s'accordait à ses émotions. Cela permettait à Soul d'oublier là d'où elle venait : l'Abysse, cet endroit si froid, si sombre, si poisseux de malveillance.

Cette fois-ci, il n'y avait pas d'île enchantée, de chambre confortable ou de cascade gigantesque. Non, cette fois-ci, il n'y avait rien. Rien que du blanc à perte de vue.

Soul flotta un moment, sans choisir de direction en particulier il n'y avait ni haut ni bas, ni droite ni gauche. Soudain, une masse sombre apparut, et elle sut que c'était Nathanaël qui lui avait permis de la voir. Elle s'approcha. C'était un orbe de fumée noire qui faisait deux fois la taille d'un homme et qui était si opaque qu'elle ne voyait pas au travers. Les volutes de fumée qui la composaient se déchaînaient et tournoyaient, parsemées d'éclairs blancs.

-Nat' ! appela-t-elle assez fort pour couvrir les rugissements de la tempête.

Il n'y eut aucune réponse. Elle allait recommencer quand elle crut entendre un bruit étouffé venant de l'intérieur de l'orbe. Elle n'aurait su dire s'il s'agissait de gémissements ou de pleurs mais Nathanaël souffrait, cela était évident.

-Nat'…Nathanaël, parle-moi, je t'en prie ! le supplia-t-elle.

-JE SUIS UN MONSTRE, SOUL ! finit-il par hurler avant de continuer d'une voix plus basse. Un putain de monstre.

-Je t'interdis de dire ça Nat' ! Si tu es un monstre, qu'est-ce que cela fait de moi ? Je suis reliée à l'âme de Voldemort. S'il y a un monstre ici, ce n'est certainement pas toi. Toi...tu es un garçon incroyable, courageux et bon. Tu es une belle personne, Nat'. N'en doute jamais.

-J'aurais pu les tuer, Soul ! J'aurais pu tous les tuer ! Si…si je n'avais pas…

-Et tu n'as pas perdu le contrôle ! le coupa Soul. Tu t'es contrôlé ! Tu es fort ! Ton pouvoir est immense et tu devras fournir plus d'efforts que quiconque pour le dompter mais tu y arriveras. Faire partir de toi est la plus belle chose qui me soit arrivée de toute ma vie. Je te connais par cœur et je sais ce que tu es, qui tu es. Tu es un battant, tu es le prochain Enchanteur, tu es Nathanaël Porter Silverstone Poufsouffle Serpentard Wyllt. Un homme avec autant de noms, qui a rassemblé autant de personnes autour de lui ne peut être que quelqu'un de bien.

-Bien des noms ont été donné à Voldemort et bien des personnes se sont rassemblés autour de lui, lui fit remarquer Nathanaël d'une voix cassée, et Soul ne trouva rien a répondre pour réfuter son argument. J'ai peur, Soul…j'ai peur de ma magie, j'ai peur de ce que je pourrai faire si je sors de cette boule de fumée. Si je reste là, je ne risque pas de blesser quelqu'un. Je ne me souviens même plus de ma perte de contrôle dans la forêt calédonienne ! Je perds la mémoire, je perds le contrôle, je me perds ! Je ne me souviens pas non plus pourquoi Papa et Maman ont décidé de venir à Poudlard, eux qui avaient toujours refusés ! Je deviens fou, Soul ! Qu'est-ce qui m'arrive ?

Savoir son ami, son hôte, l'être le plus cher à ses yeux, dans une telle détresse lui faisait horriblement mal. Si elle avait possédé un corps à elle, avec un cœur bien vivant, elle était persuadé qu'il se serait brisé en milliers de morceaux tranchants. Nathanaël s'était mis dans cette situation lui-même et elle ne pouvait rien faire pour l'aider.

-Qu'est-ce qu'il raconte !?

Soul se retourna et découvrit Lailoken et Helga qui regardaient, l'air consternés et inquiets, l'orbe tumultueux. La peau où se trouvaient auparavant les sourcils du vieil homme était froncée et les stigmates de ses brûlures gondolaient, lui donnant un air plus furieux que l'état dans lequel il devait réellement se trouver. En un battement de cils, ils se retrouvèrent dans l'Abysse.

-Qu'est-ce…

-Vous ne devez pas parler devant lui ! interrompit Soul. Il..il ne comprendrait pas !

-Comment ça ? demanda Helga. Explique-toi !

-Ne vous fâchez pas…Il faut que vous me promettiez de ne pas vous mettre en colère, alors je vous dirais tout. Je n'ai plus le choix.

Helga hocha la tête, l'inquiétude transparaissait de plus en plus sur son visage.

-C'est promis, Soul, mais parle, dépêche-toi !

-Vous devez promettre aussi, Lailoken.

A contrecœur, et parce qu'Helga semblait sur le point de fondre en larmes, l'Enchanteur promit.

