Hello !

Pour une fois, je ne publie pas (trop) tard, c'est plutôt pas mal non ?

Merci à tous pour vos reviews, je suis très heureuse de voir que malgré la petite pause (qui aura duré un mois), des personnes suivent toujours avec intérêt la fiction !

Sans plus tarder, voici voilà le chapitre 14...

Bonne lecture !


Chapitre 14 : La mission


Il faisait nuit et pas un chat ne rodait dehors.

Sous la lumière éclatante de la pleine lune, une pluie fine s'abattait depuis plusieurs heures sur la petite rue tandis qu'un vent léger soufflait. De temps en temps, on entendait une voiture passer au loin, accompagnant le bruit des arbres qui frémissaient doucement dans l'obscurité de la rue, parmi les ombres dansantes du décor et les murmures inquiétants.

Puis, brisant le calme de la rue et dans un craquement sourd, un homme apparut soudain.

Tout vêtu de noir, il chuta, se releva, marcha difficilement quelques mètres, jeta des coups d'œil craintifs autour de lui puis s'arrêta finalement devant une petite maison au portail entrouvert.

Pas une seule pièce ne semblait être allumée et ses occupants devaient dormir depuis longtemps. L'homme regarda derrière lui puis devant, à nouveau derrière et se décida enfin. Sans bruit, il sortit de sa poche sa baguette, ouvrit doucement le portail en fer, fit les quelques pas qui le séparait de la porte d'entrée et murmura :

« Alohomora. »

Puis, après avoir jeté un dernier coup d'œil derrière lui, il entra.

Le petit salon dans lequel il se retrouva d'abord était silencieux. Au milieu des contours changeants et irréguliers de la pièce, un petit canapé, un fauteuil, une table basse et un tapis en poil gris trônaient. Sur le mur, des cadres photos montrant une famille étaient disposés ainsi que des coloriages d'enfants et des tableaux représentants la campagne.

Sans un mot, l'homme referma la porte, marcha parmi les ombres du salon puis se laissa tomber sur le canapé, à bout de souffle.

Il inspecta sa blessure, grimaça devant l'étendue des dégâts, maudit une nouvelle fois ses poursuivants puis poussa un long soupir avant de fermer les yeux.

Quelques minutes passèrent. Venant certainement d'une pièce voisine, l'homme entendit le tic-tac régulier d'une horloge ainsi que quelques grincements dans la maison tandis qu'il tentait de reprendre une respiration normale.

Puis, il rouvrit les yeux et inspecta à nouveau sa blessure. Du sang s'écoulait sur toute sa jambe droite ainsi qu'un liquide noir et visqueux. Il prit sa baguette, murmura quelques sorts tout en s'appliquant à ne laisser passer aucun son sortir de sa bouche puis une fois la plaie nettoyée et bandée, rangea sa baguette et se dirigea en boitant vers la cuisine.

Il fouilla silencieusement dans les placards, trouva quelques fruits secs, les mit dans sa poche et prit un verre d'eau qu'il remplit au robinet. Tout en s'appuyant contre la petite table de la cuisine, il but lentement le contenu du verre, ouvrit le paquet de fruits secs d'un coup de baguette et en mangea quelques-uns.

Soudain, un bruit provenant du salon se fit entendre.

L'homme sursauta, en fit tomber son paquet qui s'écrasa sur le sol, mit rapidement sa capuche et se colla derrière la porte de la cuisine, baguette en main. Il attendit, attendit encore, mais rien ne vint.

L'homme prit alors une brève inspiration puis, à pas de loup, sortit de sa cachette et quitta la cuisine. Il se rendit au salon, regarda partout autour de lui tandis que des ombres ondulaient lentement dans toute la pièce et se retourna soudain lorsqu'il entendit :

« Goyle. »

D'un mouvement vif, il se retourna en direction de la voix et se prépara à se défendre face à ses poursuivants.

Malgré l'obscurité de la pièce, l'homme ne tarda pas à identifier son adversaire. Il était grand, portait les mêmes vêtements que lui et le fixait d'un air irrité, sa baguette dirigée vers lui.

« Nott… » prononça l'homme.

Silencieusement, deux nouvelles silhouettes vêtues de noires se glissèrent dans la pièce. L'une était de taille moyenne et avançait tranquillement derrière lui tandis que l'autre était plus petite, de la taille d'un adolescent peut-être, et regardait la scène avec curiosité.

L'homme réalisa alors qu'il était encerclé.

« Le Seigneur des Ténèbres souhaite ta mort. » dit lentement son premier adversaire.

L'homme ne répondit rien et se contenta simplement de renforcer sa poigne sur sa baguette, tout en observant tour à tour les trois silhouettes.

« Pourquoi l'as-tu trahi ? » continua le Mangemort.

« Je ne l'ai pas trahi ! » s'exclama l'homme d'un ton apeuré.

Son interlocuteur lança un regard entendu au Mangemort de taille moyenne puis annonça :

« Nous sommes venus te tuer. »

« Non ! » cria aussitôt l'homme.

D'un geste vif, il lança un premier sortilège en direction du premier Mangemort puis se tourna vers les deux autres tandis qu'il créait un bouclier autour de lui.

« Avada-… »

« Silencio. » prononça le deuxième mage noir avant que le sortilège ne sorte de sa bouche.

« Endoloris. » entendit-il ensuite.

Avant que l'Impardonnable ne le touche, l'homme se retourna en direction du lanceur, vit l'adolescent qui le toisait d'un air de dégoût puis s'écrasa au sol en criant de douleur.

« Vous avez trahi Voldemort. » dit le garçon tandis que le sortilège faisait toujours souffrir le pauvre homme.

« Je... ne… » articula difficilement le concerné.

« Vous méritez de mourir. » ajouta l'adolescent.

« N-non ! » supplia l'homme à terre.

Le souffle court et les yeux humides, il rampa vers son tortionnaire et s'accrocha à l'une de ses jambes.

« Je vous en… supplie… » dit-il misérablement. « Ne me… tuez pas.

Désespéré, il leva la tête et regarda le garçon. Celui-ci, qui avait toujours sa baguette dirigée vers lui, le fixait sans pitié. Son teint était pâle, ses lèvres étaient tordues dans un rictus cruel et sur son front, de fines mèches noires de jais tombaient sur ses yeux émeraude eux même cachés derrière de grosses lunettes rondes.

« Vous… » murmura le misérable homme, les yeux grands ouverts.

Ébahi, il remarqua la cicatrice en forme d'éclair derrière quelques cheveux indisciplinés et prononça son nom, comme s'il n'en croyant pas ses yeux :

« Harry Pot-… »

Cependant, avant même qu'il ne finisse sa phrase, son tortionnaire ouvrit à son tour la bouche et lança d'une voix froide et définitive :

« Avada Kedavra. »

Puis, tout disparut et Harry se réveilla en hurlant.

D'abord terrifié, il se releva, s'assit dans son lit, fit le tour de la pièce des yeux tandis que son cœur battait la chamade et que sa cicatrice le brûlait affreusement puis ramena ses genoux vers lui et se força à respirer lentement.

Des bribes de son cauchemar défilaient devant ses yeux et l'adolescent s'entendit encore une fois prononcer l'Impardonnable tandis que l'homme le suppliait de l'épargner.

Sa tentative de retrouver une respiration normale fut alors vaine et, paniqué, il plaqua sa main contre sa bouche tandis que l'autre serrait ses genoux contre lui jusqu'à en faire blanchir ses jointures.

« Je… » murmura Harry dans un état second. « Je l'ai tué… »

Horrifié, l'adolescent enfouit sa tête dans ses genoux tandis que la douleur que lui provoquait sa cicatrice ne s'estompait toujours pas et que son cœur battait plus vite encore.

