J'aurais dû intituler ce chapitre : le chapitre retour à la case départ, vous comprendrez pourquoi en le lisant. J'ai déjà une idée de ce qu'il va se passer dans le suivant, pourvu que je ne mette pas 100 ans à l'écrire.


Chapitre 4 :

Le lendemain matin, Sakura se réveilla, et descendit directement prendre son petit-déjeuner. Elle pensait avoir mémorisé la route, et ne voulait pas perturber les doux rêves de Shikamaru Nara. Alors qu'elle pénétrait dans la cuisine, elle fut surprise d'y découvrir la maman de son hôte, occupée à mettre la table.

« Bonjour, la salua-t-elle par politesse.

Elle se sentait gênée d'être là et de déranger la maîtresse de maison. Celle-ci releva la tête, en entend qu'on lui parlait.

-Oh bonjour Sakura, je ne m'attendais pas à voir quelqu'un, bien dormi ?, lui demanda-t-elle en souriant.

- Très bien merci, et vous ?, demanda-t-elle à son tour.

Yoshino la gratifia d'un sourire, et l'invita à s'asseoir. Elle lui servit ensuite son café, avant de prendre place en face de son invitée.

- Je suis désolée de vous donner du travail supplémentaire, s'excusa la fleur de cerisier.

- Ne dis pas de bêtises, cela me fait plaisir de voir du monde, et de pouvoir discuter avec quelqu'un d'autre que mon mari et mon fils, qui comme tu as dû le remarquer ne sont pas du genre bavards, soupira-t-elle.

La jeune femme ne su quoi répondre à ce commentaire, c'était vrai que les hommes Nara s'exprimaient peu, mais ce qu'ils disaient était pertinent, et Sakura avait même pu voir que le fils de la famille avait de l'humour.

- Tu as passé une bonne soirée hier ?, reprit la brune avec un petit clin d'œil amusé.

Elle savait qu'ils étaient rentrés tard, et trouvait cela bien que son fils unique sorte, il était jeune ce n'était pas sain pour lui d'être tout le temps seul à rêvasser, et puis ce n'était pas comme ça qu'elle allait devenir grand-mère.

-Excellente, j'ai pu faire plus ample connaissance avec les amis de Shikamaru, ils sont très sympathiques, raconta-t-elle.

Yoshino fit une petite moue déçue, alors ce n'était pas un rendez-vous, en même temps cela aurait été trop beau pour être vrai.

- Tu as donc rencontré le trio infernal, effectivement tu n'as pas dû t'ennuyer, poursuivit-elle.

-Choji est un gentil garçon, toujours serviable, et très calme, cela ne m'a jamais étonné que Shikamaru en fasse son meilleur ami. Naruto est un peu plus dynamique, mais il a toujours le sourire, mon fils le trouve parfois bruyant mais il sait que s'il va mal il pourra compter sur lui pour lui remonter le moral. Quant à Kiba, c'est certainement le plus excité de la bande, et jamais le dernier pour les idées farfelues, j'ai été dans la classe de sa mère Tsume pendant de nombreuses années, nous étions amies, et bien disons que les chiens ne font pas des chats, s'exclaffa-t-elle.

Cela la ramena des années en arrière, lorsqu'elle n'était encore qu'une petite fille et elle se rappelait parfaitement d'une autre jeune fille brune, un peu plus grande qu'elle, et au tempérament sauvage. Tsume avait toujours su comment leur faire passer d'excellents moments, le genre d'instants qui restaient gravés dans votre mémoire pendant longtemps.

Sakura la fixait, admirative et envieuse, cette femme était encore très belle, et ce même au naturel, et elle parlait des amis de son fils comme s'ils étaient les siens. Sa mère, Mebuki Haruno n'avait jamais parlé de ses amies comme ça. Elle ne les voyait pas souvent, occupée la plupart de son temps par son travail, et il était déjà arrivé à Sakura de se sentir oubliée.

- Tu te plais ici, chez nous je veux dire ?, voulut savoir la brune en la ramenant à la réalité.

- Oui madame, je suis d'ailleurs navrée d'abuser de votre hospitalité qui est plus que généreuse envers moi, affirma-t-elle sincère mais gênée.

- Ah ne m'appelles pas madame, cela me vieillit et j'ai horreur de ça. Appelles-moi Yoshino et c'est un plaisir pour nous de t'avoir ici ne t'en fais pas, lui assura-t-elle.

Le médecin remercia à nouveau la maîtresse de maison pour sa bonté et son accueil envers elle. Elle était prête à parier que peu de personne en ville aurait fait la même chose, elle la première. La vie à la campagne était différente, les habitants semblaient partager un lien plus personnel et s'apprécier mutuellement. Ils formaient une sorte de grande famille, toujours prête à se rendre service en cas de besoin sans demander quoique ce soit en retour. Encore une chose qu'elle ne trouverait pas en ville, ou alors pas sans compensation.

