Bonjour/Bonsoir tout le monde.
Alors finalement, qu'est-ce que ça fait de revenir à Poudlard ?
Merci une nouvelle fois à vous tous et bonne lecture ;)
Et pour finir, avant le début de l'histoire, tout appartient à J.K Rowling bien sûr. Je ne fait que laisser libre cours à mon imagination avec un univers qui est à elle. ^^
OoOoOoOoOoOoOoO
Chapitre 21 : Vive le vent d'hiver
Être directeur de Poudlard était encore pire que ce que Severus s'était imaginé. Les Carrow étaient infernaux et Rogue devait sans arrêt les empêcher d'aller trop loin, leurs exposant les plaintes de plus en plus nombreuses des parents d'élèves. Heureusement, Voldemort lui faisait une confiance presque aveugle maintenant, le laissant gérer l'école comme il l'entendait. Cependant, il ne pouvait pas non plus se montrer trop clément envers les cornichons qui se rebellaient de façon trop peu discrète. A devoir ainsi jongler entre la protection des élèves et les punitions bien plus féroces que l'année dernière, Rogue se sentait de plus en plus débordé.
Severus devait aussi faire face aux regards méprisants de ses autres employés et anciens collègues. Ils n'adressaient la parole à leur directeur que lorsque c'était vraiment nécessaire et il décida d'en faire autant, afin de ne pas les braquer davantage. Il avait bien entendu l'habitude de la solitude et des regards de travers, mais il se sentait tout de même blessé vu que cela venait de personnes qu'il estimait. Oh, bien entendu, il les comprenait, tous autant qu'ils furent, mais cela ne l'aidait pas beaucoup à se sentir mieux.
Heureusement sa mère était là, ainsi allait-il régulièrement à la bibliothèque quand il avait du temps libre. Il y avait Albus aussi, qui lui parlait quotidiennement, ce qui aidait Severus à ne pas se sentir entièrement seul au monde. Et pour finir, il y avait son Amortentia... Hermione lui manquait terriblement et il s'inquiétait tout au long de la journée, jusqu'à ressentir sa main picoter. Il la savait en vie et c'était déjà beaucoup, bien que cela devenait de moins en moins suffisant au cours du temps. Il avait besoin de la voir, besoin de lui parler, ou tout du moins, il avait grandement besoin de se sentir utile pour elle, ce qui était impossible.
Un soir de décembre, Severus se mit dans son fauteuil après une journée à s'occuper des budgets pour les différents cours. La château était sous la neige depuis quelques jours maintenant, mais l'ambiance était pesante au lieu d'être féérique comme avant. Il tourna la tête pour observer son porte manteaux non loin et observa son écharpe, puis il repensa au noël de l'année dernière et à sa joie quand il avait ouvert le cadeau d'Hermione. Il se leva alors, pensif, et regarda le parc de Poudlard depuis sa tour d'ivoire. Pas un seul bonhomme de neige, pas un seul vestige de bataille de poudreuse, pas une seule décoration et finalement, pas de signe de vie tout court... Il soupira puis dit à haute voix, se doutant qu'Albus feignait encore une fois l'endormissement :
- Halloween a été morbide cette année, nous n'aurions pas pu mieux coller avec le thème de la fête, bien plus que durant tes tentatives de décorations du château d'ailleurs... Je me demande, du coup, s'il est possible de rendre noël plus joyeux encore que celui l'année dernière...
- Tiens donc, serais-tu en train d'insinuer que les décorations de fête te manquent mon garçon ?
- J'ai 37 ans, je ne suis plus un garçon Al ! Et, je ne dis pas que j'aime les décorations, ni même que les fêtes de fin d'année sont plaisantes... Je dis juste que je pense pouvoir faire mieux que toi !
- Oui, bien entendu, suis-je bête ! Dit Albus avec un sourire narquois. Tu te lances juste un challenge, pour prouver ta supériorité.
Severus ne répondit pas, retourna vers son bureau et dit doucement :
- Dobby, peux-tu venir je te prie ?
Après un "pop" sonore, juste à la fin de la phrase du directeur, le petit elfe de maison apparut encore et toujours accoutré de façon farfelue. Cette fois, en plus de chaussettes dépareillées et d'un semblant de costume trois pièce rose et jaune fluo, il arborait une demi-douzaine de bonnets sur le haut de son crâne. Severus le toisa, retenant un sourire amusé :
- Oui monsieur le directeur Rogue ?