Le cauchemar qu'il venait de faire le terrifiait. Il savait bien sûr que tout ce qu'il venait de voir n'était qu'un rêve, mais il avait semblé si réaliste ; Nott, Alexandre, l'homme et lui, habillé de la cape d'un Mangemort, prononçant des mots que seul un Mangemort prononcerait et utilisant des Impardonnables comme seuls les Mangemorts utilisaient…

Quelques minutes passèrent, puis d'autre, l'adolescent resta dans la même position tout en se forçant à se calmer et après avoir retrouvé un rythme cardiaque à peu près normal porta sa main à sa cicatrice toujours douloureuse.

Il passa vaguement ses doigts dessus, la frotta légèrement puis la griffa soudain en grimaçant.

Pourquoi avait-il rêvé d'une chose pareille ? Ce n'était pas lui, il ne ferait jamais une telle chose ! Était-ce Voldemort qui lui avait envoyé ce cauchemar, comme lorsqu'il s'était retrouvé à sa place et avait torturé une sorcière appartenant à cet « Ordre du Phoenix » ? Ou n'était-ce qu'un rêve comme un autre ?

Réalisant soudain que sa cicatrice le lançait un peu trop, le sorcier porta sa main devant ses yeux et vit sur elle quelques gouttes de sang provenant de son front.

Comme piqué au vif, l'adolescent se leva alors brusquement et se rendit à la salle de bain afin de faire disparaître le sang de sa main.

Il ouvrit à fond le robinet d'eau chaude et frotta encore et encore sa main tandis qu'il regardait de sa vision floue l'eau qui s'écoulait.

« Ce n'était qu'un rêve. » se répéta-il dans sa tête. « Ce n'était qu'un rêve. »

Il arrêta le robinet, prit le petit savon posé sur le lavabo, s'en mit sur les mains et les frotta à nouveau.

« Je ne tuerai jamais personne. Je ne suis pas un meurtrier. »

Il rouvrit le robinet et se rinça les mains sans même faire attention à la sensation de brûlure que lui provoquait l'eau chaude.

« Ce n'était qu'un rêve. » se répéta-t-il encore une fois.

Puis, après quelques minutes, le Survivant ferma le robinet et retira ses mains à présent rougies tandis que la lucidité lui revenait enfin.

« Et d'ailleurs, pourquoi ai-je fait un rêve aussi stupide ? » marmonna-t-il en retournant dans la chambre. « Si Voldemort croit que je vais sagement faire ce qu'il veut, il se fourre le doigt dans l'œil ! » continua-t-il en allant s'asseoir sur le rebord de la fenêtre.

Cependant, réalisant enfin qu'il n'avait pas ses lunettes, le Survivant se releva et se dirigea vers la table de chevet où elles étaient posées quand un ''pop'' se fit entendre.

Habitué, le sorcier ne sursauta pas et se contenta simplement de mettre ses lunettes sur son front pour ensuite se tourner vers l'elfe de maison, qui venait tout juste d'apparaître dans la chambre.

« Sam apporte le petit déjeuner et les vêtements de Harry Potter. » dit-il après s'être brièvement incliné.

Il claqua des doigts en direction de la table, un plateau de nourriture apparut alors et fit de même en direction du lit, cette fois pour des vêtements.

Puis, sans plus de cérémonie, il s'inclina à nouveau devant l'adolescent et disparut sans un mot de plus.

Harry jeta alors un coup d'œil aux vêtements encore et toujours noirs que venait de lui apporter l'elfe. Comme lors des jours où il s'entraînait avec Alexandre, la chemise avait été remplacée par un petit pull noir. Il y avait également un pantalon en toile de la même couleur, des chaussures ainsi que des sous-vêtements.

L'adolescent remarqua également un nouvel habit – étonnamment noir – soigneusement plié en carré sous la petite pile de vêtement. Il le prit, le déplia mais le lâcha aussitôt lorsqu'il comprit ce qu'il tenait dans ses mains.

Inconsciemment, il serra les poings et regarda la cape qui semblait le narguer sur le lit. Tout comme celles des Mangemorts, elle était noire, longue, avait de larges manches et une capuche légèrement pointue.

Sentant soudain la colère monter en lui, Harry attrapa brusquement l'habit et le jeta au milieu de la chambre avant de s'installer rageusement à la table et d'entamer son petit déjeuner.

Puis, tandis qu'il mangeait, l'adolescent repensa à son cauchemar. Il se souvint de l'homme, blessé à la jambe, qui avait sans succès tenté d'échapper à ses poursuivants et se souvint de lui-même, qui lui avait lancé un Doloris. Dans son rêve, il avait même souri.

Ce détail fit frémir le Survivant.

Evidemment, il savait que ce n'était pas la réalité et que ce n'était qu'un simple cauchemar. Cependant, à mesure qu'il repensait à son rêve, à ce qu'il avait fait et à comment il avait utilisé le Doloris pour torturer l'homme puis le sortilège de la mort pour le tuer, tout cela alors qu'il semblait apprécier le spectacle, Harry se demanda soudain s'il aurait vraiment été capable d'une telle chose dans la réalité.

Le jour précédent, l'adolescent avait pourtant été convaincu qu'il ne pourrait jamais torturer voire même tuer un homme, cela avait été une évidence pour lui. Mais désormais, il ne savait plus. Il était conscient que tuer était mal, et il n'avait en rien renoncé à ses idéaux… mais désormais, Harry n'était plus sûr de rien.

Une voix dans sa tête lui disait qu'il devait obéir à Voldemort afin de ne pas souffrir par la suite, une autre lui disait qu'il devait prendre sur lui et ne jamais céder, quitte à en payer le prix plus tard. Une partie de lui était certaine de ne jamais vouloir tuer un homme, une autre ne savait plus vraiment ce qu'elle était capable de faire.

Et cela l'angoissait plus que n'importe quelle autre chose.

Quelques heures plus tard, alors que l'adolescent tournait en rond dans sa chambre et tandis qu'il avait essayé tout et n'importe quoi pour se distraire et ne plus penser à son cauchemar, Sam revint lui apporter son déjeuner.

« Severus Snape a demandé à Sam de la donner à Harry Potter. » lui rapporta l'elfe en s'avançant vers la fenêtre, là où le sorcier était assis.

Sam tendit alors une petite fiole à l'adolescent qui la prit en le remerciant d'un signe de tête. Puis, l'elfe fit apparaître le déjeuner du Survivant et s'éclipsa sans un mot de plus.

« Une potion nutritive ? » se dit Harry en regardant la fiole. « Snape est bien prévenant… » pensa-t-il ensuite d'un air dubitatif.

Il ouvrit la fiole.

« Qu'est-ce que… » dit-il, surpris.

Aussitôt, un petit nuage de fumée verte s'éleva paresseusement et Harry, surpris, éloigna la fiole de son visage. Incertain, il observa ensuite la fumée opaque et vit soudain que des lettres se formaient.

JOUR -5

NE TENTEZ RIEN

OBÉISSEZ

Puis, aussi vite qu'elle était venue, la fumée s'estompa et disparut.

Pendant plus d'une minute, le Survivant resta alors bouche-bée par ce qu'il venait de voir. La potion ayant été faite par Snape, c'était lui qui avait laissé ce message, il n'y avait aucun doute là-dessus… mais, avait-il bien vu ?

« Jour moins cinq… » murmura l'adolescent tandis qu'il observait toujours la fiole.

Était-ce bien ce qu'il pensait ?

« Non, non, non pas de précipitations. » se dit-il aussitôt. « Jour moins cinq, le jour en question peut signifier n'importe quoi… »

Harry se mit alors à réfléchir à toute vitesse. Lors de sa dernière discussion avec Snape, celui-ci avait dit que Dumbledore viendrait le chercher et que ce n'était qu'une « affaire de quelques jours ». Ou du moins, il avait dit que sa pratique de la magie noire n'était pas dangereuse car il n'aurait à le faire que pendant « quelques jours »… ce qui signifiait qu'il allait bientôt être sauvé ?...

