Hello !
C'est avec fierté que je vous annonce que ce chapitre fait 10,600 mots et quelques (sans mes commentaires bien sûr) ! Le précédent record était de 9800 mots... il est donc battu !
Merci à tous pour vos reviews, je fais un petit coucou tout spécial à adenoide et Daidaiiro30 en review anonyme (car je ne peux jamais les remercier de leurs petits mots par MP) ainsi qu'à Bichtouille. Bisous sur vos fesses.
Je tiens à préciser que ce chapitre a pour but de montrer l'abandon progressif des convictions de Harry, la fin est d'ailleurs, je pense, assez explicite...
Bonne lecture !
Chapitre 9 : Interlude
Le jour suivant à la visite du maître des potions, Harry se réveilla tard dans la matinée.
Malgré ses dires, il avait tout de même bu la potion de sommeil-sans-rêve que son professeur lui avait donné et s'était aussitôt assoupi dans son lit. Grâce à elle, il n'avait donc fait ni rêve ni cauchemar et avait pu profiter d'un sommeil réparateur.
L'esprit encore un peu embué, l'adolescent s'assis, s'étira puis lâcha un soupir de contentement tandis que ses muscles endormis se réveillaient doucement et que quelques os dans son dos craquèrent.
Cela faisait très longtemps qu'il n'avait pas aussi bien dormi. Il ignora le léger tremblement de ses mains et après avoir étouffé un bâillement, mit ses lunettes sur son front, se leva et alla fermer la fenêtre qui était restée ouverte toute la nuit.
Puis, il remarqua le plateau de nourriture sur la petite table de la chambre. Le petit déjeuner, sûrement apporté par Sam lorsqu'il dormait encore, était composé d'un bol fumant de lait chocolaté, d'un croissant, d'un verre de jus d'orange et d'une tartine de confiture que Harry attrapa puis mangea tranquillement.
Le matin était sans doute le moment qu'il préférait. Encore légèrement endormi, il ne pensait à rien et savourait simplement son déjeuner, qui se réduirait aujourd'hui à une simple tartine de confiture à la myrtille. De toute façon, il ne se sentait pas capable de manger plus.
Une fois sa tartine terminée, il alla prendre les vêtements propres que l'elfe avait laissés sur le fauteuil vert et se dirigea vers la salle de bain. Il prit ensuite une longue douche chaude durant laquelle il pensa au jour précédent et plus particulièrement à la visite de Snape et d'un autre Mangemort dont il ne connaissait pas le nom. Les mots de son professeur, qu'il avait pourtant détesté dès son entrée à Poudlard et sur qui tous ses espoirs reposaient maintenant, étaient gravés dans sa mémoire.
« Le directeur vous recherche, en ce moment même. Vous devez rester fort. »
Curieusement, le sorcier s'était montré plutôt prévenant avec lui, c'était presque... de la gentillesse ? Non, plutôt de l'amabilité ? Le Survivant n'arrivait pas bien à le définir, mais une chose était sûre, Snape n'était plus comme avant. Enfin si, mais au lieu de l'insulter, il lui réparait ses lunettes par exemple, ce qui était un changement assez radical… et il était à présent le seul sur qui l'adolescent pouvait se reposer, du moins jusqu'à ce qu'il sorte d'ici.
Quand il y repensait, Harry trouvait cela plutôt drôle… qui aurait cru un jour que lui, en bon Gryffondor qu'il était, commencerait à... apprécier le maître des potions ?
« Non. » pensa-t-il aussitôt. « C'est plutôt de la confiance… peut-être ? »
Oui, l'adolescent avait peut-être un peu confiance en son professeur. En tout cas, plus qu'avant. Enfin peut-être.
« C'est compliqué… » songea-t-il tandis qu'il arrêtait l'eau et commençait à se savonner.
Dans tous les cas, Harry même s'il ne voulait pas forcément devait admettre être soulagé d'avoir Snape comme allié. Il était certes, un peu énervant – même beaucoup, aimait passer ses nerfs sur lui et l'insultait souvent afin de s'amuser mais d'une certaine façon, l'adolescent s'en fichait. Si sympathiser avec Snape lui permettait de rentrer à Poudlard, il le ferait volontiers. Après tout, il avait l'habitude des critiques acerbes de son professeur, il pouvait bien passer outre.
Le Survivant, après s'être rincé, sortit de la douche et s'habilla. Sam lui avait apporté un pull gris, confortable et de demi-saison, un pantalon noir et des sous-vêtements de la même couleur. Il pendit ensuite le linge qu'il avait utilisé pour se sécher ainsi que ses vêtements sales, que l'elfe récupérait le midi.
Puis, l'adolescent sortit de la salle de bain et alla, comme à son habitude, s'asseoir sur le rebord de la fenêtre. Il regarda distraitement le village en contrebas, déjà réveillé depuis un bon moment, les collines qui l'entouraient, le ciel bleu…
Il soupira, lasse. Il aurait pu décrire le paysage les yeux fermés tant il le connaissait.
Alors, voulant à tout prix s'occuper afin ne pas penser à… ce dont il ne devait pas penser, il se leva et se dirigea vers le bureau. Le jour précédent, il avait en effet passé tout son temps à se remémorer son entrevue avec… le mage noir, s'était rappelé la peur qu'il avait ressentie, la torture que lui avait fait subir le serpent, ponctuée de son rire terrible... et il s'était détesté pour cela. Aujourd'hui était un nouveau jour, il avait besoin de penser à autre chose.
Sinon, il deviendrait fou.
L'adolescent ouvrit donc un tiroir du bureau, sortit un crayon et le carnet puis se dirigea vers la table. Il poussa le plateau de nourriture et mit à la place ses petites – et maigres – affaires puis entreprit de relire tout ce qu'il avait écrit dans le carnet.
Le Survivant vit d'abord le premier dessin qu'il avait fait, une pâle reproduction du paysage à la fenêtre qui ressemblait d'ailleurs à un dessin d'enfant, puis la liste de choses à faire après avoir été sauvé par Dumbledore, ou par Sirius, il ne savait plus exactement. En premier, il devait remercier son sauveur, ce qui était plutôt logique. Ensuite, il devait contacter ses amis, aller chercher ses affaires chez son oncle et sa tante et s'excuser pour ce qui était arrivé à Dudley…
Le dernier point fit grimacer Harry. Heureusement, il avait déjà barré la phrase. Puis il lut la suite.
En quatrième, il devait faire disparaître sa cicatrice sur son bras gauche à l'aide de la magie. « Maintenant, il n'y plus que cette cicatrice-là à faire disparaître… » songea-t-il avec amertume.
Il rajouta donc les trois blessures que Gibbon lui avait faites au bras droit, à la jambe et dans le dos.
La cinquième chose à faire fit sourire l'adolescent. Il devait passer le reste de ses vacances chez les Weasley en attendant la rentrée, tout en serrant Molly dans ses bras en sixième point ainsi que le reste de la famille, puis manger plein de sucreries avec Ron et Hermione en septième et essayer de dormir en huitième.
Seulement les vacances étaient bientôt finies alors… c'était raté.
Les trois dernières choses à faire étaient de retourner à Poudlard, d'oublier son « séjour chez Voldemort » et de réussir ses BUSE. L'avant dernier point n'allait sûrement pas être si facile à réaliser. Il tourna donc la page d'un air irrité.
Le reste du carnet était un résumé de ce qu'il avait fait les premiers jours au manoir, et où le mot « rien » était écrit de façon plus ou moins grosse à chaque bas de page. Il y avait également deux ou trois croquis du paysage – il s'était amélioré ! – et un dessin de sa chouette Hedwige, qui n'était pas moche mais pas très beau non plus…
« Au moins, on devine que c'est une chouette. » pensa-t-il en haussant vaguement les épaules.
D'ailleurs, qu'était devenue Hedwige ? Allait-elle bien, était-elle en sécurité ? Avant qu'il ne sorte, le soir de son enlèvement, l'adolescent avait ouvert la cage de la chouette, lui permettant ainsi d'aller chasser. Peut-être était-elle retournée chez les Dursley, peut-être pas. Elle pouvait normalement se débrouiller toute seule, puisqu'elle savait chasser...
