Hello !
Non, vous vous trompez, je ne suis pas en retard ! Votre imagination vous joue des tours...
En réalité, je trouvais le chapitre un peu trop court avant de le publier et j'ai décidé de rajouter des éléments. Du coup, ça fait plus à lire, pas mal non ?
Merci à tous pour vos reviews ! On en est à 126 et 82 personnes suivent la fiction ! Je ne sais pas pour vous mais tout ce petit monde ne rentrerait pas dans mon appartement lol !
Sur ce commentaire inutile, je vous laisse avec les paroles du groupe Breaking Benjamin.
Bonne lecture !
"Trembling, crawling across my skin,
Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine.
Say goodbye, as we dance with the devil tonight,
Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight..."
...
"Tremblant, rampant sous ma peau,
Je sens tes yeux froids et morts dérober la vie qui est mienne.
Dis adieu, tandis que nous dansons avec le diable ce soir,
Ne t'avises pas de le regarder dans les yeux, pendant que nous dansons avec le diable ce soir..."
...
Breaking Benjamin – Dance With The Devil
Chapitre 18 : Dance With The Devil
Dans la clairière, il faisait sombre.
Les arbres autour d'elle projetaient des ombres inquiétantes tandis que la lune, qui surplombait la scène, brillait d'une lumière aveuglante. Une légère brise se leva, faisant frémir les branches des arbres ainsi que le garçon qui se tenait là. Lui tournant autour, des pas silencieux foulaient la terre humide, tel un prédateur face à une proie. Ses longues capes noires glissaient lentement sur l'herbe, pareilles à un serpent, et Harry frissonna.
Il n'arrivait plus à penser. Où était-il ? Que lui était-il arrivé ?...
À genoux à même le sol, il était terrifié. Il voulait fuir, courir le plus loin possible, mais il en était incapable. La peur le paralysait et il était incapable de s'enfuir.
À nouveau, un vent froid se leva et les arbres autour de la petite clairière frissonnèrent. Une mèche de cheveux noire de jais tomba sur ses yeux mais il n'osa pas l'enlever. Il frissonna, ses dents claquèrent et ses mains se mirent à trembler plus fort encore, mais il ne bougea pas. La peur lui tordait le ventre, grignotait sa chair et le consumait entièrement. Toute trace de lucidité avait depuis longtemps déserté son esprit et quelques gouttes de sueur froide lui coulèrent dans le dos.
Soudain, sa voix claqua dans le silence et fit brusquement frémir l'adolescent :
« Harry Potter. »
Il garda la tête basse, son regard résolument fixé sur l'herbe qui se balançait légèrement sous le vent. Ses yeux à lui, il en était sûr, le toisait avec une fureur froide et cruelle.
Il ne voulait pas croiser ce regard.
« Peut-être devrais-je te tuer, finalement… » dit-il lentement, prenant soin de détacher chaque syllabe et faisant haleter de terreur l'adolescent.
Son cœur se mit à battre plus fort dans sa poitrine et il se mordit à sang la lèvre inférieure.
Malheureusement, la douleur n'apaisa pas sa peur.
« Tu m'as beaucoup déçu, Harry Potter. » annonça la voix d'un ton effroyable tandis que le serpent se mouvait toujours sur l'herbe et lui tournait autour. « J'ai pourtant été patient avec toi, beaucoup plus qu'avec personne d'autre… » continua-t-elle, emplie de fureur contenue. « Je t'ai permis de sortir, mais tu as abusé de ma clémence. »
Il avait peur, comme jamais il n'avait eu peur jusque-là. La voix terrible du mage noir le paralysait et le terrifiait. Son cœur battait beaucoup trop vite dans sa poitrine et sa respiration saccadée lui brûlait la gorge. Ses yeux étaient figés, sa tête complètement vide et tout son corps tremblait.
« Tu m'as désobéi. » claqua la voix, faisant haleter le Survivant. « Tu as tué un de mes fidèles Mangemorts et tu t'es enfui. » l'accusa-t-elle tandis que les épaules de l'adolescent s'affaissaient sous ses paroles acérées.
Que… que disait-il ?...
Au souvenir du corps sans vie de sa victime, il ferma brusquement les yeux et secoua frénétiquement la tête. Il serra plus forts ses mains contre son torse et tenta de faire disparaître l'image qu'il avait dans sa tête, en vain.
« Ne fuis pas la réalité, Harry Potter. » le gifla la voix.
Non, ce n'était pas vrai, il n'était pas…
« Tu es un meurtrier, tu as tué un sorcier de sang-froid. » continua-t-elle, ne lui laissant aucun répit.
Ses mains se mirent à trembler d'avantage et ses yeux s'agrandirent de terreur.
« N'as-tu donc pas pensé aux répercussions ? » lui demanda-t-elle d'un ton mordant.
Il n'avait jamais… il n'avait jamais voulu tuer qui que ce soit…
Soudain, il vit du coin de l'œil le serpent se rapprocher de lui. Il cessa de lui tourner autour et s'avança lentement tandis que l'adolescent, paralysé par la peur, était condamné à ne pouvoir s'enfuir.
Lorsque ses robes noires se plantèrent devant lui, il frémit mais garda résolument son regard fixé sur l'herbe humide, juste devant ses genoux repliés.
« Ma patience a des limites, Harry Potter. » siffla le terrible mage noir. « Et tu viens tout juste de l'épuiser. »
Le cœur de l'adolescent rata un battement et, terrifié par les mots du serpent, il se mit à trembler d'avantage. Il se sentait observé, toisé par ces yeux carmin abominables et n'osait faire un seul mouvement. Une goutte de sueur coula à nouveau dans son dos et il frissonna de froid.
Autour d'eux, le vent faisait siffler les branches des arbres et un nuage vint cacher une partie de la lune.
« Je pourrais te tuer et faire de toi un Inferi, cela garantirait au moins ton obéissance envers moi... » dit le serpent d'une voix lente et basse, à quelques centimètres seulement du garçon, qui haleta soudain. « Qu'en dis-tu ? »
Il eut dans la tête une brève image d'un Inferi et se vit transformé en cette créature. Ses membres étaient squelettiques, son visage blanc et émacié, ses yeux vides.
Non ! Tout mais pas ça… !
« Réponds-moi. » siffla le serpent tout en lui faisant relever brusquement la tête de son emprise invisible.
L'adolescent poussa un faible gémissement de douleur et haleta lorsqu'il croisa les yeux rouges sang du terrible mage noir.
Ces yeux-là n'étaient pas humains. Ils ne l'avaient peut-être jamais été. La pupille était noire et verticale, pareille à celle d'un chat, l'iris était d'un rouge carmin flamboyant.
Harry ne voulait pas faire face à ces yeux. Mais, paralysé par la peur et la tête douloureusement soutenue par l'emprise du serpent, il n'eut d'autre choix que de plonger son regard terrifié dans celui de Voldemort.
Soudain, le serpent avança lentement sa main squelettique vers le visage de l'adolescent.
Celui-ci haleta de terreur, tenta de se reculer, en vain. Il n'était même pas sûr que sa paralysie soit due à sa peur.
Le vent se mit à souffler plus fort, les longues capes noires du serpent se soulevèrent et ses lèvres presque inexistantes s'étirèrent lentement en un sourire effrayant.
De ses longs doigts osseux, il effleura ensuite la cicatrice du Survivant qui, horrifié, avait brusquement fermés les yeux. L'adolescent sentit ses ongles faire doucement le contour de sa cicatrice tandis que son cœur battait frénétiquement dans sa poitrine et que ses dents mordaient furieusement sa lèvre inférieure.
Puis, il sentit les ongles pointus pénétrer la chair et gémit brusquement de douleur.
Sans qu'il ne puisse y faire quoi que ce soit, ses yeux se rouvrirent alors et croisèrent le regard cruel et inquisiteur du serpent.
