Bien le bonsoir !

La fiction a dépassé la barre des 100k mots ! Champagne !

Merci à tous pour vos reviews, je prends toujours un grand plaisir à les lire ! Je tiens aussi à répondre à une review postée en inconnu mais qui doit sûrement être stormtrooper2 (?) : J'avoue que je n'y aurais pas pensé sans toi, j'ai d'ailleurs ajouté une part de ton idée dans ce chapitre. Merci beaucoup !

Sans plus tarder, voici le chapitre 12, très riche en informations et pas mal annonciateur quant à la suite...

Bonne lecture !


Chapitre 12 : La guerre qui se profile


Dans l'obscurité qui entourait tout et semblait s'étendre encore et toujours plus loin, Harry frissonna soudain.

Il regarda partout autour de lui, ne discerna rien de plus que le noir puis entendit un léger sifflement à quelques mètres de lui. Il se retourna, fébrile, plissa les yeux en espérant y voir quelque chose, en vain. L'obscurité était partout et projetait son ombre inquiétante sur chaque mur de la pièce, tandis que deux bougies tentaient difficilement de subsister dans le noir.

Un autre sifflement se fit entendre. Harry se retourna une nouvelle fois, le souffle court, et jeta des coups d'œil affolés tout autour de lui alors qu'une goutte de sueur froide lui coulait dans le dos. Tant qu'il restait près de la lumière, tout irait bien. Les bougies brillaient faiblement, mais elles brillaient quand même. Il n'avait rien à craindre, il était en sécurité ici…

« Harry… » murmura soudain une voix lointaine.

Le concerné frissonna de nouveau.

« Harry, viens à moi. » continua la voix, inquisitrice.

Les ombres sur les murs se mirent à onduler et le garçon déglutit bruyamment.

« Non... » répondit-il d'une petite voix. « Je… je ne bougerai pas. »

Il devait rester ici, avec la lumière. Il ne devait pas avoir peur, il était en sécurité…

Un sifflement furieux se fit alors entendre.

« Impero ! »

Soudain, l'esprit du Survivant se vida et il n'entendit plus que la voix apaisante.

« Viens à moi, Harry. Tu verras, tout ira bien… »

Tous les muscles du Survivant se raidirent, il serra brusquement les poings et ferma les yeux tout en luttant contre elle.

« Je ne dois pas l'écouter, je ne dois pas l'écouter... » se dit-il du plus fort qu'il put.

« Harry… » continua la voix.

« Je dois rester… »

« Viens à moi. »

Elle était si douce, si envoûtante… pourquoi ne pouvait-il pas la suivre ?

« Non… ! » gémit-il.

L'adolescent lutta faiblement contre elle tandis que son corps faisait un pas, puis un autre en direction de l'obscurité.

« Abandonne… » lui susurra-t-elle doucement.

« Oui, pourquoi pas après tout ?... » se dit soudain l'adolescent.

Harry abandonna alors toute forme de résistance et chacune de ses pensées s'évanouirent. Il se sentit soudain comme s'il était sur un nuage et pensa bientôt qu'obéir à la voix était la seule chose qu'il devait faire.

« C'est bien, Harry. » le félicita la voix.

Elle était si belle, si fascinante...

« Viens… » continua-t-elle lentement.

Harry quitta alors la sécurité que lui offrait la lumière et pénétra tel un automate dans l'obscurité profonde et dangereuse qui s'étendait devant lui.

« Rejoins-moi… » ajouta la voix.

« Je dois… » pensa distraitement Harry. « ...la rejoindre. »

« Tu verras, tu seras bien avec moi. » lui susurra-elle.

Oui, il serait bien avec elle…

« Tu n'auras plus jamais mal. » continua lentement la voix.

Et il n'aurait plus jamais mal…

« Il te suffit de me rejoindre… » dit-elle.

Oui, il lui suffisait de…

L'esprit embrumé, Harry réalisa vaguement qu'il ne voyait plus rien.

… de la rejoindre…

Soudain, ses propres paroles résonnèrent en lui :

« Vous me dégoûtez. »

La rejoindre ?...

La sensation douce et réconfortante qui l'enveloppait disparue et laissa lentement place au froid glacial de la pièce.

« Comment peut-on être aussi stupide ? »

Il s'arrêta de marcher. Non, il ne devait pas écouter la voix…

« Harry… » reprit soudainement celle-ci de plus belle.

Mais l'adolescent ne l'entendait plus. Il se retourna en direction de la lumière et seuls ses mots résonnaient à présent dans son esprit :

« Je n'ai jamais voulu vous rejoindre… »

« Harry, viens à moi ! » lui ordonna la voix.

« Jamais… » murmura-t-il sans même s'en apercevoir.

Ce fut alors le déclic. Brusquement, le Survivant ferma les yeux et lutta une nouvelle fois contre la présence hostile dans sa tête tandis que la voix sifflait de colère.

Elle tenta de se frayer un chemin parmi son esprit et écrasa tout sur son passage, faisant haleter de douleur l'adolescent. Mais celui-ci tint bon. Il serra violement les poings, se mordit la lèvre à sang et combattit de toute ses forces le parasite qui s'était glissé dans son esprit.

« Harry Potter ! »

L'adolescent gémit de douleur tandis que la voix résonnait dans chaque recoin de sa tête.

« Tu me rejoindras ! » vociféra-t-elle alors qu'elle se heurtait brusquement contre l'esprit du garçon.

« Non… ! » souffla celui-ci, le souffle court.

C'était un supplice. Il avait mal mais il devait luter, car il ne devait pas la rejoindre.

« Ja…mais ! » cria-t-il difficilement.

La présence se retira alors brusquement de son esprit et fit hurler le garçon de douleur tandis que celui-ci avait soudain l'impression, tant il avait mal, qu'un marteau venait de frapper son crâne.

Harry réalisa ensuite vaguement qu'il était à quatre pattes sur le sol, ses bras tremblants soutenant difficilement son corps, tandis qu'il attendait que la douleur s'en aille. Il prit une longue respiration, la retint quelques secondes et se força à expirer lentement. Puis, tout en reprenant son souffle, il répéta l'opération, ouvrit les yeux et se releva tant bien que mal.

Soudain, il crut sentir quelque chose contre sa jambe et entendit un sifflement tout près de lui.

Effrayé, il poussa un petit cri de panique et se mit à courir tant bien que mal en direction des bougies qui subsistaient toujours dans le noir. Il regarda ensuite derrière lui, le souffle court, mais ne vit rien d'autre que l'obscurité mordante de la pièce. Cependant, à peine avait-il atteint la lumière qu'une brise se leva soudain, éteignant brusquement les deux bougies et faisant trembler de froid et de peur le Survivant.

Terrifié et ne voyant plus rien, Harry entendit une nouvelle fois un sifflement, tout près, comme si il était derrière lui.

Sans même savoir où aller, le Survivant se mit alors à courir dans le noir tandis que ses bruits de pas et sa respiration saccadée résonnait dans le silence et qu'il le poursuivait. Il devait fuir, c'était la seule solution. Harry ne savait pas où il allait ni pourquoi l'autre le poursuivait mais il savait qu'il devait le fuir. Il avait froid, il avait peur, il était terrifié même, mais il devait continuer à courir.

