Hello !
Tout d'abord merci à tous pour vos reviews (10 en deux chapitres c'est pas mal non ?) merci également à ceux qui ont mis l'histoire dans leur favoris et à tout ceux qui suivent la fiction ! 9000 mots et quelques pour ce chapitre, un record... normal vous me direz vu qu'il n'y a pour l'instant que trois chapitres haha.
Sans plus tarder, voici voilà le chapitre 3... Bonne lecture !
Chapitre 3 : Captif
Harry n'avait pas réussi à s'endormir avant l'aube.
Il était pourtant exténué, mais après les événements des jours précédents ses pensées formaient un gigantesque et chaotique capharnaüm et lui refusaient toutes tentatives de se reposer. L'adolescent avait d'ailleurs essayé plusieurs méthodes comme se concentrer sur sa respiration, compter plusieurs fois jusqu'à mille, penser à quelque chose de relaxant comme de l'eau qui coule ou un feu qui crépite dans la cheminée... en vain. Il avait juste soudainement eu chaud et envie d'aller aux toilettes.
Alors, peu avant l'aube et tandis que les bras de Morphée l'accueillaient enfin, l'adolescent ferma les yeux.
Il allait pouvoir dormir…
Malheureusement son répit fut de courte durée car à peine quelques minutes plus tard, un bruit inconnu le réveilla.
Le Survivant ouvrit difficilement les yeux, réfléchissant à la provenance du bruit sans pour autant se relever. « Peut-être était-ce dehors... » pensa-t-il vaguement. Il attendit quelques minutes, à l'affût du moindre son, jusqu'à ce qu'il trouve sa provenance.
Il n'eut même pas besoin de se creuser la tête pour savoir d'où provenait le bruit en question : c'était la poignée de la porte qui tournait.
Harry se releva alors d'un coup, tout à coup parfaitement réveillé... ou plutôt essaya car il n'y parvint pas.
« Que se passe-t-il ?! » pensa le Survivant avec horreur. Il ne pouvait bouger d'un pouce, comme s'il était attaché au lit par des liens invisibles… !
Était-ce le Mangemort de la veille qui revenait et qui lui avait lancé un sort ?
Était-ce Voldemort ?!
Il vit du coin de l'œil la porte s'ouvrir avec lenteur et se refermer aussitôt, laissant le temps à une ombre de se faufiler silencieusement dans la pièce.
Ce n'était pas humain…
Un froid mordant s'abattit alors sur la chambre tandis que la luminosité chutait progressivement et l'adolescent, qui n'arrivait toujours pas à se dégager, retint son souffle.
« Qu'est-ce que c'est ? … »
Son corps se mit à trembler bien malgré lui et il vit l'ombre s'avancer doucement en sa direction, à pas de loup et avec un sourire carnassier.
Elle fit le tour du lit, toujours silencieuse et se posta au chevet du garçon terrifié. Ses yeux rouges se plongèrent dans ceux de l'adolescent qui était maintenant comme hypnotisé. Ces yeux-là étaient dépourvus de toute chaleur, de toute compassion et brillaient de folie. Le Survivant tenta de se soustraire à eux mais il semblait happé par cette couleur rouge sang qui se rapprochait de plus en plus de lui.
Et, soudain, l'ombre susurra d'une voix mielleuse :
« Harry... »
Le concerné frissonna de terreur. Il n'avait encore jamais vu une chose pareille... l'ombre était faite tout de noir et ne semblait pas avoir de corps. Seuls ses yeux et son sourire monstrueux étaient visibles dans l'amas de matière sinistre qu'elle formait.
« Harry Potter... » continua la voix, triomphante.
Il tenta à nouveau de se soustraire de son emprise mais c'était impossible, l'ombre le contrôlait entièrement. Il n'était même pas capable de fermer les yeux tant son emprise était forte.
Puis, l'ombre se pencha jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres du visage de l'adolescent et fit un sourire carnassier avant de siffler :
« Avada Kedavra ! »
C'est alors que le Survivant se réveilla en ouvrant brusquement les yeux.
Que venait-il de se passer ?...
Il fit vaguement le tour de la pièce du regard et soupira.
Encore un cauchemar... ce n'était d'ailleurs pas surprenant.
Lasse, il entreprit de remettre de l'ordre dans ses pensées. Il se souvint d'abord de son moment de faiblesse la veille et se maudit intérieurement. Puis il se rappela avoir effectivement eu du mal à s'endormir jusqu'à ce qu'il soit enfin délivré peu avant que le jour ne se lève. Cependant, lorsqu'il remarqua la lumière encore faible de la pièce, il se dit qu'il n'avait pas dormi très longtemps.
Le Survivant resta donc couché et les yeux grands ouverts tandis que la réalité le percutait de plein fouet : il était prisonnier dans le manoir de Voldemort, Dudley était mort par sa faute et personne ne devait être au courant de sa disparition sauf peut-être son oncle et sa tante qui devait désormais le haïr... enfin encore plus qu'avant.
Une immense tristesse s'abattit sur lui lorsqu'il pensa qu'il ne reverrait probablement pas ses amis et il dut se mordre à sang la lèvre pour ne pas se mettre à trembler. Le Survivant devait se montrer fort et ne pas douter sur le fait que quelqu'un viendrait le sauver.
Lâchant un dernier et profond soupir, il se leva et parcouru la chambre du regard, s'attardant sur le plateau de nourriture qu'il avait renversé la veille.
Après être revenu dans la chambre, il avait en effet constaté la présence d'un elfe de maison qui semblait patiemment l'attendre dans un coin. Harry lui avait demandé son nom, il n'avait rien répondu. Il lui avait demandé ce qu'il faisait là, en vain. L'elfe avait alors claqué des doigts en direction de la petite table et un plateau contenant son repas était apparu avec un morceau de pain, ce qui semblait être du ragoût et un verre d'eau.
L'adolescent avait à nouveau tenté de parler à l'elfe mais il s'était éclipsé sans demander son reste. Dans un excès de fureur - et surtout d'impuissance, Harry avait donc renversé le plateau et à défaut de se sentir mieux avait au moins pu exprimer sa colère.
À présent, l'adolescent se sentait un peu honteux de s'être comporté ainsi, gâcher la nourriture était vraiment impensable pour lui... il avait trop souffert de la faim dans son enfance pour se permettre un tel geste.
Il détourna alors le regard et alla s'asseoir sur le rebord de la fenêtre pour observer le paysage, ne sachant pas quoi faire d'autre.
Le Survivant se rappela les paroles du Mangemort la veille et reconnu effectivement le village. Comment avait-il pu ne pas le reconnaître ? Il y avait à peine quelques mois, il s'était retrouvé dans le cimetière qu'il devinait derrière la petite église et avait vu le manoir dans lequel il se trouvait actuellement ainsi que les collines qui entouraient le village.
