Bonjour/Bonsoir tout le monde.

J'espère que vous allez bien malgré les circonstances du moment et la quatorzaine ! Force et courage à tout le monde ;-) plein d'ondes positives pour tout le monde. Je vais voir comment ça se passe dans les jours et semaines à venir, mais étant dans le domaine médical, je risque d'avoir quelques difficultés à publier dans les délais habituels (Non, sans blague ? #déjàenretard mdr). Bref, sur ce, bonne lecture à vous. Bisous.

Merci infirniment pour vos récompenses, je suis toujours contente d'en recevoir qu'elle qu'en soit la forme (vos lectures, vos suivis, vos commentaires etc... Vous me connaissez maintenant ^^)

Emma Swan et Ana : Merci pour vos commentaires et pour vos compliments si touchants et trop adorables. Ca fait vraiment plaisir et ça redonne du peps, vous n'imaginez même pas ! J'avoue qu'avec le boulot et autre de ces dernières semaines, j'avais un peu perdu de motivation pour mes relectures et améliorations. Merki beaucoup. :D Bisous à vous deux !

Après un mariage foiré, que va décider de gâcher notre cher Voldy ? Plusieurs choses que vous savez déjà, à n'en point douter ! Mais peut-être pas que ça. Voyons ce que Severus en pense.

Et pour finir, avant le début de l'histoire, tout appartient à J.K Rowling bien sûr. Je ne fait que laisser libre cours à mon imagination avec un univers qui est à elle. ^^

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Chapitre 20 : La récompense

La nouvelle attaque avait encore une fois été un échec, sans qu'aucun mangemorts ne comprennent pourquoi. Les invités avaient réussi à s'enfuir bien trop rapidement pour les mages noirs, qui n'avaient finalement blessé personne. Le mariage avait cependant été bel et bien gâché lui...

Plus tard dans la soirée, la réunion avec Voldemort fut pour le moins mitigée, ce dernier se montrant des plus lunatique. En effet, il était ravi d'avoir enfin le ministère sous son joug, mais étant enragé à l'idée que ses troupes aient de nouveau laissé filer le survivant. De ce fait, il châtia au hasard ceux qui avaient eu le malheur de se trouver juste en face en lui, mais en étant cependant moins agressif que d'autre fois dans ses punissions. En d'autres termes, personne n'eut besoin de finir à l'hôpital, mais les cibles de le sorcier sans nez allaient avoir besoin de repos. Ainsi, après avoir passé ses nerfs sur Crabbe et Goyle pères, ainsi que les frère et sœur Carrow, on-sait-qui prit la parole d'un ton doucereux :

- Si nous n'avions pas réussi à prendre possession du ministère aujourd'hui, j'aurais pu imaginer que mes propres fidèles n'étaient que des incapables. Il m'est en revanche difficile de croire que vous ayez encore échoué à capturer Potter ! Cela fait maintenant deux fois que vous gâchez des opportunités en or que Severus nous apporte pourtant sur un plateau d'argent.

Les regards se tournèrent sur Rogue qui se tenait à la droite du seigneur des ténèbres. Conservant son masque d'indifférence, il jubilait intérieurement de voir ces minables se faire rabrouer, surtout par celui qui avait lui-même échouer à tuer un bambin. Il se prosterna solennellement devant Voldemort et dit d'un ton cérémonieux :

- Je ferais de mon mieux pour vous rapporter d'autres informations mon maître.

- Je n'en doute pas une seule seconde mon cher Severus. Redresse-toi et sois fier du travail que tu fournis pour notre cause. Et sache que le temps de ta récompense arrive à grand pas !

Au vu du sourire carnassier qui accompagnait la voix sifflante, Rogue se redressa en sentant des frissons lui parcourir l'échine. Il n'en montra rien, se contentant de remercier celui qui pensait être son lord. Il ne savait pas à quoi s'attendre, mais il doutait que cet élan de générosité soit de bonne augure.