- Je t'ai déjà demandé de m'appeler Severus !
- Je ne peux pas monsieur le directeur Rogue. Vous êtes directement mon employeur maintenant.
Rogue soupira, il savait qu'il n'obtiendrait jamais gain de cause... L'elfe s'était montré presque virulent en début d'année, mais avait fini par s'apaiser en voyant un jour la "terreur des hauteurs", nouveau surnom de la part des cornichons et des enseignants, parler au portrait d'Albus pour lui demander conseil sur la protection des élèves. Depuis, il était redevenu le gentil Dobby que Severus avait l'habitude de côtoyer avant son exil. Cependant, la créature s'était montrée têtue concernant le titre qu'il lui donnait :
- Mouais, marmonna Severus, bref. J'aurais besoin de parler à Minerva, tu veux bien aller la chercher s'il te plaît ?
- Mme McGonagall ? Répéta l'elfe très surpris. Vous en êtes totalement sûr monsieur le directeur Rogue ?
- Oui, j'en suis certain. Je dois lui parler. Merci Dobby.
Sans plus attendre, ce dernier disparut pour faire ce qu'on lui avait demandé. Severus s'installa dans son fauteuil et dut attendre une demi-heure avant que Minerva n'arrive. Rogue savait qu'elle avait fait exprès de le faire poireauter, mais il fit mine de rien :
- Installez-vous Minerva ! Dit-il en lui indiquant le siège devant lui.
- Je préfère rester debout "monsieur" !
Elle aussi avait pris l'habitude de l'appeler simplement "monsieur" en sachant pertinemment que cela l'énervait. Mais là encore c'était normal, ce n'était pas un ami, ni même un collègue maintenant, c'était un traitre... LE traitre !
- Soit, répondit le directeur d'un ton las, restez debout alors !
- Vous vouliez me voir pour quelle raison au juste ? A cette heure, j'ai d'autre...
- Chats à fouetter peut-être ? Ne put s'empêcher de rétorquer Severus avec ironie.
Minerva lui lança un regard mi-noir, mi-surpris, l'homme devant elle n'ayant pas fait ce genre de réflexions Roguienne depuis la rentrée scolaire. En même temps, il n'en avait pas vraiment eu l'occasion, en ayant parlé avec elle une fois par semaine à peine. Enfin, il se reprit et dit d'une voix plus neutre, si ce n'était dédaigneux :
- Je souhaiterais que vous et les autres professeurs mettiez le châteaux aux couleurs de noël. Le mieux serait de commencer demain avec les décorations de l'année dernière. Et, j'allouerais un budget de façon à ce que vous puissiez investir dans de nouvelles fanfreluches décoratives.
La sous directrice ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois d'affilés sans qu'aucun sons n'en sortent. Severus eut un rictus amusé aux lèvres :
- Seriez-vous devenu un poisson-chat depuis la dernière fois que je vous ai vu vous transformer ?
- Je... Non... Heu...
- Vous bafouillez Minerva, je ne comprends rien à ce que vous dites ! Auriez-vous l'amabilité de vous prononcer sur mes instructions ?
- Oui... Heu, bien entendu, je pense que nous pourrons commencer à décorer le château dès demain. Et nous attendrons votre budget pour aller à pré-au-lard, ou à Londres, pour les achats...
- Très bien, ce sera tout ! Vous pouvez disposer.
Minerva se dirigea rapidement vers la porte du bureau pour sortir, mais elle s'arrêta après avoir ouverte cette dernière. Sans se retourner, elle se contenta de toussoter :
- Bonne soirée !
Et ainsi, sans rajouter de "Monsieur" derrière, elle partit. Severus s'adossa dans son fauteuil et croisa ses mains devant lui, essayant de se souvenir de la dernière fois où son ancienne collègue lui avait adressé une salutation agréable, tout cela sous le regard bienveillant du portrait d'Albus.
Dès le lendemain matin les décorations commencèrent à pousser un peu partout dans le château, et les Carrow vinrent se plaindre auprès de Severus. Cependant, leur directeur se montra intransigeant :
- Si vous étiez moins enclin à torturer vos élèves par des "doloris" en plein cours, peut-être recevrais-je moins de missives de la part de parents mécontents qui menacent de récupérer le peu de cornichons qui sont revenus cette année ! Alors vous allez devoir vous habituer aux festivités de fin d'année ! Il faut redonner aux élèves et à leurs familles l'envie de rester à Poudlard. Sinon, nous n'aurons bientôt qu'à fermer les portes de l'école et notre maître n'aura plus de nouvelles recrues formées décemment ! Si cela devait arriver, je vous laisserais lui expliquer par vous-même.
