Bonsoir !

Voici le chapitre 2 avec un jour d'avance.

Ayant pour rôle de définir le cadre, il ne se passera pas grand chose dans ce chapitre désolée. J'espère que vous l'apprécierez quand même.

Je remercie tout ceux qui ont pris le temps de me laisser une review pour mon premier chapitre, ça me fait très plaisir et pour répondre à adenoide en review anonyme : je n'aurais pas dit mieux !

Et maintenant place à la fiction : Bonne lecture !


Chapitre 2 : Le manoir Jédusor


Sur la colline régnait un silence pesant.

Le vent qui d'habitude sifflait en permanence, faisait doucement frémir les arbres et apportait les bruits du village en contrebas s'était tut, rendant le lieu encore plus hostile que de coutume tandis que les nombreux oiseaux qui la peuplaient avaient tous désertés, ainsi que quelques petits animaux en tous genres tels que des campagnols, des taupes, des grenouilles ou des souris.

En fait, d'après les habitants de Little Hangleton la colline n'était pas un endroit où s'aventurer, de nuit comme de jour. Une rumeur prétendait qu'elle était hantée et que le manoir qui s'y trouvait l'était plus encore, ce qui dissuadait les villageois et autres touristes d'aller s'y promener...

Un siècle auparavant l'endroit n'était pourtant pas si terrible : un petit bois ainsi qu'un étang bordait le côté nord de la colline, une plaine verdoyante se dressait au sud et au milieu se trouvait une grande et belle maison entourée d'un jardin anglais. Aujourd'hui cependant, le bois silencieux et l'eau stagnante de l'étang avaient un aspect inquiétant, tout comme le manoir dont une des façades était envahie de lierre.

L'édifice, qui avait appartenu à la famille Jédusor était en pierre, s'étendait en longueur et comptait deux parties : la partie principale, imposante, datant du XVIe siècle en pierres sombres et rugueuses, accordées au toit en ardoise bleutée, et la partie plus modeste ajoutée il y a de cela une trentaine d'année en briques grises souris. Le tout était surplombé de plusieurs cheminées dont la plupart n'avaient pas servie depuis très longtemps, faute de résidents.

Dans l'ensemble, le manoir était en assez bon état excepté peut-être au dernier étage où les carreaux des fenêtres étaient cassés et où l'on pouvait distinguer des rideaux déchirés et des pièces sombres, abandonnées. Les deux autres étages semblaient quant à eux tout aussi inhabités, bien que ce n'était pas exactement le cas.

Alors, lorsqu'un homme vêtu de capes noires transplana devant le manoir, il se maudit intérieurement.

Le lieu appartenant à son maître était tout sauf accueillant et il espérait n'y passer que quelques jours. Il y avait été convoqué en urgence grâce à la Marque sur son bras gauche, s'était empressé de venir malgré l'appréhension qu'il avait ressenti et ne pouvait s'empêcher d'être inquiet… Avait-il fait quelque chose qui compromettait son statut d'espion ? Il espérait que ce ne fût pas le cas, car le Seigneur des Ténèbres était furieux.

En effet, depuis les événements du Tournoi des Trois Sorciers, incluant sa résurrection et sa défaite face au Survivant, Lord Voldemort était d'une humeur massacrante. Peu nombreux étaient les Mangemorts qui échappaient au sortilège du Doloris après avoir été appelés par leur maître et l'homme pria pour qu'il fût de ceux-là.

Alors, après une légère hésitation, il effaça toute trace d'émotion sur son visage et marcha en direction de l'entrée du manoir. Celle-ci était encadrée de larges fenêtres et était faite d'un petit escalier en pierre puis de deux portes en bois imposantes.

L'homme frappa, attendit, essaya de distinguer quelque chose à travers l'un des fenêtres et attendit encore, mais personne ne vint lui ouvrir.

Les portes n'étant pas fermées à clé, il se risqua donc à l'intérieur.

Aussitôt la température le frappa : il n'y faisait sans doute pas plus de vingt degrés, ce qui contrastait fortement avec la chaleur caniculaire de l'extérieur. La température n'était d'ailleurs pas le seul point frappant du manoir ; le Mangemort s'était attendu à ce que l'intérieur soit aussi miteux que l'extérieur, ce qui ne fut pas le cas.

Le hall d'entrée dans lequel le mage noir se trouvait était lumineux et spacieux.

Il remarqua d'abord le grand escalier en bois sombre qui faisait face à l'entrée et reliait le rez-de-chaussée aux deux autres étages puis les tapisseries brunes aux motifs complexes sur les murs, le carrelage clair et l'énorme lustre en cristal du grand vestibule. Sur une petite table à sa gauche, un vase coloré avec des poignées en forme de griffons contenait un reste de fleurs en décompositions et à sa droite, une famille d'araignée avait élu domicile sur un porte manteau grisâtre. Juste à côté, une petite étagère vide aux tiroirs manquants semblait prête à tomber.