Plus tard durant la réunion, Voldemort expliqua son plan d'action pour la suite. Il expliqua alors que son "nom" était, depuis le coup d'état, un "tabou". De ce fait, toutes personnes qui l'emploieraient seraient immédiatement détectées et des sanctions seront mises en place par un nouveau type de brigade de mages. En effet, le bureau des aurors était maintenant officiellement fermé et celui des rafleurs venaient d'ouvrir. Tout avait été programmé de façon très militaire, d'où la clémence du monstre reptilien qui se satisfaisait de cette prise de pouvoir totale. Lucius était impatient et Severus ne rata pas ce détail. L'imposant Malfoy avait un espoir, tout aussi grand, de devenir le nouveau ministre. Le blondinet espérait qu'avoir fourni un toit pour les mangemorts serait suffisant pour accéder à ce poste convoité. Il déchanta moins d'un quart plus tard en apprenant que ce rôle revenait à Pius Thicknesse, un sorcier plutôt apprécié auprès de la population et qui était déjà sous l'influence d'un "impero". Le but était ainsi de donner l'impression que le ministère était toujours neutre et non totalement contrôlé par le seigneur des ténèbres.

Une fois chez lui, Severus se dirigea sous sa douche directement. Il était fatigué et se sentait sale d'avoir dû détruire ce que Molly avait mis tant de temps à préparer pour son fils ainé. Il appréciait la mère Weasley, une femme aimante pour sa famille et toujours agréable, même avec le terrible Professeur Rogue. Enfin, elle était toujours agréable avant la mort d'Albus. Cette pauvre rouquine ne méritait pas l'acharnement contre sa famille. Bon, Arthur non plus, mais ce type était tout de même un peu trop frapadingue aux yeux de Severus.

" Au moins, leur maison est toujours debout cette fois. Mais vu qu'elle vient de perdre un de ces fils qui est parti en guerre, je doute que cela la réconforte vraiment." Se dit alors l'espion avant d'éteindre l'eau.

Il se sécha rapidement, enfila un boxer tout aussi vite afin de rejoindre son lit à la hâte. Il n'avait aucune envie de manger et encore moins envie de lire ce soir. Il voulait dormir, sombrer dans le sommeil pour ne plus penser à cette soirée, qui avait aussi signé le départ de sa préfète pour une mission qui allait être longue et dangereuse. Sa nuit et les suivantes furent emplies de rêves où son Amortentia était avec lui, mais ils se terminaient inéluctablement en cauchemar, durant lesquels cette dernière finissait par le pleurer. En effet, il se voyait sans arrêt en train de mourir devant le trio d'or, devant les yeux ambrés de la femme qu'il aimait et qui ne le quittait pas, jusqu'à son dernier souffle.

Une semaine à peine plus tard, Severus sentit son bras le brûler. Il soupira en le regardant, s'imaginant se l'arracher une bonne fois pour toute pour ne plus avoir à supporter ces appels douloureux. Il se rendit cependant au manoir Malfoy, sans se mutiler bien entendu, et fut désagréablement surpris de constater qu'il avait été le seul appelé. Cela ne signifiait en général rien de bon. Voldemort avait-il fini par comprendre le manège de l'espion ? Il conserva son masque de neutralité en avançant vers son probable futur bourreau. Il s'agenouilla devant le sorcier sans nez et croisa le regard du familier de ce dernier. Ce serpent était de plus en plus effrayant aux yeux de Severus qui n'avait de cesse de voir Nagini dans ces fameux cauchemars :

- Vous m'avez appelé mon maître ? Demanda-t-il cordialement en reportant son regard sur le bas de la robe du seigneur des ténèbres.

- Oui Severus, relève-toi je te prie.

Obéissant à l'ordre, Rogue put voir le visage déformé de ce qui fut autrefois un être humain. Il ne trouva pas dans le regard du monstre le moindre signe d'une future attaque, ce qui le rassura. De sa voix la plus douce, si l'on pouvait utiliser ce qualificatif pour parler de Voldemort, ce dernier reprit :

- Il est temps pour toi d'avoir la récompense que je t'avais promis pour tes fidèles et loyaux services.