Sur le moment, il avait qualifié l'édifice de ''belle maison'' sans avoir conscience évidemment que le manoir appartenait à la famille Jédusor, jusqu'à ce que Voldemort lui dise… car maintenant qu'il savait cela, il n'éprouvait pour la grande maison qu'un profond dégoût.
Soudain, un ''pop'' se fit entendre et tira l'adolescent de ses pensées.
Le Survivant détourna son regard de la fenêtre et le posa sur l'elfe de maison qui venait d'apparaître dans la chambre. Il déposa des vêtements après avoir refait le lit en claquant des doigts et resta muet, même lorsqu'il remarqua la nourriture au sol et d'un autre claquement de doigt, fit tout disparaître.
Harry se alors leva du rebord de la fenêtre et s'avança doucement vers lui en se raclant la gorge afin de signaler sa présence, ce qui fit sursauter l'elfe.
Le garçon et la créature magique s'observèrent en silence pendant quelques secondes, l'adolescent ne sachant par quoi commencer. Il eut donc le loisir de détailler l'elfe de maison, qui ne ressemblait en rien à Dobby ; il était courbé, habillé de chiffons noirs et semblait assez vieux. Ses oreilles étaient plus grandes et ses yeux d'un noir profond le fixaient avec méfiance.
« Je... je suis désolé pour le plateau. » lança enfin le Survivant.
L'elfe de maison ne répondit pas. Il se contenta simplement de regarder le sorcier qui se tenait devant lui comme s'il était une créature potentiellement dangereuse.
« Comment vous appelez-vous ? » demanda l'adolescent avec un petit sourire.
Il n'eut encore une fois pas de réponse.
« Je ne vais pas vous manger vous savez… » eut bon de préciser Harry.
L'elfe de maison sembla hésiter pendant quelques secondes puis répondit doucement en fixant le sol :
« Mon nom est Sam. Sam sert la famille du Maître depuis plusieurs générations. »
La voix de l'elfe était grave et semblait hésitante.
« C'est un plaisir de vous rencontrer Sam. » dit alors l'adolescent en se penchant pour serrer la main de l'elfe.
Celui-ci recula, apeuré. Le Survivant pensa que comme Dobby, cette elfe de maison ne devait sans doute pas être bien traité à la façon dont il échappait au moindre contact et répondait en baissant les yeux...
Puis, l'adolescent voulut se présenter à son tour mais l'elfe fut plus rapide :
« Sam sait qui vous êtes. » dit celui-ci. « Harry Potter est l'ennemi du Maître de Sam. Sam le sait, le Maître lui a dit. »
Harry ne put qu'acquiescer.
« Mais je ne vous veux aucun mal. » assura-t-il.
L'elfe l'examina d'un regard peu convaincu puis demanda :
« Sam doit-il vous préparer à manger ? »
En jetant un coup d'œil où la nourriture s'était renversé la veille, Harry répondit aussitôt d'un air coupable :
« Non ça ira, merci. Je... je n'ai pas très faim. »
De toute façon, il avait l'habitude de ne pas manger ou du moins très peu lorsqu'il était chez les Dursley. Et puis on ne savait jamais, la nourriture était peut-être empoisonnée.
Sam disparu donc dans un autre ''poc'' sans plus de cérémonie, laissant l'adolescent seul.
L'elfe n'était même pas resté deux minutes...
Harry soupira puis se dirigea vers le lit où Sam avait laissé des vêtements. Il y avait un pantalon noir et une chemise toute simple, blanche, légère et tous deux semblaient à sa taille. Avec une cravate couleur rouge et or, le tout aurait très bien pu ressembler à l'uniforme de Poudlard, sans la robe noire bien sûr. Il y avait également des sous-vêtements ; une paire de chaussettes noires et un caleçon gris. Le Survivant rougit un peu à l'idée que quelqu'un devait sûrement avoir acheté tout ça pour lui, dont le caleçon... à moins que l'elfe de maison ne s'en soit chargé, ce qui était tout de même gênant.
Harry pensa alors à la première fois qu'il avait eu des vêtements à sa taille.
Après avoir reçu sa lettre pour l'école de magie, Hagrid l'avait accompagné sur le Chemin de Traverse afin d'acheter le matériel scolaire et d'autres choses que la liste de fournitures exigeait. Il était donc rentré dans un magasin et avait acheté trois robes de travail noires, ses premiers habits rien qu'à lui. Puis il avait acheté un chapeau pointu, une paire de gants et une cape pour l'hiver - avec attaches en argent s'il vous plaît. Il avait alors onze ans... et jusqu'à ses quatorze ans, sa vie avait été plutôt agréable si l'on ne pensait pas au troll dans les toilettes qui avait failli tuer Hermione, à Touffu le chien à trois têtes de Hagrid qui gardait la pierre philosophale, au professeur Quirrel qui avait été l'hôte de Voldemort, au basilic, aux Détraqueurs pendant sa troisième année et à Remus qui l'avait attaqué sous sa forme de loup-garou...
C'était sans doute les meilleures années de sa vie.
Car après le Tournois des Trois Sorciers, tout avait basculé. Tout cela à cause de Voldemort.
Et voilà que, quelques mois après sa résurrection Harry se retrouvait chez lui, vivant, ce que le garçon trouvait insensé. Après tout, le mage noir - qui jusque-là avait voulu le tuer, lui offrait gîte et couverts ; il avait certainement dû se passer quelque chose pour que Voldemort n'ait plus envie de le tuer. Ou peut-être voulait-il des informations ?... Ce que le garçon, en réfléchissant bien, ne possédait pas.
Il y avait donc autre chose derrière tout ça. Peut-être un rite satanique à accomplir les nuits de pleines lunes afin de devenir plus puissant, Harry servant d'offrande aux dieux... ou peut-être que Voldemort s'était soudainement prit d'affection pour lui ?
Celui-ci ricana faiblement à cette idée.
Puis, bâillant à s'en décrocher la mâchoire, Harry laissa ses pensées sans queue ni tête de côté et retourna s'asseoir à la fenêtre.
À peine après avoir appuyé sa tête contre la vitre, il sombra dans un sommeil sans rêve.
Lorsqu'il se réveilla, le soleil était haut dans le ciel, il devait être aux alentours de midi. L'adolescent n'avait dormi que quelques heures mais il se sentait d'ores et déjà beaucoup moins fatigué. Il resta à la fenêtre encore quelques minutes, clignant des yeux pour s'adapter à la luminosité puis se leva en s'étirant. Le rebord de la fenêtre n'était peut-être pas le meilleur endroit pour faire une sieste... son dos l'élançait désagréablement, ainsi que ses jambes qu'il avait dû plier, le rebord étant trop petit pour lui.
Le Survivant remarqua ensuite qu'un nouveau plateau avait été placé sur la table. L'elfe de maison avait sûrement profité du sommeil du garçon pour lui apporter le repas et s'éclipser sans un mot. Néanmoins, Harry ne s'en formalisa pas ; il ne s'attendait pas à ce que l'elfe - en l'occurrence servant Voldemort, lui fasse la conversation.
