Bonsoir.
Avant toute chose, je tiens à m'excuser pour le retard (un mois sans publier, oui ce n'est pas rien...) Ce chapitre aurait du être publié le 25 novembre mais à la date convenue, je n'avais pas du tout commencé à l'écrire. Que ce soit à cause de mon manque d'inspiration, des événements du 13 novembre ou de mon travail, je n'ai pas vraiment d'excuse valable alors... je m'excuse encore.
Merci en tout cas à tous pour vos reviews et je fais un petit coucou spécial à Daidaiiro30, à adenoide et à Clara82 pour leurs reviews anonymes.
Je n'en dis pas plus, on se retrouve en bas.
Bonne lecture !
Chapitre 13 : Telles des griffes acérées
Les jambes légèrement vacillantes, Harry quitta la grande salle puis arriva dans le couloir, suivi d'Alexandre.
La main sur sa cicatrice douloureuse, il vit le mage noir refermer les portes après lui puis se mit tant bien que mal en marche, tandis que le Mangemort lui faisait signe de continuer.
Sa tête lui tournait, ses membres tremblaient encore et la voix terrible du serpent lorsqu'il avait lancé les deux sortilèges résonnait dans sa tête.
Soudain, l'adolescent chancela et s'appuya contre le mur, le souffle court. Que venait-il exactement de se passer ?... lui même n'en était pas certain.
Il sentit la main du Mangemort sur son bras qui tentait de le soutenir mais, agacé, Harry le repoussa et lança d'une petite voix qu'il aurait voulu cassante :
« Je n'ai pas besoin de votre aide. »
Il ne voulait pas de l'aide d'un Mangemort. Celui-ci le lâcha alors et ils se remirent en marche.
Puis, une fois devant les escaliers et tandis que la douleur dans la cicatrice de l'adolescent s'estompait enfin, Alexandre prit la parole.
« Vous savez, tout se passerait bien mieux si vous arrêtiez de vous comporter ainsi. » dit-il doucement alors qu'ils descendaient les marches. « À long terme, le sortilège du Doloris peut produire des effets irréversibles sur votre corps. » ajouta-t-il.
Harry, qui s'aidait de la rampe pour descendre, se crispa alors d'avantage. Qu'aurait-il pu faire d'autre, à part se rebeller et refuser ce que lui avait demandé de faire Voldemort ? Il était facile pour le Mangemort de lui dire cela. Ce n'était pas lui qui était obligé d'accomplir des choses dont il n'avait absolument pas envie de faire ; le Mangemort avait le choix, Harry lui, ne l'avait pas. Peu importe son avis sur la question, l'adolescent serait bien obligé de se plier encore une fois à la volonté de Voldemort, et cela l'effrayait.
Puis, une fois en bas des escaliers, les deux sorciers se dirigèrent à droite et prirent le long couloir afin d'atteindre la porte du jardin.
Harry ne comprenait pas pourquoi Voldemort voulait qu'il fasse une telle chose. Pourquoi maintenant ? Et que voulait accomplir le mage noir en le laissant sortir du manoir ? Était-ce une nouvelle façon de l'embrigader dans ses rangs ?
Lorsqu'ils sortirent enfin dans le jardin, Alexandre passa devant et se dirigea comme d'habitude vers le terrain d'herbe coupée, suivi du Survivant. Au-dessus d'eux, les nuages se multipliaient et pas un rayon de soleil n'était visible. L'air était lourd, il allait bientôt y avoir un orage.
« Aujourd'hui, nous nous entraînerons à la défense. » annonça le Mangemort lorsqu'il s'arrêta en plein milieu du terrain.
Tel un automate, Harry s'arrêta lui aussi, la tête ailleurs.
« Harry Potter… Tu es bien obéissant, j'ai donc décidé de te confier une mission. » avait susurré le serpent d'une voix mielleuse.
Comment avait-il pu dire une telle chose ? Harry n'était pas obéissant ! Il avait peut-être accepté de recevoir l'enseignement du Mangemort mais il avait toujours refusé les propositions du serpent, et même encore aujourd'hui, il ne voulait en aucun cas lui obéir !
Puis, Alexandre sortit la baguette du Survivant de sa poche et la tendit à l'adolescent.
« Mr Potter ? »
Le concerné fut alors tiré de ses pensées pendant quelques secondes, prit sa baguette et recula de quelques mètres.
« Un serviteur que je pensais pourtant loyal m'a trahi. Il est du devoir de mes Mangemorts d'aller punir cet homme, comprends-tu ? »
« Mr Potter, êtes-vous avec moi ? » demanda Alexandre tandis que Harry remarquait qu'il était plus proche de lui qu'il y a quelques secondes.
L'adolescent le fixa alors et détailla son expression. Ses yeux bleus nuits le fixaient avec patience, ses sourcils étaient légèrement froncés et il le regardait comme s'il était une créature tout à fait intrigante.
« Oui. » répondit simplement Harry.
« Bien, commençons alors. » dit le Mangemort. « Reprenons l'exercice du bouclier que nous avons vu il y a quelques jours. » ajouta-t-il en reculant de quelques pas et en se mettant en garde.
Sans plus de cérémonie, Alexandre lança une dizaine de sortilèges en direction du Survivant afin qu'il les bloque avec un Protego. D'abord pris au dépourvu, Harry se concentra vite et tenta de réaliser l'exercice. De temps en temps, sa cicatrice l'élançait et ils étaient obligés de s'arrêter quelques secondes avant de reprendre. Mais le Mangemort ne disait rien et attendait simplement.
« Essayez de garder votre bouclier actif afin qu'il bloque deux sortilèges à la suite. » lui dit-il quelques minutes plus tard.
Harry, qui était déjà essoufflé, hocha alors la tête et tenta de s'exécuter. Après plusieurs tentatives, il réussit enfin à faire ce que le Mangemort lui avait demandé. Cependant, pour le mage noir, cela était loin d'être satisfaisant.