À cette pensée, l'adolescent se demanda soudain : « Combien de jours se sont écoulés depuis la visite de Snape ? » Il ne mit pas longtemps à trouver la réponse. « Trois », se dit-il. Ainsi, si l'on additionnait les cinq jours dont il était question, cela faisait huit… était-ce alors les « quelques jours » dont son professeur lui avait parlé ? Cela voulait-il dire que l'on viendrait le chercher dans cinq jours ?

À mesure que le sorcier réfléchissait, une chaleur agréable monta doucement en lui.

« Ça ne peut être que ça, non ? » dit-il doucement tandis qu'il rebouchait la fiole. « Environ une semaine… c'est sûrement ça, non ? » continua-t-il tandis que ses yeux s'illuminaient et qu'un sourire timide se formait sur ses lèvres.

Après tout, il n'y avait aucune autre signification possible…

« Attends, réfléchis. » murmura-t-il pour soi-même.

Car l'adolescent ne voulait pas se réjouir trop vite pour finalement être déçu. Il devait en être sûr. « Mais qu'est-ce que ça pourrait être d'autre ? » pensa-t-il. En quoi le cinquième jour à partir d'aujourd'hui pouvait-il être important ? Le sorcier avait beau se creuser la tête, rien ne lui venait à l'esprit. Certes, Snape lui avait dit que ce n'était qu'une « affaire de quelques jours » lorsqu'il avait évoqué sa pratique de la magie noire… mais de toute façon, son professeur n'avait aucun moyen de lui faire arrêter les entraînements avec Alexandre et il serait stupide et inutile de lui envoyer un message simplement pour lui dire que dans cinq jours, il arrêterait de pratiquer la magie noire…

À cette pensée d'ailleurs, le Survivant toujours souriant secoua légèrement la tête. Oui, c'était stupide. « C'est bien ce que ça veut dire, alors. » se dit-il. « Dans cinq jours, Dumbledore, Sirius et cet… Ordre du Phoenix viendra me sauver. »

Aussitôt, il sentit une chaleur réconfortante monter en lui. Dans cinq jours, il serait sauvé. Voilà ce que voulait dire le message de Snape. Pour le reste, Harry serait ravi de faire ce que son professeur lui avait demandé. Evidemment qu'il ne tenterait rien si l'on venait le sauver quelques jours plus tard ! Il n'était pas si stupide… Et pour ce qui était d'obéir, le Survivant pouvait bien faire cela quelques jours.

« Oui, pourquoi pas après tout ? » se dit-il.

S'il obéissait, tout se passerait bien pour lui et en prime, on viendrait le délivrer de cet endroit et de Voldemort. Si ce n'était que cinq jours, Harry pouvait bien le faire.

Cependant, ses pensées furent vite plus sombres lorsqu'il repensa à ce qui l'attendait cette après-midi.

« La mission… » murmura-t-il alors que son sourire s'effaçait progressivement.

Bien évidemment, l'adolescent ne pût s'empêcher de se remémorer son cauchemar. Il avait torturé un homme puis l'avait tué sur ordre de Voldemort. Il ne savait pas si la même chose se produirait cette après-midi mais…

La chaleur réconfortante qu'il avait ressentie disparut ainsi que son sourire.

Obéir… il devait obéir à Voldemort pendant cinq jours. Malheureusement, la mission que le serpent lui avait confiée était comprise dans ces cinq jours, il devrait donc se plier à la volonté du mage noir. Mais quelle serait-elle ? Allait-il devoir torturer un homme, allait-il devoir le tuer, tout comme dans son cauchemar ?

D'un geste rageur et désespéré, l'adolescent jeta la fiole par terre. Celle-ci se brisa alors et le liquide vert qu'elle contenait s'étendit sur le parquet sombre de la chambre.

La nouvelle était formidable, il serait sauvé dans cinq jours mais… malgré cela, l'adolescent était toujours coincé. Dans une heure environ, voire moins, Alexandre viendrait le chercher pour accomplir la mission que lui avait donnée Voldemort. Et le Survivant avait déjà réfléchi sur ce qu'il devrait faire ou non, ce qui était juste, en accord avec ses principes et ce qui ne l'était pas… Il avait d'abord conclu qu'il ne voulait faire de mal personne et qu'il était incapable de tuer, puis il s'était mis à douter et voilà que son professeur lui disait d'obéir… ce qui signifiait qu'il devrait peut-être voire surement faire du mal à quelqu'un…

Soudain le moral au plus bas, l'adolescent lâcha un long soupir de frustration et se mit à regarder désespérément le paysage par la fenêtre.

Il avait pensé à s'enfuir, mais en avait conclu que c'était impossible. Ou du moins très compliqué. Mais même s'il y arrivait, il ne pouvait pas s'enfuir puisqu'on viendrait le chercher dans cinq jours ! Les efforts de Dumbledore seraient vains et l'adolescent ne saurait quoi faire ensuite… mais il n'était pas sûr de pouvoir obéir sans broncher à Voldemort. Peut-être aurait-il le courage de lancer un Doloris sur une personne…

« Non… » se dit soudain l'adolescent. Même si cela semblait facile, même s'il lui suffisait simplement de lancer un sortilège, Harry ne se sentait pas capable de torturer un homme. Et pour ce qui était de tuer, il ne pourrait vivre avec une telle chose sur le cœur, peu importe si l'homme en question était un Mangemort…

« Et que dirait Dumbledore ? » pensa aussitôt le Survivant. « S'il apprenait déjà le fait que j'utilise la magie noire, il serait sûrement très déçu… Ou bien comprendrait-il que je n'avais pas le choix ? Et pourrais-je alors justifier le fait d'avoir tué un homme simplement parce que je n'avais pas le choix ?... »

Plus que jamais, Harry était coincé.

Soudain, l'adolescent pensa : « Et si je parlais avec Alexandre ? Il est gentil avec moi, peut-être qu'il m'écoutera… et peut-être que le pire ne sera finalement que de lancer un Doloris… » Car même si la chose ne lui plaisait pas non plus, c'était toujours mieux que de tuer un homme.

Bien sûr, l'adolescent avait remarqué que le Mangemort changeait de comportement lorsqu'il était face à Voldemort. Il était froid, presque indifférent et ne semblait plus du tout sympathique. Cependant, Voldemort ne serait pas avec eux, il y aurait juste Nott… peut-être Harry pourrait-il parler à Alexandre sans que l'autre Mangemort ne les entende ? Peut-être pourrait-il lui demander de ne pas l'obliger à tuer… car Harry se doutait bien que c'était là le rôle des deux mages noirs – en plus de s'assurer qu'il ne puisse s'enfuir évidemment -.

« Oui, peut-être que si je lui dis… » murmura l'adolescent pour lui-même.

Il fallait tenter le coup. Car le risque en valait la peine.

Soudain, le bruit de la serrure se fit entendre.

L'adolescent tourna alors la tête et vit Alexandre pénétrer dans la pièce.

« Déjà ? » se dit Harry en serrant brièvement les poings.

Sans un mot, le mage noir fit le tour de la pièce du regard. Sur le sol, il remarqua la cape puis la fiole renversée, ne dit rien et ne parut pas surpris puis salua d'un signe de tête le Survivant - qui n'avait au passage toujours pas bouché du rebord de la fenêtre -.

« Heu… » commença le Survivant, incertain.

Devait-il lui parler maintenant ? Car après tout, Nott n'était pas avec lui, c'était peut-être le bon moment…

« Alexandre ? » tenta-t-il en se levant finalement.

Malgré le fait de connaître son prénom, le Survivant ne l'avait jamais utilisé et trouva très étrange de le faire. Il poursuivit tout de même lorsque le mage noir l'encouragea d'un bref signe de la tête.