Le tout était recouvert d'une couche de poussière que l'homme sonda d'un air impénétrable.

Puis, il se dirigea sur ce qui devait être un salon.

Il parcouru rapidement la pièce du regard : le sol était recouvert de nombreux tapis - poussiéreux évidemment, où trônaient deux fauteuils et un grand sofa gris alignés en face d'une modeste bibliothèque. De l'autre côté, quelques tableaux représentant des paysages anglais étaient accrochés au-dessus d'une petite cheminée aux pierres noires de suie.

Soudain, le Mangemort vit une ombre se réfugier derrière un fauteuil. Il s'approcha, curieux et découvrit un chat de gouttière famélique qui fit le gros dos lorsqu'il le vit. Ils s'observèrent pendant quelques secondes, les yeux bleus de l'animal apeuré plantés dans le regard noir et profond de l'intrus quand l'homme se détourna brusquement et fit fuir le chat gris.

Le mage noir avait entendu des voix qui venaient sûrement du premier étage. Il quitta le salon et retourna dans le hall d'entrée pour voir deux Mangemorts qui se dirigeaient vers lui.

« … à Little Whinging hier soir. » dit l'un d'eux.

Ils descendaient tranquillement les escaliers et n'avaient pas encore remarqué le nouvel arrivant.

Celui-ci reconnu tout de suite les deux hommes : l'un avait des cheveux bruns, était plutôt grand et portait une cape bleue marine sur une chemise et un pantalon gris foncé. L'autre était habillé tout en noir, portait une expression sévère et écoutait d'un air attentif son interlocuteur.

« On a réussi à mettre la main sur Harry Potter. » continua le premier, Nott, à voix basse.

Aussitôt, l'homme en noir tiqua. Qu'était-il encore arrivé au Survivant ?

« Harry Potter ? » releva Amycus Carrow, le second.

« Il est en haut, encore inconscient. On a été obligé de l'assommer, le garçon ne voulait pas nous suivre. »

« Ce n'est pas surprenant… » ricana Carrow. « Personne ne vous a vu ? »

« Non. Il y a bien eu ce Moldu mais... »

Remarquant enfin la présence de l'autre homme, ils s'arrêtèrent aussitôt de parler.

Les trois hommes se défièrent du regard pendant quelques secondes, aucun ne voulant se risquer à prendre la parole. Une certaine hostilité se faisait ressentir à l'égard des deux Mangemorts pour le troisième, tout à fait justifiée évidemment mais complètement inutile.

« Le Seigneur des Ténèbres t'attends au premier. « lâcha simplement Nott en le toisant de haut en bas. »

L'homme les ignora superbement et emprunta à son tour les escaliers en bois. Il garda une expression totalement neutre jusqu'à ce que les Mangemorts aient disparu puis une fois en haut inspira, expira et se pinça l'arête du nez alors qu'une expression consternée prenait forme sur son visage.

C'était bien sûr peu commun pour lui... rares étaient les moments où il montrait ses émotions. En effet, il conservait constamment un masque et s'attachait à conserver une expression de marbre en toutes circonstances. Mais cette fois-ci, la situation était critique. Catastrophique même. Harry Potter avait été enlevé !

Son cerveau fonctionnait déjà à toute vitesse.

Le Survivant était apparemment dans le manoir et avait été enlevé la veille à Little Whinging, où il devait passer l'été. Dumbledore était-il au courant ? L'homme en doutait. Il savait que le directeur de Poudlard avait une espionne qui surveillait le garçon mais le Seigneur des Ténèbres n'avait certainement pas planifié l'enlèvement de Harry Potter sur un coup de tête, ce qui voulait dire que l'espionne avait obligatoirement disparue elle aussi, tout comme les éventuels témoins.

L'homme ne savait pas à quelle fréquence l'espionne faisait ses rapports à Dumbledore, il supposait que le directeur prenait des nouvelles de son golden boy toutes les semaines au minimum, ce qui était d'autant plus désastreux… car en une semaine, de nombreuses choses pouvaient se passer et l'homme doutait de la survie du garçon. Le Seigneur des Ténèbres, malgré les nombreuses années avant sa résurrection n'était pas connu pour être patient.

L'homme lâcha alors un dernier soupir et se remit en marche afin d'en finir au plus vite avec celui-dont-on-ne-devait-prononcer-le-nom.

Severus Snape n'avait aucun répit...


Une douleur aiguë transperça la cicatrice du Survivant lorsque Voldemort appuya son index squelettique sur le bras de Queudver.

En un instant, les traits de la Marque s'accentuèrent, rougirent, puis la Marque devint noire de jais.