-J'ai tenté de l'en empêcher, si vous saviez comme j'ai essayé ! Mais il était si malheureux, si écorché ! Il ne dormait plus, ne mangeait presque rien…son esprit était si noir ! L'idée lui est venue un soir alors qu'il fixait le médaillon de Mrs Collins pour la énième fois de la journée. Et juste avant de partir pour Poudlard, il l'a fait. Il a…

Soul hésita. C'était si dur d'avouer. Malgré le fait qu'elle leur ait soutiré la promesse de rester calme, elle savait qu'ils réagiraient violemment.

-Qu'est-ce qu'il a fait ! s'écria Helga, proche de l'hystérie. Dis-nous !

-Il a…Il a enfermé ses souvenirs sur les circonstances de la mort de Mrs Collins et les a remplacé par d'autres dans lesquels elle est morte doucement dans son sommeil ! lâcha-t-elle en guettant leur réaction mais ils semblèrent si abasourdis qu'elle en profita pour continuer de parler. Il ne se rappelle plus de l'attaque de l'orphelinat, d'avoir tué un mangemort, de la mort affreuse de Mrs Collins ni d'avoir perdu le contrôle et avoir réduit en cendres son corps et les alentours. Il ne se souvient donc pas de pourquoi vous êtes venus à Poudlard ni de pourquoi sa magie est aussi sauvage !

Ce fut Lailoken qui réagit le premier.

-Ce gamin est complètement idiot ! tonna-t-il. A quoi pensait-il ? Ou sont ses souvenirs, Soul !? Je vais lui remettre immédiatement ! A-t-il perdu la tête ?

Ce fut à ce moment-là qu'Helga fondit en larmes.

-Helga…je suis désolée.

-Je n'ai pas été capable de comprendre mon fils ! Mon propre fils ! Je suis la Légilimens la plus douée au monde et je n'ai pas été capable de ressentir sa peine !

-Helga, fit Lailoken d'une voix douce que Soul ne lui connaissait pas, Nathanaël est doué en Occlumencie, c'était son seul moyen de ne pas perdre le contrôle quand il ne pouvait pas utiliser sa magie alors il s'est entraîné comme un damné pour ne pas risquer d'accidents. Tu ne pouvais pas ressentir sa peine puisqu'il ne voulait pas que ça arrive. Il a une manière bien à lui de compartimenter et de cacher ses souvenirs et ses émotions. Il est aussi doué en Occlumencie que tu l'es en Légilimencie. Ce n'est pas de ta faute.

-Mais…il a remplacé ses souvenirs, Lailoken ! Il aurait dû venir me parler, nous aurions pris le temps qu'il aurait fallu pour qu'il accepte la mort tragique de Magdalena ! Il doit être si perdu, si vide ! Je m'imagine à sa place et la sensation de ne plus rien comprendre doit être affreuse !

-Et c'est pour ça qu'on va réparer ce qu'il a fait.

-NON ! cria Soul. Surtout pas ! Si vous lui remettez ses souvenirs maintenant, il revivra encore une fois ces événements qui lui ont été impossible à supporter mais cette fois il n'a plus aucun contrôle sur sa magie et elle utilise chaque faiblesse aussi minime soit-elle pour se frayer un chemin à l'extérieur ! Si vous faites ça, vous condamnez Poudlard et tous ceux qui y vivent et vous le condamnez lui.

Helga regarda Soul puis Lailoken. Elle réfléchit à ce qui était le mieux pour son enfant mais aussi pour les habitants du château. Soul avait raison, ils ne pouvaient pas prendre le risque de remettre les vrais souvenirs dans la mémoire de Nathanaël. Il n'était pas prêt.

-Elle a raison, acquiesça-t-elle. C'est trop dangereux.

-Et qu'est-ce qu'on fait ? Il va continuer de se poser des questions ! grogna Lailoken en croisant les bras.

-J'ai dû lui raconter une autre histoire quand il commençait à se poser trop de questions, écoutez-moi bien, je vais tout vous dire. Il faudra expliquer aux autres ce qu'il en est et que tout le monde tienne le même discours. Il faudra lui mentir pour le préserver.

Pendant une trentaine de minutes, Soul parla et les deux sorciers écoutèrent. Quand elle eut fini, elle les transporta à nouveau devant l'orbe. La tempête se déchaînait toujours.

-Microbe ! appela Lailoken. Ecoute-moi bien ! Je vais rester avec toi jusqu'à ce que tu te reprennes. Ta mère est là, elle aussi. Nous allons nous asseoir et ensemble nous allons trouver comment calmer et contrôler ta magie. Tout d'abord tu vas dissiper cet écran de fumée, je veux te voir. Je ne te demande pas de détruire cette prison que tu t'es construite mais de la rendre transparente. Cela prendra le temps qu'il faudra mais nous te ferons sortir de là.