Leur ayant ainsi couper l'herbe sous le pied, les mangemorts ne posèrent plus de problèmes, pour les fêtes tout du moins. Plus tard dans la semaine, Severus envoya McGonagall acheter d'autre décorations et Hagrid chercher un sapin. Bientôt, la château fut décoré tel une boule à neige, plus encore que l'année précédente :
- Eh bien Al, je crois pouvoir assurer que le château et bien plus décoré que l'année passée. Dit Severus en employant un ton des plus hautain face au portrait de Dumbledore.
- Il me semble pourtant que tu as oublié de décorer une pièce importante de Poudlard ! Répondit le vieillard en souriant.
- Comment ça une pièce importante ? La grande salle ressemble Disneyland, je n'ai jamais vu autant de fausse neige et de boule de noël de toute ma vie ! Grogna alors Rogue entre ses dents.
- Je parlais de ton bureau mon garçon !
Severus fronça les sourcils et se tourna pour regarder son lieu de travail. Il ne l'avait pas décoré, en effet, mais personne ne venait jamais ici à part pour se plaindre, une fois de temps en temps :
- Je ne vois pas pourquoi je devrais décorer cet endroit Al. Il n'est pas si important que ça !
- Le bureau du directeur est le cœur même du château Severus. Il n'est peut-être pas un lieu très visité, mais il n'en est pas moins la pièce centrale de Poudlard. Et puis, tu n'as pas oublié que tu espères faire mieux que moi non ?
- Hum... Peut-être...
- Et si tu ne veux pas le faire pour toi, fais-le pour un pauvre portrait qui n'a pas la chance de voir la grande salle.
Albus arborait un sourire radieux face à la terreur des hauteurs. Severus soupira et haussa les épaules :
- C'est juste parce que j'ai dit que je ferais mieux que toi, rien de plus ! Dobby, tu peux venir s'il te plait ?
- Monsieur le directeur Rogue a appelé Dobby ?
- Oui Dobby, est-ce que tu voudrais bien m'apporter des décorations de noël ?
- OH OUI ! S'exclama l'elfe qui semblait plus que ravi.
Dobby disparut et réapparut moins de cinq minutes plus tard avec d'énormes cartons de décorations vertes et rouges. Severus le regarda intrigué :
- Dobby a pensé que ces couleurs seraient parfaites pour le bureau de monsieur le directeur Rogue. Dit-il alors en espérant ne pas avoir commis d'impair.
- Ce sera... Parfait ! Sans aucun doute Dobby.
Avec l'aide de la créature, Severus décora donc son bureau, sous le regard pétillant au possible du portrait d'Albus. Ainsi, après une demi-heure de dur labeur, Rogue ne reconnut même pas son propre lieu de travail. Il le trouvait plutôt joli ainsi décoré, mais sa réaction fut bien plus modérée bien entendu :
- Bien, maintenant, j'ai gagné !
- C'est certain Severus, répondit Al en baillant, c'est certain.
Severus s'assit à son fauteuil et regarda Dobby qui fixait la dernière guirlande sur l'âtre de la cheminée. Le directeur s'amusa de voir l'elfe aussi joyeux en décorant, la multitude de bonnets qui ne le quittaient plus depuis l'hiver menaçant de glisser sans arrêt :
- Dit-moi Dobby, pourquoi diantre gardes-tu autant de bonnets sur ta tête ? Ne sais-tu donc pas qu'un seul suffirait amplement ?
- Si monsieur le directeur Rogue, Dobby le sait, mais ce sont des cadeaux que Dobby garde précieusement.
- Des cadeaux dis-tu ? Laisse-moi deviner, c'est Albus qui te les a offerts pour noël ? Dit alors Severus avec un rictus amusé.
- Non monsieur le directeur Rogue ! C'est miss Hermione Granger qui les a fait elle-même et qui les a offert aux elfes de Poudlard. Mais je suis le seul à vouloir des vêtements, elle m'a donc autorisé à tous les garder.
