Bonjour/Bonsoir tout le monde.
Alors, l'ascenseur emotionnel va-t-il enfin se calmer ? Peut-être après sa chute…
Et pour finir, avant le début de l'histoire, tout appartient à J.K Rowling bien sûr. Je ne fait que laisser libre cours à mon imagination avec un univers qui est à elle. ^^
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Chapitre 16 : Chute libre
Le mois de juin se déroula sous le signe des tensions continues, certes, mais dans un calme relatif. Potter se faisait oublier, ainsi que Malfoy qui semblait en revanche plus cadavérique que jamais malgré son rétablissement physique. Severus apprit que le survivant s'était enfin débarrassé du livre, par une Hermione qui lui en avait discrètement soufflé deux mots à la fin d'un cours. Il ne savait pas comment, ni où, mais le professeur Rogue put au moins se satisfaire de savoir que personne ne pourrait plus employer ses sortilèges.
En revanche, depuis la révélation que lui avait faite son père de cœur, le jeune homme avait de plus en plus souvent mal à la tête. L'espion ne savait pas si cela était dû au stress que cela avait engendré chez lui, ou bien aux réunions noires auxquelles il assistait les week-end, voire même à cause des cornichons qui lui servaient d'élèves... A moins que cela ne soit dû à la fatigue qu'il accumulait à cause de ces trois facteurs... Quoi qu'il en fût, il lui semblait parfois que sa boite crânienne allait exploser, purement et simplement. Dans ces moments-là même les potions contre les céphalées, qu'il fabriquait lui-même, ne suffisait pas à le soulager. Gardant cependant son masque d'indifférence perpétuelle, seul Albus semblait se rendre compte de ce mal-être. Plus le temps passait et plus Severus se persuadait que le directeur savait bien plus de chose qu'il n'en disait, surtout concernant la vie dans le château.
Puis les examens de fin d'années arrivèrent et, avec eux, le stress supplémentaire qu'ils engendraient pour la quasi-totalité des élèves et des professeurs. Hermione passait le plus clair de son temps à la bibliothèque, sous le regard discret de Mme Pince, qui pouvait ainsi donner des nouvelles à son fils sur l'avancée des révisions de cette dernière. Non pas qu'elle avait ses ASPIC cette année, mais l'idée que son tour arriverait bientôt semblait l'angoisser et la pousser à travailler de concert avec les 7èmes années.
Le dernier jour des travaux sur table, tous les élèves profitèrent du soleil de fin juin qui commençait à réchauffer l'atmosphère. Severus décida d'aller voir sa mère, dans l'espoir silencieux de croiser sa préfète par la même occasion. Une fois dans la bibliothèque, complétement vide, il chercha l'une des deux femmes de sa vie. Et ce fut avec amusement qu'il les vît toutes deux, penchées sur un ouvrage aussi gros qu'une encyclopédie. Irma semblait expliquer quelque chose à la sang et or qui écoutait attentivement. Il s'approcha un peu plus et put entendre leur conversation :
- C'est pour cela que le symbole ici ne peut pas être un sigma Miss Granger ! Votre erreur est minime, mais je vois mieux pourquoi vous n'arriviez pas à comprendre le chapitre !
- Merci Mme Pince, je crois que j'aurais pu m'arracher les cheveux sur ce paragraphe !
- Il vous aurait fallu un effort surhumain pour venir à bout de votre tignasse Granger ! Répliqua alors Severus sur un ton moqueur.
Les deux femmes sursautèrent et lui lancèrent le même regard noir avant de dire ensemble, d'une même voix :
- Vous pourriez vous signaler en arrivant, Professeur Rogue !
Severus ne savait pas s'il devait rire ou s'inquiéter de cet unisson réprobatrice. Il secoua la tête d'un air faussement désolé et reprit :
- Mme Pince, puis-je parler à Granger un instant ?
- Bien sûr ! Si vous ne parlez pas fort !
- Votre sanctuaire est vide, je ne vois pas en quoi cela dérangerait les murs si nous parlions normalement. Dit Severus en haussant les épaules d'une manière hautaine.
- Vous me dérangeriez moi !