Un long moment durant, l'orbe continua de tourbillonner en crachant des éclairs. Puis, les éclairs s'espacèrent, la fumée devint moins opaque jusqu'à ne devenir qu'un voile blanchâtre. Nathanaël était assis au centre de l'orbe, les genoux relevés et la tête cachée dans ses bras.

-Mon chéri, regarde-moi, c'est maman, murmura Helga de sa voix mélodieuse. Lève la tête. S'il te plaît. Lève la tête, mon ange. Voilà, regarde-moi. Je reste là, avec toi. Cette protection dans laquelle tu t'es enfermé n'est pas nécessaire, tu es assez fort pour te contrôler. Je vais t'apprendre. Je suis désolée de ne pas avoir compris que tu souffrais.

Les yeux de son fils étaient brillants de larmes contenues, d'incompréhension et de peur.

-Je ne peux pas sortir d'ici tant que je ne suis pas sûr que ma magie ne cherche plus à sortir, Maman. Je ne veux pas faire de mal aux autres ! Je suis censé protéger Mère Nature, pas la détruire !

-Tu le feras, petit ! intervint le vieil enchanteur. Je suis bien placé pour le savoir, la maîtrise de ce pouvoir qui nous a été offert par la Magie elle-même n'est pas sans contrepartie. Mais quand tu viendras à bout de ces années d'apprentissage, tu seras le possesseur d'une puissance absolument incomparable. Et cette puissance sera exclusivement au service de la protection des équilibres, Mère Nature y veillera.

-Ne me mentez pas ! s'écria Nathanaël. Je sais ce que vous avez traversé, j'étais là, j'ai tout vu ! Je sais d'où vous tirez votre puissance, je sais pour Gwenddydd, je sais comment vous avez perdu vos yeux !

-Qu…Comment !? balbutia Lailoken, le visage soudainement devenu blanc. Tu…sais ? C'est impossible ! Tu n'étais pas…

-L'aigle ! cria Nathanaël. L'aigle qui vous regardait du haut des arbres, c'était moi ! J'ai rêvé de ce moment des nuits durant, mais le rêve s'arrêtait toujours lorsque Gwenddydd mourrait dans vos bras. Et un jour…un jour, il ne s'est pas arrêté. J'ai vu l'absorption de la magie de votre sœur, j'ai vu votre perte de contrôle, vos souffrances, vos orbites vides qui pleuraient des larmes de sang ! J'ai vu les ravages qu'a faits l'explosion de tout ce pouvoir ! J'ai vu le revers de la médaille. Je ne veux pas souffrir comme vous avez souffert ! Je ne veux pas perdre le contrôle et risquer d'annihiler tout le monde autour de moi ! Je ne veux pas devenir le prochain Enchanteur !

-Malheureusement tu n'as pas le choix, murmura Lailoken d'une voix blanche. Tu ne l'as jamais eu, c'était ta destinée. Tout comme je n'ai jamais eu le choix que de vivre ma vie de cette manière. J'ai été prédestiné à souffrir pour le bien de l'Humanité, pour le bien de la Nature elle-même. Je n'ai jamais voulu de cette puissance, et si je pouvais simplement la rendre en échange d'un seul sourire de Gwenddydd, je le ferai. Mais je dois vivre encore et toujours, réalisant peu à peu que je ne me souviens plus des traits de son visage… Chaque seconde qui passe m'enlève toujours un peu plus mes souvenirs d'elle. Voilà pourquoi je hais Albus Dumbledore de ne pas avoir été destiné au même sort que le mien, de n'avoir jamais été destiné à devenir mon successeur, celui qui me déchargerait de ma lourde charge. Et voilà pourquoi malgré l'attachement que j'éprouve pour toi, gamin, je souhaite plus que tout te voir me libérer de ce fardeau qui est le mien depuis trop longtemps. Mais je ne vais pas te mentir : ce sera dur, long et tu voudras plus d'une fois mettre un terme à cette mascarade sans pour autant y parvenir. Tu risqueras de sombrer dans la folie souvent, mais tu te relèveras toujours. Mais il est indéniable que tu posséderas une puissance unique, tu posséderas un lien indestructible avec Mère Nature elle-même. Il m'arrive parfois de lui parler et il lui arrive parfois de me répondre. Tu ne peux rien changer au fait que tu as été choisis il y a de ça la nuit des temps pour me succéder. Alors, si tu ne veux pas souffrir plus longtemps que nécessaire, reprends-toi ! Accepte ton destin et transcende-le !

-Vous rendez-vous vous compte de ce que vous me demandez ? murmura Nathanaël.

Lailoken le fixa et Nathanaël soutint sans mal les orbites vides qui semblaient vouloir l'aspirer dans leurs profondeurs.

