Hello !

Je publie à exactement 17h34, c'est très tôt (et rare) et ça n'arrivera pas souvent lol.

Pour ce chapitre, ça se passe en deux temps : on voit d'abord l'attaque de Godric's Hollow du point de vue de Severus, puis celle du manoir avec l'équipe Sirius-Remus-Tonks. Faites attention aux détails, ils sont primordiaux et annoncent la couleur pour la suite.

On se retrouve comme d'habitude en bas pour parler un peu plus.

Bonne lecture !


Chapitre 19 : L'Attaque


À Godric's Hollow, tout était calme.

La nuit tombait doucement sur le petit village et quelques habitants aussi bien sorciers que Moldus marchaient encore dans les rues. Hormis les quelques grincements et sifflements que produisait le vent en soufflant sur les plus anciennes bâtisses du village, tout était parfaitement calme.

La lune diffusait sa lumière blanche sur les toits de briques et d'ardoises des maisons, les réverbères s'allumaient tour à tour dans les principales rues bientôt vides pour la nuit et on entendait de temps en temps quelques conversations filtrer des maisons aux fenêtres ouvertes.

Dans l'allée principale, bordée de petits chalets typiquement anglais et d'un ou deux pubs, les quelques commerçants fermaient leurs magasins tandis que d'autres ouvraient leurs bars afin d'accueillir les sorciers désirant boire un verre en discutant des nouvelles du jour. L'église sonna vingt heure et le monument au mort, placé au centre du village s'illumina grâce aux éclairages qui brillaient pendant toute la nuit autour de lui.

C'était en résumé, un début de soirée tout à fait normal à Godric's Hollow.

Le calme cependant, ne dura qu'un temps.

À l'orée du village, tout près d'une vieille grange abandonnée, un craquement sourd se fit entendre et deux sorciers maqués et vêtus de capes noires apparurent soudain. Ils attendirent quelques secondes, sortirent leur baguette puis se mirent à avancer.

Non loin d'eux, à une centaine de mètres seulement, d'autres sorciers arrivèrent à leur tour et marchèrent sans un mot dans l'obscurité de plus en plus prononcée de la nuit.

En quelques minutes, le petit village fut encerclé et d'épais nuages gris cachèrent la lune.

Ils entrèrent dans Godric's Hollow, éliminèrent les deux ou trois passants rencontrés dans un silence inquiétant puis s'arrêtèrent soudain dans l'ombre, comme s'ils attendaient quelque chose.

Au-dessus d'eux, le vent se leva, fit frémir les branches des quelques arbres présents dans le village et on entendit un chien aboyer dans le calme plat de la nuit.

« Ils ne devraient pas tarder. » dit à voix basse l'un des hommes, accompagné d'un autre qui observait en silence la petite rue dans laquelle ils se trouvaient.

L'obscurité que leur offrait l'ombre d'une petite maison était suffisante pour les dissimuler aux quelques fenêtres qui surplombaient la rue mais l'homme le savait, elle s'évanouirait vite. Autour d'eux, les lampes s'allumaient dans les maisons et un homme seul passa même dans la rue voisine, sans les remarquer cependant.

Puis, le village où régnait à présent un silence inquiétant fut encerclé de toute part par des Mangemorts.

Soudain, plusieurs traînées d'une épaisse fumée noire passèrent au-dessus du village puis se dirigèrent à l'est de celui-ci. Les deux mages noirs, tapis dans l'ombre, sortirent alors lentement de leur cachette et les autres suivirent aussitôt.

Ils s'avancèrent comme un seul homme en direction du centre du village, dans un silence plat et menaçant, éliminèrent quiconque eut le malheur de se trouver dans leur chemin puis arrivèrent à une petite place où se dressait un monument au mort.

Ils s'arrêtèrent, certains se mirent à observer autour d'eux, d'autres attendirent sans un mot la suite.

Puis, un homme sortit d'une rue adjacente et s'avança en direction du monument. L'obélisque, où étaient écrits les noms des soldats du village tombés durant la guerre se transforma alors lentement à mesure que le mage noir s'approchait. Des formes humaines apparurent et un homme et une femme se distinguèrent, assis sur un socle noir. Un bébé apparut dans les bras de la femme et les formes complètes de la statue se figèrent enfin lorsque le Mangemort arriva à quelques centimètres d'elle.

Dans une écriture à peine lisible, la pierre ternie par son âge, ces mots figuraient :

En mémoire à la famille Potter

Alors, lentement, le mage noir leva sa baguette et prononça :

« Confringo. »

La statue explosa dans un fracas énorme, l'une des têtes vola en direction d'une vitrine de magasin et les Mangemorts se mirent à nouveau en marche en direction des maisons les plus proches.

L'attaque avait commencé.

« Snape, par ici. » lança l'un des mages noirs tandis qu'il empruntait une petite rue.

Le concerné le suivit en silence. Ils tombèrent sur un homme d'une quarantaine d'année, qui en les voyant se figea puis plissa des yeux, comme s'il se croyait face à une mauvaise blague.

« Qui êtes-… » tenta-t-il de dire.

« Expulso. » lança Avery d'une voix sadique.

Le sortilège fila en direction du Moldu, déclencha un bruit énorme lorsqu'il le rencontra et le fit décoller du sol. Le corps de l'homme heurta violemment un muret à quelques mètres des mages noirs, il poussa un gémissement étranglé lorsque sa tête se fracassa contre la pierre puis retomba inerte sur le sol. Du sang coula de sa tête, ses yeux grands ouverts se figèrent et Avery lâcha un petit rire ; l'homme était mort.

Puis, sans plus de cérémonie, les deux Mangemorts bifurquèrent à droite et arrivèrent devant une petite maison de brique. Le premier leva sa baguette, défonça la porte d'un sortilège informulé et pénétra à l'intérieur tandis que le maître des potions le suivait en silence.

Les deux mages noirs arrivèrent dans un petit salon sombre et chaleureux, où un feu brûlait paisiblement dans la cheminée et où plusieurs tapis et fauteuils étaient disposés. Plusieurs cadres photos étaient accrochés sur les murs et représentaient tantôt des enfants, tantôt une famille au complet. Le poste de télévision, disposé en face d'une grande table basse et d'un canapé était toujours allumé et une odeur de nourriture tout juste sortie du four flottait dans la pièce.

Soudain, un craquement se fit entendre au-dessus d'eux et, sans un mot, Avery se dirigea vers le premier étage tandis que l'espion s'aventurait dans la cuisine.