« Je… » commença alors le Survivant tandis que le mage noir s'avançait vers lui. « J'aimerais vous demander quelque chose. »

Lorsqu'il arriva à moins d'un mètre de l'adolescent, le mage noir s'arrêta et jeta un coup d'œil en direction de la porte. Puis il plongea son regard bleu nuit dans les yeux émeraude du Survivant et dit simplement :

« Je sais ce que vous allez me demander. »

Surpris, Harry fronça légèrement les sourcils.

« Vraiment ? » lâcha-t-il.

Comme seule réponse, le mage noir garda le silence et se contenta de fixer le Survivant d'un air tout à fait intéressé tandis que celui-ci, gêné, détourna le regard. Harry ne savait pas exactement comment il faisait mais le mage noir, simplement par le regard était capable de le mettre profondément mal à l'aise, comme s'il devinait toutes ses pensées – d'autant plus que lorsqu'il le fixait ainsi, il ne disait jamais rien et faisait un peu peur à l'adolescent, ce n'était pas tous les jours en effet qu'il se faisait dévisager de la sorte…

« Et… heu… qu'en dites-vous ? » demanda finalement Harry après quelques secondes de silence.

Le sorcier fut soudain moins confiant quant à sa nouvelle idée. Après tout, il demandait à un Mangemort de l'aider lui, l'ennemi de son maître… Pouvait-il vraiment accepter ?

« Je n'ai pas le pouvoir de faire quoi que ce soit. » dit simplement le mage noir tandis que le maigre espoir du Survivant partait en fumée. « Mais sachez que je ne vous obligerai à rien. » continua-t-il faisant resurgir une once d'espoir chez l'adolescent.

« C'est vrai ? » s'enquit-il aussitôt.

« Nott en revanche… »

Les paroles du mage noir firent grimacer l'adolescent. Et, bien qu'il ne finisse sa phrase, le Mangemort ne continua pas car l'adolescent avait bien compris ce qu'il voulait dire. Il hocha d'ailleurs la tête.

Puis, alors qu'Alexandre se retournait et se dirigeait vers la porte, Harry demanda :

« Pourquoi m'aidez-vous ? »

Le Mangemort s'arrêta alors. Un petit silence s'installa ensuite, tandis que l'adolescent fixait le dos du mage noir et se demandait bien ce qu'il avait dans la tête. Car c'était vrai, pourquoi un serviteur de Voldemort l'aiderait-il ? Et pourquoi était-il aussi gentil avec lui ? Que cachait-il ?...

« Je ne vous aide pas. » rétorqua tranquillement Alexandre.

Puis, il se retourna.

« Je ne fais simplement rien. » ajouta-t-il d'une voix plus sérieuse. « Maintenant dépêchez-vous, nous partons. »

Dérouté, l'adolescent acquiesça quelques secondes plus tard. Il se dirigea ensuite vers le lit, mit ses chaussures et suivit le mage noir.

« Prenez ça. » lui dit-il en lui montrant la cape du regard, qui traînait toujours à même le sol.

Grimaçant, le Survivant alla bien malgré lui ramasser la cape, l'enfila et quitta finalement la chambre suivi, d'Alexandre.

Sans un mot, ils traversèrent le couloir sombre, descendirent les escaliers puis arrivèrent dans le hall d'entrée dans lequel Nott les attendait. Le Mangemort salua rapidement Alexandre, n'accorda pas un regard à l'adolescent puis les trois sorciers sortirent du manoir.

Dehors, le ciel était gris et pas un brin de soleil n'était visible. À cause de l'orage, l'herbe était mouillée, l'air humide et pas un seul oiseau ne chantait.

Sans plus de cérémonie, les trois sorciers empruntèrent le petit chemin pavé qui permettait d'arriver à la limite de la propriété du manoir. Ils marchèrent ensuite en silence pendant quelques minutes tandis que seul le bruit de leurs pas brisait le silence inquiétant de la colline.

Harry quant à lui, observait attentivement autour de lui. À sa gauche se dressait le petit bois - finalement pas si petit que cela - qu'il voyait depuis sa chambre tandis qu'à droite, un long terrain de hautes herbes s'étendait à perte de vue, sûrement même au-delà des limites de la colline. L'adolescent remarqua également des haies irrégulières, un haut muret ainsi qu'un vieux grillage qui semblait être criblé de trous.

Puis, les trois sorciers arrivèrent finalement devant un grand portail en fer rouillé. Les Mangemorts s'arrêtèrent, l'adolescent fit de même. Entre deux piliers de pierre, la grande grille devait au moins faire quatre mètres de hauteur. Jadis complétement noir, le portail était impressionnant. De longues barres de fer, de temps en temps coupées en deux afin de dessiner des motifs tortueux se rejoignaient toutes à l'extrémité de la grille et se finissaient en de fines pointes tandis que sur les deux piliers, deux statues à moitié brisées représentant – sûrement - un animal, étaient disposées.

« Tu passes après le gamin. » dit alors Nott à Alexandre en désignant le dit gamin, qui fronça les sourcils.

Comme seule réponse, son interlocuteur hocha la tête.

Puis, Nott sortit sa baguette et la dirigea vers le portail. Il lança ensuite un informulé sur la grille et s'avança vers elle avant de la traverser et de disparaître.

« C'est comme sur la voie 9 ¾ ! » se dit Harry en regardant le portail.

« C'est à votre tour. » dit ensuite Alexandre en sortant sa baguette.

Tout comme Nott, il lança un informulé puis fit signe à l'adolescent de s'avancer. Celui-ci s'exécuta, non sans lancer un regard intrigué au mage noir puis fit quelque pas avant de passer à travers le portail.

Lorsqu'il arriva de l'autre côté, Nott l'attendait en silence. Ils étaient à présent sur une petite allée en graviers qui semblait descendre vers le village de Little Hangleton. Harry remarqua également le champ de protection qui semblait englober toute la propriété du manoir. Il formait une bulle, qui s'arrêtait exactement au portail, et bien qu'elle ne fut pas visible de l'autre côté, ce n'était pas le cas ici. Au contraire même, le bouclier opaque ondulait lentement et ne laissait voir que le portail qui semblait donner sur une forêt dense.

Harry se demanda alors si Dumbledore saurait contrer les protections du manoir afin de venir le chercher…

Puis Alexandre arriva ensuite. Il s'avança vers l'adolescent et lui dit :

« Prenez mon bras. »

Aussitôt méfiant, le Survivant demanda :

« Pourquoi ? »

« J'y vais en premier. » lança alors Nott d'une voix agacée.

Une seconde à peine plus tard, il disparut dans un craquement.

« Il a transplané ? » s'enquit Harry en se tournant vers Alexandre, qui fit un bref hochement de tête.

L'adolescent, toujours quelque peu méfiant leva alors sa main et empoignant le bras du mage noir.

« Ne me lâchez pas. » dit-il ensuite.

Alors, ils disparurent et tout devint noir.

L'adolescent eut soudain l'impression qu'il se faisait écraser par une puissante force. Sa respiration se bloqua, ses poumons cessèrent de fonctionner et tout son corps se déforma. Ses membres s'agrandirent, d'autres devinrent beaucoup plus petits, ses tympans s'étirèrent de plus en plus à l'intérieur de son crâne et lorsqu'il sentit le bras du mage noir lui échapper, il l'agrippa plus fort encore.

Puis, Harry se retrouva soudain à genoux et inspira une grande bouffée d'air frais. Ses oreilles bourdonnaient, ses yeux étaient humides ; c'était comme si on venait de le faire passer de force dans un tuyau très étroit. Une sensation désagréable de nausée le prit et afin de ne pas régurgiter son déjeuner, le Survivant plaqua sa main contre sa bouche et se força à avaler tandis que le mage noir lui disait d'une voix moqueuse :

« C'est votre premier transplanage, à ce que je vois. »

Comme seule réponse, l'adolescent choisit de lui lancer un regard significatif. Il remarqua ensuite qu'ils n'étaient plus sur la colline mais désormais dans une petite ruelle.

