Bonsoir !

C'est plutôt sympa les orages, ça coupe internet comme ça, gentiment... juste quand je voulais publier, c'est à dire il y a deux heures et demi. Oui la coupure a duré 2h30, un pur bonheur. Heureusement que j'écris sur Word et non sur doc manager parce que j'aurais pété un câble...

Dans deux jours la fiction aura 1 mois youpi ! Et en cinq chapitre, la barre des 25 reviews a été atteinte. Je vous remercie donc sincèrement pour vos petits commentaires, parfois longs, parfois courts, ça n'a pas d'importance et je vous fait plein de bisous partout !

Et en parlant de longueur, ce chapitre est un peu plus courts que les autres mais il est essentiel. Soyez donc attentifs aux détails et on se retrouve en bas pour papoter un peu plus...

Bonne lecture !


Chapitre 5 : Résonance


Le jour précédent à la rencontre entre le Survivant et le Seigneur des Ténèbres, la petite rue de Privet Drive fut à nouveau perturbée.

C'était la nuit, seules quelques maisons de Little Whinging étaient encore allumées et une brise légère soufflait dans les arbres du quartier tandis qu'on entendait au loin le ronronnement des voitures et des camions sur l'autoroute. Quant à la rue de Privet Drive, tout était calme comme n'importe quelle nuit et pas un chat ne rôdait dehors.

Soudain, dans cette même rue, où les maisons étaient toutes identiques et alignées sur une même ligne, où le gazon devant elles était d'un vert peu naturel et où chaque voiture d'une carrosserie impeccable trônait fièrement devant la route grise et uniforme de la rue, un homme apparut dans un craquement.

Il était grand, très vieux, portait une cape vert émeraude sur une longue robe grise et avait des cheveux argentés et une longue barbe qui lui descendait jusqu'à la taille. Derrière ses lunettes en demi-lune, ses yeux bleus perçants affichaient un air contrarié, peut-être même inquiet.

Cet homme, c'était Albus Dumbledore.

Au contraire de la première fois qu'il était venu ici, il ne prit pas la peine de sortir son Éteignoir et son regard ne fut pas croisé par celui d'un chat tigré, même si la raison de sa présence ici avait un point commun avec sa première venue.

En vérité, Albus Dumbledore ne se serait jamais déplacé en personne si l'affaire n'avait pas été grave, il était beaucoup trop débordé pour cela. Mais certains points l'avaient définitivement décidé à faire irruption dans le monde des Moldus. Tout d'abord, depuis quelques jours Mrs Figg, son espionne qui habitait dans le quartier et avait pour tâche de surveiller Harry Potter ne lui répondait plus. Par le passé la chose était déjà arrivée, n'avait jamais été très dramatique et avait toujours été justifiée, ce qui n'était en soit pas très grave.

En plus de cela cependant, Mondingus Fletcher, membre de l'Ordre du Phoenix, chargé de surveiller le Survivant afin de prévenir toute attaque menée contre Voldemort – qui était réapparu au plus grand dam du monde magique – s'était volatilisé.

Et enfin, la lettre que Dumbledore avait envoyée à Harry Potter était restée sans réponse, ce qui était tout sauf normal. Le sorcier avait donc été obligé de changer ses plans et de se déplacer en personne afin de prendre des nouvelles du Survivant puis de le ramener par la même occasion au quartier général de l'Ordre du Phoenix, les aurors chargés de cette tâche étant occupés à chercher Mondingus. Le sorcier ne savait pas ce qui était arrivé à l'homme, mais en dépit de ce que disait les autres membres de l'Ordre, Dumbledore avait confiance en lui.

L'homme s'avança alors vers le numéro quatre de la rue et appuya sans plus attendre sur la petite sonnette. Il était vingt-trois heures passées mais il n'avait pas pu faire autrement. Depuis la résurrection du terrible mage noir aussi appelé Voldemort, le directeur de Poudlard était très occupé.

Puis il attendit, son regard perçant faisant le tour de la rue silencieuse et se retourna vers la porte quand une femme vint lui ouvrir.

Elle était grande, maigre, avait des cheveux blonds ternes et affichait un air désespéré, comme si un drame venait de se produire. Cependant, en croisant le regard du vieux sorcier, elle se reprit légèrement et fronça les sourcils dans une expression de colère.

« Je suis désolé de vous déranger à une heure aussi tardive. » commença alors Dumbledore. « Je suis-… »

« Je sais qui vous êtes. » l'interrompit la femme. « Il était temps que vous arriviez. » dit-elle d'un ton plein de reproches.