L'adolescent poussa un long soupir. Il espérait que sa chouette allait bien.
Puis, il tourna la page et entreprit de dessiner la grande salle de Poudlard afin de se changer les idées. Après tout, cela ne devait pas être très difficile. Il y avait d'abord quatre longues tables où chaque bannière de maison était accrochée, les grandes fenêtres, le plafond magique, la table des professeurs et enfin le compteur de points, composé de quatre énormes tubes en verre, un pour chaque maison, où coulaient des pierres précieuses de chaque couleur différentes et symbolisant les maisons : l'émeraude pour les Serpentards, le saphir pour les Serdaigles, le rubis pour les Gryffondors et enfin la citrine pour les Poufsouffles.
Harry changea alors d'avis et décida de dessiner le compteur de point. Il n'avait pas de couleur mais tant pis.
Il dessina donc les quatre grands tubes, les remplit de pierres en faisant attention que Gryffondor soit en tête, suivi de Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard en dernier, fit le croquis de chaque blason au-dessus des sabliers et dessina de petits motifs sur le mur.
Puis, après avoir fini, il observa son dessin et fut plutôt satisfait du résultat. Certes, c'était facile à faire mais après tout, il n'avait jamais appris à dessiner.
Soudain, le ''pop'' annonçant l'arrivée de Sam se fit entendre.
« Harry Potter est réveillé ! » lança l'elfe de maison d'un air surpris lorsqu'il vit l'adolescent assis à la table. « A-t-il bien dormi ? » dit-il ensuite en s'approchant de la table et en faisant disparaître le plateau de nourriture.
« Heu… oui, merci. » répondit le Survivant, peu habitué à ce que l'elfe lui pose de telles questions.
« Severus Snape a donné à Sam des potions. » dit-il en les tendant à l'adolescent qui s'était levé.
« Merci Sam. »
L'adolescent prit les trois potions ; deux nutritives et une potion de sommeil-sans-rêve – à force, il savait les différencier - et alla les poser sur la table de chevet.
Puis, l'elfe de maison disparut et le Survivant retourna à son dessin.
Que pouvait-il faire d'autre ? Sur le mur qui servait de fond au croquis et qu'il avait colorié en gris foncé, il restait deux ou trois endroits vides que le sorcier voulut remplir. Il fit donc une sorte de torche avec un petit feu dedans puis un vif d'or qui volait juste à côté. Enfin, puisqu'il restait encore un espace juste à droite des quatre sabliers, il essaya de dessiner une plume qui tombait au sol. Après tout, c'était dans la Grande Salle que les hiboux livraient le courrier.
Quelques minutes plus tard, il avait fini. Harry posa son crayon et détailla son dessin d'un air sceptique. Le compteur de point était plutôt bien fait, les blasons également… mais le vif d'or avait les ailes de travers et n'était pas exactement rond, tout comme le feu sur la torche qui ne ressemblait pas vraiment à ce qu'il devait être… la plume, quant à elle, était trop droite.
« Bah… ce n'est pas si mal. » dit vaguement le sorcier.
Il se leva ensuite et retourna à la fenêtre, son carnet et son crayon dans la main.
Il devait être plus de midi et Sam ne reviendrait pas avant quatre heures. Sachant que l'adolescent ne mangeait pas le midi, il ne lui apportait donc que des potions nutritives. Toutefois, l'elfe n'avait accepté que de sauter le repas du midi. Pour le reste, il apportait toujours le petit déjeuner et le souper. Des fois même, il demandait directement au Survivant ce qu'il voulait manger et l'apportait quelques minutes plus tard.
Finalement, Harry l'aimait plutôt bien, même s'il était parfois un peu étrange et rapportait tous ses faits et gestes à Gibbon…
Ainsi, durant le reste de l'après-midi, il dessina sur son carnet – car il se l'était maintenant attribué – ce qui lui passait par la tête, comme le dortoir des Gryffondors, le lac devant Poudlard, la maison des Weasley… Son après-midi fut donc plutôt réussie, puisqu'il ne pensa pas une seconde à ce qu'il ne devait pas penser et s'occupa l'esprit assez longtemps pour ne pas trop s'ennuyer.
Puis, peu avant le soir, Gibbon vint dans la chambre et jeta un regard intrigué au garçon, toujours assis sur le rebord de la fenêtre, agita comme à son habitude sa baguette à chaque coins de murs et partit sans demander son reste. Harry, lui, l'ignora superbement.
Sam vint ensuite lui apporter le souper, composé d'une part de tarte à la tomate, d'un morceau de pain avec du fromage blanc, d'un verre d'eau et d'une crème au caramel. Le Survivant, qui n'avait pas plus faim que le matin et qui avait bu une potion nutritive dans l'après-midi, toucha à peine à la tarte à la tomate mais mangea tout de même le fromage. Il goûta également la crème au caramel mais fut tout de suite écœuré et n'y toucha plus.
Enfin, après avoir regardé ses nouveaux dessins et ajouté quelques détails, il enfila le même pyjama que Sam lui apportait après avoir débarrassé le souper, but la potion de sommeil-sans-rêve et s'endormit aussitôt.
Le lendemain, l'adolescent se réveilla peu avant midi et se leva de bonne humeur. Il dormait bien, se sentait plutôt pas mal et avait trouvé une nouvelle occupation majeure : dessiner, ou plutôt s'améliorer en dessin.
Ainsi et tout comme le jour précédent, le sorcier déjeuna un peu, alla prendre une douche en emportant avec lui les vêtements propres que Sam lui avait laissés, pensa à ce qu'il pourrait dessiner de nouveau et alla ensuite s'adosser à la fenêtre avec le carnet et le crayon. La mine de celui-ci n'était d'ailleurs plus très pointue, il l'utilisait donc pour colorier ou dessiner de gros traits et prenait l'autre pour les petits détails. Il avait même trouvé une astuce afin d'effacer les traits de crayons ; il prenait la serviette en papier que Sam mettait toujours avec son repas et la frottait contre la page pour estomper les traits.
La matinée passa donc tranquillement, sans événements inattendus ni désagréables. Cependant, un petit détail qui devint finalement très gros vint perturber le Survivant. Lorsque Sam, aux alentours de midi, vint débarrasser le petit déjeuner et lui apporta les potions de Snape, il ne lui donna que deux potions nutritives. L'adolescent lui demanda alors pourquoi il n'y avait pas de potion de sommeil-sans-rêve et celui-ci lui répondit que « Severus Snape ne lui en a pas donné. »
Harry, qui grâce à elles ne faisait aucun mauvais rêve et lui permettait de bien dormir, fut alors un peu paniqué. Comment allait-il faire ce soir, sans sa potion ? Car il était certain que la crainte de faire un cauchemar l'empêcherait de dormir. Il demanda donc bien malgré lui à Snape – par l'intermédiaire de Sam – une nouvelle potion. Puis, l'elfe, quelques minutes après être parti, lui rapporta les paroles exactes de son horripilant professeur :
« Cessez de faire le martyr, Potter. »
Harry, d'abord surpris d'une telle réponse se mit ensuite à maudire le sorcier, qui devait sûrement être fier de son coup.
Irrité, le Survivant alla alors s'asseoir à la fenêtre et passa une bonne demi-heure à insulter mentalement la chauve-souris graisseuse qui lui servait de professeur. Et dire que le jour précédent, il avait pensé que Snape était devenu aimable !
« Quelle bonne blague… » pensa-t-il avec amertume.
Même dans cette situation, son professeur ne pouvait s'empêcher de se moquer de lui... L'adolescent retira donc tout ce qu'il avait pensé le jour précédent. Snape était un abruti, et Harry le détestait.
Puis, alors que le Survivant était assis à la fenêtre et observait avec agacement le paysage, un événement inattendu se produisit.