Soudain, un mur se dressa devant lui. Affolé, Harry voulut le contourner et aller dans un autre sens mais d'autres murs apparurent et l'encerclèrent. L'adolescent horrifié courut alors dans toutes les directions, frappa sur les murs qui se rapprochaient de plus en plus, le souffle court et les jambes tremblantes, puis hurla :

« LAISSEZ-MOI PARTIR ! »

Il s'afféra sur les murs de pierre, se faisant mal aux poings tant il frappait fort, tenta de trouver une brèche, un trou de souris qui lui permettrait de s'enfuir, en vain. Il était terrorisé. Son cœur battait beaucoup trop fort dans sa poitrine, ses membres tremblaient et sa tête bourdonnait comme si des centaines d'abeilles avaient colonisé son cerveau. La peur quant à elle lui tordait le ventre et effaçait toute trace de lucidité. C'était comme si elle était devenue le prédateur et lui la proie, il était comme transi, il ne ressentait plus rien à part elle.

Puis, une brise glaciale s'éleva.

Harry se retourna, regarda partout autour de lui et recula plus contre le mur qui le tenait prisonnier, tandis qu'il distinguait un mouvement dans l'obscurité. Lentement, il vit avec effroi deux yeux rouges carmin apparaître devant lui. Un frisson terrible le parcourut, il voulut fuir mais ses jambes ne lui répondaient plus. La silhouette se matérialisa devant lui, plongea son regard inquisiteur dans celui du garçon, s'avançant toujours lentement vers lui, puis apparut en entier devant le Survivant.

Celui-ci, qui ne pouvait désormais plus fuir, trembla alors de tous ses membres en voyant Voldemort s'avancer vers lui. Sur son visage de serpent, un sourire horrible tordait sa bouche dépourvue de lèvres et ses yeux glacés fixaient l'adolescent comme une proie qu'il allait bientôt dévorer.

Harry se colla alors encore plus contre le mur et haleta de terreur lorsque le mage noir ne fut qu'à un mètre de lui. Il voulut détourner son regard des yeux rouges sang qui lui faisaient face mais il en était incapable. La terreur s'insinuait lentement en lui, grignotant et détruisant toutes autres émotions et bientôt, l'adolescent n'arriva plus à respirer.

Voldemort lâcha alors un rire glacial, s'approcha du visage du Survivant jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres puis prononça finalement d'une voix épouvantable :

« Bientôt, tu m'appartiendras. »

Et c'est alors que le Survivant se réveilla.

Brusquement, il s'assit dans son lit, la respiration beaucoup trop rapide et le cœur battant à toute allure puis agrippa violemment sa chemise de pyjama, griffant par la même occasion son torse. Il tenta de reprendre un souffle normal, plaqua son autre main contre sa bouche afin de ne respirer que par le nez mais rien n'y fit et il commença à paniquer.

Sa tête lui tournait et il étouffait. Ses mains et même tout son corps trembla, il ferma les yeux et ramena ses genoux contre lui.

« Potter ? » crut-il vaguement entendre.

Il frémit et serra plus fort ses jambes contre son torse. Rêvait-il encore ? Son cauchemar n'était-il pas fini ? Sa respiration irrégulière lui brûlait la gorge et il revit les yeux rouges carmin de Voldemort ainsi que sa figure pâle et terrifiante.

« Potter ! » entendit-il une nouvelle fois.

Soudain, il sentit une main lui tirer doucement le bras. Il rouvrit les yeux, se débâtit et tenta d'identifier son agresseur, en vain. Dans la chambre, il faisait sombre et l'adolescent n'avait pas ses lunettes. La main ne lâcha cependant pas son bras et l'attira vers son propriétaire qui prononça d'une voix légèrement agacée :

« Potter, calmez-vous. »

Harry entendit ensuite vaguement « Lumos » puis parvint à identifier l'homme. Celui-ci, qui tenait toujours son bras, lui fourra sans plus de cérémonie une petite fiole dans la main puis le força à la boire.

Que faisait-il ici ? Comment était-ce possible ? Rêvait-il encore ?...

L'adolescent bien sûr, garda résolument la bouche close et tenta de repousser la main de son professeur qui vociféra :

« Par Merlin Potter, je suis là pour vous aider. Buvez cette potion ! »

Le Mangemort amena une nouvelle fois la potion aux lèvres du Survivant qui ouvrit finalement la bouche et entre deux respirations saccadées, but difficilement le contenu de la fiole.

Après quelques secondes, son cœur qui battait furieusement se calma alors et il put enfin retrouver une respiration normale, tandis que son professeur lui donnait ses lunettes et qu'il les mettait maladroitement sur son nez. Sa lucidité lui revint alors, les bribes de son cauchemar s'effacèrent progressivement et l'adolescent put prendre une longue inspiration afin de remplir ses poumons d'air - et lâcher par la même occasion le bras de son professeur qu'il tenait depuis le début, un air honteux sur le visage.

La chauve-souris graisseuse qui lui servait de professeur fit cependant mine de pas avoir remarqué et demanda au garçon :

« Cela vous arrive-t-il souvent ? »

Harry, irrité par l'expression de pitié du sorcier et le fait qu'il l'ait vu ainsi se leva brusquement, mit de la distance entre son professeur et lui lança d'une voix furieuse :

« Je ne vois pas en quoi ça vous regarde. »

Snape, sans doute l'homme qu'il détestait le plus après Voldemort, l'avait vu faire un cauchemar. S'était-il bien amusé, avait-il apprécié le spectacle ? Harry n'en doutait pas une seconde.

« Et puis d'ailleurs, que faites-vous ici ? » lui demanda-t-il d'un ton mordant.

L'espion qui était toujours près du lit s'avança alors vers l'adolescent et siffla :

« Je vous conseille de changer de ton, Mr Potter. »

Le concerné, piqué au vif, ne recula cependant pas devant son professeur.

« Sinon quoi ? » répliqua-t-il brusquement. « Vous pouvez partir, je n'ai pas besoin de vous ! » cracha-t-il presque devant l'air furieux de l'espion.

Cependant, il perdit quelque peu de son assurance lorsque son professeur agrippa sans douceur son épaule et le poussa contre le mur.

« Lâchez-… » tenta Harry avant d'être coupé.

« Vous seriez aimable de ne pas ameuter tout le manoir, Potter. » dit-il d'un ton menaçant. « Au cas où si votre intelligence ferait défaut, je vous rappelle que je ne suis pas censé être là. » ajouta-t-il en fixant le gamin beaucoup trop insolent qui lui faisait face.

Celui-ci, qui était obligé de lever la tête pour fixer son professeur, serra les poings et lui lança un regard assassin. Pour qui se prenait-il ? Il n'avait aucun pouvoir ici ! Et quelqu'un pouvait bien les entendre, Harry s'en fichait bien !

Durant quelques secondes, les deux sorciers se fixèrent alors en silence, l'un de ses yeux noirs et menaçants et l'autre de son regard émeraude brillant de colère.

Puis, l'espion relâcha finalement le garçon et se dirigea vers la fenêtre tandis que sa baguette éclairait toujours la pièce et que le Survivant le maudissait silencieusement. Que venait-il faire ici ? S'ennuyait-il au point de venir le rabaisser jusque dans sa chambre ? Cela l'amusait-il de le voir ainsi ?

Harry, qui se souvint de toutes les fois où son professeur était intervenu depuis qu'il était prisonnier au manoir, souffla par le nez et croisa les bras dans une expression de colère. D'abord, il était venu le soigner après l'altercation avec Gibbon puis avec Voldemort. Puis, il l'avait traité de ''martyr'', s'était moqué de lui devant Alexandre et l'avait vu capituler devant l'Imperium du mage noir. Qu'est-ce qu'il devait rire de lui à présent ! Le gamin prétentieux et arrogant qu'il avait détesté sans raison depuis la première fois qu'il l'avait vu ne pouvait même plus résister à Voldemort !