Harry vit ensuite que le déjeuner se constituait de petits sandwichs avec de la salade et du jambon accompagné d'un grand verre de jus de citrouille glacé. Le tout avait l'air assez appétissant mais malgré cela, l'adolescent n'y toucha pas. Il n'avait vraiment pas faim et n'avait aucune intention de manger une nourriture inconnue. Elle pouvait contenir du poison - même si le garçon n'en était pas vraiment certain, ou quelque chose d'autre qui pourrait faire pire que le tuer... comme le rendre accroc à une drogue pour que Voldemort puisse mieux le manipuler ou... le rendre cinglé et l'échanger à Dumbledore contre quelque chose d'autre ?...
Il fallait bien qu'il émette des hypothèses sur la raison de son emprisonnement ici, même si elles étaient complètement abracadabrantes. Et puis cela l'occupait.
Quoi qu'il en soit il avait décidé de ne pas toucher à la nourriture, qu'il ait faim ou pas.
Puis, ne sachant pas quoi faire pour s'occuper, l'adolescent alla prendre une douche. Il emporta avec lui les vêtements propres qui étaient toujours le lit et se rendit à la salle de bain, essayant de ne pas penser à la veille.
Contrairement au jour de précédent, il y avait deux linges gris sur le porte-serviette mural qui semblaient tous deux propres. Harry les accrocha au-dessus de la cabine puis suspendit les vêtements propres au porte-serviette. Il voulut ensuite fermer à clé par habitude mais remarqua qu'il n'y avait pas de verrou.
« De toute façon, personne ne viendra dans la chambre du ''prisonnier''... » se dit-il en haussant les épaules.
Il se déshabilla ensuite, laissa ses habits par terre, entra dans la douche et ouvrit légèrement le robinet. De l'eau fraîche en sortit, ce qui ravit l'adolescent. Il remarqua également qu'il y avait un petit boitier accroché au mur qui devait contenir du savon et appuya dessus. Un gel blanc coula alors dans ses mains qu'il sentit ensuite, peu sûr de la nature du liquide. Mais à défaut de sentir la rose, son odeur correspondait à celle d'un savon normal et Harry était sûr d'avoir déjà senti cette odeur dans la salle de bain des dortoirs, à Poudlard.
Il prit ensuite le pommeau de douche et frissonna lorsque l'eau trop froide coula sur sa peau. Il faisait peut-être chaud - bien que le manoir ou du moins la chambre où il se trouvait était assez fraîche, mais il n'était jamais très agréable de se laver avec de l'eau glacée. Dans son enfance, le Survivant n'avait presque jamais utilisé d'eau chaude, sa tante Pétunia ne voulant pas qu'il la gaspille, sauf en hiver où il y faisait plus froid. Il n'avait d'ailleurs pas eu le luxe de prendre des douches tous les jours, le lavabo lui servant alors comme seul moyen de faire sa toilette.
Mais pourquoi pensait-il à son enfance ?...
Chassant ces pensées désagréables, l'adolescent tourna alors légèrement le robinet et une eau tiède en sortit.
Il passa alors un temps infini sous le jet d'eau de la douche après s'être sommairement lavé avec le gel douche, faisant attention de ne pas trop en mettre sur son bras et pensant à Dudley qui était mort pour rien puis à Cédric et à Voldemort, à ses amis et à Dumbledore et enfin à ses parents... Veillaient-ils sur lui, là où ils étaient ? Le sorcier en était convaincu, et il devait se montrer fort pour tous ceux qui étaient morts pour lui.
Puis, quelques minutes plus tard et tandis qu'il réchauffait l'eau pour la dixième fois au moins, Harry se décida enfin à sortir. Il attrapa les deux petits linges et se sécha rapidement. Il s'habilla ensuite avec les vêtements propres et laissa les linges mouillés sur le porte-serviette.
L'adolescent retourna ensuite dans la chambre et constata que le plateau de nourriture avait été enlevé. Il pensa distraitement que l'elfe l'évitait comme la peste puis s'arrêta au milieu de la chambre, indécis.
Que pouvait-il faire pour s'occuper ? Il n'avait pas sa chouette avec qui discuter - ce qu'il faisait souvent lorsque son oncle l'enfermait dans sa chambre et qu'il n'avait rien d'autre à faire, pas de sorts à étudier, pas de devoirs, pas de radio pour écouter de la musique... il n'avait même pas de livre. Et bien que l'adolescent n'en était pas friand, il aurait aimé avoir de quoi passer le temps.
Harry se rappela alors qu'il y avait un carnet et quelques vieux crayons de papier dans un des tiroirs du bureau. Il les avait découverts la veille lorsqu'il avait fouillé de fond en comble la chambre.
Il alla donc les chercher et les examina. Le carnet était totalement vierge, ressemblait de par sa reliure brune à un livre et les pages étaient jaunâtres. Les deux crayons eux, étaient complètement sec et Harry n'était même pas sûr qu'ils puissent encore écrire.
L'adolescent se dirigea ensuite vers la fenêtre et s'y adossa. Il ouvrit le carnet, prit un crayon et gribouilla dessus. La mine était dure comme de la pierre et il fallait bien appuyer pour qu'elle marque le papier, mais elle écrivait quand même.
Puis, le Survivant jeta un coup d'œil au paysage et tenta de le reproduire juste avant de s'être dit qu'il ne savait pas dessiner… Tant pis.
Il fit grossièrement la colline puis le village en contrebas, quelques nuages dans le ciel et quelques arbres. Il n'avait cependant pas de gomme et plusieurs traits n'avaient pas lieu d'être sur l'esquisse. Finalement, le travail lui prit presque une heure et à la fin, ses doigts étaient noirs à cause du crayon.
L'adolescent examina ensuite son croquis et sourit tristement.
« On dirait un dessin fait par un enfant de dix ans... » se dit-il en fermant le carnet.
Il se leva ensuite et alla tout ranger en soupirant. L'adolescent ne savait pas quelle heure il était mais il se sentait déjà fatigué et faible, peut-être parce qu'il n'avait rien mangé depuis qu'il était ici et aussi parce qu'il n'avait pas dormi de la nuit, comment aurait-il pu ?...
Il partit ensuite se laver les mains, ce qui lui prit bien dix bonnes minutes. Voyant l'eau couler le Survivant en profita aussi pour boire un peu, l'eau du robinet ne pouvant pas lui faire de mal... enfin il espérait.
Puis, traînant des pieds, il retourna dans la chambre et se laissa tomber sur le lit en se demandant vaguement si l'on pouvait mourir d'ennui.
Il soupira de nouveau, fixa un point invisible sur le mur en face du lit pendant quelques minutes et confirma sa pensée en se tournant sur le côté.
Soudain, un bruit qu'il connaissait retentit dans la chambre silencieuse. L'adolescent se leva précipitamment du lit avant que la porte ne s'ouvre et fasse apparaître le Mangemort de la veille. Celui-ci entra et referma aussitôt la porte.