Irma avait répondu cela sur le même ton que son fils, avant de s'en aller comme si de rien était, probablement plus amusée qu'agacée. Hermione était assez surprise de la demande de son professeur qui, de son côté, ne semblait pas s'inquiéter de la présence la bibliothécaire. D'un coup de baguette, Severus rendit leur discussion inaudible pour les oreilles indiscrètes de la seule présence de la pièce. Il ne voulait pas que sa mère entende son associable de fils être agréable. Il se mit ensuite derrière sa préfète et posa ses mains sur les épaules de celle-ci, tout en se penchant pour voir ce qu'elle lisait :
- Les textes d'Hippocrate ? Pourquoi lis-tu ça ?
- Parce que ses sorts de soins, ses potions et ses onguents sont encore à ce jours les meilleurs qui soient. Mais les livres récents ne vont pas assez dans les détails à mon goût.
- Tu me surprendras toujours !
Il sourit, mit en arrière la crinière de sa lionne afin de pouvoir déposer ses lèvres dans le cou de sa partenaire. Hermione ferma les yeux sous cette marque d'affection qui la faisait fondre. Elle ne put cependant s'empêcher de dire calmement :
- Mme Pince pourrait nous voir Severus !
- Je sais, répondit-il en continuant ses baisers, mais c'est plus fort que moi.
Il glissa ensuite ses mains le long des bras d'Hermione qui frissonna :
- Et puis, le château ne se vide jamais de la sorte en temps normal ! Alors j'estime avoir le droit de passer un peu de temps avec la femme que j'aime.
Le jeune Rogue sourit encore plus en voyant les yeux de sa préfète pétiller. C'était toujours le cas quand il lui disait ces simples mots. Il ne le faisait pas souvent, du moins pas aussi clairement, rendant ces moments précieux pour la sang et or. Il continua ses caresses jusqu'à la poitrine de son Amortentia qui se laissait toujours faire, avant de murmurer :
- Tu sais que je te trouve charmante avec ta cravate de miss-je-sais-tout ? J'aimerais bien que tu n'aies qu'elle sur toi !
Hermione entrouvrit la bouche, appréciant visiblement son traitement de faveur. Puis avec un sourire amusé, Severus finit cependant par s'assoir à côté d'elle, rompant le contact afin de ne pas se donner plus envie, d'autant plus que des tambours resonnaient de nouveau dans son crâne :
- Alors, dis-moi, tu comptes devenir guérisseuse après Poudlard ?
- Non, je ne pense pas que cela m'intéresserait. Répondit sa préfète, plutôt déçue que ce moment intime cesse.
- Vraiment ? Demanda Severus qui se rendit compte qu'il n'avait jamais parlé des plans de carrière de son Amortentia, tout en faisant abstraction de leur frustration commune.
- Comprend bien que j'aime m'instruire sur les soins, cela me sera forcément utile, mais franchement, je ne me vois pas soigner des gens à longueur de temps !
- Et, que te vois-tu faire plus tard dans ce cas ?
Hermione regarda son professeur dans les yeux l'air surprise, puis rapidement son visage devient plus songeur :
- A vrai dire, je n'en sais rien. Je viens de me rendre compte que je n'y ai jamais véritablement réfléchi. Maintenant que tu me le demandes, je dois avouer que je suis perplexe.
- Enfin, tu as encore du temps devant toi tu sais !
- Oui, mais la question dois se poser maintenant ! Je vais y réfléchir, tu as raison !
- Je te verrais bien devenir maîtresse en potion, ou en métamorphose !
- C'est vrai que ce sont mes matières préférées, mais tu oublies aussi l'arithmancie.
- Ou alors auror. Mais, je préférerais que tu évites cette profession. C'est bien trop dangereux !
- Dixit celui qui aurait pu mourir dans l'explosion d'un chaudron au cours de sa longue carrière de professeur de potion ! Ricana-t-elle.
- Mouais, ce n'est pas faux... Maintenant que tu le dis, je me rends compte du nombre faramineux de fois où ton ami Londubat aurait pu me tuer n'empêche !
- C'est vrai en effet ! Mais, sans succès fort heureusement.
Severus souriait légèrement devant l'air si amusé de sa préfète. Cependant, il se sentit étrange, sans pouvoir comprendre pourquoi. Toujours aussi stoïque face à sa lionne, cette dernière reprit plus sérieusement, tout en réfléchissant :
- En tout cas, je ne sais toujours pas quoi faire pour ma part ! Peut-être devrais-je envisager de devenir professeur, qu'en dis-tu ?