Severus perdit son rictus amusé en entendant parler de son Amortentia. C'était tellement elle, avec sa Société d'Aide à la Libération des Elfes. Le jeune directeur aurait bien aimé rire de cette annonce, mais son cœur était trop triste pour cela. Il se contenta de regarder Dobby et de lui dire d'une voix posée, presque nostalgique :
- Tu as raison de les garder précieusement. Ils te vont très bien.
L'elfe remercia son employeur avant de terminer sa besogne. Puis il retourna en cuisine, laissant seul un Severus qui n'avait de nouveau plus qu'Hermione en tête. Il attrapa sa pièce et lui envoya le code habituel, espérant avoir une réponse rapide. Il soupira et s'avachit dans son fauteuil, fermant les yeux et se pinçant l'arête du nez, espérant trouver quelque chose à faire pour elle. Puis, il entendit la porte de son bureau s'ouvrir, suivit de la voix énervée de sa mère :
- Je vais tuer les Carrow si tu ne... Par les caleçons de Salazar ! Mais qu'est-il arrivé à ton bureau Severus ?
Severus resta avachi sur son trône directorial et regarda sa mère avant de dire d'une voix las, dégoulinante d'ironie :
- Les trois fantômes des noëls passé, présent et futur sont venus m'importuner et j'ai donc décidé de décorer le château. Cependant, vous devriez surveiller votre langage devant votre directeur, Mme Pince !
- Le château, oui, j'avais pu le constater ! Mais ton bureau ! Serais-tu malade ?
- Tu n'étais pas en train de te plaindre des Carrow en entrant ? Demanda alors son fils en changeant de sujet.
- Heu... Oui ! Tu dois faire quelques choses Severus ! Ils ont encore puni le pauvre Londubat en lui lançant un doloris !
- Et pour quelle raison l'ont-ils puni cette fois ?
- Parce qu'il trainait seul dans les couloirs, c'est tout ! Je l'ai retrouvé adossé contre le mur au beau milieu de… Eh bien de rien du tout en fait ! Le pauvre garçon était en état de choc.
- Au beau milieu de rien ? Répéta Severus, intrigué en se redressant dans son fauteuil. Et ce beau milieu de rien, étais-ce vers la tapisserie de Barnabas le follet ?
- Mais quel est le...
- Réponds-moi juste ! Était-il vers la représentation du fou qui voulait apprendre au trolls à danser ?
- Oui, mais...
Severus se releva, comme si sa chaise avait été en feu, puis il regarda sa mère comme s'il venait de comprendre une chose importante. Il lui dit alors rapidement :
- Tu as bien fait de venir ! Et pour répondre à ta question, le rapport entre le lieu où tu as retrouvé le jeune Gryffondor et la tapisserie, c'est simplement que je pense que Londubat est en train de reformer l'armée de Dumbledore. Si ce n'est pas déjà fait d'ailleurs ! Et les Carrow ne doivent absolument rien savoir de ça ! Tu comprends, je suppose, que les vies de ces enfants sont en jeux ! Aurais-tu donc la possibilité d'aller en toucher deux mots à Minerva, comme si de rien était ? Il faut encourager les élèves à se défendre, mais ils doivent le faire bien plus discrètement ! Et surtout, en étant en sécurité ! Et je suis persuadé que la directrice de Gryffondor et les autres enseignants vont pouvoir les aider !
- Je... Eh bien, je suppose que je peux oui.
Irma semblait ne rien comprendre du tout, mais son fils était tellement vif qu'elle sut que la mission qu'il venait de lui confier était des plus importantes. Elle partit donc retrouver Minerva, pendant que le jeune directeur se dirigea vers Albus. Observant le portrait endormit, il finit par dire d'une voix neutre, tout en croisant ses bras sur son torse :
- Tu as entendu ça "dormeur" ?
- Hum, peut-être. Répondit le portrait en relevant la tête vers Severus, lui faisant un clin d'œil amusé.
- Si l'AD se reforme, peut-être que les élèves pourront de nouveau apprendre de réel sort de défense. Ils en ont besoin, vu les cours donnés par Amycius !
- Il est vrai que cette nouvelle est plutôt bonne. Mais comme tu le soulignais, les étudiants de cette école vont avoir besoin de soutien. Minerva et les autres seront d'une aide précieuse, mais tu devrais essayer de les aider toi aussi.