« Ce n'est pas comme si j'allais me sauver... bien que j'en ai vraiment envie » pensa Harry en l'observant.
Il n'avait, cette fois-ci pas son masque et ne portait pas ses capes noires. Il était simplement habillé avec un pantalon, une chemise et une robe le tout dans un bleu très sombre.
Le mage noir sembla le chercher du regard et lorsqu'il le vit derrière le lit, le garçon le regardant avec curiosité, il s'aventura dans la chambre, baguette en main.
Le Mangemort se dirigea d'abord vers la fenêtre, refit le même geste que la veille puis s'arrêta au milieu de la pièce et agita sa baguette en direction de chaque mur tandis que le Survivant ne bougeait pas d'un pouce. L'homme se rendit ensuite dans la salle de bain et en ressortit quelques secondes plus tard, tout en jetant un coup d'œil dédaigneux à l'adolescent.
Puis il se dirigea vers la porte.
« Qu'avez-vous fait ? » lança alors Harry.
Il se doutait bien sûr que le mage noir avait simplement rafraîchi les sortilèges visant à le garder prisonnier mais il ne voulait pas que le seul être humain qu'il avait vu dans la journée s'en aille sans même avoir dit un mot ! Il avait beaucoup de questions plus importantes que celle-ci mais il fallait bien qu'il commence par quelque chose.
Le Mangemort lui lança un regard agacé et ne répondit pas.
« Attendez ! » s'écria l'adolescent en voyant que le mage noir s'en allait. « Pourquoi suis-je ici et combien de temps vais-je y rester ? Le but de Voldemort n'était-il pas de me tuer ? »
Aussitôt, le mage noir se retourna et siffla d'une voix furieuse :
« Comment oses-tu prononcer ce nom ! »
Harry lâcha un bref soupir. « Même les Mangemorts ont peur de ce nom... » pensa-t-il.
« Le Seigneur des Ténèbres si vous préférez. » rectifia Harry d'un ton sarcastique.
Le mage noir lui lança un regard menaçant mais ne répondit pas. À la place, il changea de sujet :
« L'elfe dit que tu n'as rien mangé. Est-ce vrai ? »
Harry fut surpris. La dernière chose à laquelle il aurait pu penser, c'était bien qu'un Mangemort se souci de de lui. Et puis à quoi rimait cette question ? L'adolescent était capable de s'occuper de lui tout seul, il n'avait pas besoin d'une nounou Mangemort...
Mais cela voulait peut-être dire que Voldemort souhaitait qu'il soit en bonne santé. Après tout, il avait des vêtements propres, de quoi se laver et de quoi manger, une chambre et pas une cellule de prison. « Peut-être s'est-il découvert une nouvelle passion pour les enfants ? » pensa vaguement le Survivant.
« Je n'avais pas très faim… » répondit-il ensuite en observant la réaction du mage noir.
Celui-ci claqua sa langue contre son palais.
« Stupide gamin. »
L'intéressé, furieux, voulut immédiatement répliquer mais le Mangemort était déjà parti. Il se contenta donc de serrer les poings et de grogner un « pour qui se prend-il » avant d'aller s'asseoir à la fenêtre en rageant intérieurement. « Les Mangemorts sont tous pareils, des imbéciles servant un maître encore plus stupide » pensa-t-il, agacé.
« Et de quel droit me dit-il que je suis stupide ? Il ne me connait même pas ! » marmonna ensuite le Survivant en regardant dehors.
Certes, il l'avait un peu provoqué en disant le nom de celui-dont-on-ne-doit-prononcer-le-nom mais ce n'était sûrement pas une raison pour le traiter de ''stupide gamin'', juste parce qu'il n'avait pas mangé ce que l'elfe de maison lui avait apporté. « Et qu'est-ce que ça peut lui faire, de toute façon ? » se dit le Survivant. « C'est mon problème après tout... »
Il passa donc le peu qu'il restait de la journée à ruminer sur le Mangemort, sur sa présence ici et sur Voldemort toujours en étant assis sur le rebord de la fenêtre.
Le soir, Sam vint lui apporter son dîner composé de pâte de viande avec des légumes, d'un verre d'eau et de pudding puis s'éclipsa aussitôt. Harry, quant à lui, faible et quelque peu affamé, consentit à y toucher avec cependant une légère réticence.
Heureusement, la nourriture de l'empoisonna pas, il en mangea un peu afin de rationner son corps en sucres et vitamines puis, exténué, il alla se coucher tôt dans la soirée et eut bien évidemment un mal fou à s'endormir.
Le lendemain, il se réveilla un peu avant le lever du soleil et même s'il n'avait pas fait de cauchemar, il n'avait pas bien dormi non plus...
La même journée se répéta alors, Sam qui vient lui apporter des vêtements propres avec un petit déjeuner, Harry qui ne mange pas ou presque pas, l'elfe qui disparaît sans dire un mot, Harry qui tente de s'améliorer en dessin assis contre la fenêtre, qui reste presque une heure sous la douche, qui ne mange toujours pas quand l'elfe de maison vient lui apporter le repas du midi puis qui se sent légèrement faible l'après-midi et qui fait donc une longue sieste, Harry qui s'ennuie profondément et qui préférerait cent fois être enfermé dans son placard à Little Whinging plutôt qu'ici, Harry qui pense désespérément à ses amis et au directeur de Poudlard qui est peut-être à sa recherche...
La seule innovation de la journée avait été de faire une liste sur les choses à faire quand quelqu'un viendrait le sauver. Il y avait d'ailleurs beaucoup réfléchi et avait écrit chaque chose par ordre chronologique :
1. Remercier le sauveur, peu importe son identité.
2. Contacter ses amis au plus vite.
3. Aller chercher ses affaires, sa malle ainsi que sa chouette chez son oncle et sa tante en leur disant comment leur fils est mort et en s'excusant même si ce n'était, techniquement pas lui qui l'avait tué.
4. Faire disparaître l'énorme cicatrice sur son bras à l'aide de la magie.
5. Aller chez les Weasley et y passer le reste des vacances sur l'accord de Dumbledore.
6. Serrer dans ses bras madame Weasley ainsi que toute la famille s'il le faut.
7. Manger plein de sucreries avec Ron et Hermione qui les aura rejoints.
8. Essayer de dormir.
9. Prendre le Poudlard Express avec ses amis sur la voie 9¾.
10. Retourner à Poudlard et tenter d'oublier son petit séjour chez Voldemort.
11. Réussir ses BUSE.
Il avait aussitôt barré le troisième point, se sentant trop coupable pour faire face à Vernon et Pétunia.
Puis, Sam était revenu le soir et lui avait apporté quelques sandwichs au fromage ainsi que du jus de citrouille, que Harry avait à peine touché.
D'abord parce qu'il n'arrivait toujours pas à manger ce que l'elfe lui apportait à cause de ses hauts le cœur - peut-être faisait-il une allergie à la nourriture du manoir Jédusor, et ensuite parce qu'il ne voulait pas faire ce plaisir au mage noir - il avait complètement arrêté de penser que la nourriture pouvait être empoisonnée.