La porte de la chambre s'ouvra, l'adolescent trouva qu'il était beaucoup trop tôt pour que Gibbon arrive, il tourna la tête vers le Mangemort et vit un homme qu'il ne connaissait pas. Celui-ci, après avoir refermé la porte, observa en détail la chambre comme s'il était fasciné par celle-ci, tandis que le Survivant pensait avec horreur qu'il venait peut-être le chercher afin d'aller voir Voldemort. Pourtant, personne ne l'avait prévenu ! Et Sam ne lui avait pas apporté de chaussures…
Le Survivant se leva alors, raide, et demanda immédiatement au Mangemort :
« Qui êtes-vous ? »
L'homme qui sembla finalement remarquer la présence de l'adolescent ne répondit pas tout de suite. Ses yeux se posèrent sur Harry, et il le regarda avec tellement d'intensité que le Survivant en fut mal à l'aise.
Puis, il s'avança vers lui tout en le fixant toujours et une fois à sa hauteur, tendit sa main vers l'adolescent.
« Je m'appelle Alexandre. Enchanté. » dit-il tranquillement.
Le Mangemort était assez jeune, avait les cheveux châtains avec quelques reflets blonds, était plutôt fin et avait une taille moyenne - mais toujours plus grande que Harry. Le Survivant, peu sûr, lui serra alors la main d'un air méfiant et répondit maladroitement :
« Heu… Harry Potter. »
« Oh, je sais qui vous êtes. » rétorqua le Mangemort en retirant sa main.
L'homme, maintenant beaucoup plus proche de l'adolescent et dont les yeux bleus nuits le fixaient toujours, semblait attendre une réponse.
« Ah… » répondit Harry après un petit silence gênant.
Il détailla ensuite le mage noir, qui était à présent devant la bibliothèque. Il portait des robes noires – comme c'était étonnant venant d'un Mangemort, avait rangé sa baguette et observait les rayons vides de la bibliothèque puis le fauteuil, juste derrière lui, où traînait une chemise blanche. L'adolescent remarqua alors que ses cheveux étaient mal coiffés et qu'une moustache, ainsi qu'une barbe de quelques jours, parsemait le bas de ses joues et son menton.
Le Survivant se rappela alors l'avoir déjà vu lorsque Snape était venu lui rendre visite il y a deux jours. Il était cependant vite partit et n'avait pas dit un mot.
« Et… que faites-vous ici ? » lança l'adolescent d'une voix incertaine, toujours devant la fenêtre.
« Je viens sur ordre du Seigneur des Ténèbres. » répondit-il simplement en allant vers la porte entrouverte de la salle de bain.
Aussitôt, le Survivant se crispa.
« Mais… personne… personne ne m'a dit que je devais le voir ! » dit-il d'un air affolé.
« C'est parce que vous n'allez pas le voir. » déclara le Mangemort après avoir jeté un coup d'œil dans la salle de bain.
Il revint ensuite vers l'adolescent qui suivait ses déplacements d'un air hébété et continua calmement :
« Je viens vous faire part de sa proposition. »
Harry grimaça alors. Voldemort ne lâcherait-il jamais l'affaire ? Ne comprenait-il pas que l'adolescent ne rejoindrait jamais son camp ?...
« J'ai déjà… » commença-t-il lentement tandis qu'il essayait de trouver ses mots. « J'ai déjà refusé sa... proposition. »
En fait, Harry n'avait jamais vraiment eu le choix. Et le mot ''proposition'' était très mal choisi, le terme exact serait plutôt que Voldemort l'avait ''obligé''...
L'adolescent, qui se rappela soudain le visage courroucé du serpent ainsi que ses yeux rouges, froids et terribles, serra les poings. Ce n'était pas le moment de penser à… ce qu'il ne devait pas penser.
« Je crois que l'on ne parle pas de la même chose. » dit le Mangemort d'un air sérieux.
... cela changeait tout.
« Ah... » lâcha l'adolescent après un petit silence. « Et… quelle est sa proposition ? »
Sérieusement, qu'avait donc encore inventé Voldemort ?
« Le Seigneur des Ténèbres voudrait que vous continuiez votre apprentissage en tant que sorcier. » répondit tranquillement le mage noir.
À ces mots, le Survivant fronça les sourcils. Son apprentissage ?...
« La rentrée approche et mon maître trouve important que vous profitiez d'un enseignement. » précisa-t-il.
L'adolescent fut alors surpris. Et encore, le mot était faible… car il n'aurait pas pensé une seule seconde que Voldemort songerait à sa scolarité. En fait, il s'empêchait tout court de penser au mage noir. Mais, sérieusement, était-il sérieux ?
Il détailla le Mangemort, qui l'observait lui aussi, et se mit à réfléchir à ses paroles. Voldemort voulait qu'il continue son apprentissage ? C'était absurde... voire complètement loufoque. Et quel serait son but en faisait une telle chose ? Voulait-il l'amadouer ? Lui montrer qu'il n'était pas si insensible et se préoccupait de lui ?
À cette pensée, le Survivant manqua de frisonner. Il n'avait pas du tout envie que le mage noir se préoccupe de lui. En fait, s'il pouvait même l'ignorer, cela l'arrangerait d'avantage. Et puis, que comptait-il lui apprendre exactement ? Comment tuer une personne sans défense de quarante façons différentes ? Comment mépriser l'humanité entière sauf les Sang-Pur ? Utiliser la magie noire afin de réduire le monde en esclavage en dix leçons ? Harry n'était pas sûr de vouloir apprendre ce genre de choses…
Et bien sûr, la question la plus importante était : qui serait son ''professeur'' ? Pas Voldemort tout de même… ? L'adolescent fut alors partagé entre deux émotions. Devait-il en rire ? Ou devait-il avoir peur ?...
« J'assurerai moi-même votre apprentissage. » lança le mage noir d'un ton presque ironique.
« Comment savez-vous… ? » demanda aussitôt l'adolescent, surpris.
« C'était écrit sur votre visage. » répondit simplement le Mangemort comme si c'était évident.
L'adolescent fut tenté de toucher son front mais se ravisa à la dernière seconde, comprenant que l'homme plaisantait. C'était d'ailleurs très étrange… Harry n'avait jamais vu de Mangemort qui plaisantait. Il passa en revue les mage noirs qu'il connaissait ; Gibbon, Nott, Avery, Pettigrew, la femme qu'il avait rencontré quelques jours plus tôt dont il avait oublié le nom, sans oublier Lucius Malfoy… Snape…
Non, il ne connaissait définitivement aucun Mangemort capable de plaisanter.
Il regarda donc à nouveau l'homme qui lui faisait face et pensa : « Un Mangemort qui a l'air aimable... ça existe ? »
Mais il se ravisa aussitôt. S'il était du côté de Voldemort, c'était certainement pour une bonne raison. L'adolescent devait donc se méfier de lui, comme tous les autres mages noirs. Et d'ailleurs que comptait-il lui enseigner, puisqu'il était apparemment chargé de son ''apprentissage'' ?
« En quoi consisterait votre… enseignement ? » demanda alors Harry d'un air méfiant.
« De la culture générale, de l'histoire, de la théorie, ce genre de choses. » répondit tranquillement le Mangemort.
« Et je peux refuser ? » s'enquit l'adolescent, dubitatif.
« Vous avez le choix. » déclara Alexandre. « Mais le Seigneur des Ténèbres sera sans doute très contrarié si vous refusez. » ajouta-t-il.
« Comme c'est étonnant. » pensa le Survivant. Finalement, les ''propositions'' de Voldemort n'en était jamais vraiment puisque l'adolescent était obligé de se plier à sa volonté, au risque sinon de subir la colère du mage noir.
« Il serait peut-être sage d'accepter... » suggéra le mage noir.
Bien sûr, si Harry avait vraiment eu le choix, il aurait déjà refusé. Il se doutait que Voldemort ne voulait pas simplement lui apprendre l'histoire du monde magique par soucis qu'il continue son ''apprentissage en tant que sorcier''. Il y avait sûrement quelque chose caché derrière cette ''proposition'', l'adolescent en était convaincu. Restait à savoir quoi…
« Et vous auriez la possibilité d'aller dehors. » lança Alexandre.
