Bonsoir !

Pour changer, je publie tard (on ne change pas les bonnes habitudes !).

La fiction a maintenant dix chapitres ! Trinquons ensemble autour d'un bon camembert ! Sérieusement, je suis très heureuse d'être arrivée jusque-là (ça représente quand même dix semaines depuis que le chapitre 1 a été publié !) et je remercie chacun de mes lecteurs et lectrices pour m'avoir accompagné jusqu'ici. Bon, bien sûr, 10 chapitres ce n'est pas grand chose... mais c'est un début !

Et donc, que dire quant à celui-là... le titre n'est pas vraiment représentatif puisqu'il ne correspond qu'à une seule petite partie de celui-ci mais je n'avais pas d'autre idée donc tant pis !

Comme d'habitude, on se retrouve en bas pour plus de détails.

Bonne lecture !

(au passage ce chapitre fait 12,000 mots et quelques, c'est donc un nouveau record !)


Chapitre 10 : Impero


Pour la troisième fois, le sorcier évita de justesse les Tentaculas et traversa la serre d'un air préoccupé.

Il en était à son troisième aller-retour depuis son laboratoire et la grande pièce, qui ressemblait à présent plus à une jungle qu'à une serre. Le petit saule cogneur, pour une raison qu'il ignorait, était beaucoup trop agité ainsi que les petites pousses de Filet du Diable, sans parler des Tentaculas qui semblaient en colère contre lui. Certes, il avait prélevé quelques fleurs dans le but d'en faire des ingrédients pour ses potions mais ce n'était pas une raison pour que les plantes lui déchirent sa cape !

Le sorcier passa ensuite devant l'Amorphophallus Titanum qui embaumait la serre de son parfum morbide puis prit le petit chemin à gauche de celle-ci afin d'aller cueillir des feuilles de ginseng, nécessaire à la réalisation de la solution de force.

Peu après avoir rendu visite au Survivant, l'espion avait été à nouveau convoqué par le Seigneur des Ténèbres, qui lui avait donné de nouvelles potions à faire. Depuis quatre jours, il n'avait donc pas eu un moment à lui et croulait sous le travail. Car les exigences du mage noir, cette fois-ci, étaient de taille…

Tout d'abord, il devait préparer une trentaine de solution de force et de potions de régénération sanguine, quinze potions d'amnésie ainsi que de confusion, cinq ou six philtres régénérateurs à la mandragore, une dizaine de philtres tonifiants et enfin cinq fioles de Polynectar, sans oublier le Véritaserum qui mûrissait depuis presque un demi mois ici, datant de son arrivée au manoir.

Puis, trouvant enfin ce qu'il cherchait parmi l'amas plantes diverses, le sorcier coupa une douzaine de de feuilles de ginseng d'un air soucieux.

Bien sûr, il savait en partie à quoi serviraient les potions qu'il préparait, la plupart seraient données aux Mangemorts que le Seigneur des Ténèbres envoyait parfois en mission, d'autres à ceux qui s'occupaient de protéger la ville de Great Hangleton ainsi que le petit village de visiteurs indésirables.

Cependant, les quantités étaient beaucoup trop grandes pour ces seuls usages.

Severus, après avoir découpé assez de feuilles, se dirigea vers l'autre côté de la serre afin de cueillir de la livèche et de la cochléaire officinale, toutes deux nécessaires pour réaliser des philtres de confusion. Il longea les baies-vitrées, jeta un petit coup d'œil dans le parc tranquille du manoir puis se baissa afin de cueillir les plantes.

En réalité, l'espion avait bien des théories quant à l'usage de ses potions, mais étant donné qu'il n'avait encore aucune preuve, il ne pouvait les vérifier… Cependant, il savait, au fond de lui, ce que signifiait tout ce travail. Car le Seigneur des Ténèbres, qui réfléchissait sans cesse et envoyait ses Mangemorts effectuer des missions secrètes, semblait se préparer à ce que l'espion ainsi que le monde magique redoutait : la guerre. Tout, en effet, y était. Certains Mangemorts partaient recruter des sorciers, d'autres allaient éliminer des ennemis potentiels, emportant avec eux les potions que le sorcier faisait… car il y a souvent des combats. Très souvent même, s'il en jugeait par ce que Carrow, Nott et Avery se disaient le soir, dans le petit salon de l'aile droite.

Comment savait-il cela ? C'était en fait très simple, il n'avait même pas eu besoin de les espionner.

Il y a deux jours, il avait croisé Carrow et Avery qui revenaient d'une entrevue avec le Seigneur des Ténèbres, sûrement pour faire un rapport de leur mission. Avery ayant été touché au bras par un maléfice, l'espion lui avait proposé de le soigner à l'aide d'une potion.

Puis, avec deux ou trois paroles aimables et après avoir fini de soigner le Mangemort, l'espion avait été inclus dans la conversation qui tournait autour des missions des deux mages noirs.

Il avait donc pu apprendre que ceux-ci partaient généralement recruter des sorciers afin d'agrandir les rangs du Seigneur des Ténèbres, mais qu'il leur étaient également arrivés d'attirer l'intention de l'Ordre du Phoenix dans un lieu en particulier afin de les piéger ou de leur faire suivre une fausse piste quant à la localisation du Survivant.

Ainsi, avec l'épisode de la nuit précédente, Severus ne pouvait s'empêcher de penser à quel point le plan du Seigneur des Ténèbres était complexe et admirablement bien orchestré. Il devait d'abord gérer l'Ordre, qui cherchait le garçon dans tout le pays et parfois même ailleurs, étendre secrètement son influence au Ministère – notamment avec Lucius – afin de pouvoir se servir ce celui-ci quand bon lui semblerait, et enfin préparer la guerre à laquelle il complotait depuis sa résurrection.

Après avoir coupé à l'aide de sa baguette suffisamment de feuilles pour réaliser les philtres de confusion, Severus se leva et partit en direction du laboratoire.

Bien sûr, l'espion pensait que le but premier de son maître n'était pas de créer une guerre totale, mais plutôt, pour le moment, d'éliminer progressivement les seuls capables de perturber ses plans ; l'Ordre du Phoenix. Et en à peine deux semaines, deux membres étaient déjà tombés : Mrs Figg, l'espionne Cracmolle et Hestia Jones, la seule Sang-Pur de l'Ordre, toutes deux torturées à mort.

Néanmoins, malgré ces sombres nouvelles, le plan du Seigneur des Ténèbres avait été contré hier soir et sans même qu'il ne le sache.

Après quelques paroles échangées avec Nott lorsqu'il était venu le chercher la nuit précédente, l'espion avait appris qu'un membre de l'Ordre du Phoenix avait été enlevé à Great Hangleton alors qu'il était en compagnie de deux autres personnes : une vieille sorcière – sûrement Minerva – et un homme avec un chapeau violet – sans doute Dedalus Diggle. Sous les attaques des deux mages noirs présents, bien vite rejoints par deux autres - en l'occurrence Nott et sans doute Amycu, ils avaient tous trois été contraints de s'enfuir. Et dans leur fuite, Miss Jones avait été capturée et directement amenée au Seigneur des Ténèbres.

Nott lui avait donc dit de prendre le peu de Véritaserum qui lui restait - venant tout droit de sa réserve à Poudlard – afin de le faire boire à la prisonnière.

« Dans quel but ?... » avait demandé Severus d'un air intrigué au Mangemort.

« Trouver la cachette de l'Ordre, puisque tu n'as pas été capable de le faire. » avait répondu Nott, ce à quoi le maître de potions avait répliqué par un regard irrité.

L'espion, s'il avait voulu, aurait bien sûr pu découvrir où se trouvait le QG de l'Ordre, Dumbledore lui ayant en effet laissé une lettre qui lui disait où il se situait. Mais durant l'été, il avait été un peu trop occupé pour se joindre ponctuellement aux réunions que le directeur organisait là-bas. Et l'enlèvement du garçon avait également joué, car l'espion aurait normalement dû s'y rendre quelques jours suivant les faits et aurait été contraint de le dire au Seigneur des Ténèbres lorsqu'il lui avait demandé.

Severus avait donc eu de la chance. Il maîtrisait plutôt bien l'Occlumencie mais une information de ce genre aurait vite été trouvée par le mage noir. Celui-ci en avait d'ailleurs conclu que son Mangemort ne savait vraiment pas où était le QG de l'Ordre – ce qui était vrai, et ne lui avait lancé qu'un Doloris en gage de punition.

Toutefois, l'espion avait réussi à cacher un détail essentiel au mage noir : le lieu était protégé par un sortilège de Fidélitas, et le gardien du secret n'était autre que Dumbledore.

Ainsi, le Véritaserum qu'il avait fait boire à Hestia Jones avait été complètement inutile. Seul le gardien pouvait révéler l'emplacement du QG de l'Ordre, des sortilèges comme l'Imperium étaient donc futiles puisque la sorcière n'était pas la gardienne du secret. L'Occlumencie, quant à elle, avait peut-être permis au Seigneur des Ténèbres de voir un lieu qui ressemblait au QG mais était également inefficace si elle n'était pas utilisée sur le détenteur du secret.

Severus se demandait cependant comment avait fini l'interrogatoire… la sorcière avait-elle donnée une fausse indication au Seigneur des Ténèbres ou celui-ci avait-il découvert que le lieu était placé sous Fidélitas ?