Le Seigneur des Ténèbres se mit ensuite à scruter attentivement le ciel étoilé de Little Hangleton, semblant attendre quelque chose.

« Combien auront le courage de revenir lorsqu'ils la sentiront ? » commença-t-il à voix basse. « Et combien seront assez fous pour l'ignorer ? »

Il se mit à marcher de long en large, ignorant Harry Potter qui était attaché à une pierre tombale.

Puis, au bout d'un long moment de silence, Voldemort se tourna vers le-garçon-qui-a-survécu et lui fit un sourire féroce.

« Tu vois cette colline, Harry Potter ? Mon père y habitait. Ma mère elle, vivait ici, dans le village, et est tombée amoureuse de lui. Mais n'aimant pas la magie, il l'a abandonné dès qu'il a su qu'elle était une sorcière et l'a quitté avant même que je naisse pour retourner chez ses parents Moldus. Puis, ma mère est morte lors de ma naissance et j'ai vécu dans un orphelinat pendant toute mon enfance... j'ai alors juré de me venger de lui, de ce père qui m'avait abandonné, de cet imbécile qui m'avait donné son nom... Tom Jédusor. »

Puis, il releva la tête vers le ciel et fit un sourire carnassier au Survivant.

« Mais regarde, voilà ma vraie famille qui revient... »

Aussitôt, des sorciers vêtus de longues capes noirs et de masques transplanèrent dans un énorme bruit. Ils s'avancèrent avec précaution vers leur maître, comme si ils n'en croyaient pas leurs yeux.

Puis, lentement, ils tombèrent tous à genoux devant Voldemort en murmurant des « maître », « maître », « est-ce bien vous ? », baisant ses pieds et se prosternant devant lui.

Les redoutables mages noirs firent ensuite un cercle autour de la tombe de Tom Jédusor, se plaçant de façon ordonnée et pré-définie. Il manquait cependant quelques Mangemorts à l'appel aux vues des espaces libres qu'ils avaient laissés entre eux.

« Soyez les bienvenus. » commença le Seigneur des Ténèbres. « Treize ans et nous voilà de nouveau réunis, comme si nous nous étions quittés hier... mais je sens votre peur mes chers Mangemorts, cette terrible peur qui empeste l'atmosphère... »

Il fit une pause, observant la réaction de ses serviteurs. Aucun ne bougea ni ne parla.

« Je vous croyais tous loyaux… » continua-t-il d'une voix accusatrice. « Malgré cela, aucun de vous, qui pourtant avaient juré fidélité n'a essayé de me retrouver. »

Le groupe entier frissonna aux paroles de leur maître, appréhendant la réaction du mage noir.

« J'avoue que je suis déçu. » dit celui-ci en regardant chaque Mangemort. « Très déçu... »

L'un des sorciers brisa alors le cercle et se mit à genoux devant Voldemort, suppliant.

« Maître ! » commença celui-là. « Maître, pardonnez-nous ! »

Le Seigneur des Ténèbres se mit à rire. Aucune trace d'amusement n'était cependant présente sur son visage cadavérique.

Alors, lentement, il leva sa baguette devant son serviteur qui s'était mis à trembler.

« Avery, tu demandes mon pardon ? » dit Voldemort d'une voix douce. « Moi, je ne pardonne pas et n'oublie pas non plus. Il faudra me rendre treize années de servitude avant que je ne te pardonne… »

« Oui maître, tout ce que vous voudrez maître. » répondit aussitôt Avery.

Le Seigneur des Ténèbres parut satisfait et hocha la tête.

« Mais laisse-moi tout de même te punir. Endoloris ! »

Et c'est à ce moment-là que Harry Potter se réveilla de son cauchemar en hurlant.

Il se releva brusquement avec des taches noires devant les yeux, en sueur et la respiration saccadée, comme s'il avait lui-même été la cible de l'Impardonnable. Sa cicatrice le brûlait et il lui fallut quelques secondes avant de réaliser qu'il avait encore fait un cauchemar et qu'il était dans son lit chez son oncle et sa tante.

En bref, tout était normal.

Il ferma alors les yeux, lasse, et se recoucha en tirant sur sa couette qui paraissait plus lourde et plus douce que d'habitude.

Tout était normal... ?

Il se releva aussitôt, faisant voler la couette qui n'était à l'évidence pas la sienne, tout comme le lit trop grand dans lequel il se trouvait ainsi que les vêtements qu'il portait, ce qui lui provoqua un horrible mal de tête.

« Merde… » siffla-t-il, les dents serrées.

Où se trouvait-il ? Dans quel pétrin s'était-il encore fourré ?

Tandis qu'il passait vaguement sa main sur l'énorme bosse à l'arrière de sa tête, l'adolescent essaya de se rappeler ce qui lui était arrivé.