Elle fit ensuite signe au sorcier légèrement surpris d'entrer et se rendit à la salle à manger.

Et tandis que Dumbledore la suivait, celui-ci s'attarda au passage sur l'aspect presque lugubre de la maison. Tout d'abord, seule une petite lampe d'une pièce voisine était allumée, rendant ainsi l'intérieur très sombre. Sur l'escalier qui se situait juste en face de l'entrée, on pouvait distinguer une fine couche de poussière ainsi que des traces de saletés en tout genre. Il y avait également, sur un petit meuble en bois, des fleurs fanées et un cadre photo renversé. Le parquet grinçait légèrement et une petite porte en dessous des escaliers avait été défoncée, sûrement à coup de poings et de pieds.

Puis, lorsqu'ils arrivèrent dans la salle à manger, le sorcier remarqua que l'état de la pièce était pareil au reste de la maison. Les coussins sur le canapé étaient en désordre, de nombreux tableaux et cadres semblaient avoir été enlevés du mur, laissant une marque sur celui-ci, et la table n'était même pas débarrassée. Il y avait également de la vaisselle dans l'évier ainsi que quelques minons parterre. Les rideaux étaient tirés et une odeur de renfermée flottait dans la pièce sombre.

« Marge, la sœur de mon mari est ici. » lança Mrs Dursley en fermant la porte de la pièce. « Elle n'est pas au courant pour… »

Elle hésita, prit une expression crispée et continua :

« Votre monde. »

Dumbledore hocha légèrement la tête.

« Peut-être voulez-vous que je lance un sortilège pour qu'elle ne nous entende pas ? » demanda-t-il d'une voix polie.

Pétunia Dursley parut alors épouvantée.

« Non. » répondit-elle rapidement. « Rien de tout cela. Il suffit de ne pas parler fort. Et puis elle a un sommeil de plomb. »

Elle alla ensuite s'asseoir sur le sofa et montra d'un geste au sorcier le fauteuil qui lui faisait face. Ils s'assirent donc tous les deux en silence tandis que Dumbledore se disait que Mrs Dursley, la sœur de Lily Potter, avait bien changé depuis qu'il ne l'avait pas vu. Elle portait toujours cet air pincé sur son visage et avait toujours une posture raide et peu naturelle, mais elle était beaucoup plus maigre qu'avant, avait troqué sa coiffure impeccable pour une touffe de cheveux blonds délavés et arborait, derrière son expression sévère, un certain air de tristesse.

Mais ce n'était pas pour voir la sœur de Lily Potter que Dumbledore était ici.

« Comme vous devez vous en doutez… » commença alors le sorcier d'une voix tranquille. « Je suis venu voir comment Harry se portait. »

Aussitôt, son interlocutrice se crispa, ce qui fit légèrement plisser des yeux le sorcier. Il y eut ensuite un petit silence durant lequel Pétunia Dursley s'employa à fixer nerveusement un coin du mur de la pièce.

« Puis-je le voir ? » demanda le directeur de Poudlard d'une voix polie.

« Il n'est pas ici. » dit précipitamment son interlocutrice.

Dumbledore se pencha alors sur son fauteuil et plongea ses yeux dans ceux de la femme, un air grave peint sur son visage.

C'était ce qu'il avait redouté.

« Savez-vous où il est ? » lança-t-il simplement.

Son interlocutrice soutint son regard pendant quelques secondes puis détourna finalement les yeux.

« Non, je ne le sais pas. » répondit-elle d'une petite voix.

Le silence se fit alors tandis que Dumbledore réfléchissait. Ce n'était pas la première fois que l'adolescent quittait la maison de son oncle et sa tante sans même dire où il allait, le sorcier le savait. Avant sa troisième année à Poudlard par exemple, il avait fait ses affaires et avait pris le magicobus malgré la volonté du directeur qui lui avait ordonné de rester chez sa tante pour des mesures de sécurité et s'était retrouvé au Chaudron Baveur sans trop de problèmes. La question était donc : où Harry Potter était-il allé ?

En jetant un bref coup d'œil à la femme, il sut qu'elle n'était pas plus renseignée que lui. Après tout, Harry n'avait jamais aimé vivre chez ces moldus, et ceux-ci n'avaient pas non plus apprécié le fait qu'un sorcier habite chez eux.