Normalement, la deuxième option était à exclure car l'espion aurait vite été convoqué par son maître s'il avait découvert une telle chose… et le maître des potions aurait sans doute passé un très mauvais quart d'heure. Mais soucieux de rien laisser au hasard et de se tenir prêt en toutes circonstance, le sorcier se devait d'envisager chaque possibilité.

Enfin, de retour dans son laboratoire, Severus remua sa baguette magique en direction des étagères afin de faire venir quelques bocaux d'ingrédients, puis commença la réalisation des philtres de confusions. D'un geste agacé, il débarrassa également son plan de travail où traînaient toutes sortes de choses, comme des restes d'ingrédients, des parchemins usés venant tout droit de son bureau, une plume…

Une plume ?

Aussitôt, l'espion fit léviter celle-ci vers lui et lança :

« Incendio. »

La plume blanche brûla alors sous les yeux du maître des potions qui fit ensuite disparaître les quelques grains de poussière avant de se remettre au travail.

Pour la chouette, la question était réglée depuis ce matin. Après l'épisode de la cave, le sorcier, qui gardait l'animal dans son bureau depuis deux jours, avait finalement conclu qu'il était temps pour elle de s'envoler vers Poudlard. Elle n'était pas tout à fait rétablie, mais la situation était devenue beaucoup trop grave pour que l'espion attende un jour de plus.

Peu avant que le jour se lève, il avait donc accroché à sa patte le petit mot destiné à Dumbledore - sans oublier de couvrir son plumage d'une teinture noire de jais afin qu'elle ne soit pas trop remarquable – puis avait libérée la chouette depuis la serre. Peut-être ses recommandations avaient-elles vraiment été utiles puisque l'animal était directement parti en direction du bois, n'avait pas survolé le manoir et semblait avoir emprunté une autre direction que la ville de Great Hangleton - au contraire de son maître, légèrement stupide, la chouette était plutôt intelligente.

Severus espérait donc qu'elle arriverait vite à Poudlard. Cela devrait normalement lui prendre un jour et demi, deux si elle ne volait pas assez vite. Mais c'était toujours mieux que rien. Et quand Dumbledore lirait sa lettre, il saurait enfin où était détenu le garçon et aurait en prime l'avertissement de l'espion quant à une possible attaque du manoir. Le Seigneur des Ténèbres était en effet à l'affût et les protections autour de la colline beaucoup trop puissantes pour être brisées en quelques secondes, le maître des potions espérait donc que le vieux sorcier réfléchirait bien sur son plan d'attaque avant de venir, ce qui ne devrait plus tarder désormais… et peut-être, dans quatre ou cinq jours, cet épisode sera enfin terminé.

C'était en tout cas ce qu'espérait l'espion.

Enfin, il avait terminé sa lettre en évoquant les dires du Seigneur des Ténèbres quant à sa volonté de faire rentrer le garçon dans ses rangs, avait précisé qu'une prophétie était peut-être en jeu, mais qu'il n'en savait pas plus pour le moment. Car les paroles du mage noir, que l'espion connaissait à présent par cœur étaient pour le moins préoccupantes.

« Une vieille folle m'a un jour dit que Lord Voldemort n'atteindrait jamais son but, à moins qu'il ne s'allie avec l'ennemi… »

La « vieille folle » dont il était question ici était certainement une voyante, sinon le mage noir n'accorderait pas autant d'attention à ses paroles. Et l'ennemi était certainement le garçon, voire même évidemment.

Ainsi, le Seigneur des Ténèbres n'atteindrait jamais son but s'il ne s'alliait pas avec le Survivant… mais de quel but était-il question ? De sa quête d'immortalité, ou de sa volonté de diriger le monde ? Et surtout, pourquoi avait-il besoin de s'allier au garçon pour y parvenir ? Était-ce à cause de leur mystérieux lien, datant du soir où le mage noir avait été défait par le bambin, ou était-ce à cause du pouvoir inconnu que possédait le garçon selon la première prophétie ?...

D'un coup de baguette, l'espion, lasse, découpa les feuilles de livèche, fit de même avec celles de cochléaire officinale puis rangea sa baguette. Le sorcier prit ensuite un mortier, plaça quelques feuilles dedans et écrasa énergiquement son contenu. Puis, il versa le jus dans un chaudron et répéta l'opération.

Pour le moment, cette mystérieuse prophétie n'était pas encore à prendre au sérieux. Car après tout, le garçon ne rejoindrait jamais le mage noir, il l'avait affirmé même lorsque celui-ci l'avait torturé. cependant, si cette prophétie était vraie ou du moins avait une part de vérité, la défaite du Seigneur des Ténèbres était-elle alors annoncée ?...

L'espion lâcha un bref soupir. Il n'avait pas assez d'informations pour réfléchir et cela ne le menait à rien. Il se remit donc au travail.

Quelques minutes plus tard, il s'aperçut qu'il lui manquait des fleurs d'achillée et alla donc en chercher dans la serre, réalisant ainsi son quatrième aller-retour de l'après-midi, qui venait pourtant à peine de commencer.

L'espion traversa donc à nouveau la grande pièce, évitant de justesse les Tentaculas qui agitaient frénétiquement leurs feuilles, passa lentement en dessous du petit saule cogneur, contourna l'Amorphophallus Titanum puis se dirigea au bout de la serre, en direction des baies vitrées. Il prit ensuite à droite et alla chercher les ingrédients qui lui manquaient.

Soudain, du coin de l'œil, alors qu'il se relevait après avoir cueilli suffisamment de fleurs pour réaliser les potions de confusion, il vit du mouvement dans le parc. Le sorcier regarda alors attentivement et aperçu un Mangemort suivi d'une plus petite silhouette également habillée en noir. Ceux-ci semblaient sortir de la porte arrière du manoir et se dirigeaient à l'opposé de la serre.

C'est alors que l'espion, non sans être quelque peu surpris, identifia les deux personnes. La première était Alexandre, ses cheveux clairs et sa peau pâle le caractérisant bien, et la deuxième n'était autre que Harry Potter, qui marchait tranquillement derrière le Mangemort et regardait partout autour de lui.

Le maître des potions fronça les sourcils. Que se passait-il ? Pourquoi le garçon était-il dehors ?

Puis, ils tournèrent à gauche, quittèrent le petit chemin pavé, marchèrent quelques pas dans l'herbe et s'arrêtèrent en plein milieu, à quelques mètres de la petite marre du parc. Le Mangemort sembla ensuite dire quelque chose au garçon, celui hocha la tête quelques secondes plus tard et sans plus de cérémonie, le mage noir sortit de sa poche une baguette magique.

« Que font-ils ?… » pensa Severus d'un air intrigué.

Quelques secondes plus tard, le Mangemort avait deux baguettes dans chaque main.

L'espion d'un geste vif ouvrit alors l'une des baies vitrées de la serre et se dirigea rapidement vers eux. Il passa derrière la petite cabane en bois délabrée, contourna les hauts buissons qui entouraient la sorte de petite terrasse du parc, emprunta le chemin pavé où les pierres n'étaient plus très bien alignées puis se dirigea vers le grand terrain d'herbe sèche où étaient le Mangemort et le garçon.

En quelques secondes, il arriva vers eux.

Alexandre, qui était face à lui, le remarqua en premier et rangea rapidement la première baguette. Le garçon, lui, suivit d'un air intrigué le regard de l'homme et remarqua le sorcier qui s'avançait vers eux. Les deux mages noirs se saluèrent ensuite d'un hochement de tête tandis que le Survivant regardait d'un air méfiant son professeur de potion.

« Vous devriez vous méfier du garçon. » commença l'espion à l'intention d'Alexandre. « Ce n'est peut-être qu'un gamin mais il est assez… »

L'espion jeta un coup d'œil condescendant au Survivant, qui le fixait toujours. Celui-ci, que le sorcier n'avait pas revu depuis trois jours, constata alors qu'il avait plutôt l'air en forme, même si son teint était encore un peu pâle et que sa cicatrice était rouge.

« Imprévisible. » acheva le maître des potions en reportant à nouveau son regard vers le Mangemort.

Alexandre hocha la tête.

« Je ne suis pas un gamin. » lança le Survivant d'un air mauvais.

« Ne parlez pas ainsi. » le réprimanda aussitôt Alexandre d'un ton ferme.

Le Survivant regarda alors le mage noir d'un air surpris, puis son professeur de potion, et se tut pour la plus grande surprise de l'espion. Il n'était pas habitué à ce que le célèbre Gryffondor soit aussi… docile.

« Ne vous inquiétez pas pour cela. » répondit ensuite Alexandre tout en fixant de ses yeux bleus sombres le sorcier.

Celui-ci hocha alors la tête, non sans lancer un regard mauvais au garçon.

« Est-ce une décision du Seigneur des Ténèbres ? » demanda ensuite l'espion au Mangemort.

« Je ne me serais jamais permis une telle chose sans son accord. » déclara simplement Alexandre.

Le maître des potions, qui était venu jusqu'ici afin d'en savoir plus se mit alors à réfléchir à toute vitesse. Le garçon avait obtenu le droit de sortir accompagné d'un Mangemort. Certes, après deux semaines d'enfermement, c'était plutôt logique. Mais il se doutait que le Seigneur des Ténèbres ne lui avait pas autorisé une telle chose afin qu'il prenne simplement l'air, surtout qu'Alexandre avait été à deux doigts de lui rendre sa baguette magique...

Cependant, il ne pouvait pas demander au Mangemort de quoi retournait cette décision car si celui-ci le rapportait au mage noir, et il ne verrait pas d'un très bon œil la curiosité excessive de son maître des potions.