- Sakura, mon mari et moi avons longuement parlé hier soir, et comme tu te sens bien chez nous, nous avons pensé que tu voudrais bien rester vivre ici le temps de ton remplacement dans notre village. Cela t'éviterai de continuer à dépenser des frais dans la location d'une chambre, lui proposa-t-elle.

- Je ne peux pas accepter, c'est beaucoup trop, j'ai déjà abusé de votre gentillesse, refusa-t-elle gênée.

- Tu n'as abusé de rien du tout, cela nous ferait plaisir de t'avoir avec nous, et ce n'est pas comme si nous avions si souvent la chance d'avoir des invités, argua la brune.

La plus jeune ne savait pas quoi dire, bien sûr qu'elle était ravie de la proposition de madame Nara, mais elle ne pouvait pas lui rendre l'appareil et elle aurait le sentiment de profiter de cette famille, sans jamais pouvoir rembourser sa dette. D'un autre côté, refuser semblait terriblement malpoli, et presque une offense à la famille Nara.

- Sakura, murmura Yoshino, dis-oui, s'il te plaît, tu me rendrais très heureuse, lui dit-elle d'une petite voix.

Continuer de dire non commençait à devenir difficile, la mère de Shikamaru savait si prendre pour obtenir ce qu'elle voulait, cela faisait presque peur à Sakura.

- Elle ne va pas arrêter de te harceler jusqu' à ce que tu cèdes, alors dis oui avant que cela ne devienne trop pénible, lui conseilla une voix encore endormie.

La fille Haruno sursauta sur sa chaise, elle n'avait pas entendu le fils Nara arriver, il n'avait fait aucun bruit, aussi discret et silencieux qu'une ombre.

- Arrêtes, elle va me prendre pour une horrible femme qui manipule son entourage pour avoir ce qu'elle veut, s'énerva la brune.

-Tu n'as pas besoin de moi, tu t'en sors très bien toute seule, la taquina-t-il.

- Shikamaru Nara ! S'exclama-t-elle

Le médecin sentit la tension monter d'un cran, cela n'avait rien de trop compliqué avec les mains de la maitresse des lieux qui serrait plus fort ses mains dans les siennes. Le sang affluait de moins en moins dans cette partie du corps de la fleur de cerisier. Il fallait qu'elle agisse et vite, elle tenait encore un peu à ses mains, elles lui étaient plutôt utiles dans sa vie.

-D'accord, j'accepte, je veux bien vivre avec vous, dit-elle d'une traite.

L'ambiance autour d'elle s'apaisa à nouveau, et elle vit son interlocutrice tirer la langue à son fils en signe de victoire, auquel ce dernier répondit par un petit soupir, et un ''pénible'' à peine audible.

- Shikamaru, tu l'accompagneras récupérer ses affaires, cela t'évitera de rêver à je ne-sais-quoi, je ne sais où, l'informa sa mère sans lui laisser le choix.

Un soupir s'échappa des lèvres du brun, et Sakura devina qu'il était trop tôt pour le jeune homme, qui regrettait probablement déjà d'avoir quitté le doux confort de son lit douillet.

- C'est nous qui t'avons réveillé ?, lui demanda-t-elle

Il indiqua non d'un petit signe de tête et se décala d'un pas sur le côté droit, faisant apparaître une grosse boule de poils, qui visiblement se cachait.

- Hidan, comment es-tu rentré ? C'est à croire que tu te changes en souris la nuit ma parole, et bien sûr il a fallut que tu ailles dans la chambre de Shikamaru, le gronda Yoshino, croisant les bras et fronçant les sourcils.

L'animal couina, prit en faute, et regarda son jeune maître comme s'il était coupable de sa punition, il aurait très bien pu le laisser dormir sur son lit, personne ne l'aurait su. Sakura, eut pitié du canidé, dont l'obéissance n'était pas la plus grande qualité.

- Tu veux manger quelque chose ?, demanda la mère du garçon à son fils, oubliant le chien pour quelques instants.

-Non merci maman, je prendrai quelque chose au village, avec les autres, cela leur fera plaisir, depuis le temps qu'ils me le réclament, remercia-t-il

-Bonne idée, cela t'empêchera de rester à rêver pendant deux heures devant ta tasse, approuva-t-elle.

Sentant que sa génitrice allait encore partir dans l'une de ses interminables leçons de morale, et sur les bien faits de passer du temps avec ses amis, il attrapa la main de Sakura et l'entraîna à l'extérieur de la maison, lui donnant à peine la possibilité de dire au revoir.