Il se souvenait avoir passé son après-midi dans le parc à côté de chez son oncle et sa tante, assis sur une balançoire. Il avait ensuite vu son cousin dire au revoir à sa bande et rentrer chez lui, il l'avait suivi et s'était moqué de lui... une journée comme une autre, en somme. Dudley s'était retenu de le frapper lorsqu'il avait commencé à l'appeler « Dudlynouchet », ce qui avait bien fait rire Harry.

Puis, les deux adolescents avaient emprunté un raccourci en s'aventurant dans la petite ruelle qui rejoignait Magnolia Crescent et le sorcier avait menacé son cousin avec sa baguette, mais il ne se rappelait plus pourquoi. Ensuite, l'étroite allée avait tout à coup été plongée dans le noir le plus complet, faisant frissonner de peur les adolescents.

Et c'était tout.

Les battements de son cœur s'accélérèrent brusquement, il tenta de se souvenir de la suite, plongeant au plus profond de sa mémoire et accentua au passage son mal de tête, en vain.

Harry ne se souvenait pas de la suite.

Sentant la panique monter en lui, il mit sa main sur sa bouche et se força à respirer par le nez. Cette astuce, il s'en était servi tout l'été lorsqu'il faisait de l'hyperventilation après un cauchemar, essayant tant bien que mal de ne pas réveiller son oncle et sa tante.

L'adolescent ferma les yeux pendant quelques minutes, attendit que sa respiration redevienne normale puis observa autour de lui après avoir attrapé ses lunettes sur une table de chevet.

Il se trouvait dans une grande chambre grise et lumineuse meublée sommairement avec un bureau, deux bibliothèques vides, un fauteuil vert qui semblait assez vieux, une petite table et une chaise, un grand lit à baldaquin aux draps bleus où il était assis et une table de chevet.

Il remarqua également deux portes, une à droite, en bois sombre avec une poignée ronde et une autre à gauche, simple, blanche et à côté des bibliothèques. Une fenêtre sans rideaux se trouvait en face de lui et le Survivant remarqua qu'elle n'avait pas de barreaux, au contraire de chez sa tante. Peut-être n'était-il pas tombé dans un endroit hostile ?

Harry décida ensuite de se lever.

Il avait quelques courbatures et dut s'appuyer sur son bras gauche pour sortir du lit, ce qui lui fit immédiatement remarquer qu'il était bandé.

« Qu'est-ce que… » commença-t-il d'une voix inquiète.

Toujours assis dans le grand lit, il commença à enlever les bandages, ne ressentant aucune douleur particulière et remarqua qu'ils étaient tâchés d'un liquide bleu mélangé à un autre, rouge.

Puis, avec horreur, le Survivant vit la marque de brûlure sur le bas de son épaule. Il enleva rapidement le reste des bandages, découvrit que la cicatrice faisait tout le tour de son bras et s'étendait jusqu'au milieu de son avant bras. Fébrile, il passa avec précaution son autre main sur celle-ci, sentant son aspect rugueux sous ses doigts alors que sa mémoire lui revenait doucement.

Harry se souvenait avoir été touché par un sort alors qu'il courait avec son cousin, essayant tous deux d'échapper à...

À quoi avaient-ils voulu échappé d'ailleurs ? L'adolescent ne s'en rappelait pas.

Jetant un dernier coup d'œil à son bras, il se leva alors, de plus en plus nerveux. Ses pieds nus rencontrèrent le parquet froid et sombre de la chambre tandis qu'il vit vaguement le paysage qui se dessinait à la fenêtre. Celle-ci était tout en longueur, un peu large, et un petit rebord permettait de s'asseoir devant et de regarder dehors.

Il marcha jusqu'à elle d'un pas incertain et observa la vue. La maison dans laquelle il se trouvait était sur une colline, à côté d'un village qu'il ne connaissait pas. Il distinguait au loin le cloché d'une petite église cachée par des maisons et une autre colline en face, puis d'autres, car le village en contrebat en était entouré.

« Où suis-je ? » pensa-t-il devant ce paysage inconnu.

Une chose était sûre, il n'était pas à Poudlard…

Harry resta quelques minutes à la fenêtre et constata que le soleil se coucherait bientôt, ce qui voulait dire qu'il avait dormi presque une journée entière.

Il jeta ensuite un coup d'œil à son bras gauche, grimaça une deuxième fois et fit le tour de la chambre. Les deux grandes bibliothèques à gauche de la fenêtre étaient légèrement poussiéreuses et aucun livre ne s'y trouvait, même sur les plus hauts rayons, ce que le Survivant trouva drôle. Hermione, elle, en aurait été outrée.

Il sourit tristement en pensant à son amie et continua son exploration, bien décidé à savoir où il était.

L'adolescent passa derrière le fauteuil vert et se dirigea vers la porte blanche, la plus proche de la fenêtre. Une fois devant elle, il abaissa la poignée avec une certaine appréhension mais fut vite déçu lorsqu'il découvrit une salle de bain.