- Je n'ai pas besoin de récompense maître, vous servir est déjà amplement suffisant.

- Je suis "touché", répondit le mage noir en ricanant, mais je sais qu'un Serpentard de ta stature a plus d'ambition que cela. Et je tiens à ce que mon bras droit puisse voir ses rêves de grandeurs se réaliser, bien entendu.

- Vous m'en voyez honoré maître.

Severus regarda Voldemort, attendant le verdict qu'il redoutait. Qu'allait lui offrir le Lord noir ? Une nouvelle maison, vu qu'il savait son "fidèle serviteur" plutôt pauvre ? Si cela était le cas, sa tranquillité serait finie, il ne pourrait plus voir sa mère, ni Hermione. Il retint un frisson de désarroi, puis pensa à autre chose. Par Salazar, et si son "maître" lui offrait une femme, comme il l'eut déjà fait pour plusieurs autre mangemort ? Ce serait encore bien pire. Si son Amortentia l'apprenait et s'il devait coucher avec une autre, comment pourrait-il gérer cela ? Puis après les quelques secondes de silence qui avaient laissé le temps à Severus de s'imaginer des scénarii de films d'horreurs, Voldemort dit en souriant, apparemment fier de son idée :

- J'ai le plaisir de t'annoncer que tu n'es plus recherché pour l'acte héroïque que tu as commis pour notre cause.

- Merci my lord ! Répondit-il en s'inclinant légèrement.

Héroïque ? L'assassinat d'Albus portait un tout autre nom dans le cœur meurtri de Severus. C'était tout bonnement un parricide pour ce dernier, mais ce n'était pas le moment de montrer la moindre trace de regret. Le seul point positif dans cette histoire, c'est qu'il pouvait de nouveau sortir sans peur de finir à Azkaban, vu que la prison était maintenant sous le contrôle totalitaire des mangemorts.

- Et, ce n'est pas tout, bien entendu. En plus de ta liberté retrouvée, tu as eu une promotion au sein de Poudlard.

- Une promotion ? Répéta l'espion.

Mais qu'est-ce que cela pouvait signifier ? Il ne travaillait plus à Poudlard ! Cette fois, la surprise fut telle que le masque d'indifférence se craquela un très court instant. Heureusement, Voldemort semblait croire qu'il s'agissait d'une réaction de joie, à en voir la mine satisfaite de ce dernier.

- Oui mon ami, tu es officiellement le nouveau directeur de cette école !

Severus sentit son cœur s'accélérer, et son sang bouillonner.

"DIRECTEUR ? DIRECTEUR DE POUDLARD ? MAIS JE N'AI JAMAIS DEMANDE A RETOURNER A POUDLARD ESPECE DE GROS CONNARD DE REPTILE ! RETOURNE RAMPER DANS LE NOIR AU LIEU DE ME SORTIR DES IMBECILITES PAREIL ESPECE DE FACE SANS NEZ ! JE NE PEUX PAS RETOURNER A POUDLARD PUTAIN DE BORDEL DE MERDE A LA CON !"

- J'en suis honoré my Lord, vous ne pouvez imaginer à quelle point je me réjouis de cette récompense que vous m'offrez.

Bien entendu, Severus avait gardé pour lui sa rage et ses pensées furent bien protégées sous un bouclier d'occlumentie. Il avait ainsi pu répondre avec la voix la plus neutre de tous les temps. Cette réponse fut d'ailleurs appréciée par Voldemort, qui reprit de nouveau avec son ton sifflant désagréable :

- Je te laisserais choisir le futur corps enseignant. Je souhaite cependant que tu incorpores les Carrow au sein de l'école. Pour le reste, je suppose que plusieurs autres membres de notre groupe vont te solliciter afin d'avoir un poste.