Puis son professeur revint vers lui, sa baguette brillant toujours dans sa main et lui annonça :

« Le directeur sait où vous êtes. »

Harry perdit aussitôt son expression furieuse. D'une voix pleine d'espoir, il demanda :

« Il va venir me chercher ? Avec Sirirus ? »

La colère qui bouillonnait en lui s'effaça alors. Finalement, tout n'était pas si catastrophique. Au contraire, cette nouvelle remplissait de joie l'adolescent. Il allait enfin être sauvé !

« Je ne peux pas vous en dire plus. » répondit cependant son professeur d'une voix neutre.

Harry perdit lentement son sourire.

« Pourquoi ? » s'enquit-il, sa méfiance envers l'espion revenant soudain.

Qu'allait-il encore inventé ? Pourquoi ne pouvait-il pas lui dire ?

Son professeur ne répondit pas tout de suite. Il le toisa d'une expression indéchiffrable, jeta un coup d'œil à la porte fermée de la chambre à quelques pas d'eux puis répondit d'une voix agacée :

« Je ne peux pas, c'est tout. »

« Mais… » tenta Harry.

Il ne comprenait pas.

« N'insistez pas, Mr Potter. » le coupa l'espion.

L'adolescent regarda alors son professeur d'un air ébahi, fronça les sourcils et demanda une nouvelle fois :

« Pourquoi ? J'ai le droit de savoir !»

Pourquoi ne pouvait-il pas savoir, après-tout ? Il était concerné, lui aussi ! Son professeur ne pouvait pas juste lui annoncer une telle chose pour ensuite lui dire qu'il ne lui en dirait pas plus, c'était insensé !

Il fit un pas en direction de l'espion, plongea ses yeux émeraude dans le regard imperturbable et ajouta d'un ton furieux :

« Je veux savoir ! »

Son professeur haussa un sourcil d'un air dédaigneux et répondit d'un ton sarcastique :

« Malheureusement Mr Potter, je ne suis pas réputé pour céder aux caprices des enfants gâtés dans votre genre. »

Harry serra les poings, furieux que l'espion le traite d'enfant gâté mais ne releva pas et insista :

« Pourquoi n'aurais-je pas le droit de savoir ? »

L'espion, agacé par l'entêtement du garçon, plissa les yeux et lui lança un regard menaçant.

« Dites le moi. » insista encore une fois l'adolescent.

« N'insistez pas. » articula lentement l'espion.

« Dites le moi ! » s'exclama Harry.

« Parce que vous êtes faible. » répondit l'espion d'un ton sec.

Harry, surpris mais surtout piqué au vif par cette réponse, contra aussitôt :

« Je ne suis pas faible ! »

Pour qui se prenait-il ? Il n'avait pas le droit de le juger ainsi !

« Vous l'êtes. » cingla l'espion en empoignant le col de l'adolescent qui haleta de surprise devant son geste. « Le Seigneur des Ténèbres peut pénétrer dans votre esprit à sa guise ! »

« C'est faux ! » contra Harry en tentant de lui faire lâcher sa chemise.

Comment pouvait-il savoir une telle chose ? Il n'était pas dans sa tête, à ce qu'il sache !

« Réveillez-vous, Potter. » cracha froidement son professeur. « Ce qu'il s'est passé hier n'est que le début. » ajouta-t-il.

Harry, aussitôt honteux, tenta alors de se justifier.

« Mais… ce n'était pas de ma faute… » balbutia-t-il devant l'espion.

Celui-ci qui regardait à présent l'adolescent comme s'il avait presque pitié de lui le lâcha alors et répéta d'un ton catégorique :

« Vous êtes faible. »

Le Survivant voulut tout de suite répliquer mais son professeur l'en empêcha.

« J'ai certaine choses importantes à vous dire, Potter. » annonça-t-il lentement. « Mais pour cela il va falloir vous servir un peu de votre tête et faire ce que je vous dirai de faire. »

Encore une fois, l'adolescent voulut dire quelque chose mais l'espion ne lui en laissa pas le temps.

« Est-ce clair ? »

Harry fronça alors les sourcils. Faire ce qu'il lui dirait de faire ? Que voulait-il dire par là ? Et puis, espérait-il vraiment qu'il lui obéirait alors qu'il passait son temps à le rabaisser et à se moquer de lui ? Et plus important, n'était-il pas en train de lui faire du chantage contre des informations sur son possible sauvetage ?...

« Si vous n'êtes pas disposé à coopérer, ne vous attendez pas à ce que je vous dise quoi que ce soit. Cela va beaucoup plus loin que vous pourriez le penser, Mr Potter. »

« Comment ça ? » demanda le concerné d'un air méfiant. « Que voulez-vous dire ? »

L'adolescent ne comprenait rien, comme à son habitude. L'espion quant à lui se contenta de le toiser d'un air dédaigneux.

« Croyez-moi Mr Potter, cela ne me réjouit pas plus que vous. » lança-t-il d'un ton sarcastique. « Mais grand bien m'en fasse, j'ai besoin de votre parole. » ajouta-t-il d'un ton plus sérieux.

Après un petit temps de réflexion, le Survivant hocha finalement la tête. Cela ne lui disait rien qui vaille mais il devait savoir ce que faisait Dumbledore et quand il serait enfin tiré d'ici.

Snape, sans un mot, se dirigea alors vers les bibliothèques. Il inspecta les quelques livres qui s'y trouvaient, les éclairant de sa baguette magique tandis que Harry se rapprochait et se demandait ce qu'il pouvait bien faire. Puis, il sortit un des épais bouquins – celui des théories sur la magie - et se dirigea vers le bureau. Il l'ouvrit, lut rapidement l'une des pages puis les tourna pour finalement arriver à la fin du livre.

D'un geste agacé, il fit ensuite signe au Survivant de le rejoindre et lui dit :

« Vous allez devoir apprendre à fortifier votre esprit afin que le Seigneur des Ténèbres ne puisse vous manipuler comme hier. »

« Fortifier mon esprit ? » répéta Harry, incertain.

« Avec l'Occlumancie. » précisa son professeur d'un ton presque patient. « Lisez. » lui ordonna-t-il en lui montrant la page du livre.

Harry s'approcha alors tout en lançant un coup d'œil intrigué à l'espion puis s'exécuta docilement. En haut de la page il était écrit : « L'Occlumancie, la magie de l'esprit. »

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il au Mangemort.

Il n'avait jamais entendu parler d'une telle chose.

« C'est assez complexe mais j'ose espérer que vous ferez preuve d'un minimum d'intelligence pour comprendre ce qu'est l'Occlumancie. » répondit son horripilant professeur de potion.

Il ne laissa cependant pas le temps à l'adolescent pour répliquer et continua :

« Pour simplifier, cette magie par le biais d'un entraînement rigoureux et continu fortifiera votre esprit afin que personne ne puisse y pénétrer. Elle permet de résister aux sortilèges visant à envahir vos pensées comme l'Imperium ou le Legilimens et donne même l'habiliter à résister au Véritaserum pour les sorciers les plus doués. »

« Le Legilimens ? » releva Harry d'une voix curieuse.

« Ce n'est pas le sujet. » rétorqua aussitôt son professeur, agacé. « Avez-vous compris ? » s'enquit-il ensuite en plongeant son regard dans celui de l'adolescent.

Celui-ci, après quelques secondes, hocha lentement la tête.

« Mais… » tenta le Survivant, peu sûr. « Etes-vous en train de dire que Voldemort peut lire mes pensées ?... »

Cette perspective l'effraya soudain.

