Bonjour.
Je suis en retard de deux jours, désolée... Le chapitre ne me plaisait pas, je l'ai donc ré-écrit et j'en suis plus satisfaite maintenant. J'ai aussi corrigé le chapitre 1 et 2 (en perfectionniste que je suis), il ne devrait donc plus y avoir aucune faute. Le troisième ainsi que celui-ci sera corrigé dans la semaine donc je m'excuse à l'avance s'il y a des fautes...
J'ai aussi décidé de publier le dimanche au lieu du samedi, c'est plus pratique.
Je vous remercie pour vos reviews, ça me fait toujours très plaisir et ça m'aide à avoir plus confiance en moi ! (c'est beau n'est-ce pas ?)
Sois disant passant, ce chapitre fait 9800 mots et quelques, sans mes commentaires bien sûr. Record battu !
Bref, bonne lecture !
Chapitre 4 : Lord Voldemort
Le lendemain, alors que le soleil se levait à peine sur la colline de Little Hangleton, Severus Snape s'activait depuis plus d'une heure dans son laboratoire.
Des potions fumantes étaient alignées sur une grande table en plein milieu de la pièce sombre et le sorcier touillait et ajoutait toutes sortes de choses dans celles-ci d'un air concentré. Il vagabondait entre les chaudrons et les étagères, cherchait les bons ingrédients, revenait à la table et repartait après avoir mélangé une potion, tout cela dans un calme absolu. Même ses pas, pourtant nombreux sur la pierre du laboratoire étaient silencieux. De temps en temps, il jetait un coup d'œil aux chaudrons, baissait un feu ou l'augmentait d'un coup de baguette, s'arrêtait quelques secondes à la table tout en observant tour à tour les mixtures, puis reprenait le même manège d'un air totalement neutre… et tout cela en faisant attention à l'heure qu'affichait une petite horloge en chiffre romains.
Cependant, sous son attitude concentrée et imperturbable, Severus Snape était profondément agacé car depuis quelques jours... tout allait mal.
Il était coincé au manoir Jédusor, croulait sous le travail que lui avait donné le Seigneur des Ténèbres et ce depuis quatre jours, sans possibilité de sortir. Il ne savait d'ailleurs quoi en penser, était-ce simplement parce que le mage noir avait besoin de lui ici ou était-ce parce qu'il ne lui faisait pas entièrement confiance ? Après treize ans, c'était tout à fait compréhensible. Mais en tant qu'espion, il n'avait jamais été bloqué dans un camp sans pouvoir communiquer avec l'autre et c'était justement ce dont il avait besoin : parler à Dumbledore. Car la situation ici était catastrophique et Snape n'était même pas sûr que le directeur de Poudlard soit au courant.
La veille, alors qu'il était en train de travailler sur une nouvelle potion, Gibbon, un Mangemort que le maître des potions n'appréciait guère – appréciait-il une seule personne en ce monde ? – était arrivé dans son bureau et lui avait demandé sans plus de cérémonie d'aller voir le Survivant. Snape avait alors été surpris, cela faisait quatre jours qu'il essayait de savoir ce qu'il advenait du garçon et voilà que le mage noir chargé de garder l'adolescent dans sa chambre venait lui prier d'aller le voir… il s'était tout de suite douté que le Mangemort cachait quelque chose.
Le maître des potions lui avait d'ailleurs demandé de quoi l'affaire retournait mais celui-ci, en homme tout à fait agréable s'était contenté de lui lancer un regard méprisant avant de s'en aller comme il était venu.
Snape ne voulait se l'avouer mais Gibbon lui ressemblait beaucoup. Sauf sur certains points comme par exemple son intelligence qui devait faire défaut et son self contrôle, de toute évidence… inexistant.
Bien sûr, Severus Snape s'était tout de suite douté qu'il avait dû arriver quelque chose au Survivant, et peut-être quelque chose de grave, étant donné que Gibbon était venu le trouver lui et pas un autre. Car grâce – ou à cause – de sa maîtrise des potions, il était devenu en quelque sorte le médicomage du manoir, bien qu'il n'eût aucune qualification pour l'être.
Il avait donc fait un bref détour par son laboratoire, avait pioché quelques potions qui auraient pu être utiles puis avait traversé le manoir afin de monter au premier étage et de se rendre dans la chambre du garçon qu'il avait remarqué après une petite visite discrète des lieux.
La chambre n'était d'ailleurs pas difficile à trouver, c'était la seule pièce du manoir où des sortilèges gardaient l'entrée, installés par Gibbon bien sûr. Mais cette fois-là, il les avait enlevés afin de permettre au maître des potions d'entrer.
Snape ne s'était donc pas prier et avait pénétré dans la pièce, s'attendant à trouver le Survivant blessé quelque part, qui lui lancerait un regard meurtrier après l'avoir remarqué.
Ce n'était pas un secret, ils ne s'appréciaient pas beaucoup.
Mais le professeur de potions, qui avait préparé toute une série de commentaires sanglants à l'encontre du garçon s'était tout de suite ravisé lorsqu'il avait vu le dit garçon à quelques mètres d'un grand lit à baldaquin, baignant dans une flaque de sang et pâle comme un mort.
Aussitôt, il s'était agenouillé devant le Survivant et avait pris son pouls avant de constater avec soulagement que le garçon était en vie. Si ce n'avait pas été le cas, Dumbledore l'aurait sûrement tué.
D'un coup de baguette, il avait fait une bref analyse de l'état du garçon et avait donc pu identifier comment le Survivant s'était retrouvé dans un tel état.
Un sortilège de magie noir ancien, inconnu pour le maître de potions.
Il avait évidemment tout de suite deviné les plaies plutôt conséquentes avant même de lancer le sortilège, qui l'avait seulement informé que le garçon souffrait d'un manque assez important de sang, de malnutrition et d'insomnie. Celles-ci, qui s'étaient devinées par l'afflux important de sang sur ses vêtements étaient situées sur le bras droit du garçon au niveau de ses biceps, dans son dos un peu au-dessus de la base de la colonne vertébrale et enfin sur la cuisse droite, à quelques centimètres de l'artère fémorale.
Heureusement que Gibbon après avoir lancé ce sortilège trois fois sur le garçon était immédiatement venu le prévenir car le Survivant, qui avait continué de se vider de son sang, aurait très bien pu mourir cette nuit-là.
Le maître des potions avait donc jeté quelques sortilèges pendant que le garçon semblait se réveiller, stoppant pour une durée limitée l'écoulement de sang. Il avait ensuite sortit une potion de régénération sanguine et s'était agenouillé à côté du Survivant afin de lui faire boire.
Évidemment, celui-ci l'avait refusé avant de constater la présence de son professeur de potions et ce fût peut-être la seule chose que Snape trouva censé.
Bien entendu, le Survivant avait longuement hésité avant de boire la mixture, son professeur ne faisant pas partie de ceux dont il faisait confiance. Mais après avoir insisté, il l'avait tout de même bu et avait donc retrouvé quelques couleurs, bien qu'il fût tout de même beaucoup trop pâle. Le maître des potions lui avait ensuite donné un anti-douleur, ce que le garçon avait semblé avoir grandement besoin d'après les grimaces qu'il avait tiré.