« Si vous avez un problème, venez me voir. » dit alors l'espion.

« J'ai pour ordre d'aller directement voir le Seigneur des Ténèbres. » répondit le Mangemort. « Mais je vous remercie de votre proposition. » ajouta-t-il en hochant la tête.

« Dans ce cas c'est encore mieux. » déclara simplement l'espion d'un ton railleur tout en lançant un regard dédaigneux au garçon.

Celui-ci, qui n'en menait pas large entre les deux mages noirs se contenta de lui rendre son regard.

Puis, sans plus de cérémonie, l'espion se retourna et regagna la serre tout en réfléchissant à l'échange qu'il venait d'avoir avec le Mangemort.


Harry était complètement perdu.

Pourquoi Snape était-il venu ici ? Que venait-il de se passer, exactement ?...

Dès qu'il l'avait vu, le Survivant avait cru que son professeur chercherait à en savoir plus quant à ce que Voldemort avait décidé pour finalement apprendre que celui-ci voulait qu'il apprenne à utiliser des sortilèges de combats mais… non.

À la place, il s'était simplement contenté de le traiter de gamin, de le rabaisser et de proposer son aide au Mangemort s'il avait un problème. Et d'ailleurs, de quel problème parlait-il ? Le Survivant n'avait pas l'intention de créer de problème… enfin pas pour l'instant.

Snape venait-il de jouer la comédie devant le Mangemort ? Mais dans quel but, puisqu'il n'avait finalement rien appris ?...

L'adolescent ne comprenait rien.

Cependant, il n'eut pas le loisir d'y réfléchir plus en détail puisque le mage noir le tira soudain de ses pensées.

« J'ai cru comprendre que vous ne vous appréciez pas. » dit-il soudain d'un air intrigué tandis que son regard était posé sur lui.

« Non. » répondit aussitôt l'adolescent.

Après tout, ce n'était pas une information top secrète, le Survivant pouvait bien le dire au Mangemort.

« C'est votre professeur de potion, n'est-ce pas ? » continua Alexandre.

« Oui. » dit le Survivant d'un air agacé.

Et il n'avait même pas besoin de jouer la comédie, puisqu'il détestait déjà son professeur.

Puis, le mage noir sortit de nouveau sa baguette de sa poche et lui tendit. L'adolescent ne put alors s'empêcher de sourire. Il s'avança, la prit et sentit aussitôt une agréable chaleur qui remonta tout le long de son bras droit.

Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas tenu sa baguette !

« Vous n'avez pas peur que je vous attaque ? » demanda-t-il ensuite à Alexandre d'un air malin.

« Je crois que je n'ai pas trop de soucis à me faire. » répondit simplement celui-ci en reculant de quelques pas.

Le Survivant interpréta alors les paroles du Mangemort. Soit il était très fort, soit il se moquait de lui. Peut-être était-ce les deux.

Sous le regard d'Alexandre, l'adolescent haussa légèrement les épaules. De toute façon, il ne comptait pas l'attaquer... enfin pas aujourd'hui.

Car l'adolescent était persuadé que ces sorties dans le parc du manoir étaient certainement un moyen de s'enfuir. Il suffisait d'un petit moment d'égarement du mage noir, d'un sortilège de désarmement bien placé puis d'un Petrificus Totalus et le tour était joué. Le mage noir était peut-être – même certainement – plus fort que lui, mais l'adolescent pouvait très bien l'avoir par la surprise…

Le Mangemort sortit ensuite un petit objet de sa poche, le plaça par terre et conseilla à l'adolescent de reculer, ce qu'il fit après avoir détaillé l'objet - en l'occurrence un petit pantin en bois -. Il semblait plutôt vieux, avait des membres articulés et était vierge de toute peinture.

« Amplificatum. » lança Alexandre en direction du pantin.

Celui-ci grandit alors doucement puis prit finalement taille humaine.

« Piertotum locomotor. » ajouta-t-il en pointant toujours le pantin de sa baguette qui s'anima soudain.

Le mannequin se leva, plaqua ses bras articulés le long de son corps, se tourna vers le Mangemort puis devint à nouveau immobile.

« Avez-vous déjà appris à vous battre ? » demanda ensuite le Mangemort à l'intention du Survivant.

« Je connais quelques sortilèges... » dit simplement Harry.

Avec les cours de Défenses Contre les Forces du Mal, mais surtout son entraînement avant le Tournoi des Trois Sorciers, l'adolescent avait eu de quoi faire. Du moins, il en connaissait peut-être un peu plus qu'un autre sorcier de quinze ans.

« Bien. Vous allez vous battre contre ce pantin et me montrer ce que vous savez faire. » énonça le Mangemort.

Devant l'air incertain de l'adolescent, il ajouta ensuite :

« Imaginez que c'est un sorcier. »

D'un coup de baguette, Alexandre fit léviter un petit bâton vers lui, le tailla d'un autre sort et le lança vers le pantin, qui l'attrapa aussitôt de sa main en bois.

« Le but est de ne pas le laisser vous toucher. » déclara-t-il en allant se mettre sur le côté, sa baguette toujours en main. « Est-ce clair ? »

Le Survivant se tourna vers lui, hocha la tête et reporta son attention sur le pantin immobile. Cela promettait d'être plutôt facile…

« À trois. » lança Alexandre d'une voix forte. « Vous avez intérêt à courir. Un. »

Le sorcier lança un regard amusé vers le Mangemort. Un pantin de bois n'était pas vraiment un adversaire de taille face à lui…

« Rappelez-vous, votre adversaire est un sorcier. Deux. »

Il reporta son attention sur le pantin et se mit en garde.

« Trois. »

« Incarcerem ! » lança aussitôt l'adolescent en direction du pantin.

Celui-ci fit un bond de côté, évita le sortilège puis se mit à courir en sa direction.

D'accord, peut-être cela n'allait-il pas être si facile.

« Stupéfix ! » retenta le Survivant alors que le mannequin n'était plus qu'à trois mètres de lui.

Cette fois-ci, le pantin de bois n'eut pas le temps d'éviter le sortilège, il fonça droit sur lui. Cependant, à peine le sortilège arrivait-il sur lui que l'adolescent vit du coin de l'œil Alexandre agiter sa baguette, tandis qu'un bouclier apparaissait soudain devant le pantin et faisait rebondir le sort, qui repartit immédiatement en direction de l'adolescent.

Surpris, il n'eut même pas le temps d'essayer de l'éviter ou de créer à son tour un bouclier. Le sortilège le percuta de plein fouet et le fit décoller avant de le faire retomber sur l'herbe, deux ou trois mètres plus loin.

Le Survivant, un peu sonné se releva alors et lança au passage un coup d'œil surpris au mage noir, qui se contenta de lui lancer un regard amusé.

« C'est tout ? » semblait-il dire.

« D'accord… » pensa le Survivant tandis qu'il fixait de ses yeux verts le Mangemort. Ce qu'il venait de faire était sournois et finalement, l'exercice pas être si facile. Cependant, l'adolescent en fut ravi.

Une fois qu'il fut debout, le pantin qui s'était immobilisé se remit à courir en sa direction et le Survivant se prit au jeu. Il tenta d'abord de distancer le pantin puis remarqua bien vite que celui-ci courait plus vite que lui. Avant que celui-ci ne se rapproche trop, il lança donc en sa direction :

« Impedimenta ! »

Le sortilège fondit sur lui mais fut aussitôt esquivé par le pantin, qui fit simplement un pas de côté et se remit à courir.

« Attendez qu'il soit assez proche de vous ! » lui conseilla le Mangemort d'une voix forte.

« Facile à dire si vous lui faites un bouclier après… » songea le Survivant qui courrait toujours.

Arrivant bientôt vers les murs du manoir, il tourna soudainement à gauche, contourna le pantin et lança dans son dos :

« Diffindo ! »

Celui-ci reçut alors le sort de plein fouet. Il s'immobilisa soudain et fut aussitôt découpé en petit morceau sous l'expression satisfaite du Survivant.

Alexandre le rejoignit ensuite en quelques secondes et lança tranquillement :

« Ce n'était pas très fair-play. »

« Il ne m'a pas touché, c'est ce qui compte non ? » lui répondit simplement le garçon d'un air malin.

« C'est exact. » admit le Mangemort.

D'un sortilège informulé, il répara le pantin, lança un sortilège de réduction puis le remit dans sa poche.

« Changeons donc d'adversaire.» dit-il en lançant un regard énigmatique au Survivant. « Venez. » ajouta-t-il en se retournant.

L'adolescent le suivit alors, curieux de qui pourrait bien être son adversaire. Après être revenu au milieu du terrain d'herbe sèche, le Mangemort s'arrêta, se tourna vers le Survivant et lança simplement :

« Attaquez-moi. »

Il y eut un petit silence.

« Heu… » lança ensuite Harry d'une voix incertaine. « Vous êtes sûr ? »

« Comme je vous l'ai dit, je ne pense pas avoir beaucoup à craindre. » répondit tranquillement Alexandre.

L'adolescent fronça les sourcils. Il se mit en garde, suivi du Mangemort. Il comptait bien prouver au mage noir qu'il savait se battre. Cependant, quelques sortilèges plus tard et après s'être retrouvé plusieurs fois par terre ou complètement immobile, le Survivant s'aperçut vite qu'il n'était pas de taille.