-Plus que quiconque, oui. Plus que personne sur cette terre ne pourra jamais comprendre. S'il y avait une seule autre solution, je l'aurai choisie. Mais nous n'avons pas ce luxe, et nos destins sont tracés et immuables. Nous n'avons pas le choix que de jouer à ce jeu morbide. Mais réfléchis, gamin, réfléchis bien ! Si tu n'as pas d'autre choix que de jouer ta vie, alors tu dois devenir le meilleur à ce jeu-là. Apprends et comprends les règles, sois imbattable. Je te promets que je serai le meilleur des professeurs.

L'éclat dans les yeux de Nathanaël était terne et, au bout d'un long silence, il finit par soupirer.

-Je suis si fatigué.

-Je sais, fit Lailoken qui ne comprenait que trop bien son successeur. Tout d'abord, il faut te sortir de là, microbe ! Alors, inspire et souffle, la journée ne fait que commencer.

Oo

La nuit était déjà tombée quand Rowena traversa le Grand Hall. Elle avait passé tout son après-midi aux côtés de Nathanaël et elle se sentait épuisée. Elle ne comprenait que trop bien le désir du garçon de vouloir effacer ses mauvais souvenirs mais l'expérience qu'elle avait acquise au cours des dernières centaines d'années lui avait démontrée maintes et maintes fois qu'il ne fallait jamais fuir. Cela vous revenait toujours de plein fouet.

Ses pensées se mirent à dériver. Toutes ses erreurs, ses fuites et ses faiblesses se mirent à défiler devant ses yeux. Les coups du sort et les coups aux cœurs. La douleur de voir Lawrence s'éprendre de sa propre fille, Helena. La trahison de cette dernière.

Elle ne les avait jamais revus après la fuite de sa fille avec son diadème et le départ de Lawrence. Ils avaient dû se retrouver, vivre et mourir de vieillesse ensemble en se moquant d'elle qui l'avait envoyé lui pour lui ramener sa seule et unique fille.

Elle se souvenait de tout, comme si c'était hier.

Lawrence Williams avait été réparti à Serpentard quelques dizaines d'années après l'ouverture de Poudlard. Elle l'avait regardé évoluer, de petit garçon avide de connaissance à jeune homme avide de pouvoir. D'abord elle avait ressenti une étrange envie de le protéger et de le chérir comme s'il avait été son fils puis, peu à peu, et à mesure qu'il grandissait et devenait un homme, elle avait commencé à ressentir des sentiments bien différents.

Elle s'était vu conquérir le monde à ses côtés, il lui avait promis monts et merveilles, ils s'étaient aimés comme jamais. Mais toutes ses promesses et ses paroles mielleuses avaient fané quand la belle fleur qu'était devenue sa fille avait fêté ses dix-huit ans. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, après tout Helena était ravissante. Sa peau était ferme et rosée, ses yeux d'un bleu presque gris, ses cheveux brillaient de force et de vigueur et son sourire était éblouissant de jeunesse. Elle-même n'était pas peu fière de son unique fille. Elle avait hérité de son intelligence et de sa beauté et de l'intrépidité et de la joie de vivre de son père décédé.

Rowena amena sa main à sa joue et joua avec l'élasticité et la fermeté de sa peau. Obtenir un pareil résultat lui avait demandé des centaines d'années de travail. Salazar l'avait beaucoup aidé à perfectionner ses potions et ses sortilèges, et ensemble, ils avaient passé de longues nuits blanches à réfléchir. Salazar avait même été voir Nicolas Flamel pour se renseigner sur un projet qui pouvait l'aider à retrouver sa jeunesse mais sa visite n'avait pas été concluante car le projet de l'alchimiste s'était révélé bien différent du sien.

Le 13 Octobre de l'année 1411, à vingt-et-une heure précises, elle avait procédé au rituel, bu la potion qui contenait ses espoirs et jeté tous les sortilèges qu'elle avait inventé spécialement pour cette occasion. Elle n'avait jamais autant souffert que durant cette nuit-là. Le lendemain, elle s'était réveillée aux premières lueurs du jour car le soleil l'éblouissait à travers ses paupières closes. Elle se revoyait amener sa main devant son visage pour se protéger des rayons, puis écarter les yeux car celle-ci n'avait plus aucune ride et la peau de ses bras avait retrouvé sa fermeté d'antan. Mais bien plus qu'avoir retrouvé la fraîcheur de ses trente ans, elle avait retrouvé une seconde jeunesse et tout son être avait revêtu une apparence juvénile qui ne s'était jamais estompée avec le temps.

Des heures plus tard, Salazar et Godric l'avaient retrouvée en pleurs mais souriante et soulagée.

Elle portait sa nouvelle apparence comme une armure étincelante : plus jamais on ne l'abandonnerait pour une autre, plus jeune, plus belle qu'elle.

Elle passa devant un des nombreux miroirs du Hall, et s'y arrêta un instant pour se dévisager. Encore aujourd'hui elle s'étonnait du résultat qui avait dépassé de loin ses espérances. Durant sa quête Helga avait beau eu lui répéter que ses peurs faussaient son jugement et qu'elle était resplendissante de beauté, la douleur de l'abandon de Lawrence et l'image déformée que lui renvoyait le miroir n'avaient jamais faiblies et l'avaient poussée à continuer.