« Concentrez-vous. » dit-il justement d'une voix forte.
« Facile à dire… » pensa Harry.
Puis, après quelques minutes, le mage noir décida de passer à autre chose.
« Reprenons l'exercice du Tegen Aanval, voulez-vous ? »
Aussitôt et sans même pouvoir y faire quoi que ce soit, l'adolescent pensa aux paroles de Voldemort :
« Voyons Harry… tu étudies l'histoire des Sang-Pur, tu pratiques la magie noire et tu es à mon entière disposition… en quoi exactement n'es-tu pas un Mangemort ? »
« C'est faux ! » avait-il immédiatement répondu d'un air féroce. « Je… je ne suis pas un Mangemort et je ne le serais jamais ! Ne vous l'ai-je pas déjà dit ? Je ne rejoindrais jamais votre camp de… »
« ... Endoloris. Un Mangemort se doit de faire preuve de respect à l'égard de son maître. »
Il serra les poings, tenta de faire partir la voix du serpent de sa tête, en vain. Lorsque Voldemort lui avait annoncé qu'il irait punir un Mangemort infidèle, Harry avait bien sûr refusé. Pourquoi devrait-il aller accomplir une tâche que seuls les Mangemorts faisaient ? C'était absurde ! Il n'était pas l'un d'eux, comment Voldemort pouvait-il insinuer une telle chose ? Cependant, sa première tentative de rébellion s'était vite soldé par un Doloris et ce devant Pettigrew, Nott et Alexandre, à sa plus grande honte.
« Ne pouvons-nous pas nous entraîner encore un peu sur le Protego ? » lança Harry en direction du mage noir.
Celui-ci garda le silence pendant quelques secondes puis annonça d'une voix forte afin que le Survivant l'entende malgré la distance :
« C'est assez pour aujourd'hui. Faites ce que je vous ai dit. »
Encore une fois, Harry devait se taire et obéir.
L'exercice commença alors. Le Mangemort lança des sortilèges en direction de l'adolescent et après s'être retrouvé plusieurs fois attaché avec une corde ou avoir perdu sa baguette, Harry réussit enfin à lancer le sortilège qui fila directement en direction du mage noir.
Moins d'une seconde plus tard, le Mangemort avait déjà fait un pas de côté et le sortilège de désarmement qu'il avait lancé à l'adolescent passa à quelques centimètres de lui sans le toucher.
Impressionné par sa rapidité, Harry voulut ensuite savoir pourquoi il n'avait pas utilisé de bouclier pour s'en protéger.
« Il est très difficile de produire un bouclier assez puissant pour contrer ce sortilège. » expliqua-t-il d'une voix forte. « Le mieux est de l'éviter. » ajouta-t-il.
Puis, il se rapprocha de l'adolescent et annonça :
« Nous allons maintenant faire un duel. »
Harry hocha la tête, s'attendant à cela. Ils se mirent face à face, se retournèrent en même temps comme le mage noir lui avait appris, firent cinq grands pas puis se retournèrent à nouveau avant de saluer et de se mettre en garde. Alexandre exécuta ensuite son salut avec simplicité mais élégance tandis que l'adolescent, lui, s'inclina maladroitement et fit un mouvement peu gracieux de sa main avant de s'immobiliser et d'attendre le signal du mage noir.
Le premier sortilège fut lancé par Alexandre. Harry n'entendit pas clairement quel sortilège il avait utilisé mais réagit tout de même à temps et fit apparaître un bouclier, où le sortilège vint s'écraser. Cependant, le mage noir ne lui laissa pas le temps de contre-attaquer : une seconde à peine plus tard, un autre sortilège fila en direction du Survivant. Son bouclier ayant déjà disparu, il fit rapidement quelques pas de côté et évita le sort pour ensuite immédiatement lancer en direction du mage noir :
« Expulso ! Diffindo ! »
Cependant, le bouclier du mage noir le protégea des deux sortilèges.
Puis, l'attitude des deux sorciers changea. Le ciel se chargea d'avantage de nuages, le vent se leva et le brouhaha des oiseaux dans le parc avait diminué. Les sorciers, quant eux, se tournaient désormais autour et s'observaient afin de trouver le moment opportun pour lancer un nouveau sortilège, tandis que Harry, pour une raison qu'il ignorait, sentait petit à petit la colère monter en lui.
Sa haine à l'égard de Voldemort de la magie noire et des Mangemorts, son ennui, sa solitude, son angoisse ; tout cela le travaillait depuis beaucoup trop longtemps.
« Vous ne vous retenez pas. » observa le mage noir.
« Pourquoi, je devrais ? » lança aussitôt Harry d'un ton insolant.
Comme seule réponse, le mage noir se contenta de lancer :
« Silencio. »
Cependant, Harry était prêt. En moins d'une seconde, il créa un bouclier qui le protégea du sortilège. Un autre suivit et alla également se briser sur le bouclier qui disparut aussitôt.
« Bien. » commenta le mage noir.
« Expeliarmus ! » lança immédiatement le Survivant.
Son sort n'atteignit cependant pas sa cible. Le mage noir paraissait surpris de la nouvelle fureur qui semblait monter en l'adolescent mais ne fit aucun commentaire.
« Cessez de crier le sortilège que vous lancez. » lui ordonna-t-il à la place.
Puis, il lança un informulé en direction de l'adolescent qui l'évita et contre-attaqua aussitôt :
« Stupéfix. »
Encore une fois, le sortilège n'atteignit pas sa cible. Avant même que Harry n'eut finit de prononcer le sortilège, Alexandre créait déjà un bouclier. Comment pouvait-il alors le vaincre ?...
« Je vais maintenant utiliser le Tegen Aanval. Vous devez-… »
Le mage noir fut cependant interrompu lorsque l'adolescent lança, ignorant les paroles d'Alexandre :
« Expulso ! »
Agacé, le mage noir contra facilement le sortilège.