Car lorsqu'il s'était rapproché de lui, Snape avait constaté l'état alarmant du garçon. Sous ses yeux, des cernes noires d'encres étaient dessinés et le garçon, bien que de nature un peu frêle était d'une maigreur bien trop prononcée… du moins pour un adolescent de son âge qui avait sûrement passé les vacances à s'empiffrer dans sa famille d'accueil aimante, bien que le maître des potions avait remarqué que le Survivant revenait à chaque rentrée un peu plus maigre - ce dont, évidemment, il faisait semblant d'ignorer.
Laissant ses pensées de côté, il avait ensuite appliqué une potion désinfectante sur les plaies du Survivant, enlevant par la même occasion les éventuelles traces de magie noire. Puis, il avait demandé au garçon s'il pouvait se lever, ce qui évidemment était impossible... mais celui-ci, en bon Gryffondor qu'il était, fier et arrogant, s'était lentement levé et avait fait les quelques pas qui le séparait du lit sous les soupirs agacés du maître des potions. N'aurait-il pas été plus simple de dire non, ainsi le sorcier adulte aurait pu le soulever magiquement jusqu'au lit et éviter cette perte de temps ?
C'est pour cela qu'il détestait le garçon, il était le portrait craché de son père.
Ainsi, lorsque le Survivant s'était enfin allongé sur le lit, Severus Snape avait pu constater l'état de la colonne vertébrale du garçon, qui avait été visible à travers la plaie. Une vertèbre avait légèrement été touchée, comme si elle avait été rongée, mais heureusement pas assez pour abîmer l'os. Le maître des potions avait donc sérieusement commencé à se demander quel était le sortilège que Gibbon avait lancé sur le garçon, car il lui était complètement inconnu et ses effets, s'il était poussé à son maximum, pourraient sûrement être très graves.
Il avait donc dit au garçon qu'il lui serait nécessaire de prendre du Poussos, ce qui l'avait bien entendu enchanté.
Snape avait ensuite sorti une potion cicatrisante afin d'aider les plaies à se refermer plus vite mais, frappé à nouveau par l'état du garçon et désirant travailler en paix, il lui avait d'abord donné une potion de sommeil sans rêve, que celui-ci avait bu sans poser de question pour le plus grand bonheur du professeur. Le Survivant avait juste eu le temps de lui lancer un regard dont il avait le secret avant de brusquement retomber sur le lit, profondément endormi.
Le sorcier avait donc pu finir les soins tandis que son patient dormait profondément, une expression crispée sur le visage…
Ce qui le ramenait donc au moment présent, dans son laboratoire, en train de finir de préparer la potion de Poussos et de régénération sanguine ainsi que quelques autres mixtures aux effets tout autres tout en pensant à quel point le garçon était stupide.
Pour que Gibbon réagisse ainsi, le Survivant avait sûrement dû le provoquer, comme lui seul savait le faire, obligeant le Mangemort à répliquer ne serait-ce que pour conserver sa fierté – car Gibbon avait un égo démesuré, c'était connu…
Et à quoi donc pensait le garçon ? Provoquer un Mangemort dans un manoir peuplé de mages noirs, avec en prime le Seigneur des Ténèbres ! Et il n'était là que depuis quatre jours…
Le maître des potions arrêta le feu de chaque chaudron d'un coup de baguette et lâcha un bref soupir.
Pour le moment, le Seigneur des Ténèbres n'était apparemment pas décidé à tuer le garçon, pour une raison qu'il ignorait, ce qui lui laissait le temps de réfléchir à une possible fuite. Bien sûr, il ne pouvait risquer de perdre sa couverture d'espion pour l'Ordre, ce qui signifiait qu'il devait vite trouver un moyen de les contacter sans que personne n'en sache rien. Mais étant donné le nombre de sorts et de protections qui grouillaient autour et dans le manoir, autant dire qu'il pouvait encore réfléchir…
Severus Snape se demandait d'ailleurs si Dumbledore était au courant que son golden boy avait disparu.
Il savait que depuis la résurrection du Seigneur des Ténèbres, le Directeur était très occupé. Mais il savait également que le garçon avait été protégé par des membres de l'Ordre pendant toutes les vacances, ce qui aurait dû garantir la sécurité du garçon, ou au moins tenir au courant le directeur de sa disparition… ?
Le sorcier ne pouvait malheureusement que supposer.
D'un coup de baguette, il fit remplir des fioles de chaque potion puis en aligna quelques une sur une étagère tandis que d'autres allaient se poser sur la table. Il en prit également deux ou trois sur lui, en bon maître de potions qu'il était.
Puis, d'une voix grinçante, il brisa le silence du laboratoire :
« Sam. »
Aussitôt, un elfe de maison se matérialisa.
« Sam a été appelé ? » demanda celui-ci après s'être légèrement incliné devant le sorcier.
« Je veux que tu donnes ces deux potions au garçon, en lui ordonnant de ma part de boire la rouge » – il la montra à l'elfe – « dès qu'il sera réveillé et la blanche quand il ira se coucher. Est-ce clair ? »
L'elfe de maison hocha vivement la tête.
« Sam donnera les potions à Harry Potter. » dit-il docilement en prenant les deux fioles.
Puis il disparut sans plus de cérémonie alors que le maître des potions retournait à son travail.
Snape devait maintenant trouver quel sortilège avait été utilisé par Gibbon, en plus de finir les potions pour le Seigneur des Ténèbres et de travailler sur ses nouvelles recettes… Bien sûr, il pouvait simplement demander à Gibbon quel sort avait été utilisé mais il rechignait à parler à cet homme. Il était cruel, colérique, ne savait pas contrôler ses émotions et n'avait pas beaucoup de cervelle, tout ce dont le professeur de potions détestait. Le seul Mangemort avec lequel Severus Snape pouvait parler sans trop de problèmes était Lucius Malfoy, jadis son camarade de maison, même s'il ne fallait pas non plus le chercher…
Cela faisait d'ailleurs un moment que le maître des potions ne l'avait pas revu. Il savait que celui-ci s'était rendu au cimetière la nuit de la résurrection du Seigneur des Ténèbres - au contraire de lui, et avait depuis peu repris du service au Ministère de la Magie, bien qu'il n'avait jamais vraiment cessé ses activités.
Lucius était d'ailleurs très différent de lui.
Il n'avait pas peur de tuer ni de torturer et les sortilèges Impardonnables étaient monnaie courante chez lui, car il avait quelque chose à protéger et était prêt à tout pour cela. Severus Snape, lui, n'était attaché à personne et personne n'était attaché à lui, ce qui le convenait très bien.
Quelques minutes passèrent tandis qu'il rangeait les restes d'ingrédients non utilisés dans des bocaux, eux même disposés sur une grande étagère. Et bien que son laboratoire à Poudlard était bien plus perfectionné que celui-ci au niveau de l'installation, du matériel et des ingrédients, il n'était pas non plus en reste. La grande pièce sombre était remplie d'étagères contenant des quantités de fioles et d'autres verreries utiles pour faire des potions. Il y avait également beaucoup de livres de recettes, certains très vieux et d'autres moins que le sorcier avait, pour la plupart déjà lu.
Soudain, alors qu'il s'autorisait une petite pause en regardant par la fenêtre, quelqu'un frappa à la porte du laboratoire.
Il eut à peine le temps de dire « Entrez » que Peter Pettigrew pénétrait déjà dans la pièce sombre d'un air effrayé. Le maître des potions le fixa de son regard neutre, bien que la vue de l'homme l'agaçait au plus haut point.
« Le Seigneur des Ténèbres t'attends au premier étage. » dit l'Animagus d'une voix aiguë.