« Vos souvenirs, Mr Potter. » lâcha le maître des potions d'une voix impatiente. « C'est ce qui l'intéresse. Si le Seigneur des Ténèbres pénètre dans votre esprit, il pourra accéder à vos souvenirs. Et de la même manière, il pourra vous manipuler comme il le souhaite. »

Harry après quelques secondes de réflexion hocha lentement la tête. Ce que son professeur venait de lui faire part était effrayant. Jamais Harry n'aurait pensé qu'une telle chose pourrait-être possible. Si Snape lui disait ce soir ce que Dumbledore tenterait de faire pour le sortir de là, Voldemort pourrait le savoir simplement en pénétrant dans son esprit. Et, tout comme hier, il pourrait lui forcer à faire des choses qu'il ne voulait pas faire.

« La clé est de ne rien ressentir. Vous devez vous vider de toute émotion et de toute pensée. » expliqua l'espion. « Cinq fois par jour, vous vous entraînerez à vider votre esprit pendant au moins un quart d'heure. Avez-vous compris ? »

Harry, hocha la tête.

« Si un Mangemort découvre ce que vous faites, vous aurez sûrement des ennuis, Mr Potter. » lui dit l'espion d'une voix particulièrement sérieuse. « Je vous demande de faire preuve d'une extrême précaution, est-ce clair ? »

L'adolescent hocha une nouvelle fois la tête.

« Répondez. » lui ordonna d'un ton traînant l'espion.

« Oui, je comprends. » s'exécuta-t-il non sans rouler des yeux.

Le maître des potions fit alors un bref hochement de tête, satisfait.

« Tenez-vous tranquille jusqu'à ce que le directeur vienne vous chercher. » lui dit-il. « Obéissez et évitez de vous retrouver face au Seigneur des Ténèbres. »

« Mais il veut que j'apprenne la magie noire ! » s'exclama l'adolescent.

« Par Merlin Potter, ce n'est pas avec ce que vous apprend le Mangemort que vous allez subitement devenir un mage noir ! » vociféra son professeur d'une voix impatiente. « Cessez de faire l'enfant et essayez de voir plus loin que le bout de votre nez. » ajouta-t-il, agacé.

Encore une fois, son professeur ne pouvait s'empêcher de l'insulter.

« Je ne fais pas l'enfant. » marmonna aussitôt Harry.

Son professeur, qui se contenta de plisser les yeux, ne releva cependant pas et continua :

« La magie noire, surtout à votre âge est quelque chose de très difficile à contrôler. À long terme et si elle est pratiquée de façon excessive, elle peut également causer du tort au sorcier qui la pratique. Pour vous, ce n'est qu'une affaire de quelques jours. » expliqua-t-il lentement.

Devant l'air renfrogné du Survivant il fit une pause puis reprit :

« Il est nécessaire que vous évitiez de vous retrouver face au Seigneur des Ténèbres. Car s'il décide subitement de fouiller vos souvenirs, vos faibles défenses ne l'arrêteront pas et il lira en vous comme dans un livre ouvert. Comprenez-vous ? »

L'adolescent, après quelques secondes de silence, acquiesça.

« Pour ce qui est de l'Occlumancie, vous allez devoir vous débrouiller seul. » déclara le maître des potions. « Vous lirez la partie concernant cette magie et vous exécuterez chaque jour l'exercice que je vous ai dit de faire, par mesure de précaution. Est-ce clair ? »

Harry hocha la tête.

« Oui. » ajouta-t-il devant l'air agacé de son professeur.

« Oui professeur, ou monsieur. » lâcha l'espion. « À ma connaissance, vous me devez toujours le respect même si ce n'est apparemment pas une évidence pour vous. » ajouta-t-il d'un ton irrité.

L'adolescent roula des yeux mais s'exécuta tout de même.

« Oui, monsieur. »

Sans un mot de plus, le maître des potions rangea alors d'un coup de baguette le vieux livre sur l'étagère puis s'apprêta à quitter la chambre lorsque le Survivant lança soudain :

« Attendez ! Vous deviez me dire ce que Dumbledore-… »

« Plus tard, Potter. » le coupa aussitôt le sorcier. « Faites ce que je vous ai dit de faire, j'aviserai ensuite. »

« Mais… ! »

Cependant, il n'eut pas le temps de finir. La baguette de l'espion qui brillait toujours d'un Lumos s'éteignit, puis le sorcier ouvrit la porte de la chambre et disparut dans l'embrasure. Le bruit du verrou se fit ensuite entendre et Harry, qui se retrouva seul dans l'obscurité mourante du petit matin, maudit silencieusement son professeur.

Quelques heures plus tard et après une tentative de petite sieste, tandis que le soleil était presque entièrement levé, l'adolescent, qui était à présent sous la douche et qui réfléchissait aux paroles de Snape se rappela soudain l'une de ses phrases lorsqu'il avait parlé de la magie noire : « Pour vous, ce n'est qu'une affaire de quelques jours. » Cela voulait-il dire qu'il serait bientôt tiré de là ? Et que signifiaient exactement ces « quelques jours » ? Deux ou trois, cinq ou six ou bien plus d'une semaine ?...

Plus tard, lorsque Harry tentait tant bien que mal de comprendre ce qui était écrit dans le livre des théories magiques à propos de l'Occlumancie, il poussa un long soupir puis décida de faire l'exercice que Snape lui avait dit de faire. D'un pas rapide, il alla s'asseoir à la fenêtre quand Sam arriva soudain et lui apporta son déjeuner, l'interrompant ainsi dans sa tentative.

Le reste de la journée se passa ensuite relativement vite. Alexandre vint et ils sortirent dans le parc tandis que le ciel était gris et annonçait l'orage. Se rappelant les paroles de Snape, l'adolescent accepta - non sans une légère grimace – à pratiquer la magie noire. Le Mangemort lui fit d'abord lancer le sortilège du bouclier puis lui apprit un autre sort, cette fois d'attaque et Harry, même s'il pensait au fond de lui que c'était mal, s'exécuta sans un mot.

« Vous avez vite changé d'avis. » lui dit alors Alexandre d'une voix curieuse.

« Je n'ai pas le choix de toute façon, si ? » se contenta de répondre l'adolescent, agacé.

Il y eut un petit silence. Alexandre le détailla pendant quelques secondes puis reprit la parole.

« On m'avait dit que vous étiez très têtu. » expliqua-t-il tranquillement. « Mais ce n'est pas le cas, finalement. »

Harry, qui regarda le mage noir d'un air surpris se demanda alors si c'était une insulte ou bien un compliment. De son point de vue, c'était décidément une insulte.

Plus tard, lorsque le Mangemort le ramena dans sa chambre, il lui demanda soudain :

« Qui vous a fait changer d'avis ? »

Le cœur de l'adolescent rata un battement.

« Voldemort. » répondit-il de la voix la plus neutre qu'il put.

Alexandre, qui ne dit rien sur le fait que l'adolescent avait osé prononcer le nom de son maître, se contenta alors de lui lancer un regard intrigué et n'ajouta rien de plus au soulagement de Harry.

Puis, la journée se termina. L'adolescent fit l'exercice que son professeur lui avait dit de faire, n'y arriva pas, retenta une nouvelle fois, n'y arriva toujours pas, abandonna et pensa qu'il continuerait demain. Il alla ensuite se coucher mais se réveilla en sueur quelques heures plus tard après un nouveau cauchemar effrayant.

La journée suivante, au contraire de la précédente, passa alors très lentement et Harry, fatigué, le moral au plus bas et qui ne cessait de se remémorer les paroles de son professeur, s'accrocha comme il le put à celles-ci :

« Pour vous, ce n'est qu'une affaire de quelques jours. »

Jusque-là, il devait tenir.


À deux ou trois centaines de kilomètres du manoir Jédusor, parmi des étagères de vieux livres, de babioles en tout genre et de vieux tableaux somnolant, Severus Snape faisait les cent pas.

« Ne voudriez-vous pas vous asseoir ? » lui proposa d'une voix aimable son interlocuteur.