Il observa d'une expression indéchiffrable la table mise et les plats encore chauds et entamés, abandonnés là à la va vite, entendit vaguement des voix au premier et se dirigea vers une porte fenêtre qui semblait donner sur le jardin. Il remarqua qu'elle était entrouverte, sortit silencieusement dans la nuit mais s'arrêta soudain lorsqu'il entendit un bruit caractéristique.

Il n'eut pas besoin de tourner la tête, il savait déjà qu'un homme le pointait de son fusil de chasse à quelques centimètres seulement de lui.

« Pas un geste ! » cria un vieil homme tandis qu'il dirigeait son arme sur la tête de l'espion qui se contenta, derrière son masque, de lever un sourcil dédaigneux. « Sortez de chez moi avant que je ne vous explose le crâne ! Et je suis sérieux ! » ajouta-t-il d'un ton qui se voulait menaçant.

En réalité, ses mains tremblaient et il avait du mal à tenir l'arme.

L'espion, qui ne fit pas un geste, entendit alors des cris provenant de la maison. Avery aurait bientôt fini et viendrait le rejoindre.

D'un geste vif, Severus leva alors sa baguette et lança en direction de l'homme et lança :

« Lacero. »

Le sortilège partit en direction de la gorge du vieil homme, une entaille profonde se forma sur son cou tandis qu'il poussait un cri étranglé et lâchait son arme de stupeur, le sang gicla en direction du sorcier puis l'homme chancela contre le mur de la maison et s'écroula sur l'herbe tondue du jardin.

Puis, un grognement sourd sortit du fond de sa gorge tandis que du sang coulait à flot de son cou, il fixa de ses yeux épouvantés l'homme qui se tenait en face de lui, des convulsions parcoururent son corps et tandis que le Mangemort nettoyait ses capes d'un coup de baguette et retournait à l'intérieur d'un pas rapide, il poussa un dernier râle de douleur et ne bougea plus.

Dans le salon, Avery rejoignit le maître des potions, celui-ci remarqua que les habits du mage noir étaient, tout comme lui quelques instants plus tôt, tachés de sang et ils sortirent tout deux sans un mot, laissant leurs crimes derrière eux.

« Une famille de Moldue en moins. » commenta le mage noir d'un ton satisfait, presque excité.

Comme seule réponse, l'espion garda le silence. Si Avery était friand de ce genre de choses, Severus préférait les éviter. Il n'avait pas peur de tuer bien sûr, il s'était résigné à le faire un bon nombre de fois tandis qu'il était sous les ordres du Seigneur des Ténèbres, mais il était quelque peu réticent tout de même. Surtout après les quatorze ans qu'il avait passé sans avoir à se salir les mains.

Cependant, l'espion se doutait que sa liste de victime ne cesserait de s'agrandir. Voldemort était revenu, il reprenait du service en tant qu'espion et la guerre, même si elle était pour l'instant insignifiante, ne tarderait pas à prendre de plus grandes proportions. Il devait donc se réhabituer dès maintenant à tuer.

Avant qu'ils ne s'éloignent de la maison, Avery tendit sa baguette vers celle-ci, lança un informulé en sa direction et des flammes se formèrent bientôt de toute part.

Puis, sans plus de cérémonie, ils continuèrent.

Le village, pourtant calme et paisible il y a quelques minutes se transforma lentement. Quelque part, non loin d'eux, des cris se firent entendre et un bruit d'explosion parvint à leurs oreilles. Ils virent de loin des hommes, des femmes et des enfants courir dans les rues tandis que deux Mangemorts, parfois plus, les prenaient en chasse. Les deux sorciers évitèrent des sortilèges lancés en leur direction lorsqu'ils arrivèrent devant une petite ruelle puis croisèrent trois sorciers, baguettes en main, qui leur barraient la route.

La ruelle dans laquelle ils se trouvaient était étroite et sombre, il ne serait pas aisé de se battre.

« Rendez-vous ! » exigea l'homme qui semblait le plus vieux d'un ton ferme.

Avec un ricanement, Avery leva d'un geste vif sa baguette en direction d'eux et lança un sortilège cuisant sur le plus proche.

« Protego ! » hurla cependant le premier.

« Stupéfix ! » lança un autre en direction de l'espion, qui para le sortilège avec facilité.

Un autre sortilège provenant de la baguette d'Avery fusa aussitôt et envoya voler plus loin l'un des hommes dans un cri de douleur.

« C'est tout ce que vous savez faire ? » se moqua le Mangemort derrière son masque ivoire.

Le premier lâcha un hurlement de rage et attaqua aussitôt.

Les sortilèges s'échangèrent rapidement, certains, lancés par les mages noirs atteignirent leur but et bientôt, les deux autres sorciers ne furent plus de taille.

« Diffindo ! » lança l'un.

« Expulso ! » lança l'autre.

Les Mangemorts parèrent avec une facilité alarmante. Puis, fatigué de ce petit jeu, Avery lâcha finalement :

« Avada Kedavra ! »

Le sortilège illumina les murs de la ruelle et se dirigea vers sa cible beaucoup trop rapidement pour qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit.

Le sortilège de la Mort était de toute façon imparable.

Le plus vieux des deux hommes s'écroula alors sur le sol tandis que l'autre hurlait de rage et lançait un autre sortilège en direction des Mangemorts, mais celui-ci ne sortit jamais entièrement de sa bouche et par un Sectumsempra de l'espion, il tomba aussi dans un cri de douleur tandis que des entailles profondes se formaient sur son corps et que des tâches de sang se apparaissaient sur sa chemise.

« Il faudra que tu m'apprennes ce sortilège. » ironisa Avery en enjambant les corps, d'une voix excitée par le feu de l'action.

L'espion, comme à son habitude, ne fit aucun commentaire et ils poursuivirent.

Très vite, ils pénétrèrent dans une autre maison, la trouvèrent vide, l'incendièrent avant de partir et firent de même avec quelques autres tandis que le village de Godric's Hollow, qui, par d'autres Mangemorts, subissait le même traitement à des endroits différents se transformait lentement en brasier géant.

À un moment, Avery lança un sortilège de détection sur une petite maison, sourit et enflamma la maison avant même de l'avoir fouillée. Des cris s'élevèrent soudain, le Mangemort ricana et continua, toujours suivi par l'espion silencieux.