Alexandre aida le Survivant à se relever, Nott ne dit pas un mot mais montra bien son agacement de par son expression crispée.

Une fois debout, l'adolescent, qui observait tout autour de lui demanda :

« Où sommes-nous ? »

La ruelle était bétonnée, les murs identiques et quelques sacs poubelles traînaient çà et là à même le sol. On entendait au loin la circulation des voitures ainsi que des cris d'enfants qui devaient sûrement jouer. Au-dessus d'eux, le ciel était bien plus clair qu'au manoir, il y avait seulement quelques nuages gris et le soleil était cette fois visible. De hauts murs en briques rouge délavé délimitaient la ruelle et pas une fenêtre ne donnait sur elle.

« À Darlington. » répondit simplement Alexandre, avant que Nott ne se mette en marche et que le petit groupe ne quitte la ruelle.

Ne sachant pas où se situait Darlington sur la carte de l'Angleterre, cette réponse n'avança pas plus le Survivant.

Rapidement, ils sortirent de la petite ruelle et arrivèrent sur une petite rue piétonne. Cette fois pavée, elle donnait sur de petits jardins délimités par de hauts murets en briques rouges. Devant chaque propriété, un ou deux conteneurs de poubelle étaient disposés, du lierre poussait parfois sur les murets et quelques fenêtres blanches donnaient sur la petite rue.

Puis, ils passèrent à côté d'une petite maison carrée et l'adolescent entendit des enfants jouer dans le jardin.

« Et si des Moldus nous voient ? » s'enquit Harry à Alexandre, qui marchait derrière lui.

« Nous les tuerons. » répondit Nott, en tête du petit groupe.

À ces mots, les yeux de l'adolescent s'agrandirent et il serra les poings. Le Mangemort était-il sérieux ? Harry ne le sut jamais. Cependant, il en conclut qu'il était préférable que personne ne les voit et de ce fait, redoubla de prudence, tandis que les deux Mangemorts marchaient tranquillement sans se soucier de quoi que ce soit.

Ils arrivèrent devant des maisons beaucoup plus vieilles, avec parfois des palissades en bois usé à la place des murets de briques puis en retrouvèrent des plus grandes et plus récentes, prirent plusieurs intersections pour toujours arriver dans des rues identiques puis arrivèrent finalement devant une grande et belle maison délimitée par une petite grille noires où poussait des plantes grimpantes.

Ils prirent l'intersection à gauche, empruntèrent une rue plus large et passèrent à côté d'une maison aux deux fenêtres ouvertes.

À l'intérieur, une petite fille jouait à la poupée et se retourna en direction des trois silhouettes vêtues de noires lorsqu'elles passèrent à sa hauteur. Nott l'ignora, Alexandre y jeta un coup d'œil mais ne dit rien. Harry quant à lui, croisa le regard de la fillette intriguée et pour une raison qu'il ignora, se sentit tout à coup profondément honteux. Bien vite, il se remit à fixer le dos de Nott, mit sa capuche et baissa la tête.

Ils arrivèrent dans une nouvelle rue, cette fois avec la route. En face d'eux, le quartier pavillonnaire semblait encore s'étendre sur des kilomètres. Ils prirent à gauche, longèrent la route où pas une seule voiture ne passa puis s'engouffrèrent à nouveau dans une ruelle tandis qu'au-dessus d'eux, le ciel, se couvrant de nuages gris, devenait chaque minute plus sombre.

Et, bien que les maisons ne furent pas toutes identiques, Harry ne put s'empêcher de penser à Little Whinging et il serra les poings afin de ne pas penser à son cousin.

Les sorciers marchèrent alors une petite demi-heure, toujours en traversant parfois de longues rues piétonnes ou bien la route grise et uniforme, virent de loin quelques Moldus qui vaguaient à leurs occupations, changèrent de chemin afin de les éviter puis marchèrent encore et encore jusqu'à finalement arriver devant une petite maison grise.

C'est alors que le Survivant, en observant la maison de plus près, recula soudain. Même si elle n'avait pas de portail et n'était pas aussi grande que dans son cauchemar, la maison ressemblait beaucoup à celle qu'il avait vu dans son rêve. Elle n'était pas très large, avait un deuxième étage et un petit porche qui donnait sur la porte d'entrée principale. À chaque fenêtre, des rideaux étaient tirés et la maison semblait vide.

« C'est ici. » dit Nott à l'intention d'Alexandre. « Tu passes par la porte de derrière, moi et le gamin par ici. » ajouta-t-il.

Harry lui lança un regard agacé, Alexandre hocha tranquillement la tête. Celui-ci sortit ensuite la baguette du Survivant de sa poche et lui donna.

« Utilisez-la afin de vous protéger. » lui ordonna-t-il.

Puis, il quitta le petit groupe et disparut derrière la maison tandis que l'adolescent se sentait tout à coup nerveux.

« Le but est de l'attraper. » lança Nott à son intention. « Alors puisque tu es là, tu vas nous aider. Et si tu fais le moindre écart, sois sûr que le Seigneur des Ténèbres en sera informé. » ajouta-t-il d'une voix menaçante.

Le Mangemort s'avança ensuite vers l'entrée, pointa sa baguette en direction de la porte et l'ouvrit sans un bruit tandis que Harry lançait un dernier coup d'œil hésitant derrière lui, vers la ville, et entrait finalement dans la maison.

Lorsqu'ils arrivèrent dans ce qui semblait être le salon et après avoir enlevé sa capuche, le Survivant détailla avec attention la pièce sens dessus dessous. Des meubles tels qu'une petite table basse et une bibliothèque avait été renversés, quelques bouts de verre traînaient çà et là sur le sol, des livres et des feuilles étaient éparpillés un peu partout tandis qu'un liquide pourpre, sûrement du vin, formait une tâche sur un tapis gris. Jadis sur le rebord de la cheminée, des cadres avaient été renversés, un vase contenant des fleurs également.

Nott se dirigea vers ce qui semblait être la cuisine, Harry le suivit en silence. Ils enjambèrent un petit coffre renversé, le Mangemort franchit la porte entrouverte et l'adolescent, qui le suivait toujours haleta soudain devant la scène macabre qui se tenait à présent devant lui.

Sur le carrelage blanc de la cuisine, baignant dans une flaque de sang, une femme était là, les yeux grands ouverts, allongée, immobile. Le temps sembla alors s'arrêter tandis que le mage noir s'agenouillait à côté d'elle et trempait son doigt dans le liquide rouge, l'adolescent sentant tout à coup la nausée monter en lui. L'odeur métallique du sang lui emplit les narines, il voulut détourner le regard mais en fut incapable.

La femme semblait jeune, portait un tablier bleu tâché de sang et avait saigné de la tête. Sur un petit comptoir, le Survivant remarqua le liquide rouge qui avait coulé sur tout le meuble et formait de petites taches sur le sol.

Sonné, l'adolescent darda ensuite son regard sur le visage pâle de la femme. Dans une expression d'effroi figé, ses lèvres étaient violettes et légèrement entrouverte, ses yeux grands ouverts et vides.

L'image du visage inerte de Cédric lui revint en mémoire et ses mains se mirent à trembler.

« Elle n'est pas morte depuis longtemps. » entendit-il vaguement.

Il revit la scène du cimetière, déglutit tandis que son cœur battait follement et quitta soudainement la cuisine, ses jambes le soutenaient avec difficulté. Il enjamba maladroitement le coffre, faillit tomber mais se rattrapa comme il le put puis s'appuya contre le mur, le souffle court et saccadé. Il ne devait l'avoir regardé que quelques secondes et pourtant, c'était comme si l'imagé était gravée dans sa mémoire.