À ces mots, le Survivant sortit de ses pensées.
« Vraiment ? » demanda-t-il, surpris.
« Bien sûr. » acquiesça le mage noir. « L'enseignement de la magie passe également par la pratique. »
Harry devint tout à coup plus intéressé. Cela faisait treize jours qu'il était enfermé, et il commençait un peu à en avoir marre. La possibilité de sortir n'était donc pas à prendre à la légère… d'autant plus que sortir du manoir était déjà une grande étape pour s'enfuir…
« Mais… quel genre de sorts m'apprendrez-vous ? » s'enquit-il.
« Des sortilèges de défense et d'attaque. » répondit patiemment le mage noir.
Certes, c'était tentant... très tentant même.
L'adolescent aurait la possibilité de sortir de sa chambre, de se faire entraîner au combat et pourrait même, peut-être, s'enfuir du manoir. Bien sûr, il fallait pour cela qu'il gagne la confiance du Mangemort, ou du moins qu'il lui montre qu'il n'avait aucune intention de s'enfuir… et quand l'occasion se présenterait enfin, l'adolescent pourrait utiliser sa magie et attaquer s'il le fallait, car qui disait sortilège disait baguette magique !
Alors, l'adolescent après avoir réfléchi quelques secondes se décida. Après tout, l'occasion ne se représenterait peut-être pas et il n'avait pas très envie de contrarier Voldemort. Mais plus que tout le reste, il était très curieux de savoir ce que le mage noir pouvait lui apprendre, notamment avec les sortilèges de défenses et d'attaque. Et puis, il allait peut-être enfin récupérer sa baguette !
« D'accord. » dit-il alors. « J'accepte. »
Le mage noir hocha la tête, comme s'il s'attendait à sa réponse.
« Je viendrai toutes les après-midi ici. » expliqua-t-il. « Si le temps le permet, nous irons dehors une fois sur deux. Le reste du temps, je vous enseignerai de l'histoire et de la théorie. »
Le Survivant acquiesça.
« Aujourd'hui, nous nous contenterons donc d'un cours sur l'histoire de la magie. » continua le mage noir en se dirigeant vers les bibliothèques.
Il sortit sa baguette et fit apparaître quelques livres sur les rayons du milieu. Harry vint alors voir et les compta au nombre de six. De par leurs reliures usées, ils semblaient assez vieux et étaient plutôt épais.
« On commence aujourd'hui ? » demanda le Survivant d'une voix où perçait sa curiosité.
L'histoire n'étaient pas franchement ce qu'il préférait, c'était sans doute l'une des matières qu'il détestait le plus avec les potions et la divination mais tout cela l'intriguait.
« Bien sûr. » répondit tranquillement le Mangemort tandis qu'il visait à présent le bureau de sa baguette magique.
En quelques secondes, des parchemins neufs ainsi qu'une plume et un encrier apparurent, ainsi qu'un épais manuel d'histoire poussiéreux que le mage noir nettoya d'un coup de baguette. Ce n'était pas grand-chose, mais pour Harry, qui s'ennuyait profondément depuis son arrivée au manoir, la perspective d'une nouvelle occupation l'enchantait. Même si ce n'était finalement que des cours d'histoire.
Le mage noir dit ensuite au Survivant d'aller s'asseoir, ce qu'il fit immédiatement et lui demanda de l'appeler par son prénom : Alexandre.
« De toute façon, vous ne m'avez pas donné votre nom de famille. » lui rappela alors l'adolescent en fixant le Mangemort qui était à présent devant le bureau.
« C'est vrai… » dit-il aussitôt. « Mais vous n'avez pas besoin de le connaître. » ajouta-t-il tranquillement.
Le Survivant hocha la tête. En effet, il s'en fichait un peu.
« Tout ce que je vous dirai doit être écrit. » lança ensuite Alexandre. « Vous apprendrez ensuite votre cours pour la prochaine fois et je vous poserai quelques questions dessus. Est-ce clair ? »
L'adolescent hocha une nouvelle fois la tête, mais cette-fois ci avec moins d'aplomb. Il n'aimait pas réviser et encore moins être interroger sur ce qu'il était censé avoir appris… tant pis, il essaierait au moins de relire. Et puis, il ne savait pas encore à quoi s'attendre avec le mage noir. L'homme ne paraissait pas très sévère, mais l'adolescent savait qu'il ne fallait pas se fier aux apparences.
Il espérait au moins que le cours du mage noir serait plus passionnant que le professeur Binns…
Le Mangemort, muni du manuel qu'il venait de prendre sur le bureau l'ouvrit et commença alors :
« Chapitre 1 : Les oracles au service de la magie. »
Harry, un peu désorienté, attrapa sa plume et écrit le titre au-dessus d'un parchemin. Tout allait un peu vite pour lui. Des tas de questions lui trottaient dans la tête, et il n'aurait sans doute aucune réponse avant un bon moment, la plus grande étant : quel était le but de Voldemort en faisant cela ?...
Alexandre attendit donc qu'il finisse de noter puis continua :
« Je vais d'abord faire une courte introduction pour rappeler ce dont vous devriez déjà connaître. » dit-il en jetant un coup d'œil au Survivant.
L'adolescent traça sur son parchemin le mot « Introduction » tandis que le mage noir lisait ce qui était écrit sur le vieux manuel d'histoire.
« Parlons d'abord de la Grèce antique. Les siècles obscures et l'époque archaïque ne nous intéressant guère, nous allons directement sauter à l'époque classique. » précisa-t-il.
« Heu… d'accord. » répondit simplement l'adolescent, qui n'avait aucune idée de ce que les siècles obscures ainsi que les époques archaïques et classiques étaient.
« Cette période commence aux environ de 500 avant Jésus-Christ et se termine cent dix-sept ans plus tard, en 323. » énonça-t-il tranquillement. « Notez. » dit-il à l'adolescent qui le regardait d'un air perplexe mais qui obtempéra tout de même. « Etes-vous déjà allé en Grèce ? » demanda-t-il ensuite.
« Non... » répondit le concerné en relevant la tête.
« C'est bien dommage c'est un pays formidable. » dit simplement Alexandre d'un air distrait. « Nous allons donc parler d'une figure majeure de cette époque que vous connaissez sûrement. C'est un grand philosophe, né en Alopèce et mort à Athènes. » déclara-t-il ensuite. « Les dates de sa naissance et de sa mort ne sont pas importantes. » précisa-t-il. « Pouvez-vous me dire de qui je parle ? » demanda le mage noir après que l'adolescent eut écrit ce qu'il avait dit.
Celui-ci secoua la tête.
« Vraiment ? » s'étonna Alexandre. « Drôle d'enseignement que vous avez eu jusque-là pour ne pas connaître Socrate… »
Il fallait dire que l'adolescent, plus qu'ennuyée par son professeur d'histoire de la magie, n'avait jamais vraiment prit la peine d'écouter ce qu'il disait. En fait, la voix monotone du fantôme lui donnait plutôt envie de dormir… ou d'aller sauter dans le lac, tout dépendait de son humeur.
« J'ose espérer que vous connaissez au moins la célèbre magicienne qui a prédit que Socrate serait le plus sage des hommes ? » s'enquit le mage noir d'un ton dubitatif.
Le Survivant secoua une nouvelle fois la tête.
« Si je vous parle de l'Oracle de Delphes, cela vous évoque-t-il quelque chose ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.
« Non… » répondit doucement Harry.
« Tâchez donc de prendre en note ce que je vais vous dire. » dit-il alors d'un air patient. « L'Oracle de Delphes, comme son nom l'indique, prédisait l'avenir et savait presque tout du monde qui l'entourait. C'est l'une des plus puissantes et plus anciennes sorcière que le monde magique ait connu. »
L'adolescent espérait qu'il ne parlerait pas de divination, les cours de Sybille Trelawney étaient largement suffisants…
« Son sanctuaire a été, selon la légende, fondé par le dieu Apollon lui-même. » continua-t-il tandis que Harry notait ce qu'il disait. « En plus d'être l'une des plus anciennes sorcière du monde, elle est également la plus ancienne à avoir pratiqué l'art de la divination. »
« Raté… » pensa Harry d'un air ennuyé.