Le chaos, le sang, les visages terrifiés d'hommes et de femmes incapables de se défendre, voilà ce qui excitait Avery. Il aimait se battre, faire souffrir et tuer. Et comme la majorité des fidèles Mangemorts du Seigneur des Ténèbres, il était fait pour cela. Il avait même cette façon de prononcer le sortilège de la Mort et les Impardonnables en général, se dit soudain l'espion en l'observant tuer un Moldu qui avait eu le malheur de les croiser, qui faisait parfois grimacer le maître des potions tant les mots sonnaient malsains dans sa bouche.

Peut-être s'approchait-il d'avantage de la folie lorsqu'il les utilisait, Severus n'aurait su le dire. Lui se contentait de se battre lorsque c'était nécessaire et de tuer lorsqu'il n'avait pas d'autres choix.

« Allons Snape, ne fais pas ton innocent, je sais que tu aimes ça… » lui susurra Avery tandis qu'ils enjambaient un corps.

Autour d'eux, des cris résonnaient encore dans la nuit et le brasier de Godric's Hollow, d'abord contenu au centre, s'étendait de plus en plus sous une bise froide et sifflante.

« Le sang ne m'intéresse pas. » répondit simplement l'espion d'une voix neutre tandis qu'ils bifurquaient vers une nouvelle allée non éclairée.

Avery eut un petit ricanement.

« J'oubliais, tu es un intellectuel toi. » lança-t-il d'un ton sarcastique.

L'espion ne fit aucun commentaire.

Durant ses premières années de service auprès du Seigneur des Ténèbres, son rôle en effet avait été de préparer des potions et de mettre au profit du serpent son intelligence. Il n'avait que très rarement participé aux combats mais avait tout de même été entraîné à se battre, notamment par les plus vieux Mangemorts, dont Nott, Avery, et même parfois Lucius. Cependant, à l'apogée de la puissance du Seigneur des Ténèbres et quelques temps avant sa chute, l'espion avait bien vite été obligé de participer aux combats.

Ils continuèrent, croisèrent Gibbon et Alecto Carrow qui leur informèrent que des sorciers fuyaient à l'ouest du village, s'y dirigèrent et marchèrent pendant quelques minutes quand soudain, un craquement sourd se fit entendre.

D'un geste vif, ils levèrent aussitôt leurs baguettes en direction des nouveaux arrivants, Avery grogna de surprise en observant l'un d'eux et l'espion tiqua, agacé.

Bonne nouvelle, l'Ordre était enfin arrivé. Mauvaise nouvelle, Alastor Maugrey et Sturgis Podmore, deux sorciers excellents au combat se tenaient devant eux, prêt à les attaquer.

« Alors les filles, on ne nous invite pas à votre petite fête ? » commenta Maugrey d'un ton moqueur tandis que son acolyte lui lançait un regard incertain.

Avery était là, Snape ne pouvait se résoudre à enlever son masque et à subir un traitement de faveur de la part des deux sorciers. Le Mangemort savait se battre et était puissant et l'espion quant à lui ne manquait pas de créativité. Cependant, Severus le savait bien, ils n'étaient pas de taille pour eux deux. Devait-il prévenir Avery ? Devait-il fuir seul ?

Son coéquipier grogna de fureur après le commentaire de l'Auror, murmura rapidement un sortilège en leur direction et avant que Severus n'eût plus de temps pour réfléchir, le combat commença.

Maugrey décida de s'occuper d'Avery et Podmore fut le premier à attaquer en direction de l'espion. Celui-ci se cantonna à la défense dans un premier temps, puis attaqua finalement lorsque les sortilèges se firent plus nombreux.

Non loin d'Avery, celui-ci cria son nom entre deux coups de baguette dirigés vers Maugrey, l'espion comprit et les mages noirs changèrent subitement de cible.

Le Mangemort semblait avoir compris qu'ils n'étaient pas de taille, ce qui réconforta un peu l'espion. Avery pouvait peut-être se battre seul face à l'un d'eux mais Severus, lui, n'en était pas capable. Ou du moins, c'est ce qu'il tenta de faire deviner au mage noir afin d'en finir au plus vite.

Severus se prit un sortilège de découpe sur le bras, renvoya dans un geste de fureur son équivalent en magie noire puis grimaça lorsqu'un autre arriva sur sa jambe. Avery de son côté semblait remporter sur Sturgis, Maugrey s'en rendit compte et le quitta quelques instants des yeux pour lancer un bouclier devant son équipier, juste à temps pour bloquer un sortilège explosif.

Ce fut suffisant à l'espion pour qu'il lance sournoisement sur la route un sortilège qui transforma le bitume en des sables mouvants et avant que l'un des deux sorciers ne puisse faire quoi que ce soit, les Mangemorts s'envolèrent soudain et disparurent dans le ciel noir de la nuit.

Ils survolèrent plusieurs maisons, évitèrent les flammes et la fumée épaisse du brasero et furent obliger d'atterrir non loin du centre du village, derrière une petite maison épargnée par le feu.

« Qu'est-ce qu'ils font là ? » s'enquit ensuite Avery d'un ton féroce en direction du maître des potions.

Il ne soupçonnait pas le mage noir mais semblait plutôt furieux que les plans de son maître soient bouleversés. Après tout, le village n'était pas encore détruit et ses habitants pas tout à fait massacrés…

« Des sorciers se sont échappés, ils ont sûrement été avertis. » se contenta de répondre l'espion en lançant un sortilège de soin sur sa jambe ensanglantée.

Comme seule réponse, Avery poussa un grognement de colère.

« Je vais prévenir les autres. » annonça-t-il ensuite.

Puis, sans plus de cérémonie, il s'envola à nouveau et laissa le maître des potions seul. Ce qui bien sûr, joua fortement en sa faveur.

Avec une légère grimace, il sortit de sa poche une fiole, but la potion de force puis s'autorisa à souffler quelques secondes. À l'autre bout de la rue où il se trouvait, il vit un homme jeter des coups d'œil nerveux dans sa direction, sembla ne pas le voir à cause de la pénombre de la rue et de la couleur de ses capes qui se fondaient parfaitement dans l'obscurité puis tira par la main une femme aussi terrifiée que lui dans une autre rue.