L'espion ne lui répondit cependant pas et continua son manège sous l'œil calculateur du sorcier qui lui faisait face.

« Une tasse de thé, peut-être ? »

Ce à quoi l'espion répondit par un regard agacé. Ce n'était pas le moment de boire du thé, comment pouvait-il lui proposer une telle chose ? Le maître des potions n'avait pas exactement la tête à cela, car il ne comprenait pas. Pourquoi un tel changement d'avis ? Quel était le but du Seigneur des Ténèbres en agissant de la sorte ? Pourquoi se retrouvait-il subitement autorisé à faire une telle chose ?

« Cela ne vous inquiète pas, vous ? » s'enquit-il auprès de son interlocuteur d'une voix sérieuse.

« Voldemort a ses raisons. L'important, pour le moment, n'est pas ici. » répondit simplement le vieux sorcier, faisant tiquer l'espion.

Une nouvelle fois, il lui proposa le fauteuil en face de lui d'un geste de la main.

« Venez-vous asseoir, Severus. » dit-il ensuite à l'intention du sorcier.

Celui-ci, après quelques secondes de silence, s'exécuta non sans lancer un regard agacé au directeur.

« À votre place, le fait que le Seigneur des Ténèbres m'autorise subitement à quitter le manoir m'inquiéterais. » lança-t-il en plongeant ses yeux noirs dans ceux de son interlocuteur, à moitiés cachés par ses lunettes en demi-lune.

« N'est-ce pas parce qu'il souhaite des informations sur les agissements de l'Ordre ? » répondit tranquillement Dumbledore.

« Si, bien sûr que si. Mais pourquoi maintenant ? » s'enquit l'espion qui ne comprenait pas la décision de son maître. « Je pense qu'il a tout préparé à l'avance. » l'avertit le maître des potions. « Et je dirai même que pour l'instant, tout se déroule selon ses plans. »

À sa grande surprise, le vieux sorcier hocha la tête.

« Il y a cependant d'autres choses importantes dont il faut que l'on parle. » lui rappela le directeur.

D'un geste lent, il passa sa main sans sa longue barbe qui tombait en cascade sur sa robe bleue marine et demanda :

« Comment se porte Harry ? »

C'était ça, les choses plus importantes dont ils devaient débattre ?...

« Aussi bien que sa situation l'exige. » répondit l'espion d'une voix où perçait son agacement. « Son esprit faiblit chaque jour de plus en plus. » ajouta-t-il. « Je lui ai proposé d'apprendre l'Occlumancie, par mesure de précaution. »

En réalité, il lui avait plutôt imposé de le faire. Mais cela revenait au même. Et, tout en réfléchissant aux paroles de son espion, le vieux sorcier caressa distraitement sa barbe.

« Vous avez eu raison. » lui dit-il.

Puis, il cessa son mouvement et plongea son regard perçant dans celui du maître des potions.

« Vous lui communiquez donc des informations ? » lui demanda-t-il alors qu'il savait déjà la réponse.

Malgré le ton pourtant léger que le vieux sorcier avait employé, Severus sut tout de suite que la chose ne lui plaisait pas. Alors que le Seigneur des Ténèbres pouvait à tout moment décider de fouiller les souvenirs du garçon, venir lui parler dans sa chambre comme l'espion l'avait fait était en effet très dangereux.

« Le Seigneur des Ténèbres pense certainement que le garçon ne sait rien. » répondit l'espion afin de se justifier. « Ce qui est le cas, je me trompe ? »

Le vieux sorcier hocha la tête.

« Il n'est en effet pas au courant de l'existence de l'Ordre. » dit-il calmement. « Mais ce n'est pas la seule raison, n'est-ce pas ? » ajouta-t-il en plissant légèrement les yeux.

Le maître des potions soutint son regard quelques secondes puis le détourna finalement afin de déclarer :

« Le garçon est faible. Sa santé mentale se détériore de plus en plus, même s'il n'en est sans doute pas conscient. » expliqua-t-il lentement.

L'espion fit une pause puis reprit d'une voix grave en reportant son regard sur le directeur :

« Il ne résiste plus à L'Imperium. »

Un petit silence s'installa. Peut-être le vieux sorcier avait-il enfin compris que les enjeux étaient graves. Puis, le maître des potions reprit :

« J'ai jugé bon de lui communiquer quelques informations sur vos agissements. Rien de bien important bien sûr. Mais il avait besoin de s'accrocher à quelque chose. » ajouta-t-il devant l'air intrigué du vieux sorcier.

« Serait-ce du sentimentalisme ? » lança justement celui-ci d'une voix tranquille tandis que ses yeux bleus perçants sondaient l'espion qui se tenait devant lui.

Severus renifla d'un air mauvais puis contra aussitôt :

« Le garçon m'insupporte et vous le savez. » cracha-t-il. « Si je l'ai fait, c'est pour vous. Vous n'aimeriez pas retrouver le garçon brisé, je me trompe ? »

Le directeur hocha la tête d'un air poli et l'espion continua.

« Le Seigneur des Ténèbres l'a torturé, et vous n'avez pas vu l'état dans lequel le garçon était après avoir subi ses Doloris. Si vous parvenez à le sauver avant que son esprit ne se brise, vous aurez de la chance. »

Ses mots firent légèrement grimacer le vieux sorcier.

« Je comprends votre décision. » dit calmement le directeur après un petit silence. « Mais si par malheur Voldemort décidait d'utiliser la Légilimancie sur Harry… »

Il ne finit pas sa phrase, mais l'espion en comprit tout de suite le sens.

« Il n'a pour l'instant aucune raison de le faire. » répondit catégoriquement l'espion.

Un petit silence s'installa alors. Tant que le maître des potions ne se faisait pas voir en compagnie du Survivant et que le Seigneur des Ténèbres lui accordait un peu de sa confiance, celui-ci ne chercherait pas à fouiller dans les souvenirs du garçon. Il n'avait en effet aucune raison de le faire et il fallait que cela dure.

Puis, le directeur changea de sujet. Avant le cas du garçon, il y avait en effet d'autres choses toutes aussi importantes à évoquer.

« Il y a deux jours, des Mangemorts ont attaqué la maison des Black, pourtant placée sous sortilège de Fidélitas. » dit-il lentement.

« Je ne l'ai appris que lorsqu'ils sont revenus au manoir. » lâcha l'espion comme s'il devait se justifier.

Cependant, le vieux sorcier balaya d'un geste de la main ses paroles. Même s'il l'avait su avant, il n'aurait de toute façon pas eu le temps de contacter le directeur. Et n'ayant plus la chouette du garçon, il aurait fallu trouver un autre moyen de lui faire parvenir l'information, ce qui aurait pris beaucoup trop longtemps.

« En savez-vous plus sur la façon dont ils ont trouvé le lieu malgré le sortilège du Fidélitas ? » s'enquit le directeur, soudain très sérieux.

« Les cinq Mangemorts qui sont allés là-bas ne le savent pas eux même. » répondit-il. « Même Nott, pourtant proche du Seigneur des Ténèbres, ne le sait pas. »

« L'un d'eux a été blessé plutôt gravement, il me semble ? » demanda le vieux sorcier en caressant à nouveau sa barbe.

« Gibbon, oui. Alecto Carrow s'en est tirée indemne, Amycus avec une large entaille au bras, Nott n'a pas subi trop de dégâts non plus et Avery a une brûlure sévère sur sa jambe, d'après ce que j'ai cru comprendre. »

Le vieux sorcier hocha doucement la tête. Il pouvait maintenant mettre des noms sur les Mangemorts qu'il avait lui-même attaqué.