Cependant, à mesure que le mage noir parlait, l'adolescent retira petit à petit ses préjugés sur la divination et apprit des tas de choses intéressantes sur l'Oracle de Delphes, sur l'influence qu'elle avait eue sur Socrate et sur son don de voyance. Le mage noir répondit d'ailleurs à la question que le Survivant s'était toujours posé : n'y avait-il que des voyantes ou existait-il également des hommes pourvus de ce don ? Ce à quoi le Mangemort avait répondu que les voyants de sexes masculins, du moins humains, étaient très rares et n'avaient pas les mêmes capacités que les femmes.
En effet, les voyantes, la plupart du temps, décrivaient l'avenir à l'aide de boules de cristal, de feuilles de thés ou d'ossements et usaient de leur art avec précision et de façon assez ponctuelle, au contraire des voyants, qui n'utilisaient que très rarement d'instruments et se contentaient de prédire l'avenir en observant le monde qui les entourait. En général, un homme ne prédisait pas avec tant de précision qu'une femme le faisait, il n'était d'ailleurs pas capable de faire des prophéties.
Toutefois, un voyant avait plus de facilité à prévoir l'avenir et ne se trompait presque jamais. Il était également plus enclin à prédire dans un lointain futur, comme Alexandre l'avait justement dit en parlant d'un oracle indien qui avait un jour prédit que l'homme marcherait sur la lune ce qui, à l'époque de la colonisation européenne, lui avait valu d'être banni de sa tribu tant ses dires étaient absurdes. De même, un voyant pouvait, en se servant de ses observations du présent, être plus enclin à comprendre certaines prédictions et donc par extension le futur.
Puis, après cette petite explication, Harry avait pu apprendre que l'art de la divination était une branche majeure dans l'histoire de la magie et qu'elle avait permis de faire considérablement avancer le monde magique, tant par les figures emblématique qu'elle avait vu naître, mais aussi par les nombreuses prédictions qu'elle avait faite et qui s'étaient, pour la plupart, toutes avérées vraies.
Alors, sans même que l'adolescent s'en aperçoive, les deux heures passèrent et le cours se termina.
« Nous parlerons prochainement de l'Egypte ancienne et de la magie que pratiquaient les pharaons. » conclu finalement le Mangemort, qui était à présent à la fenêtre et observait vaguement le paysage. « Avez-vous des questions ? » s'enquit-il ensuite en regardant le Survivant.
« Non. » répondit celui-ci.
« Bien. J'aimerais, pour la prochaine fois que vous lisiez les trois premiers chapitres de ce livre. »
À l'aide de la magie, il fit décoller l'un des gros bouquins de la bibliothèque et le montra au Survivant. Sur la couverture rouge et usée, il était écrit : « Les fondements de la magie, volume 1er ».
L'adolescent acquiesça alors d'un air ennuyé – il n'aimait vraiment pas lire, surtout des livres aussi vieux et épais, puis le Mangemort lui annonça qu'il reviendrait demain à la même heure et il s'en alla sans plus de cérémonie, laissant l'adolescent à nouveau seul.
« C'était… inattendu. » pensa-t-il vaguement tandis qu'il rangeait ses affaires.
Par automatisme, il se leva ensuite et alla s'asseoir sur le rebord de la fenêtre, l'air perdu. En effet, tandis que le Mangemort parlait, il n'avait pas vraiment eu le temps de pouvoir réfléchir à ce que signifiaient les propos du mage noir et il était assez… déconcerté.
Il n'aurait jamais imaginé en effet pouvoir profiter d'un enseignement ici, et encore moins parce que Voldemort le voulait… mais le plus curieux était sans doute le cours en lui-même. Harry s'était en effet attendu à ce que les propos du mage noir débordent de dégoût pour les Moldus et pour tout ce qui n'était pas Sang-Pur mais à la place, le Mangemort n'avait fait que de les évoquer vaguement, sans discours débordant de haine ni de propagande à l'intention du Survivant.
Ainsi, et comme d'habitude, Harry ne comprenait pas où voulait en venir Voldemort.
Si ces petites ''leçons'' ne servaient pas à l'embrigader dans son idéologie de Sang-Pur dominant le monde, à quoi servaient-elles ? Car après tout, il savait bien que Voldemort n'abandonnerait pas ainsi, l'adolescent avait refusé de le rejoindre, même lorsqu'il l'avait…
Harry, qui regardait le paysage frémit soudain à cette pensée.
« Non. » se dit-il . « Je ne dois pas y penser. »
… disons fortement incité. Alors, peut-être Voldemort avait-il une autre idée en tête, même si Harry ne savait pas encore laquelle.
« Ce stupide serpent… » pensa-t-il d'un air crispé. « Peu importe ce qu'il fera, je ne céderais pas. »
Cependant, malgré sa grande détermination, son obstination tenace de Gryffondor et son entêtement farouche, ses mains, cachées dans les poches de ses pantalons, tremblaient légerement.
Et il se haïssait pour cela.
Le soir, lorsque Sam arriva pour le dîner, il lui demanda s'il avait faim et ce qu'il désirait manger. L'adolescent, par réflexe, voulut d'abord répondre qu'il n'avait pas faim mais curieusement, c'était le contraire. Il n'était pas non plus affamé, mais il devait admettre qu'il avait tout de même un petit creux. Il demanda donc à l'elfe de maison quelques chose de simple, comme des pâtes ou du riz mais avec un peu de fromage blanc et du pain. Sam, enchanté, disparut donc quelques minutes et revint avec un plateau de nourriture, composé d'une grande assiette de pâtes à la sauce tomate avec une petite saucisse, deux grosse tartines de pain à manger avec du fromage, un verre d'eau et une part de tarte à la mélasse, sa préférée.
Comment l'elfe le savait-il d'ailleurs ? C'était une très bonne question.
Puis, dans la soirée, après que Sam soit venu débarrasser le repas à moitié terminé, l'adolescent décida de reprendre son carnet. Il alla donc le chercher dans les tiroirs désormais remplis de parchemins neufs, jeta un bref coup d'œil à ceux qu'il avait utilisé dans l'après-midi en se disant qu'il les relirait demain matin puis alla s'asseoir à la fenêtre.
Il feuilleta un à un ses dessins, souriant parfois devant ceux qu'il trouvait mal fait et se disant devant d'autre que ce n'était finalement ''pas si mal'' puis prit son crayon et se mit à dessiner la salle de cours de divination, sans trop savoir comment l'idée lui était venue à l'esprit. Enfin, environ une heure plus tard, il se mit à bailler et décida d'aller se coucher.
Il attrapa sur le petit fauteuil de la chambre la chemise et le pantalon bleus ciel qui lui servaient de pyjama, l'enfila et se de dirigea vers le lit.
Soudain, lorsqu'il voulut boire la potion de sommeil-sans-rêve qui lui servait à ne faire aucun cauchemar et ce depuis deux jours, il se souvint que Sam ne lui en avait pas donné grâce – et à cause – de la chauve-souris graisseuse qui lui servait de professeur.
Harry lâcha alors un profond soupir de frustration, son animosité envers Snape se réveillant tout à coup, puis alla se coucher en pensant à sa journée. Celle-ci, au contraire des nombreuses qu'il avait passées ici avait été plutôt mal… elle avait en effet passé à une vitesse folle, et l'adolescent n'avait presque pas eu le temps de s'ennuyer, sauf peut-être lorsqu'il n'avait pas su quoi faire pour s'occuper après que le Mangemort soit parti. Il avait tenté de réfléchir à ce que ses cours signifiaient, son attitude également… en vain bien sûr.
Car le mage noir était plutôt… spécial. Pour le définir, Harry dirait qu'il ne ressemblait pas vraiment à l'idée de ce qu'il se faisait d'un Mangemort, il était assez jeune, pas vraiment costaud ni agressif, avait un certain sens de l'humour… il en était presque banal. Toutefois, lorsqu'il avait fait quelques pauses afin de laisser le temps à l'adolescent d'écrire ce qu'il disait, Harry avait remarqué que le Mangemort le fixait d'une façon plutôt insistante… c'était d'ailleurs très bizarre, et cela mettait mal à l'aise le Survivant.