Et justement, peu après la venue de Sam, le Mangemort dont Harry ne connaissait même pas le nom était revenu et lui avait ordonné de manger le repas que l'elfe lui avait apporté. Le Survivant avait fait mine de ne pas l'entendre et n'avait rien répondu, ce qui avait énervé le mage noir et apporté un peu de satisfaction à l'adolescent. L'homme s'était donc éclipsé après avoir fait le tour de la chambre sous l'indifférence total du ''prisonnier''.
Puis, Harry était allé reprendre une douche mais en était vite sorti lorsque sa tête avait commencé à tourner sous le jet d'eau pourtant tiède. Il s'était ensuite couché et avait tenté de s'endormir rapidement, en vain...
Ainsi, le surlendemain, c'est à dire le quatrième jour qu'il passait ici en comptant le premier où il avait dormi toute la journée et ne s'était réveillé que le soir, le Survivant était exténué et profondément frustré. Il n'en pouvait plus de passer ses journées à la fenêtre, sa seule distraction reposant sur un elfe de maison désespérément muet et sur un Mangemort simple d'esprit ! Il se demandait quand Voldemort se déciderait enfin à venir lui parler - ou le tuer, ce qui abrégerait les souffrances du sorcier, en espérant toujours que quelqu'un viendrait le sauver, même si cette conviction faiblissait à mesure que les jours passaient.
Harry s'était d'ailleurs mit à les compter en écrivant sur le carnet ce qu'il avait fait le premier, deuxième et troisième jour, le tout se résumant au mot ''rien'' écrit rageusement sur chaque bas de page. Il avait aussi essayé de s'améliorer en dessin, ce qui n'avait pas été un franc succès même si ses croquis ne ressemblaient plus à des dessins d'enfants. Et le reste du temps il avait dormi, ou plutôt somnolé, sur le rebord de la fenêtre.
Alors, quand le Survivant se réveilla en fin d'après-midi juste après avoir rêvé qu'il était à Poudlard avec ses amis et qu'ils se faisaient sermonner par McGonagall à cause de leur retard - Hermione étant déjà dans la salle de cours, la réalité le frappa brusquement lorsqu'il promena son regard fatigué dans la chambre.
« Que quelqu'un m'achève... » pensa-t-il en soupirant de lassitude.
Sam arriva ensuite dans un ''poc'', déposant sur la table un plateau composé d'une soupe, d'un morceau de pain, d'un verre d'eau et d'un petit beignet et jeta un coup d'œil à l'adolescent sur le rebord de la fenêtre. Celui-ci regardait toujours dehors, ignorant par habitude l'elfe de maison. Cela devait au moins faire la sixième fois que l'elfe venait et repartait sans un mot, le Survivant n'avait donc pas envie de se fatiguer à essayer de lui parler…
Il fut donc surpris lorsque Sam prit soudain la parole :
« Harry Potter a-t-il faim ? » demanda-t-il timidement.
L'intéressé cessa alors de contempler le paysage qu'il connaissait maintenant par cœur et observa l'elfe de maison. Celui-ci évitait désespérément son regard et se dandinait sur place, gêné. L'adolescent se dit alors que l'elfe n'était pas très bien loti lui non plus, en tant que serviteur de Voldemort…
« Non pas vraiment. » répondit alors Harry en lui faisant un petit sourire triste.
Sam garda le silence pendant quelques secondes, sous l'œil intéressé du Survivant.
« Mais... » reprit-il ensuite. « Harry Potter doit manger... »
Il semblait vouloir en dire plus mais s'arrêta, incertain.
« Je n'ai pas faim Sam merci. » répondit l'adolescent d'une voix fatiguée.
« Harry Potter doit manger ! » répéta l'elfe en s'approchant de la fenêtre. « Sinon... »
Encore une fois il ne finit pas sa phrase, ce qui intrigua le sorcier.
« Sinon ? » l'encouragea-t-il.
Sam semblait vraiment mal à l'aise et le garçon pensa que peu importe ce qu'il s'apprêtait à dire, il n'en avait pas le droit.
« Je ne le répéterai à personne, vous pouvez me le dire Sam. »
L'elfe de maison secoua la tête, complètement perdu. Harry se leva donc du rebord de la fenêtre et marcha doucement vers lui comme s'il tentait d'apprivoiser un petit animal.
« Sam ? » lança-t-il lorsqu'il fut à sa hauteur.
« Le maître ne le sait pas mais ça ne saurait tarder… » commença-t-il alors à voix basse. « Gibbon est furieux... oh oui, furieux... Harry Potter doit manger ! »
Le sorcier ne comprit pas tout de suite.
« Gibbon, le Mangemort qui vient chaque jour ici ? »
« Oui ! » répondit aussitôt l'elfe de maison. « Harry Potter ne doit pas contrarier cet homme, Gibbon-... »
Mais il s'arrêta brusquement de parler lorsque que la porte s'ouvrit et laissa entrer le Mangemort dont il était question. Sam mit aussitôt de la distance entre l'adolescent et lui tandis qu'il regardait craintivement le dit Gibbon s'approcher d'eux.
Quant à Harry, il avait toujours un genou au sol et ne se releva que lorsque le mage noir lui lança un regard suspicieux. Celui-ci rapporta ensuite son attention sur l'elfe de maison qui tremblait à présent de tout son corps.
« Sam, qu'as-tu fait ? » demanda le Mangemort d'une voix dure.
L'elfe sursauta à l'entente de son nom et secoua frénétiquement la tête, tremblant plus si c'était possible.
« Il n'a rien fait. » intervint le Survivant. « Nous étions simplement en train de parler. »
Aussitôt, le mage noir planta son regard glacé dans celui de l'adolescent.
« Il ne me semble pas t'avoir demandé d'intervenir. » cracha le dénommé Gibbon tandis que ses yeux sombres semblaient lancer des éclairs.
L'adolescent serra les poings et s'empêcha de répondre. Il était peut-être un peu stupide mais pas assez pour insulter un Mangemort dans la demeure de vous-savez-qui... même s'il en avait désespérément envie. Harry se contenta donc de défier du regarder le mage noir jusqu'à ce que celui-ci reporte son attention sur l'elfe de maison.
« Sam... » commença-t-il d'une voix tremblante. « Sam disait juste au garçon de manger... Sam ne ferait rien qui ennuierait le maître ! »
L'homme resta silencieux quelques secondes, observant tour à tour l'elfe de maison et le garçon. Harry essayait d'avoir l'air innocent et attendait patiemment que le Mangemort prononce son verdict tandis que Sam semblait sur le point de s'évanouir de peur. L'adolescent savait que le mage noir ne pouvait pas lui faire du mal, du moins le pensait-il, ce qui n'était malheureusement pas le cas pour l'elfe... il devait donc se tenir tranquille.