« Mr Potter, m'écoutez-vous ? » dit le Mangemort d'une voix pourtant patiente.
« Oui ! » répondit le Survivant.
« Utilisez un sortilège inoffensif pour commencer. » lui ordonna le mage noir.
Cependant, avant même qu'il n'eut finit sa phrase, le Survivant lança d'une voix forte, ne contrôlant plus sa colère :
« Incendio ! »
« Tegen Aanval. » prononça aussitôt le Mangemort.
Harry, d'abord surpris que le sortilège revienne vers lui, comprit alors ce que le mage noir lui avait demandé et tenta d'éviter le sortilège. Mais ce fut trop tard et tout se passa très vite. Le sort le percuta de plein fouet, il s'écrasa au sol et entendit simplement le mage noir crier son nom avant que ses vêtements ne s'embrasent et que des flammes apparaissent sur tout son corps.
La chaleur des flammes provoqua alors une douleur brûlante au Survivant, juste avant qu'il ne voit du coin de l'œil un autre sortilège arriver en plein sur lui. Il se demanda brièvement si c'était sa punition pour ne pas avoir écouté le mage noir, ferma les yeux et ne sentit plus rien.
« Ne vous ai-je pas demandé de m'écouter ? » entendit-il ensuite à quelques mètres de lui.
Surpris, Harry rouvrit les yeux et vit les flammes qui brûlaient toujours sur lui.
« Je… je ne sens rien… » dit-il alors d'une voix ébahie.
Il se mit assis, observa le mage noir qui venait rapidement vers lui et le vit une nouvelle fois lancer un sortilège en sa direction, qui fit disparaître les flammes.
« Quel est ce sortilège ? » demanda-t-il au Mangemort avant de remarquer son expression sévère.
« Un sortilège de gèle flamme. » dit-il aussitôt. « Relevez-vous. » lui ordonna-t-il ensuite.
Voyant pour la première fois le mage noir en colère, Harry obtempéra en silence.
« Êtes-vous blessé ? » s'enquit Alexandre d'une voix toujours aussi sèche.
« Non. » répondit l'adolescent.
Et Harry jugea qu'il devait s'en estimer heureux. Son pull noir sentait le roussi et quelques petits trous faits par les flammes parsemaient ça et là le tissu mais du reste, il allait bien. Il s'attendit alors à ce que le mage noir le réprimande ou le punisse mais il n'en fit rien. À la place, il remit la baguette de l'adolescent – qui était tombée par terre - dans sa poche puis annonça :
« C'est tout pour aujourd'hui. »
Alors, sans plus de cérémonie, il raccompagna le Survivant dans sa chambre.
Le trajet se fit en silence. Une fois de retour dans le manoir, ils traversèrent les longs couloirs jusqu'au hall d'entrée et lorsqu'ils arrivèrent devant les escaliers en bois sombre, la cicatrice du Survivant lui fit à nouveau mal. Toujours sans un mot, ils montèrent les marches, arrivèrent dans un nouveau couloir, prirent à droite et atteignirent la chambre de l'adolescent.
Puis, Harry y rentra, la porte se referma sur lui, le bruit de la serrure se fit entendre et il se retrouva seul.
Le soir, lorsque Sam apparut dans la pièce et apporta le dîner du sorcier, celui-ci, dont la cicatrice l'avait fait souffrir durant toute la fin d'après-midi, demanda à l'elfe de maison s'il pouvait avoir une potion anti-douleur.
Sami disparut aussitôt puis revint quelques minutes plus tard avec une petite fiole qu'il tendit au Survivant.
« Severus Snape l'a donné à Sam. » dit-il.
Harry fut d'abord surpris qu'il mentionne son professeur puis pensa aussitôt que le Mangemort était – pour une fois – bien aimable de lui donner ce qu'il voulait.
« J'aurais dû demander une potion de sommeil-sans-rêve. » se dit-il également.
Puis, l'elfe disparut à nouveau.
Dans la soirée, l'adolescent tenta de s'occuper l'esprit en lisant, en dessinant et en écrivant ce qui lui passait par la tête… en vain. Il tenta même de s'exercer à l'Occlumancie, sans résultat évidemment. La potion anti-douleur heureusement le soulagea quelque peu, mais il ne pouvait s'empêcher de penser à l'entrevue avec Voldemort.
« Si tu me satisfait, tu seras récompensé. Sinon, tu seras puni. Ma patience a des limites, Harry Potter. »
L'adolescent ne comprenait pas encore en quoi la ''mission'' que lui avait donné le mage noir consisterait, mais il se doutait qu'il serait encore une fois obligé de se plier à la volonté de Voldemort, au risque d'être puni. Tout ce qu'il savait jusque-là, c'était qu'il partirait avec Nott et Alexandre afin de trouver et de punir un Mangemort infidèle. Mais que serait-t-il obligé de faire ? Comment punissait-on un homme qui avait déçu Voldemort ? En le torturant, en le tuant ?...
Le Survivant, même sous la menace, ne pouvait faire cela. En fait, la chose le terrifiait. Car plus il obéissait à Voldemort et plus il avait l'impression que l'emprise qu'il exerçait sur lui se refermait, telles des griffes acérées plantées dans sa chair.
Et s'il n'obéissait pas ? Et si, quand le moment serait venu, il refusait de participer à la ''punition'' du Mangemort ? Car même si l'homme s'avérait être du côté de Voldemort, jamais Harry ne voudrait lui faire de mal. D'ailleurs, il ne voulait faire de mal à personne. La vie avait été plutôt ingrate pour lui, il avait perdu ses parents lorsqu'il n'était qu'un nourrisson, avait été obligé de vivre avec son affreux oncle et son affreuse tante – sans oublier l'affreux cousin – et avait failli mourir plus d'une fois mais malgré cela, le sorcier ne pouvait se résoudre à faire souffrir d'autres personnes. Beaucoup le méritait, certes, mais il ne voulait pas devenir ce genre de sorcier.