Soudain, la porte de la salle à manger s'ouvrit dans un petit couinement et brisa le silence de la pièce.

Un homme gros et gras pénétra dans le salon, la tête basse, les pieds traînants. Il se dirigea vers la cuisine, prit un verre d'eau et se retourna pour quitter la pièce, le visage fermé. Cependant, lorsqu'il leva légèrement la tête, il remarqua le sorcier et recula aussitôt dans une expression de surprise totale.

« Vernon. » dit alors sa femme en se levant. « Voici Albus Dumbledore, le directeur de l'école de… »

Elle sembla hésiter puis termina finalement dans une expression de haine difficilement contenue :

« Harry. »

Mr Dursley regarda alors sa femme, puis le sorcier, et son visage fut alors traversé par trois émotions. D'abord, la surprise totale, puis la méfiance, et enfin la colère.

« Vous… » commença-t-il alors qu'il serrait les poings et que son visage devenait rouge tomate.

Le sorcier se leva alors et salua l'homme d'un bref hochement de tête.

« Je suis venu prendre des nouvelles de votre neveu. » dit-il ensuite d'une voix tranquille.

L'homme fixa alors d'un air ébahi le sorcier tandis que Mrs Durlsey le faisait revenir à la réalité :

« Vernon ? »

« CE N'EST EN AUCUN CAS MON NEVEU ! » rugit-il alors, faisant sursauter sa femme.

« Vernon ! » l'interpella-t-elle d'une voix sévère. « Tu vas réveiller Marge. »

Le concerné regarda alors Mrs Durlsey, les poings toujours serrés. Puis après un regard d'avertissement de sa part, il hocha la tête et alla s'asseoir à côté de sa femme tandis que Dumbledore songeait à la réaction de Mr Dursley. Il savait bien évidemment que les Moldus n'aimaient pas Harry Potter, c'était d'ailleurs réciproque, mais une telle haine envers l'adolescent devait sûrement cacher quelque chose...

« Que s'est-il passé ? » demanda alors le vieux sorcier en regardant tour à tour ses interlocuteurs.

Il y eut un petit silence durant lequel le couple sembla ne pas avoir entendu la question. Mr Dursley fut cependant tout à coup beaucoup plus calme et échangea un coup d'œil malheureux avec sa femme sous les yeux attentifs du sorcier. Il avait dû se passer quelque chose de grave.

« Mr Dursley ? » l'interpella le sorcier.

La colère fut alors remplacée par la tristesse et Vernon Dursley répondit d'une petite voix :

« Notre fils… »

Pétunia se mit alors à pleurer tandis que son mari passait un bras affectif autour de sa maigre taille et la serrait contre lui.

« Votre fils ? » reprit Dumbledore d'une voix calme.

« Il… » continua l'homme encore plus bas. « Il... »

L'homme lança un coup d'œil à sa femme qui le regardait, les larmes aux yeux. Ses mains tremblèrent et il serra les poings avant de dire, presque dans un murmure :

« Il a été tué. »

Dumbledore fut alors surpris.

Il s'était douté qu'il avait dû se passer quelque chose de grave, voir même de bouleversant dans la petite famille, il l'avait d'ailleurs deviné lorsqu'il avait vu les nombreux cadres retournés et les tableaux enlevés des murs, ainsi que l'aspect lugubre de la maison. Mais il ne se serait jamais douté qu'un meurtre avait été commis.

Le sorcier fronça les sourcils, une expression soucieuse sur le visage. Qu'une personne soit morte, certes, il y avait pensé. Mais d'une façon accidentelle ou naturelle, et pas assassinée comme le laissait entendre Mr Dursley. Le directeur fit alors le rapprochement entre la haine que ressentaient les Moldus à l'égard de Harry et la mort de leur fils. Était-il possible que le couple accuse l'adolescent comme étant le meurtrier de leur fils ? Il eut vite sa réponse lorsque Mr Dursley reprit la parole :

« Il l'a tué… » dit-il d'une voix remplie de haine. « Ce… ce… monstre. »

Il fit une petite pause tandis que son visage redevenait rouge tomate et que ses gros poings se serraient à nouveau. Pétunia, elle, gardait résolument le silence et fixait le sol de ses yeux humides.