Puis, tandis que le vent soufflait avec force autour d'eux et que la lune était complètement cachée par les nuages, il prononça d'une voix terrible :
« Désormais, tu m'appartiens. »
Alors, brusquement, les contours et les formes devinrent flous, tout se colora de noir et l'adolescent ne vit et n'entendit bientôt plus rien. Les ténèbres l'encerclèrent, s'engouffrèrent en lui et le vidèrent de toute émotion. Sa respiration se bloqua dans sa gorge, il voulut pousser un hurlement mais n'y parvint pas.
À la place, ses yeux réussirent à distinguer une étincelle de lumière loin, très loin devant lui. Il voulut courir vers elle, l'appeler, lui crier de venir à lui, mais aucun son ne sortit de sa bouche et ses membres refusèrent de bouger.
C'est alors qu'il prit une brusque inspiration et rouvrit les yeux.
La lumière, tant elle était forte, sembla lui brûler la rétine. Il prit de longues et puissantes inspirations tandis que la douleur transperçait son corps de tout part puis referma aussitôt les yeux en poussant un faible gémissement.
Il crut entendre une voix et sentir quelque chose lui toucher le bras mais la voix du terrible serpent surpassait tout. Ses battements de cœur étaient saccadés, il luttait pour ne pas suffoquer.
« Potter… »
Soudain, il sentit quelque chose de froid se coller contre ses lèvres. Il rouvrit les yeux, paniqué, mais les referma aussitôt, aveuglé par la lumière du jour.
Un liquide coula alors dans sa bouche puis dans sa gorge et en quelques secondes à peine, les battements frénétiques de son cœur se calmèrent tandis que liquide semblait se propager dans tout son corps.
Il rouvrit alors les yeux et cligna plusieurs fois les paupières, essayant tant bien que mal de s'accommoder à la lumière. Dans son dos, il sentit comme une barre froide et se colla d'avantage contre elle tandis qu'il entendait vaguement une voix, juste à côté de lui.
Elle l'appelait. Qui était-elle ?
Il parvint à distinguer le bleu de la couette, puis le gris de ses vêtements et grimaça de douleur lorsqu'il ramena ses jambes vers lui. Perdu, il amena ensuite ses mains tremblantes contre son torse et frissonna. Sa vue était floue et les contours indistincts.
Où était-il ? N'était-il pas censé être mort ? La douleur avait été telle qu'il aurait cru...
Il ne comprenait rien.
« Potter ? » répéta la voix près de lui.
Ses oreilles guidant son regard, il tourna la tête en direction de la voix puis frémit en ne voyant que du noir.
La voix continua, elle était calme et basse mais l'adolescent ne l'entendait pas. Lentement, il leva ses mains vers ses yeux, il lui semblait que certains de ses doigts étaient difficiles à bouger, comme s'ils étaient enveloppés dans quelque chose. Tout son bras gauche lui faisait mal, il ne pouvait d'ailleurs pas le bouger.
« Mr Potter, j'aimerais que vous buviez ces potions. » dit vaguement la voix.
Ce n'était pas la même. L'adolescent n'en était pas sûr, mais il lui semblait la connaître.
Que lui voulait-elle ? Boire des potions ?...
Non, il ne pouvait définitivement pas faire ça. Il ne lui faisait pas confiance.
Il l'entendit à nouveau, capta le mot ''empoisonner'' et frissonna légèrement. Sa cuisse lui faisait mal, ainsi que ses côtes et son front. Il lui semblait que quelques mèches de cheveux cachaient ses yeux, ce qui expliquait les sortes de bandes noires devant eux.
Il avait un peu froid, ses mains serrées contre son torse tremblaient et il ne pouvait stopper leur tremblement.
Soudain, la voix se fit plus forte, plus autoritaire.
« Mr Potter… Buvez ces potions avant que je ne vous force à la faire. »
Harry le sentit immédiatement : s'il ne faisait pas ce que la voix lui disait de faire, elle allait lui faire du mal, il en était sûr. Et il ne voulait plus avoir mal.
Sans réfléchir, il tendit alors sa main droite en direction de la voix et prit une première fiole qu'il amena à ses lèvres et qu'il but avec une légère grimace.
La voix dit autre chose, il ne comprit pas et but les autres fioles qu'on lui tendit, sans un mot. Il n'en était pas certain mais il lui semblait qu'il connaissait ce goût infect.
Peut-être la voix était-elle gentille ? Peut-être essayait-elle de l'aider ? Dans tous les cas, elle ne ressemblait pas à… l'autre. C'était sans doute une bonne chose, non ? Car l'autre… l'autre était épouvantable. Et Harry ne voulait plus l'entendre.
Soudain, il vit du coin de l'œil une main floue surmontée de manches noires s'avancer vers lui, vers son visage, comme le serpent l'avait fait.
Un frisson le parcourut et il se recula brusquement dans le lit.
« Ne… ne me… touchez pas ! »
Le mouvement le fit grimacer de douleur et sa cuisse le lança d'avantage.
Non, il ne devait pas lui faire confiance, elle était comme l'autre ! Elle lui voulait du mal ! Mais il avait tellement souffert… pourquoi ne pouvait-on pas le laisser tranquille ? Il ne voulait plus avoir mal… jamais…
« S'il vous plaît… » supplia-t-il d'une voix rauque. « Je… je ne désobéirai… plus… »
La peur qu'il avait ressenti, la douleur, l'effroi, toutes ses sensations qui mettaient sa chair à vif, il ne voulait plus les ressentir. Il en avait assez. S'il promettait d'obéir, on le laisserait tranquille n'est-ce pas ?
La voix se fit plus calme, peut-être plus douce. Voulait-elle l'amadouer ?...
Elle sembla l'appeler et il secoua frénétiquement la tête. Il ne se laisserait pas avoir. Il ne devait faire confiance à personne. Si on lui disait d'obéir, il le ferait mais pour le reste, il ne tomberait pas dans le piège.
« Savez-vous qui je suis ? » dit la voix.
Elle semblait étrangement familière aux oreilles de Harry mais obstiné, il secoua à nouveau la tête. Ne pouvait-elle pas le laisser tranquille ? Il avait mal, et il sentait tout à coup si fatigué…
« Je suis le professeur Snape. » continua-t-elle.
Le nom également sembla familier. Professeur Snape… il connaissait peut-être quelqu'un qui répondait à ce nom…
« Je ne vous veux aucun mal… » hésita-t-il.
Vraiment ? Il ne voulait pas lui faire du mal ?...
L'adolescent releva la tête et promena son regard flou et incertain sur l'homme. Il frémit légèrement en voyant les robes noires puis remonta pour apercevoir un visage qu'il connaissait, sans doute. Sa peau était pâle, des cheveux noirs encadraient son visage. Ses yeux devaient être noirs également, il n'en était pas sûr.
Devait-il lui faire confiance ?...
« Mettez vos lunettes, Potter. » entendit-il ensuite.
L'homme tendit à nouveau la main vers lui, faisant se crisper l'adolescent.
Il devait se méfier, il le connaissait peut-être et avait sans doute l'air d'être gentil mais il était habillé tout de noir, comme l'autre…
Puis, il vit vaguement un objet léviter devant lui, cligna des yeux et identifia ses lunettes.
Bien sûr ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé avant ? Il n'y voyait rien, sans ses lunettes…
Il leva sa main droite et les mit sur son nez. Ses yeux afin de s'accommoder aux verres clignèrent plusieurs fois et il put enfin voir distinctement.
Avec une certaine lenteur, il fit le tour de la chambre du regard tandis que la lucidité lui revenait enfin. À quoi avait-il pensé, juste avant ?...