Severus Snape fronça légèrement les sourcils. Que lui voulait le Seigneur des Ténèbres ? Il avait pourtant eu un délai d'une semaine pour terminer toutes les potions…
« Ne le fais pas attendre. » ajouta Pettigrew en fixant le Mangemort de ses petits yeux humides.
« Merci Queudver… » répondit Snape d'une voix traînante.
Et d'un coup de baguette, il fit déguerpir l'Animagus en faisant claquer la porte du laboratoire.
Puis, après avoir couvert chaque potion et mis d'autres dans des fioles prévues à cet effet, il alla rejoindre le Seigneur des Ténèbres.
Le manoir était assez grand mais il connaissait le chemin jusqu'au hall d'entrée, l'ayant déjà fait deux fois. Il traversa d'abord un couloir sombre et silencieux tapissé d'un vieux papier peint gris et arriva à un croisement. Il prit à gauche, arriva dans un autre couloir similaire au précédent, tourna à droite et continua tout droit jusqu'à arriver dans le vestibule de l'entrée. Il monta ensuite les grands escaliers en bois d'un pas rapide et silencieux.
Puis, lorsqu'il atteignit le premier étage, le maître des potions traversa un autre couloir cette fois nettement plus long et parsemé de portes fermées. Il n'y croisa personne à son grand soulagement.
Enfin, l'espion tourna à droite et rentra dans une grande pièce sombre, la même où il avait rencontré le Seigneur des Ténèbres à son arrivée au manoir.
Celui-ci était justement debout à côté d'une grande table ovale et parlait à son serpent en Fourchelangue, ce qui fit, bien malgré lui, grimacer le maître des potions. Ce langage aux tonalités sifflantes était très pénible à écouter, et seuls deux personnes à la connaissance du maître des potions le parlaient encore : le Seigneur des Ténèbres et Harry Potter. Lors de sa deuxième année en effet, alors que le garçon se mesurait à Draco Malfoy dans un duel organisé par Lockhart, le Survivant sans même avoir semblé s'en rendre compte avait communiqué avec le serpent que son filleul avait fait sortir de sa baguette, provoquant un blanc général sur la classe.
Snape attendit donc patiemment que son maître ne finisse de parler avec Nagini, son fidèle animal, et se manifesta ensuite en marchant jusqu'à la grande table ovale.
« Ah, Severus… je t'attendais. » commença alors le Seigneur des Ténèbres d'une voix doucereuse. « Le travail que je t'ai donné avance-t-il ? »
Le terrible mage noir caressait son animal d'un air songeur tandis que celui-ci sifflait en sa direction.
« Oui, la moitié des potions sont prêtes, les autres le seront dans quelques jours. » répondit lentement Snape. « J'avais cru avoir une semaine pour tout finir, dit-il ensuite en observant la réaction du mage noir. »
Il y eut quelques secondes de silence pendant lesquelles le maître des potions retint légèrement son souffle.
« Et c'est le cas. » dit ensuite le serpent en hochant la tête, satisfait du travail de son Mangemort. « Je t'ai convoqué pour une autre raison. »
L'expression du maître des potions fut tout à coup plus rigide tandis que le Seigneur des Ténèbres se tournait enfin vers lui.
« Comment se porte le garçon ? » demanda le mage noir en plongeant son regard dans le sien.
« Bien. » répondit le Mangemort d'une voix parfaitement contrôlée. « Il a perdu beaucoup de sang mais son état est redevenu normal. Une de ses vertèbres a légèrement été endommagée, l'elfe de maison est chargé de lui donner du Poussos. »
Il y eut un petit silence.
« Très bien… » répondit ensuite distraitement le serpent.
Le silence se fit une nouvelle fois. Severus Snape ne voyait pas du tout où son maître voulait en venir. Tuer le garçon n'était-il pas son but ? Bien sûr, cela arrangeait le Mangemort car le Survivant ne devait pas mourir, il avait fait la promesse à Dumbledore de le protéger. Mais il ne comprenait pas. Quelque chose avait dû se passer pour que le Seigneur des Ténèbres ne veuille plus tuer le garçon et le maître des potions devait impérativement savoir quoi, car il avait l'intuition que c'était capital.
« Severus… » siffla tout à coup son maître, le faisait revenir à la réalité. « Je connais ta haine pour le garçon mais aucun mal ne lui serra fait, comprends-tu ? »
Le Mangemort fronça légèrement les sourcils dans une expression d'incompréhension toute faite. C'était le moment d'en savoir plus sur la présence du garçon ici.
Le maître des potions fit donc mine d'hésiter :
« N'est-ce pas votre ennemi ? » demanda-t-il d'une voix intriguée.
Il y eut un petit silence avant que le mage noir ne lui réponde d'un ton énigmatique :
« Les temps changent, Severus… »
Celui-ci fronça les sourcils. Que voulait-il dire par là ? Quelque chose s'était-il produit, quelque chose de concret qui aurait fait changer d'avis le terrible mage noir ?
« Que voulez-vous dire, maître ? »
Le Seigneur des Ténèbres plongea à nouveau son regard glacial dans celui du sorcier. L'esprit de celui-ci fût aussitôt pénétré par son maître tandis qu'il renforçait discrètement ses barrières, cachant ainsi les souvenirs que le mage noir ne devait pas voir. Snape se revit en train de soigner le garçon, puis le lendemain alors qu'il travaillait dans son laboratoire. Il ne savait pas vraiment où le mage noir voulait en venir en regardant ces souvenirs là mais il se laissa faire, diminuant ainsi la douleur que l'on ressent habituellement lorsque quelqu'un pénètre dans votre esprit.
« Gibbon a été puni pour sa faute, et le même sort te sera infligé si tu touches au garçon. » siffla soudainement le serpent.
Le maître des potions acquiesça. C'était en soit un bonne nouvelle, peut-être Gibbon aura-t-il compris la leçon et ne s'en prendra plus au garçon.
« Si tel est votre souhait… » commença-t-il alors lentement et tout en aillant toujours l'air de ne pas comprendre. « Je m'y plierai. »
Il fit une petite pause devant l'air satisfait du mage noir. Devait-il aller plus loin ? Il fallait qu'il sache pourquoi le mage noir ne voulait plus tuer le garçon, c'était primordial, mais il ne fallait pas que le Seigneur des Ténèbres le soupçonne à nouveau d'être du côté de Dumbledore… car le fait de ne pas avoir répondu à l'appel de la Marque quelques mois plus tôt lui avait coûté cher, et le terrible mage noir doutait encore de lui, même si le Mangemort s'était efforcé de revenir dans les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres durant tout l'été. Mais peut-être sa question serait-elle justifiée aux yeux de son maître ? Après tout, il était tout à fait normal qu'il se demande pourquoi le mage noir avait soudainement changé d'avis.
C'est donc avec une voix curieuse qu'il demanda :
« Puis-je vous demander pourquoi ? »
Il espérait que le mage noir ne serait pas fâché par son impertinence. Heureusement, celui-ci se contenta de caresser son animal, une expression indéchiffrable sur le visage.
« Tu le sauras bien assez tôt, Severus. »
L'intéressé hocha la tête, légèrement déçu. Il ne devait pas insister.
« Fais en sorte que le garçon soit en meilleure forme demain, je ne vais tout de même pas laisser mon hôte mourir d'ennui… » susurra ensuite le serpent.
Le maître des potions hocha alors la tête et s'inclina légèrement, son visage ne montrant aucune émotion.