« Il l'a assassiné. » reprit difficilement son mari. « Et il s'est enfuit. »

Il y eut alors un autre silence. La haine du Moldu envers l'adolescent était palpable dans toute la pièce. Et le directeur de Poudlard, qui gardait respectueusement le silence à la mémoire de Dursley-fils s'inquiéta soudain pour le Survivant. Il était certain que l'adolescent n'était pas l'assassin de son cousin, ce qui emmenait Dumbledore à se demander : qui avait tué Dursley junior ? Et où était-donc passé Harry Potter ? Ce n'était tout de même pas...

« Pouvez-vous me raconter en détail ce qu'il s'est passé ? » demanda-t-il alors gravement.

Pétunia et son mari se regardèrent silencieusement pendant quelques secondes. Ce fut finalement la femme qui prit la parole après avoir séché ses larmes.

« C'était… » commença-t-elle doucement en fixant le sorcier. « C'était il y a cinq jours maintenant. Il faisait nuit, notre fils était dehors avec ses amis ainsi que… »

Elle hésita, renifla bruyamment d'un air méprisant puis dit finalement :

« Ainsi que Harry. Dudley est… »

Elle regarda à nouveau son mari, se mordit la lèvre, puis reprit :

« Dudley était un bon garçon. Il revenait toujours à l'heure à laquelle on lui disait. L'autre… » – elle cracha presque ce mot – « Il faisait ce qu'il voulait. Alors, quand nous avons vu que Dudley n'était toujours pas revenu après une demie heure de retard, Vernon et moi sommes sortis afin de le chercher. »

Elle renifla à nouveau et ses yeux se remplirent à nouveau de larmes.

« Nous nous sommes séparés. » continua-t-elle cependant. « Et nous sommes allés chez les amis de notre fils pour de voir s'il n'était pas chez eux. Et puis… »

Elle s'interrompit alors, les mains tremblantes et son mari la prit à nouveau dans ses bras.

« Et puis nous l'avons… trouvé… » reprit difficilement Mr Dursley et d'une voix emplie de tristesse. « Sur la route, étendu par terre… »

Il s'arrêta tandis que des larmes coulaient de ses yeux et qu'il reniflait bruyamment, rejoignant ainsi sa femme dans son chagrin. Le sorcier leur proposa alors des mouchoirs qu'il venait tout juste de sortir de sa robe.

« Toutes mes condoléances pour la mort de votre fils. » dit Dumbledore d'une voix grave. « Les temps sont durs, et la perte d'un être cher est une épreuve difficile à surmonter. »

Il fit ensuite une petite pause et reprit lentement :

« Mais je vous assure que Harry n'est pas le meurtrier de votre fils. Il ne ferait jamais-… »

Le sorcier fut malheureusement interrompu lorsque Mr Dursley se leva soudainement et s'avança vers lui, les yeux toujours humides et les poings serrés.

« IL A TUÉ NOTRE FILS ! » hurla-t-il alors, faisant à nouveau pleurer sa femme. « C'EST UN MEURTRIER ! ET TOUT CELA NE SERAIT JAMAIS ARRIVÉ SI NOUS N'AVIONS PAS EU À NOUS OCCUPER DE CE MONSTRE ! »

Aussitôt, Dumbledore se leva et ordonna d'une voix forte, dangereuse et qui résonna dans toute la pièce :

« Calmez-vous ! »

Pétunia Dursley sursauta alors et regarda d'un air apeuré le sorcier, tandis que son mari reculait de quelques pas et s'asseyait - ou plutôt se laissait tomber - sur le canapé.

« Harry n'est certainement pas le tueur de votre fils. Il ne ferait jamais une telle chose. Vous êtes aveuglés par la tristesse et la haine, cela se comprend. » dit ensuite le directeur d'une voix calme.

Il fit une petite pause, regardant tour à tour les Moldus qui s'étaient recroquevillés sur leur canapé et qui le fixaient d'un air ahuri.

« Mais Harry… » – il plongea son regard perçant dans celui de Mrs Dursley – « Fils de James et Lily Potter n'est pas un meurtrier. »

Pétunia baissa alors les yeux, sachant bien malgré elle que le sorcier disait la vérité. Son mari quant à lui, ne fut cependant pas convaincu.

« Si vous le voulez bien... » dit ensuite le sorcier en s'assaillant à nouveau sur le fauteuil. « J'aimerais avoir plus de détail concernant la mort de votre fils. Qu'avez-vous fait après l'avoir trouvé ? »

Mais il n'eut aucune réponse. Le couple se contenta de garder résolument le silence sous le regard légèrement impatient du sorcier.