Cela faisait bien une demi-heure que l'attaque avait commencée. Aucun habitant du village ne devait ignorer ce qu'il se passait et l'espion ne serait pas étonné que le Ministère ne tarde lui aussi à arriver. Si l'Ordre faisait bien son travail et occupait les Mangemorts, des sorciers pouvaient s'enfuir et prévenir le Ministère. Arthur Weasley, bien qu'ayant une influence négligeable là-bas pouvait également tenter de convaincre quelques Aurors de se rendre ici.

Dumbledore avait également tenu à organiser le sauvetage des Moldus, ce qui, s'il y avait des survivants, ferait grand bruit dans le monde non-magique. Car le feu se propageait vite et les mages noirs avaient déjà fait de nombreuses victimes, l'annonce de la destruction de Godric's Hollow serait alors vite annoncée.

Ce n'était d'ailleurs pas le seul endroit abritant des Moldus à avoir été attaqué durant l'été et ce ne serait pas non plus le dernier. Le Seigneur des Ténèbres et ses serviteurs prenaient plaisir à les attaquer et à les tuer, et il était déterminé à instaurer à nouveau un climat d'angoisse et de peur parmi les non sorciers, ceux qu'il haïssait ardemment, alors même que son père en était un.

Bien sûr, en choisissant ce village, celui-là même où Harry Potter l'avait défait et l'avait obligé à errer faible et sans corps pendant quatorze ans, Voldemort passait un message clair : les forces des ténèbres étaient de retour et écraseraient quiconque oserait se mettre sur son chemin. La destruction de la statue des Potter en était l'image parfaite et la maison où le serpent avait été vaincu serait aussi détruite complètement, si ce n'était pas déjà fait.

Amycus et Lucius avaient été chargés de cette tâche, tout comme l'espion avait été chargé de détruire la statue. Et à la fin de l'attaque, la Marque des Ténèbres brillerait au-dessus des cendres de la maison des Potter.

Puis, après avoir partiellement soigné la blessure sur sa jambe, Severus se remit en marche tandis qu'il se demandait brièvement si le Seigneur des Ténèbres était arrivé sur les lieux. Il ne l'avait pas encore vu et était étonné car le serpent était plutôt friand de ce genre d'événement. Mais tout comme il aimait la mise en scène, il aimait se faire attendre.

Le Mangemort passa à côté d'une famille de Moldue fuyant à toutes jambes le massacre, les ignora en vérifiant d'un discret coup de baguette qu'aucun sorcier n'était dans les parages, progressa silencieusement parmi le feu et les ombres et tiqua soudain lorsqu'un homme se mit en travers de son chemin.

Voyant ses robes noires et son masque, l'homme qui semblait assez vieux crispa sa main sur sa baguette, s'arrêta soudain à quelques mètres puis lança aussitôt un sortilège en direction du Mangemort.

Celui-ci para facilement le sort d'un geste agacé, exécuta le même manège deux ou trois fois encore, signifiant bien là que l'homme n'avait aucune chance face à lui puis perdit finalement patience et se décida à attaquer d'un informulé lorsque le vieil homme vociféra :

« Bats-toi ! Bats-toi serviteur du diable ! »

Celui-ci para cependant le sortilège mais recula sous le choc, la haine déformant ses traits.

« Tu n'auras pas ma peau, satané Mangemort ! » cracha-t-il avant de lancer un nouveau sort en direction de l'espion.

Celui-ci, irrité de perdre ainsi du temps, para une nouvelle fois d'un geste vif puis répliqua aussitôt.

« Stupéfix. »

Le vieil homme trop lent pour réagir se prit alors le sortilège de plein fouet et décolla de quelques mètres pour finalement retomber lourdement sur le bitume de la petite rue sombre dans laquelle ils se trouvaient, sonné.

Avant qu'il ne puisse tenter quoi que ce soit, l'espion attira également sa baguette vers lui et la laissa tomber à ses pieds, à une distance raisonnable de l'homme.

Puis, sans même un regard pour lui, il passa à côté d'un corps inanimé et quitta la rue. Il s'arrêta cependant lorsque le vieil homme lui hurla :

« Ta cause est vouée à l'échec, assassin ! Regarde ce que tu as fait ! Godric's Hollow est en flamme mais le village se relèvera comme il l'a jadis fait ! Peu importe si ce n'est pas moi qui te tue, quelqu'un d'autre le fera à ma place et tu iras en enfer pour tout ce que tu as fait ! »

À ses mots, les lèvres de l'espion s'étirèrent en un bref sourire sarcastique et il continua, laissant le vieil homme hurler seul dans la nuit.

Il marcha pendant quelques minutes, évita autant que possible de se retrouver à nouveau face à quelqu'un, se cacha au détour d'une ruelle lorsqu'il trouva Emmeline Vance se battre contre Lucius Malfoy puis continua dans l'ombre, souhaitant s'éloigner le plus possible.

Partout, les combats faisaient rage : le village de Godric's Hollow s'était transformé en un immense champ de bataille. Les flammes du brasero, étincelantes dans la nuit noire, parfois aveuglantes, se dispersaient à l'est avec le vent, des cris se faisaient entendre de temps en temps et des corps jonchaient les rues.

Une certaine adrénaline, depuis le combat contre Maugrey et Podmore était montée en lui et l'espion avait une poigne ferme, presque crispée sur sa baguette. Si l'Ordre était efficace, la bataille serait bientôt finie. Le maître des potions se doutait que Dumbledore devrait se battre contre le Seigneur des Ténèbres et si tout se passait bien, aucun des deux ne mourrait ce soir.

Cependant, l'espion n'avait toujours pas eu vent de la venue du serpent. Sa Marque ne lui faisait pas mal, elle semblait même au repos, ce qui n'était pas normal. Les émotions du Seigneur des Ténèbres en effet, la fureur et la rage surtout, se faisaient ressentir avec le lien et pouvaient envoyer des ondes de douleur sur la Marque de chaque Mangemort s'il le souhaitait. Et même si Severus lui avait dit, il aurait normalement dû être furieux de voir l'Ordre ici, l'attaque lui tenait à cœur et il n'appréciait pas que ses plans soient perturbés.

Mais puisque le bras gauche de l'espion ne lui faisait pas mal, celui-ci se demandait si le serpent était arrivé. Il supposait que non, ce qui était plutôt étrange étant donné qu'il avait semblé impatient d'attaquer le village.

Voulant en avoir le cœur net, il se dirigea alors vers le centre de Godric's Hollow, là où il était un peu près sûr de trouver Dumbledore et peut-être par extension le Seigneur des Ténèbres.