Il remarqua la porte blanche et entrouverte de la salle de bain, les murs gris et délavés, les deux bibliothèques, le fauteuil vert où traînaient des habits noirs, la fenêtre…
« Je suis… dans ma chambre ? » se dit-il vaguement. Mais il se corrigea tout de suite ce n'était pas sa chambre. C'était celle de quelqu'un d'autre. Néanmoins, il y vivait depuis un long moment déjà, beaucoup trop long à ses yeux.
Puis, il posa son regard sur l'homme qui attendait en silence à ses côtés. Il le fixait tranquillement, ses yeux noirs étaient posés sur lui. Son teint était pâle, ses cheveux noirs et graisseux entouraient son visage. Son nez était crochu…
« Snape… » réalisa brusquement Harry.
La réalité le frappa alors de plein fouet. Il était au manoir de Voldemort, le professeur qu'il détestait le plus était avec lui et le regardait comme s'il était devenu fou. Il l'avait soigné, s'était moqué de lui plusieurs fois, l'avait dérouté, l'avait rassuré puis l'avait insulté de faible… et ensuite ?
Harry se revit en train d'ouvrir la fiole que le maître des potions avait ensorcelée, se souvint avoir ressenti de la joie et de la gratitude pour finalement retomber dans le désespoir… Il se souvint d'Alexandre, puis de Nott, lorsqu'il le frappa et l'insulta notamment, il se souvint de la maison brûlée puis de la voix…
« Je suis là pour vous aider Mr Potter. » dit vaguement Snape.
L'adolescent avait son regard posé sur lui mais il ne le voyait pas. Ses souvenirs resurgissaient brusquement et les images se superposaient devant lui. Il y avait eu le cadavre d'une femme, puis un homme innocent que l'on voulut tuer. Il y avait ensuite eu un homme, habillé de capes noires déchirées, qui avait failli le blesser d'un sortilège inconnu.
« Où avez-vous mal ? » continua le Mangemort d'un ton calme et patient.
Puis, il y avait eu une explosion, un vide dans sa tête, la voix qui lui parlait, la pluie qui tombait sur lui, l'homme à ses pieds qui le suppliait de l'épargner…
À cette pensée, l'adolescent se crispa et ferma brusquement les yeux. Il ne voulait pas se souvenir de cela.
« Potter ? » hésita le maître des potions.
Il rouvrit les yeux, détailla vaguement le visage du sorcier qui lui faisait face et réalisa soudain qu'il était exténué. Ses membres jusque-là crispés contre lui se détendirent alors et il souffla d'une petite voix :
« Je suis fatigué monsieur. »
Oui, il était si fatigué…
« Eh bien, dormez. » lui conseilla simplement le maître des potions, comme si ce qu'il disait était une évidence.
L'adolescent secoua la tête. Non, il ne voulait pas dormir. Il ne voulait plus plonger dans le noir. Que serait-il s'il tombait à nouveau sur lui ?
« Vous êtes fatigué… mais vous ne voulez pas dormir ? » demanda son professeur d'une voix quelque peu incertaine.
À nouveau, l'adolescent secoua la tête. Si la réalité était ici, il n'avait pas envie de rêver encore. Il avait mal et ses paupières étaient lourdes, mais il préférait rester ici.
« J'aimerais que vous buviez cette potion. » dit alors le Mangemort en lui tendant une fiole remplie d'un liquide violet. « Contre la douleur. » précisa-t-il en croisant le regard incertain de l'adolescent.
Lentement, Harry tendit la main vers la fiole. Il la prit, l'amena à ses lèvres et but ensuite le liquide tandis que son professeur avançait soudainement ses mains vers lui.
Légèrement paniqué, l'adolescent voulut se reculer et lui dire de rester loin de lui mais il n'en eut pas le temps. Ses paupières lourdes se fermèrent lentement, ses membres ne lui obéirent plus, sa tête se renversa en arrière et il se sentit doucement partir.
Puis il plongea à nouveau dans le noir.
La peur, la terreur, le froid et la douleur avaient disparu. Il ne restait plus que le noir, qui enveloppait tout et régnait en maître dans son esprit.
Curieusement, alors qu'il lui avait semblé les avoir craintes quelques temps auparavant, les ténèbres ne lui faisaient pas peur. Elles semblaient même apaisantes, revigorantes.
La douleur cependant, tout comme la lumière aveuglante, ne tarda pas à venir.
Il y eut d'abord une femme allongée contre le carrelage froid d'une cuisine, le regard vide et la tête couverte de sang. La peur, le dégoût et l'incertitude ne l'avaient pas quitté. Puis il y eut un homme, un sortilège jaillit, il y eut des cris, des coups, de la douleur et de la haine…
Il y eut ensuite la pluie, le chemin de terre, le ciel orageux et enfin la maison brûlée. Elle était en ruine, de la suie recouvrait presque toute la façade et des planches de bois délabrées traînaient à même le sol.
« Il est ici. »
Il entra. Pourquoi faisait-il quelque chose d'aussi stupide ?
Un homme était avec lui et semblait surveiller tous ses faits et gestes.
Oh… il n'avait pas le choix.
Puis, il y eut une explosion. Curieux, la maison n'était pourtant pas en feu… Il frissonna, ses oreilles sifflaient et sa tête semblait être sur le point d'exploser. Ses jambes le soutenaient à peine et il regardait trois hommes habillés de capes noires tandis que la voix lui parlait.
La voix ?
Il frémit. Qu'y avait-il ensuite ? Tout était flou, incertain. Il avait ses lunettes pourtant…
La luminosité chuta soudain et une averse tomba sur la ville. Il se vit courir sous la pluie, trempé, perdu, la peur au ventre. Il fuyait.
Qui fuyait-il, déjà ?...
La ville était lumineuse et animée. Il y avait des voitures, des passants et des magasins. La pluie était moins forte mais la peur le tenaillait. Il lui sembla ensuite qu'il était monté dans un bus, quelle drôle d'idée...
Puis il avait eu mal à la tête. Très mal. Comme si elle allait exploser. La voix était là, elle ne l'avait pas quitté. Il courut, courut encore, courut jusqu'à en perdre le souffle. Ses jambes le soutenaient difficilement, il avait faim, il avait peur, il était terrifié.
Il déambulait de rues en rues, croisait des passants, se remettait à courir puis marchait à nouveau. Il tenta de leur échapper, mais c'était peine perdue. Ils étaient bien trop forts pour lui.
Puis tout devint noir. Ses membres s'étirèrent et il eut soudain envie de vomir.
Il atterrit sur de l'herbe était humide, la terre sous ses genoux sentait fort et les arbres qui l'entouraient se balançaient doucement sous le vent. Il lui semblait qu'il connaissait déjà cet endroit. L'avait-il vu en rêve ? Ou bien était-il réel ?
Soudain, il frémit.
Puis il hurla.
Que lui arrivait-il ?!
La voix était furieuse contre lui, elle semblait vouloir le tuer. Il était entouré de noir, de masques et de haine.
« Endoloris ! »
La douleur, lacérait son corps et brûlait sa chair à vif. Étaient-ce ses propres hurlements qu'il entendait ?...
Son corps se tordit sur l'herbe mouillée et sa gorge sembla se déchirer sous ses cris. Il y eut des rires, d'autres sortilèges furent lancés en sa direction. La voix se réjouissait de sa douleur et des yeux rouges le fixaient cruellement.
Qu'avait-il fait pour mériter de souffrir autant ?
Une bise glacée se leva et la lune, qui éclairait la scène, fut cachée par une rangée de nuages sombres.
« Prépare-toi à finir brisé. »
Puis tout devint à nouveau noir.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, la luminosité dans la chambre était encore faible. Un silence inquiétant régnait et toute sa jambe droite le lançait douloureusement.
Il changea de position en grimaçant, eut cette fois mal à l'épaule et poussa un soupir désespéré. Pourquoi avait-il aussi mal ?