« De notre côté, Miss Tonks est à l'hôpital Ste Mangouste pour soigner un maléfice, ainsi que le professeur Lupin. Mr Black a été légèrement blessé lui aussi et Mrs Weasley est en pleine forme, quoiqu'un peu sonnée. » annonça le vieux sorcier.

Pour le moment, les deux camps étaient donc à égalité. L'espion revint alors sur le sortilège de Fidélitas.

« Miss Jones n'a pas pu dire au Seigneur des Ténèbres où se trouvait le quartier général de l'Ordre, cela lui était impossible n'est-ce pas ? » lança-t-il au directeur.

Celui-ci garda le silence pendant quelques secondes tandis qu'il semblait réfléchir puis déclara :

« Cela lui était en effet impossible. Le Sortilège du Fidélitas a été créé de sorte que seul le gardien puisse révéler le secret. Même en usant de Légilimancie sur une personne partageant le secret, celle-ci ne peut le révéler. »

Cela les amenaient donc à réfléchir sur la façon dont le Seigneur des Ténèbres s'y était pris pour trouver la maison des Black.

« Peut-être le Seigneur des Ténèbres connaissait-il le lieu avant qu'il ne soit placé sous Fidélitas ? » proposa l'espion.

Depuis qu'il avait appris l'attaque au QG de l'Ordre, Severus avait en effet réfléchi sur toutes sortes de théories quant à la manière dont le Seigneur des Ténèbres s'y était pris pour trouver le lieu. Aujourd'hui, deux lui semblaient plausibles.

« C'est une possibilité. » répondit simplement le vieux sorcier.

Cependant, tout comme l'espion, la deuxième théorie lui semblait d'avantage probable.

« Sinon, le Seigneur des Ténèbres a trouvé un contre-sort au sortilège. » lâcha Severus tout en se disant bien que le directeur devait penser à la même chose que lui.

« Trouvé ou créé. » ajouta le directeur, pensif.

Devant l'air surpris de son espion, Dumbledore s'expliqua :

« J'ai moi-même fait des recherches afin de savoir si un contre sort au sortilège du Fidélitas existait. Je n'en ai cependant trouvé aucun. »

« Etes-vous sûr d'avoir cherché partout ? » demanda le maître des potions, légèrement indécis.

Le vieux sorcier acquiesça.

« Ce sortilège est après tout très utilisé de nos jours. Si un contre sort existait, cela se saurait depuis longtemps. Un tel sortilège ne reste pas secret très longtemps. J'ai également tendance à penser que le sortilège du Fidélitas ne peut être contré. »

L'espion fronça les sourcils, surpris des paroles du vieux sorcier.

« Avant de placer la maison des Black sous Fidélitas, j'ai moi-même étudié en profondeur ce sortilège. Afin que l'Ordre soit en sécurité, il fallait que son quartier général ne puisse être trouvé. » déclara-t-il tranquillement. « Le secret, lorsqu'il est divulgué à un individu par le gardien s'encre automatiquement au plus profond de la mémoire de cet individu. Lorsqu'il ne pense pas au fait de vouloir connaître le secret, il ne le connaît pas. Lorsqu'il le pense, la mémoire lui revient. J'ai moi-même eu du mal à le comprendre, et sa complexité est telle qu'il va bien au-delà d'un simple sort de dissimulation. C'est comme si le sortilège créait un espace totalement fermé dans la mémoire même de l'individu. » expliqua le vieux sorcier. « Le Fidélitas ne repose aucunement sur les individus qui partagent le secret mais uniquement sur le gardien qui, en révélant le secret, créé une nouvelle séquence, un nouvel espace à l'intérieur-même du cerveau de l'individu afin que le secret y reste bien caché. Tout repose donc sur le gardien, en l'occurrence moi-même. » acheva-t-il.

« Alors pour contrer le sortilège, il aurait fallu que le Seigneur des Ténèbres s'en prenne à vous ? » demanda le maître des potions, pensif.

« En effet. » répondit simplement le vieux sorcier. « J'aurais alors plutôt tendance à penser que Voldemort, plutôt que de créer un contre sort, a simplement trouvé le moyen de contourner celui-ci. »

« Le contourner ? » lança Severus d'un ton sceptique.

« C'est là toute la nuance. Contourner plutôt que contrer. » répondit le directeur. « Encore faut-il savoir comment il s'y est prit. » ajouta-t-il tranquillement.

Severus hocha légèrement la tête.

« Dois-je essayer de le découvrir ? » s'enquit-il ensuite auprès du vieux sorcier.

Il y eut un petit silence.

« La vérité ressortira bien un jour ou l'autre. » annonça Dumbledore d'une voix énigmatique.

L'espion hocha à nouveau la tête. Ce n'était pas leur plus grande priorité, le mal était fait et ils devaient se concentrer sur d'autres choses plus importantes. En bref, cela pouvait attendre.

« En attendant de trouver un meilleur endroit, l'Ordre se réunira ici-même, à Poudlard. » déclara le directeur.

Le maître des potions acquiesça. L'école était à près tout le seul lieu qui pouvait résister aux attaques du Seigneur des Ténèbres, du fait de ses nombreux sortilèges de protections.

« Je trouverai un autre endroit plus tard. » ajouta Dumbledore en faisant un geste de la main expéditif. « Tant que personne ne le découvre, Poudlard sera bien. »

L'espion interpréta aussitôt les paroles du vieux sorcier. Tant que personne ne le découvrait, tout allait bien. Cependant, si le Ministère de la Magie en avant vent, l'école pourrait bien courir à sa perte. Après tout, le retour du Seigneur des Ténèbres n'avait toujours pas été reconnu et un groupe secret de sorciers entraînés à combattre serait certainement une menace pour l'incapable qui leur servait de ministre. Il fallait d'autant plus se montrer prudent étant donné que le Ministère suspectait Dumbledore de vouloir prendre la place du ministre, et c'était d'ailleurs d'ailleurs pour cette raison qu'il parlait du retour du Seigneur des Ténèbres...

« Vous devez impérativement regagner la confiance de Voldemort. » annonça le vieux sorcier en plongeant son regard perçant dans celui de l'espion.

Celui-ci tiqua, agacé.

« Ce n'est pas si facile, le Seigneur des Ténèbres n'accorde jamais vraiment toute sa confiance à quelqu'un. Il veut que je lui apporte des informations sur l'Ordre, ce que je peux faire mais de façon plutôt limitée, du moins me semble-t-il. » dit-il en soutenant le regard du vieux sorcier.

« Ne vous inquiétez pas pour cela. » annonça Dumbledore. « Je suis récemment en train de recruter de nouvelles personnes au sein de l'ordre, vous pouvez le lui dire. Dites-lui également que l'Ordre mettra quelques jours à se relever mais qu'il sera prêt à combattre dans quelques jours. »

L'espion fronça les sourcils.

« Il pourra se servir de ces informations et les retourner contre vous. » le prévint-il d'une voix grave et lente.

« Je suis préparé à cette éventualité. » déclara Dumbledore. « L'important désormais est de regagner sa confiance afin qu'il se confie pleinement à vous et que vous puissiez me rapporter ses plans. »

Le maître des potions, après quelques secondes de silence, hocha lentement la tête.

« Vous êtes donc prêt à tout pour cela ? » demanda-t-il ensuite d'un ton méfiant au vieux sorcier.

Celui-ci, qui se tenait droit sur son fauteuil, joignit ses mains devant lui et posa ses coudes sur le bureau d'un air pensif.

« Il le faut. » dit-il tandis que ses yeux bleus étaient toujours plongés dans ceux du maître des potions.