Et puis, le Mangemort ne semblait pas vraiment être de bonne humeur, contrairement aux autres jours où il s'était montré assez inexpressif... raison de plus pour se taire.
« Toi. » lâcha-t-il enfin d'une voix affreusement basse à l'attention de Sam. « Déguerpis. »
L'elfe de maison ne se fit pas prier. Sans même accorder un dernier regard au Survivant, il s'éclipsa après s'être brièvement incliné devant Gibbon.
« Que lui as-tu dit ? » demanda ensuite le Mangemort à l'adolescent. « Et ne me mens pas gamin, je le saurai. »
L'intéressé tiqua à l'entende du mot ''gamin'' mais ne releva pas. « Et ce n'est pas comme si j'avais l'intention de mentir... » pensa-t-il ensuite. Car après tout, ils n'avaient rien fait de mal, la réaction du mage noir était exagérée !
« Rien du tout. » répondit le jeune sorcier. « Il me demandait si j'avais faim, je lui disais tout simplement que non. »
Gibbon ne paraissait cependant pas convaincu par l'explication du jeune sorcier.
« Je t'avais prévenu Potter… » siffla-t-il avec un regard menaçant.
« Mais nous n'avons rien fait ! » se défendit aussitôt le concerné d'une voix irritée. Je vous ai dit que-… »
Mais il fut coupé par le Mangemort qui fit brusquement un pas vers lui, forçant l'adolescent à reculer. Avoir passé toute son enfance chez les Dursley lui avait fait développé des réflexes.
« Parle autrement gamin. » siffla-t-il en le toisant froidement. « Tu ne sais pas à qui tu as affaire… »
Harry fut piqué au vif.
« Oui, je ne sais pas à qui j'ai affaire pourtant je suis enfermé ici depuis quatre jours ! » répondit-il d'une voix remplie de défi. « Et le pire, c'est que je ne sais même pas pourquoi ! »
L'adolescent sentait lentement la colère monter en lui. Il en avait marre de se taire, il voulait des réponses !
« Calme-toi tout de suite gamin. » ordonna Gibbon en élevant la voix.
« Je ne suis pas un gamin ! » répliqua le Survivant en imitant le mage noir.
L'homme tiqua, furieux que l'adolescent le défie de la sorte. Ses yeux se plissèrent et son visage se teinta de colère tandis qu'il faisait un autre pas en direction du Survivant, le poing serré comme prêt à le frapper.
Mais Harry ne recula pas, il était trop hors de lui pour ça.
« Tu n'as pas l'air de bien saisir gamin. » cracha ensuite le mage noir. « Tu te trouves dans un manoir peuplé de Mangemort, qui abrite le Seigneur des Ténèbres en personne… est-ce vraiment judicieux de provoquer tout ce petit monde ? Es-tu à ce point stupide ? »
L'adolescent sentit la rage bouillonner en lui.
« Je ne suis pas stupide ! »
Il ne pouvait compter le nombre de fois où il avait été rabaissé de la sorte par son oncle et sa tante ou par Malfoy ou le professeur Snape, c'en était trop.
« Bien sûr que si Potter, et si tu ne te calme pas immédiatement je serai obligé de te calmer moi-même... » siffla Gibbon en dirigeant sa baguette contre le Survivant.
Celui-ci serra les poings. Des menaces, toujours des menaces !
« Utiliser la magie contre un adolescent désarmé, quel courage ! » lança-t-il sarcastiquement et d'une voix qui contenait avec peine sa colère.
Mais le jeune sorcier n'eut pas le temps de savourer l'expression du Mangemort. Celui-ci le prit par le col de sa chemise et le plaqua violemment contre le mur, faisant gémir de douleur l'adolescent.
« Retire immédiatement ce que tu viens de dire. » ordonna le sorcier d'un ton glacial.
« Lâchez-moi ! » grimaça-t-il en tentant de se libérer de la poigne du mage noir.
Il attrapa le bras de Gibbon de ses deux mains et essaya de le faire reculer mais c'était peine perdu car l'homme avait beaucoup plus de force que lui.
« Retire ce que tu viens de dire. » répéta le Mangemort en renforçant sa poigne, étranglant presque le Survivant. « Et peut-être ferais-je preuve d'indulgence… tu n'es qu'un gamin après tout. »
Harry lui lança un regard assassin. Le mage noir quant à lui, semblait jouir de sa puissance face à l'adolescent qui gigotait frénétiquement.
« Allez crevez ! » cracha-t-il avec haine.
Ce fut de trop pour Gibbon.
Avec une rapidité et une force alarmante, il retourna le garçon et le plaqua à nouveau contre le mur alors qu'il empoignait brutalement son bras et le retournait dans son dos, faisant à nouveau gémir le Survivant.
« Harry Potter… » siffla ensuite le Mangemort à son oreille.
Il se débattit sauvagement, ignorant la pression douloureuse sur son bras, frappant à l'aveuglette de son autre bras... mais peine perdue.
« Tu vas regretter de m'avoir provoqué… »
« Qui a provoqué l'autre ?! » pensa rageusement le jeune sorcier en se débattant toujours frénétiquement, la peur montant lentement en lui.
« Corium Manducare. » susurra Gibbon.
Le Survivant n'eut pas le temps de se demander quel sortilège était-ce qu'une douleur fulgurante éclata dans son bras, le faisant aussitôt crier.
Pourquoi avait-il aussi mal ? Qu'avait-il à son bras ?! Il n'avait jamais ressenti une telle chose.
L'adolescent jeta des coups de pieds, se mordit la lèvre à sang afin de ne pas crier et se débattit encore plus furieusement qu'avant tandis que la douleur se faisait de plus en plus forte. Mais le Mangemort tenait bon et semblait se délecter de la souffrance du garçon.
La sensation affreuse n'avait rien à voir avec le sortilège du Doloris, c'était comme si quelque chose grignotait petit à petit sa chair puis ses muscles et peut-être même ses os tant il avait mal.
« Qu'en penses-tu ? C'est un sort de magie noire trouvé dans un vieux livre… » lança moqueusement l'homme.
Mais Harry n'écoutait plus. Les muscles de son bras tressautèrent dans un frisson incontrôlable tandis que le mage noir tordit sadiquement son poignet. Quelques sons étouffés franchirent la barrière de ses lèvres et il luta pour ne pas crier.
« J'avais justement besoin de tester ce sortilège. » continua tranquillement le Mangemort.
Le Survivant sentit vaguement du sang couler sur son avant-bras tandis que la sensation de déchirement se dissipait petit à petit…
« Corium Manducare. »
… mais reprenait aussitôt dans le milieu de son dos.
L'adolescent ne put cette fois-ci s'empêcher de hurler. Il sentit sa chair se déchirer et s'ouvrir dans une douleur atroce puis remonter dans sa colonne vertébrale, faisant tressauter tout son corps.
« Ça doit faire mal… » ajouta Gibbon d'un ton sarcastique.