« Essayez de maintenir votre bouclier aussi souvent que possible. » lui conseilla Alexandre.

Ce qu'il fit, ou du moins tenta de faire… sans grand succès.

« Rien ne sert de crier le sortilège que vous allez lancer. » lui fit ensuite remarquer le Mangemort.

Certes… mais l'adolescent, dans le feu de l'action, ne pouvait s'empêcher de crier. Il essaya tout de même de suivre les conseils du mage noir.

Alors, une trentaine de sortilèges plus tard, dix ou onze chutes de l'adolescent, une douzaine de ses propres sorts renvoyés en sa direction et lorsque l'adolescent faillit tomber dans la petite marre du parc, le mage noir lança soudain un informulé que le Survivant évita de justesse puis continua avec un autre sort :

« Expelliarmus. »

L'adolescent, qui était encore chancelant, tenta alors de créer un bouclier mais en moins d'une seconde, sa baguette lui fut arraché des mains et alla directement se loger dans celles du Mangemort.

« C'est fini pour aujourd'hui. » dit-il en rangeant la baguette dans sa poche devant l'adolescent essoufflé.

« Déjà ? » ne put s'empêcher de lancer celui-ci d'un air déçu.

« J'en ai bien peur. » répondit simplement Alexandre après un petit silence.

Les deux sorciers empruntèrent donc le même chemin qu'ils avaient pris à l'aller. Ils rejoignirent le chemin pavé puis passèrent devant une rangée de haies asymétrique, tandis que la petite cabane délabrée se dessinait derrière elle. Quelques mètres plus loin, alors que les haies s'arrêtaient et que la petite maison en bois était à présent visible en entier, le Survivant jeta un coup d'œil en sa direction.

Plus qu'une cabane, c'était plutôt un grand kiosque fermé. Il était de forme hexagonale, avait un toit en tuiles de couleur ardoise sombre et avait des sortes de petites fenêtres ouvertes dans les panneaux de bois moisis qui constituaient les murs du kiosque. Certaines lattes s'étaient d'ailleurs entièrement détachées et traînait à même le sol, il y avait des trous dans le toit et l'ensemble semblait prêt à s'écrouler à tout moment.

Puis ils passèrent devant deux ou trois grands arbres et l'adolescent la perdit de vue.

Les deux sorciers arrivèrent ensuite devant les marches qui menaient à la petite terrasse en pierre, les montèrent en évitant les pierres branlantes puis arrivèrent en quelques pas à la porte arrière du manoir tandis que l'adolescent détaillait les pots de fleurs cassés et vides puis la table de jardin et enfin les quelques chaises à la peinture abîmée.

Alexandre ouvrit la porte, laissa d'abord passer l'adolescent puis referma la marche. À l'intérieur du manoir, il faisait plus froid qu'à l'extérieur et le Survivant, qui après ces deux heures d'exercice avait plutôt chaud, fut tout de suite refroidi.

Après avoir tourné à droite, ils empruntèrent le long couloir sombre au sol recouvert de poussière et aux murs de vieux tableaux animés, la plupart représentant des paysages comme une plage, un phare sur une falaise, une chaîne de montagne ou même une forêt. Puis, toujours sans un mot et après être passés devant deux intersections, ils atteignirent le hall d'entrée, prirent les escaliers puis le petit couloir et arrivèrent au bout de celui-ci.

Avec une grimace, l'adolescent s'arrêta devant la porte de la chambre, l'ouvrit et rentra bien malgré lui dans la pièce tandis que le Mangemort refermait la porte et que le bruit de la serrure se faisait ensuite entendre.

Puis, il fit le tour de la chambre des yeux et pensa d'un air ennuyé : « Que faire maintenant ? »

Il fut tenté de reprendre son carnet et se dirigea donc vers le bureau, à droite de la porte, et songea qu'il n'avait pas relu son cours du jour précédent.

L'adolescent ouvrit donc le tiroir où se trouvaient ses parchemins puis se dirigea vers la fenêtre et les posa sur le rebord. Il enleva ensuite ses chaussures, les jeta au milieu de la pièce et s'assit devant la fenêtre.

« Il a dit qu'il parlerait de pharaons, non ? » songea Harry en passant ses yeux sur les lignes qu'il avait écrites. Cela promettait peut-être d'être intéressant.

Il se mit ensuite à lire paresseusement ses parchemins.

« Chapitre 1 : Les oracles au service de la magie.

Introduction : Grèce antique, période classique = 117 ans (500 avant J.C jusqu'à -323)

- Grand philosophe : Socrate (né en Apolèce, mort à Athènes, fils d'un sculpteur). Aucun écrit rédigé de sa main, critiquait la société dans laquelle il vivait.

- Oracle de Delphes a un jour prédit que Socrate était le plus sage des hommes. Grande magicienne, plus ancienne du monde magique, également la plus ancienne voyante que l'on connait. Son sanctuaire aurait été créé par Apollon, un dieu grec. »

Harry soupira.

Le cours avait été assez intéressant, mais le relire et l'apprendre était une autre histoire. Il continua cependant, lut quelques lignes sans même y faire attention puis arriva au moment où les différences entres les voyants et les voyantes étaient expliquées. Et cela, son professeur de divination ne l'avait jamais dit ! Pourtant, l'adolescent trouvait très captivant que les hommes et les femmes n'aient pas les mêmes facultés pour prédire l'avenir. La divination en elle-même pouvait d'ailleurs être assez intéressante, mais les cours de Sybille Trelawney, eux, ne l'étaient pas. Surtout lorsque la conclusion qu'il tirait après avoir observé des feuilles de thés ou dans une boule de cristal était qu'il allait bientôt mourir dans d'atroces souffrances…

Car oui, le Mangemort avait une façon beaucoup plus captivante de faire un cours. Harry n'avait en effet pas eu le temps de s'ennuyer ni de voir passer les deux heures, ce qui était plutôt rare chez l'adolescent… Les seuls cours susceptibles de l'intéresser étaient en effet la Défense contre les forces du mal, les Soins aux créatures magiques - surtout depuis que Hagrid était devenu le professeur, la Métamorphose de temps en temps et c'était tout.

Se rappelant soudain qu'il devait lire son cours, il s'y replongea d'un air ennuyé.

Le reste parlait de la divination chez les centaures, suivis de quelques exemples de voyants et voyantes célèbres comme Thomas More, Philippa de Hainaut, Mary Delany ou Cassandra Vablatsky, plus contemporaine et qui avait même une carte de Chocogrenouille à son effigie – et qui était la seule que Harry connaissait.

« N'écrivez pas son nom. » lui avait d'ailleurs dit Alexandre lorsque le Survivant l'avait mentionnée.

« Pourquoi ? »

« Elle ne fait pas partie de l'histoire. » lui avait simplement répondu le Mangemort d'un air agacé.

Le Survivant qui avait cependant écrit son nom avant que le mage noir ne lui dise de ne pas le faire alla donc chercher sa plume, revint s'asseoir à la fenêtre et barra le nom de la voyante.

Cet épisode avait d'ailleurs fait penser à l'adolescent que le Mangemort était très… lunatique ? « Non peut-être pas à ce point… » songea-t-il. « Plutôt… d'humeur changeante ? » Car le mage noir pouvait très bien n'afficher aucune expression puis d'un coup être agacé, ennuyé ou encore amusé. Cela s'ajoutant au faite qu'il fixait parfois l'adolescent un peu trop longtemps, Harry pouvait en conclure qu'il était très bizarre. Peut-être même n'avait-il pas toute sa tête ?...

Il haussa les épaules. En tout cas, le mage noir était plutôt aimable, Harry n'avait donc pas trop à s'en plaindre. Car il aurait pu tomber sur quelqu'un d'autre de moins sympathique… Gibbon par exemple, ou Nott, Avery, ou même pire : Snape !

Certes, il était peut-être de son côté – et encore, l'adolescent en doutait - mais il ne pouvait pas le supporter. C'était comme ça. Et avec le coup qu'il lui avait fait de ne pas lui donner de potion de sommeil-sans-rêve et de le traiter de martyr, en plus de sa visite surprise dans le parc – qui avait sûrement eu pour de but de se moquer de lui, Harry ne pouvait que le détester d'avantage.

Enfin, lorsqu'il arriva en bas de son parchemin sans même avoir vraiment fait attention à ce qu'il lisait, le Survivant soupira de lassitude.

Puis, il pensa également qu'Alexandre lui avait dit de lire les premiers chapitres d'un des livres qui trônaient maintenant sur l'une des bibliothèques. Il laissa donc ses parchemins sur le rebord où il était assis, se leva et alla inspecter les rayons de l'étagère, juste à côté de la fenêtre. Il y avait six livres, tous sans doute très vieux et décidément très épais.

L'adolescent décida alors de les amener sur le lit pour qu'il puisse les feuilleter un par un. Il prit d'abord le plus gros, à la couverture verte et usée sur les bords puis en prit un autre et les amena tant bien que mal sur le lit. En plus d'être épais, ils étaient également très lourds et plutôt encombrants. Il fit de même avec les quatre livres restants puis s'assit sur le lit et ouvrit l'un des trois livres à la couverture rouge terne.

Harry tomba d'abord sur deux pages vierges d'un jaune délavé puis arriva au titre : « Les fondements de la magie : volume 3 ». Il ouvrit les deux autres livres rouges qui étaient quant à eux les premiers volumes de la série.