- Il ne changera jamais, toujours le premier pour prendre la fuite, soupira-t-elle en les observant à travers la fenêtre de la cuisine.

Ils montèrent dans la voiture de la jeune médecin, et démarrèrent presque aussitôt. Une fois qu'ils eurent quittés la cour, elle s'accroupit et invita Hidan à s'approcher.

- Quant à toi, bravo, tu as bien joué ton rôle, pour une fois que tu fais ce que l'on veut de toi. Tu as bien mérité une récompense, le félicita-t-elle.

Elle extirpa de sa poche un biscuit en forme d'os, et le quadrupède tira la langue, il ouvrit la bouche et l'avala en deux bouchées.

- N'en prends pas l'habitude, il fallait juste donner un petit coup de main à notre paresseux, mais il faudra aussi qu'il apprenne à se débrouiller tout seul, le prévint-elle. »

Lorsque Shikaku pénétra dans la pièce, il découvrit sa femme, accroupit, caressant vigoureusement la tête du plus jeune de leur chien, qui lui donnait des petits coups de langue sur la joue gauche. Le père de famille, faillit se pincer devant cette scène surréaliste, il devait encore dormir c'était la seule raison qui lui vint à l'esprit.


Sakura, et Shikamaru roulaient sans trop se presser, elle avait toujours peur de s'égarer, et n'avait pas spécialement envie d'entendre un reproche de son copilote. Depuis leur départ précipité de la cuisine ils n'avaient pas échangé un mot, et ce silence ennuyait la conductrice.

« Je suis désolée de m'imposer chez toi comme ça, toi qui pensais pouvoir bientôt te débarrasser de moi tu dois être déçu, dit-elle pour lancer la conversation.

- Ne t'en fais pas pour ça, ce n'est pas comme si nous partagions la même chambre, tu ne me déranges pas, répondit-il.

Cette remarque refroidit la femme aux cheveux roses, elle pensait qu'ils étaient amis, et pourtant il était si distant, comme s'il venait de se rencontrer.

- En plus je sais à quel point il est difficile, voire même impossible de s'opposer très longtemps à ma mère. Elle t'aime bien, c'est sa manière de te le montrer, nous sommes assez collants lorsque nous aimons, expliqua-t-il sérieux.

- Je comprends mieux le comportement de ton chien, tu m'avais dit qu'il m'aimait bien, je vois à présent d'où lui vient cette manie, se souvint-elle.

- Ah non ça c'est la faute des Inuzuka, ils sont encore plus collants que nous, et encore tu n'as vu que Kiba, tu prendrais peur en voyant sa mère. Foutu Inuzuka, ils ont parfois plus l'attitude d'un chien que celle d'un être humain, la contredit-il.

- Celui que tu m'as présenté en a aussi certaines caractéristiques physiques, ajouta-t-elle hésitante.

Elle ne voulait pas qu'il le prenne mal, elle n'avait rien contre Kiba, mais ses canines n'étaient pas normales.

- Tu parles de ses dents, c'est vrai que ça choque au départ, mais on finit par s'y faire, en tout cas cela m'a moins perturbé que ses tatouages, avoua-t-il.

- Tiens maintenant que j'y pense, tu es le seul de tes amis à ne pas être tatoué sur les joues, fit-elle remarquer.

- Les miens sont ailleurs, répondit-il mystérieusement.

Elle le fixa du coin de l'œil curieusement, il en avait trop dit ou pas assez, et maintenant elle voulait savoir où se situaient ses marques.

-Oublie je ne te le dirai pas, la coupa-t-il avant qu'elle ne puisse lui poser la question.

- Méchant, tu n'avais qu'à pas me dire que tu étais tatoué, cela n'aurait pas attisé ma curiosité, bouda-t-elle.

- C'est toi qui as commencé en mentionnant les crocs rouges de Kiba, tu ne peux t'en prendre qu' à toi-même, rétorqua-t-il.

- Tu aimes bien montrer que tu as raison, constata-t-elle.

- Uniquement lorsque c'est le cas, précisa-t-il d'un sourire en coin.

- Le contraire ne doit pas arriver souvent, murmura-t-elle trop faiblement pour qu'il l'entende.

Si j'avais eu cette conversation avec Sasuke elle ne serait pas du tout déroulée comme ça. Il était tellement susceptible, il ne comprenait pas toujours mes plaisanteries, et me traitait souvent d'idiote. Il n'y a qu' Itachi qui parvenait à lui faire réaliser que je blaguais. Dans le fond il avait raison, j'étais une idiote, une pauvre fille qui avait prit une illusion pour la réalité.