L'adolescent entendait à peine ce que le Mangemort disait. Ses jambes tremblaient et il sentait du sang couler le long de son dos pour retomber sur le sol dans des petits ''ploc'' réguliers alors que la douleur faisait trembler tout son corps.
« En as-tu assez ? » demanda ensuite Gibbon en retournant le Survivant pour qu'il lui fasse face.
Celui-ci, la vue brouillée, respirait de façon saccadée et tenait difficilement sur ses jambes.
Bien sûr qu'il en avait assez, une fois avait déjà été de trop… mais entre plier devant un Mangemort et souffrir, il préférait souffrir. Attitude d'un Gryffondor en toute circonstance. Il était comme ça.
L'adolescent releva alors la tête dans un effort ultime et lança un regard rempli de haine au Mangemort qui ricana.
« On est courageux… » dit-il en lâchant le garçon qui s'effondra au sol.
L'adolescent remarqua à peine qu'il était maintenant assis contre le mur. Il se contenta simplement de ramener son bras contre son torse et de se soutenir de l'autre.
« C'est un très vilain défaut. » ajouta Gibbon avant de diriger une troisième fois sa baguette sur lui.
Il susurra ensuite le même sortilège en direction de la jambe du Survivant qui hurla de nouveau et empoigna brusquement sa cuisse, faisant ricaner le mage noir. Il s'écroula, ses lunettes tombant de son nez, sa tête cognant brusquement sur le sol tandis que la même douleur déchirait sa chair et faisait couler un liquide carmin sur le parquet, trempant ses vêtements déjà tâchés de rouge.
La douleur était atroce. Il avait l'impression qu'un insecte déchiquetait lentement sa chair et se frayait un chemin dans son corps, s'attaquant à tout ce qu'il pouvait trouver.
« Ça t'apprendra à la fermer gamin. » entendit vaguement Harry.
Le Mangemort quitta ensuite la pièce tandis qu'une vague de frisson incontrôlable le parcourait, ravivant la douleur dans son dos. Sa jambe gauche trembla frénétiquement ainsi que sa colonne vertébrale, à l'endroit où le sortilège l'avait touché.
Ensuite, tout se passa très vite.
Harry porta son bras intact sur sa cuisse et appuya sur la blessure de la taille d'une balle de golf, croyant atténuer la douleur. Le geste le fit aussitôt hurler et il n'eut pas d'autre choix que de retirer sa main, la respiration sifflante. Il serra violemment les dents et attendit que la douleur passe en se concentrant sur sa respiration. L'adolescent essaya ensuite de calmer les battements trop rapide son cœur, en vain. Les endroits où il avait été touché par le sortilège envoyaient comme des ondes de torture à chaque membre de son corps et son sang, qui coulait toujours, formait une flaque de plus en plus grande sur le sol.
Le Survivant se força alors à prendre une longue inspiration, à la retenir quelques secondes et à expirer tout aussi lentement, ignorant la douleur et répétant le geste plusieurs fois tandis que des petites taches noires se formaient devant ses yeux. « Inspire… », « Expire » se répéta-t-il dans sa tête. Il avait l'habitude de faire face à la douleur ainsi et il avait appris que s'évanouir alors qu'il perdait du sang n'était pas forcément une bonne idée. Les frissons de son corps se calmèrent mais les taches, elles, se multiplièrent. « Inspire… », « Expire… » se força-t-il à penser. S'il arrivait à se calmer, peut-être pourrait-il par la suite faire cesser l'écoulement de sang en utilisant sa couette. En admettant qu'il puisse de lever…
Mais il sut, en voyant sa vue se brouiller et en ayant comme des fourmis dans le crâne qu'il s'évanouirait avant.
« Non… non, il ne faut pas… » pensa-t-il en fermant violemment les yeux. « Inspire, expire. Inspire, expire… »
Le seul point positif est qu'il ne sentait presque plus la douleur. Et tout son corps d'ailleurs...
L'adolescent rouvrit alors les yeux et constata avec horreur la flaque de sang dans laquelle il baignait. Il avait perdu beaucoup de sang et en perdait encore, ce n'était pas le moment de s'évanouir ! Il tenta de se relever avec son bras valide mais ne réussit qu'à lever la tête vers la porte qui semblait s'être ré-ouverte. « Il est revenu pour me tuer ? » pensa-t-il vaguement en essayant de distinguer quelque chose. Mais il avait perdu ses lunettes, il ne voyait rien du tout.
Et bientôt, il n'eut plus mal nulle part.
Sa tête lourde vint à nouveau se poser contre le sol et il se sentit doucement partir. Peut-être était-ce mieux ainsi... ?
Il ne vit et n'entendit bientôt plus rien.
Du moins jusqu'à ce que quelque chose le fasse revenir à lui.
« … upide Potter… »
Que lui voulait encore le Mangemort ? ...
L'adolescent sentit soudain quelque chose de froid à la commissure de ses lèvres et rouvrit brusquement les yeux pour ne voir qu'une main lui forcer à boire le contenu d'une fiole. Il tenta de tourner la tête mais une autre main l'obligea à ne pas bouger.
« Buvez ça. » entendit-il alors.
Il ne voyait, à travers sa vision floue que deux mains surmontées de manches noires et il n'était pas assez fou pour boire ce qu'un Mangemort lui donnerait. Harry garda donc obstinément la bouche close. Son esprit était tout embrumé et il avait l'impression d'être devenu à moitié sourd.
« Potter… buvez-ça avant que vous ne vous vidiez de votre sang. » grinça une voix agacée.
Le Survivant n'en était pas sûr, mais il lui semblait connaître cette voix… Cela ne le fit pas obéir pour autant.
« Par Merlin je ne vous pensais pas aussi stupide… » continua vaguement la voix d'un ton furieux.
Harry sentit alors que l'homme le relevait en position assise et lui mettait sans douceur ses lunettes sur son visage. Il ne put bien évidemment rien faire pour se défendre… Il cligna des yeux malgré sa tête qui tournait, remarqua que la lumière avait été allumée puis dévisagea son interlocuteur qui agitait toujours une fiole remplie d'un liquide rouge sous son nez.
Lui ? Ici ?! Comment était-ce possible ? … était-il en train de rêver ? Cette expression pincée, ces yeux noirs, ces cheveux graisseux...
« Sn… Snape… » murmura-t-il en reconnaissait alors le visage de son professeur de potions.
Que faisait son professeur de potions ici ? N'était-il pas du côté de Dumbledore ? ...
« Professeur Snape. » rectifia immédiatement le sorcier avant de porter à nouveau la potion aux lèvres du Survivant.
L'adolescent hésita quelques secondes mais but finalement la potion au goût infect. Mais se sentant tout de suite un peu mieux, il ne releva pas. Tout allait bien, Snape était du coté de Dumbledore...
Sa vision trouble redevint un peu près normale et il ne sentit bientôt plus les centaines de petites fourmis qui avaient élus domicile dans son crâne.