- Et puis-je savoir comment au juste ? Demanda Rogue en haussant les épaules.
- Je ne saurais le dire pour l'instant. Cependant, quand je me retrouvais bloqué dans mes réflexions, je me baladais souvent pour prendre l'air. Depuis combien de temps n'es-tu pas sorti de ton bureau ?
- J'en sors pour tous les repas et pour dormir !
- Et hormis ces moments ? Devant le silence de Severus Albus sourit et reprit. Tu devrais aller en haut de la tour d'astronomie mon garçon. La vue en décembre y est merveilleuse. Et j'ai souvenir que tu aimais t'y rendre !
Severus frissonna en entendant parler de cet endroit maudit à ses yeux. Il détourna le regard en disant à voix basse :
- J'aimais, mais plus maintenant Al... Tu le sais pertinemment.
- Dans les moments les plus sombres, il faut savoir rallumer la lumière Severus ! Tu dois retourner là-haut et combattre tes démons. Tu n'as rien à te reprocher de cette nuit-là et tu le sais bien. Tu dois réussir à voir cette vérité en face et te rendre compte que tout n'est pas si sombre. D'autant plus que cette tour t'a déjà permis d'illuminer beaucoup d'aspect de ta vie, je me trompe ?
- Quand bien même, je ne vois pas pourquoi je devrais y monter pour réfléchir !
- Ais confiance en ce vieux fou que j'étais !
- Tu es toujours un vieillard complétement timbré ! maugréa Severus entre ses dents.
- Raison de plus. Dit Albus en riant de bon cœur.
Le jeune directeur soupira et se dirigea vers son porte manteaux sans rien dire de plus. Il attrapa sa cape, l'enfila, puis il sortit de son bureau. Il ne prit cependant pas la direction de la tour d'astronomie mais celle du parc, bien décidé à se rendre le plus à l'opposé possible de son cauchemar. Néanmoins, en chemin, il entendit des murmures qui le forcèrent à s'arrêter dans un recoin sombre. Il reconnut la voix de Minerva suivit de celle de Filius. Apparemment, sa mère avait déjà accompli sa mission, avec brio. Severus grogna discrètement en s'agaçant de son karma et partit dans l'autre sens, se résignant à ne pas interrompre les messes basses de ses employés. Il remonta finalement les escaliers pour se diriger lentement mais sûrement vers la tour. Repensant à Albus et ses instructions, il se dit que, "éventuellement", son mentor avait peut-être raison de le pousser à affronter ses démons. Il cauchemardait encore trop souvent à propos de son geste, quand bien même il savait qu'il ne devait pas s'en vouloir d'avoir obéi aux ordres d'un mourant.
Arrivé devant les escaliers de la tour, il se figea un instant et inspira profondément avant de se lancer dans l'ascension de ces derniers. Une fois arrivé à quelques marches de la plateforme la plus haute du château, Severus se stoppa et sentit la bile lui monter à la gorge. Il s'était tenu ici même quand... Quand la guerre avait commencé. Il entendait encore les cris de Potter, les rires de Lestrange, les plaintes de Drago et surtout il revoyait un éclair vert pourfendre les airs. Ce n'est qu'après plusieurs minutes que Rogue reprit sa montée, bien décidé à ne pas décevoir le portrait de l'homme qui l'avait soutenu tant d'années. Il avait réussi, il se tenait maintenant tout en haut de la tour d'astronomie et une brise glaciale lui chatouilla le visage. Il sortit son écharpe qu'il avait glissé dans la poche interne de sa cape et la mit autour de son cou, repensant à son Amortentia. Puis, de nouveaux échos se firent entendre dans sa tête, bien plus joyeux, bien plus agréable et doux :
" Il est plus de minuit, les élèves ne sont pas censés être dans les couloirs. "
Severus se surprit à sourire, ses lèvres cachées derrière son écharpe, puis il se dirigea lentement vers "sa" rambarde. Il posa ses mains dessus et regarda le parc de Poudlard, entièrement blanchi par une neige épaisse. Après un instant, le jeune directeur eut le regard attiré par un détail... Un bonhomme de neige géant trônait dans la cours, juste à côté de ce qui semblait être des rempart pour se protéger lors de batailles de poudreuse. Les fêtes de fin d'années étaient bien mieux quand elles étaient pleines de vie, mais il garderait cette réflexion pour lui, bien évidemment.