Soudain, la porte de la chambre s'ouvrit. L'adolescent se crispa, réalisa qu'il ne faisait finalement pas si sombre et regarda en silence le Mangemort pénétrer dans la chambre. Il était habillé de noir, exactement comme ceux qui l'avaient fait souffrir. Lui voulait-il du mal, lui aussi ?
L'adolescent ne fit pas l'effort de se relever. Il resta couché, le corps dissimulé sous l'épaisse couette tandis que le sorcier s'avançait en sa direction d'un air imperturbable.
Le sorcier fit apparaître une petite table, puis un tabouret. Il posa ensuite sa sacoche sur la table, s'assit et demanda aussitôt d'une voix neutre :
« Comment vous sentez-vous ? »
Harry renifla puis se décida à bouger un peu.
« J'ai mal. » dit-il d'une petite voix tandis qu'il essayait tant bien que mal de s'asseoir dans le lit.
Le Mangemort le regarda faire en silence. Il ne fit aucun geste en sa direction, ce qui rassura l'adolescent. Tant qu'il ne le touchait pas, tout allait bien…
Puis il lui donna une potion. Avec méfiance, Harry l'attrapa, constata sa couleur orangée, l'amena à la hauteur de ses lèvres puis la but en silence.
Le liquide froid coula dansa sa gorge et se rependit lentement dans son corps, apaisant quelque peu sa douleur. Cependant, telle une bonne amie à lui, elle resta tout de même présente.
« Vous sentez-vous capable de manger ? » demanda ensuite Snape en reprenant la fiole et en la fourrant dans sa sacoche.
Comme seule réponse, l'adolescent fit une grimace. Tout ce qui se rapportait à la nourriture lui donnait envie de vomir.
Le Mangemort lui tendit alors une autre fiole. Ne cessait-il jamais de lui donner des potions ?
« Mais vous ne pouvez continuer ainsi. » dit le sorcier d'un ton ferme tandis que l'adolescent la prenait et la buvait lentement, non sans une grimace de dégoût. « Demain voire même ce soir, il vous faudra manger un peu. » ajouta-t-il en reprenant la fiole que le Survivant lui tendait.
Puis il continua de parler tandis que Harry tournait son regard vers la fenêtre. Une lumière douce filtrait par la vitre et se propageait dans toute la chambre. Le ciel, qui semblait s'étendre à perte de vue, était d'un bleu clair apaisant et le soleil, parfois caché par des nuages devait sûrement être très agréable.
Il lui semblait que cela faisait une éternité qu'il n'avait pas senti le soleil sur sa peau.
Soudain, l'adolescent fut tiré de ses pensées lorsque la voix du Mangemort s'éleva :
« Mr Potter, serait-ce trop demander de m'écouter lorsque je vous parle ? » dit-il d'une voix agacée tandis que le Survivant tournait à nouveau la tête vers lui, non sans une légère expression crispée.
Le sorcier le regardait d'un air impatient mais ne semblait pas être en colère contre lui. Ses yeux noirs le toisaient en silence et ses sourcils, dans une expression de désapprobation, étaient légèrement froncés. Cependant, son regard en croisant les yeux du Survivant changea et il parut soudain intéressé, non sans montrer une certaine méfiance.
« À quoi pensez-vous ? » demanda-t-il d'une voix calme à l'adolescent.
Celui-ci détourna aussitôt le regard et préféra fixer ses mains.
« À rien. » répondit-il ensuite.
Pourquoi lui demandait-il une telle chose ? Cela ne le regardait pas…
« Potter. » le réprimanda son professeur d'une voix quelque peu menaçante.
L'adolescent frémit légèrement. Sans raison apparente, son cœur s'accéléra et il lança un bref coup d'œil au maître des potions.
« Je… je ne pense à rien… d'important. » répondit-il en fixant à nouveau ses mains et en jouant avec ses doigts.
Étrange, certains avaient des pansements, d'autres non. Pourquoi d'ailleurs, avait-il des pansements ?
« Dites toujours... » l'encouragea son professeur d'une voix quelque peu traînante, tandis que l'adolescent reportait son attention à la fenêtre.
Dans la chambre, il faisait un peu sombre. À certains endroits de son corps, sans qu'il ne puisse vraiment savoir pourquoi, il avait mal et il avait froid. L'air du dehors lui manquait, le soleil aussi. Oui, il pouvait le lui dire, pourquoi pas après tout ?
« J'aimerais… » commença-t-il d'une petite voix tout en fixant la fenêtre. « J'aimerais aller dehors. »
Il y eut un petit silence. Pour une raison qu'il ignorait, un poids invisible sur sa poitrine l'oppressait et il voulait prendre l'air, afin de le faire disparaître. Le sorcier était gentil avec lui, peut-être accepterait-il de le laisser sortir ?
« C'est impossible. » répondit cependant son professeur tandis que l'adolescent lui lançait un regard incertain. « Il… ne le permettrait pas. » ajouta-t-il d'une voix quelque peu hésitante tout en plongeant son regard noir dans les yeux méfiants du garçon.
« Il ? » pensa Harry, tout à coup perdu. Qui était ce ''il'' ? Et pourquoi l'empêcherait-il de sortir ? S'il restait ici, il sentait qu'il allait étouffer. Son cœur, depuis quelques minutes d'ailleurs, battait plus fort dans sa poitrine et il avait brusquement besoin d'air.
Il n'était pas sûr de pouvoir se lever, mais tant pis. Sous l'œil méfiant du Mangemort, il s'appuya sur sa main droite et se tourna pour sortir du lit.
« Potter, je ne vous conseille pas de… » hésita le sorcier.
Cependant, l'adolescent ne l'écoutait plus. Avec une grimace, il réussit à s'extirper de sa couette et tenta de sortir du lit. Un faux mouvement le fit cependant prendre appui sur son bras gauche et il gémit de douleur.
À côté de lui, l'espion tenta de le soutenir afin de limiter les dégâts, posa sa main sur le bras valide du Survivant mais fut brusquement repoussé.
« NE ME TOUCHEZ PAS ! » hurla-il presque, le souffle court.
Il ne lui avait pas fait mal, il avait simplement posé sa main sur son bras. Cependant, ce simple geste avait provoqué comme une brûlure à l'adolescent. Son rythme cardiaque avait considérablement augmenté et son cœur frappait douloureusement contre sa poitrine. Perdu, il se mit à fixer la couette bleue.
Pourquoi avait-il mal ? Pourquoi réagissait-il comme cela ?
Il ne comprenait pas, il avait peur. Qui pourrait répondre à ses questions ? Le sorcier savait-il ce qui lui arrivait ?
« Pour… » essaya-t-il de dire entre deux respirations hachées. « J'ai m-mal… pourquoi ? » bafouilla-t-il en plongeant son regard perdu dans celui de son professeur, qui le regardait d'un air incertain.
Ses mains, dont quelques doigts étaient bandés, tremblaient. Son bras gauche qu'il arrivait à peine à bouger le lançait douloureusement, sa jambe droite également, et tout son corps. Que lui était-il arrivé ? Quelle était la cause de sa souffrance ?
Pourquoi avait-il aussi mal ?...
Des images floues, incertaines, défilaient devant ses yeux. Il était à genoux sur l'herbe mouillée, des sortilèges pleuvaient sur lui et il hurlait de douleur. C'était un rêve, n'est-ce pas ?
« Vous avez été… blessé. » répondit avec hésitation le sorcier.
Des sorciers vêtus de longues robes noires l'entouraient, ils étaient tous masqués. La terre humide sous son corps puait le sang, l'odeur de la pluie mélangée au liquide carmin lui brûlait les narines, des rires se faisaient entendre et une voix abominable, cruelle et terrifiante, se délectait de son agonie.
Non, ce n'était pas réel...
« Potter ? » entendit-il faiblement.
C'était un cauchemar. Des yeux rouges le toisaient avec fureur et un serpent ondulait sur l'herbe humide en lui tournant autour. Tout était rouge, il avait froid, il avait mal, il avait peur.