Mais maintenant qu'elle avait eu ce qu'elle voulait et même plus, tout n'était pas devenu rose pour autant. Son apparence juvénile faisait fuir les hommes qui lui plaisaient. Aucun homme d'âge mûr n'était intéressé par une gamine, aussi mature et intelligente soit-elle. Elle ne regrettait pourtant pas ce changement physique, jamais elle ne le pourrait. Mais il lui tardait tout de même de tomber sur un homme qui saurait voir au-delà des apparences et la voir telle qu'elle était.

Alors qu'elle s'observait attentivement, un scintillement argenté passa derrière elle. Un des nombreux fantômes de Poudlard vaquait à ses occupations, et elle allait retourner aux siennes quand son regard accrocha le fourreau que portait ledit fantôme à la ceinture. Fait sur mesure pour la rapière qu'il protégeait dont la garde finement ciselée en mithril dépassait. Elle n'avait pas rêvé quand elle avait cru le voir la dernière fois. Elle se retourna et fit face au fantôme qui la regardait avec une expression intriguée.

Bien que la silhouette flottante du spectre fût argentée, elle imagina sans mal la couleur miel des cheveux qui ondulaient sur ses épaules. Elle savait que ses yeux n'étaient pas gris mais verts, que ses lèvres avaient une couleur particulièrement attrayante quand le sang affluait après les avoir mordillées et que sous sa chemise bouffante tachée de sang se cachait un torse glabre et dessiné.

Elle n'aurait jamais imaginé revoir l'amour de sa vie et la cause de son mal-être dans les couloirs de Poudlard.

-Law...rence ? balbutia-t-elle. Qu'est-ce…

Le spectre fronça les sourcils et s'approcha pour la dévisager.

-Cela fait des siècles que personne ne m'avait appelé par mon prénom, tout le monde m'appelle désormais le Baron Sanglant, dit-il et entendre le son de sa voix provoqua un millier de frisson dans l'échine de Rowena. Qui es-tu, petite ?

Ce fut comme une douche froide pour la sorcière.

-Qui je suis ? Tu demandes qui je suis !? gronda-t-elle de fureur. Je suis la femme que tu as abandonnée au profit de sa propre fille ! Je suis la femme a qui tu as promis une vie de bonheur et qui n'en a jamais vu la moindre parcelle ! Je suis la femme qui t'a maudit tous les jours pendant des siècles ! Je suis Rowena Serdaigle !

Au fur et à mesure que la sorcière avait débité sa rancœur, le visage du fantôme de Lawrence avait blanchit et il semblait maintenant sur le point de mourir une seconde fois si cela lui avait été possible.

-Tu...tu es Rowena ? Que fais-tu là ? Comment as-tu su que… es-tu venue te venger en son nom ?

-Venger qui ? demanda Rowena d'une voix furieuse.

-Tu ne…sais pas ? murmura le fantôme pour lui-même, aussi étonné que soulagé.

-Qu'est-ce que je ne sais pas et que je devrais savoir, Lawrence ? répliqua Rowena qui peinait à retenir sa magie qui souhaitait réduire en morceaux la cause de ses souffrances.

-R…rien, rien. Il n'y a rien à savoir ! s'exclama le spectre en secouant les mains.

-Parle ! aboya la sorcière en laissant s'échapper une salve de magie qui fit trembler les murs du château. Elle inspira un grand coup et rappela sa magie a elle avant de murmurer d'une voix aussi calme que dangereuse. Tu me dois bien ça.

Lawrence déglutit et son visage se crispa. Son menton se mit à trembloter et il semblait sur le point de fondre en larmes. Assister à ce spectacle désolant procura un étrange sentiment de joie à Rowena.

-Je suis désolé ! finit-il par dire. Tellement désolé ! Je…tu sais à quel point je l'aimais, si quelqu'un le savait c'était bien toi ! J'ai tout fait pour la retrouver. Je l'ai rattrapé en Albanie, mais elle voulait garder le diadème. Elle disait que cela te ferait enrager, que désormais elle montrerait au monde qui était la plus intelligente de vous deux. Que sans cet artefact tu n'étais que vantardise. Je voulais seulement lui reprendre et te le rendre en souvenir de nous. Elle…elle s'est débattue. Je ne sais plus comment mais…nous sommes tombés dans un ravin et…elle est morte.

Ce fut comme si le monde s'était brusquement mis à tourner à l'envers. Helena, sa fille…morte depuis si longtemps. Rowena se mit à inspirer et à souffler profondément. Chaque inspiration lui rappelait chaque fois qu'elle avait maudit sa fille de lui avoir volé l'amour. Chaque expiration lui remémorait la rancœur qu'elle avait éprouvée pour elle.