« Je suis désolé de vous demander cela après une si courte période de deuil, mais il est primordial que vous me racontiez tout ce que vous savez, afin de trouver au plus vite le meurtrier et de l'arrêter. »

Il y eut un autre silence, tandis que Mr et Mme Dursley avait relevé la tête aux paroles du sorcier. En vérité, ce n'était pas vraiment la priorité du directeur. Avant tout, il devait retrouver Harry Potter et s'assurer qu'il aille bien... mais quelques mensonges, dans la mesure du raisonnable, n'avaient jamais fait de mal à personne, et l'heure était grave, car Dumbledore craignait que Harry Potter ne court un grave danger.

« Eh bien… » commença alors Pétunia en jetant un coup d'œil à son mari. « Nous avons appelé la police et les pompier bien sûr. Et en attendant qu'ils arrivent, nous avons examiné le corps de… »

Elle prit son mouchoir, le porta à sa bouche comme si elle avait la nausée et continua dans un murmure :

« Nous avons examiné son corps. »

« Mais il n'avait rien. » reprit Mr Dursley. « Pas une seule trace de blessure. Il était simplement étendu là comme s'il dormait… » dit-il ensuite d'un air vague.

Pétunia prit alors les mains de son mari dans les siennes et lui fit un maigre sourire. Puis elle regarda à nouveau le sorcier et continua.

« Ensuite, la police et les pompiers sont arrivées et tout s'est passé très vite… des hommes ont tenté de réanimer Dudley après l'avoir mis sur une civière mais il… »

Ses mains serrèrent plus fort celles de son mari.

« C'était trop tard. »

Ses lèvres tremblèrent et elle baissa la tête, accablée par le chagrin, tandis que son mari l'attirait contre lui et la serrait dans ses bras. Dumbledore vit alors que le couple, à défaut d'avoir aimé Harry, avait aimé plus que tout leur fils et leur haine face à la magie, à cause de ce triste événement ne disparaîtrait jamais. Car le directeur savait très bien ce qui avait tué Dursley junior. Il n'en était pas sûr, mais la description fournie par la femme ne pouvait que plonger dans cette direction.

« Personne n'a été témoin du crime ? N'y a-t-il aucun indice ? » demanda alors le sorcier après un petit silence.

« Non. La police a interrogé le voisinage mais aucun n'a vu ce qu'il s'était passé. » répondit aussitôt Mr Dursley. « Ce sont des bons à rien ! » rajouta-t-il ensuite d'une voix méprisante.

Dumbledore hocha alors vaguement la tête, intrigué par ses dires. N'était-ce qu'une simple coïncidence ? Les voisins n'avaient-ils vraiment rien vu ? Mais le directeur ne croyait pas aux coïncidences.

« Avez-vous rendu l'affaire publique ? » demanda-t-il ensuite.

« Bien sûr que non ! » cracha aussitôt Pétunia Dursley dans une expression de haine. « Je savais que cela aurait créé trop de problèmes. »

« Et vous avez bien fait. » dit le sorcier en hochant la tête. « Le meurtrier vient certainement de notre monde, et la mort inexpliquée d'un adolescent aurait certainement créé des doutes dans votre monde. Que vous ont dit les médecins, à propos ? »

Le couple échangea un regard triste.

« Ils nous ont simplement dit que le cœur de Dudley s'était brusquement arrêté comme s'il avait fait un arrêt cardiaque… » répondit Mr Dursley d'un air dépité.

Il y eut alors un petit silence dans lequel le directeur fixa d'un air sombre un point invisible sur le mur. C'était certainement l'œuvre du sortilège de la mort, et le fait que personne n'ait été témoin de la scène pourrait peut-être s'expliquer magiquement, encore une fois, bien que le sorcier ne puisse l'affirmer avec une certitude absolue.

Puis, alors que le couple replongeait dans leur chagrin, Dumbledore pensa au Survivant. Quel avait été son rôle dans cette histoire ? Avait-il seulement été présent lorsque son cousin s'était fait tué ? Et pourquoi s'était-il fait tué d'ailleurs ? Y avait-il eut une attaque ?... Seule une poignée de sorcier n'hésiterait pas à tuer un Moldu de sang froid et le directeur eut alors un terrible doute.

Était-ce Voldemort ? ...

Mais plus que des doutes, le sorcier avait besoin de réponses.

Il jeta un coup d'œil à Mr et Mme Dursley qui semblaient l'avoir oublié et se serraient mutuellement sur le petit canapé. Le sorcier n'en obtiendrait pas plus de ce côté-là.