Il emprunta un chemin éclairé par la lueur des flammes de la maison qui brûlait à quelques mètres, passa devant une vieille bâtisse qui semblait inhabitée, se dissimula parmi les ombres lorsqu'il vit à quelques mètres un Mangemort se battre contre ce qui devait être Dedalus Diggle et les contourna en empruntant une autre rue. Il ne pouvait pas voler, la fumée qui s'élevait du village était trop épaisse et il n'était pas sûr que la chose soit une bonne idée.

Enfin, il arriva non loin de la petite place du village, vit d'abord le pub en feu et les quelques corps immobiles qui jonchaient la route, la statue au centre qui était désormais un tas de pierres noires en ruine et distingua, proche de l'église, Dumbledore qui se battait contre deux Mangemorts. À quelques mètres, il lui sembla voir Kingsley Shacklebolt, appuyé contre une maison en ruine, qui tenait son bras et semblait avoir du mal à tenir debout.

Puis il entendit une voix familière, non loin de lui.

Il se retourna, baguette en main, lança un dernier regard à la scène qui se tenait à quelques mètres et se faufila dans une nouvelle rue étroite, juste derrière le pub en flamme.

Non loin de lui, il vit un Mangemort agiter sa baguette en direction de sa cible, derrière un haut muret de pierre et que l'espion ne pouvait pas voir. Le mage noir lança plusieurs sortilèges, lança à la va-vite quelques sorts de protection lorsqu'il le fallait et l'espion ne mit pas longtemps à reconnaître sa voix, tout comme celle qui lui faisait face.

« Incendio ! » lança Gibbon

« Petrificus Totalus ! » répondit son adversaire.

Puis, le Mangemort attaqua avec un informulé, un cri de surprise se fit entendre et le mage noir disparut derrière le muret afin de rejoindre sa cible qui devait être au sol, tandis que l'espion se rapprochait silencieusement et rapidement, baguette en main.

En quelques pas, il arriva derrière le muret, dans le dos de Gibbon, et vit la vieille sorcière se prendre un sortilège cuisant sur le bras et lâcher sa baguette.

Son adversaire poussa un cri de victoire, s'apprêta à lancer un autre sortilège mais il n'en eut pas le temps. D'un geste vif, l'espion envoya un informulé dans sa direction, le sort le percuta de plein fouet, ses membres se crispèrent soudain et il tomba comme une planche raide sur le sol, face la première.

Minerva car c'était elle, quelque peu abasourdie, ramassa alors sa baguette et la dirigea vers le nouvel arrivant mais se détendit aussitôt lorsque celui-ci enleva son masque et se rapprocha d'elle, enjambant le corps du mage noir.

« Est-il mort ? » demanda-t-elle en baissant sa baguette d'un ton légèrement crispé.

La vieille sorcière portait une robe verte déchirée à quelques endroits, du sang coulait sur le haut de son bras, elle avait l'air quelque peu essoufflée et son chignon d'habitude strict et parfaitement tiré était en désordre.

« Seulement assommé. » se contenta de répondre l'espion.

Puis, tandis qu'il sortait une potion de sa poche et la tendait à la sorcière, celle-ci commenta :

« Eh bien, votre arrivée aura au moins eu le mérite de le vaincre plus tôt. »

L'espion haussa un sourcil dédaigneux mais ne fit aucun commentaire devant la mauvaise foi déguisée de son interlocutrice. En parfaite Gryffondor, la vieille sorcière avait parfois du mal à remercier le maître des potions lorsqu'il lui faisait une faveur ou dans le cas présent, la sauvait d'un mauvais pas. Mais il ne s'en formalisa pas car même s'il ne voulait pas l'admettre, ils se ressemblaient beaucoup sur ce point...

Minerva en prenant la fiole que Severus lui tendait lui fit tout de même un bref sourire de reconnaissance puis amena la potion de force à ses lèvres tandis que l'espion jetait dans un murmure des sortilèges autour d'eux.

« Depuis combien de temps êtes-vous là ? » demanda-t-il ensuite en prenant soin d'examiner Gibbon, qui semblait parfaitement endormi.

La vieille sorcière remit de l'ordre dans ses robes, lança un sortilège sur son bras puis répondit :

« Cela fait bien une demi-heure... Nous avons transplané au milieu du village et des Mangemorts nous ont aussitôt interceptés. »

Puis, elle ajouta d'un air hésitant :

« Où est Vous-savez-qui ? »

L'espion fronça les sourcils.

« Vous ne l'avez pas vu ? » s'enquit-il, de plus en plus suspicieux.

La vieille sorcière secoua négativement la tête.

« Je ne le sens pas non plus. » se contenta alors de dire l'espion en passant vaguement sa main sur son avant-bras gauche.

Ce n'était pas normal. L'attaque avait commencée depuis plus d'une heure et le serpent, à l'origine de cette même attaque, ne s'était toujours pas montré. Il avait pourtant affirmé lors de la réunion au bosquet qu'il serait présent et récompenserait les Mangemorts qui feraient le plus de victime, l'espion s'en souvenait très bien.

Alors pourquoi n'était-il pas ici ? Que faisait-il ?

Ce n'était pas normal et un énorme doute monta soudainement en lui.

« Severus ? » l'interrogea la vieille sorcière en se rapprochement de l'espion, légèrement inquiète à son tour.

Il pouvait envisager plusieurs possibilités toutes plausibles, il n'avait peut-être aucune raison de s'inquiéter après tout… Le Seigneur des Ténèbres pouvait aussi bien être occupé ailleurs et ne pas l'avoir dit à ses Mangemorts. Après tout, depuis sa résurrection, il se montrait méfiant et prudent dans ses paroles et ses actions. Il pouvait tout aussi bien arriver dans quelques minutes, peut-être pour représenter en quelque sorte le clou du spectacle… même si cela surprendrait quelque peu l'espion.

Le serpent avait été clair sur ses plans : il voulait montrer la puissance des forces du mal afin de recruter de nouveaux serviteurs mais aussi afin d'instaurer le doute dans le monde magique et non magique.

Sa résurrection quant à elle était pour l'instant à l'état de doute et même si le maître des potions ne savait pas exactement quand le serpent souhaitait annoncer son retour, celui-ci lui avait clairement dit que le temps n'était pas encore venu. Il était donc étrange qu'il ne vienne qu'à la fin de l'attaque, là où le Ministère aurait été susceptible d'être averti et pourrait intervenir et où il n'y aurait plus aucun Moldu ou sorcier pour l'amuser…

Décidément, quelque chose n'allait pas.