Le Seigneur des Ténèbres retourna ensuite son attention sur Nagini, et Snape quitta la pièce dans un tourbillon de capes.
Il savait très bien ce qu'avait voulu dire le mage noir, et cela ne présageait rien de bon.
Plus tard, alors que le jour se couchait et laissait place à une nuit fraîche, le Survivant pestait dans son lit.
Il s'était réveillé quelques minutes avant, tandis que les événements de la veille lui étaient revenus en mémoire. Harry se souvenait parfaitement de l'attaque du Mangemort et de la douleur qu'il avait ressenti lorsque Gibbon lui avait lancé trois fois un sortilège de magie noir mais pour le reste, tout était flou. Il avait dû s'évanouir après que le Mangemort ne s'en aille… et si sa mémoire était bonne, le professeur Snape était venu et l'avait soigné à l'aide de potions mais ce n'était pas possible… qu'est-ce que l'homme ferait ici ? Snape n'était-il pas du côté de Dumbledore ?
« Restez en vie Potter. »
Peut-être avait-il rêvé après tout…
Quoi qu'il en soit, le Survivant en était donc réduit à rester coucher dans son lit à cause de ses blessures qui lui faisaient mal. Son bras et sa cuisse le lançait constamment mais le pire était sans doute la troisième... S'il avait le malheur de bouger, une douleur aiguë surgissait instantanément et remontait le long de sa colonne vertébrale pour se propager ensuite dans tout son dos.
Il en avait marre.
Peut-être était-ce un simple cauchemar ? Peut-être allait-il se réveiller bientôt chez son oncle et sa tante avec un Dudley horripilant mais vivant ?
Cela faisait à peine cinq jours qu'il avait été enlevé, cinq qu'il s'était promis de rester fort et d'attendre que quelqu'un vienne le tirer de là et il en avait déjà assez. Harry supportait mal le fait d'être enfermé sans savoir pourquoi alors si en plus il se faisait attaquer par des Mangemorts, il sentait qu'il n'allait pas tenir bien longtemps encore.
Le seul point positif était que sa cicatrice ne lui faisait pas mal, ce qui était étrange.
En présence de Voldemort, celle-ci devrait pourtant le brûler comme lorsqu'il s'était retrouvé face au mage noir dans le cimetière… mais non. Il ne la sentait pas du tout, ce qui n'était pas plus mal.
Peut-être que Voldemort n'était pas dans le manoir après tout.
Soudain, un ''poc'' se fit entendre et tira l'adolescent de ses pensées. Sam, l'elfe de maison était juste en face de lui et le regardait d'un air désolé.
« Sam apporte des potions à Harry Potter. » dit-il d'une petite voix en prenant soin de ne pas croiser son regard.
Des potions ? Cela signifiait-il donc qu'il n'avait pas rêvé ?
« Sam est désolé pour l'incident d'hier, Sam ne voulait pas… » continua-t-il en se dandinant sur place.
Harry trouva drôle que l'elfe eut choisi comme terme ''incident'' mais il ne releva pas. Il était en colère, furieux même !
Cependant Sam n'y était pour rien, c'était lui et lui seul qui avait provoqué le Mangemort.
« Ce n'était pas votre faute. » dit-il alors en observant la réaction de l'elfe.
Celui-ci croisa enfin son regard et détailla le garçon d'un air surpris. Ils s'observèrent pendant quelques secondes, l'adolescent ne sachant quoi dire pour rassurer son interlocuteur.
« Sam s'excuse quand même. » lança alors l'elfe d'un air penaud.
Puis, il fit le tour du lit et arriva au chevet du garçon.
« Sam a attendu que Harry Potter se réveille avant de venir car Sam devait lui donner ces potions et s'assurer que Harry Potter les boivent. »
« Qui te les a données ? » demanda le Survivant même s'il savait déjà la réponse.
« Severus Snape monsieur. » répondit automatiquement l'elfe. Il a dit à Sam que Harry Potter doit d'abord boire la potion rouge puis la blanche quand il irait se coucher, Sam s'en souvient très bien.
Il tendit alors docilement les deux potions au Survivant qui lui fit signe de les mettre sur la table de chevet.
« Harry Potter doit les boire. » précisa l'elfe de maison.
L'adolescent sourit aux paroles de l'elfe. Il semblait se préoccuper de lui, ce qui, sans vraiment savoir pourquoi, lui mit du baume au cœur.
« Je le ferai, merci Sam. »
L'elfe s'inclina alors maladroitement et disparu dans un claquement de doigt.
« Je n'avais donc pas rêvé… Snape est ici. » pensa ensuite le Survivant en se tournant pour prendre les potions.
Il grimaça sous la douleur et attrapa la rouge avant de la déboucher et de la boire. Il ne savait pas ce que c'était mais il lui semblait que le maître des potions lui en avait donné une identique la veille. Pour la blanche en revanche, il la reconnaissait ; c'était du Poussos.
L'adolescent gardait un mauvais souvenir de la fois où il avait bu du Poussos, juste après que Lockhart lui fasse accidentellement disparaître l'os en deuxième année… un très mauvais souvenir même.
Harry prit alors à contrecœur la potion, la déboucha et l'avala rapidement, ignorant le goût infect de celle-ci. Il espérait ne pas avoir aussi mal que lors de sa deuxième année mais c'était plutôt mal parti…
Il tenta alors de se rendormir avant que le Poussos n'agisse et ne lui rappelle combien cette potion était douloureuse.
Et le lendemain, le Survivant se réveilla en aillant mal à sa cicatrice.
Lui qui avait pensé qu'elle le laisserait tranquille... c'était raté.
Cependant, Harry avait plutôt bien dormi et n'avait mal à aucun endroit de son corps – excepté sa cicatrice, évidemment. Il ne s'était pas réveillé de toute la nuit et le Poussos semblait avoir agi puisqu'il ne ressentait aucune douleur dans son dos, ce qui était en soit une bonne nouvelle, la seule peut-être… car cela faisait maintenant six jours qu'il était coincé ici. Combien de temps resterait-il encore prisonnier ? Quelqu'un viendrait-il vraiment le sauver ?...
« Ce n'est pas le moment de se morfondre. » pensa-t-il soudain, mettant un terme à ses pensées noires.
L'adolescent s'étira alors. Il avait quelques courbatures mais il pourrait faire avec. Il se leva ensuite, fit quelques pas et fut satisfait lorsque la douleur ne se fit pas sentir. Qui aurait cru qu'il aurait pu se rétablir aussi vite ? La magie était vraiment formidable.
Harry se dirigea vers la fenêtre et observa la position du soleil dans le ciel - ses cours d'astronomie ne lui avaient jamais autant servis. Il devait être aux alentours de midi. Il s'assit alors sur le rebord de la fenêtre et se décida enfin à inspecter ses blessures. Sous un pull gris léger – quand avait-il changé de vêtements depuis l'altercation avec Gibbon ? – il découvrit le bandage sur son bras droit qui partait du bas de son épaule, s'arrêtait peu avant son coude et devina l'intérieur taché de rouge et d'un liquide bleu, le même que sur le bandage de son bras gauche quelques jours plus tôt.
Quel était ce liquide d'ailleurs ? Sûrement quelque chose pour cicatriser plus vite...
Soudain, un bruit le tira de ses pensées.
C'était Sam, qui arrivait avec des vêtements propres. Sans un mot, il les déposa sur le lit et se tourna vers l'adolescent.
« Harry Potter a-t-il faim ? »
Le concerné faillit répondre non, mais son ventre qui gargouillait justement lui fit changer d'avis.