« J'ai trouvé une fillette morte dans le jardin. » dit une autre voix. « Il n'y est pas allé doucement... »

Le Survivant quant à lui entendit à peine. Son cœur battait à tout rompre et ses mains tremblaient comme jamais. Il ferma les yeux, tenta de se débarrasser de l'image morbide qu'il venait de voir, en vain.

« Il ne doit pas être loin. » entendit-il à nouveau, cette fois plus proche de lui. « Où est le gamin ? »

À ces mots, le Survivant tenta de se ressaisir et serra plus fort les poings. Quelques secondes plus tard, Alexandre quitta la cuisine et arriva dans le salon. Il remarqua l'adolescent appuyé contre un mur et signala non sans l'avoir dévisagé :

« Nous partons. »

Puis, voyant que le garçon ne bougeait toujours pas, il empoigna son bras et le fit sortir de la maison tandis que celui-ci se réveillait peu à peu de sa transe. Ils franchirent ensuite le petit muret qui délimitait la maison et Harry réagit enfin.

« Lâchez-moi. » dit-il d'une petite voix au mage noir.

Avant que Nott n'arrive à son tour, le Mangemort tendit la main vers l'adolescent et lui ordonna :

« Donnez-moi votre baguette. »

Les deux sorciers se regardèrent en silence, l'un avec des yeux bleus totalement vierges de toute émotion et l'autre, au regard émeraude et encore transi, puis l'adolescent sortit finalement sa baguette de sa poche et la donna au Mangemort tandis que Nott les rejoignait.

« Fouillons le quartier, vite. » lança-t-il à l'autre mage noir.

Ils se remirent alors en marche. À chacune des maisons qu'ils croisèrent, Nott ou bien Alexandre entraient brusquement et interrogeaient les Moldus, qui, effrayés, leurs répondaient maladroitement qu'ils ne savaient rien.

« Nous cherchons un homme grand, brun, vêtu de noir. » dit Nott d'une voix féroce, après avoir pratiquement défoncé la porte d'une maison.

« Je… je ne sais pas ! » répondit un homme, effrayé par la violence du mage noir.

Ils fouillèrent quelques maisons, interrogèrent les Moldus qui avaient la malchance de croiser leurs chemins, marchèrent pendant une vingtaine de minutes tandis que leur présence dans le petit quartier tranquille commençait à affoler sa population puis eurent enfin ce qu'ils cherchaient.

Harry, quant à lui ne disait rien et suivait simplement les deux mages noirs, tête basse et tel un automate.

« Un homme… un homme qui vous ressemble est parti dans cette direction hier soir. » entendit-il tandis qu'il remarquait soudain que de fines gouttelettes de pluie tombaient sur la route pavé. « Vers la maison abandonnée là-bas… »

Il releva la tête, vit Nott qui regardait dans la direction que le vieil homme lui montrait avant de faire un signe de tête à Alexandre puis regarda tout autour de lui.

Derrière des fenêtres fermées, des Moldus les fixaient d'un air effrayé, comme s'ils avaient en face d'eux des monstres. Lorsque l'adolescent croisa le regard d'un jeune garçon d'ailleurs, sa mère l'éloigna aussitôt de la fenêtre et tira rapidement le rideau.

Puis, Alexandre lui fit signe d'avancer et ils se remirent en marche.

Ils quittèrent le quartier pavillonnaire, arrivèrent sur un petit chemin de cailloux, passèrent devant plusieurs rangées d'arbres et s'arrêtèrent lorsqu'une intersection se présenta. À droite, une petite maison se dressait au bout du chemin tandis que tout droit, celui-ci continuait et serpentait parmi les arbres.

« Allons-y. » dit Nott.

Les Mangemorts fouillèrent rapidement la maison quand soudain, un homme sortit d'une pièce voisine avec une batte de Baseball dans la main.

« Qui êtes-vous ? Sortez de chez moi, j'appelle la police ! » dit-il d'une voix féroce aux trois sorciers.

Aussitôt, Nott sortit sa baguette et la pointa en direction du Moldu qui lui faisait face.

« Avada… » commença le mage noir.

« Non ! » cria aussitôt l'adolescent.

Retrouvant à nouveau tout son aplomb, le Survivant se jeta sur le Mangemort et tenta de lui prendre sa baguette tandis que l'homme s'enfuyait dans une autre pièce. L'adolescent tira sur la manche du sorcier, évita quelques coups mais s'en prit un dans la mâchoire.

« Stupéfix. » entendit alors Harry.

Voulant éviter le sort, il quitta des yeux le mage noir et se reçut aussitôt un violent coup de coude dans les côtes. Il poussa un petit cri de douleur, trébucha, lâcha la manche du sorcier puis s'écroula sur le sol.

Quelques secondes plus tard, il vit la baguette de Nott pointée vers lui tandis que celui-ci le fixait furieusement.

« Je vais t'apprendre, Potter… » dit-il d'un ton menaçant tandis que le garçon le fixait avec haine.

« Je ne pense pas que ce soit vraiment le moment. » intervint Alexandre en mettant sa main sur le bras du Mangemort d'un geste dissuasif.

Toujours au sol, Harry se releva alors tant bien que mal et lança un regard assassin à son agresseur qui se contenta simplement de dire d'un ton sec :

« Le Seigneur des Ténèbres en sera informé. »

L'adolescent serra les poings mais ne répondit rien, une colère nouvelle montant soudainement en lui.

Puis, il sentit du sang couler de sa bouche et l'essuya rageusement tandis que Nott enjambait le Moldu assommé et quittait la pièce.

Alexandre, sans un mot de plus, empoigna ensuite le bras du Survivant et le guida non sans douceur dehors.

« Lâchez-moi ! » se débattit Harry, furieux.

Le mage noir fit cependant l'inverse et serra plus fort son bras avant de ne l'attirer près de lui.

« Pour votre bien, je vous conseillerais de faire profil bas. » lui dit-il à voix basse.

« Je n'ai pas besoin que vous me disiez quoi que ce soit ! » cracha l'adolescent d'une voix remplie de colère.

« Vablatsky. » lança ensuite Nott en sortant de la maison tandis qu'Alexandre reportait son attention sur lui. « Laisse-le. Le Seigneur des Ténèbres s'en occupera plus tard. »

Le mage noir plongea alors à nouveau son regard agacé dans les yeux verts haineux qui lui faisaient face et le lâcha finalement.

Puis, sans plus de cérémonie, ils se remirent en marche sous la pluie.

Les deux mages noirs mirent leur capuche, Harry resta tête nue. Ses côtes lui faisaient mal et le sang qu'il avait dans la bouche avait un affreux goût métallique.

Toujours furieux, il maudit silencieusement les Mangemorts. Alexandre l'agaçait au plus haut point mais Nott était sans aucun doute le pire des deux. Il avait failli tuer un homme innocent et ne semblait pas plus perturbé que cela.

L'adolescent revit alors le corps sans vie de la femme et le désespoir qu'il avait ressenti se transforma soudainement en une haine féroce pour le mage noir. Tout comme l'homme qui avait sauvagement assassiné la femme, le mage noir méritait de souffrir. Comment pouvait-on vivre avec un tel poids sur le cœur ? Comment pouvait-on rester indifférent ? Tuer des innocents était sans doute ce que faisaient le mieux les Mangemort et pour toutes les vies qu'ils avaient froidement prises, pour toutes celles qu'ils avaient brisées, le Survivant se surpris soudain à penser qu'ils méritaient de mourir.

Toujours sur le même chemin, les trois sorciers marchèrent encore quelques minutes puis arrivèrent finalement au bout de celui-ci lorsqu'ils virent une grande maison brûlée.