Puis, tout en feuilletant le premier volume - celui-ci dont il était censé lire les trois premiers chapitres pour le lendemain, l'adolescent lâcha un petit soupir. Cela ne promettait pas d'être très amusant...

Le sorcier ferma ensuite les trois livres puis s'intéressa au plus gros, dont la couverture était verte foncée et dont la reliure semblait prête à céder. Il l'ouvrit et trouva le titre : « Encyclopédie des sortilèges, édition 1907 ». Soudain plus intéressé, Harry tourna rapidement les premières pages d'introductions puis arriva à un sommaire d'une douzaine de pages où était listé une quantité impressionnante de sortilèges, tous par ordre alphabétique.

Intéressé, l'adolescent parcourut la suite et vit que chaque sortilège avait d'abord une petite présentation qui racontait où et comment avait-il été créé, une explication quant à ses effets, le mouvement qu'il fallait faire pour le réaliser et la mention d'un contre-sort s'il en existait un. Il vit le sort Accio, Aguamenti, Alohomora… puis il remarqua que devant chaque sortilège, des petits symboles étaient dessinés comme un rond, un carré ou un triangle et que quelques sorts n'étaient pas écrits de la même couleur. Il chercha donc à la fin du livre pour avoir une explication et trouva :

« Chaque sortilège a une catégorie, symbolisée par plusieurs formes : les maléfices avec un triangle, les charmes avec un rond, les contre-sorts avec un carré. Les sortilèges basiques n'ont pas d'indications particulières. »

Puis il trouva, sur une page précédente la raison pour laquelle des sorts n'étaient pas écrits de la même couleur.

« Les sortilèges dont leur nom est écrit en bleu sont issus de la magie noire et doivent être pratiqués avec modération et maîtrise. »

L'adolescent fronça alors les sourcils, surpris que des sorts de magies noires puissent être listés dans un livre. Celle-ci ayant été interdite par le Ministère de la Magie, il était aujourd'hui rare de trouver des ouvrages qui en parlaient.

Par curiosité, il fit rapidement défiler les pages du livre et remarqua avec étonnement qu'il y avait tout de même une bonne quantité de sort qui était écrit en bleu. « D'accord… » pensa-t-il en refermant le livre d'un air stupéfait. C'était bien la première fois qu'il voyait une chose pareille…

Puis, il mit l'énorme encyclopédie de côté et prit un autre livre dont la couverture était bleue foncée et où quelques motifs en reliefs serpentaient dessus. Il l'ouvrit et trouva immédiatement le titre : « Théories sur la magie, édition Wizard's Book». L'adolescent le feuilleta rapidement, tomba sur de longs articles sans doute très ennuyeux puis arriva finalement sur une nouvelle partie, un peu avant le milieu du livre.

C'était un sommaire qui répertoriait différentes sections comme « La baguette magique », « La puissance du sorcier » ou encore « La volonté du sorcier » et chacune avait deux ou trois sous-catégories comme « Le choix de la baguette en fonction de ce que l'on en fait », « Les différents composants des baguettes magiques », « Théorie sur la puissance magique », « Les bienfaits de la magie » ou bien « La puissance magique héréditaire ».

« C'est sûrement très ennuyeux... » se dit-il.

Puis, après avoir refermer le livre, il prit le dernier et l'ouvrit.

Celui-ci de couleur grise terne s'intitulait « Sortilèges de défenses, édition 1923 » et intéressa aussitôt l'adolescent. Rapidement, il lut quelques passages de l'introduction, qui disait tout d'abord que la défense était tout aussi importante que l'attaque, que certains sortilèges de défenses avaient été créé pour contrer les effets d'un sorts – les contre-sorts, qu'il existait également des sortilèges qui permettaient de parer et d'attaquer aussitôt et qu'il y avait différentes catégories de défenses, comme celle contre les créatures magiques, contre un sorcier ou contre tout phénomène magique.

Le Survivant passa ensuite au sommaire où était listée une quantité importante de sortilèges de défenses, en vit quelques-uns qu'il connaissait comme Protego ou Spero Patronum puis tourna les pages pour arriver sur des explications des sortilèges. Sur chacun, le mouvement pour l'effectuer était illustré par une flèche et deux ou trois lignes parlait des effets et des conséquences du sort.

Puis, tandis que l'adolescent lisait distraitement quelques sortilèges de défenses, il remarqua soudain que la luminosité de la pièce commençait lentement à baisser et que le soir ne tarderait pas à arriver.

Soupirant, il se rappela que son but premier avait été de faire ce dont Alexandre lui avait demandé en devoirs, ferma donc le livre de défense et entreprit de lire les trois premiers chapitres des Fondements de la magie.

Environ une heure plus tard, lorsqu'il eut enfin fini et après avoir réprimé une vingtaine de bâillements, l'adolescent, qui était à présent couché sur le ventre, se remit assis, ferma enfin l'épais bouquin d'un air ennuyé puis alla le ranger ainsi que les cinq autres livres.

Décidément, lire n'était pas fait pour lui. Parmi les trois chapitres qu'il avait bien malgré lui lu, il avait d'abord été question de la création de la magie, de Dieu et d'une certaine forme d'énergie qui s'était plus tard transformé en magie, de celle-ci dans la nature, du ''flux de la matière'' puis de la magie chez les Hommes avec un passage évoquant l'hérédité – Harry n'y avait d'ailleurs rien compris – et enfin de l'écriture magique avec d'abord les runes, les hiéroglyphes, le grec et le latin et toutes sortes de choses ennuyeuses dont Hermione aurait sûrement raffolé.

Plus tard, Sam vint lui apporter son repas qu'il finit presque en entier – l'entraînement avec le Mangemort lui avait donné faim, Gibbon passa, l'adolescent alla prendre une douche avant de reprendre son carnet et de dessiner deux ou trois choses qui lui passaient par la tête et après quelques heures et bâillant de plus en plus, il décida d'aller se coucher.

La nuit dernière, il n'avait pas fait de cauchemar et espérait que cette nuit-là serait aussi tranquille. C'est donc rapidement qu'il s'endormit, non sans penser bien malgré lui que cela faisait pile deux semaines qu'il était ici...

Le lendemain, la matinée passa vite.

Il se réveilla sans avoir fait de cauchemar, pris son petit déjeuner, aller prendre une douche et s'habilla, dessina sur son carnet et tenta même de relire ses notes avant l'arrivée du Mangemort.

Le midi, Sam vint lui apporter un vrai repas et non plus une simple potion nutritive comme il avait l'habitude de le faire. L'adolescent mangea donc un peu et laissa environ la moitié du déjeuner. Puis, après avoir fini, il reprit son carnet, s'assit à la fenêtre et tenta de dessiner une nouvelle fois le paysage.

Environ une heure et demi plus tard, Alexandre arriva et le cours commença.

« Le saviez-vous, monsieur Potter, que certaines pyramides avaient secrètement été construites par des sorciers ? » lui demanda le mage noir tandis que Harry peinait à écrire tout ce qu'il disait.

« Non, je ne le savais pas. » répondit celui-ci, aussitôt intéressé.

Vinrent alors quelques explications sur les pharaons sorciers, comment vivaient-ils, comment cachaient-ils leur magie et à quelle occasion l'utilisaient-ils…

« Pour ce qui est des mariages, un pharaon sorcier ne se mariait qu'avec une sorcière. Cette règle fut établie dès que Djoser, le troisième sorcier pharaon, prit le pouvoir. » dit ensuite Alexandre.

« Pourquoi ? » s'enquit Harry d'un air intrigué.

« Les sorciers de l'époque se sont vite rendu compte que leur magie était trop rare et précieuse pour la mélanger avec les autres. » expliqua le mage noir.

« Avec les autres… les moldus ? » dit l'adolescent, incertain.

« Oui. » répondit Alexandre. « Mais le terme n'existait pas à l'époque. » précisa-t-il.

Puis, le mage noir continua en disant que cette règle fut respectée pendant environ trois siècles mais fut abolie car il ne restait plus beaucoup de sorcier de familles différentes à marier et que la consanguinité, bien sûr, était interdite.

« Alors ils se sont mélangés avec les Modus ? » demanda Harry.

« Certains, oui. Mais d'autre ont refusé. » expliqua le sorcier.

Ensuite, le mage noir parla ce que l'adolescent avait lu dans les trois premiers chapitres des Fondements de la Magie. Il parla notamment de la magie des éléments, très utilisée au temps des pharaons, de la magie dans la religion et de l'écriture de celle-ci avec les hiéroglyphes.

Puis vint le moment où il évoqua la magie héréditaire, qui faisait écho à ce qu'il avait dit sur les mariages entre sorciers des pharaons.

« Avez-vous compris de quoi retournait la théorie scientifique évoquée dans le troisième chapitre ? » l'interrogea Alexandre.

L'adolescent, prit au dépourvu répondit alors d'un air hésitant :

« Heu… des sorciers ont fait des expériences avec des enfants Sang-Pur et des enfants de Sang-Mêlé pour voir si… leur magie était plus puissante ? »

« C'est exact. » acquiesça le mage noir. « Mais c'est en réalité plus complexe que cela. Ils se sont d'abord basés sur les écrits d'un groupe de sorciers scientifiques du 17ème siècle nommé Albertus. »

Harry manqua de lâcher un petit rire. « Ils auraient pu trouver mieux… » songea-t-il en écrivant.