- Tu serais sans aucun doute bien plus pédagogue que moi.
- C'est bien vrai. Mais ce n'est pas vraiment difficile ça, monsieur la terreur des cachots ! Cela dit, je suis persuadée que tu ferais un excellent directeur.
- Moi ? Directeur ! S'exclama Severus en essayant de ne pas rire cette fois. Je crois que je ne tiendrais pas une année au poste d'Albus sans en mourir !
- Pourtant tu es un bon gestionnaire, ça se voit. Et tu sais te faire respecter. Après tout, ce qui ne te plait pas, c'est de devoir donner des cours !
- Ce n'est pas ça que je trouve déplaisant. C'est de me retrouver face à des cornichons qui n'ont pas envie d'apprendre qui m'épuise. S'ils étaient tous comme toi, je me ferais une joie d'enseigner !
- Tu parles ! Avoir des mains levées sans arrêt dans tes cours ne te plairait pas, j'en suis certaine.
- De toute évidence oui ! Dit-il alors en haussant les épaules légèrement. Mais n'étions-nous pas en train de parler de ton futur ?
- Si, soupira-t-elle alors, mais c'est un exercice compliqué. Je ne sais pas quel avenir m'attends après tout !
Severus aurait souhaité répliquer quelque chose à sa préfète afin de la rassurer, mais une sorte d'angoisse l'envahit sans qu'il ne sache pourquoi. Peut-être était-ce le fait que pour qu'Hermione ait un avenir, fallait-il encore qu'il réussisse à la protéger... Il n'eut pas réellement la possibilité de réfléchir au pourquoi de cette inquiétude, que les tambours dans son crâne reprirent de plus belle. Rogue mit alors une main sur sa tête comme si cela pouvait les faire cesser, sans succès. La jeune femme s'inquiéta en le voyant ainsi :
- Est-ce que tu vas bien ?
- Oui, ne t'en fais pas. Je... Juste une migraine qui pointe le bout de son nez. Ce n'est rien de grave. Je vais aller me reposer.
En disant cela, sur le ton le plus rassurant qu'il pût, le jeune homme se leva. A peine fut il sur ses deux jambes que les tambours se transformèrent en moissonneuse batteuse. Hermione le regarda avec des yeux ronds, avant de se lever à son tour et de s'exclamer :
- Severus, mais, tu saignes du nez !
Il mit une main vers son nez et constata que la jeune femme disait vrai. Il aurait voulu la rassurer de nouveau en lui expliquant que ce n'était rien de grave, là encore, mais tout devient flou autour de lui. Le professeur sentit les bras de sa préfète qui tentait de l'empêcher de tomber, mais il sentit tout aussi rapidement le sol froid de la bibliothèque sous lui. Il devait être bien trop lourd pour ses frêles épaules. Bien qu'il pensât avoir les yeux ouverts, le jeune homme ne voyait plus rien :
- MME PINCE, J'AI BESOIN D'AIDE ! Hurla la sang et or.
Après avoir entendu des bruits de pas précipités et la voix de sa mère crier son prénom, Severus finit par perdre connaissance, sombrant dans le néant le plus total.
Quand il rouvrit les yeux, le professeur Rogue était dans un lit de l'infirmerie. Se souvenant de sa chute, il ne fut donc pas surpris de se retrouver là pour une fois. Il avait l'impression d'avoir dormi et cauchemardé pendant des mois entiers, mais ses douleurs s'étaient envolées. Pompom avait fait de l'excellent travail, à n'en point douter. Il se leva doucement, ne voulant pas que l'infirmière débarque en courant pour le houspiller. Une fois assis sur le bord de son lit, Severus vît une enveloppe sur sa table de nuit. Il fronça les sourcils et essaya d'attraper cette dernière. Cependant, avant d'atteindre la missive, le jeune homme stoppa son geste et regarda sa main, réalisant que quelque chose clochait. Il se leva d'un bon et courut jusqu'à la salle d'eau la plus proche afin de trouver un miroir. Et ce qu'il vît le fît frémir. Il était de nouveau son "ancien lui", enfin, façon de parler.
"Encore ce putain de cauchemar..." Grogna-t-il intérieurement.