-Tu sais, elle ne m'a jamais aimé, ajouta Lawrence d'une voix brisée. Je ne voulais pas la tuer, c'était un accident…je l'aimais tellement !

Alors tout, absolument tout était de la faute de Lawrence. Réaliser qu'elle avait haï sa propre fille pour quelque chose dont elle n'était pas coupable accabla Rowena. Elle avait passé tellement de siècles à ruminer et à se détruire la santé. Si Helena était coupable, c'était de cupidité. Elle avait volé son diadème par envie de détrôner sa mère sur l'échelle de la connaissance et de la sagesse, mais elle n'avait finalement jamais voulu s'accaparer en plus de l'homme qu'elle aimait.

Si cela n'effaça pas sa dette, cela réconforta quelque peu la sorcière. En revanche, l'ardoise de Lawrence Williams venait de considérablement s'allonger et les murs du château tremblèrent de plus belle.

Oo

Salazar murmura le mot de passe d'une voix douce tout en écoutant avec délectation les sifflements que produisait sa langue bifide. Il avait toujours adoré être un Fourchelangue. Petit, il avait eu l'impression d'être un être à part. C'était avec Godric qu'il avait décidé que tant qu'à parler avec des serpents, autant s'en rapprocher le plus possible. Il devait avoir treize ans et avait parié avec son ami qu'il était capable de se couper la langue en deux. Il avait failli s'arrêter à mi-chemin tant la douleur avait été insupportable mais le regard de son ami qui le fixait d'un air peu convaincu l'avait poussé à aller jusqu'au bout. Cela avait été une vraie boucherie et Godric avait dû aller chercher Lailoken pour qu'il soigne sa langue. Salazar n'avait jamais vu Lailoken aussi furieux avant ce jour-là.

Le lavabo qui cachait l'entrée de sa chambre secrète (qui ne l'avait jamais vraiment été car Rowena avait un jour enregistré son mot de passe et l'avait vendu à prix d'or à Godric qui souhaitait pouvoir préparer des coups en douce avec Níðhöggr) se souleva dans les airs, dévoilant un conduit sombre.

Il fit un geste de la main, le conduit se mit à se tortiller et un escalier en pierre apparut. Salazar s'avança sur la première marche et l'escalier se mit en branle. Une trentaine de secondes plus tard, il arriva dans les tréfonds de Poudlard. Il faisait noir et une odeur pestilentielle emplissait ses narines.

-Je lui avais dit de venir avec moi, marmonna le sorcier, pas foutu de nettoyer derrière lui ! C'est dégoûtant, ma parole !

Au fur et à mesure que Salazar avançait et jetait des sorts, les ossements des rongeurs que Níðhöggr avait dévorés disparaissaient, la crasse qui s'était amoncelée sur les parois de la grotte était récurée, collectée et brûlée, et des pavés de pierres blanches apparaissaient à chaque empreinte de ses pas.

-Je sais que c'était dû à la mode de l'époque mais c'est fou comme je n'avais aucun goût ! s'exclama-t-il tout en réfléchissant au nouveau mobilier qu'il pourrait acheter. Oh, je vais mettre une machine à expresso dans le bureau !

Tout à ses planifications de rénovations d'intérieur, Salazar mit un moment à se rendre compte que Níðhöggr aurait déjà dû venir le saluer. Même si le basilic était un serpent très fier et qu'ils s'étaient quittés en mauvais termes, ils n'en restaient pas moins amis de longue date.

-Foutu vers de terre ! grogna Salazar.

Salazar déblaya un éboulement et arriva enfin devant le mur sur lequel étaient gravés les deux serpents entrelacés aux yeux d'émeraudes. Il leur ordonna de le laisser passer en Fourchelangue et ils s'exécutèrent en lui souhaitant un bon retour. C'est en redécouvrant pour la première fois depuis son départ de Poudlard le hall tout en longueur bordé de statues de serpents gigantesques et l'immense visage de pierre qui le représentait qui présidait la salle qu'il se fit la réflexion qu'un bon coup de peinture blanche ne serait pas du luxe : c'était sombre et glauque. Comment pouvait-on changer aussi drastiquement de goûts ?

Juste devant l'imposante statue, Níðhöggr semblait profiter d'une sieste digestive. Cela expliquait pourquoi il n'avait pas entendu Salazar arriver. Le serpent avait un sommeil de plomb ! Le sorcier s'approcha.

- Níðhöggr ! s'exclama-t-il en tapotant les écailles de son ami. Réveille-toi, vieille branche !

Mais le serpent ne répondit pas et la main du sorcier s'enfonça dans sa peau étrangement molle. Il la retira aussitôt, étonné. La peau écailleuse se mit à se replier sur elle-même comme si le vent avait soufflé sur un château de carte pour finir par se ratatiner sur le sol froid et humide de la chambre. En fin connaisseur des reptiles magiques, Salazar su qu'il venait d'assister à la désintégration non pas d'une mue de son ami mais bel et bien de son corps originel.