Au milieu de Little Hangleton, un craquement sourd se fit entendre et trois sorciers apparurent soudain derrière l'église du village.

Le premier était habillé d'un long manteau brun, d'une chemise délavée et d'un pantalon en toile gris. Quelques secondes après le transplanage, il sortit sa baguette et sonda les alentours de son regard calme et réfléchi.

La seconde, plus jeune que le premier et qui portait un petit sac en bandoulière était habillée avec un manteau pourpre et des vêtements foncés mais tout aussi colorés. D'un geste vague, elle enleva une mèche devant ses yeux noirs et observa la vieille église.

Le dernier quant à lui était vêtus d'habits sobres, avait des cheveux corbeau et mi longs, tenait sa baguette de façon quelque peu crispée et jetait des coups d'œil méfiants dans la nuit.

« Par ici ! » dit la sorcière en sortant finalement de derrière l'église.

Les deux autres la suivirent.

Au village de Little Hangleton, la lune était déjà visible dans le ciel et le soleil ne tarderait pas à disparaître. Tout était calme, pas un seul habitant n'était dans les rues. Les maisons étaient allumées, quelques cheminées crachait parfois une petite fumée grise qui ondulait doucement en montant vers le ciel et les collines, qui entouraient le village, formaient des masses imposantes et quelques peu inquiétantes.

Les trois sorciers empruntèrent un petit chemin de graviers, baguette en main, les sens en alerte. On leur avait dit que des Mangemorts étaient susceptibles de monter la garde au village, ils devaient donc se montrer prudents.

Ils passèrent devant le cimetière du village et l'un d'eux s'arrêta en dardant son regard sur les pierres tombales.

C'était ici, il y a presque trois mois, que Lord Voldemort avait ressuscité.

Aucun sorcier à part les Mangemorts présents ce jour-là et Harry Potter n'avaient été témoins de la scène et l'Animagus serra brièvement les poings en distinguant une pierre tombale plus grande et plus haute que les autres, celle de Tom Jédusor senior, le père de Voldemort.

« Sirius. » l'appela son ami, le faisant revenir à la réalité.

Le concerné détourna le regard, croisa quelques secondes les yeux du lycanthrope puis se remit en marche.

« Il n'y a pas l'air d'y avoir de Mangemort… » commenta ensuite Nymphadora Tonks d'un air presque déçu.

« Tant mieux pour nous. » répondit Remus en haussant les sourcils, amusé par le ton de la sorcière tandis que Sirius roulait des yeux devant la scène.

Nymphadora Tonks était jeune, énergique et voyait la vie en couleur tandis que Remus… Remus était tout le contraire. En fait, depuis la mort de James et Lily Potter, il était rare de le voir sourire. La résurrection de Voldemort et l'enlèvement de Harry l'avaient changé également, il était plus silencieux, plus sérieux peut-être et ne plaisantait plus.

Quant à sa relation avec la sorcière et même si aucun des deux ne voulait l'avouer, Tonks lui plaisait et inversement. Ils ne se connaissaient que depuis la création du deuxième Ordre du Phoenix mais ils s'entendaient bien, la sorcière arrivait même à faire rire Remus et Sirius l'appréciait pour cela.

Les trois sorciers traversèrent le petit village rapidement, s'arrêtant parfois pour lancer un sortilège de détection et discutant de temps en temps à voix basse puis atteignirent finalement le pied de la colline.

Baguettes bien en main, ils empruntèrent le petit chemin de graviers qui montait et serpentait sur la colline, soudain l'air plus sérieux. L'ascension se fit en silence, Remus en tête, Tonks le suivant et Sirius fermant la marche.

Au-dessus d'eux, le ciel s'assombrissait de plus en plus et le vent se levait, faisant frémir les quelques arbres qui se tenaient çà et là, au bord de la route.

Une dizaine de minutes plus tard, lorsqu'ils arrivèrent enfin au sommet de la colline, des corbeaux passèrent en croassant et le vent, qui sifflait particulièrement fort, donnait au lieu une atmosphère inquiétante.

« C'est donc ici... » dit Tonks en observant le haut portail qui leur faisait face.

Entre deux piliers où trônaient deux statues d'animaux délabrées, la grande grille faisait au moins quatre mètre de hauteur. Des motifs tortueux étaient dessinés dans le fer quelque peu rouillé et la grille se terminait en longs pics noirs, semblables à des flèches aiguisées. Derrière lui, les protections telles un champ de force ondulaient doucement et laissait voir une forêt sombre et dense.

D'un geste de la tête, Remus fit signe à la sorcière de commencer.

Quelques instants avant que l'équipe de Godric's Hollow ne s'en aille, Dumbledore leur avait donné le sortilège qui permettait de traverser les protections du manoir et que lui avait communiqué Snape quelques jours plus tôt. Les protections étant trop solides pour être détruites avec seulement trois sorciers, l'information s'était donc avérée précieuse.

De plus, il était primordial pour eux de se montrer discret et d'infiltrer le manoir dans le secret le plus total, afin entre autre d'utiliser l'effet de surprise et de permettre de sauver Harry Potter dans les plus brefs délais. Car le temps, tout comme beaucoup d'autres paramètres, était précieux.

Dumbledore leur avait donné une heure : si dans ce délais imparti ils échouaient à libérer le garçon, ils seraient obligés de repartir sans lui. À tout moment en effet, des Mangemorts étaient susceptibles de revenir au manoir, et étant déjà peu nombreux, les trois sorciers devaient éviter à tout prix que cela n'arrive.

« Restez en vie et ne vous faites pas prendre ! » leur avait sagement conseillé Maugrey.

Pour Sirius et Remus cependant, le sauvetage de Harry valait bien de prendre des risques. Mais si ceux-ci, à un moment critique devenaient trop importants, Remus n'hésiterait pas à abandonner la mission. Pour l'Animagus, c'était autre chose, mais le lycanthrope espérait pouvoir le raisonner si par malheur la chose arrivait.

Il fallait bien en effet, envisager toutes les possibilités.

Tonks s'avança alors, pointa sa baguette en direction du portail et murmura un sortilège. Cependant, rien ne se passa et elle lança un regard incertain aux deux sorciers derrière elle, qui froncèrent les sourcils.

« Peut-être doit-on le traverser ? » tenta le loup-garou d'une voix hésitante.