Il soupira et allait repartir quand il se rendit compte que tout autour de lui semblait très réel... Trop réel même ! Si bien qu'il se tourna de nouveau vers la miroir et posa sa main dessus. Rogue ressentit le froid de la vitre réfléchissante sous sa paume. Après quelques secondes, il toucha son visage et commença à paniquer. Tout était bien trop palpable et réaliste pour n'être qu'un mauvais rêve... Son inconscient avait compris avant lui-même... Tout ceci était vrai.
Après avoir passé un quart d'heure devant la glace, il retourna jusqu'à son lit, anéantit intérieurement. Il en était certain, il avait maintenant 17 ans, mais avec le corps d'un homme qu'il aurait dû être dans vingt ans. Ses pensées se dirigèrent ainsi vers Hermione. Qu'allait-elle donc penser ? Non, il devait trouver le moyen de rajeunir de nouveau, ce n'était pas possible autrement. Il prit sa baguette et ses vêtements propres mis à disposition. Se faisant, il fît tomber la lettre qu'il avait vu juste avant. Il la ramassa alors et reconnu l'écriture d'Albus. Il se rassit sur le lit afin de lire, avant toute autre chose :
" Mon garçon, ou devrais-je dire Severus.
Tu es arrivé un peu plus tôt à l'infirmerie, accompagné par Mme Pince et Miss Granger.
Ton vieillissement semble s'être accéléré depuis la fin d'après-midi et j'aurais souhaité être là à ton réveil. Cependant, j'ai une chose importante à faire ce soir, et si tu lis ces quelques lignes, c'est que je ne suis pas encore revenu.
Il semblerait que cette nuit soit décisive et j'espère avoir l'occasion de te voir avant que les grandes pages de l'Histoire ne se tournent.
En attendant, tâche de faire attention à toi. Je ne saurais dire avec quels souvenirs exactement tu te réveilleras, mais quels qu'ils soient, ne perd pas de vu ce qui est important.
Al"
Une fois sa lecture achevée, Severus soupira et s'habilla après avoir changé la taille de ses vêtements. Rogue devait absolument voir Albus et lui demander des explications plus poussées à propos des événements dont il parlait dans sa lettre. Et, peut-être que ce vieux fou aurait une solution à lui proposer pour son apparence. Il prit alors la direction du bureau du directeur, ravi que l'heure tardive lui permette de passer inaperçu. Il ne voulait aucunement être de nouveau l'objet de toutes les attentions pour les jours à venir.
Cependant, une fois dans les couloirs, il eut la désagréable surprise d'entendre des bruits de pas précipités. Ne trouvant pas de cachette, il opta pour un sort de désillusion afin de devenir quasiment invisible. L'obscurité de la soirée allait être, une fois de plus, avantageuse pour cette entreprise. C'est en voyant le jeune Malfoy courir frénétiquement qu'il comprit que les événements dont parlait le directeur étaient déjà en cours et que sa soirée risquait d'être longue. Son apparence allait devoir attendre. Il suivit alors le blondinet, se doutant que le jeune garçon était la clé de l'Histoire à venir.
Drago avait semble-t-il récupéré un objet important avant de se diriger vers la salle sur demande. Il tenait fermement un sachet dont Severus ignorait le contenu. Une fois devant le mur vierge donnant accès à la salle vas et vient, le professeur Rogue remarqua plusieurs mouvements suspect. Il n'était pas le seul à suivre le fils Malfoy. Quand il tourna de nouveau la tête, ce dernier avait disparu derrière une porte qui disparaissait déjà à son tour. Il pesta intérieurement, il s'était laissé distraire. Mais quel genre d'espion était-il ? Probablement un raté vu les erreurs qu'il commettait !...
Il reporta alors son attention sur les autres espions invisibles, qui apparurent devant lui dans le mouvement fluide d'un tissu étrange. Hermione et son ami le rouquin avaient utilisé une cape d'invisibilité et Severus en fut stupéfait. Cela expliquait grandement comment le trio infernal avait pu, ses six dernières années, faire les quatre cents coups sans se faire attraper... Les deux jeunes gens se séparèrent, de chaque côté du couloir, faisant ainsi le guet afin de voir si quelqu'un arrivait ou si Drago ressortait.