Peut-être l'homme était-il un peu fêlé, ce qui expliquerait sa volonté de servir Voldemort.
Puis, après s'être retourné une dizaine de fois dans son lit, l'adolescent qui avait un peu peur de s'endormir décida finalement que même s'il n'avait pas pris de potion de sommeil-sans-rêve, cela ne voulait pas dire qu'il ferait automatiquement un cauchemar… sa plus grande crainte était de revoir à nouveau le visage de Voldemort lorsqu'il l'avait… fortement incité à le rejoindre, mais étant donné qu'il n'y avait pas pensé de toute la journée, peut-être y échapperait-il.
Alors, sans même s'en rendre compte, l'adolescent s'endormit peu après, juste après avoir pensé qu'il ne ferait pas de cauchemar.
Et soudain, seulement quelques secondes plus tard, il rouvrit les yeux.
Il avait quitté sa chambre et se trouvait maintenant dans une pièce sombre et froide, seulement éclairée d'un grand chandelier. Ses doigts osseux tapaient doucement sur l'accoudoir du trône où il était assis, tandis que son serpent ondulait silencieusement dans la pièce et sifflait de temps à autre pour parler à son maître.
Il sut alors tout de suite que quelque chose n'allait pas. Des ombres dansaient à chaque coin de la pièce et les contours de la scène semblaient étrangement flous.
« Faim… »
« Patience… ton appétit sera bientôt satisfait, Nagini. »
Il attendit encore quelques minutes, son impatience montant crescendo avec la faim de son serpent, puis dirigea soudainement son regard vers les grandes portes de la pièce qui venaient de s'ouvrir. Un homme dont le visage était caché par une tête de mort s'avança vers lui et s'inclina avant de prendre la parole.
« Nous en avons trouvé une. » dit le Mangemort.
Le visage de son maître fut alors déformé par un sourire cruel et Nagini siffla de contentement. Il se leva ensuite et traversa la pièce, ses longues capes noires traînant dans son sillage et son serpent rampant derrière lui. Il quitta la pièce puis traversa le long couloir sombre avant d'arriver aux grands escaliers en bois noir qu'il descendit lentement, tandis que son serpent était monté sur la rampe et ondulait à la même vitesse que son maître. Il lui semblait que les marches bougeaient toutes seules, et que les murs du manoir ondulaient.
La grande maison était d'ailleurs plongée dans le silence. La pénombre était partout, et elle paraissait grignoter toute source de lumière. Pas un son n'était perceptible et le temps semblait s'être arrêté, tandis qu'il arrivait enfin au pied des escaliers et se dirigeait vers un autre couloir. Le parquet, pourtant usé et vieux ne grinça pas sous ses pas et les tableaux accrochés au mur, normalement animés, semblaient soudainement s'être figés.
Il arriva ensuite devant une vieille porte puis un petit escalier faiblement éclairé par des torches murales. Tout en passant sa main osseuse sur le mur en pierre, il descendit lentement les marches, s'enfonçant de plus en plus dans la pénombre, puis arriva finalement dans la grande cave voûtée. Il y faisait froid, il y avait peu de lumière et les flammes des petites torches projetaient des ombres inquiétantes sur les murs en pierre grise. Au fond, on pouvait voir des débris de verres à côté de vieilles étagères remplies de bouteilles vides.
La cave était large et peu longue, deux énormes piliers soutenaient le haut plafond et entre ceux-ci, sur une petite chaise en bois se trouvait une femme silencieuse, les mains liées dans le dos, la tête basse. Elle portait un pantalon bleu qui laissait voir une coupure profonde à un de ses genoux, une chemise blanche tachée d'un liquide carmin et une cape grise criblée de trou. Sa longue chevelure brune cachait son visage et du sang semblait couler de sa lèvre inférieure. Son souffle était rauque et irrégulier, son corps tremblait et dans son dos, ses ongles s'enfonçaient dans ses poings serrés et entaillaient la chair.
Sa peur était perceptible dans toute l'atmosphère et étrangement, il aimait beaucoup cela. Il s'avança alors jusqu'à la femme, son serpent rampant à ses côtés.
« Bienvenue chez moi. » commença-t-il, sa voix calme et tranquille se répercutant sur les murs de la grande cave.
La femme garda la tête basse et répondit tout bas, presque dans un murmure :
« Je ne vous dirai rien. »
Nagini siffla, contrarié.
« C'est ce que nous verrons. » énonça-t-il.
Il s'approcha d'avantage de la sorcière, ses longues capes traînant sur le sol dur et froid de la cave.
« Je ne suis là que pour te poser quelques petites questions… » dit-il en passant à côté d'elle de sa démarche lente et assurée.
Ses poings se serrèrent d'avantage et elle garda le silence.
Il s'arrêta, dos à elle, puis énonça d'une voix presque monotone :
« Membre de l'Ordre depuis peu, fille unique, issue d'une modeste famille de Sang-Pur. Quel dommage… cela ne te serait jamais arrivé, si tu avais rejoint le camp de Lord Voldemort. »
Il la vit lentement relever la tête et fixer un point invisible sur le mur, juste en face d'elle.
« Plutôt mourir. » répondit-elle d'une voix pleine de dégoût.
Il lâcha un petit rire.
« Ils disent tous cela… » railla-t-il tandis qu'il repassait à côté d'elle et que son serpent sifflait à nouveau.
Il alla ensuite se poster devant elle et plongea son regard dans les yeux bleus et fiers de la sorcière. Son corps ne tremblait plus et elle arborait une expression indéchiffrable sur son visage. Cependant, sous ses aspects déterminés, il savait qu'elle avait peur. Il le sentait, et cela en était presque jouissif.
« Où se trouve la petite cachette de l'Ordre ? »
Aussitôt, ses yeux s'agrandirent et elle détourna le regard.
« Tu le sais, n'est-ce pas ? » continua-t-il lentement.
Nagini, qui venait d'avaler un gros rat traînant au fond de la cave, revint vers la prisonnière, s'approcha de ses pieds et fit frémir la sorcière en effleurant ses jambes.
« Bien sûr que tu le sais… » déclara son tortionnaire d'un ton mielleux.
« Je ne vous dirai rien. » répéta-t-elle, les lèvres pincées.
Il sourit.
« Tu changeras vite d'avis. » dit-il simplement en sortant sa baguette puis en la dirigeant vers la sorcière qui affichait toujours un air déterminé. « Endoloris. »
La femme hurla et son corps fut brusquement prit de convulsion. Elle martela le sol de ses pieds et se débattit pour échapper à l'emprise du sortilège, cria de douleur pendant de longue seconde et se débattit furieusement afin de se libérer de ses liens, tandis que son agonie sonnait comme une douce musique aux oreilles de son bourreau.
Quelques secondes plus tard, il baissa finalement sa baguette et lança aussitôt, ne laissant aucun répit à la sorcière :
« Dis-moi. »
Ses yeux croisèrent ceux de la pauvre femme et il se retrouva soudainement dans une petite ruelle pavée, grise et aux maisons toutes identiques. Il pleuvait et la femme se dirigeait d'un pas pressé vers une nouvelle rue.
Cependant, à peine quelques secondes après être entré dans son esprit, le décor changea, et ils se retrouvèrent tous deux dans un champ de fleur. La sorcière marchait tranquillement dans l'herbe et observait le soleil qui se couchait.
« Très bonne maîtrise de l'Occlumencie… » dit-il après être revenu dans la cave, tandis que la femme luttait pour reprendre son souffle. « Mais pas assez pour lutter contre moi. » ajouta-t-il d'un ton mordant. « Legilimens. »
Il pénétra une nouvelle fois l'esprit de la sorcière et se retrouva cette fois-ci devant une petite maison au bord de la plage, sur une petite falaise, faite de briques et de pierres. Les vagues martelaient les rochers et le vent faisait décoller des grains de sable. La sorcière se trouvait à quelque pas et avançait difficilement, ses longs cheveux bruns virevoltant dans son dos.