« Je crois que oui… » dit-il un peu honteux.
Lui qui avait décidé de ne pas trop toucher la nourriture d'ici… encore raté. Il avait l'habitude bien sûr à force de vivre chez les Dursley de jeûner pendant quelques jours et de ne grignoter que quelques morceaux de temps en temps. Cependant, il devait bien avouer qu'il avait faim.
L'elfe acquiesça alors et disparut sans plus de cérémonie tandis que l'adolescent fronçait les sourcils. N'avait-il pas fait des progrès avec Sam ? Pourquoi était-il si distant aujourd'hui ? Il n'avait pratiquement rien dit… était-ce à cause de Gibbon ? Était-ce à cause de lui ?
Comme d'habitude, il ne comprenait rien.
L'adolescent soupira alors et décida d'aller prendre une douche.
Il se lava doucement, faisant attention de ne pas mouiller les bandages – ce qui fût difficile, puis mit les vêtements propres que l'elfe lui avait apporté. Il y avait un petit pull noir, un pantalon de la même couleur et des chaussettes également noires. « Génial le look de Mangemort… » pensa-t-il distraitement tandis qu'il quittait la salle de bain.
Une fois dans la chambre, le Survivant remarqua le plateau de nourriture fumante sur la petite table et ne put s'empêcher de saliver. Le repas était composé d'un gratin de raviolis à la sauce tomate, de pain avec du cheddar, d'un verre de jus de citrouille et enfin d'une part de tarte aux pommes.
Et le tout sentait incroyablement bon… ce qui décida l'adolescent à manger. Après tout, la nourriture ne semblait pas empoisonnée, et puis il avait vraiment faim. Il mangea alors lentement et en prenant soin de savourer chaque bouchée, la petite voix dans sa tête lui disant ''non'' s'étant éteinte depuis un moment.
Il ne faisait rien de mal et quitte à rester coincer ici, autant en profiter, non ?
L'adolescent savait qu'il regretterait sûrement plus tard d'avoir pensé ainsi mais il en avait tout simplement marre. Cela faisait six jours qu'il était ici il avait eu le temps de faire des cauchemars, de s'ennuyer, de prendre des douches, d'avoir faim, d'être fatigué, de se faire attaquer par un Mangemort, de se faire soigner par Snape – encore une chose à raconter à Ron et Hermione, de s'ennuyer et d'essayer de trouver une réponse logique à propos du Seigneur des Ténèbres qui ne semblait pas décidé à le tuer… en vain, bien sûr. Alors oui, il en avait marre.
Puis, son repas fini, Harry se dirigea à pas lent vers la fenêtre et s'assit sur le rebord dans un geste machinal.
À propos de Snape, sa présence ici pouvait peut-être être en faveur de l'adolescent… Après tout, l'ancien Mangemort était du côté de Dumbledore. Il le savait, il avait tout vu dans la pensine du directeur, avant la troisième tâche du Tournoi. C'était lors du procès d'Igor Karkaroff, lorsque l'homme avait donné des noms de Mangemorts afin d'être libéré par le Ministère. Il avait cité Severus Snape mais Dumbledore s'était porté garant de lui et avait dit, si Harry s'en souvenait bien, que le professeur de potion avait autrefois été un Mangemort mais avait trahi son camps peu avant la chute de Voldemort et était maintenant un espion.
En admettant que Snape ne trompait pas Dumbledore, le directeur des Serpentards était donc de son côté… ?
« Mais bien sûr ! » pensa soudain Harry à voix haute.
« Snape est du côté de Dumbledore, il pourra sûrement m'aider ! » se dit-il tandis que son rythme cardiaque augmentait progressivement. Comment avait-il pu ne pas y penser ? Il n'avait certes pas eu beaucoup de temps pour réfléchir depuis qu'il avait été soigné par son professeur mais maintenant, il avait enfin une vraie bonne nouvelle.
« Snape est un espion pour Dumbledore, Snape est du côté de Dumbledore donc Snape est de mon côté. », voilà à peu près le raisonnement que l'adolescent avait.
Certes, il n'aimait pas beaucoup son professeur de potions mais toute aide, à son stade, était la bienvenue - même si elle venait d'une ''chauve-souris graisseuse'', comme Ron et la plupart des Gryffondors appelait l'homme.
Harry se sentit alors un peu mieux. En six jours, la conviction que quelqu'un viendrait le sauver avait considérablement faibli dans sa tête mais maintenant, il retrouvait un peu d'espoir. C'était d'ailleurs pour cela que Snape lui avait dit de ''rester en vie'' ! Il devait sûrement être en train d'essayer de contacter Dumbledore et devait donc s'assurer que lui, Harry Potter, reste en vie et puisse être secouru. Bien sûr ! C'était maintenant évident.
Plus que satisfait, le Survivant appuya sa tête contre la fenêtre et piqua alors un petit somme, convaincu que tout allait rentrer dans l'ordre.
Cependant, quelques heures plus tard, sa cicatrice fit à nouveau des sienne et réveilla l'adolescent.
Il porta paresseusement sa main à son front tandis qu'il ouvrait les yeux et observait le paysage le village au pied de la colline, l'église cachée par une maison, les autres collines, le cimetière… il aurait pu le décrire les yeux fermés.
Puis, Harry s'étira et bailla à s'en décrocher la mâchoire. Le soir ne tarderait pas arriver et le lendemain cela fera une semaine qu'il était enfermé ici.
« Mais il y a Snape maintenant. » pensa-t-il en s'étirant paresseusement. Qui aurait cru que le Survivant se reposerait un jour sur les épaules de son professeur de potions ?
Il se leva ensuite. Que pouvait-il faire pour s'occuper ? Il en avait assez de réfléchir, et puis cela ne le menait à rien…
Harry décida donc de s'améliorer en dessin. Il se dirigea vers le bureau puis sortit le carnet et les crayons d'un tiroir quand il remarqua une paire de chaussure noire au pied du lit. « Encore un coup de Sam… » se dit-il d'un air morne. L'elfe avait dû les apporter lorsqu'il dormait, sûrement pour ne pas avoir à lui parler. Et d'ailleurs, pourquoi lui avait-il apporté des chaussures ? Il n'en avait pas besoin.
L'adolescent haussa les épaules et retourna s'asseoir sur le rebord de la fenêtre. Que pouvait-il donc dessiner ? Ayant déjà trois esquisses du paysage, il voulut essayer autre chose. « Pourquoi pas Edwige ? » pensa-t-il en se remémorant sa chouette blanche.
Il commença donc à dessiner. Il fit d'abord le contour de son corps puis la tête, les yeux, le bec, les plumes, les pattes… il fit ensuite une branche, sur laquelle la chouette était posée puis lui dessina une lettre dans le bec. Une lettre de Sirirus, pourquoi pas.
Environ une demi-heure plus tard, son dessin était fini. L'adolescent le détailla d'un regard critique et sous plusieurs angles mais… il ne ressemblait à rien. Heureusement que sa chouette n'était pas là pour le voir, elle lui aurait déjà donné trois coups de bec. Même les arbres qu'il avait fait en fond étaient ratés…
Harry se leva en soupirant. Une chose était sûre, il n'était pas taillé pour être dessinateur.
Il se dirigea ensuite vers le lit et s'assit – ou plutôt se laissa tomber – dessus. Que pouvait-il faire d'autre ? Il en avait marre de prendre des douches…
Le Survivant se souvint des chaussures qu'avait apportées Sam et décida de les essayer. Il fallait bien qu'il s'occupe.