« Je t'ai épargné jusque-là, Harry Potter. Mais ma patience a des limites. »
Ses capes noires flottaient devant lui et ses yeux rouge sang étaient plongés dans son regard terrifié. Il avança sa main, le cœur de l'adolescent se mit à battre frénétiquement dans sa poitrine et lorsqu'il le toucha, sa respiration se bloqua et il ne parvint plus à respirer.
« Potter, calmez-vous. » entendit-il à nouveau, cette fois beaucoup trop près de lui.
Une main se posa à nouveau sur son bras, il voulut crier mais n'eut pas assez d'air dans ses poumons. Ou alors en avait-il trop ? Sa tête lui tournait et des papillons noirs flottaient devant ses yeux. La main posée sur son bras ne le lâcha pas, il se débâtit, frappa à l'aveuglette et tenta de s'échapper, en vain.
« N'as-tu donc pas pensé aux répercussions ? » lui siffla la voix, presque moqueuse.
Il voulut fuir, courir loin de ce cauchemar mais quelqu'un l'en empêcha. Une poigne ferme parvint à attraper ses deux poignets, il tira, voulut hurler mais il suffoquait et ne voyait plus rien. Une autre main se plaqua contre sa bouche et une voix résonna tout près de ses oreilles :
« Vous hyperventilez, respirez lentement par le nez. »
Sa poitrine lui faisait affreusement mal et sa tête semblait sur le point d'exploser. Les yeux le toisaient toujours, inquisiteurs et cruels. Il gémit faiblement, tenta de s'échapper une nouvelle fois à eux mais n'y parvint pas. La poigne était trop forte et une peur dévorante montait lentement en lui.
« Potter, concen… vous. » saisit-il vaguement.
Des doigts pâles et squelettiques s'avancèrent vers son front, ses yeux s'agrandirent d'horreur et il hurla lorsqu'ils touchèrent sa cicatrice. Des ongles pointus pénétrèrent sa chair, griffèrent sa cicatrice et du sang coula sur son front.
« Vous êtes en sécurité, personne ne vous veut du mal. » continua la voix grave et rassurante. « Respirez lentement, Potter. »
Le serpent se pencha vers lui, encore et encore, jusqu'à ce que ses yeux épouvantables ne soient qu'à quelques centimètres de lui. Un sourire atroce se forma sur son visage et il lui susurra :
« Tu m'appartiens… »
Ce n'était pas un cauchemar. C'était la réalité.
Cependant, la voix rassurante couvrit l'autre et répéta encore et encore :
« Je ne peux vous donner de potion pour l'instant. Prenez une longue inspiration. Bloquez-la trois secondes. Relâchez-la. Encore. Faites-le encore. »
Elle ne lui laissait aucun répit. L'autre voix était encore là, mais elle était faible, presque inaudible.
Sonné, l'adolescent rouvrit les yeux mais ne vit que du noir. Il réalisa cependant que ce qu'il voyait étaient les robes du sorcier qui se tenait près de lui, leva les yeux pour distinguer son visage mais ne vit que ses lèvres qui prononçaient toujours les même paroles.
Sa poitrine lui faisait mal mais il lui semblait que sa tête lui tournait moins. Il n'était plus à genoux, la douleur revenait mais elle semblait familière, presque réconfortante.
« C'est bien Potter. » l'encouragea la voix. « Inspirez, bloquez et expirez. Lentement. Concentrez-vous sur ma voix. »
À mesure que les secondes passaient, sa respiration se faisait plus régulière et ses battements de cœur frénétiques se calmaient sensiblement. Sa tête ne lui tournait presque plus et les yeux rouges sang du serpent avaient disparus.
Il sentit la poigne autour de ses poignets se desserrer un peu mais ne bougea pas et effectua encore et encore le même exercice.
La peur, à mesure qu'il inspirait et expirait, semblait s'écouler et sortir de son corps. Il devait écouter la voix rassurante, elle savait quoi faire.
Au bout de quelques autres secondes, il parvint alors à distinguer le visage de son professeur de potion et à reprendre pied dans la réalité.
« Vous vous sentez mieux ? » demanda ensuite Snape en le relâchant complètement.
La voix... c'était Snape ?
Aussitôt, le Survivant recula dans son lit puis hocha la tête en silence.
Il ne l'aimait pas, il le savait. Mais il l'avait aidé après tout, non ?
Puis, Harry ramena ses mains contre lui. Il avait toujours mal, ses yeux le piquaient mais sa tête ne lui tournait plus et il parvenait enfin à respirer normalement.
« J'ai besoin de vérifier vos bandages. » lui expliqua ensuite le maître des potions. « Et de changer celui-là. » ajouta-t-il en désignant son épaule droite de la tête.
L'adolescent après l'avoir inspecté remarqua en effet qu'une tâche de sang s'était formée sur son épaule. Il se crispa légèrement lorsque le sorcier avança sa main vers son épaule, jeta un coup d'œil discret sur son visage totalement neutre mais se laissa finalement faire.
Peut-être devait-il lui faire confiance...
Sans un mot, le maître des potions défit le bandage, nettoya d'un coup de baguette le sang et sortit de sa sacoche une petite pommade qu'il appliqua sur la plaie. Heureusement, les antidouleurs que le sorcier avait donnés au Survivant fonctionnaient et il ne sentit qu'un picotement désagréable.
Un petit silence s'installa alors tandis que le Mangemort s'occupait de la plaie et que Harry avait reporté son attention à la fenêtre. Il lui semblait qu'il y avait plus de lumière dans la chambre et que le ciel était légèrement plus clair.
Des questions anodines lui vinrent alors à l'esprit. Quel jour était-on ? Depuis combien de temps était-il ici ? Que lui était-il arrivé ? Il ne parvenait pas à distinguer la réalité du rêve. Ou bien du cauchemar. Il avait été tenté de dire que ce qu'il voyait à présent n'était pas réel, et que seuls les ténèbres l'étaient, mais il se trompait. La réalité était ici. Enfin il croyait.
À côté de lui, Snape venait de finir de soigner la plaie et sortait de nouveaux bandages de sa sacoche. Au contact de sa peau, ils s'enroulèrent d'eux même autour de l'épaule du Survivant et se serrèrent jusqu'à finalement faire un petit nœud sur le bas de son épaule.
Puis, l'espion lui tendit un petit pot de crème.
« Pour votre cicatrice. » dit-il simplement.
L'adolescent en mit un peu sur son doigt et l'appliqua en silence sous le regard complètement neutre du Mangemort.
« Ce soir, l'elfe vous apportera un repas. » annonça celui-ci. « Faites un effort et mangez. » compléta-t-il en lançant un regard significatif à l'adolescent, qui se contenta simplement de lui rendre la crème une fois qu'il eût fini.
Puis, Snape se leva et continua :
« Essayez de dormir un peu. Je reviendrai demain. » dit-il tandis qu'il faisait disparaître la petite table et rangeait sa sacoche.
Sans plus de cérémonie, il se dirigea ensuite vers la porte.
Il partait déjà ? Mais l'adolescent n'avait pas envie d'être seul ! Et que ferait-il, jusqu'au lendemain ? Il avait peur de se retrouver encore face à... l'autre.
« Monsieur ? » l'interpella alors le Survivant.
L'idée lui était soudainement venue.
« Pourriez-vous me donner… » hésita-t-il avant de continuer, encouragé par un haussement de sourcil du mage noir. « Pourriez-vous me donner le carnet et le crayon ? Ils... ils sont sur le bureau… »
Après un regard quelque peu dédaigneux envers l'adolescent, l'espion murmura un sortilège en direction du bureau, fit léviter les deux objets en direction du Survivant puis s'éclipsa sans un mot, tandis que le Survivant lâchait un bref soupir.