- Je ne pense pas changer les enseignants qui y travaillent déjà maître ! Dit Severus par réflexe, réussissant seulement à conserver son air calme et impassible.

- Pardon ? Demanda alors Voldemort clairement menaçant, probablement prêt à lancer un sort à son serviteur ingrat dans les secondes à venir.

Severus conserva donc toujours son calme et fît tourner ses neurones à plein régime. Il n'avait pas réussi à contenir sa réflexion, satanés reflexes à la noix ! Il était vrai que Rogue ne pouvait décemment pas laisser partir les professeurs déjà en poste. Déjà par respect pour eux, même si ces derniers n'en avaient probablement plus aucun pour lui, mais aussi et surtout parce qu'ils étaient pour la plupart membre de l'ordre du Phénix. Le château ne pourrait pas être en sécurité sans McGonagall, Hagrid, Bibine et... Non, il n'avait plus le temps de faire ce genre d'énumération idiote. Il décida donc de commencer une improvisation des plus totale, l'une de ses spécialités, les secondes défilants trop vite :

- Un changement trop radical du corps enseignant serait un signe trop négatif pour les parents et les élèves. Nous nous devons de leur faire passer un message positif mon maître. Les enfants et leurs familles doivent se sentir en confiance dans Poudlard, si nous voulons éviter une désertion totale de l'école.

- C'est à dire ? Demanda Voldemort qui avait décidé de ne pas attraper sa baguette, visiblement intrigué.

- Cette idée me vient directement de vous maître. De la même façon que pour le ministère, il est important que la population reste en confiance. Le but est uniquement de conserver une image positive aux yeux de ceux qui deviendront bientôt vos sujets mon seigneur. Ce n'est ni plus ni moins qu'une propagande visant à montrer à quel point vous êtes clément et impliqué dans l'éducation des futurs générations.

Un silence pesant se fît alors. Severus, sous son stoïcisme, était prêt à réagir en cas d'attaque. Cependant, le sorcier sans nez fini par retrouver ce qui se rapprochait le plus d'une sourire satisfait et siffla doucement :

- Je suis si surpris Severus ! Tu es un fin stratège et tu apprends vraisemblablement des meilleurs. Il est vrai que nous nous devons de garder une image des plus positives.

- Je prendrais bien entendu les Carrow au sein de l'établissement maître. Ils m'aideront à conserver l'ordre et la discipline dans Poudlard. Que ce soit auprès des élèves que de mes... Employés !

Puis, après un nouvel échange des plus cordial, qui donna envie de vomir à l'espion, Severus finit par retourner impasse du tisseur. Vivant, mais sous le choc... Il allait donc retourner à Poudlard... Il allait donc retrouver ses anciens collègues... Il allait donc prendre la place de son père, qu'il avait tué de ses mains, sous le regards méprisant de ceux qu'il avait appris à apprécier depuis plusieurs années, par deux fois. A ce moment-là, il aurait préféré avoir de nouveau 17 ans afin d'être considéré trop jeune pour cette nouvelle mission. Mais il en avait 37 et il allait devoir se montrer à la hauteur.

Le lendemain, une journaliste du nom de Rita Skeeter vînt à l'impasse du tisseur afin de pouvoir interviewer le nouveau directeur de Poudlard. Severus dut donc abaisser les défenses pendant ce court laps de temps, qui lui parut interminable. Il détestait cette femme, hautaine, exubérante et ayant fort probablement des troubles psychologiques de l'ordre de la mythomanie. Oubliant les règles de bienséances, il n'offrit pas de boissons à ses invités forcées, afin que la journaliste et son équipe partent le plus vite possible. Après une séance photo durant laquelle Severus n'accepta la prise que d'un seul cliché, il commença donc à répondre à des "questions" :

- Alors alors alors, dites-nous tout Monsieur Rogue ! Dit la femme avec une voix bien trop aigue.

- Je doute avoir le temps de parler de tout avec vous. Il me semble préférable que vous vous contentiez de poser des questions Mlle Skeeter ! Répondit alors Rogue avec sa voix rauque la plus acide.