Le seul qui méritait vraiment de souffrir et de mourrir, selon lui, c'était Voldemort. Car il était le seul responsable de ce qu'était devenue la vie de Harry Potter.
Enfin, alors que le soleil était déjà couché depuis longtemps et que la lune, en partie cachée par des nuages épais éclairait faiblement la chambre du sorcier, il se décida à aller se coucher.
Avant de s'endormir, il tenta de vider son esprit comme le livre l'indiquait, tourna et retourna dans son lit, pensa sans cesse aux paroles de Voldemort et à ce qu'elles signifiaient puis, exténué, ferma finalement les yeux et s'endormit.
Cependant, à peine cinq ou six heures plus tard Harry se réveilla brusquement, haletant et en sueur : il venait, encore une fois, de faire un cauchemar.
N'ayant pas beaucoup dormi, l'adolescent resta donc une grande partie de sa matinée au lit, à réfléchir encore et encore sur ce qu'il devrait faire le lendemain.
Lorsque Sam vint lui apporter son petit déjeuner - et tout comme la veille, Harry n'y toucha pas. Sa seule activité de la matinée fut donc d'aller prendre une douche et de s'habiller avec les vêtements désespérément noirs que lui apportait l'elfe de maison.
Puis, lorsque l'adolescent retourna dans la chambre, il se dit soudain :
« Et si j'arrivais à m'enfuir ? »
Jusque-là, le sorcier n'avait vu que les aspects négatifs de l'expédition. Cependant, il allait sortir du manoir, peut-être pourrait-il alors tenter quelque chose…
Mais il pensa aussitôt que c'était impossible. Il serait accompagné de deux Mangemorts, Alexandre et Nott. Alexandre était déjà beaucoup trop fort pour tenter quoi que ce soit, le mage noir le prouvait suffisamment lors des duels qu'il faisait avec le Survivant. Couplé d'un autre Mangemort, Nott soit-il, Harry n'avait aucune chance de s'enfuir et il le savait.
« Mais si je les prends par surprise ? » se dit-il à nouveau tandis qu'il s'installait tel un automate à la fenêtre. « Et puis, peut-être qu'à un moment donné, ils se sépareront… »
Malheureusement, il n'avait aucune conviction en ses pensées. Le risque était d'abord trop grand : s'il ratait son coup, il serait emmené à Voldemort et celui-ci le punirait. Le Survivant ne savait pas exactement en quoi consisterait la chose mais il n'avait pas envie de le savoir. De temps en temps, le sorcier se souvenait combien il avait souffert lorsque le mage noir lui avait lancé plusieurs Doloris, tandis qu'il se tordait de douleur sur la grande table en bois. Et à chaque fois qu'il s'en rappelait, Harry se promettait de tout faire pour ne plus jamais subir la même chose.
Il avait donc été surpris lorsque le mage noir lui avait lancé deux Doloris, alors qu'il n'avait pas été plus insolant que d'habitude. En fait, à ce moment-là et même s'il ne voulait pas se l'avouer, Harry avait eu peur de Voldemort. Bien sûr, il avait déjà eu peur de lui, comme lors de la fameuse nuit du cimetière et dans tous les cauchemars qu'il avait fait.
Mais il n'avait jamais eu peur de cette façon. Cette fois-là, le regard rouge sang du serpent avant qu'il ne lui lance le deuxième Doloris l'avait plus que jamais terrifié. Alors qu'il avait tenté de contenir ses cris sur le parquet froid de la pièce tandis que Pettigrew avait gloussé, que Nott avait semblé se ravir du spectacle et que Voldemort l'avait fixé cruellement, Harry avait soudain pensé qu'il ne devait plus jamais se rebeller contre le mage noir, que sa colère était épouvantable et qu'il ne voulait plus jamais souffrir.
Ainsi, lorsqu'Alexandre l'avait relevé, le Survivant, comme pétrifié de peur, n'avait plus dit un mot.
Cependant, désormais assis à la fenêtre, l'adolescent se détesta d'avoir pensé ainsi. Il ne devait pas succomber à la peur face à Voldemort, ni devant qui que ce soit d'ailleurs. Car la peur, la vraie peur, qui le vidait de tous ses moyens et lui ôtait toute lucidité, était effroyable.
Aux environ de quatorze heures – et alors que Harry n'avait à peine touché à son déjeuner, la porte de la chambre s'ouvrit et Alexandre pénétra dans la pièce.
Sans plus de cérémonie, il dit à l'adolescent d'aller s'asseoir et le cours commença.
Pendant que la mage noir déblatérait sur une quelconque famille de Sang-Pur, Harry remarqua que le mage noir – malgré ce qu'il aurait pu penser – ne paraissait en aucun cas rancunier quant au jour précédent et se comportait normalement, comme il l'avait toujours fait.
Alors, l'adolescent - qui n'était guère attentif à ce que pouvait bien lui dire le Mangemort, se demanda pourquoi l'homme avait rejoint les rangs de Voldemort. Car le sorcier, qui en ce moment même semblait passionné par ce qu'il disait – si Harry avait bien suivi, il était désormais question d'un de ses voyages en Roumanie, un pays qui avait jadis regorgé de Sang-Pur - ressemblait à tout sauf à un Mangemort. Il n'était pas particulièrement attaché à la couleur noire puisqu'il portait des vêtements bleus marines - certes sombres mais pas noir, au contraire de Snape par exemple, était assez jeune, ne reprenait jamais l'adolescent lorsqu'il prononçait le nom de son maître – et cela, Harry l'avait dit un bon nombre de fois – et ne désirait pas particulièrement lui faire du mal, ou même dire du mal de lui, au contraire de tous les Mangemort que Harry avait croisé – dont Snape.
« Mais il est sans doute un peu dérangé… » se dit soudain l'adolescent lorsqu'il réalisa que le sorcier le fixait sans un mot.
« Avez-vous des questions ? » demanda-t-il ensuite d'un air presque amusé.