Devançant la sorcière, il s'avança vers le portail, ramassa une poignée de gravier et la lança en direction de la grille. Ceux-ci ne firent aucun bruit sur le fer et disparurent de l'autre côté sans même que les trois sorciers ne puissent les voir tomber.

« Ça me semble sans danger… » intervint Sirius.

Sans plus de cérémonie, Tonks passa alors son bras à travers le grillage.

Elle poussa un petit cri, alertant les deux sorciers et son bras fut comme aspiré par le portail.

« Tonks ! » s'exclama Sirius.

« Nymphadora ! » s'écria au même moment Remus.

Puis elle ne bougea plus.

« Eh non, je rigolais ! » dit-elle ensuite en ressortant son bras indemne sous les regards exaspérés des deux sorciers. « Et ne m'appelle pas Nymphadora, Remus. » avertit ensuite la sorcière en regardant le loup-garou d'un air menaçant.

Puis, elle traversa le portail, disparut et laissa les deux sorciers seuls. Remus lâcha un bref soupir, Sirius fit un sourire amusé.

« Elle est… charmante. » commenta l'Animagus d'un ton innocent.

Le loup-garou se contenta de lui lancer un regard significatif, murmura le sortilège en direction de la grille et disparut à son tour. Sirius quant à lui fit à nouveau un bref sourire et après avoir à son tour lancé le sortilège, rejoignit les sorciers.

« Il serait peut-être plus judicieux de quitter le chemin. » intervint Remus en observant les alentours.

La grille désormais derrière eux, les trois sorciers se tenaient sur un chemin pavé gris où poussaient çà et là quelques touffes d'herbes et où il manquait parfois des pierres. La route continuait en sinuant parmi une rangée d'arbres inégale et le manoir, qui devait être loin devant eux, n'était pas encore visible.

La luminosité depuis leur ascension de la colline ne cessait de chuter et il ferait bientôt nuit noire.

Comme seule réponse, les deux sorciers hochèrent alors la tête. Dumbledore grâce à Snape leur avait informé qu'un petit bois longeait le côté droit de la colline et rejoignait le manoir par un haut muret de brique. Le chemin avait pour l'instant l'air assez couvert mais il était plus prudent de se dissimuler parmi les arbres et d'arriver par un côté du manoir plutôt que de front…

Ils se mirent donc en route.

« Il faut aussi mettre en place le dispositif. » ajouta le loup-garou tandis qu'ils quittaient le chemin et longeaient le haut muret couvert de lierre.

« Autant le faire maintenant, non ? » demanda Tonks en ramenant le sac qu'elle portait devant elle.

Le dispositif dont il était question ici était une idée de Kingsley Shacklebolt. L'appareil magique était composé de quatre petits boîtiers noirs, semblables à de simples boites à outils. Placés correctement, ceux-ci, lorsque l'on les allumait d'un sortilège, permettaient de créer un périmètre anti protections. Peu nombreux, il y en avait cependant de toutes sortes et l'appareil que leur avait donné Kingsley permettait de transplaner dans la zone normalement protégée contre.

Lorsque le sorcier le leur en avait parlé, ceux-ci avaient d'abord été très surpris. Selon Kingsley, le Ministère en détenait quelques-uns dans le département de contrôle d'équipements magique, dans une pièce quelque peu abandonnée depuis le retour de la paix. Créé par une équipe de sorciers travaillant sur des projets secrets durant la guerre, l'appareil n'avait été construit qu'en quelques dizaines d'exemplaires et la plupart avait été perdue.

Car le dispositif, même s'il semblait plutôt ingénieux, avaient en réalité beaucoup de limites : pour le mettre en place, il fallait d'abord rentrer à l'intérieur de la zone protégée, ce qui était parfois impossible. De plus, l'appareil avait une portée limitée et ne pouvait fonctionner dans une zone trop grande. Et ne garantissant de fonctionner qu'une heure au maximum, il avait vite été laissé de côté durant la guerre du fait de ses nombreux défauts.

Cependant, dans le cas présent, l'appareil était précieux pour les trois sorciers et leur permettrait, une fois Harry Potter retrouvé, de transplaner avec lui et de disparaître aussitôt.

À la question de la sorcière, Remus hocha alors la tête.

« Tu t'occupes de mettre celui-là, Sirius et moi allons de ce côté pour en mettre deux autres. Pour le dernier, nous le mettrons avant de rentrer dans le manoir. » annonça le loup-garou.

Tonks hocha la tête.

« Je vous attendrai ici. » dit-elle en plongeant son bras entier dans le sac qu'elle portait.

Elle fouilla pendant quelques secondes puis sortit finalement deux boîtiers qu'elle confia à Remus et Sirius.

« Sois prudente. » lui recommanda le lycanthrope en prenant les boîtiers.

Comme seule réponse, la sorcière roula des yeux. Puis, tandis que les deux sorciers s'éloignaient, elle sortit un troisième boitier et se mit au travail.

La mise en place de l'appareil n'était pas compliquée mais elle nécessitait un peu de temps. Il fallait d'abord s'assurer de le placer bien à plat et l'enserrer avec tout ce que l'on pouvait trouver afin qu'il ne bouge pas et ne s'entende pas. En effet, selon Kingsley, les boîtiers lorsqu'ils étaient allumés remuaient parfois brutalement et faisaient un affreux bruit de grésillement. Il leur avait conseillé de les ensevelir sous terre, à environ trois ou quatre pieds, avec si possible quelque chose de solide pour reboucher le trou. Il fallait aussi faire attention à le placer correctement, sinon le signal magique pouvait mal passer et l'appareil pouvait, au pire des cas, ne pas fonctionner du tout.

D'un coup de baguette, Tonks creusa alors dans la terre un trou de la taille du petit boitier puis le plaça à l'intérieur. Elle s'assura qu'il était bien à plat, du côté où des lettres presque effacées se dessinaient puis alla chercher une grosse pierre parmi celles du haut muret qui encerclaient toute la propriété du manoir.

Après quelques minutes, elle en trouva une suffisamment grosse, tenta de la porter mais n'y parvint pas, soupira et utilisa finalement sa baguette magique.

« Wingardium Leviosa. » murmura-t-elle en direction de la pierre.

Celle-ci s'éleva paresseusement et alla se placer devant la sorcière, qui se remit à marcher en direction du trou qu'elle avait creusé.