« Tu mens… » siffla-t-il alors en quittant l'esprit de la femme, qui était devenue plus pâle.
Sa respiration était rauque, son corps tremblait, et ses yeux fixaient à nouveau le sol.
« Tu es douée… mais tu mens. »
La sorcière lâcha alors un petit rire étranglé et releva faiblement la tête pour fixer son tortionnaire.
« Je vous l'avais… dit. » annonça-t-elle entre deux respirations saccadées. « Je ne vous… dirai rien. »
Nagini, qui s'était tenue tranquille jusque-là, siffla et enroula son corps autour des pieds de la chaise où la sorcière était assise.
« La Cracmolle a dit la même chose. » répondit-il d'une voix féroce. « Pourtant, entre ses gémissements misérable, elle m'a révélé de nombreux secrets. »
D'un geste vif de la main, il força la sorcière à le regarder dans les yeux, sa emprise invisible enserrant le menton de la sorcière qui haleta de surprise.
« Mais Dumbledore ne lui disait pas tout, elle n'était pas importante. » continua-t-il en plongeant son regard dans celui-ci de sa prisonnière, qui luttait pour se défaire de son emprise. « Toi, tu l'es… »
Il se pencha vers elle et prononça d'une voix inquisitrice :
« Dis-moi ! »
La sorcière ferma brusquement les yeux, semblant lutter contre deux pensées dans son esprit, se mordit la lèvre à sang et serra plus fort les poings. Cependant, malgré le tremblement de ses lèvres, aucun son ne la trahit et elle garda résolument le silence.
« Ta volonté est forte… » déclara son tortionnaire. « Mais pour combien de temps encore ? »
Il leva lentement sa baguette et prononça une nouvelle fois :
« Endoloris. »
La sorcière hurla à nouveau de douleur, son dos s'arqua et sa tête se rejeta brusquement en arrière tandis que son cri d'agonie résonnait contre les murs de la cave.
« Endoloris ! » lança-t-il une nouvelle fois, alors que la femme tremblait de tout son corps.
Il ne lui laissa aucun répit et se délecta de sa souffrance, observant avec un sourire sadique le corps prit de convulsion de la sorcière.
Puis, une fois que le sortilège cessa, il plongea à nouveau dans l'esprit brumeux de sa prisonnière et fouilla rapidement les souvenirs qui défilaient devant lui. Il tomba finalement devant la même route pavée qu'il avait vu, marcha avec la sorcière et arriva devant une rangée de maisons en briques grises, toutes identiques et décrépies.
Cependant, la vision fut vite remplacée par une autre et il se retrouva à nouveau dans un grand champ de coquelicot, sous le soleil brûlant de l'été. La sorcière était couchée dans l'herbe et observait le ciel dépourvu de tout nuage.
Sifflant de fureur, il se retira brusquement, arrachant au passage un gémissement de douleur à sa prisonnière puis relâcha son emprise. La sorcière tenta alors de reprendre son souffle tandis que son corps tremblait de partout et que ses yeux semblaient vitreux.
« Nott. » lâcha-t-il à l'intention de son Mangemort qui l'avait suivi après l'avoir prévenu de l'arrivée de la sorcière au manoir et qui attendait patiemment devant les escaliers.
Celui-ci s'avança, humble, et son maître lui ordonna :
« Va chercher Severus. »
Le Mangemort s'inclina et remonta aussitôt les marches d'escalier afin d'aller chercher le maître des potions.
Puis, alors que la sorcière respirait bruyamment et que Nagini rampait toujours aux pieds de celle-ci, son tortionnaire reprit la parole.
« Quel dommage de devoir tuer une Sang-Pur... » dit-il d'un ton presque désolé. « Il faut savoir choisir son camp. »
La femme, qui avait la tête basse jusque-là, la releva alors et fixa son bourreau d'un air décidé.
« J'ai fait… le… bon choix. » répondit-elle entre deux respirations saccadées. « Alors… tuez-moi. » acheva-t-elle dans un souffle.
« Rien ne presse. » répondit tranquillement son tortionnaire. « Dès que tu auras répondu à mes questions et que je t'aurais brisé complètement, je serais peut-être d'humeur à te tuer. » continua-t-il sous les halètements de la sorcière.
Nagini, aux paroles de son maître, siffla doucement.
« Tu serviras de repas pour mon serpent. » ajouta-t-il.
« TUEZ-MOI ! » hurla alors la sorcière d'une voix suppliante.
« Silence ! » siffla son tortionnaire d'une voix furieuse. « Je te tuerai lorsque j'en aurai fini avec toi. »
Il leva ensuite sa baguette et lança un sortilège de magie noire sur la jambe de la sorcière. Celle-ci cria de douleur tandis que sa peau brûlait petit à petit et que le maléfice progressait sur la chair, faisant noircir sa jambe du pied jusqu'au genou.
Puis, sous les gémissements pitoyables de la sorcière, le maître des potions, suivi de Nott, arriva enfin.
« Severus. » commença son maître. « Le Véritaserum. »
Le Mangemort, une expression impénétrable sur le visage, s'avança et sortit de sa poche une petite fiole remplie d'un liquide cristallin. Son maître, qui l'observait attentivement, lui fit alors signe de s'approcher de la sorcière. Celui-ci s'exécuta tandis que la femme relevait la tête et haletait de surprise.
« Snape… » murmura-t-elle comme si elle n'en croyait pas ses yeux.
Le concerné déboucha la fiole, l'expression toujours aussi indéchiffrable.
« Snape... non ! » supplia alors la sorcière. « Ne faites pas ça ! »
Son tortionnaire, qui observait attentivement la scène, demanda à l'intention de son maître des potions :
« Une connaissance, peut-être ? »
Le Mangemort regarda son maître et répondit d'une voix neutre :
« Nous nous sommes vu à Poudlard. »
Puis, il tourna à nouveau son regard vers la sorcière et empoigna sans douceur ses cheveux afin de lui faire relever la tête.
« Severus ! » cria alors la sorcière d'une voix paniquée. « Ne... ne faites pas ça ! Si le QG de l'Ordre est découvert, nous sommes... perdus ! »
Le maître des potions tiqua, agacé.
« Pensez aux enfants ! » continua-t-elle, suppliante. « Vous ne pouvez pas... faire ça… »
Son maître, qui le fixait à présent, attendit la réponse de son Mangemort qui regardait la sorcière d'un air rempli de dégoût. Celui-ci ne répondit cependant rien et immobilisa la mâchoire de la femme pour lui faire boire le Véritaserum, qu'il tenait dans l'autre main.
« NON ! » hurla la sorcière tout en se débâtant.
Mais la femme, déjà faible et dont les mains étaient attachées dans le dos, fut obligée de boire la potion sous la poigne ferme du Mangemort. Après que celui-ci l'eut lâchée, elle cracha sur le sol et toussa, mais c'était trop tard.
« Vous êtes un traître… » dit-elle en tremblant de tout son corps. « Les autres avaient raison… » continua-t-elle, la voix brisée.
Le maître des potions, qui rebouchait la fiole et la rangeait dans sa poche, se pencha alors vers elle et répondit d'une voix sèche, presque cassante, sous les yeux attentifs de son maître :
« Je ne suis pas un traître, Miss Jones. »
La sorcière releva alors la tête et plongea son regard désespéré dans celui du Mangemort, froid et dénué de toute émotion tandis que celui-ci prononçait d'une voix terrible, mettant fin à tout espoir de la femme :
« Je n'ai jamais été du côté de Dumbledore. »
Sous l'air épouvanté de la sorcière, son tortionnaire se mit alors à rire, d'un rire froid et railleur, tandis que le Mangemort se retournait et quittait la cave dans un tourbillon de capes noires.
Puis, il s'approcha à nouveau de la femme qui affichait à présent un air neutre sur son visage, semblait plongée dans une sorte de transe et fit un sourire effrayant avant de prononcer :
« Où se trouve le quartier général de l'Ordre du Phoenix ? »
Et soudain, Harry ouvrit les yeux.