Tout comme la chambre, elle était assez lumineuse grâce au carrelage blanc sur la moitié du mur, le reste étant du papier peint jaune délavé. Il y avait une cabine de douche, une vieille baignoire grise à moitié cassée à l'angle du mur et entre celles-ci, une petite fenêtre teintée. Il y avait également un petit meuble vide et un porte-serviette accroché au mur ainsi que des toilettes et un lavabo.

Puis, après avoir jeté un coup d'œil à la fenêtre qui donnait sur un petit bois, Harry quitta la salle de bain et retourna dans la chambre.

L'endroit ne lui disait vraiment rien.

D'un pas rapide, il se dirigea vers l'autre porte. Il mit sa main sur la poignée ronde et la tourna dans un sens, puis dans un autre. Mais elle ne s'ouvrit pas.

Obstiné, l'adolescent tourna, retourna, poussa et tira sur la poignée mais rien n'y fit, la porte restait résolument close, car il était tout simplement enfermé.

Harry recula alors, fixant la porte avec crainte.

« D'accord, pas de panique. » dit-il pour se rassurer.

Ce n'était pas grand-chose, il avait souvent été enfermé chez son oncle et sa tante sans pouvoir sortir de sa chambre, parfois pendant plusieurs jours.

Cependant, cette fois-ci, l'adolescent se doutait que la situation était différente, l'endroit tout autant. Il ne savait pas où il se trouvait, ne se souvenait pas ce qui lui était arrivé et pour couronner le tout, commençait vraiment à avoir peur.

Harry fit le tour de la pièce du regard, attentif au moindre détail. Tout d'abord, elle semblait assez vieille avec le papier peint gris quelque peu délavé et se décollant à quelques endroits du mur, tout comme les meubles qui ne devaient pas datés d'hier. Et le lit à baldaquin, les bibliothèques, le fauteuil et le bureau paraissaient tout droit sortis d'une autre époque malgré leur aspect bien conservé. L'adolescent remarqua également un vieux lustre en métal noir en forme de petit chandelier lorsqu'il leva la tête.

Il se trouvait donc sûrement dans une vieille maison, sur une colline et à côté d'un village inconnu.

« Ça me fait une belle jambe… » grimaça-t-il en ne remarquant pas son utilisation d'une expression Moldue.

Après tout Harry Potter n'avait pas été élevé dans le monde des sorciers.

Dans l'immédiat il devait trouver une issue. Il n'était pas au rez-de-chaussée, il ne pouvait donc pas s'enfuir par la fenêtre, mais peut-être pouvait-il obtenir de l'aide de l'extérieur ?

Il se dirigea donc vers celle-ci. Elle s'ouvrait en coulissant vers le haut et l'adolescent eut du mal à l'ouvrir mais il y parvint tout de même en forçant un peu. Il la fit ensuite doucement glisser, rencontrant une certaine résistance. La fenêtre se bloquait un peu près tous les dix centimètres et le Survivant était conscient du bruit qu'il faisait pour l'ouvrir mais continua quand même.

Puis, lorsque la fenêtre eut coulissé sur environ un quart de sa hauteur, elle s'immobilisa.

L'adolescent y mit toute sa force, essaya à plusieurs endroits ; au milieu, sur les côtés, tenta de la tirer vers lui et de la pousser, de la secouer, mais elle ne bougea pas d'un millimètre.

Il recula alors en haletant, frustré, avant de donner un coup de poing dedans. Encore une fois la vielle fenêtre ne remua pas d'un pouce, ce qui intrigua le sorcier. Il n'y avait pas mis toute sa force mais un coup pareil aurait dû la faire trembler.

« Peut-être que quelqu'un a placé un sort ? » pensa-t-il avant d'approcher sa main vers l'ouverture où, il en était sûr, son corps ne pouvait même pas passer.

Ses doigts ne rencontrèrent d'abord que le vide mais lorsqu'il effleura quelque chose d'invisible, il recula brusquement. C'était comme si il venait de toucher un métal brûlant. Heureusement, la douleur disparue aussitôt et le garçon put constater avec soulagement qu'il n'avait aucune marque de brûlure. Une seule, c'était déjà bien.

Puis Harry pensa qu'il y avait une deuxième fenêtre dans la salle de bain et bien qu'elle devait être protégée par le même sortilège, il voulut tout de même essayer.

Il courut presque vers la porte blanche, l'ouvrit sans douceur et se dirigea vers la petite fenêtre. Il remarqua cependant avec dépit qu'elle n'avait même pas de poignée pour l'ouvrir, elle avait en effet été enlevée.

Affligé, il retourna alors dans la chambre à pas lent et s'assit, ou plutôt se laissa tomber sur le lit.