Dumbledore se leva alors, faisant légèrement sursauter le couple.

« Merci d'avoir répondu à mes questions, le meurtrier sera identifié, jugé, et ira expier ses crimes à Azkaban. »

Pétunia frissonna lorsqu'il mentionna le nom de la prison puis hocha la tête.

« Quant à Harry, il n'est certainement pas coupable. » continua-t-il ensuite sous la grimace de mépris que faisait Mr Durlsey. « Je crois, au contraire, qu'il a tout fait pour aider son cousin, son succès malheureusement. »

À ces mots, Vernon se leva alors dans un nouvel excès de rage et se dirigea vers le buffet, où trônait une panière à fruits moisis, quelques verres, quelques papiers et une tasse de café renversée. Il prit ensuite une enveloppe déchirée et la montra au sorcier.

« Et comment expliquez-vous cela ? » dit-il d'une voix accusatrice en la donnant au directeur. « C'est une lettre du Ministère machin-chose, il a utilisé la magie alors qu'il n'en avait pas le droit ! »

Dumbledore fronça les sourcils sous les dires du Moldu. Puis, il sortit la lettre de son enveloppe et la parcourut rapidement.

Cher Mr Potter,

Le Ministère de la magie a reçu des informations selon lesquelles vous auriez exécuté le sortilège du Patronus, le sortilège de Stupéfixion, le sortilège de Désarmement et enfin le sortilège de Découpe hier soir à onze heures sept.

La violation du décret sur la Restriction de l'Usage de la Magie chez les Sorciers de Premier Cycle entraîne donc un avertissement du Ministère et une exclusion de l'école de sorcellerie Poudlard pour une durée d'un mois. Si récidive, la faute sera d'avantage punie.

Vous espérant en bonne santé, le Ministère vous prie d'agréer, cher Mr Potter, l'expression de ses sentiments distingués.

Service des usages abusifs de la magie,

Ministère de la Magie.

(Cette lettre a été envoyé automatiquement, veuillez ne pas y répondre.)

Dumbledore fronça alors les sourcils. Comment se faisait-il qu'il n'avait pas reçu de copie de la lettre ? Il n'était certes, pas le tuteur légal du Survivant, mais il était tout de même le directeur de Poudlard, et chaque exclusion d'élève par le Ministère de la magie lui avait toujours été signalée. De plus, le sorcier avait toujours demandé au Ministère d'être informé de n'importe quel fait et geste de Harry Potter, ce qui aurait dû garantir l'envoi d'une copie de cette lettre...

Que se passait-il donc ?

Il relit ensuite rapidement la lettre et s'attarda sur les sortilèges que l'adolescent avait utilisé qui étaient révélateurs, mais en même temps contradictoires. Harry avait en effet utilisé un Patronus, ce qui signifiait qu'il s'était retrouvé en face d'un ou plusieurs Détraqueurs, ce que Dumbledore trouva invraisemblable. L'adolescent, avait également utilisé des sortilèges tout autres, cette-fois réservés à un combat contre d'autres sorciers, ce qui fit revenir Dumbledore a sa première idée.

Harry Potter avait été attaqué, sûrement par des Mangemorts.

L'heure était grave.

Le directeur rangea alors la lettre dans sa poche sous les yeux accusateurs du Moldu qui le regardait toujours et expliqua brièvement.

« Ce sont-là des sortilèges strictement inoffensifs. » dit-il même si ce n'était pas exactement vrai. « Je vous le répète donc, Harry Potter n'a pas tué votre fils. »

Il lança un regard courroucé à Mr Dursley puis se tourna vers sa femme, soudain beaucoup plus menaçant :

« Et vous, comment se fait-il que vous ne m'ayez pas prévenu ? Vous étiez responsable de votre neveu. Qu'est devenue votre promesse ? »

L'intéressée soutint son regard pendant quelques secondes puis détourna finalement la tête d'un air coupable. Sa seule justification était qu'elle avait ressenti tellement de haine envers le pseudo meurtrier de son fils qu'elle en avait totalement oubliée sa responsabilité.