« Et moins agressif que les autres, peut-être ? » pensa distraitement Harry. Car c'était vrai, le mage noir n'avait jamais cherché à lui faire mal volontairement et était plutôt aimable et respectueux envers lui, ce qui était une énigme pour l'adolescent. Comment un Mangemort pouvait-il être gentil ?...
Mais l'adolescent se doutait que le mage noir n'était certainement pas aussi innocent qu'il le laissait voir. Il lui suffisait simplement de connaître ses motivations...
« Pourquoi avez-vous rejoint Voldemort ? » demanda alors le Survivant, avant même de ne réaliser ce qu'il disait.
Alexandre parut surpris par les paroles de l'adolescent mais se reprit bien vite et observa simplement :
« Vous n'avez rien écouté au cours, n'est-ce pas ? »
Mais il ne se fâcha pas. Harry quant à lui, ne répondit rien.
Il y eut alors un petit silence durant lequel le mage noir sembla réfléchir. Puis, lentement et à la plus grande surprise du jeune sorcier, il déclara :
« Comme je voulais participer à la guerre qui se prépare, j'ai choisi le camp avec lequel mes idées étaient le plus en accord et dont je crois en la victoire. »
« Vous pensez que Voldemort va gagner ? » releva aussitôt le Survivant.
Le Mangemort ne répondit rien.
« Mais vous l'avez en partie rejoint pour être du côté des vainqueurs, non ? » demanda Harry d'une voix légèrement accusatrice.
Car pour lui, la question ne se posait pas. Peu importe si Voldemort gagnait, l'adolescent ne pourrait jamais se résoudre à le rejoindre.
« Être du côté des perdants n'apportera jamais rien. » dit simplement le Mangemort.
Harry ne fut pas surpris par sa réponse.
« Vous, vous étiez à Serpentard non ? » lança-t-il d'une voix mi amusée mi amère.
« Je ne suis jamais allé à Poudlard. » répondit tranquillement Alexandre.
« … Ah. » fut tout ce que l'adolescent trouva à dire.
Pour la première fois, Harry avait une conversation normale avec le Mangemort et voilà qu'il venait de tout gâcher…
« J'ai étudié avec ma grand-mère. » continua toutefois le mage noir, à la plus grande surprise du Survivant. « Au début, elle ne s'intéressait pas beaucoup à moi, mais la donne changea lorsqu'elle réalisa que… nous étions pareils. »
« Que vous étiez pareil ? » répéta l'adolescent, intrigué par les dires d'Alexandre.
Mais il ne s'expliqua pas et préféra continuer.
« Lors de mes dix ans, elle m'a donc pris en apprentissage et m'a enseigné tout ce qu'elle savait. » dit-il calmement.
« C'est dommage, Poudlard est une école géniale. » intervint le Survivant tandis que de brèves images du château et de sa vie là-bas lui revenaient en mémoire.
« Oui, j'aurais aimé y aller. » dit simplement le Mangemort d'un air énigmatique.
Profitant de la soudaine ambiance amicale qui s'était installée sur la petite chambre, Harry ne put s'empêcher de demander :
« En quoi consistera la mission de demain ? »
Curieusement, le mage noir ne fut pas surpris par sa question.
« Que vais-je devoir faire ? » continua l'adolescent en fixant le sorcier.
Car Harry avait besoin de savoir. S'il était simplement question de trouver un homme en fuite, l'adolescent le ferait sans problème. Mais s'il fallait utiliser sa magie contre un homme, s'il fallait le punir en le faisant souffrir ou pire s'il fallait le tuer, Harry n'en serait jamais capable.
« Je ne suis pas autorisé à vous le dire. » répondit le mage noir après quelques secondes de silence.
« Evidemment… » se dit l'adolescent, aussitôt déçu.
Puis, d'un coup de baguette, Alexandre rangea le livre dont il s'était servi pour faire son cours, jeta au passage un coup d'œil à la fenêtre et déclara :
« C'est tout pour aujourd'hui. »
Il passa devant le bureau où était toujours assis l'adolescent, se dirigea vers la porte tandis que Harry se levait et ajouta avant de quitter la pièce :
« Je viendrai vous chercher demain en début d'après-midi. »
Alors, la porte se referma, le Survivant poussa un long soupir, rangea ses parchemins et alla, comme à son habitude, s'asseoir à la fenêtre.
Dehors, une pluie torrentielle s'abattit soudain sur la colline et l'orage éclata enfin.
Le lendemain à Poudlard, les Gryffondors et Serpentards de cinquième année s'asseyaient en bavardant à leurs plans de travail respectifs tandis que le professeur, de sa démarche peu assurée couplée de son expression craintive se dirigeait vers le bureau.
Devant le brouhaha des élèves, il se racla la gorge, attendit, se racla une nouvelle fois la gorge puis compris finalement que cela ne marchait pas. Parmi ses élèves, une seule ne discutait pas et attendait en silence que le cours commence.
Le professeur essaya alors une autre méthode. Il prit sa baguette, faisant taire quelques élèves mais au lieu de lancer un sortilège, tapa trois coups sur son bureau afin d'instaurer le silence. Certains élèves se turent, quelques-uns se mirent à chuchoter, sûrement pour se moquer une énième fois de leur professeur.
Hermione, agacée, soupira alors et tira sur le vêtement de son ami qui discutait joyeusement de Quidditch avec Dean Thomas.
« Qu'est-ce qu'il y a Hermione ? » demanda le rouquin.
La sorcière d'un geste de la tête lui montra alors le professeur qui tentait toujours d'imposer le silence dans sa classe.
« Oh… » lâcha alors Ron. « Quel simplet ce prof ! » ajouta-t-il en le regardant taper sur le bureau de sa baguette tandis que son amie roulait des yeux.
Cependant, Hermione était totalement d'accord avec le rouquin. Mr Vermeille, leur professeur ou plutôt remplaçant en Potions était une calamité. Il était mou, se répétait sans cesse, n'avait aucune confiance en lui et semblait constamment perdu. Il n'était donc pas étonnant que la moitié des élèves de Poudlard en profite.