L'adolescent devait se faire une raison, il était prisonnier. Mais de qui ? Et où s'était-il encore fourré ?...

Le Survivant se roula en boule sur le lit, légèrement angoissé.

Qui pouvait le retenir prisonnier dans une chambre ? Peut-être était-ce un coup de Dobby ? Ou bien son oncle et sa tantequi l'avaient envoyé dans un pensionnat ? Mais il rejeta immédiatement cette idée en pensant au sortilège sur la fenêtre. Ou peut-être était-ce Dumbledore ? … mais dans ce cas-là, pourquoi ne se souvenait-il pas de ce qui lui était arrivé avant ? Et pourquoi avait-il une énorme bosse derrière la tête ?…

Toutes ses questions sans réponse lui firent monter la peur au ventre. « Tout va bien, il suffit de me souvenir comment je suis arrivé ici. »

Il ferma les yeux, sa tête ne lui faisant presque plus mal et tenta encore une fois de se rappeler ce qui lui était arrivé avant d'atterrir dans cette chambre.

D'abord, il ne vit que le noir - et évidemment puisque ses yeux étaient fermés. Il avait beau se vider l'esprit, tourner et se retourner dans le lit, rien ne lui revenait. Frustré, il lâcha un long soupir puis se concentra sur sa respiration afin de se calmer.

Encore une fois, rien ne lui vint à l'esprit.

Il se mit à compter le nombre de fois qu'il respirait et inspirait… en vain. Quelques minutes passèrent, puis d'autre alors que le Survivant tentait résolument de se souvenir.

Alors, lentement, des bribes lui revinrent en mémoire. Ce ne fut d'abord que des paroles, des visions abstraites comme des couleurs ou des bruits puis des sentiments, des émotions… ce qui rappela au Survivant qu'il s'était énervé contre son cousin, même si il ne saurait dire pourquoi.

Mais il tenait quelque chose !

L'adolescent se concentra donc en premier sur les sentiments. Il avait ressenti de la colère envers son cousin, de la satisfaction lorsqu'il avait énervé Dudley en se moquant de son surnom ''Big D'' et peut-être de la peur lorsque la ruelle s'était plongée dans l'obscurité... oui, il avait sans aucun doute eu peur. En temps normal, le noir ne le dérangeait pas grâce ou à cause de son enfance passée dans un placard sombre, mais la situation avait été différente. Le noir s'était fait d'un coup, comme si toute la lumière avait disparue et la chaleur avec elle, comme si toutes vies avaient brutalement cessé d'exister.

Il pensa alors avec effroi : « Des Détraqueurs ? » Mais il sut que ce n'était pas ça. Et puis, qu'est-ce que des Détraqueurs viendraient faire à Little Whinging ? C'était insensé.

« Enfin, pas plus que de trouver un basilic géant à Poudlard et de le tuer avec une épée magique... » pensa-t-il vaguement.

Et tandis qu'il songeait au monstre et à Tom Jédusor, Harry sentit avec horreur ses souvenirs lui échapper. Il tenta de se concentrer à nouveau en vidant son esprit mais il sut qu'il n'y arriverait plus.

Agacé, il rouvrit alors les yeux et fixa les rideaux bleus délavés du lit. Sa mémoire n'était toujours pas revenue entièrement, mais c'était un début. Il pouvait sans doute déduire qu'il avait été attaqué par quelqu'un ou quelque chose de magique avant d'atterrir ici.

« Tout sauf Voldemort... » pria-t-il en revoyant le terrible mage noir dans le cimetière.

À cette pensée, il se souvint soudainement de la cause de sa dispute avec son cousin ; ses cauchemars. En effet, la nuit précédant l'altercation, il avait rêvé de la mort de Cédric et par extension de la résurrection du Seigneur des Ténèbres. Dudley avait dû l'entendre et s'était donc moqué de lui. Le Survivant n'en était pas à cent pour cent sûr mais l'explication tenait debout.

Au passage, il trouva étrange de s'en être souvenu comme ça mais ne creusa pas plus loin.

Et, tandis qu'il remarquait la baisse de lumière dans la pièce due au soleil qui se couchait, l'adolescent se releva brusquement.

Il avait entendu quelque chose...

Ou bien était-ce son imagination ?

Maintenant debout, il parcouru la pièce du regard en tendant l'oreille. Il était sûr d'avoir entendu quelque chose, il n'était pas fou !

Quelques secondes passèrent sans que rien ne se passe puis il entendit de nouveau un bruit, différent de l'autre mais bien réel. Il se dirigea alors vers celui-ci, c'est à dire vers la porte.

Une fois devant elle cependant, il crut avoir rêvé jusqu'à ce que la poignée se mette doucement à tourner.