Shikamaru est le parfait opposé. Il est si calme, si relax, si détendu, il prend chaque jour comme il vient, et il n'a jamais dû être stressé. C'est peut-être l'effet de la campagne, moi-même depuis que je suis arrivée ici, et que j'ai laissé mes à priori de côté, je me sens mieux, comme apaisée. Non, c'est plus que ça, je me sens libre, je n'ai plus cette pression autour de moi.

Ino disait la vérité lorsqu'elle me répétait que ma relation avec Sasuke était néfaste et me faisait plus de mal que de bien. J'avais beau prétendre le contraire, aujourd'hui je me rends compte que c'était bel et bien le cas.

Je voulais tellement être à la hauteur de la réputation des Uchiha, être la parfaite petite future belle-fille, ressembler à Mikoto Uchiha. Personne ne peut être comme elle, ou même être elle, cette femme est la perfection incarnée. Elle est magnifique, douce, ferme quand il le faut, ce n'est pas un hasard si son plus jeune fils la recherche dans la quête de sa future épouse.

Quand je pense à tous les maux de tête et toutes les angoisses que j'ai eu à chaque fois que nous nous rendions à une soirée. Les heures que cela me prenait pour choisir ma robe, mes chaussures, et opter pour le maquillage adéquat. Comment ai-je fait pour endurer tout cela pendant aussi longtemps...Je devais vraiment l'aimer pour vivre ainsi, je me sacrifiais pour lui, je ruinais ma santé physique et ma santé mentale pour que Sasuke Uchiha soit fier de m'avoir pour petite-amie...Comment aurais-je réussi à survivre si nous nous étions mariés ?

- En tout cas, tu n'es pas un gentleman, reprit-elle.

Elle cherchait à s'échapper de ses souvenirs, sa vie à la ville n'était pas celle d'ici, et il n'était pas question que son passé lui gâche sa renaissance.

- Je suis un génie paresseux, on ne peut pas tout être dans la vie, répondit-il en riant.

Elle fut heureuse qu'il continue de lui parler malgré les minutes où elle n'avait rien dit. Cela ne l'avait pas dérangé, et il était même parvenu à la distraire. C'était si agréable d'être avec lui qu'elle en venait presque à bénir l'accident qui l'avait mis dans sa vie.

- Nous sommes arrivés, lui indiqua-t-il

Elle revint à elle, et remarqua qu'effectivement, ils approchaient de la place où elle s'était garée la veille. Elle s'installa au même endroit, et vit, trois silhouettes masculines attablées à une table de la terrasse du café. Elle coupa le moteur, récupéra sa clé, et quitta le véhicule, accompagnée par l'autre passager. Cette fois-ci, ce fut elle qui prit les devants, et précéda Shikamaru, qui bailla, avant de la suivre.

-Bonjour vous trois, les salua-t-elle plus confiante que la veille.

- Bonjour Sakura, répondit Choji en lui souriant.

- Salut, ajoutèrent Naruto et Kiba en chœur.

- Tiens, tiens, mais notre belle au bois dormant est là aussi, remarqua le fils Akimichi étonné.

Son meilleur ami le fusilla du regard autant qu'il pu, mais il était trop tôt, et il n'avait pas encore prit son café.

- Je suis venu prendre le petit-déjeuner avec vous, mais si je vous dérange je peux repartir, signala-t-il.

- Tu es sérieux, il t'a fallut autant d'années et l'arrivée d'une ravissante médecin pour te décider, ajouta Naruto espiègle.

- Mieux vaut tard que jamais ! S'exclama-t-il.

Kiba se mordit très fort la langue, il aurait voulu lui dire qu'il ne déniait pas que Sakura était très jolie mais préféra s'abstenir. Cela aurait probablement déréglé leur petit génie, et ruiner leur plan, il fallait être patient avec ce genre d'engin, c'était fragile à manipuler. Un peu trop de pression et pouf, cela vous lâchait, et le fils Inuzuka n'avait pas envie de perdre du temps et de l'énergie en réparation.

- Mince, je vais être en retard, il me reste quelques feuilles à remplir, je vous quitte les garçons mais j'espère vous revoir bientôt, s'excusa-t-elle.

- Compte sur nous Sakura, nous nous reverrons très vite, fais-moi confiance, assura le garçons aux tatouages rouges. »

Shikamaru n'aima pas le sourire en coin qui apparut sur le visage de son ami, les deux autres faisaient comme si de rien n'était, mais il n'était pas fou, ces trois-là préparaient quelque chose, et s'il s'en fiait à son instinct, cela allait être pénible, et il n'avait pas hâte d'y être.