« Pour simplifier, ces sorciers ont conclu après plusieurs expériences sur la génétique que le gêne magique pouvait être comparé au gêne qui permettait à un enfant d'avoir les yeux verts. » déclara-t-il. « Je m'explique… » ajouta-t-il devant l'adolescent qui fronçait les sourcils. « Un enfant, s'il a un parent qui a des yeux marrons et un parent qui a des yeux verts, a plus de chance d'avoir les yeux marrons plutôt que verts, car le gêne qui détermine la couleur verte des yeux de l'enfant est plus rare et plus faible que l'autre. Comprenez-vous ? » demanda le mage noir, patient.

L'adolescent, après quelques secondes de silence hocha lentement la tête.

« Sur ce principe, il a donc été conclu que le gêne magique, comparable à celui de pigmentation vert, est plus faible face au gêne non magique, celui de couleur marron. » continua le Mangemort. « Ainsi, pour une raison de conservation de la magie, des sorciers ont parfois refusé de faire des enfants avec des Moldus. D'autres, plus extrêmes, ont même refusé de se marier avec des Sang-Mêlé. »

« Des Sang-Pur… » lâcha Harry d'un ton soupçonneux.

Soudainement, la tournure que prenait le cours ne lui plaisait pas…

« Exact. » dit le mage noir. « Pour ce qui est de la puissance magique, celle-ci serait alors vue comme un gêne héréditaire qui s'affaiblit de générations en générations, sauf s'il est à chaque fois présent dans chaque parents que l'enfant en bénéficie à son tour et qu'il le perpétue avec d'autres Sang-Pur. »

« Alors… un Sang-Pur est plus puissant qu'un Sang-Mêlé ? » demanda l'adolescent qui n'était pas sûr d'avoir tout compris.

« Oui. » répondit simplement le mage noir. « Aujourd'hui, les quelques familles de Sang-Pur restantes tiennent à tout prix à préserver leur magie et donc refusent de se mélanger. C'est d'ailleurs une préoccupation majeure des grandes familles de sorciers. »

L'adolescent se mit alors à réfléchir. Il ne connaissait pas beaucoup de Sang-Pur mais le peu qu'il connaissait, il ne les aimait pas. Ils étaient beaucoup trop arrogants, méprisaient les autres et se permettaient beaucoup trop de choses. Peut-être voulaient-ils vraiment conserver leur puissance magique, ou peut-être considéraient-ils simplement que leur sang était trop pur pour se mélanger aux autres. Bizarrement, Harry croyait d'avantage en la deuxième hypothèse…

« Si vous essayez de me faire changer d'avis sur les Sang-Pur, vous perdez votre temps. » lança-t-il d'un ton méfiant tandis que le Mangemort le fixait soudain d'un air agacé.

« Je crois que vous vous méprenez quant à mes intentions. » dit-il aussitôt d'une voix ferme. « Mon but est de vous enseigner l'histoire, ce que je fais. En aucun cas je ne cherche à vous faire prendre parti sur une idée ou sur une autre. »

Le Mangemort, qui s'était rapproché du bureau et qui semblait presque être en colère, demanda ensuite au Survivant :

« Est-ce clair ? »

Celui-ci, dont sa première confrontation avec un mage noir s'était très mal passé, hocha lentement la tête. Il ne voulait pas énerver le mage noir. D'ailleurs s'il pouvait éviter toute altercation avec lui, il le ferait, car il avait déjà eu sa dose avec Gibbon...

« Bien. » dit simplement Alexandre en reprenant une expression neutre. « Pour la prochaine fois, j'aimerais que vous lisiez les deux chapitres suivants du livre. Demain, nous nous concentrerons sur la défense magique. »

Puis sans plus de cérémonie le Mangemort quitta la chambre et laissa l'adolescent seul dans ses pensées.

Le soir, lorsque Sam vint lui apporter son repas, l'adolescent était comme à son habitude sur le rebord de la fenêtre et observait distraitement le paysage tandis qu'il repensait aux paroles du mage noir. Celui-ci pouvait très bien nier le fait de ne pas vouloir l'influencer mais Harry était convaincu que la fin du cours avait – légèrement – débordé de propagande quant aux Sang-Pur.

« Il peut bien dire ce qu'il veut. » songea le Survivant en haussant les épaules. « Mes convictions ne changeront pas. »

Puis, après avoir repris son carnet pour améliorer son dessin du paysage, l'adolescent alla se coucher tout en maudissant une nouvelle fois la situation dans laquelle il se trouvait.

Le lendemain, Harry se réveilla après avoir rêvé que Voldemort lui infligeait à nouveau le sortilège du Doloris. Il se releva dans son lit, le souffle court et la gorge sèche puis après un rapide tour de la pièce des yeux, se laissa tomber et maudit le mage noir. Sa cicatrice cependant ne lui faisait pas mal, c'était peut-être le seul point positif…

Il resta ensuite dans son lit à réfléchir sur la façon dont il pourrait s'enfuir, à ce qui pourrait l'aider – il en exclu totalement son professeur de potions – et ce que faisait Dumbledore, Sirius et ses amis. Étaient-ils vraiment à sa recherche ? Et si c'était le cas, pourquoi prenaient-ils autant de temps ?...

Puis, d'humeur maussade, il se leva, alla prendre une douche avant que Sam n'apporte son petit déjeuner qu'il toucha à peine, et reprit son carnet avant d'aller s'asseoir à la fenêtre. Il dessina ensuite la maison de Hagrid, tenta d'améliorer le paysage qu'il avait fait le jour précédent puis entreprit de continuer son résumé de ses journées passées au manoir.

Lorsque midi arriva, l'elfe de maison lui apporta son déjeuner et l'adolescent mangea un peu avant d'aller se remettre à la fenêtre tandis que l'elfe débarrassait et lui lançait des petits coups d'œil indéchiffrables.

Enfin, Alexandre arriva et fit signe à l'adolescent de le suivre. Les deux sorciers descendirent les escaliers, reprirent le même long couloir sombre puis arrivèrent enfin devant la porte d'entrée arrière du manoir.

Ils sortirent ensuite, traversèrent la petite terrasse en pierre, prirent le chemin pavé, passèrent devant la rangée de haie aujourd'hui plus vraiment droite puis rejoignirent le terrain d'herbe sèche.

L'adolescent détailla une nouvelle fois la petite marre où trônait notamment un saule pleureur, au bout du terrain et à l'opposé du manoir, remarqua le haut muret qui délimitait le parc et qui entourait sans doute tout le terrain autour du manoir puis jeta un coup d'œil en direction de celui-ci, dont la façade grise était recouverte de lierre et dont quelques fenêtres au deuxième étage étaient brisées.

« Nous allons aujourd'hui nous concentrer sur la défense. » dit ensuite Alexandre lorsqu'ils furent au milieu du terrain d'herbe. « Tout d'abord sur votre Protego. J'ai pu remarquer que votre bouclier était trop faible et que vous n'arriviez pas à le maintenir suffisamment longtemps. »

L'adolescent acquiesça.

« Je vais vous lancer plusieurs sortilèges, vous devez créer votre sortilège de protection à temps et le conserver au moins cinq secondes après l'avoir lancé. » expliqua le mage noir. « Est-ce clair ? »

Harry hocha la tête. Puis, Alexandre sortit sa baguette de sa poche et la tendit au Survivant.

« Commençons. » dit-il avant de reculer de quelques pas tandis que l'adolescent l'imitait.

Ils s'arrêtèrent ensuite, se regardèrent en silence pendant deux ou trois secondes tandis que Harry se mettait en garde, puis le premier sortilège fusa :

« Expelliarmus. »

« Protego ! » lança aussitôt le Survivant alors qu'un bouclier se formait devant lui et le protégeait du sortilège d'Alexandre.

« Incarcerem. » lui envoya immédiatement le mage noir.

L'adolescent, dont le bouclier avait immédiatement disparu après avoir encaissé le sortilège de désarmement, fut bien malgré lui touché et trébucha lorsqu'une corde épaisse s'enroula autour de son corps, ne lui laissant plus aucun membre libre.

Il tenta de s'en défaire mais sur le coup, il avait lâché sa baguette et celle-ci trônait maintenant à quelques pas de lui, sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit pour l'attraper.

« Finite. » entendit-il ensuite.

Aussitôt, la corde disparut et l'adolescent put se relever et ramasser sa baguette tandis que ses joues se coloraient de honte.

« Tâchez de ne pas laisser tomber votre baguette. » lui lança le Mangemort d'une voix où perçait son amusement. « Recommencez. » dit-il ensuite.

L'adolescent se remit en garde puis Alexandre lui envoya le même sortilège qu'il contra d'un bouclier. Cependant, quelques secondes plus tard, sa baguette lui fut arrachée des mains et alla directement dans celles du mage noir.

« Concentrez-vous sur votre sortilège. Votre baguette doit rester bien droite afin que votre bouclier reste en place. » dit-il en lui lançant sa baguette que l'adolescent attrapa facilement. « Recommencez. »

Le manège dura presque une heure et l'adolescent se prit de nombreux sortilèges, comme des sorts de stupéfaction, de ligotage et même de mutisme.

« Expelliarmus. » lui lança pour au moins la dixième fois le mage noir.

« Protégo ! » contra l'adolescent en se remémorant les conseils du sorcier.

« Levicorpus. » attaqua aussitôt Alexandre.

Cependant, au lieu de se retrouver suspendu par la cheville comme il l'avait redouté, le sortilège se brisa sur son bouclier après que celui-ci ait finalement disparu.

« J'ai réussi ! » dit-il aussitôt au mage noir qui se contenta de hocher la tête.