Il attrapa donc les chaussures et entreprit de les enfiler. C'était des mocassins noirs, tout simples et à lacets, pas le genre de chaussure qu'il mettrait – il était plus baskets – mais il fallait avouer qu'elles étaient plutôt confortables.
Soudain, un bruit lui fit brusquement tourner la tête. Il avait complètement oublié ce détail… !
C'était la poignée de la porte qui s'ouvrait.
Il se releva d'un coup et observa avec une certaine appréhension le nouvel arrivant. Gibbon, car c'était lui, venait tout juste d'entrer dans la chambre et le regardait d'un air mauvais.
Oui, le Survivant avait complètement oublié le fait que Gibbon venait dans sa chambre presque tous les jours…
Les deux sorciers se toisèrent en silence, le Survivant n'osant dire un mot. Il n'avait pas peur, non… il était trop fier pour cela. Simplement, il ne voulait pas revivre la scène d'il y a deux jours. Le Mangemort, quant à lui, ne semblait pas plus décider à prendre la parole. Ses yeux semblaient lancer des éclairs en direction de l'adolescent et sa posture était assez rigide, comme s'il était énervé. Il portait de longues capes noires, comme n'importe quel Mangemort et tenait sa baguette en main, et bien qu'elle ne fût pas pointée en direction du Survivant, celui-ci se crispa un peu.
Puis, le mage noir décida enfin de prendre la parole.
« Suis-moi. » dit-il d'une voix traînante.
Harry fronça les sourcils. Le suivre ? Pourquoi ? …
« Et dépêche-toi gamin. » ajouta Gibbon d'une voix menaçante.
L'adolescent tiqua mais ne releva pas, une première expérience lui avait bien suffit. Il ne fit pas non plus un pas en direction du Mangemort et se contenta simplement de demander d'une voix intriguée :
« Pourquoi ? »
Le Survivant se doutait bien qu'ils n'allaient pas simplement allé se promener…
« Le Seigneur des Ténèbres veut te voir. » répondit aussitôt le mage noir avec un petit sourire mesquin tandis que le visage du Survivant changeait de couleur.
Voldemort ?...
Il n'était pas du tout préparé à ça. Il n'avait d'ailleurs même pas envisagé la possibilité que Voldemort veuille le voir, ou plutôt il avait complètement oublié d'y penser. En fait, il avait espéré que quelqu'un viendrait le sauver avant de se confronter au terrible mage noir, ce qui de toute évidence était raté...
Et que lui voulait-il, d'ailleurs ?! Le Survivant ne voulait pas le savoir.
Voyant que l'adolescent ne bougeait pas d'un pouce, Gibbon perdit patience, se dirigea vers lui et le poussa sans douceur vers la porte.
« Attendez ! » s'exclama alors Harry tandis qu'ils allaient quitter la chambre. « Que me veut Vol-… le Seigneur des Ténèbres ? »
Gibbon lui lança un énième regard agacé.
« C'est l'occasion pour toi de le savoir. » répondit-il simplement en le poussant à nouveau.
Le Survivant se retrouva donc dans un couloir sombre aux tapisseries rouges ternes, Gibbon lui agrippant le bras et l'obligeant à avancer alors qu'il se laissait faire, légèrement sonné par la tournure des événements.
Ils traversèrent le couloir parsemé de portes closes aux allures lugubres, le Survivant en tête et Gibbon le forçant à avancer, passèrent devant un grand escalier en bois sombre puis empruntèrent un autre couloir, aussi sinistre que le précédent.
Harry n'avait même pas le temps d'observer ce qu'il y avait autour de lui, tout allait beaucoup trop vite. Le mage noir tenait son épaule d'une poigne féroce et le poussait à avancer plus vite et lui, il ne réagissait pas. Des dizaines et des dizaines d'images se bousculaient dans la tête du Survivant. Voldemort le soir de sa résurrection, Voldemort qui lui lance un Doloris, Voldemort qui ordonne à Pettigrew de tuer Cédric puis Voldemort qui le tue à son tour dans ses rêves…
Il ne savait pas ce que le terrible mage noir lui voulait. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il avait peur. Et sa cicatrice lui faisait de plus en plus mal, comme cette nuit-là au cimetière, lorsqu'il s'était retrouvé face à lui.
Il n'avait pas envie de se retrouver à nouveau face à lui.
Ayant soudain retrouvé ses esprits, Harry tenta alors d'échapper à la poigne du Mangemort. Il se retourna, tira sur son épaule et essaya d'enlever la main du mage noir mais celui-ci s'y attendait. D'un geste vif, l'homme tira sa baguette et la pointa sur le Survivant.
« Ne m'oblige pas à m'en servir gamin… » commença le mage noir d'une voix affreusement basse. « Une fois ne t'as pas suffit ? »
Le Survivant eut juste le temps de lancer un regard assassin à Gibbon avant que celui-ci n'empoigne à nouveau son épaule et le retourne sans douceur, l'obligeant une nouvelle fois à avancer, la baguette du mage noir appuyant contre le dos du jeune sorcier en guise d'avertissement.
Ils continuèrent alors, la cicatrice de l'adolescent lui faisant de plus en plus mal, sa peur augmentant avec la douleur.
Puis, après un laps de temps trop court pour le Survivant, Gibbon le força à s'arrêter. Ils étaient devant deux vieilles portes en bois, que le Mangemort ouvrit sans attendre.
Ils arrivèrent dans une grande pièce sombre, seulement éclairée par le soleil qui filtrait à travers les vieux rideaux tirés aux fenêtres. Les murs étaient gris, le sol grinçait sous leurs pieds. Il y avait une grande table ovale, une cheminée ayant l'air de ne pas avoir servi depuis très longtemps, un petit chandelier aux bougies éteintes et c'était tout.
Du moins c'était tout ce que le Survivant arrivait à distinguer dans l'obscurité de la pièce. Et sa cicatrice, qui le brûlait encore plus ne l'aidait pas à mieux voir.
« Où est Voldemort ? » pensa l'adolescent avec angoisse tandis que ses yeux s'accommodaient doucement à la luminosité de la pièce.
Soudain, un sifflement se fit entendre et quelque chose rampa en leur direction. C'était Nagini, l'énorme serpent de Voldemort qui venait vers eux. Harry voulut instinctivement reculer lorsque l'animal s'approcha trop près de lui, mais Gibbon, qui avait toujours la main sur son épaule l'en empêcha.
« Maître. » dit-il soudain d'une voix humble et en s'inclinant.
Harry regarda alors avec regret dans la même direction que le Mangemort.
Voldemort se tenait là, à quelques mètres d'eux, assis sur un énorme siège en forme de trône, Pettigrew à ses côtés lui murmurant quelque chose. Il était vêtu tout de noir, contrastant avec sa peau aussi pâle qu'un mort, et ses yeux rouges sang, qui étaient maintenant posés sur le Survivant brillaient d'une lueur satisfaite.
Harry, quant à lui, était trop sonné pour réagir. Les images du cimetière lui revenaient sans cesse en tête et il dut serrer les poings afin de ne pas trahir sa peur.
L'adolescent se força également à ne pas broncher malgré la douleur qu'il ressentait à cause de sa cicatrice.
Le mage noir se leva ensuite, ses longues capes traînant derrière lui. Tout ce que le Survivant pouvait dire, c'est que le mage noir était impressionnant, beaucoup plus que lors de la nuit de sa résurrection.