« C'est le fils de Lily, votre sœur. » dit alors d'un ton dur le sorcier. « Et il est peut-être en grave danger. J'ai espoir qu'il n'ait pas subi le même sort que votre fils, même si je ne pourrais affirmer avec certitude que c'est le cas. N'avez-vous rien à dire pour votre défense ? »

Pétunia Dursley releva alors la tête et envoya un regard chargé de haine au sorcier :

« Ne me parlez pas d'elle ! » cracha-t-elle furieusement. « Et en ce qui concerne Harry, il a ruiné nos vies ! Et même s'il n'a pas tué notre fils, il a certainement une part de responsabilité dans la mort de Dudley. C'est vrai, qui aurait voulu tuer notre fils ? Il était si beau, si sage, si parfait ! »

« Ma femme a raison ! » intervint Mr Dursley qui partageait la colère de Pétunia. « C'est également de votre faute, c'est vous qui nous avez refilé ce monstre ! »

Le directeur regarda alors gravement les deux Moldus qui lui faisaient face et ferma brièvement les yeux, consterné que les choses se finissent ainsi.

Car c'était bel et bien fini, après la mort de Dursley Junior, jamais plus le couple n'acceptera de prendre sous son toit leur neveu. Alors, le sorcier contourna le canapé sur lequel le couple s'était assis il y a quelques minutes puis lança simplement :

« Encore toutes mes condoléances pour la mort de votre fils. »

Puis, il sortit sa baguette et lança avant de quitter la maison en direction des Moldus, trop surpris pour réagir :

« Oubliettes. »


Et à des kilomètres de la petite rue du quartier de Little Whinghing, une page de l'histoire était en train de s'écrire.

C'était le soir, dans une grande ville colorée et alors qu'une marée humaine s'apprêtait à rejoindre la fête.

Dans cette ville, il y avait d'abord ces cafés et ces bars, remplis d'hommes et de femmes qui buvaient et discutaient joyeusement, avec parfois une cigarette à la main. Il y avait ensuite ces quais, envahis par des touristes qui s'arrêtaient à chaque mètre pour prendre le meilleur cliché au bord de l'eau, saluant parfois les bateaux qui passaient, puis ces artistes de rues qui chantaient et dansaient d'un rythme entraînant devant les monuments de la ville, assaillis par une foule joyeuse et sous les bruits de klaxon des taxis.

Il y avait aussi ces magasins aux enseignes lumineuses et colorées, ouverts sur la grande allée qui débordait de monde, puis ces ponts où le vent soufflait doucement et faisait voler les quelques journaux abandonnés du jour précédent, et enfin ces restaurants et ces terrasses, animés par des musiciens en tout genre, rejoignant ainsi le vacarme que la nuit semait.

Et l'ambiance de la ville, chaude et entraînante, qui venait à peine de s'installer et qui n'épargnerait aucun quartier durerait jusqu'au petit matin.

Exceptée dans cette rue-là.

C'était pourtant une rue comme les autres, fréquentée par quelques touristes et promeneurs un peu perdus et désirant rejoindre la fête. Il y avait des maisons bleus et rouges, aux balcons fleuris et lumineux, des clôtures blanches aux portails parfois ouverts et donnant sur une petite route pavée et quelques lampadaires installés là d'une façon aléatoire.

En somme, tout était normal, du moins jusqu'à ce qu'un énorme bruit surgisse au milieu de la rue.

Brusquement, deux hommes apparurent sous les yeux effrayés des passants.

La rue devint alors silencieuse, chacun attendant de savoir ce qu'il s'était passé, peu sûr de la bonne attitude à suivre.

Les deux hommes masqués et habillés de capes noires semblaient être déguisés pour Halloween. Mais ce n'était pas exactement le cas… et les passants s'en aperçurent lorsque l'un pointa une sorte de bâton en direction d'un coin de la rue qui explosa soudain.

Des cris retentirent alors et tout le monde se mit à courir afin de fuir les deux hommes qui remontaient maintenant la rue d'un même pas, leurs baguettes se levant tour à tour afin de briser une vitrine, mettre le feu à une maison ou bien faire exploser un lampadaire.

Alors, en quelques secondes à peine, la rue fut désertée par la foule. Le silence se fit et il ne resta plus que les hommes en noirs qui s'étaient séparés et semblaient chercher quelque chose.

Ils fouillèrent d'abord les maisons, découvrant parfois des Moldus qui se cachaient là en faisant mine de ne pas les avoir vu, s'aventurèrent dans les quelques ruelles voisines, remontèrent la rue puis s'arrêtèrent soudain au beau milieu de la route pavée.

En face d'eux, un autre homme venait d'apparaître d'une rue adjacente.