- Je vois... Très bien... Alors, pour commencer, vous avez été accusé du meurtre de votre prédécesseur, mais les divers témoins qui ont pu être interrogés ont expliqué que c'était une simple méprise et que Dumbledore s'est en fait suicidé sur un coup de tête. Le seul qui avait une autre version s'étant enfuit, toutes les charges contre vous ont été annulées. C'est d'ailleurs suspect que le jeune Potter ait préféré s'enfuir sans donner de nouvelle. Cela doit avoir un lien avec sa mégalomanie, il aime qu'on parle de lui. Vous accuser vous, Severus Rogue, a ainsi fait grande lumière sur lui, mais il s'est rendu compte qu'il était allé trop loin en accusant un ancien professeur.

La journaliste avait fait son monologue en parlant vite et sans prendre de réelle pause. Sa plume à papote prenait magiquement des notes à sa place. Severus sentait sa colère augmenter petit à petit, sous les divagations ridicules de cette femme stupide. Il aurait aimé attraper la tête de cette dernière et la fracasser contre sa table basse, mais cela aurait sali son tapis. Il se contenta de regarder, d'un air las, la femme devant lui qui semblait attendre une réponse de la part de Severus. Il inspira profondément avant de dire, sur le même ton que précédemment :

- Vous venez de débiter les faits Mlle Skeeter. Je n'ai pas entendu de question à laquelle je devrais répondre !

- Oui, oui, oui, je comprends.

La plume continuait d'écrire, comme si Rogue venait de donner une longue réponse à une question inexistante. L'idée de commettre un nouveau meurtre était de plus en plus tentante pour l'homme interrogé, qui restait cependant toujours aussi stoïque. Il avait l'impression d'être un volcan sur le point d'exploser, mais il s'adossa dans son fauteuil, croisant les mains devant lui, et attendit simplement une question :

- Et dites-nous la surprise qu'a été la vôtre quand vous avez été promu par le ministère comme Directeur de Poudlard ! Cela alors même que l'année dernière, suite à un incident qui vous avait rendu vos 17 ans, vous avez été testé par ce même ministère pour essayer de vous faire renvoyer. Enfin, ce n'était pas le même ministère, vu la mort tragique de Scrimgeour dans un terrible accident. Mais son successeur semble faire amende honorable après toutes les épreuves qu'ils vous ont fait subir pendant ces long mois. Du jugement concernant votre âge après une erreur de votre part, et après une cavale forcée suite à une erreur de la leur. Ce fut une année des plus complexe à vivre j'en suis certaine !

"Ne pas la tuer, ne pas la tuer, ne pas la tuer, ne pas la tuer..." se répétait l'espion en une litanie interne de plus en plus difficile à tenir.

- Vous avez apparemment envoyé la liste des futures enseignants pour l'année à venir et vous avez ainsi décider de ne pas la changer. Hormis pour les deux postes qui était à pouvoir. Celui de DCFM que vous occupiez encore l'année dernière, avant le tragique suicide d'Albus Dumbledore, et celui d'étude des moldus. Car rappelons aux lecteurs que Charity Burbage a disparue. Enfin, elle s'est sûrement juste enfuie, rappelons aussi qu'elle avait vraisemblablement des secrets à cacher, concernant une affaire sordide.

- Une affaire sordide ? Ne put s'empêcher de demander Severus, conservant un ton méprisant et de plus en plus fatigué malgré le choc.

- Oui, vous savez bien voyons ! Elle participait à des trafics de substances illégales ! Enfin, cela ne nous regarde pas n'est-ce pas ? Dit-elle en faisant un clin d'œil malsain à Severus qui se pinça l'arête du nez.