Severus soupira, ne supportant pas voir sa préfète se mettre ainsi en danger, prenant à peine le temps de se cacher convenablement. Il s'approcha d'elle discrètement par derrière, prenant soin de rester désillusioné. Lorsqu'il fut à cinq mètres d'elle environ, sans bouger, elle murmura afin de ne pas être entendu de Ron :
- Je sais que tu es là "Yves".
- Et comment l'as-tu su ? Demanda-t-il réellement surprit, vérifiant qu'il était bien invisible.
- J'ai senti ton parfum en passant près de toi. Je dois avouer que je suis surprise de te voir surveiller le préfet de ta maison !
- Je te retourne l'étonnement. Que fais-tu ici alors que tu penses que Potter à tort ?
- Harry a dû partir avec le directeur ce soir. L'école est sans défense. Et nous avons constaté que Drago circulait dans le château. C'est trop louche pour ne pas signifier quelque chose.
- Et comment as-tu su qu'il était dans les couloirs ?
- De la même façon que j'ai toujours su où te trouver. Grâce à une carte. Mais, je t'expliquerais plus tard ! Dis-moi plutôt comment tu te sens ? Est-ce que Pomfresh sait que tu es sorti de l'infirmerie ?
- Elle le saura bien assez tôt. En attendant, je t'interdis de rester ici. Ce n'est pas prudent. Et, Albus va bien finir par revenir avec ton précieux ami.
Hermione, qui continuait sa surveillance sans même essayer de savoir où était Severus ni pourquoi il se cachait, fît un signe à Ronald pour lui indiquer qu'elle ne voyait rien. Ils étaient restés tout ce temps suffisamment proche pour être en contact visuel, d'où le comportement de la préfète qui faisait comme si de rien était. Le professeur Rogue en était admiratif, après tout, elle semblait être meilleure espionne que lui. Quand il fût certain que le rouquin regardait dans l'autre direction pour sa surveillance, Severus s'approcha d'Hermione et la prit dans ses bras. Elle se laissa faire, sans protester et il en fut soulagé. Sans trop savoir pourquoi, il avait la sensation que c'était la dernière fois qu'il pourrait le faire. Peut-être était-ce à cause de son apparence. Il doutait que la jeune fille soit ravie de se retrouver face à son ancien professeur. Cette dernière sembla perplexe l'espace d'un instant, mais elle fini par se détendre :
- Retourne dans ton dortoir s'il te plaît...
- Non, mais je serais prudente. Et puis, on ne risque rien ici. En revanche...
Severus était toujours dans le dos d'Hermione, la serrant toujours contre lui, puis il lui caressa délicatement la joue en lui murmurant à l'oreille tout en lui coupant la parole :
- Tu es si jolie... Mais si exaspérante aussi !
- Et toi, tu es irrésistible, même invisible. Et plus grand aussi d'un coup j'ai l'impression...
- J'ai toujours été grand ! Dit-il alors, oubliant l'espace d'un instant qu'il était en effet devenu plus grand en quelques heures. Mais ne changes pas de sujet !
- Tu es tellement têtu Severus... Tu le sais ça ?
- Sainte mangouste qui se moque de...
Rogue ne pût finir sa phrase, sentant une brûlure intense à son bras gauche qui lui fît lâcher la lionne. Hermione se tourna comme pour voir l'homme invisible, ne comprenant pas ce qui se passait. Un appel était lancé aux mangemorts et la localisation de la réunion apparu dans l'esprit de ces derniers. Severus crut mourir sur place quand il vît Poudlard apparaître comme lieu de rendez-vous et il comprit alors que le danger arrivait vraiment. Sans plus attendre, il attrapa la main d'Hermione et lui dit rapidement, sur le ton le moins paniqué qu'il put employer :
- Hermione, tu dois partir, ils arrivent !
- Qui ça ? Demanda-t-elle inquiète.
- Les mangemorts arrivent ! Tire-toi avec Weasley ! Aller tous les deux à la bibliothèque, tu m'entends ! Allez-y et restez-y !
- Mais, pourquoi la...
Hermione ne put à son tour finir sa phrase, la porte de la salle sur demande ré-apparaissant et laissant place à un blondinet, suivit de près par des dizaines de personnes habillées en noir. Puis, tout alla très vite, un immense brouillard obscure les entoura, empêchant de voir quoi que ce soit. Les assaillants semblaient savoir qu'Hermione et Ronald étaient là et des sorts sifflèrent aux oreilles de Severus, qui les évita miraculeusement. Puis, très vite, il fut séparé d'Hermione et comprit que la guerre allait commencer pour de bon, dès ce soir.