À l'origine blanche, la bâtisse était désormais noire se suie. Le toit était resté un peu près intact et la maison ne s'était pas écroulée mais les fenêtres et le mur étaient tout de même sérieusement endommagés. D'énormes planches de bois traînaient à même le sol, ainsi que quelques battants de volets. L'arbre situé juste à côté de la maison avait également brûlé et le terrain d'herbe autour d'elle, qui devait jadis avoir été d'un vert prononcé était désormais d'un marron très sombre. Néanmoins, quelques brins d'herbes repoussaient timidement ; l'incendie devait dater d'un mois ou deux.

« Hominum revelio. » lança Nott en direction de la maison.

Quelques secondes s'écoulèrent alors tandis qu'un silence lourd s'abattait sur la scène puis le Mangemort déclara à l'intention d'Alexandre :

« Il est ici. »

D'un geste de la tête, il fit signe au mage noir de passer par l'entrée principale tandis que lui passerait par celle du jardin. Harry quant à lui, resterait avec Alexandre.

Le mage noir hocha la tête et Nott disparut derrière la maison.

« Tenez. » dit ensuite Alexandre au Survivant.

Celui-ci, qui observait toujours la maison, détourna alors le regard et vit que le sorcier lui tendait sa baguette. Avant qu'il ne la prenne, le mage noir lui dit doucement :

« Ne faites rien que vous pourriez regretter. »

Puis, il lui rendit sa baguette et se dirigea vers la porte de la maison, suivi de l'adolescent.

Après avoir enjambé les décombres, ils arrivèrent finalement dans ce qui devait jadis être un hall d'entrée mais ne s'attardèrent pas et pénétrèrent plus loin dans la maison. Ils empruntèrent un petit couloir, visitèrent deux pièces complètement vides puis atteignirent un grand salon.

Le canapé, ainsi que les trois fauteuils étaient noirs de suie, tout un pan d'étagères remplies de livres avait brûlé et une odeur désagréable flottait dans l'air.

Puis, un craquement se fit entendre et la cicatrice du Survivant se mit soudain à le piquer.

« Restez sur vos gardes. » lui dit Alexandre à voix basse tandis qu'il se dirigeait vers la source du bruit, c'est-à-dire un grand escalier en bois.

La baguette toujours en main, Harry fit vaguement le tour de la pièce des yeux tandis qu'il portait vaguement sa main à sa cicatrice.

« Harry... » dit alors une voix sortie de nulle part, faisant sursauter l'adolescent.

Soudain, un craquement plus fort encore se fit entendre.

« Attention ! » lui cria Alexandre.

D'un geste vif, le Survivant se retourna vers la source du bruit et eut juste le temps de voir un homme qui pointait sa baguette en sa direction avant que celui-ci ne lui lance un informulé. Pris de court, il voulut créer un bouclier mais Alexandre le devança.

L'informulé s'écrasa sur le champ de force que le mage noir venait de créer puis disparut aussitôt tandis que l'homme fuyait dans une autre pièce.

Harry, quelque peu secoué, se dit alors avec effroi que si Alexandre n'avait pas été là, il se serait reçu le sortilège de plein fouet. Il n'eut cependant pas le temps de reprendre ses esprits que le Mangemort lui criait déjà :

« Venez ! »

Les deux sorciers quittèrent alors le salon et arrivèrent dans un nouveau couloir. D'un pas rapide, ils le traversèrent, Alexandre en tête, fouillèrent quelques pièces puis atteignirent une intersection, l'adolescent suivant en silence le Mangemort, légerement inquiet.

Puis, Harry vit le bout de la cape de l'homme derrière un mur et Alexandre lança en sa direction un sortilège informulé qui le manqua de peu.

Le mage noir se mit alors à courir à sa poursuite et Harry le suivit tant bien que mal. Pour une raison qu'il ignorait, sa cicatrice le faisait soudainement souffrir.

« Il est là ! » cria Alexandre.

Puis, l'adolescent entendit un énorme bruit, toute la maison trembla et le souffle de l'explosion envoya le Survivant s'écraser contre le mur le plus proche, sans même qu'il ne comprenne ce qu'il se passait. Il cria de surprise, son dos s'arqua lorsqu'il rencontra la surface du mur et il s'écroula par terre, sonné, les oreilles sifflantes et le corps douloureux.

Quelques secondes à peine plus tard, peut-être plus, Harry ne savait pas, Alexandre le secoua et le mit en position assise tandis que le Survivant entendait vaguement la voix de Nott et que sa cicatrice le brûlait plus encore.

« Mr Potter, vous m'entendez ? » s'enquit le Mangemort d'une voix pressée.

Comme seule réponse, l'adolescent hocha la tête et grimaça de douleur. Il remarqua alors à quelques mètres de lui un énorme trou dans le mur qui donnait sur le dehors et vit Nott le traverser.

« Restez là. » lui ordonna ensuite Alexandre avant de ne faire de même.

Sonné, les oreilles bourdonnantes et la vue floue, le Survivant toussa, repositionna correctement ses lunettes sur son nez puis se releva tant bien que mal.

« Incendio ! » entendit-il ensuite.

La main sur sa cicatrice douloureuse et légerement boiteux, Harry se dirigea alors vers l'énorme trou dans le mur puis observa avec surprise la scène qui se tenait à présent devant lui.

Dans le jardin, Nott et Alexandre se battait contre l'homme à la cape déchirée et à la joue ruisselante de sang. Ils lancèrent d'abord des informulés, se créèrent mutuellement des boucliers, attaquèrent tantôt ensemble l'homme, tantôt seuls, se défendirent contre ses attaques puis attaquèrent à nouveau.

Sous la pluie, la scène était presque surréaliste. Les deux Mangemorts acculaient l'homme contre le haut muret du jardin et étaient parfaitement synchronisés. Ils lui tournaient autour, avançaient ensemble et reculaient ensemble tandis que le pauvre homme luttait pour sa vie. Il se prit un maléfice sur la jambe, faillit tomber et reçut de plein fouet un sortilège de mutisme qu'il contra aussitôt avec un informulé.

Cependant, les deux Mangemorts étaient bien trop forts pour lui et déjà blessé avant qu'ils n'arrivent, l'homme ne fut rapidement plus de taille à les affronter.

Quelques secondes plus tard, Alexandre lui lança un informulé et il s'écrasa au sol en criant de douleur.

« Goyle ! » cria Nott à l'intention de l'homme. « Comment as-tu osé trahir le Seigneur des Ténèbres ? »

Alors, soudainement, la tête de l'adolescent se vida et il se mit à chanceler tandis qu'une voix pénétrait dans sa tête. Il haleta, mit aussitôt sa main sur sa cicatrice douloureuse et entendit, comme sortie de nulle part :

« Harry… »

« Endoloris ! » lança Nott à l'homme, qui hurla aussitôt.

Mais le Survivant ne l'entendit pas crier. Il quitta la scène des yeux et fixa un point invisible sur le peu de mur qui était encore debout tandis que la voix s'insinuait lentement dans son esprit.

« Harry… » continua-t-elle, inquisitrice.

Quelle était cette voix ? D'où venait-elle ?!

« Réponds-moi Goyle ! » continua Nott d'une voix forte.

Puis, sans même s'en apercevoir, le Survivant reporta son attention sur les trois hommes.

« Tu vois, Harry… » lui dit la voix d'un ton doucereux.

« Que… » murmura le sorcier, épouvanté.

« Endoloris ! » lança une nouvelle fois Nott.

« C'est ce qui arrive à quiconque désobéit au Seigneur des Ténèbres… »

Comme hébété, l'adolescent observa la scène sans même pouvoir détourner le regard. Il vit et entendit à quelques mètres de lui l'homme se tordre et hurler de douleur tandis que Nott le fixait cruellement et qu'Alexandre assistait sans un mot à sa torture.

Puis, lorsque le Doloris cessa, l'homme se mit à rire. Il toussa, faillit s'étouffer et ria follement devant les deux mages noirs tandis que la douleur dans la cicatrice du Survivant s'accentua soudain.