Hermione en venait presque à regretter Snape…
« Heureusement que dans une semaine il n'est plus là… » lança-t-elle en grimaçant tandis que celui-ci croisait les bras d'un air outré devant sa classe.
« Tu plaisantes ? Il est génial ce prof ! » ria son ami. « Snape est bien où il est, moi je l'adore ce monsieur Vermeille ! »
« Monsieur Merveille tu veux dire ! » lança Seamus, quelques tables plus loin.
Aussitôt, toute la classe se mit à rire.
« Taisez-vous ! » vociféra le concerné.
Cependant, avec sa petite voix et son expression outrée, ses paroles eurent l'effet inverse et la classe éclata à nouveau de rire.
« Je te rappelle que Snape est avec Harry, et Dumbledore a dit qu'il serait à Poudlard dans moins d'une semaine. » lança Hermione tandis qu'elle croisait les bras. « Ce professeur est une calamité, on apprend rien et nous avons nos BUSE en fin d'année ! » ajouta-t-elle d'une voix furieuse. « Avec Ombrage, ça fait deux matières où l'on apprend rien pour les examens. »
À l'évocation de Harry cependant, Ron avait déjà perdu un peu de son entrain.
« Tu es sûre de ce que tu dis ? » demanda-t-il à la sorcière.
« Le professeur McGonagall me l'a dit en personne, hier au dîner. » acquiesça Hermione.
« Ah ? Elle est venue te parler ? Je ne l'ai pas vu... » dit le sorcier en fronçant les sourcils.
« C'est normal, tu étais bien trop occupé à te goinfrer ! » l'accusa son amie.
« Je mange quand je suis anxieux ! » se défendit aussitôt le rouquin.
Hermione, fatiguée de constamment se disputer avec l'adolescent, soupira simplement et n'ajouta rien de plus. Depuis qu'ils étaient à Poudlard, ils n'arrêtaient pas de se disputer ; tantôt au sujet de Harry, tantôt sur les cours, sur Snape ou bien sur des choses sans importances, comme le jour précédent où la sorcière avait insinué qu'il ne se faisait pas vraiment de soucis pour Harry, alors qu'il riait avec Seamus. Bien sûr, elle savait que ce n'était pas le cas. Ron s'inquiétait pour son meilleur ami, tout autant que la sorcière mais simplement d'une autre manière.
Cependant, pour Hermione, tout allait mal. Les rumeurs sur le retour de Voldemort avaient vite été étouffées par Ombrage et la jeune sorcière surprenait parfois des élèves à dire du mal sur Harry et Dumbledore, ce qu'elle ne supportait pas. Evidemment, ils ne pouvaient pas savoir ce qui était arrivé à Harry, Dumbledore leur avait d'ailleurs déconseillé d'en parler à qui que ce soit.
Au début, ses dires s'étaient rependus dans toute l'école et de nombreux élèves étaient venus la voir afin de confirmer la rumeur. Cependant, quelques jours plus tard, Ombrage avait vivement démenti l'affaire et avait ajouté que quiconque mentionnerait Voldemort serait puni, mettant ainsi fin aux discussions.
Les journaux, lus par de nombreux élèves, continuaient également de ridiculiser Harry et Dumbledore – qui était d'ailleurs très peu souvent présent aux repas dans la Grande Salle, il était donc désormais très difficile pour les deux amis de démentir les dires de leur nouveau professeur de DCFM.
Heureusement, certains ne pouvaient se résoudre à dire du mal sur Harry Potter, notamment dans la maison Gryffondor – au contraire des Serpentards qui ne s'en privaient pas – et le professeur McGonagall, ainsi que Mme Pomfresh, qui leur apportaient toutes deux leur soutien et qui étaient d'une grande aide face à Ombrage. D'ailleurs, tout comme plus de la moitié des élèves de Poudlard, elles ne pouvaient supporter cette femme au visage de crapaud qui profitait un peu trop de l'absence de Dumbledore pour dicter sa loi.
Soudain, la sorcière fut tirée de ses pensées lorsqu'elle réalisa que le silence était enfin tombé sur la classe.
« Bien. Nous pouvons commencer le cours. » lança Mr Vermeille d'un air satisfait alors que vingt minutes s'étaient déjà écoulées.
« Je me demande si les professeurs du Ministère sont tous comme ça. » chuchota Ron à son amie.
En effet, avec lui et Ombrage, ils avaient de quoi faire… car étant donné que Dumbledore était bien trop occupé pour s'occuper de l'école, il n'avait pas vraiment eu le temps de trouver un remplaçant en potion un tant soit peu convenable. Saisissant l'occasion d'accroître l'influence du Ministère à Poudlard, Ombrage s'était donc dépêché de trouver un professeur qui partageait les idées du ministre. Cependant et même s'il pouvait parfois s'exprimer et dire des choses censées – Hermione avait lu une interview de l'homme dans la Gazette, tout à fait différent du professeur qu'ils connaissaient - Mr Vermeille, face à une vingtaine d'élèves, perdait tous ses moyens.
Si la chose avait été drôle au début, le cours de Potions avait vite dégénéré et désormais, Hermione, ainsi que les quelques élèves sérieux qui peuplaient l'école, n'en pouvaient plus. Il y avait eu quelques réclamations, notamment vers le professeur McGonagall, mais elle ne pouvait malheureusement rien y faire. Seule Dolores Ombrage avait le pouvoir de le renvoyer et même si certains élèves lui avait fait remarquer l'incapacité de l'homme à enseigner, la sorcière n'avait apparemment aucune intention de faire quelque chose.