Après un énième monologue terriblement long de la part de la journaliste, qui n'en était clairement pas une, le supplice se termina enfin. Durant ce temps, bien trop long, Severus n'avait pas entendu une seule question et n'avait ainsi donc répondu à rien du tout. Il avait juste subi le moment, qui lui valait maintenant une migraine faramineuse et sûrement un début d'ulcère à l'estomac. Il remit rapidement les protections au-dessus de sa maison et s'affala dans son canapé. Il regarda sa chevalière, qui n'avait pas bougé depuis la veille au soir. Il pensait à son Hermione et soupira en imaginant ce qu'elle penserait en voyant la nouvelle dans les journaux. Puis, il se demanda d'ailleurs si elle avait accès aux informations d'où elle était. Il allait bientôt retourner à Poudlard, sans elle et sans Al, et sans soutien tout court... Enfin si, il aurait sa mère, qui bien entendu avait elle aussi d'office conserver son poste de bibliothécaire.

La rentrée approcha, il ne restait qu'une semaine à peine de vacances. Le lendemain, Severus allait partir pour Poudlard afin de se familiariser avec son nouveau bureau. Il repoussait l'inévitable depuis bien trop longtemps et avait laisser Minerva gérer la paperasse en lui envoyant les instructions par courriers. Il l'avait maintenu en tant que directrice adjointe, mais n'avait pas souhaité la revoir pour le moment. Il se doutait que les retrouvailles allaient être difficiles. McGonagall et tous les autres avaient accepté de conserver leurs postes, mais cela n'avait pas été gagné d'avance. C'est sa mère qui lui avait expliqué que ses employés avaient d'un commun accord accepté de retourner à Poudlard uniquement pour les élèves, pour les protéger des Carrow et... De lui... Il soupira, pour la milliardième fois en quelques jours. Il savait qu'il allait réussir à gérer, mais uniquement parce qu'il n'avait pas le choix.

Le soir même, avant son départ, Severus sentit sa main picoter, comme chaque jour. Il prit sa pièce pour lui répondre et ainsi lui montrer que ses pensées accompagnaient la jeune femme, mais aussi pour prouver qu'il était toujours en vie. Après avoir envoyé le code, il s'assit dans son fauteuil et reprit sa lecture, distraitement. Il n'arrivait absolument pas à se concentrer. Il posa donc le bouquin sur la table basse, et reprit la pièce dans ses mains. Il avait tellement besoin d'elle et il espérait qu'elle s'en sortait mieux que lui dans la gestion du manque de l'autre. Il lui renvoya de nouveau le code, avant de serrer la pièce dans sa main et de poser son front contre son poing fermé sur l'objet. Poudlard allait devenir un enfer, là où l'impasse du tisseur lui semblait de plus en plus accueillant. Il finit par se lever et se dirigea dans son ancienne chambre, une fois de plus. Il ne prit pas le temps de se mettre en pyjama et opta pour s'allonger habillé, sombrant dans les bras de morphée rapidement.

Severus arriva devant les grilles du château avec un pincement au cœur. Une fois à l'intérieur, il ne croisa personne et put se rendre jusqu'à son bureau. Une fois devant la gargouille gardienne, cette dernière attendit le nouveau mot de passe. Severus apposa sa main sur la pierre et cette dernière se mit à vibrer légèrement en reconnaissant son nouveau propriétaire. Il inspira et choisi donc sa carte de visite :

- Félix Félicis

La gargouille laissa alors place à un escalier magique qui grimpait lentement jusqu'à la porte du bureau. Une fois devant la porte en bois, il posa sa main sur la poignée et l'ouvrit. Il entra alors dans ce bureau qu'il connaissait si bien, étant resté tel qu'il était depuis la mort du dernier directeur. Même Minerva qui avait eu le titre de directrice provisoire n'avait touché à rien. Severus s'approcha lentement du bureau, regardant le perchoir vide de Fumseck, le Phénix étant parti après l'enterrement de son maître. Il posa sa main contre le bois massif et sentit son sang se figer en entendant une voix bien familière :

- Bonjour mon garçon. Je m'attendais à te voir arriver bien plus tôt !