Níðhöggr était mort depuis des années.

Le regret s'empara de Salazar. C'était sa faute ! Il aurait dû insister pour que le basilic les accompagne. Solennellement, il longea ce qu'il restait de son corps pour arriver à sa tête momifiée par le temps. Alors qu'il se penchait pour lui prodiguer une dernière caresse d'adieu, il remarqua la plaie béante et boursoufflée sur sa gueule.

La colère monta en flèche : Níðhöggr n'était pas mort naturellement, il avait été assassiné !

Salazar ne put retenir sa magie qui se déversa dans la chambre comme une coulée de lave en fusion et fit gémir les fondations de Poudlard.

Oo

Convaincre Harry de lui prêter la Carte des Maraudeurs avait été un jeu d'enfant. Hermione n'avait eu qu'à le menacer de ne pas le laisser copier les prochains devoirs de Potion pour qu'il capitule et lui tende le parchemin vierge. Il avait essayé de lui soutirer des indices quant à ce qu'elle voulait en faire mais Hermione était restée ferme et lui avait simplement répondu qu'il saurait en temps voulu.

Le couloir qui menait à la bibliothèque était désert mais elle préférait garder actif son sortilège de dissimulation : « vigilance constante », comme le disait si bien le vieux Fol'Œil ! La porte en bois grinça quand elle la poussa pour entrer. Elle retint sa respiration, vérifia d'un coup d'œil que Mrs Pince n'était pas restée à son bureau puis, voyant que la voie était libre, se faufila dans la bibliothèque.

La nuit rendait cette pièce si chère à son cœur presque effrayante. Les ombres des étagères étaient intimidantes, le fond des allées ainsi plongé dans le noir, angoissant. Elle s'attendait à voir des monstres et des fantômes surgir de nulle part à chaque pas. Elle traversa la pièce d'un pas décidé puis tourna à droite et s'enfonça dans le noir de l'allée des Créatures Magiques puis, arrivée au bout, fixa un moment la porte de la Réserve.

Les réponses aux questions qu'elle se posait se trouvaient forcément ici.

Si le fait qu'elle ait cru voir Nathanaël Wyllt utiliser de la magie sans baguette lors de sa démonstration en cours de Métamorphose pouvait être discutable, le doute n'était désormais plus permis. Elle ne savait pas comment, mais Nathanaël Wyllt avait projeté Zabini d'un simple geste de la main ! Ce qui était étonnant était qu'aucun autre élève ne semblait avoir relevé cette incroyable capacité. Etait-elle la seule qui avait ses yeux rivés sur Nathanaël Wyllt à ce moment précis ? Impossible !

Peut-être que les élèves avaient été si choqués de la scène qui s'était déroulée devant eux et si choqués de la quantité phénoménale de puissance que semblait posséder le nouvel élève qu'ils s'étaient focalisés dessus et non sur cette révélation ? Ou peut-être que le fait que les sorciers ne pouvaient pratiquer ce genre de magie était si ancré dans les esprits que les témoins de la scène n'avaient même pas envisagé la chose comme étant possible ? Après tout, si elle n'avait pas déjà eu un doute, aurait-elle relevé ?

Hermione abaissa la poignée et poussa la porte de la Réserve avec précaution. Elle inspira une nouvelle fois et s'engouffra dans l'antre des ouvrages controversés. Elle connaissait bien les rayons de la Réserve, elle avait du y faire des recherches plusieurs fois au cours des années précédentes.

-Magie sans baguette…murmura-t-elle du bout des lèvres en faisant glisser son index le long des tranches des livres poussiéreux. Et si…

Son regard avait accroché un titre des plus prometteurs : Merlin L'Enchanteur, secrets du Pouvoir. Elle tira prestement sur la tranche et dégagea le vieux livre. Son pouls s'emballa, comme à chaque fois qu'elle se rapprochait de la réponse d'un problème compliqué. Elle ouvrit le livre et sourit. Elle tenait entre ses mains les notes personnelles de Merlin L'Enchanteur !

Les pages étaient noircies de son écriture presque illisible. Une multitude de schémas, de diagrammes, d'hypothèses et de calculs étaient regroupés entre ces pages. Hermione s'assit en tailleur à même le sol et commença sa lecture.