Une voix dans sa tête ne cessait de lui dire de ne pas faire confiance au mage noir, mais il le trouvait pour l'instant gentil avec lui. Cependant, il lui semblait qu'une haine datant de plusieurs années, dirigée vers l'homme, dormait silencieusement en lui.
D'où venait-elle, exactement ? L'adolescent n'aurait pas su y répondre.
L'après-midi passa alors lentement.
Il feuilleta son carnet, relut les notes qu'il avait laissé avec parfois une certaine incompréhension puis observa ses dessins. Il se souvenait vaguement les avoir fait lorsqu'il s'ennuyait et ne les trouvait pas si ratés...
Ne sachant pas quoi faire d'autre, il se mit alors à faire d'autres dessins.
Il commença par faire une esquisse de la chambre, dessina le lit à baldaquin puis la petite table de chevet, la porte de la salle de bain, les deux bibliothèques et le fauteuil vert, puis la fenêtre, le bureau et la porte d'entrée. Sa main tremblait un peu mais il l'ignora et continua. Il s'amusa à dessiner les quelques livres sur l'une des bibliothèque, la trouva finalement vide et décida de la remplir de livre. L'autre subit le même sort, et le petit fauteuil fut transformé en un imposant fauteuil de salon, confortable et tout doux.
Les murs étaient également trop fades à son goût. Il dessina une sorte de papier peint avec des balais, accrocha des feuilles sur celui-ci, tenta de dessiner un tableau représentant une forêt puis fit des tapis sur le sol.
À la fin, la chambre ne ressemblait plus vraiment à ce qu'elle était en réalité, mais l'adolescent la trouva bien ainsi.
Puis, le soir arriva, l'elfe de maison vint lui apporter un plateau de nourriture et s'éclipsa aussitôt, l'adolescent tenta de manger un peu mais abandonna lorsqu'il sentit la nausée monter en lui puis reprit son carnet et dessina ce qui lui passait par la tête.
Quelques heures plus tard, il abandonna finalement lorsque sa main se mit à trembler trop fort pour qu'il puisse tenir le crayon et décida de dormir. Une certaine angoisse oppressait sa poitrine et il était quelque peu récalcitrant à se laisser à nouveau envahir par le noir, mais il n'avait de toute façon pas la force de rester éveiller toute la nuit.
Après avoir enlevé ses lunettes et les avoir posé sur la table de chevet, près du plateau de nourriture à peine entamé, il ferma alors les yeux.
Les ténèbres l'envahirent, le guidèrent dans le noir et il quitta la chambre.
Il arriva dans une grande pièce, où un feu mourrait lentement dans la cheminée.
Il faisait sombre, il faisait froid, et Harry n'arrivait pas à se réchauffer. Heureusement, il était libre de ses mouvements et la pièce, bien qu'elle l'effrayât d'abord lui parut familière.
Décidant de l'explorer, il se mit à marcher en direction d'une grande table ovale. Il l'observa distraitement, passa sa main sur le bois lisse tout en continuant et remarqua un chandelier aux bougies éteintes.
Pour une raison qu'il ignorait, l'objet lui évoquait la peur.
Il se détourna alors, marcha sur le parquet sombre et grinçant puis arriva devant une fenêtre aux rideaux ternes et déchirés. La fenêtre qu'ils dissimulaient montrait un terrain vague d'herbe coupé et il faisait nuit.
Puis, l'adolescent se dirigea vers l'imposant fauteuil en bois. Il était sculpté de motifs tortueux, ses pieds prenaient l'apparence d'imposantes pattes animales et une pierre aux reflets émeraude brillaient en haut du dossier.
Harry l'avait-il déjà vu quelque part ? Elle lui semblait familière, elle aussi…
Soudain, une voix brisa le silence.
« Elle t'attire aussi, n'est-ce pas ? »
Sans même avoir à se retourner, l'adolescent sut à qui appartenait cette voix. Un frisson parcourut son corps et il se retourna, légèrement tremblant, pour faire face au serpent.
Celui-ci le fixait tranquillement et un sourire calculateur tordait ses lèvres.
Que lui voulait-il ? Voulait-il lui faire mal, encore une fois ?...
Puis, il s'avança vers le Survivant.
« N-N'approchez pas... » ordonna Harry d'une petite voix, tout en faisant un pas en arrière.
Mais le mage noir ignora ses paroles et continua.
« Hélas, je crains qu'elle ne soit complètement inutile. » déclara-t-il d'un ton navré en désignant la pierre.
Il était vêtu de longues robes noires qui dissimulaient presque totalement sa peau et avait un air malin sur le visage. L'adolescent devait à tout prix s'éloigner de lui.
« N'approchez pas ! » lui intima une nouvelle fois le Survivant, d'une voix plus forte cette-fois.
Il n'avait pas peur... il n'avait pas peur de lui...
Comme seule réponse, le serpent lui fit un sourire amusé.
« Ce n'est pas de moi que tu dois avoir peur, Harry. » dit-il en le toisant de ses yeux inquisiteurs.
L'adolescent recula jusqu'à buter contre un accoudoir du fauteuil.
Comment savait-il ?...
« Il y en a un autre, qui te ferait beaucoup plus de mal que moi. » annonça tranquillement le mage noir.
Des images de son corps se tordant sur l'herbe humide lui revinrent brusquement en mémoire et il haleta soudain. Comment pouvait-il souffrir d'avantage ? C'était impossible, n'est-ce pas ?...
« Il te porte de l'affection, mais ce n'est qu'un mensonge parmi tant d'autres… » continua le mage noir en passant sa main pâle sur la table ovale, comme l'adolescent l'avait fait quelques minutes auparavant. « Quoi que tu puisses faire, il te mentira toujours. » dit-il d'un air désolé.
De qui parlait-il ?...
« Et les mensonges font mal, Harry. » acheva le serpent en s'arrêtant finalement à quelques mètres du garçon.
Mal ?... L'adolescent ne voulait plus avoir mal.
« Tu es mon ennemi, Harry Potter. » reprit le mage noir en plongeant son regard carmin dans les yeux apeurés de l'adolescent. « Pourtant, je t'ai donné un enseignement, des vêtements, la possibilité de sortir, de t'entraîner et de te défendre par toi-même… Crois-tu qu'il aurait fait la même chose ? »
Le Survivant fronça les sourcils. Il ne comprenait pas.
« Allons, Harry… tu sais de qui je veux parler. » continua le serpent d'une voix tranquille. « Je t'ai mis en garde contre lui, te souviens-tu ? »
Des bribes de souvenirs traversaient l'esprit de l'adolescent, mais il ne comprenait toujours pas de qui le mage noir parlait.
« Il t'utilise, comme n'importe quel sorcier à sa botte. » insista le serpent avec une expression méprisante. « Et le pire, c'est qu'il n'a aucun remord… »
Une image d'un vieux sorcier en robe violette vint à la mémoire du garçon.
« Il… il m'utilise ? » demanda-t-il, incertain.
Le mage noir hocha gravement la tête.
« Bien sûr qu'il t'utilise, Harry… après tout, c'est un menteur. »
Parlait-il du vieil homme que le Survivant apercevait désormais dans une vaste pièce lumineuse et circulaire ? Non, ce n'était pas de lui dont il était question, c'était impossible…
« Et pour tout ce que tu as fait, il ne te pardonnera pas. » continua le serpent tandis que le regard de l'adolescent était inévitablement attiré par les yeux rouges du serpent.
L'image d'un vieux sorcier effrayant lui vint à l'esprit. Il était grand, imposant, tenait sa baguette en sa direction et le fixait avec calme. Cependant, ses yeux dissimulés derrière une paire de lunette en demi-lune étaient perçants et semblaient balayer toutes ses pensées, comme s'il sondait son esprit.
« Lui, il te fera du mal. » lui assura le mage noir.