Il avait l'air assez jeune et affichait un air tranquille sur son visage, peut-être inconscient du danger. Il portait un tee-shirt troué aux manches, un pantalon brun délavé et des baskets toutes aussi misérables que le reste. Il avait des cheveux châtains, presque blonds, courts et en désordre, des yeux bleus profonds, un nez fin et légèrement relevé au bout, un menton droit caché par une barbe de quelques jours et enfin une peau pâle qui contrastait avec ses cernes noires d'encre, lui donnant un air à moitié fou.

Il semblait intrigué et avait ses mains dans ses poches.

Les deux Mangemorts pointèrent alors leurs baguettes en direction de l'intrus, qui ne fit pas un geste.

« Je sais qui vous êtes. » dit-alors d'une voix tranquille et avec un léger accent du pays.

Ses interlocuteurs se contentèrent simplement d'avancer vers lui, leurs capes virevoltant d'un air théâtral. Puis, lorsqu'ils furent à quelques mètres du vagabond, ils s'arrêtèrent.

« Jette ta baguette. » ordonna l'un des deux hommes.

Le concerné qui avait toujours les mains dans les poches sortit alors sa main droite qui tenait effectivement une baguette. Il la leva, lentement, observant au passage les deux Mangemorts.

« Prenez-là. » dit-il d'une voix tranquille.

Sa baguette lui fut aussitôt arrachée et vint se loger dans la main d'un des mages noirs.

« Je n'en ai pas besoin. » ajouta ensuite le vagabond.

Les Mangemorts réduisirent alors la distance qu'ils avaient mise entre lui.

« Est-ce toi, Alexandre-… » commença un mage noir avant d'être coupé.

« Je suis ici sous un autre nom. » dit le vagabond en replongeant sa main dans sa poche. « Mais c'est effectivement moi. »

« Tu vas nous suivre sans faire d'histoire. » ordonna alors le Mangemort qu'il avait coupé.

Le vagabond haussa les épaules.

« Quelle cause servez-vous ? » demanda-t-il d'une voix presque curieuse.

Les deux mages noirs ne répondirent pas tout de suite. Au loin, des Moldus arrivaient en masse sur le lieu du drame, dans un vacarme assourdissant de sirènes et de cris. On pouvait également entendre un hélicoptère, qui ne tarderait pas à survoler la rue.

« Celle de la puissance. » dit-alors l'un des Mangemorts.

Le vagabond fronça les sourcils.

« La puissance ne m'intéresse pas. » lança-t-il d'un air déçu.

« Ce n'est là que l'aspect principal de notre cause… » ajouta le deuxième mage noir. « Le Seigneur des Ténèbres est puissant et si tu te joins à lui, il saura te récompenser. »

Le sorcier désarmé fut alors tout à coup plus intéressé et croisa les bras.

« Peut-il m'offrir le savoir ? »

« Si tu le satisfais, ce sera chose faite. »

« Pourra-t-il exaucer l'un de mes vœux ? »

« Si tu lui es loyal, il n'a rien que le Seigneur des Ténèbres ne puisse accomplir pour toi. »

Le vagabond prit alors un air songeur tandis qu'il se grattait le menton. Et pendant ce temps, les Moldus se rapprochèrent de plus en plus et la rue fut soudain illuminée par le projecteur d'un hélicoptère.

« C'est d'accord. » dit-il ensuite tandis que les deux Mangemorts s'impatientaient.

L'un des mages noir posa alors un bras sur son épaule tandis que les Moldus arrivaient enfin et criaient des ordres aux trois suspects.

Puis, ils disparurent.


Et c'est la fin du cinquième chapitre. (Merci à La Curée de Zola, j'ai été inspirée pour décrire la ville !)

Tout d'abord, j'aimerais expliquer pourquoi il s'appelle "Résonance". Je l'avoue je n'avais pas beaucoup d'idée pour le nom de ce chapitre, je suis donc allée chercher dans mes musiques (oui je fait ça des fois) et j'ai trouvé Resonance de Miro. Étant donné que ça collait bien avec le rôle principal du chapitre c'est à dire raconter deux moments clés qui auront des répercussions sur la suite, comme un son qui résonne pour se faire entendre plus loin... le titre a été adopté. Et j'étais fière de moi (lol).

Je vais également mettre à jour mon profil pour parler un peu de la fiction et de ce que je compte en faire.

J'espère en tout cas que ce chapitre vous a plu et on se retrouve dimanche prochain !