En parlant de réflexion, il devait trouver une solution pour aider ses élèves, il ne pouvait pas les laisser se mettre en danger face aux psychopathes qu'étaient les jumeaux Carrow. Rogue serra ses mains autour de la rambarde, jusqu'à s'en blanchir les phalanges. La haine qu'il ressentait contre ces mangemorts à la noix étant de pire en pire. Puis, sa main gauche le picota et il eut la sensation idiote qu'Hermione se tenait à ses côtés, comme ils en avaient pris l'habitude suite à son accident. Cette erreur qu'il avait commise, par un réflexe fâcheux, avait finalement été la plus belle chose qui lui était jamais arrivé. Les réflexes pouvaient parfois avoir du bon ! Drago n'avait sûrement jamais pensé à cela quand il avait imaginé son plan de rajeunissement pour Potter.
Après quelques minutes ainsi, Severus commença à désespérer de trouver une bonne idée. Mais, il savait cependant que ses employés allaient déjà, de leurs côtés, mettre en place des stratagèmes ingénieux pour aider l'armée qui prenait forme au sein du château. Il se rassura en pensant cela et ferma les yeux un instant. Ses pensées allèrent de nouveau jusqu'à son Amortentia, se demandant où elle pouvait-être à l'heure actuelle et ce qu'elle pouvait être en train de faire. Qu'est-ce qu'il aurait aimé pouvoir l'aider et lui permettre de rentrer plus vite, ce qui serait signe du début de la fin de cette guerre insensée. Les yeux clos, il revoyait sa belle, son sourire, ses cheveux quasiment vivants et ses magnifiques iris ambrées. Il sourit, ayant l'impression qu'elle était face à lui, lui tendant la main. Il relâcha la rambarde et tendit son bras en avant, comme pour attraper celle de sa compagne, dans un réflexe stupide en sachant qu'elle n'était pas là, à planer dans le vide de la tour d'astronomie. Pourtant, il eut la sensation étrange de pouvoir la toucher et cela lui suffisait.
Puis, proche de cette main qu'il voyait avec ses yeux clos, il crut apercevoir un objet brillant. Il fronça les sourcils, gardant ses pupilles fermées et vit apparaître ainsi la clé de l'impasse du tisseur qui lui permettait de transplaner directement dans son foyer. C'est alors qu'il se sentit bizarre et son corps se mit à tournoyer sur place, comme s'il... Transplannait ?
Quand il rouvrit les yeux, nauséeux, il constata avec effroi qu'il n'était plus à Poudlard. On ne pouvait pourtant pas transplaner dans l'enceinte du château, comment diantre s'était-il retrouvé ici ? Dans une forêt inconnue qui plus est ? Puis il se rappela qu'il était maintenant directeur et qu'il possédait l'autorisation de sortir de l'établissement de la sorte, du moment qu'il se trouvait... En haut de la tour d'astronomie ! Il respira profondément, cherchant à savoir où il était et c'est alors qu'au beau milieu de l'obscurité de la nuit tombante, il vit une toile de tente d'où provenait de la musique. Il s'approcha discrètement après s'être désillusionné et crut mourir sur place en regardant par une ouverture légère dans le tissu de l'abri. Hermione était assise dans un coin, observant un médaillon avec l'air perplexe. Son Amortentia ? Mais comment était-ce possible ? Il aurait voulu entrer et la prendre dans ses bras, mais il vit Potter plus loin, l'air sombre et triste.
Il se recula et réfléchit intensément sur le pourquoi du comment, tout en effectuant les cent pas devant la tente, le plus silencieusement possible. Severus se revoyait en haut de la tour d'astronomie, il se souvenait avoir pensé à Hermione et de l'avoir imaginé devant lui, puis il se rappela enfin d'avoir vu la clé de chez lui et d'avoir ainsi penser très fort à sa demeure. Mais alors, il aurait dû atterrir impasse du tisseur ? Il avait sa clé après tout, alors pourquoi était-il arrivé devant cette tente, si proche de sa lionne ?
Puis, une idée saugrenue lui vint à l'esprit : et s'il avait finalement réellement transplané dans son foyer ? Et si, tout bonnement, son chez lui était là où se trouvait Hermione ? Et puis, elle avait sur elle un bout de l'impasse du tisseur, au même titre que lui-même, lui permettant éventuellement de passer outre des sorts de protection, comme dans la vétuste maisonnette moldue...