« Nous perfectionnerons votre technique la prochaine fois. Rappelez-vous simplement que votre baguette doit rester droite et que votre posture doit être stoïque même lorsque le premier sortilège se brise sur votre bouclier. » lança-t-il en se rapprochant de lui.

L'adolescent hocha la tête.

« Je vais maintenant vous enseigner un nouveau sortilège de défense, très puissant s'il est bien utilisé et qui permet de renvoyer les sortilèges à son lanceur lorsqu'ils se heurtent au bouclier. » expliqua-t-il.

« Génial ! » commenta l'adolescent.

« C'est un sortilège inventé au 18ème siècle en Europe du Nord et qui nécessite une grande concentration. » expliqua-t-il. « Répétez après moi. Tegen Aanval ».

« Tegen Aanval. » articula docilement l'adolescent.

« Bien. » approuva le mage noir.

« Je n'avais jamais entendu un sort pareil. » lança Harry d'une voix curieuse.

« Il est très peu utilisé aujourd'hui. » lui apprit Alexandre. « Mais bien maîtrisé, il peut vous sauver la vie. »

L'adolescent hocha la tête. Cela promettait d'être intéressant !

Le Mangemort lui enseigna ensuite le mouvement qu'il devait faire avec son poignet, qui était assez complexe à réaliser étant donné qu'il fallait en quelque sorte onduler rapidement son poignet puis finir bras tendu d'un geste vif. Puis, maîtrisant enfin le geste, le mage noir demanda à l'adolescent d'essayer de lancer le sortilège.

« Prononcez-le bien. » lui dit Alexandre. « Le mouvement de poignet est tout aussi important. » continua-t-il en reculant de quelques pas tandis que l'adolescent se mettait en garde.

Le Mangemort s'arrêta ensuite, leva lentement sa baguette, attendit quelques secondes puis lança :

« Incarcerem. »

« Tegen Aanval. » articula le Survivant en effectuant le mouvement de poignet que lui avait enseigné le Mangemort.

Cependant, il comprit vite qu'il avait échoué lorsque des cordes apparurent soudain et le saucissonnèrent avant qu'il ne trébuche et se retrouve à plat ventre sur l'herbe sèche. Il avait toutefois gardé sa baguette dans sa main et lança aussitôt :

« Finite Incantatem ! »

Les cordes disparurent alors et il se releva non sans avoir jeté un regard quelque peu honteux au mage noir.

« Votre mouvement de poignet n'est pas bon. » lui dit-il. « Recommencez. »

L'adolescent se remit en garde.

« Expelliarmus. »

« Tegen Anval ! » lança l'adolescent.

Sa baguette lui fut arrachée et vint se loger dans la main du mage noir.

« Faites attention à la prononciation. » lui fit remarquer Alexandre d'un air patient. « Votre mouvement était cependant correct. » ajouta-t-il en envoyant la baguette au jeune sorcier, qui l'attrapa facilement.

Puis, après quatre ou cinq tentatives ratées, le Mangemort changea de méthode.

« Le sortilège doit également être lancé au bon moment. » lui expliqua-t-il. « Vous allez essayer de me désarmer et vous allez vous concentrez sur la façon dont je lance le sortilège. »

L'adolescent hocha la tête, attendit que le mage noir lui fasse signe puis s'exécuta :

« Expelliarmus. »

Le sort fusa en direction du mage noir et juste avant qu'il ne le touche, celui-ci prononça :

« Tegen Aanval. »

Le sortilège rebondit alors sur une sorte de bulle grise et retourna aussitôt en direction de l'adolescent, qui tenta maladroitement de contrer :

« Protego ! »

Cependant, sa baguette lui fut tout de même arrachée et le mage noir l'attrapa au vol tandis que l'adolescent regardait d'un air surpris le sorcier.

« Votre bouclier était trop faible. Pour contrer ce sortilège, il faut une très défense solide, car le sortilège qu'il renvoie voit sa puissance multipliée par deux, voire beaucoup plus. » expliqua le Mangemort.

Puis il se rapprocha du garçon et continua :

« Avez-vous remarqué à quel moment j'ai créé le bouclier ? »

Le Survivant hocha doucement la tête.

« Environ une seconde avant que mon sort ne vous touche… » répondit-il d'une voix hésitante.

« C'est encore moins que cela. » déclara le mage noir. « Vous devez attendre le dernier moment avant de lancer votre bouclier. Avez-vous compris ? »

L'adolescent acquiesça, puis le mage noir recommença à lui lancer des sortilèges.

Les premières fois, l'adolescent n'arriva à rien et cela le frustra. Cependant, le Mangemort lui dit que le sortilège était difficile à maîtriser et qu'il était donc normal qu'il n'y arrive pas tout de suite, ce qui le réconforta un peu.

« Incarcerem. » lui lança alors Alexandre pour la troisième fois.

« Tegen Aanval ! » contra aussitôt le Survivant.

Alors, quelque chose de nouveau se produisit.

Un bouclier gris se forma devant lui et le sort fut renvoyé en direction du mage noir, qui fit aussitôt de longs gestes devant lui. Le sortilège disparut alors tandis que l'adolescent restait immobile, un air hésitant sur le visage.

Que venait-il de se passer ?...

« Vous avez réussi. » lui lança le mage noir.

L'adolescent fronça les sourcils – il n'avait jamais vu de tels mouvements, regarda sa main et dit ensuite :

« Il y a quelque chose d'étrange… quand j'ai créé le bouclier, j'ai senti comme des fourmis descendant tout le long de mon bras. » expliqua-t-il au Mangemort qui s'était rapproché.

« Cela peut se produire lorsque l'on commence à apprendre ce genre de sortilège. » lui répondit-il.

« Parce qu'il est puissant ? » s'enquit Harry d'une voix où perçait une certaine fierté.

« Pas exactement… » dit le mage noir en observant attentivement l'adolescent. « Plutôt parce que c'est un sortilège de magie noire. » ajouta-t-il ensuite lentement.

Le Survivant, qui arborait un petit sourire sur son visage, le perdit aussitôt. Avait-il bien entendu ?

« C'est… c'est un sortilège de… » tenta-t-il de dire, hébété. « De magie noire ? »

« En effet. » répondit simplement Alexandre d'un air patient.

« Mais… » lâcha l'adolescent.

Il regarda son bras, puis le mage noir et s'exclama :

« C'est interdit ! »

L'adolescent dévisagea le Mangemort qui ne disait rien, un air ahuri sur le visage, et ajouta :

« Je ne veux pas apprendre ça ! »

« Je crains que vous n'ayez pas le choix. » répliqua aussitôt Alexandre d'une voix menaçante.

Harry se figea alors et recula d'un pas sans même s'en rendre compte tandis que la colère montait lentement en lui.

« Recommencez. » lui ordonna le mage noir.

« Non ! » refusa l'adolescent. « Vous auriez dû me dire que c'était de la magie noire ! Je... »

Il avait du mal à trouver ses mots tant il bouillonnait de colère. Comment le mage noir avait-il pu lui faire une telle chose ?! Il l'avait pourtant cru différent des autres !

« Je ne veux pas apprendre des sortilèges de magie noire ! C'est illégal ! » continua-t-il d'une voix furieuse.

« Je ne pensais pas que ce genre de chose soit une préoccupation pour vous… » dit simplement Alexandre, presque surpris des paroles du Survivant.

« Bien sûr que si ! » s'exclama l'adolescent, ahuri des paroles du Mangemort.

Pensait-il qu'il ne respectait pas les lois ? Certes, le sorcier ne prêtait guère attention aux règles mais les lois étaient différentes…

« Et… et c'est mauvais ! » continua-t-il tandis que le mage noir ne pipait mot.

« À ce sujet, la magie noire n'est en soit pas ''mauvaise'' si elle est pratiquée avec modération et maîtri-… »

« Mais je m'en fiche ! » le coupa l'adolescent qui bouillonnait intérieurement. « Je ne veux pas apprendre la magie noire ! »

« Dans ce cas il va falloir vous expliquer auprès du Seigneur des Ténèbres. » répliqua furieusement Alexandre.

L'adolescent tressaillit soudain.

« Votre baguette. » lui siffla le mage noir alors qu'il tendait la main en sa direction.

Mais le Survivant, qui s'était figé aux paroles du Mangemort, serra plus fermement sa baguette tandis que la panique remplaçait la colère et que le dernier souvenir qu'il avait du terrible mage noir remontait soudain de sa mémoire.

« Non… » pensa-t-il tandis que ses mains se mettaient à trembler.

Il ne voulait pas le revoir...

« Votre baguette, monsieur Potter. » répéta le mage noir d'un ton menaçant.

Que devait-il faire ? Devait-il finalement accepter d'apprendre la magie noire même s'il ne le voulait pas, devait-il aller s'expliquer devant Voldemort ?...

« Non, non, non… ! » pensa-t-il soudain. Il ne voulait pas être à nouveau face au mage noir !

Harry, qui regardait jusque-là sa main lança alors un coup d'œil à Alexandre. Celui-ci tendait toujours la main vers lui et le regardait d'un air méfiant.

« Que dois-je faire ?! » se dit Harry, paniqué.

Il jeta un coup d'œil à sa baguette, puis le Mangemort et à nouveau sa baguette d'un air perdu, tandis qu'Alexandre lui lançait un regard significatif quant à ses potentielles intentions.