Il se releva dans son lit, en sueur, tandis qu'il suffoquait. Son souffle était bloqué dans sa poitrine, sa cicatrice le brûlait comme jamais.
Tout en observant la chambre de son regard paniqué, il se força à inspirer, retenir son souffle puis expirer, et répéta l'opération une bonne dizaine de fois. Des frissons glacés traversaient son corps, chaque inspiration lui faisait mal et sa cicatrice le lançait tellement fort qu'il était à deux doigts de s'évanouir.
Il ramena ses genoux vers lui et les serra fort contre son torse tandis que des bribes de son cauchemar lui revenaient en mémoire.
Qui était la femme dont il avait rêvé ? Et pourquoi avait-il voulu savoir où se trouvait le quartier général de… ''l'Ordre du Phoenix'' ? Et d'ailleurs, quel était cet ordre ?… il n'en avait jamais entendu parler.
Puis, lorsqu'il eut enfin retrouvé une respiration normale, il se laissa tomber et fixa vaguement le ciel de lit.
De quoi venait-il de rêver ? Il avait pourtant été certain qu'il ne ferait pas de cauchemar ! De plus, Il savait que malgré le fait d'observer la scène comme s'il en était acteur, ce n'était pas ses propres yeux qui l'avaient vue. C'était étrange, effrayant même, mais il était certain de s'être retrouvé à la place de Voldemort… et cela le terrifiait.
Harry ne comprenait rien.
Car ce rêve-là, pour une raison qu'il ne parvint pas tout à fait à définir, l'effraya plus que tous les autres cauchemars qu'il n'eut jamais fait. N'était-ce simplement qu'un rêve, ou était-ce la réalité ? Mais si c'était réel, comment était-ce possible ?...
La matinée passa, Sam vint lui apporter un petit déjeuner qu'il toucha à peine et des vêtements qu'il enfila après avoir pris une douche. Pendant deux ou trois heures, il resta à la fenêtre et repensa à son rêve, dont les détails s'effaçaient peu à peu mais dont l'essentiel, comme le fait d'avoir torturé une femme pour des informations sur ''l'Ordre du Phoenix'' ou simplement les paroles de Snape au sujet de son vrai camp, lui revenait sans cesse en mémoire.
En effet le Survivant, qui avait pourtant été persuadé que son professeur était de son côté, doutait maintenant un peu de lui. Il se souvenait bien de l'expression qu'il avait arborée lorsqu'il avait dit à la femme qu'il n'avait jamais été du côté de Dumbledore. Certes, il n'aurait pu dire la vérité à la femme alors qu'il était observé par Nott et Voldemort mais… ses paroles, implacables et pleines de dégoût envers la sorcière avaient semblé si… vraies…
De plus, il avait dit avoir connaître la femme mais l'avait traité comme un insecte de la pire espèce. Bien sûr, Severus Snape avait déjà fait de même avec lui… mais le Survivant, en se remémorant l'expression de son professeur puis les paroles qu'il avait dites, était en proie à un effroyable doute. Pouvait-on aussi bien jouer la comédie ? Pouvait-on vraiment rester de marbre devant une personne de son camp et prétendre être de l'autre sans même broncher une petite seconde ?
Harry, lui, en aurait été incapable.
Lorsque Sam arriva pour le repas de midi, l'adolescent n'avait pas plus faim que le matin et l'elfe fut donc contraint de lui donner encore une fois une potion nutritive. Cependant, juste avant que la fiole ne touche ses lèvres et qu'il ne boive la potion, l'adolescent se remémora son cauchemar et n'eut soudain plus envie de boire le contenu de la fiole.
Sam lui demanda alors ce qui n'allait pas et le Survivant lui répondit simplement qu'il la boirait plus tard puisqu'il se sentait plutôt bien, ce qui était en vérité tout le contraire.
Bien sûr, Harry se détestait de penser ainsi et de douter sur le seul individu susceptible de pouvoir l'aider, mais à chaque fois qu'il tentait de réfléchir à autre chose, ses pensées revenaient systématiquement sur son professeur. Car le garçon n'arrivait pas à le cerner. Certes, il était un espion, était donc très doué pour cacher ce qu'il ressentait vraiment – à part peut-être le dégoût et l'agacement dont l'adolescent était souvent la cible – et n'avait aucun scrupule à mentir… mais que se passerait-il s'il était vraiment du côté de Voldemort ? Dumbledore lui faisait confiance, cependant... l'espion pouvait très bien le tromper lui aussi…
Le Survivant, qui était comme à son habitude assis sur le rebord de la fenêtre, lâcha alors un soupir. Si seulement tout cela n'était jamais arrivé…
Tout en observant vaguement le paysage à la fenêtre qu'il connaissait maintenant par cœur, l'adolescent remmena ses genoux vers lui, posa sa tête dessus et enroula ses bras autour de ses jambes. « Dans quelques jours, les cours reprendront à Poudlard et je ne serais peut-être même pas présent pour la rentrée… » songea-t-il en arborant un air maussade. « Je ne serais peut-être même par présent de toute l'année… »
A cette pensée, il secoua faiblement la tête. « Non, Dumbledore, Sirirus, Arthur et Molly doivent être en train de me chercher. Ils ne m'abandonneront pas. Et puis… il y a cet Ordre du Phoenix… même si je ne sais pas ce que c'est. »
Soupirant une nouvelle fois, le sorcier tourna la tête et promena vaguement son regard dans la chambre grise. Cela faisait quatorze jours qu'il était ici, et bien des choses étaient arrivées… surtout des mauvaises. Mais il s'interdisait d'y penser. Il ne devait pas céder à la peur. Certes, il était prisonnier dans le manoir du plus grand mage noir de tous les temps, et alors ? Il en avait vu d'autre…
« Voldemort peut bien me faire ce qu'il veut. » pensa-t-il d'un air décidé. « Je n'ai pas… »
Aussitôt, comme chaque fois qu'il pensait cela, des images d'il y a quatre jours lui revinrent en mémoire. D'abord lui, qui criait au mage noir qu'il ne le rejoindrait jamais, puis les yeux rouges courroucés de Voldemort, posés sur lui, son visage de serpent qui riait sous ses cris, sa voix terrible qui prononçait encore et encore le même sortilège…
« Non !... » murmura-t-il alors en serrant plus fort ses bras autour de ses jambes et en fermant brusquement les yeux. « Je n'ai pas peur… »
Il plongea sa tête dans ses genoux et se força à penser à autre chose.
Ses amis. Il devait penser à ses amis. Ils se faisaient sûrement un sang-d'encre pour lui…
Petit à petit, le souvenir de ses hurlements de douleur ainsi que la voix terrible du mage noir disparut de son esprit et il se remit à respirer normalement – car sans même le remarquer, il avait cessé de respirer pendant quelques secondes.
Harry releva ensuite la tête et fixa à nouveau le paysage à la fenêtre d'un air désespéré. Ses yeux s'attardèrent sur le village en contrebas, puis sur le clocher de l'église du cimetière de Little Hangleton, à moitié caché par des maisons.
Quand sera-t-il enfin délivré de cet endroit ? Quelqu'un viendra-t-il vraiment le sauver ? Que faisait Dumbledore, Sirirus et tous les autres ?...
Alors, doucement et sans même pouvoir les en empêcher, quelques larmes roulèrent sur ses joues.
Il se détestait tellement d'être aussi faible...
Un autre chapitre de bouclé, bientôt au dixième !
J'espère que malgré le (petit) manque d'action, vous avez tout de même appréciez. Avant que les choses s'accélèrent, je voulais refaire un chapitre comme le troisième et le quatrième, où Harry réfléchit beaucoup à sa condition et ne fait pas grand chose de ses journées (même si du coup, l'arrivée d'Alexandre casse un peu la chose)... Parce que croyez-moi, la suite promet d'être riche en émotions !
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. J'attends avec impatience vos réactions et je vous dis à dans quatre jours !