« Laissez-nous… » siffla-il soudain à l'intention des deux Mangemorts encore présents dans la pièce.
La soudaine prise de parole du mage noir fit revenir à lui le Survivant.
Harry remarqua alors une seconde fois Pettigrew tandis qu'il sortait de la pièce en compagnie de Gibbon après s'être incliné trois fois devant son maître. C'était cet homme qui avait trahi ses parents, ce même homme qui avait tué Cédric et l'adolescent ne ressentait pour lui qu'un profond mépris.
« Harry Potter. » commença ensuite Voldemort d'une voix doucereuse.
Le concerné reporta son attention sur le mage noir. Pour lui, c'était différent. Il méprisait quiconque n'était pas un sorcier de sang pur, avait massacré des villages entiers de Moldus pour son propre plaisir et avait tué ses parents et de nombreux autres sorciers avant eux, changeant la vie du Survivant à jamais.
Ce n'était pas du mépris qu'il ressentait pour Voldemort, c'était de la haine profonde.
« Cela ne fait pas si longtemps, depuis que nous nous sommes vu. » continua le serpent, toujours à la même place. « J'ai l'impression que c'était hier... »
Le Survivant aurait bien voulu répondre quelque chose mais sa cicatrice lui faisait un mal de chien. Il luttait pour garder une expression de marbre et ne pas porter sa main à son front, tandis que Voldemort partait dans un monologue d'une voix tranquille.
« Tu te trouves actuellement chez moi, au manoir Jédusor, qui a jadis appartenu à mes parents. Te souviens-tu ? Je t'en ai parlé lors de cette nuit au cimetière. Le village en contrebas s'appelle Little Hangleton, mais tu dois déjà le savoir. Des sortilèges ont été mis en place tout autour du manoir, afin que nous n'ayons aucune visite... inattendue. »
Tentant d'ignorer la douleur, il se concentra sur ce que disait le mage noir. Il devait savoir pourquoi il avait été enlevé.
« J'imagine que tu dois te demander pourquoi tu es ici. » susurra d'une voix douce le serpent. « Laisse-moi d'abord te dire que ce qu'il s'est passé au cimetière est pour le moins regrettable. »
En effet, l'adolescent aurait bien voulu savoir pourquoi il avait été enfermé pendant presque une semaine sans même savoir pourquoi.
Mais Harry ne comprenait pas... était-il en train de dire qu'il ne voulait pas le tuer ?
« Mais ça ne fait rien. Aujourd'hui est un nouveau jour. » continua tranquillement Voldemort tandis qu'il faisait quelques pas en direction de la seule fenêtre de la pièce, sous le regard suspicieux du Survivant.
Il s'arrêta ensuite devant celle-ci, écarta légèrement le rideau d'une ses mains osseuses et s'attarda sur la vue qu'offrait le manoir sur Little Hangleton.
Le Survivant, quant à lui, fut surpris de voir Voldemort, le plus grand mage noir de tous les temps faire quelque chose d'aussi… humain.
« As-tu perdu ta langue, Harry ? » lança soudain le mage noir en se tournant vers lui.
Il avait beau paraître plus humain, l'adolescent le détesta encore plus.
« Je ne comprends pas. » commença-t-il alors d'une voix accusatrice. « Votre but n'était-il pas de me tuer ? »
Le serpent hocha la tête, s'attendant à cette question.
« Il l'était, autrefois… » dit-il simplement.
Harry fronça les sourcils.
« Autrefois ? Il ne l'est plus ? » demanda-t-il, surpris.
Voldemort se mit alors à rire, ce qui fit grincer des dents le Survivant. Ce son était tout sauf plaisant à entendre et en plus de cela, le mage noir se moquait de lui. Ce n'était pas qu'il s'en souciait vraiment, mais venant de celui qui avait tué ses parents et de celui qui avait tenté de le tuer plus d'une fois, la chose était… désagréable.
« Je ne veux pas te tuer, Harry. » lança Voldemort comme si c'était maintenant évident.
Le Survivant resta alors quelques secondes sans prononcer un seul mot. Il ne comprenait plus rien.
« Mais… et le cimetière ? Et en première année, lorsque Quirrel était possédé ? Et dans la Chambre des Secrets avec le basilic ? Et lorsque j'avais un an ? … » dit-il ensuite d'un air ahuri.
« De simples erreurs de ma part. » répondit tranquillement Voldemort.
L'adolescent était perdu. On lui avait rabâché toute sa vie que le meurtrier de ses parents, le plus grand mage noir de tous les temps voulait le tuer et voilà qu'il ne voulait plus et qualifiait ses tentatives de ''simples erreurs''.
Voldemort se détourna et se remit ensuite à marcher, cette fois en sa direction tandis que le Survivant ne bougeait pas d'un pouce, bien décidé à se montrer aussi courageux que possible devant lui.
« Alors pourquoi suis-je ici ? » demanda l'adolescent d'un ton brusque. « Que voulez-vous de moi ? »
Il se doutait que Voldemort n'avait pas simplement changé d'avis du jour au lendemain, quelque chose avait dû se produire. Quelque chose d'important même… ou bien il mentait.
« Ce que je veux, jeune Potter… » commença le mage noir en planta son regard de serpent dans celui de l'adolescent. « C'est que tu me rejoignes. »
Harry crut avoir mal entendu.
« Pardon ? » lança-t-il en fronçant les sourcils.
Voldemort était-il devenu fou ?
« Rejoins-moi Harry Potter. » répéta le serpent d'une voix patiente.
Le Survivant en resta bouche-bée. Voldemort, qui avait tué ses parents, qui avait tenté de le tuer à son tour quatre fois en quinze ans et qui avait mené une guerre contre le Ministère de la Magie et contre Dumbledore lui demandait de le rejoindre.
C'était insensé.
« Imagine, toi et moi, de puissants sorciers, sans doute les plus puissants jamais existés, s'alliant contre le reste du monde… » continua Voldemort qui tournait maintenant autour du Survivant. « Oui, tu es puissant Harry, très puissant. Et avec moi, tu le sauras plus encore. Je t'apprendrais à utiliser ta magie, tu seras libre de faire ce que bon te semble. »
Mais Harry n'écoutait plus. Une rage sans nom bouillonnait en lui et il dut serrer les poings alors qu'il repensait au cimetière, à ses parents et à toute sa vie, détruite à cause du mage noir qui lui faisait face.
« Qu'en dis-tu, Harry ? » demanda ensuite Voldemort en se plantant devant lui.
Ce qu'il en disait ? Il osait lui demander une telle chose ?!
Mais l'adolescent devait rester calme, s'emporter ne l'aiderait pas et il le savait.
« Vous avez tué mes parents. » répondit-il alors lentement, une expression crispée sur le visage.
« Aucune importance. » dit le mage noir en chassant les paroles d'un geste de la main. « Ne ressassons pas le passé, veux-tu ? »
Le Survivant ne trouva rien à répondre. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il vouait pour le mage noir une haine sans précédent. Comment osait-il dire une chose pareille ?! Comment pouvait-il insinuer que la mort de ses parents n'avait aucune importance ? Toute son enfance avait été si misérable, avec la haine que lui vouait son oncle, sa tante et son cousin… Combien de fois avait-il été traité de monstre ? Combien de fois s'était-il retrouvé enfermé dans son placard, sans eau ni nourriture pendant des journées interminables ?