Ayant perdu sa lionne, il ne lui restait plus qu'à trouver Albus. Avant cela, il appela Dobby pour que l'elfe prévienne les autres professeurs. Une fois ceci fait, il réfléchit à comment et où trouver le directeur. Puis, il se souvint que le seul endroit d'où ce dernier pouvait transplaner était la tour d'astronomie. C'était là-bas qu'il avait le plus de chance de le retrouver.
Jamais encore l'espion n'avait couru aussi vite. Les centaines de marches qu'il gravit n'eurent pas raison de lui, bien qu'il fût intimement persuadé qu'il allait moins vite avec ce corps d'une quarantaine d'année. Quand il arriva vers la tour la plus haute du château, il entendit du bruit. Il n'avait pas été le seul à avoir eu cette idée. Il décida donc de monter par les marches sud, moins empruntées.
Se faisant le plus discret possible, il entendit plusieurs voix. Drago était là-haut, avec sa tante, Bellatrix Lestrange, l'une des mangemorts les plus folles qu'il connaissait. Une fanatique prête à tout pour le lord noir. Il lui sembla entendre des ricanements de plusieurs autres mangemorts, et son sang se glaça quand il entendit enfin la voix de son père de cœur. Il accéléra son ascension et tomba sur le jeune Potter, qui semblait pétrifié devant la scène qu'il regardait en toute discrétion depuis la cage d'escalier. Quand le survivant vit Rogue, sa première réaction fut de le fixer avec surprise. Il n'était plus invisible et Harry put ainsi constater le vieillissement de ce dernier. Mais très vite, c'est du soulagement que Severus reconnu dans le regard de son élève. Potter voulut dire quelque chose, mais son professeur lui intima de se taire d'un simple geste de la main. Puis doucement, il gravit les dernières marches, se faisant alors accueillir par ses "collègues" mangemorts :
- Oh, bienvenue parmi nous Severus ! Ricana Bellatrix.
- Bon retour parmi nous plutôt, dit alors la voix de Lucius, caché derrière son masque blanc.
Ce qui se passait dans son sanctuaire aérien lui donna des frissons. Albus, plus vieux et plus affaibli que jamais était contre sa rambarde, désarmé et essayant vainement de parlementer avec le jeune Malfoy. Puis, ce fut comme un électrochoc et Severus sentit un flash douloureux dans son crâne, aussi rapide qu'un éclair, aussi douloureux qu'un cognard... Instinctivement, il serra les dents, empoigna alors sa baguette et regarda son élève avant de tourner la tête vers son père. Il vît, dans le regard du directeur, que ce dernier avait compris. Son fils se souvenait de tout. Severus se souvenait de sa promesse. Rogue se souvenait de... Sa mission :
- Severus... S'il te plaît... Implora le vieillard.
Le professeur Rogue pointa alors sa baguette sur son employeur et il vît dans les yeux de ce dernier une lueur de gratitude profonde, ainsi que des excuses silencieuses. Severus ne s'entendit pas murmurer les deux mots les plus lourd qu'il n'eut jamais prononcés, scellant ainsi son destin. Ce fut à peine s'il remarqua le filet de lumière verte sortir de sa baguette pour frapper de plein fouet l'homme le plus important de sa vie. Mais il comprit que tout était fini quand le corps sans vie du plus grand sorcier des temps modernes bascula par-dessus la rambarde pour tomber dans le vide, telle une poupée de chiffon.
Puis, il entendit le rire démoniaque de Lestrange, les hurlements de Potter, les sanglots pourtant discret de Drago, et tout parti à volo. La guerre avait commencé et c'était lui qui avait donné le coup d'envoi officielle de celle-ci.
Severus se retrouva à suivre le groupe de mangemort, machinalement, évitant facilement les sortilèges du jeune Potter, qui hurlait à tout va que leur professeur de DCFM avait tué le directeur. Dans les couloirs, des élèves et des professeurs étaient en plein combat contre les mages noirs restés en bas, mais cela ne les empêcha pas de crier leur stupeur et leur haine. Mais plus rien n'avait d'importance, à 37 ans, Severus avait tout perdu de nouveau. En retrouvant sa mémoire, il était devenu "le traitre".