- Je n'étais pas pressé de croiser certaines personnes ici Al, mais ça, tu t'en doutes ! Répondit le directeur Rogue en se tournant lentement vers le tableau de son ancien patron.

- En effet, je m'en suis douté. Mais, tu sauras gérer Minerva et les autres, tu verras.

Severus s'approcha du cadre, joliment ornementé d'or, faisant ainsi face au portrait d'Albus qui était assis dans un fauteuil molletonné comme il les aimait. Il semblait si vivant, si réel, et pourtant, il ne s'agissait que d'un tableau. Bien sûr, c'était une toile mouvante qui possédait tous les souvenir de celui qu'il représentait, mais il n'était pas lui. Un portrait, aussi bien réalisé soit-il, possédait des limites. Ainsi, cet Albus serait toujours le même, emmagasinant de nouveaux souvenirs, mais ne pouvant plus jamais changer de personnalité malgré ce qu'il apprendra. Heureusement, quand il avait été peint, l'ancien directeur était de bonne humeur et c'est ainsi qu'il serait à jamais. Comme il l'avait été une bonne partie de sa vie d'ailleurs :

- Je suppose que tu vas changer la décoration. Reprit alors le portrait en souriant.

- Je ne suis pas encore sûr de le faire.

- Tu ne peux décemment pas rester dans un bureau rouge et or voyons. Même si cette couleur te va parfaitement au teint maintenant.

Albus avait dit cela avec un regard malicieux. Severus serra alors le point, pas du tout disposé à s'amuser :

- Bon, ça suffit maintenant ! Je ne supporte plus tes allusions Al ! Si tu veux dire quelque chose, fait le directement bon sang !

- Je ne le faisais pas de mon vivant mon garçon, je ne le ferais pas plus maintenant.

La toile ricana légèrement et l'espion donna un coup dans le mur, juste à côté du portrait. Les autres toiles se mirent à grimacer en lançant un regard noir à Severus qui regarda le sol en soupirant :

- Désolé. Je n'aurais pas dû m'énerver comme ça.

- Je ne peux t'en vouloir voyons. Je sais tous les sacrifices que je t'ai demandé, et tout ce que je t'ai fait promettre. Tu as de quoi être énervé Severus. Mais, ne perd pas de vue ce...

- ... Qui est important ! Finit Rogue en regardant de nouveau Dumbledore. Je sais ce qui l'est. Je ne le perdrais jamais de vue, je ne te l'ai pas promis qu'à toi.

Severus se retourna et se redirigea vers le bureau. Il sortit sa baguette et avec un geste souple, changea les couleurs rouge et or en un magnifique vert et argent. Seul le fauteuil directorial resta au couleur de Gryffondor. Il sourit légèrement, assez fier de son œuvre :

- Au moins, j'aurais tout loisir de poser mon postérieur sur les couleurs de ta maison Al ! Et, tu as raison, elles me vont bien au teint… Il me semble pouvoir affirmer que j'aime bien avoir du rouge et or dans ma vie, c'est plutôt agréable.

Quand il se tourna de nouveau vers le portrait de son père, il secoua la tête en le voyant endormi sur son fauteuil. L'espion n'en fut pas certain, mais il eut l'impression de voir un léger sourire amusé et rapide se former sur le visage du dormeur. Ainsi apaisé après cette discussion avec son ancien mentor, le nouveau directeur se dirigea vers le fauteuil et s'assit. Il posa ses mains sur les accoudoir et pensa à son Amortentia. Puis, sortant ce dont il avait besoin pour commencer son travail, il porta une dernière fois son regard sur le portrait et dit doucement :

- Vous serez fier de moi, elle et toi. En attendant, repose toi bien Al. Tu l'as bien mérité...

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Notes :

Severus a retrouvé Poudlard mais a perdu Hermione.

Comment va-t-il pouvoir l'aider depuis sa tour d'ivoire ?

A bientôt pour la suite ! ^^

Merci encore à ma courgette chérie :D