Ses propres cris résonnèrent dans ses oreilles et il frémit soudain. Il ne voulait plus avoir mal, plus jamais. Que devait-il faire ? Il étouffait, il ne voyait plus rien…
Une voix rassurante le tira cependant de ses pensées obscures :
« Mais les temps changent, Harry. Moi, je suis prêt à te pardonner. » déclara le mage noir d'un ton tranquille.
« Vraiment ?... » pensa l'adolescent, soudain soulagé par cette perspective.
« Bien sûr. » susurra le sorcier en s'avançant à nouveau lentement vers lui. « Si tu m'obéis, tu n'auras plus jamais mal. » lui assura-t-il. « La peur, elle aussi, disparaîtra. »
Était-ce la promesse d'une lumière transcendant les ténèbres ? Lui offrait-il là une porte de sortie ?
Mais il ne comprenait toujours pas… Qui était ce sorcier qui lui voulait du mal ? Et pourquoi lui mentait-il ?...
« Ne t'inquiètes pas, Harry, Potter. » le rassura à nouveau le mage noir d'une voix calme et profonde. « Je te laisse le temps d'y réfléchir… »
Puis, alors qu'il n'était plus qu'à quelques centimètres du Survivant, l'image du sorcier devint incertaine, se mélangea parmi les contours de la pièce et disparut, laissant l'adolescent seul dans le noir.
Pourquoi avait-il eu si peur, finalement ? Il n'y avait pas de raison...
Lorsqu'il se réveilla, un léger courant d'air traversa la chambre. L'adolescent se sentait bien, n'avait pas peur et n'avait presque pas mal. En résumé, tout allait bien.
Il cligna des yeux pour s'habituer à la luminosité, étouffa un bâillement de sa main droite et se couvrit un peu plus.
Un mouvement à sa gauche le fit cependant sursauter.
Sur la table de chevet, où était posé son plateau de nourriture principalement composé de riz et de poulet, un chat gris se trouvait là.
« Que ?... » pensa-t-il aussitôt, surpris. Était-il encore en train de rêver ? Comment un chat aurait pu rentrer dans la chambre ? Et d'ailleurs, que ferait un chat ici ?
Il cligna plusieurs fois des yeux, ne bougea pas d'un pouce et observa le chat gris lécher un morceau de poulet.
« Oh... » se dit l'adolescent. « Il a faim. »
Le chat planta ensuite ses petits crocs dans la viande et la dévora rapidement. Le Survivant remarqua qu'il était maigre, famélique même, avait des yeux bleus et une fourrure sale à quelques endroits.
Soudain, le chat dût sentir qu'il était espionné car il plongea son regard dans les yeux curieux du sorcier et se hérissa soudain.
« N'ai pas peur... » dit Harry d'une petite voix, pour ne pas l'effrayer.
Puis, avant même que l'adolescent puisse faire un mouvement, le chat croqua dans un autre morceau de poulet, l'emporta dans sa gueule et fila par la porte de la salle de bain, qui était légèrement entrouverte.
« Attends ! » l'appela le sorcier en se redressant.
L'animal était parti si vite qu'il crut avoir rêvé. Mais ce n'était pas le cas, n'est-ce pas ?
Voulant en avoir le cœur net, l'adolescent se leva mais grimaça aussitôt sous la douleur. Des papillons noirs volaient devant ses yeux et ses jambes le soutenaient difficilement. Néanmoins, il persévéra et continua jusqu'à la salle de bain, là où s'était enfuit le chat.
Il poussa la porte, s'appuya contre le mur et posa ses pieds sur le carrelage froid en frissonnant. Puis, il remarqua que la petite fenêtre de la pièce était ouverte et laissait passer un léger courant d'air.
Curieux, l'adolescent s'approcha, buta contre la cabine de douche et se hissa sur la pointe des pieds afin de regarder par la fenêtre, qui était en hauteur.
Il vit un grand arbre, juste en face de lui, une branche qui touchait presque le mur du manoir et remarqua du mouvement plus bas. Il n'avait pas rêvé, un chat gris descendait de l'arbre à l'aide de ses griffes, un bout de poulet dans la gueule.
« Au moins il aura fait un heureux… » pensa le Survivant en haussant distraitement les épaules.
Puis, sentant qu'il ne tiendrait pas longtemps encore debout, il retourna se coucher en claudiquant.
La matinée passa très lentement. Ses blessures lui faisaient mal, sa cicatrice le démangeait et il n'avait rien à faire pour s'occuper.
Aux alentours de midi, un ''pop'' se fit entendre et l'elfe de maison apparut dans la chambre. L'air morne, l'adolescent ne bougea cependant pas de sous sa couette et entendit simplement l'elfe claquer des doigts pour faire disparaître et apparaître un nouveau plateau de nourriture avant de s'éclipser sans demander son reste.
Quelques minutes plus tard et sa jambe lui faisant mal dans la position où il était, Harry se décida finalement à bouger. Il se releva en grimaçant dans le lit et lança un coup d'œil en direction de la table de chevet, où était posé le plateau de nourriture.
Il y avait deux petits sandwichs au jambon et à la salade, un morceau de pain avec du gruyère et un yaourt nature, en résumé rien d'extraordinaire, ou du moins rien qui ne lui donnerait envie de manger. D'ailleurs, il n'avait pas faim.
À la vue des tranches de jambon cependant, il eut une idée. De sa main droite, il attrapa un sandwich, enleva le jambon et amorça un mouvement pour se lever. Sa jambe droite sur laquelle il était obligé de s'appuyer pour sortir du lit le fit cependant gémir de douleur et il manqua de s'étaler par terre.
Heureusement, il avait eu le réflexe d'utiliser son bras gauche… qui lui faisait désormais un peu mal, certes, mais au moins il n'était pas tombé du lit.
Lentement, il se leva ensuite, cligna des yeux afin de faire disparaître les papillons noirs et se dirigea en direction de la salle de bain, sa tranche de jambon toujours en main.
Non sans grimacer, il s'aida du mur pour arriver à destination puis foula à nouveau le carrelage de ses pieds nus. Il se dirigea vers la fenêtre, promena son regard sur l'arbre et l'épaisse branche qui lui faisait face puis entreprit de déchirer quelques morceaux de jambon pour finalement les mettre sur le rebord de la fenêtre.
Si le chat était monté ici une première fois, il pouvait bien le refaire, non ?
Puis, satisfait, le sorcier en coupa d'autres petits bouts et entreprit de les disposer sur le carrelage, jusqu'à la porte. Sa tête lui tournait un peu mais il avait bientôt fini.
Une fois cela fait, il retourna ensuite dans la chambre. Se sentant assez sûr de lui pour ne pas s'appuyer contre le mur, il fit quelques pas sans trop d'encombre, secoua la tête pour faire disparaître les papillons noirs qui lui brouillaient la vue et glapit soudain lorsqu'il trébucha sur l'ourlet trop grand de son pyjama.
Il tenta de se rattraper, s'appuya sur sa jambe droite qui l'élança brusquement mais peine perdue ; il chancela vers le mur, sa main glissa sur celui-ci et il s'étala de tout son long sur le parquet dur et froid de la chambre.
Il s'attendit à avoir mal mais la douleur ne vint pas. Sonné, ses oreilles sifflaient et il ne voyait plus rien à part les papillons noirs qui grossissaient de plus en plus devant ses yeux.
L'adolescent eut juste le temps de se sentir un peu bête avant qu'il n'entende vaguement une voix, non loin de lui.
« … stupide. » dit-t-elle d'un ton agacé.
Il espérait que ce n'était pas Snape…
L'adolescent sentit deux mains le relever sans douceur, cligna des yeux afin d'y voir plus clair puis remarqua que ses lunettes étaient tombées de son nez.