Après avoir formulé cette hypothèse dans son crâne en ébullition, il secoua la tête. Cela semblait bien trop improbable, même si cette idée ne lui sortait plus de l'esprit. Après avoir fulminé un moment encore, entre la joie d'être si proche d'elle et l'inquiétude d'être vu, il décida qu'il était temps pour lui de repartir. Le jeune directeur se promit en revanche qu'il reviendrait plus tard, maintenant qu'il savait où la trouver, et ce afin de s'assurer qu'elle ne manquait de rien.
Severus retourna vers l'entrée de la toile de tente et regarda de nouveau à l'intérieur afin de voir sa préfète avant de partir. Il n'aurait cependant pas dû, car ce qu'il vit lui déplut au plus profond de ses entrailles, faisant ainsi bouillir son sang. Il serra le poing et se retourna, effaça ses traces de pas dans la poudreuse et transplana de nouveau vers la tour d'astronomie. Rogue retourna dans son bureau, fulminant comme jamais et claquant la porte de la pièce une fois à l'intérieur, dérangeant le repos des portraits au mur. Albus, comme toujours souriant, lui demanda alors :
- Est-ce que ce petit tour t'a été utile ?
- Utile ? Je ne sais pas ! Est-ce que voir la femme qu'on aime danser avec un autre est utile à ton humble avis Al ? Pesta Severus et jetant sa cape à terre, toujours aussi énervé de ce qu'il avait vu.
- Oh, je suppose que oui mon garçon. Car l'important est de voir l'être aimé de bonne humeur malgré la tristesse de la réalité qui l'entoure, ne crois-tu pas ? Une danse n'est rien d'autre qu'un moyen pour s'évader le temps d'une musique, loin du tumulte de la guerre.
Le jeune directeur donna un coup de pied dans un meuble, qui se mit à trembler fortement et qui entraina de ce fait une réaction en chaine jusqu'à la vitrine d'à côté, dont le contenu commença simplement à tomber, brisant les vitres et laissant ainsi trainer au sol les bibelots de cette dernière. Rogue soupira et ragea de plus belle :
- Même si tu as raison, c'est avec moi qu'elle devrait être ! Je sais qu'elle m'est fidèle, j'ai confiance. Mais c'est avec moi qu'elle devrait danser pour se rassurer. Si j'étais avec elle... Je lui serais au moins utile !
- Mais, tu peux lui être utile mon garçon. Elle a besoin de toi, plus que tu ne sembles l'imaginer.
Severus soupira, certain qu'Albus se trompait. Il était toujours agacé au fond, mais uniquement contre lui-même et son rôle inexistant dans la mission qu'avait entrepris le trio d'or. Il se baissa pour attraper le choixpeau magique qui se plaignait d'être au sol et le posa sur le meuble dans lequel il avait frappé. Rogue grogna pour s'excuser, puis réfléchit de nouveau à ce qu'il avait vu, tout en se demandant à cet instant où était ce fichu roux pendant le "moment détente" qu'il avait observé. Le jeune directeur était sur le point de pester de nouveau, quand il regarda de plus près un objet long et brillant au sol : l'épée de Gryffondor !
- J'aurais pu être utile en leur apportant cette maudite épée, si seulement il ne s'agissait pas d'une fausse. Et je n'ai aucune idée de comment récupérer la vraie dans le coffre de Lestrange, vu qu'elle l'a tout simplement volé à Scrimgeour le jour de l'attaque du ministère. Quel minable ce type !
Albus regarda celui qu'il considérait comme son fils par-dessus ses lunettes en demi-lune, avant de dire avec sérieux :
- Penses-tu réellement que j'aurais laissé l'épée la plus célèbre de tous les temps aux mains de feu notre ancien ministre, en sachant pourtant ce que tramait tu-sais-qui ?
- Eh bien je... Suppose que...
Severus tourna la tête de nouveau vers l'épée et se baissa pour la ramasser, se coupant légèrement avec les bris de verre. Il se releva, l'arme dans sa main sanguinolente et se tourna vers Albus :
- Tu veux dire que... Ce tas de ferraille est la véritable épée de Godrick Gryffondor ?
- Bien entendu !
- Mais, je suis persuadé d'avoir vu Bellatrix la dérober et la changer avec une fausse qu'elle avait acheté...