Heureusement, dans une semaine, Snape revenait à Poudlard… du moins c'était ce que leur avait dit le directeur. Pouvait-on alors en déduire que Harry reviendrait lui aussi ? Cela, le vieux sorcier ne leur avait pas dit. Lorsque Ron, deux jours plus tôt et tandis qu'ils avaient été appelés dans le bureau de Dumbledore lui avait demandé des nouvelles de leur ami, le directeur leur avait simplement dit qu'il allait bien et que le professeur Snape lui apprenait à se défendre contre les attaques mentales de Voldemort.
Cependant, lorsqu'il avait été question de fixer une date quant au retour de Harry, celui-ci n'avait rien pu leur dire. Peut-être parce qu'il ne savait pas, peut-être parce qu'il avait peur que les deux adolescents le répètent… cela, Hermione n'aurait pas su le dire.
Soudain, quelqu'un frappa à la porte et tous les élèves se retournèrent en direction du nouvel arrivant, tandis que Mr Vermeille tentait tant bien que mal de leur expliquer les bienfaits de la potion de force – et bien sûr, ils ne la prépareraient pas ; ordres de Dolores Ombrage.
Hermione sortit alors une nouvelle fois de ses pensées et vit Dobby qui se dirigeait à grand pas vers eux.
« Que se passe-t-il ? Qui êtes-vous ? » s'exclama Mr Vermeille.
« Dumbledore envoit Dobby chercher Hermione Granger et Ron Weasley. » dit l'elfe tandis que des murmures curieux s'élevaient dans la classe. « C'est à propos de Harry Potter ! »
Aussitôt, les murmures s'intensifièrent.
« Ils ont retrouvé Harry Potter. » lança Draco Malfoy tandis que les deux adolescents rangeaient leurs affaires. « Il était caché sous son lit ! » ajouta le Serpentard, faisant rire la classe.
« Très drôle Malfoy. » attaqua aussitôt Ron en se levant.
Cependant, avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit d'autre, Hermione mit sa main sur son épaule et lui intima du regard de ne rien dire. Si Ron était déterminé à répondre à chaque fois que quelqu'un disait du mal de leur ami, la sorcière n'était pas de cet avis. Pour elle, il était plus judicieux d'ignorer plutôt que de se lancer dans une dispute stérile, même si tout cela l'agassait fortement elle aussi. Et de plus, dans le cas présent, ce n'était pas le moment.
Les deux adolescents suivirent alors l'elfe de maison tandis que Malfoy discutait vivement de Harry avec d'autres Serpentards.
« Attendez ! » lança Mr Vermeille en courant presque vers eux. « Où allez-vous ? Personne ne m'a prévenu ! »
« Le directeur nous convoque dans son bureau. » expliqua la sorcière d'une voix patiente. « Nous reviendrons peut-être en fin de-… »
Elle fut interrompue lorsque Ron lui mit un petit coup de coude dans le bras. Il lui lança un regard et secoua légèrement la tête. Le message était clair : il n'avait pas l'intention de revenir en cours et ce, même si Dumbledore les libérait avant la sonnerie.
« Au revoir monsieur ! » dit joyeusement le rouquin avant de prendre le bras de son amie et de quitter la salle de classe, suivi de l'elfe de maison.
La porte se referma alors sur eux et ils entendirent vaguement leur professeur vociférer des mots incompréhensibles.
« Ron ! » s'exclama la sorcière tandis qu'ils se dirigeaient vers le bureau de Dumbledore.
« Eh bien quoi ? »
« Ce n'était pas très… » commença-t-elle.
Cependant, elle ne finit pas sa phrase. Ce n'était pas très poli mais tant pis. Malgré ses principes, Hermione avait parfois du mal à respecter un adulte, surtout s'il s'agissait d'Ombrage ou de leur médiocre professeur de potion…
« Que se passe-t-il Dobby ? » demanda Ron à l'elfe, qui marchait à côté d'eux.
« Dumbledore est revenu à Poudlard et veut voir Hermione Granger et Ron Weasley. Severus Snape est avec lui, c'est tout ce que Dobby sait. » répondit-il.
Aussitôt, Ron lança un regard méfiant à son amie.
« Snape ? » lui dit-il tout bas. « Il est de nouveau ici ? »
« Apparemment… » dit-elle. « Peut-être a-t-il quelque chose à nous dire sur Harry… » ajouta simplement la sorcière.
Ils montèrent les escaliers des donjons puis traversèrent les couloirs de Poudlard afin de se diriger vers la tour où était située le bureau de Dumbledore. Cela faisait une semaine – depuis leur arrivée en catastrophe à Poudlard – que les adolescents n'avaient pas vu le sorcier et ils se demandaient ce qu'il pouvait bien avoir à leur dire.
En effet, toutes les informations qu'ils avaient reçu leur avait été communiqué par le professeur McGonagall, notamment pour prendre des nouvelles de Mme Weasley, Sirius, Remus et Tonks après l'attaque des Mangemorts à Grimmauld Place. Pour le reste, il leur avait été dit que le professeur Snape était venu à Poudlard mais était tout de suite reparti après la réunion avec le directeur. Les deux adolescents avaient donc simplement appris que Harry allait bien, du moins selon le Mangemort.
Après quelques minutes, ils arrivèrent enfin devant la gargouille qui gardait l'entrée du bureau de Dumbledore. Sans même prononcer un mot, celle-ci tourna sur elle-même et dévoila les escaliers en colimaçon qui menaient au bureau.
« Dobby doit vous laisser ici. » lança l'elfe de maison tandis que les deux adolescents commençaient à monter les marches.
« Merci Dobby. » dit simplement Ron avant que la gargouille ne se referme sur eux.
Toujours en silence, les deux adolescents montèrent les escaliers puis arrivèrent devant la porte du bureau qui était légèrement entrouverte.
« Je ne sais pas où le Seigneur des Ténèbres l'a envoyé mais… » entendit Hermione avant que Ron ne frappe à la porte.
« Entrez mes enfants. » dit Dumbledore avant qu'ils ne s'exécutent.