Tout cela ne se serait jamais passé si ses parents étaient en vie. Il aurait pu être un enfant normal, comme tous les autres, avoir une famille aimante avec des frères et sœurs, un endroit où passer les vacances, une chambre à lui, des vêtements à lui et des parents se souciant de sa santé et son avenir…
Mais à cause du mage noir qui lui faisait face, tout cela lui avait été refusé.
« Ensemble, rien ne pourra nous arrêter. » continua alors le serpent. « Nous pourrions faire de grandes choses… »
« Comme quoi ? » cingla aussitôt le Survivant. « Tuer des innocents ? Torturer des Moldus ? Massacrer des familles entières ? Non merci ! »
Voldemort parut agacé par l'attitude de l'adolescent mais ne s'en formalisa pas.
« Tu es naïf, Harry… » dit-il simplement d'un ton désolé. « Trop naïf. Est-ce Dumbledore qui t'a rendu ainsi ? »
Le Survivant tiqua.
« Dumbledore n'a rien à voir là-dedans. »
Le serpent lâcha un petit rire, ce qui augmenta si possible la rage que ressentait l'adolescent.
« C'est là que tu te trompes, Harry. Dumbledore te contrôle, n'est-ce pas évident ? »
Le jeune sorcier ouvrit la bouche afin de défendre son directeur mais il n'en n'eut pas le temps. D'un geste de la main, le mage noir cloua le bec du Survivant.
« Laisse-moi parler, veux-tu ? » dit-il tranquillement alors que l'adolescent luttait contre le sortilège.
C'était comme si sa bouche était cousue, il ne pouvait même pas produire un seul son.
« Dumbledore te manipule, et ce depuis que tu as perdu tes parents. Pourquoi crois-tu qu'il te laisse vivre chez ces infâmes Moldus, en sachant bien qu'ils te détestent ? Allons, ne fais pas cette tête… » dit-il devant l'air ébahi du Survivant. « Tout le monde le sait. Et ne trouves-tu pas étrange qu'à onze ans, tu aies été obligé de me combattre, certes sous une forme faible mais tout de même dangereuse, et au sein même de Poudlard ? Et à tes douze ans, tu as tué un basilic et a failli mourir, encore sous les yeux de ton cher directeur. Quant à la Coupe des Sorciers... Crois-tu que si ce n'avait pas été toi, Dumbledore aurait autorisé qu'un élève d'à peine quatorze ans participe au Tournoi ? »
Il fit une pause, ses yeux rouges sang plongés dans ceux du Survivant qui ne croyait pas un mot de ce que le mage noir lui disait.
« Non, certainement pas. » continua le serpent d'une voix forte. « Tu n'es qu'un pion pour lui, un pion qu'il entraîne pour la guerre à venir. Ne le vois-tu pas, Harry Potter ? »
Le concerné voulut défendre l'homme qu'il admirait tant et cracher à Voldemort que tout ce qu'il disait n'était que des mensonges soigneusement créés par ses soins, que Dumbledore l'aimait pour ce qu'il était et ne ferait jamais une chose pareille, mais il n'y parvint pas. Et pourtant, le mage noir avait déjà enlevé le sortilège qui l'empêchait de parler.
« Je te croyais plus intelligent, peut-être me suis-je trompé… » lâcha alors Voldemort d'un air faussement attristé.
Harry, quant à lui, était partagé. Bien sûr, les paroles du mage noir ne pouvaient pas le faire changer de camp, aucune ne le pourrait d'ailleurs. Mais à défaut de le convaincre à rejoindre Voldemort, elles pouvaient le faire douter… et il était à présent indécis. Pourquoi n'arrivait-il pas à nier ce que le mage noir venait de dire, et pourquoi avait-il soudain commencé à douter des intentions de Dumbledore ?
« Es-tu maintenant plus enclin à me rejoindre ? » demanda ensuite le serpent d'une voix presque triomphante.
Était-ce vrai ? N'était-il qu'un pion pour le directeur ? L'homme ne l'appréciait-il que parce qu'il lui servirait plus tard ?
Et tandis que l'adolescent semblait être en proie à l'incertitude, Voldemort s'autorisa un sourire, ce qui fit immédiatement revenir Harry à lui.
Si le mage noir croyait qu'il allait le faire changer d'avis sur le directeur aussi rapidement, il se trompait.
« Vous avez peut-être raison, je ne suis peut-être qu'un pion. Mais je sais reconnaître le bien du mal, et Dumbledore incarne le bien. Il ne tuera jamais d'innocents comme vous l'avez fait, et il ne m'a jamais fait de mal. »
Voldemort perdit alors son sourire.
Harry ne devait pas douter de Dumbledore. Il ne pouvait pas se le permettre. Les arguments du mage noir avaient peut-être fait mouche, mais rien ne prouvait qu'ils étaient vrais.
C'est donc d'une voix résolue qu'il continua :
« J'ai confiance en lui, et j'ai déjà choisi mon camp. »
Le terrible mage noir le regardait maintenant dans les yeux et semblait lui déconseiller d'aller plus loin.
Mais le Survivant, qui sentait sa rage bouillir à nouveau en lui n'y fit pas attention. Il devait dire ce qu'il pensait, et ce jusqu'au bout.
« Vous êtes un meurtrier, dont celui de mes parents ! » continua alors d'une voix plus forte. « Et ne vous rejoindrai jamais, peu importe ce que vous pourriez dire ou faire ! »
Voldemort plissa alors les yeux, agacé par une telle impertinence.
Harry, quant à lui, sut qu'il avait fait le bon choix. Le directeur avait toujours été là pour lui, il l'avait toujours protégé et s'était porté garant de lui, et ce à plusieurs reprises.
Il ne douterait pas de Dumbledore.
« Peut-être dois-je te laisser le temps de réfléchir… » lança Voldemort d'un ton agacé.
« Je n'ai pas besoin de réfléchir ! » s'emporta alors le Survivant. « J'ai déjà fait mon choix et il ne changera pas ! »
Ensuite, tout se passa très vite.
Le mage noir siffla de fureur et se retrouva soudainement à un mètre du Survivant, qui recula de surprise et de peur, même s'il ne voulait pas l'admettre.
« Ma patience a des limites, Harry Potter… » menaça le serpent d'une voix affreusement basse.
Les deux sorciers, ennemis depuis toujours se fixèrent en silence, des yeux verts, fiers et convaincus contre des yeux rouges, furieux mais contrôlés.
« Je te donne trois jours. » continua Voldemort. « Trois jours pour réfléchir, n'est-ce pas clément de ma part ? Au quatrième jour, tu me donneras ta réponse. »
Il fit ensuite une pause puis reprit encore plus bas tandis que le Survivant lui lançait un regard assassin :
« Réfléchis bien, Harry Potter. Tu n'auras pas de troisième chance… »
Puis, aussi vite qu'il était venu, il se détourna du Survivant et retourna s'asseoir sur son trône tandis que Gibbon, qui était réapparu dans la pièce raccompagnait l'adolescent furieux dans sa chambre.
Était-de donc la raison pour laquelle il n'était pas mort ? Parce que le mage noir voulait qu'il le rejoigne ? Il préférerait mourir plutôt que de faire une telle chose ! Et Voldemort avait beau lui avoir donné un délai supplémentaire pour réfléchir, Harry ne changerait pas d'avis, jamais. Avant que les choses ne dégénèrent, Dumbledore viendrait le sauver, il en était certain.
Si seulement cela avait pu être vrai...
À suivre...