« Je vous avais dit de ne pas vous lever. » vociféra l'homme à côté de lui, tout en l'aidant à se mettre assis. « Mais bien sûr, vous n'écoutez rien. » cingla-t-il. « Harry Potter n'est qu'un enfant stupide mais il n'a besoin de personne pour lui dire quoi faire, évidemment. » continua-t-il tandis que le concerné grimaçait.
Le Mangemort lui remit ses lunettes sur son nez et il cligna des yeux.
« Je ne suis pas… un enfant… stupide. » répliqua-t-il aussitôt, le souffle court.
Comme seule réponse, le maître des potions lui lança un regard courroucé.
« Je pense qu'il vaudrait mieux que vous vous taisiez, Potter. » menaça-t-il d'une voix froide.
Puis, il empoigna son bras droit, lui fourra une potion dans la main et l'obligea à la boire, sans trop de douceur évidemment. Il se laissa cependant faire et se contenta de lancer un regard assassin à son professeur, qui le soutint d'une expression dédaigneuse.
Bizarrement, la situation sonnait un peu comme du déjà-vu…
Lorsqu'il eut finit de boire, sa tête lui tournait moins et sa vue était parfaitement claire. Cependant, l'espion lui fourra une autre potion dans la main et l'obligea une nouvelle fois à boire.
Une fois cela fait, il releva sans trop de douceur et le guida jusqu'au lit, qui n'était qu'à quelques pas de l'endroit où il était tombé.
« Que faisiez-vous, exactement ? » s'enquit-il ensuite d'un ton quelque peu agressif, tandis que l'adolescent s'adonnait à la contemplation de la fenêtre.
Harry le vit du coin de l'œil regarder d'un air critique le bout du jambon qui traînait à même le sol, puis les autres qui étaient visibles sur le carrelage de la salle de bain.
« Cela vous amuse peut-être, de gaspiller la nourriture ? » dit-il brusquement, faisant quelque peu se méfier le Survivant.
Il n'allait pas lui faire du mal parce qu'il s'était levé de son lit, n'est-ce pas ?...
« Je ne gaspille pas la nourriture. » répondit-il, les membres légèrement crispés. « C'est… pour le chat. » continua-t-il en continuant de fixer la fenêtre de la chambre.
« Le chat… » releva simplement le Mangemort, un sourcil levé en sa direction d'un air dédaigneux.
Le prenait-il pour un idiot ?
« Oui ! » s'exclama l'adolescent en soutenant cette fois le regard du sorcier. « Le chat. » répéta-t-il sous l'expression dubitative de Snape.
Comme seule réponse, le mage noir le fixa quelques secondes d'un air critique et ne répondit rien. Il sortit de sa sacoche une potion nutritive, la tendit au Survivant puis reprit la fiole une fois vide.
« Il ne vous reste plus qu'un jour, Potter. » dit-il ensuite d'un ton grave.
L'adolescent remarqua ses yeux noirs chargés de colère et il se crispa à nouveau. Pour une raison qu'il ignorait, le mage noir avait changé de comportement. Les jours précédents, il avait été plutôt prévenant avec lui et ce changement ne lui plaisait pas. En fait, Snape lui faisait un peu peur.
« Vous n'allez pas rester ici éternellement, vous le savez ? » continua-t-il tandis qu'il toisait l'adolescent de toute sa hauteur, un peu trop près à son goût.
De plus, Harry ne comprenait pas un strict mot de ce qu'il disait. Le mage noir dû d'ailleurs le lire sur son visage puisqu'il tiqua, agacé.
« Serait-ce trop demander pour un Gryffondor en puissance de comprendre ne serait-ce qu'une phrase simple ? Ou bien est-ce trop compliqué pour votre cerveau inexistant ? » cracha-t-il tandis que l'adolescent se faisait soudain plus petit dans son lit.
Avait-il fait quelque chose qui l'avait contrarié ? Le sorcier allait-il lui faire du mal à son tour ? Cette soudaine agressivité lui faisait peur.
« Ne faites pas semblant d'avoir peur, Potter. » cingla le maître des potions en plissant les yeux d'un air menaçant. « Votre petit cinéma fonctionne peut-être à Poudlard mais ce n'est pas le cas ici. »
Ses yeux noirs chargés de haine en sa direction étaient plongés dans ceux de Harry et celui-ci se recula un peu plus contre les barreaux de son lit. Son regard était insistant et l'adolescent ne comprenait pas ce qu'il attendait de lui. Il lui disait de ne pas faire semblant d'avoir peur, mais il ne faisait pas semblant et il craignait vraiment le sorcier.
Et voilà désormais qu'il le fixait comme s'il attendait qu'il réplique à son tour. Mais que pouvait-il répondre ? Il préférait se taire, il n'avait pas envie de l'énerver d'avantage.
Après quelques autres secondes de silence, le maître des potions tiqua finalement d'un air agacé puis détourna le regard. Il rangea ses affaires, sortit sa baguette et donna un coup de baguette en direction du lit.
Aussitôt, l'adolescent ferma les yeux et frémit, certain que le sorcier allait l'attaquer. Ce ne fut cependant pas le cas et il rouvrit les yeux d'un air perdu lorsqu'il entendit la porte de la chambre se refermer en claquant.
Que venait-il exactement de se passer ?...
Il remarqua le carnet ouvert sur son lit ainsi que le crayon, jeta un coup d'œil en direction de la porte puis attrapa le carnet d'un air perdu.
Décidément, il ne comprenait rien.
Le soir, lorsque l'elfe de maison apparut dans la chambre, l'adolescent dessinait. Une envie brusque l'avait prise et il ne pouvait désormais plus s'arrêter. Il dessina une pièce chaleureuse remplie de fauteuils confortables et de deux ou trois tables de travail, un feu brûlait dans la cheminée et quelques papiers et peintures étaient accrochés sur le mur.
Un nom résonnait dans son esprit et il ne parvenait pas à s'en défaire.
Il dessina ensuite une grande salle en pierre, avec un plafond représentant le ciel et quatre longues tables disposés côte à côte. Il représenta des plateaux de nourriture immense, des chandeliers et des bougies ainsi que la table des professeurs, juste en face de celles des élèves.
Élèves ? Professeurs ?...
Puis il inspecta d'un œil critique l'un des dessins qu'il avait fait, représentant quatre sabliers remplis de pierres précieuses. Il se souvint de l'objet, c'était le compteur de points. Et tout ce qu'il avait dessiné dans l'après-midi représentait des pièces de Poudlard.
Soudain perdu, l'adolescent laissa retomber sa main tremblante sur le lit. Il avait trop dessiné, songea-t-il, car il avait mal à la main.
Mais le plus important était que son esprit ne cessait de lui renvoyer des images de Poudlard. Il vit l'imposant château, le lac, la grande salle à nouveau, des élèves chahutant dans les couloirs et se faisant réprimander par un vieil homme décrépi, suivi par un chat maigre à la fourrure grisâtre. Il vit des salles de classes, des escaliers en pierre, des portraits qui bougeaient et parlaient et des adolescents habillés aux couleurs de leurs maisons.
Leurs maisons ?...
Les souvenirs se succédaient et lui donnaient mal à la tête. Ils revenaient brusquement et ne lui laissaient aucun répit. Ils envahissaient son esprit, se mélangeaient ensemble et étaient pour la plupart, incompréhensibles.
Quel était cet endroit si familier et si chaleureux qu'il ne cessait de voir ? Et pourquoi avait-il l'impression que ses souvenirs essayaient de lui dire quelque chose ?...
Plus tard, alors que la chambre était pratiquement plongée dans le noir, l'adolescent se décida enfin à aller dormir. Il ne comprenait rien et une certaine angoisse lui dévorait le ventre. Il se sentait triste, il avait envie de quelque chose mais il ne savait pas quoi.
Mais plus que tout, il avait envie de retourner à cet endroit qui s'appelait Poudlard.
À suivre...