« Où êtes-vous blessé ? » demanda ensuite le sorcier en sortant une autre fiole de couleur verte.
Harry répondit docilement :
« Bras droit… dos, jam…be gauche. »
Snape releva alors sa manche tâchée de sang jusqu'à l'épaule en faisant attention de ne pas toucher la plaie et fronça les sourcils.
« Avez-vous entendu le sort qui vous a été lancé ? » dit-il ensuite en examinant de plus près la blessure.
Le Survivant se rappelait vaguement avoir entendu quelque chose comme ''mandu'' mais c'était tout. Il secoua faiblement la tête.
« Evidemment, vous ne vous en souvenez pas. » lança le professeur de potions d'un ton sarcastique.
« Il ne peut pas s'empêcher de me rabaisser… » se dit vaguement Harry en lui lançant un regard lourd de sens. Mais le professeur ne le vit pas, déboucha la fiole de potion, attrapa le bras ruisselant de sang du garçon qu'il nettoya d'un coup de baguette avant de lever la tête vers lui et de signaler :
« Cela risque de faire mal. »
« Encore. » pensa Harry.
Snape versa ensuite quelques gouttes de la potion sur la plaie, faisant aussitôt crier l'adolescent. Il ferma les yeux et serra les dents, bien décidé à ne rien laisser paraître. Pas devant Snape.
Seuls quelques gémissements étouffés sortirent de sa bouche tandis que la douleur dans son bras lui faisait penser à une sensation de brûlure. Heureusement, celle-ci s'évapora quelques secondes plus tard et il rouvrit les yeux, soulagé, sa tête tournant un peu.
Le professeur de potions quant à lui observait les effets sur la blessure qui se mit soudain à fumer.
« Qu'est-c… » commença le Survivant d'une voix faible, paniquée.
« Je sais ce que je fais monsieur Potter. » le coupa Snape d'un ton agacé. « Allongez votre jambe maintenant. »
Le Survivant s'exécuta péniblement, ignorant le ton du maître des potions. Celui-ci prit ensuite sa baguette et fit un énorme trou dans son pantalon, au-dessus de son genou, laissant apparaître la plaie ruisselante de sang. Harry put alors observer les effets du sortilège que Gibbon lui avait lancé à trois reprises. La chaire semblait avoir été arrachée d'un coup de dent – même s'il n'y avait aucune trace de morsure, et la plaie profonde de deux ou trois centimètres était rouge carmin. En résumé, ce n'était pas beau à voir.
Le maître des potions fit ensuite disparaître le sang qui s'écoulait toujours d'un coup de baguette et versa quelques gouttes de la potion verte dessus.
Cependant Harry savait maintenant à qui s'attendre et ne poussa que quelques gémissements rauques, étouffés par la main qu'il avait placée devant sa bouche.
Puis, la douleur se dissipa comme elle était venue et une fumée s'échappa de la plaie.
« Pour le reste, il faudra attendre d'être sur le lit. Pouvez-vous marcher ? »
L'adolescent n'en était pas certain mais il acquiesça tout de même. Il tenta de se relever en prenant appui sur son bras gauche mais sa tête qui tournait le fit aussitôt se rasseoir.
« Depuis quand n'avez-vous pas prit un repas digne de ce nom ? » vociféra Snape en sortant une nouvelle potion de sa poche.
Il la tendit ensuite au garçon qui la prit après une petite hésitation. Le maître des potions, quant à lui, soupira.
« Avez-vous peur que je vous empoisonne après vous avoir sauvé la vie, monsieur Potter ? »
« N'exagérons-rien… » pensa aussitôt le dit Potter.
Pourquoi l'avait-il sauvé d'ailleurs ? C'était une très bonne question.
« Maintenant si vous voulez bien boire cette potion nutritive avant que je ne vous force à l'avaler… » continua Snape d'une voix menaçante.
Mais il n'eut pas le temps de finir que l'adolescent avait déjà débouché la fiole et l'avalait d'une traite, ignorant le goût ignoble de celle-ci.
Encore une fois, il se sentit nettement mieux. Sa tête tournait encore un peu mais il se sentait capable de faire les quelque mètres qui le séparait du lit. Il se mit alors difficilement debout en faisant attention de ne pas prendre appui sur sa jambe gauche et marcha lentement, peut-être trop pour le maître des potions qui soupira. « Aucune patience… » se dit l'adolescent en s'asseyant enfin sur le lit, une légère douleur traversant son dos.
« Enlevez votre chemise et allongez-vous. » lui ordonna ensuite le professeur Snape.
L'adolescent s'exécuta sous le regard neutre du maître des potions, jetant au passage un coup d'œil à la cicatrice sur son bras gauche. « Maintenant j'aurai les deux bras marqués... » pensa-t-il d'un air maussade.
Il se retrouva ensuite allongé sur le ventre, serrant un bout de sa couette dans ses mains et attendant que Snape verse quelques gouttes de la potion sur la plaie. Mais il ne le fit pas et se contenta de dire à la place :
« L'os a été un peu endommagé, rien de grave mais il faudra prendre un peu de Poussos, juste au cas où. »
« Génial... » grommela le Survivant comme seule réponse.
Sa dernière expérience n'avait pas été de tout repos...
« Buvez ça. » entendit ensuite l'adolescent.
Il se remit alors lentement assis et prit sans poser de question la potion violette que lui tendait Snape.
« Restez en vie Potter. » lui dit ensuite son professeur à voix basse.
L'adolescent lui lança un regard interrogateur après avoir bu l'intégralité de la petite fiole. Il n'avait de toute façon pas l'intention de mourir... pourquoi lui disait-il cela ? Et pourquoi son professeur le regardait d'un air pincé et semblait attendre quelque chose ?
Soudain, alors qu'il sentait ses yeux se fermer de plus en plus, l'adolescent identifia ce que Snape venait de lui donner : une potion de sommeil sans rêve.
Harry n'eut pas le temps de lancer un regard assassin au sorcier que sa vision se brouillait déjà et qu'il sentit sa tête tomber sur le matelas moelleux du lit.
Il plongea ensuite dans un sommeil lourd sous le regard satisfait du Mangemort...
Hop ! Un autre chapitre de bouclé.
Pour ce qui est du sortilège qu'a utilisé Gibbon, je l'ai inventé en alignant simplement deux mots latins (j'espère d'ailleurs que c'est juste haha...) Ça voudrait dire (si c'est correct) manger la chair ou la peau. Je pense que ce chapitre donne un petit aperçu de la suite, c'est la première fois que Harry sera blessé et ça ne sera pas la dernière. Et à partir de là fini la rigolade ! On entre enfin dans le vif du sujet car le prochain chapitre s'intitule "Lord Voldemort"... enfin !
Si vous avez des questions, des remarques, des fautes à signaler ou si vous voulez simplement faire la causette, vous êtes les bienvenues ! En attendant je vous souhaite à tous une bonne rentrée et je vous dit à samedi prochain pour le prochain chapitre :)
Ciao !