Le silence s'installa alors tandis que l'espion réfléchissait aux paroles du directeur. Il n'y avait pas cinquante moyens de regagner la confiance du Seigneur des Ténèbres. Il devait se dévouer corps et âme à cette importante tâche et laisser de côté toute autre chose. Ce que lui dirait Dumbledore, l'espion le rapporterait sans aucun scrupule à son ''maître'', dissimulant bien évidemment les informations les plus capitales.

Soudain, il sentit comme une présence dans son esprit. En à peine une seconde, il renforça automatiquement ses boucliers et serra les dents tandis que le directeur pénétrait dans sa tête. Il le testait, Severus en était bien conscient. Il ferma les poings, lui fit voir les souvenirs qu'il allait montrer au Seigneur des Ténèbres, dissimulant soigneusement ce qui devait être dissimulé puis repoussa férocement le vieux sorcier lorsque celui-ci voulut forcer le passage.

« Vous n'avez-donc pas confiance en moi ? » siffla l'espion d'un ton mordant.

Dumbledore satisfait par ce qu'il venait de voir, fit un bref hochement de tête puis répondit :

« Loin de moi cette idée, Severus. Je vérifiais simplement si votre esprit était toujours aussi-… »

« Il l'est. Voire même d'avantage. » le coupa l'espion d'une voix irritée. « Si vous n'avez pas confiance en mes capacités, ne me demandez pas d'aller tromper le plus grand mage noir de notre temps. » ajouta-t-il en regardant de ses yeux noirs le sorcier qui lui faisait face.

Celui-ci fit un bref hochement de tête mais ne s'excusa cependant pas pour son geste. Le maître des potions savait que le vieux sorcier avait ses raisons de faire cela, Severus l'aurait d'ailleurs fait lui-même s'il avait été à sa place. Mais il était tout de même agacé que Dumbledore n'ait pas confiance en ses capacités.

« En réalité, trois sorciers ont déjà rejoint l'Ordre. » déclara d'une voix paisible le vieux sorcier.

L'espion, après avoir calmé sa colère, hocha brièvement la tête.

« Concernant la prophétie… »

« Je n'ai pas plus d'informations à ce sujet. » lui dit d'office l'espion. « Il est possible que j'en apprenne d'avantage, mais plus tard. »

Le vieux sorcier acquiesça.

« J'essayerais de me renseigner de mon côté. » dit-il tranquillement. Mondingus Fletcher et Alastor Maugrey sont actuellement en train d'interroger des sorciers pouvant correspondre aux critères que nous recherchons. »

« C'est-à-dire ? » s'enquit le maître des potions en levant un sourcil.

« Une personne possédant les dons de divination et qui serait affiliée à Voldemort, du moins qui partagerait ses idées. » répondit simplement Dumbledore.

« Vous perdez votre temps. » annonça l'espion d'un ton catégorique. « Il a probablement tué la sorcière qui lui a divulgué cette prophétie. »

Le directeur passa sa main dans sa barbe d'un air pensif.

« N'aurait-il pas plutôt voulu qu'elle rejoigne ses rangs ? » dit-il tranquillement. « Avoir une divinatrice de son côté est toujours un avantage. »

En pensant soudain à Sybille Trelawney, Severus se demanda s'il considérait réellement la sorcière comme étant un avantage…

« Le Seigneur des Ténèbres est très attaché à ce genre de chose, il serait en effet possible qu'il cherche à avoir une divinatrice dans ses rangs. Mais je pense que la sorcière qui lui a annoncée cette prophétie est morte de sa main. » déclara-t-il ensuite.

Cela ne pouvait être autrement. Si le serpent lui avait proposé de le rejoindre et qu'elle avait refusé, l'issue était facile à deviner. D'autant plus que pour la mentionner, il avait utilisé ''la vieille folle'', ce qui n'était certainement pas gratifiant...

Après quelques secondes de silence, le vieux sorcier hocha la tête.

« C'est certainement le cas, en effet. » admit-il. « Et quelles sont exactement ses paroles quant à la prophétie ? » demanda-t-il après une courte pause.

« Une vieille folle m'a un jour dit que Lord Voldemort n'atteindrait jamais son but, à moins qu'il ne s'allie avec son ennemi. » répéta lentement l'espion. « L'ennemi est en l'occurrence le garçon et son but certainement de régner en maître sur le monde. »

Le vieux sorcier joua distraitement avec sa barbe tandis qu'il semblait réfléchir.

« Mais pourquoi aurait-il besoin du garçon pour accomplir son but ? » demanda d'une voix suspicieuse l'espion. « Vous ne me cachez rien, n'est-ce pas ? »

Deux ou trois secondes de silence s'écoulèrent avant que le directeur ne réponde lentement :

« Harry, pour une raison que j'ignore encore, est très lié à Voldemort. »

Comme à chaque fois qu'il utilisait ce nom, l'espion grimaça.

« Après tout, il a hérité de ses capacités, à savoir parler le fourchelangue. Et dans l'avenir, Harry pourrait bien devenir un sorcier très puissant. » ajouta-t-il. « Rassurez-vous Severus, je ne vous cache rien à son sujet. »

« Pour l'instant. » pensa alors l'espion.

« Le Seigneur des Ténèbres voudrait alors se servir de la puissance du garçon afin d'atteindre son but ? » demanda-t-il d'un air dubitatif.

« C'est en effet une hypothèse. » répondit Dumbledore, pensif. « Hélas, pour trouver le rôle de Harry dans cette histoire, il nous faut apprendre la prophétie dans son intégralité. » dit-il ensuite en lançant un regard significatif à l'espion.

Celui-ci acquiesça.

« Je ferai mon possible pour la découvrir. » lança-t-il simplement.

Il fit une pause puis reprit :

« Et le garçon, quand sera-t-il sauvé ? »

Cela ne l'importait guère mais il aurait pensé que le directeur serait d'avantage préoccupé par le garçon. Après un petit silence, le vieux sorcier s'enfonça alors dans son fauteuil et appuya son dos contre le dossier tout en lâchant un petit soupir.

« Si sa vie n'est pas menacée, cela peut attendre. »

L'espion fut d'abord surpris d'une telle parole. Il comprit cependant où voulait en venir le vieux sorcier lorsqu'il continua :

« L'Ordre doit d'abord se relever et organiser un plan d'attaque avec ce que nous savons à présent. »

« N'y aviez-vous pas déjà réfléchi avant ? » s'enquit l'espion.

« Si bien sûr, mais lorsque vous n'étiez pas là pour me communiquer des informations. » répondit-il simplement. « À présent, la situation est toute autre. »

L'espion hocha la tête. En effet, la donne n'était désormais plus la même.

« Nous irons secourir Harry lorsque nous serons sûr de pouvoir le sauver et de l'emporter par la même occasion sur Voldemort. » dit le directeur.

Severus, bien que légèrement réticent quant au fait que l'Ordre combatte le Seigneur des Ténèbres, comprit que Dumbledore voulait faire de son opération de sauvetage une pierre de deux coups. Et il avait raison. Cependant, quelque chose n'était pas clair.

« Comptez-vous le tuer ? » demanda-t-il lentement au vieux sorcier.

« Oh, loin de moi cette idée. » répondit aussitôt Dumbledore d'un air amusé. « Nous n'en savons que trop peu sur ses pouvoirs maintenant qu'il est revenu. Réussir à l'affaiblir serait déjà une bonne chose. » déclara-t-il. « Et l'Ordre ne gagnera jamais sans aide extérieure. Le Ministère devra tôt ou tard reconnaître que Lord Voldemort est revenu et d'ici là, nous ferons notre possible pour qu'il ne gagne d'avantage en puissance. »

L'espion acquiesça. C'était sans doute la meilleure chose à faire.