- Chez Barjow et Beurk ? Finit le portrait avec un ricanement malicieux.
- Mais par les sous-vêtements de Salazar Serpentard lui-même, comment diable est-ce possible Al ! S'exclama Severus qui ne savait plus s'il devait être énervé ou content.
- Disons que j'avais une totale confiance en l'allégeance de notre ami commun, Mondingus, mais que j'avais surtout confiance en sa cleptomanie légendaire.
- Je ne comprends absolument rien ! Qu'est-ce que Fletcher a à voir avec ça ?
- Disons que, j'ai fait faire une réplique de l'épée plusieurs mois avant ma mort, quand j'ai compris que cette dernière était en mesure de détruire les Horcruxes. Et, j'ai décidé de remplacer la vraie par la fausse dans la vitrine de l'école. J'ai ensuite "malencontreusement" divulgué à Mondigus que j'avais une réplique exacte de l'arme cachée au QG de l'ordre. Suis-tu jusque-là ?
- C'est un peu capillotracté, mais oui... Tu as donc laissé la véritable épée chez Black !
- C'était déjà chez Potter pour être exact. Mais oui, c'est cela. Ainsi, j'étais certain que notre ami allait pouvoir la récupérer suite à mon décès, pensant qu'il était le seul à savoir cela.
- Mais pourquoi voulais-tu qu'il la vole ? Comment pouvais-tu savoir que ce sale type allait la mettre en vente chez Barjow et Beurk et que Lestrange allait l'acheter ?
- Même s'il s'agissait d'une réplique, elle restait très onéreuse et Mondigus n'aime que l'argent, pas les objets. Je pensais cependant, pour être totalement franc avec toi, que ce serais Lucius Malfoy qui l'achèterait. En tout cas, comme tu m'avais fait part d'un coup d'état approchant, j'étais persuadé qu'il y aurait un échange d'arme à ce moment-là, le ministre étant le seul autorisé à s'occuper de ma succession et de mon testament. Et puis, l'épée ne pouvait pas disparaître complétement de Poudlard sans que cela ne soit suspect, il fallait donc bien en laisser une "réplique", après avoir pris "l'authentique" ?
- Et si Lestrange s'était contentée de garder la fausse ?
- Penses-tu sincèrement qu'une personne censée, aussi folle soit-elle au fond, laisserait passer l'occasion de posséder un objet aussi convoité que l'arme d'un fondateur de Poudlard ? Demanda Albus en ricanant malicieusement.
- Tu t'es donc basé sur des suppositions farfelues, en sachant que tu serais de toute façon mort et qu'en cas d'échec quelqu'un d'autre devrait régler le problème ! Grogna donc Severus.
- Disons que les probabilité de réussite était suffisamment élevée pour que cela en vaille le coup. N'est-ce pas ?
- De toute évidence, oui... Accorda Severus en se pinçant l'arête du nez. Ce qui veux dire que je vais pouvoir aider Her... Potter !
- Eh bien, je suppose que oui. Mais, avant cela, je pense que tu vas devoir faire autre chose pour les deux danseurs.
- Quoi donc au juste ?
- Leur ramener le jeune Weasley qui, j'en ai bien peur, s'est perdu.
Ne cherchant même pas à savoir comment le portrait pouvait bien savoir ce genre de chose en était cloué à un mur, il se contenta de regarder l'épée millénaire. Il avait déjà une brillante idée concernant la façon dont il allait la fournir à l'élu. Une fois qu'il aurait retrouvé Weasley bien entendu !
OoOoOoOoOoOoOoO
Notes :
Encore un chapitre de fini.
J'espère qu'il vous a plu une fois de plus.
Oui, je sais, je radote telle une vieille, mais j'assume XD
(#Besoinderéassurance mdr)
Alors, le plan de Severus va-t-il se passer comme il le pense ?
Après tout, pas besoin de se demander quelle est son idée ! MDR
Commentaires de ma courgette :
Seriez-vous devenu un poisson-chat depuis la dernière fois que je vous ai vu vous transformer ? (Mdr tu te lâches là !) Yeah ! Retrouvez Severus en stand up tout les soir au parc des princes ! XD
Mais par les sous-vêtements de Salazar Serpentard lui-même (Mdr mais c'est fini avec les slips de Salazar ?) Je les trouves splendides c'est tout ! ^^