« Il a perdu la tête… » commenta Alexandre d'un ton incertain.

Aussitôt, la voix se mit à rire et l'adolescent dut se mordre la lèvre pour ne pas gémir.

« Regarde, il est devenu fou ! » dit la voix, moqueuse.

L'homme toussa, s'étrangla et le silence s'installa tandis que, sans même s'en rendre compte, Harry sortait lui aussi dans le jardin et s'arrêtait à quelques mètres de la scène.

« C'est vous… qui avez perdu la tê…te. » articula ensuite l'homme. « Le Seigneur des… Ténèbres est… avide. » continua-t-il tandis que la cicatrice du Survivant lui faisait encore plus mal.

« Tais-toi. » ordonna Nott d'une voix furieuse avant de lui lancer un maléfice cuisant sur le bras.

L'homme cria, se roula par terre puis hurla :

« Vous... vous croyez qu'il vous récompensera quand la guerre sera finie ? Vous vous… trompez ! »

La voix siffla de colère.

« Il ne vous… donnera rien ! » continua l'homme.

À ces mots, le Survivant gémit de douleur. Sa cicatrice le brûlait atrocement et la voix dans sa tête était furieuse.

C'est alors que les mages noirs le remarquant enfin, et Nott fit signe à Alexandre d'aller chercher l'adolescent. Sans même que Harry ne pense à se débattre, le Mangemort lui empoigna le bras et l'amena tout près de l'homme à terre tandis que la voix lui susurrait :

« Voilà ton heure, Harry. »

Il dévisagea l'homme, observa son visage affreux ruisselant de sang, son corps tout tremblant et sa longue cape noire déchirée et criblée de trous, puis dévisagea tour à tour les deux Mangemorts d'un air perdu.

« Ne penses-tu pas qu'il doit être puni pour tout ce qu'il a fait ? » continua doucement la voix.

Les images du corps sans vie de la femme baignant sans son sang lui revinrent en mémoire et le Survivant frémit soudain.

« Il m'a trahi. Il doit être puni. »

« Potter. » dit Nott.

L'adolescent reporta son regard incertain sur le mage noir.

« Tue-le. »

À ces mots, ses yeux s'agrandirent et Harry haleta de surprise.

Que venait-il de dire ?...

« Oui… » susurra la voix. « Tue-le. »

Ses yeux se posèrent à nouveau sur l'homme qui supplia Nott.

« Non ! » dit-il d'une voix misérable.

« Non… » murmura à son tour l'adolescent.

Tuer ? Il ne le pouvait pas...

La lucidité semblait l'avoir quitté mais il sut que ce que lui demandait la voix était mal.

Celle-ci, contrariée, s'insinua plus profondément dans sa tête, faisant au passage gémir de douleur le Survivant puis lui dit d'une voix douce :

« Il a trahi le Seigneur des Ténèbres… il a trahi Voldemort. »

« Potter… » le menaça Nott.

« Il a tué une famille de Moldue innocente… ne mérite-il pas de mourir ? »

Méritait-il de mourir pour ce qu'il avait fait ?

Perdu, le Survivant regarda alors sa baguette dans sa main puis l'homme qui lui faisait face.

« Oui, c'est bien… Tue-le et tu seras récompensé. » susurra la voix.

« Je… » balbutia Harry.

L'adolescent repensa à la haine profonde qu'il avait ressenti quelques instants plus tôt, lorsqu'il marchait en direction de la maison avec les deux Mangemorts. Il avait pensé que ceux qui tuaient des innocents méritaient de mourir.

Alors, sans qu'il ne puisse y faire que ce soit, son bras droit se leva.

« Non ! » cria-t-il aussitôt en l'empoignant de sa main gauche.

Il ne le voulait pas ! Il devait se débarrasser de cette voix !

« Harry ! » siffla-t-elle aussitôt tandis que sa cicatrice le faisait à nouveau gémir de douleur. « Obéis. »

Il tenta de résister à l'emprise, se prit la tête entre les mains et se mordit la lèvre à sang, en vain. L'adolescent ne parvenait pas à lutter contre elle : elle était beaucoup trop forte.

« Allons, Harry… tu connais le sortilège... »

Le Survivant ferma les yeux, se concentra et tenta une nouvelle fois de lutter mais n'y parvint toujours pas. C'était impossible, il était perdu.

« Potter, fais-le ! » lui ordonna Nott en lui agrippant brutalement le bras et en le tirant plus près encore de l'homme.

« Non, s'il vous plaît, ne me tuez pas ! » supplia celui-ci d'une petite voix.

N'ayant pas la force de se débattre, Harry se laissa faire tandis que sa gorge devenait sèche et que les battements de son cœur s'accéléraient soudain.

« Fais-le… » lui susurra la voix.

« Non… je… » murmura l'adolescent d'une voix rauque.

« Tue-le ! »

L'emprise se renforça et le Survivant cria de douleur.

C'était un supplice. Une partie de lui avait désespérément envie de tuer l'homme qui lui faisait face tandis qu'une autre luttait contre elle. Ses mains se mirent alors à trembler et sa respiration devint irrégulière.

« Tue-le Potter. Il n'a que ce qu'il mérite. » lui dit Nott d'une voix dure.

« Ne contrariez pas le Seigneur des Ténèbres. » ajouta Alexandre tandis que du sang coulait du front de l'adolescent.

« Oui, écoute mes fidèles Mangemorts. » lui dit la voix. « Si tu me satisfais, tu ne souffriras plus… »

Plus que tout au monde, Harry voulait que cela s'arrête. Sa cicatrice lui faisait mal comme jamais et sa tête semblait avoir été frappée par une pierre. Il voulait obéir et en finir car après tout, l'homme le méritait mais une partie de lui, enfouit profondément dans son esprit, refusait de se soumettre.

Pourquoi le faisait-elle souffrir ? Ne pouvait-elle pas disparaître ?...

« Tu connais le sortilège. » susurra la voix d'un ton mielleux. « Il te suffit de le prononcer. »

En transe, l'adolescent repensa à toute les fois où il avait souffert. La voix lui promenait qu'il ne souffrirait plus, pourquoi alors ne pouvait-il pas l'écouter, juste une fois ?...

Il revit ses membres et tout son corps se tordre de douleur tandis que Voldemort le torturait d'un Doloris et riait d'une voix cruelle, se souvint de l'emprise du serpent, de ses yeux rouges sang et de sa voix épouvantable alors qu'il le torturait encore et encore. Il se remémora ses cauchemars effrayants et sa cicatrice qui lui faisait parfois atrocement mal. Il n'en pouvait plus.

L'adolescent cessa alors de lutter.

« Oui, c'est bien Harry ! » le félicita la voix.

Il fit le vide dans son esprit et refoula toute émotion.

Puis, dans un état second, il releva la tête et pointa sa baguette en direction de l'homme. Celui-ci, qui pleurnichait depuis quelques minutes se mit à trembler plus fort et ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais il n'en eut pas le temps. Derrière Harry, Alexandre lui lança un sortilège de mutisme et l'homme fut incapable de dire quoi que ce soit.

L'adolescent regarda alors Nott qui était toujours à côté de lui, puis l'homme à terre, puis sa baguette tandis qu'Alexandre fixait la scène avec intérêt.

Autour d'eux, le temps semblait s'être arrêté. Il ne pleuvait plus et pas un bruit n'était audible.

« Maintenant, prononce le sortilège… » lui ordonna doucement la voix.

Au loin, on entendit une voiture passer et un oiseau s'envoler de sa branche en piaffant. Des gouttes de pluie dégoulinèrent du toit de la maison, et la luminosité chuta soudain.

Alors, Harry ouvrit lentement la bouche et prononça :

« Avada Kedavra. »


A suivre...