« Dès que l'Ordre sera prêt, nous attaquerons le manoir et sauverons Harry. » annonça ensuite le vieux sorcier.

« Combien de temps cela prendra-t-il ? » demanda le maître des potions.

« Une semaine, tout au plus. » déclara le directeur. « D'ici là, veillez à ce qu'il continue son apprentissage de l'Occlumancie, simplement par mesure de précaution. »

Severus hocha la tête. Cependant, malgré le fait qu'attendre étant la meilleure chose à faire, l'espion se demandait si le vieux sorcier saisissait vraiment l'importance de sauver le garçon.

« Si le Seigneur des Ténèbres décide de le briser, je ne pourrais rien faire. » déclara-t-il d'un ton grave. « En êtes-vous conscient ? » demanda-t-il ensuite en plongeant son regard dans celui du directeur.

Celui-ci, qui soutint son regard et ne répondit pas tout de suite, détourna finalement les yeux et répondit d'une voix fatiguée, comme si un poids énorme pesait désormais sur lui :

« J'en suis conscient, Severus. Je ferai mon possible pour venir au plus vite et Harry sera définitivement sauvé des griffes de Voldemort. »

L'espion hocha la tête. Il aurait pensé que le vieux sorcier privilégierait d'avantage la sûreté du garçon du fait de son attachement à lui et de ses valeurs morales, cependant bien superficielles aux yeux de l'espion. Mais ce ne fut pas le cas et en un sens, Severus ne fut pas surpris. Tout cela allait beaucoup plus loin que de sauver un garçon, Harry Potter soit-il. Et la guerre qui se profilait ne se gagnerait pas avec des sentiments.

« Je tiens cependant à vous prévenir d'une chose, Albus. Le Seigneur des Ténèbres prépare quelque chose. Le travail qu'il me donne n'en est que la conséquence. »

Le directeur, d'un bref geste de la main l'incita à continuer.

« Je ne peux en être sûr, mais il y aura sans doute une attaque. Le Seigneur des Ténèbres a besoin de prouver sa puissance afin de réunir de nouveaux fidèles. » annonça-t-il lentement. « Cela n'aura sans doute aucune répercussion aux yeux du Ministère, car il sait que ses rangs ne sont pas encore assez suffisants pour affronter le Ministère et par extension le reste du monde magique. Mais quelque chose se prépare. »

Dumbledore, après un petit silence ferma brièvement les yeux et ordonna à l'espion :

« Rapprochez-vous de Voldemort. Découvrez ce qu'il prépare. »

Le maître des potions acquiesça. Pour l'instant, cela importait plus que tout le reste. Puis Dumbledore déclara d'une voix définitive, mettant fin à la discussion :

« Désormais, nous sommes en guerre. »


Le lendemain, Harry se réveilla en sursaut dans son lit.

Il fixa pendant quelques secondes le ciel de lit tandis que la réalité reprenait lentement le dessus et que son rythme cardiaque revenait à la normale puis poussa un long soupir de lassitude. Un cauchemar. Encore.

Fatigué, il s'assit ensuite puis tenta d'effacer les souvenirs de son rêve. D'ailleurs, maintenant qu'il y réfléchissait, l'adolescent trouva son cauchemar complètement stupide. Certes, il avait accepté d'apprendre la magie noire, mais il ne s'en servirait jamais sur quelqu'un ! Pourquoi avait-il rêvé d'une telle chose ? Et qui était l'inconnu à qui il avait lancé un sortilège de magie noire ? Cela n'avait aucun sens. Son rêve en lui-même n'avait aucun sens.

L'adolescent se leva donc de mauvaise humeur.

Son rêve n'avait pas été aussi terrifiant et violent que celui qu'il avait fait il y a deux jours mais Harry était tout simplement fatigué de cauchemarder presque à chaque nuit.

Lorsque Sam lui apporta des vêtements propres – et noirs, pour changer – ainsi que son petit déjeuner, le Survivant n'en mangea même pas une miette et se contenta d'aller s'asseoir à la fenêtre d'un air morose.

Ne sachant ensuite pas trop quoi faire pour s'occuper, il décida de s'entraîner à l'Occlumancie. « Cinq fois par jour, vous vous entraînerez à vider votre esprit. » avait dit son professeur de potion qui lui servait malheureusement comme seul allié au manoir.

Harry s'assit donc sur le rebord de la fenêtre, prit une grande inspiration puis ferma les yeux en relâchant son souffle. Concentré, il s'employa ensuite à vider son esprit et à ne plus penser à rien.

Au début, tout se passa bien. Sa respiration fut lente et régulière et sa tête fut complètement vide de toute pensé et émotion. Cependant, l'adolescent qui se dit tout à coup qu'il faisait cela depuis au moins deux minutes soupira de frustration. Aussi minime et superficielle soit sa pensée, il avait pensé à quelque chose. Et le livre stipulait clairement que l'esprit devait être absolument vide pour que cela marche. Et dire qu'il avait pensé que cela serait facile…

Harry rouvrit alors les yeux et poussa un bref soupir. En réalité, c'était tout sauf facile. Ne plus ressentir aucune émotion, l'adolescent pouvait y arriver. Il lui suffisait de se concentrer. Toutefois, ne plus penser à rien était plus compliqué… même le fait de se dire qu'il ne pensait actuellement à rien était une pensée en soit, alors était-ce vraiment possible de ne penser à rien pendant un quart d'heure ? L'adolescent n'en était pour l'instant pas très convaincu…

Puis la matinée passa. Harry prit rapidement une douche, dessina deux ou trois choses sur son carnet, repensa au jour précédent lorsqu'Alexandre lui avait fait un cours ennuyeux sur les sorciers durant la Renaissance puis tenta une nouvelle fois de vider son esprit durant cinq minute, en vain malheureusement.

Midi arriva, Sam lui apporta son déjeuner avec une potion nutritive - que l'adolescent but en maudissant son professeur, qui au passage ne lui avait toujours rien dit quant à ce que ferait Dumbledore afin de le tirer de là, mangea distraitement un peu de riz et un morceau de chausson au pomme puis reprit son carnet.

Environ une heure plus tard, Alexandre arriva dans la chambre, salua d'un geste de la tête le Survivant et lui fit signe de le suivre.

« Ah oui, j'avais oublié… » pensa l'adolescent en mettant ses chaussures. « C'est le jour où on va dehors. »

Depuis que le Mangemort lui faisait apprendre la magie noire, Harry n'était en effet plus très enthousiasmé par le fait de sortir…

Sans trop d'aplomb il passa ensuite devant le Mangemort et sans un mot, il quittèrent tous deux la chambre.

Soudain, alors que l'adolescent s'apprêtait à descendre les marches de l'escalier en bois, le mage noir lui prit fermement le bras et prononça, faisant légerement frémir le Survivant :

« Le Seigneur des Ténèbres souhaite vous voir. »


À suivre...

J'espère que vous avez apprécié la discussion entre Severus et Dumbledore, j'ai voulu plutôt privilégier le dialogue plutôt que les pensées de Severus histoire de faire un peu avancer les choses... pour le Fidélitas, c'est comme Dumbledore l'a dit : la vérité sortira un jour ou l'autre. En attendant, je vous laisse donc cogiter sur les hypothèses de notre duos de détectives. Pour ce qui est de la question de Harry, ce n'est pas que Dumbledore s'en fiche, au contraire. Mais comme Severus l'a dit, une guerre ne se gagne pas avec les sentiments. Notre cher directeur doit donc établir des priorités, même si il ne le veut pas forcément.

Bref, c'est tout pour aujourd'hui. Gros bisous à tous et on se retrouve dans deux semaines, le mercredi 25 novembre !

À bientôt !