Ron, suivi de son amie, poussèrent alors la porte et arrivèrent dans la grande pièce circulaire pleine de vieilleries, d'étagères remplies de livres et de bizarreries en tout genre. Sur les murs, quelques portraits des directeurs de Poudlard saluèrent les adolescents, d'autres ne leur accordèrent même pas un regard. Près de la porte, Fumseck le Phoenix du vieux sorcier se lavait les plumes et au centre de la pièce trônait le bureau de Dumbledore, auquel il était assis. Enfin, un peu en retrait, le professeur Snape, habillé tout de noir – comme à son habitude, fixaient les deux adolescents d'un air dédaigneux.
« Bonjour professeurs. » lança Hermione en saluant le maître des potions puis le directeur. « Vous nous avez appelé ? »
« En effet. » répondit tranquillement le vieux sorcier tandis qu'il remuait son thé. « Le professeur Snape m'amène des nouvelles de Harry. »
Aussitôt, les deux adolescents se tournèrent vers le concerné qui se contenta de lancer un regard agacé au directeur. Derrière son masque impénétrable, Hermione remarqua les cernes sous les yeux du Mangemort ainsi que son teint encore plus pâle que d'habitude.
« Comment va Harry ? » demanda Ron.
« Professeur. » ajouta Hermione, récoltant au passage un regard plein de sous-entendus du rouquin.
Il y eut un petit silence de quelques secondes durant lequel seul le bruit que faisait Fumseck en se déplaçant sur son perchoir se fit entendre. Puis, le maître des potions se décida à répondre.
« Aussi bien que la situation l'exige. » dit-il d'une voix traînante.
Aussitôt, Hermione interpréta ses paroles. Elle ne mit pas bien longtemps à deviner que malgré ce que leur avait dit Dumbledore, leur ami n'allait pas si bien que cela. Du moins pas autant qu'ils auraient pu le croire.
« Attendez, que voulez-vous dire ? » lança Ron en regardant tour à tour le Mangemort puis Dumbledore, qui buvait en silence son thé.
Le maître des potions se contenta de lever un sourcil dans une expression dédaigneuse dont lui seul avait le secret et ne répondit pas, ce qui évidemment agaça le rouquin.
« Va-t-il bien oui ou non ? » demanda-t-il d'une voix plus forte.
« Ron… » tenta Hermione, sachant que le professeur de potion n'apprécierait certainement pas que l'on lui parle ainsi.
Même si elle pensait secrètement que le Mangemort était un homme abject… et cela, il l'avait prouvé bon nombre de fois lorsqu'il s'était chaque année acharné sur Harry et tous les autres élèves en général qui n'étaient pas à Serpentard.
« Je vous conseille de baisser d'un ton, Mr Weasley. » dit-il justement d'une voix menaçante.
« Allons, allons. Ne nous fâchons pas. » intervint Dumbledore en reposant tranquillement sa tasse de thé, empêchant Ron de répliquer. « La raison pour laquelle je vous ai convoqué est pour vous annoncer que l'Ordre va bientôt aller sauver Harry. » ajouta-t-il calmement.
Immédiatement, les deux adolescents se regardèrent et se firent un sourire rempli de joie. Leur ami allait enfin être secouru !
« T'entends ça Hermione ? Harry va revenir ! » s'exclama le rouquin à l'intention de la jeune sorcière, qui sourit plus encore, sentant un profond soulagement l'envahir. « Dans combien de temps l'Ordre va-t-il aller le sauver ? » demanda-t-il ensuite à l'intention du directeur.
« Dans six jours. » répondit calmement le vieux sorcier.
Les deux adolescents perdirent peu à peu leur sourire.
« Tant que ça ? » lança le rouquin, déçu, tandis que Hermione jetait un coup d'œil au maître des potions qui faisait mine de ne pas être concerné par la conversation.
« Hélas, j'en ai bien peur Mr Weasley. » répondit Dumbledore d'une voix désolée. « Mais quand le moment sera venu, l'Ordre et moi-même seront prêts et le jeune Harry sera définitivement sauvé des griffes de Voldemort. » ajouta-t-il d'une voix solennelle, faisant tiquer le Mangemort qui était resté silencieux jusque-là.
« L'Ordre va attaquer Vous-Savez-Qui ? » ne put s'empêcher de demander Hermione.
À ses mots, le silence se fit. Ron lui lança un regard interrogatif puis reporta son attention sur le directeur. Hermione, quant à elle, prit ce silence comme une réponse à sa question. Ainsi, ils étaient bel et bien en guerre contre le Seigneur des Ténèbres.
« Hélas Miss Granger, je ne peux vous en dire plus. » répondit finalement Dumbledore après avoir lancé un coup d'œil à Snape, qui le fixait de son expression indéchiffrable.
« Vous pouvez nous le dire professeur, nous ne le répéterons pas... » lança Ron avant d'être interrompu lorsque son amie mit sa main sur son épaule et lui lança un regard avisé.
« Oh, loin de moi cette idée. » dit simplement le vieux sorcier d'une voix amusée.
« Nous comprenons. » intervint Hermione. « Merci professeur. »
Comme seule réponse, Dumbledore hocha tranquillement la tête.
« Dobby vous attend en bas. Il vous raccompagnera dans votre salle de classe. » dit-il ensuite en se levant et en escortant les deux sorciers vers la porte, tandis que Ron faisait une légère grimace.
Ils sortirent alors du bureau et la porte se referma sur eux. Toutefois, avant qu'elle ne se ferme complètement, Hermione entendit la voix du Mangemort qui demanda d'un ton intrigué à son interlocuteur :
« Pourquoi leur en dire autant ? »
Elle n'entendit cependant pas la réponse du vieux sorcier et suivit Ron dans les escaliers, tandis qu'elle réfléchissait déjà à ce qu'elle venait d'entendre...
Et hop ! Fin du 13ème chapitre.
Vous l'aurez compris, toute l'action se déroulera dans le prochain.
Sur ce, à bientôt et Joyeux Noël bien sûr !