Il recula, souhaitant mettre de la distance avec celui ou celle qui franchirait le seuil de la porte, curieux mais en même temps effrayé. Après tout, il avait été soigné et ne s'était pas retrouvé dans une sorte de prison humide et froide, il n'avait peut-être aucune raison d'avoir peur...

Enfin, la porte s'ouvrit après ce qui sembla au Survivant de très longues secondes et sa pensée fut brusquement réfutée. Terrifié, il recula jusqu'à buter sur le bois du lit tandis que le Mangemort semblait le regarder à travers son masque.

Car l'homme qui se tenait devant lui était bel et bien un Mangemort.

Harry Potter n'aurait pas pu tomber pire...

Et soudain, alors que le mage noir refermait d'un coup de baguette la porte, l'adolescent se souvint.

Son cousin et lui avaient été attaqué par des Mangemorts, il avait reçu le sort du Doloris par l'un d'eux tandis que l'autre avait tué son cousin. Puis le Survivant s'était redressé et avait tenté d'affronté les sorciers, sans succès. L'un avait évoqué Cédric, ce qui avait provoqué la colère de l'adolescent et il avait bêtement attaqué, sachant qu'il n'avait aucune chance face à deux Mangemorts.

« Harry Potter. »

La soudaine prise de parole du mage noir fit sursauter le Survivant. Était-ce l'un des hommes qui l'avaient attaqués ?

« Ton nom est une légende. » dit celui-ci en ôtant son masque d'un coup de baguette, lui dévoilant un visage inconnu.

Il avait l'air d'avoir environ trente-cinq ans et son visage était tout à fait banal. Son front était large et légèrement ridé, ses yeux étaient sombres, ses joues droites et son menton carré était proprement rasé. Il avait des cheveux châtains et courts et affichait une expression totalement neutre.

L'adolescent ne trouva rien à répondre.

« J'imagine que tu dois te demander où tu es. »

La bouche trop sèche pour parler, il se contenta d'acquiescer d'un hochement de tête. Harry n'était cependant pas sûr de vouloir le savoir.

« Le Seigneur des Ténèbres en personne a tenu à ce que tu sois dans cette chambre. » reprit le Mangemort en observant le garçon.

L'adolescent haleta. Voldemort ?...

« Et tu te trouves actuellement au manoir de la famille Jédusor, à Little Hangleton. » continua le sorcier d'une voix tranquille.

L'adolescent sentit son cœur rater un battement tandis qu'il réalisait : Tom Jédusor, Little Hangleton... c'était le village où se situait le cimetière...

« Des sortilèges ont été mis en place afin que toutes tentatives de fuites soient inutiles. » continua ensuite le Mangemort.

Mais Harry n'écoutait plus.

Un sentiment de panique montait en lui et il dut serrer les poings afin de se contrôler.

Comment était-ce possible ? Comment avait-il pu se retrouver dans les griffes de Voldemort ?! Dumbledore n'était-il pas lui-même garant de sa sécurité ? Et Voldemort, que lui voulait-il ?!

Il ne comprenait rien et cela lui faisait peur.

Les images du cimetière lui revenaient en tête et il avait l'impression que sa cicatrice le brûlait à nouveau.

Pourquoi était-il dans cette chambre, pourquoi n'était-il pas mort ? Et pourquoi avait-il été soigné ?! Harry avait beau se creuser la tête sous le regard dédaigneux du Mangemort, rien ne justifiait ces faits...

« Pourquoi… » dit-t-il d'une voix blanche avant de reprendre plus fort. « Pourquoi suis-je ici ? »

« Ordre du Seigneur des Ténèbres. » répondit le Mangemort comme si c'était une évidence.

Harry serra plus fort ses poings tremblants. Quel était le but de Voldemort en le faisant prisonnier ici ? Voulait-il le torturer, lui arracher des informations ?...

« A-t-il dit pourquoi ? » demanda l'adolescent d'une voix sèche.

Le mage noir le toisa rapidement de haut en bas avant de répondre froidement :

« Tu le sauras bien assez vite. »

Sous le regard angoissé du Survivant, le Mangemort fit ensuite le tour de la chambre et s'attarda à la fenêtre. Il remua sa baguette devant celle-ci puis retourna à l'entrée de la pièce alors que rien ne s'était passé.

« Un elfe de maison va t'apporter de quoi manger. » lâcha le sorcier lorsqu'il arriva devant la porte.

Il plongea ensuite son regard glacé dans celui du Survivant qui n'avait pas bougé, trop intimidé par le mage noir.

« Ne tente même pas de lui soutirer la moindre information. » le menaça-t-il alors. « Et n'essaye même pas de le convaincre de t'aider, tu en paieras le prix fort, et lui aussi. »

Puis, il disparut dans l'encadrement de la porte et Harry entendit la serrure tourner.

Il fallut alors quelques minutes à l'adolescent avant de réaliser ce qui venait de se passer.