Alors le Survivant se décida. Il effaça toute trace de peur sur son visage, regarda son interlocuteur et lui tendit lentement sa baguette. Celui-ci avança alors sa main d'un air toujours méfiant et fut à doigts de la prendre lorsque Harry lança soudain :

« Petrificus Totalus ! »

Le mage noir, qui fut surpris et de toute façon trop près pour tenter quoi que ce soit, se prit alors le sortilège de plein fouet tandis que l'adolescent se retournait et se mettait à courir.

C'était le moment. Il devait tenter quelque chose pour s'enfuir, car il ne pouvait plus faire machine arrière : il avait attaqué un Mangemort. Peut-être n'avait-il jamais envisagé que l'adolescent puisse l'attaquer, peut-être s'était-il cru invulnérable malgré sa puissance. Heureusement, celui-ci devrait mettre un petit moment avant de se libérer du sort que l'adolescent lui avait envoyé.

Fébrile, Harry jeta un coup d'œil derrière lui pour constater l'état du mage noir et remarqua soudain avec effroi que le sorcier se relevait et lançait un sortilège en sa direction.

Paniqué l'adolescent réussit tout de même à l'éviter et arriva vers les murs du manoir où il y avait un large passage entre le haut muret et ceux-ci, puis se retourna soudain.

« Stupéfix ! » lança-t-il au Mangemort avant de se remettre à courir tandis que ses paroles lui revenaient en mémoire.

« Attendez qu'il soit proche de vous ! »

« Tegen Aanval. » entendit alors l'adolescent.

Immédiatement, il se retourna et tenta d'éviter le sortilège… en vain. Celui-ci le percuta de plein fouet et le fit décoller de plusieurs mètres avant de le faire brusquement retomber sur le sol. Le choc lui fit violemment arquer le dos, sa respiration se coupa et tout le côté droit de son corps, sur lequel il était atterrit, lui fit brusquement mal.

Sonné, il tenta de se relever, échoua, recommença en prenant appui sur ses mains alors qu'il cherchait de sa vision floue sa baguette qu'il avait lâché, et entendit vaguement :

« Vous n'auriez pas dû faire ça, monsieur Potter. »

Aussitôt, quelque chose le repoussa sans douceur au sol, sa joue heurta une nouvelle fois la terre et des liens lui enserrent les poignets tandis que ses oreilles bourdonnaient et que sa vision peinait à redevenir normale.

Puis, il fut brusquement relevé et manqua de tomber une nouvelle fois. Le Mangemort cependant, le tint d'une poigne ferme.

Ensuite, tout se passa très vite.

Encore sonné par le choc, le corps douloureux et la vision trouble, le Survivant ne comprit pas tout de suite où le mage noir l'emmenait. Ils prirent le passage entre le manoir et le muret, arrivèrent devant la grande maison, longèrent les murs et entrèrent par une grande porte dans le hall d'entrée.

Une fois devant les escaliers, le mage noir le poussa dans le dos et le força à monter les marches alors qu'il se débattait enfin.

Cependant, ses mains étant attachées, le Survivant ne put que se plier à la volonté du mage noir et monta bien malgré lui les marches du grand escalier tandis que ses oreilles sifflaient toujours et que son corps douloureux avait du mal à suivre l'allure rapide du Mangemort.

Une fois en haut, ils prirent le couloir à gauche et le Survivant se débattit plus encore tandis que les doigts du mage noir s'enfonçaient dans son bras droit et le faisait gémir de douleur.

Puis, dans un laps de temps beaucoup trop rapide aux yeux de l'adolescent, ils arrivèrent devant les portes en bois.

Harry se mit alors à réfléchir à toute vitesse. Peut-être pouvait-il s'excuser auprès du Mangemort et lui dire qu'il apprendrait la magie noire ? Peut-être pouvait-il éviter de se retrouver face à Voldemort ?...

Cependant, sans même qu'il ne puisse tenter de dire quoi que ce soit, Alexandre ouvrit l'une des porte de sa baguette puis poussa sans douceur l'adolescent à l'intérieur de la pièce sombre.


Au sifflement furieux de Nagini, Snape se retourna en direction de la porte et vit deux nouveaux arrivants pénétrer dans la pièce, tandis que le Seigneur des Ténèbres reposait tranquillement une potion du sorcier sur la table et reportait son attention sur les intrus.

L'espion les identifia alors. Le premier était Alexandre, qui semblait irrité et tenait sa baguette dans une main. Le deuxième, que le Mangemort traînait dans l'autre était le Survivant, qui semblait avoir les mains liées dans le dos et affichait une expression terrifié. Il était également pâle et ses lunettes étaient tordues.

Par Merlin, qu'avait-il encore fait ?

« Eh bien, qu'avons-nous là ? » lança le Seigneur des Ténèbres d'une voix intriguée tandis qu'Alexandre s'avançait vers eux.

« Monsieur Potter ne souhaite pas pratiquer la magie noire. » expliqua le Mangemort en poussant l'adolescent devant lui, qui manqua de tomber.

« Pourquoi a-t-il les mains liées ? » demanda le serpent.

« Il n'a pas voulu... coopérer. » répondit le mage noir tandis que l'espion réprimait un soupir.

Par Salazar, Harry Potter était sans doute le gamin le plus stupide de la création. Ne comprendrait-il donc jamais que dans sa situation, la seule chose qu'il devait faire tait de se taire et d'obéir ?

« Vraiment… » lâcha le Seigneur des Ténèbres d'une voix presque moqueuse.

Puis il reporta son attention sur le garçon. Celui-ci malgré sa posture droite et son regard déterminé était en réalité terrifié, et cela se voyait très bien. Ce n'était d'ailleurs pas étonnant après ce que lui avait fait subir le terrible mage noir… et voilà qu'il était à nouveau en face de lui, alors qu'il avait une fois de plus refusé d'obéir et avait sans doute attaqué un Mangemort.

« Qu'as-tu à dire pour ta défense, Harry ? » demanda le Seigneur des Ténèbres d'une voix mielleuse tandis qu'il s'avançait vers le garçon.

Celui-ci voulut instinctivement reculer mais Alexandre, qui était toujours derrière lui, le prit par le bras et l'en empêcha.

L'adolescent lança alors un rapide coup d'œil à l'espion qui se contenta de le regarder d'un air désintéressé.

« Je… » commença alors le Survivant. « Je ne veux pas apprendre la… magie noire. » dit-il d'une voix qu'il voulut sans doute ferme.

Si l'espion avait pu, il se serait pincé l'arête du nez et aurait lâché un long soupir. Mais il ne pouvait pas, évidemment. Bien sûr, cela n'était pas étonnant que le Seigneur des Ténèbres veuille que le garçon apprenne la magie noire. Après tout, il voulait qu'il le rejoigne, c'était donc quelque part un peu logique, l'espion y avait d'ailleurs pensé après avoir parlé avoir vu Alexandre et le garçon dans le parc. Cependant, ce n'était pas vraiment une très bonne chose.

« Malheureusement, tu n'as pas le choix, jeune Potter. » dit simplement le mage noir tandis que Nagini sifflait d'un air amusé.

Puis il se tourna vers Alexandre et lui dit d'une voix tranquille :

« Tu peux utiliser le sortilège de l'Imperium sur lui. »

L'espion, qui restait en retrait vers la grande table où ses potions étaient posées, tiqua alors.

« Il y résistera, maître… » répondit d'une voix hésitante le Mangemort.

« Sottises. » le coupa le Seigneur des Ténèbres. « Il obéira au doigt et à l'œil. N'est-ce pas Harry ? » lança-t-il en direction de l'adolescent.

Celui-ci ne répondit rien et se contenta de fixer le serpent d'un air furieux. Derrière son masque cependant, il n'était pas difficile d'y voir toute la peur qu'il ressentait.

« Par Merlin… » se dit l'espion en maudissant le gamin. « Ne peut-il pas se contenter de dire oui ? »

« Impero. » lanca alors le terrible mage noir en direction de l'adolescent qui haleta de surprise. « Agenouille-toi devant moi. » lui ordonna-t-il.

Le Survivant sembla alors lutter contre deux pensées, serra les poings et baissa lentement la tête tandis que son corps se mettait brusquement à trembler. Cependant, il resta debout.

« Agenouille-toi devant Lord Voldemort ! » siffla le serpent.

L'adolescent gémit alors, serra violemment les dents et se retrouva bien malgré lui à genoux sur le sol tandis que le Seigneur des Ténèbres lâchait un petit rire triomphant.

« Tu vois, Alexandre. Il suffit juste de savoir comment s'y prendre. » dit-il ensuite à l'intention du Mangemort.

Puis, il s'avança lentement vers l'adolescent, lui fit relever la tête de son emprise invisible et lui susurra d'une voix inquisitrice :

« Désormais, tu m'obéira. »


A suivre...

Vous l'aurez deviné, ce chapitre montre progressivement les intentions de Voldemort quant à Harry puis finit par montrer que notre Voldy national est tout puissant face à lui et qu'il compte bien se faire obéir. Quant à la suite donc, on retrouvera un peu de ça.

Pour le chapitre 11, qui s'intitulera "La Danse Macabre", un titre inspiré d'un livre merveilleux nommé "L'étrange vie de Nobody Owens" les choses vont empirer ! (oui c'est possible). D'ailleurs, une petite partie du chapitre sera consacrée à Halloween mais n'aura aucune répercussion sur l'histoire.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! On se retrouve donc dimanche prochain pour le chapitre 11 et d'ici là, gros bisous à vous !