"Les Nains ont obtenu une alliance avec les Gobelins, Görth a réussi à l'obtenir grâce à son offre de les fournir en mithril aussi longtemps que cette alliance durera. Il n'a jamais été un fin tacticien mais je lui concède au moins l'art du marchandage {…}

{…}Mère Nature m'a parlé cette nuit. La menace est réelle. L'équilibre est menacé {…}

{…}Ma puissance ne cesse de se décupler depuis cette nuit. Gwenddydd m'a transmise toute sa magie, était-ce la destinée ? Ou était-ce moi qui ait aspiré contre son gré son essence magique ? L'ai-je tuée ? Ou était-ce écrit ? Je hais ce fardeau {…}

{…}150 mml de coriandre infusée au vinaigre de cidre mélangée à 10 pattes de scolopendre de Tanzanie – poison mortel – n'a pas fonctionné – toujours vivant {…}

{…} engagé meilleurs tueurs à gages – pas fonctionné – toujours vivant {…}

{…} Görth est passé, il va être papa {…}

{…} Gwenddydd avait les cheveux blonds comme les blés, les yeux bleus comme le ciel, les lèvres rouges comme le sang – n'oublie plus {…}

{…} Ils sont prometteurs. Ils sont intelligents…et ils me font oublier ma douleur. Helga est la plus mature, Rowena n'a pas sa langue dans sa poche, Godric est idiot et Salazar encore plus. Ils sont puissants, ils peuvent faire de grandes choses {…}

{…} couper la tête – pas fonctionné – toujours vivant – peut-être avec lame en mithril ? {…}

{…} Godric a volé une robe de Rowena aujourd'hui pour lui faire une farce, elle l'a attrapé et jeté dans la fosse aux Acromentules {…}

{…} Helga est douée. La Légilimencie lui est si naturelle ! Il faudra qu'elle apprenne à la contrôler pour ne blesse personne {…}

{…} Salazar a réussi son premier sort sans bouger, il est intenable {…}

Hermione écarquilla les yeux et retint un petit cri de victoire. La voilà sa preuve ! Les Fondateurs avaient été entraînés par Merlin lui-même et avaient appris les différentes formes de magies. Albus Dumbledore cachait bien son jeu ! Il avait gardé pour lui des informations aussi importantes !

-Je suppose que tu as trouvé ce que tu cherchais, Granger ? Fit une voix dans son dos.

Hermione sursauta et se retourna tout en essayant de cacher sa trouvaille tant bien que mal pour découvrir Gersende Morency, nonchalamment accoudé à une des étagères.

-Morency…marmonna-t-elle en plissant des yeux. Que fais-tu ici ?

Le Serpentard se décolla de l'étagère et s'avança vers elle. Elle se releva. Elle ne pouvait pas rester dans une position aussi délicate avec un prédateur de cette trempe dans la même pièce qu'elle.

-Sûrement la même chose que toi, Granger. Je me documente sur nos nouveaux arrivants.

Morency se pencha un peu plus vers elle tout en replaçant de la main droite une mèche de ses cheveux qui tombait devant ses yeux. Hermione cacha un peu plus le livre derrière elle.

-Oh, bon choix de lecture ! La félicita le Serpentard. Cela m'a toujours étonné que d'entre tous tu ne l'aies jamais lu avant aujourd'hui. Ton intelligence a des limites apparemment.

-Je sens comme une certaine rancœur dans le ton de ta voix, Morency, grinça Hermione en reculant prudemment vers la sortie. Serait-ce parce que je ne t'ai jamais demandé de services…et donc que tu ne disposes d'aucun de mes secrets ?

Morency pinça les lèvres et Hermione pensa avoir touché la corde sensible mais elle déchanta aussitôt quand il se mit à sourire avec une certaine douceur.

-La rancœur c'est pour les faibles, Granger. Seule la connaissance apporte le pouvoir. Et tout Poudlard semble se méprendre à mon sujet mais je me sens d'humeur à te faire l'honneur de te révéler un secret : je n'ai pas besoin que vous me confiiez vos secrets pour les connaître. Il suffit de se trouver au bon endroit au bon moment. Non, ce que tu as entendu dans le son de ma voix était une profonde déception, Granger. Je te pensais plus perspicace. Après tout, tu as toutes les clés en mains désormais. Tu devrais comprendre ce qui se trame dans ce château rapidement. Le plus tôt serait le mieux, Granger. Tu fais partie de mes projets.

Hermione déglutit. Elle n'aimait pas ce qu'elle entendait et avait envie de fuir sans demander son reste mais tous les documentaires animaliers qu'elle avait regardés lui avaient appris qu'on ne tournait pas le dos à un prédateur à moins de courir plus vite ou d'être plus agile que lui. Et malheureusement, en plus d'être indécemment intelligent, Gersende Morency était un excellent sorcier.

S'ils semblaient avoir le même niveau, elle avait quelque chose que lui n'avait pas : des limites éthiques.

Hermione en était là de ses réflexions quand le château tout entier se mit à trembler. Les étagères vibrèrent et des livres tombèrent. La secousse s'arrêta aussi vite qu'elle était venue.

-Qu'est-ce que c'est que ça ? Se demanda Hermione.

Morency se mit à sourire à pleines dents.

-Granger, je te laisse. J'ai a faire. Ne me déçois pas !

A peine le Serpentard était-il parti qu'une seconde secousse, plus violente se mit à faire trembler les murs de Poudlard. Puis une autre vint intensifier la précédente et il sembla à Hermione que le château pleurait.