Un endroit inconnu, des sortilèges, un mage noir, Tom Jédusor... et pour conclure, il était prisonnier dans un manoir sans doute infesté de Mangemorts, sur ordre de Voldemort en personne.

C'était une catastrophe.

L'adolescent bondit alors du lit, cherchant n'importe quel objet qui l'aiderait à s'enfuir.

Il regarda d'abord sous le lit et n'y trouva qu'une fine couche de poussière, ouvrit ensuite les tiroirs du bureau pour n'y trouver qu'un vieux carnet vierge ainsi que quelques crayons de papiers usés, inspecta chaque étagère des deux bibliothèques et se dirigea vers la salle de bain, fouillant dans chaque recoin de la petite pièce.

Il ne savait même pas ce qu'il cherchait, il cherchait c'est tout.

Ne trouvant rien, le Survivant tenta d'ouvrir la petite fenêtre en s'aidant des rebords de celle-ci même s'il savait que cela ne servirait à rien. Il essaya sur chaque coté, ses doigts tirant avec une énergie désespérée tandis qu'il commençait lentement à paniquer. Il devait trouver un moyen de sortir d'ici, et vite... !

Il s'aida se tout son corps, força sur la petite fenêtre, s'arrêta quelques secondes et recommença encore et encore.

Malheureusement, ses efforts furent vain et il se mit vraiment à paniquer.

« Pourquoi suis-je enfermé ici ? » pensa-t-il alors en reculant jusqu'à ce que son dos ne rencontre le mur. « Voldemort va-t-il me tuer ? Mais dans ce cas, pourquoi suis-je encore en vie ?... »

Harry plaqua machinalement sa main contre sa bouche.

« Que vais-je devenir… ? » Il se laissa tomber, se retrouvant assis contre le carrelage froid de la salle de bain et prit sa tête dans ses mains. « Ils ont tué Dudley, Voldemort attend peut-être le bon moment pour me tuer aussi ! Et s'il voulait me soutirer des informations sur Poudlard ? »

Son visage se teinta aussitôt d'effroi. « Et s'il me torture ?! »

Ses mains se mirent à trembler...

« Non, non non... c'est un cauchemar... ! »

...puis tout son corps suivit.

« Pourrais-je un jour revoir mes amis ? Pourrais-je un jour retourner à Poudlard ? » Son cœur battait affreusement vite dans sa poitrine, il semblait vouloir exploser. « Dumbledore viendra-t-il me sauver ? »

L'idée le rassura légèrement, jusqu'à ce qu'il pense : « Mais comment me trouvera-t-il ? Et comment ferra-t-il pour combattre Voldemort ?! … »

Sa gorge le brûlait et il semblait manquer d'air.

« Non... »

Tremblant, il se mordit la lèvre dans un geste machinal. « Calme-toi… Dumbledore va vite s'apercevoir que j'ai été enlevé, c'est Dumbledore ! Il trouvera un moyen… » Du sang se répandit alors dans sa bouche et il sera les poings. « Et Sirius, lorsqu'il apprendra que je ne suis plus là... »

Harry pensa alors à son parrain tandis qu'il essayait de se calmer.

« Oui, je n'ai rien à craindre… Il y a Sirius, et Dumbledore ! Et Molly Weasley, et Arthur ! »

Il tenta de se convaincre lui-même et au bout de cinq minutes, il avait relevé la tête et fixait un point invisible sur le mur.

Il ne devait pas douter du directeur de Poudlard, ni d'aucun adulte qui l'aimait. Et il y avait son parrain ! Aucun ne l'abandonnerait, il en était certain.

Harry se releva alors et quitta la salle de bain d'un pas résolu, se maudissant intérieurement.

Il n'avait rien à craindre, quelqu'un viendra le tirer de là, comment avait-il pu en douter ? Il était certes dans le repère de Voldemort mais il lui avait déjà fait face, deux fois ! Pourquoi ne pourrait-il pas le faire une troisième ? Il s'adossa alors à la fenêtre et observa vaguement le paysage qui se dévoilait devant ses yeux.

La seule chose qu'il devait à présent faire était de rester fort et d'attendre.


C'est la fin du deuxième chapitre !

J'espère qu'il n'aura pas été trop long, je tenais vraiment à mettre en place le cadre et à parler des sentiments de Harry, c'est pas tous les jours qu'il se retrouve chez Voldemort. Il passera un certain temps dans cette chambre, certains éléments cités dans ce chapitre serviront pour plus tard et la dernière pensée de notre Survivant national va vite être oubliée.

Pour ce qui est de la perte de mémoire de notre Survivant j'ai pensé que ça serait assez logique après le choc qu'il a eu à la fin du premier chapitre mais ça n'a aucune répercussion sur la suite.

En tout cas merci d'avoir lu et on se retrouve samedi prochain pour la suite :)