Dans sa fuite, le professeur Rogue croisa la seule personne qu'il voulait à tout prix éviter. Hermione se battait avec acharnement et brio. Mais quand elle croisa son Félicis de nouveau plus âgé, qui plus est en compagnie d'une troupe de mangemorts et qu'elle entendit Harry, ses lèvres formèrent un simple "Severus...". Bellatrix pointa sa baguette contre la lionne, prête à lancer le sort de mort. Le sachant, le cœur de Severus rata un battement et dans un réflexe, pour le moins efficace cette fois, il lança en premier un sortilège contre son Amortentia. Hermione vola sur plusieurs mètres pour atteindre un mur avec violence. Elle eut des os brisés sous le choc, à n'en point douter, mais au moins, le filet de lumière verte de Lestrange frappa dans le vide. La folle semblait déçue, mais elle crut simplement que Severus avait été plus rapide dans le jeu du "blesser et tuer le plus d'innocent possible".
Rapidement, l'espion et les autres arrivèrent dehors. Il s'en fallut de peu pour que Lestrange ne blesse Potter et ce n'est qu'après lui avoir rappelé que le garçon était à "leur" maître, que cette dernière accepta de laisser la vie sauve à l'élu. Ce dernier d'ailleurs, non heureux que son ancien professeur le sauve, se leva et hurla :
- SECTUMSEMPRA !
D'un simple "protego", Severus dévia le sort et sentit en lui une profonde haine. Comment osait-il ?
- IL VOUS FAISAIT CONFIANCE. DUMBLEDORE VOUS FAISAIT CONFIANCE. VOUS N'ETES QU'UN LACHE !
- JE NE SUIS PAS UN LACHE, hurla alors Severus hors de lui avant de reprendre plus calmement, je ne suis pas... Un lâche...
- SECTUMSEMPRA, s'écria de nouveau Harry qui ne toucha pas sa cible.
- Comment osez-vous utiliser mes propres sorts contre moi ? Fini par dire Severus d'un ton doucereux, après avoir pétrifié le jeune homme d'un simple coup de baguette. Oui, je suis le prince de sang mêlé ! Et vous n'êtes rien qu'un minable gamin dont la célébrité lui est montée la tête. Vous n'êtes rien Potter !
Severus regarda le fils de Lily qui était maintenant immobile au sol, dans l'herbe verte du parc de Poudlard. Il se battait pour lui, ce garçon qui n'avait de cesse de l'insulter. Mais il se battait aussi pour elle, la furie qui malgré ses blessures arrivait en courant droit sur lui. Le visage déformé par la douleur, Hermione semblait prête à tout pour atteindre son professeur avant qu'il ne parte. Elle voulait sûrement l'arrêter afin qu'il se fasse juger pour son crime, ou tout simplement pour se venger du sort qu'il lui avait lancé. Mais il ne lui laissa pas le temps de venir à lui. Il se contenta de tourner les talons, le cœur et l'âme de nouveau en miettes, cette fois probablement pour de bon. Il l'entendit hurler son prénom, mais ne s'arrêta pas avant d'avoir atteint la zone de transplannage. Puis, après un dernier coup d'œil rapide sur ce qu'il avait perdu de plus cher, il disparut dans un pop sonore.
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Notes :
Ce chapitre aurait pu être sponsorisé par Klinex, mais non...
Mon petit cœur saigne, alors que c'est moi qui écrit.
J'espère que vous ne m'en voulez pas à mort ^^'
La suite arrive bientôt...
Commentaires de ma courgette et mes réponses :
Répliqua alors Severus sur un ton moqueur.(ce n'est pas très gentil !) Pas faux, mais en même temps, Severus n'a jamais eu la prétention d'être gentil XD Et encore moins celle d'être un Cyrano, ne l'oublions pas ! MDR
Tout ceci était vrai. (AH MERDE) Il sortait du coeur celui-là !
Puis, il se souvint que le seul endroit d'où ce dernier pouvait transplaner était la tour d'astronomie. C'était là-bas qu'il avait le plus de chance de le retrouver. (J'ai pas envie de lire la suite :'( ) Je t'avoue que je ne sais pas pourquoi je me suis infligée ça à moi-même... Enfin si, à cause de la suite de mes idées qui avaient besoin de coller avec le canon sur quelques points... Mais ça pique...