Tout en jetant des coups d'œil autour d'elle, elle marcha silencieusement dans l'obscurité désormais prononcée de la nuit, s'arrêta soudain lorsqu'elle entendit des feuilles d'un buisson bouger puis soupira de soulagement en voyant un petit animal en sortir, peut-être un rongeur.

Elle arriva finalement à destination, posa la pierre à côté du trou, le reboucha d'un coup de baguette avec de la terre et plaça la pierre au-dessus.

Puis elle attendit le retour des sorciers.

L'atmosphère, depuis quelques minutes était assez oppressante et le fait d'être seule ne la rassurait pas. Elle saurait faire face à un Mangemort s'il le fallait – elle était Auror après tout, mais préférait éviter tout combat tant qu'elle était seule.

Avait-elle peur ? Elle pensait que non, mais voulait tout de même bien admettre qu'une légère angoisse l'habitait depuis que les deux sorciers l'avaient quitté. La nuit, le vent qui sifflait dans les branches des arbres et le froid qui s'installait doucement bien sûr, n'arrangeait rien.

Une quinzaine de minutes plus tard cependant, les deux sorciers apparurent devant elle et elle poussa un bref soupir de soulagement.

« C'est fait ? » leur demanda-t-elle.

Ils hochèrent la tête.

« La zone ne sera pas excessivement grande mais nous ferons avec. » précisa Sirius tandis que le loup-garou jetait des coups d'œil méfiants autour d'eux.

« Remus ? » l'interrogea la sorcière, inquiète.

Le sorcier leva le nez et renifla quelques secondes, comme un loup le ferait, puis répondit doucement :

« J'ai l'impression d'être observé. Mais je ne sens rien, à part la terre humide et les quelques animaux qui se trouvent ici. C'est sans doute… mon imagination. » dit-il avec un sourire d'excuse.

Sirius et Tonks échangèrent un regard mais n'ajoutèrent rien.

Puis, les trois sorciers se remirent en marche. Ils marchèrent en silence pendant une dizaine de minutes, prenant soin de longer le haut muret de pierre et s'arrêtèrent lorsque Remus leur fit signe.

« Le manoir est là-bas, à environ cinq minutes. Il y a un arbre devant l'une des façades et le muret n'est qu'à quelques mètres. Il faut continuer derrière lui.

La vue d'un loup-garou, même sous forme humaine, était bien utile au groupe.

« Mais les protections ? » hésita Tonks.

« D'après Severus, elles ne s'arrêtent pas au muret mais derrière le bois. » répondit le loup-garou.

À la mention du maître des potions, Sirius renifla d'un air mauvais.

« Essayons alors. » dit la sorcière en ramassant une pierre et en la lançant au-dessus du muret.

Celle-ci après être passée de justesse de l'autre côté disparut et sembla retomber de l'autre côté sans encombre.

« Ça m'a l'air sûr. » annonça-t-elle ensuite en haussant les épaules, tandis que les deux sorciers se lançaient un regard incertain.

Puis, sans plus de cérémonie, elle pointa sa baguette en direction du muret et murmura un sortilège. Quelques pierres, au-dessus de celui-ci s'envolèrent lentement et vinrent se placer sur le sol, formant progressivement de hautes marches.

« Vous pouvez m'aider, si vous voulez. » lança-t-elle ensuite d'un ton significatif aux sorciers, non sans une pointe d'humour.

Ceux-ci s'exécutèrent aussitôt et en à peine une minute, trois hautes marches étaient construites et permettaient de franchir le muret.

Tonks passa la première, s'aidant de ses bras pour monter, Sirius suivit et Remus ferma la marche.

Sans bruit, ils atterrirent de l'autre côté, Tonks remit ses manches qu'elle avait retroussée pour escalader et ils se remirent en marche.

Derrière le muret, plusieurs arbres formant finalement un petit bois se tenaient là et les trois sorciers furent bientôt obligés d'éclairer leur pas de leur baguette. Remus y voyait parfaitement, mais Sirius et Tonks trébuchaient souvent contre des racines. Et même si Sirius pouvait utiliser sa forme d'Animagus, la sorcière, quant à elle, ne voyait rien sans lumière.

Puis, environ cinq minutes de marches, Remus leur fit signe de s'arrêter.

« Le manoir est juste derrière. » dit-il en désignant une direction à sa gauche, qui ne laissait voir pour les deux autres sorciers que des arbres dans le noir. « Je vais installer le boîtier plus loin. » ajouta-t-il tandis que Tonks lui tendait l'objet.

Il disparut alors dans l'obscurité, laissant Sirius et la sorcière seuls.

Avec les quatre boîtiers, la zone qu'ils avaient grossièrement tracé n'était pas très large mais suffirait. En forme de quadrilatère, elle englobait le manoir et une infime partie du bois, sans aller cependant jusqu'au bout de la colline. L'important était que les sorciers puissent transplaner au sein même du manoir.

Puis, Tonks sortit un nouvel objet de son sac qu'elle tendit à l'Animagus. C'était la cape d'invisibilité de Harry, que Dumbledore lui avait donné avant de partir.

« Anxieux ? » dit-elle ensuite au sorcier.

Celui-ci fit un maigre sourire et garda le silence. Tout comme son interlocutrice et le loup-garou, Sirius appréhendait en effet la suite. Il n'avait pas peur de se battre, il était assez confiant en ses capacités et savait de toute façon combattre. Mais il avait peur d'échouer à sauver Harry.

Il n'y avait pourtant pas de raison, il était d'ailleurs prêt à tout pour y arriver. La chance était de leur côté, Snape – même s'il ne voulait l'admettre – leur avait fourni des informations précieuse et il n'y avait, d'après lui, que trois ou quatre Mangemorts au manoir.

Sirius avait peur, également, de se retrouver face à son neveu. Dumbledore après l'insistance de l'Animagus leur avait dit ce qui était arrivé à Harry, que Voldemort l'avait torturé et qu'il avait peut-être… changé. À ces mots, Sirius s'était senti profondément en colère, triste, impuissant. Son neveu, qui avait perdu ses parents et avait déjà souffert à cause du mage noir, souffrait à nouveau.

Peut-être Harry aurait-il de la rancœur envers lui, envers ceux qui viendraient le sauver et c'était légitime, car les secours arrivaient bien trop tard. Ainsi, si son neveu lui en voulait, Sirius ne serait pas surpris et accepterait sa rancœur. Même si lui aussi aurait voulu le sauver bien plus tôt, il comprendrait ses sentiments.

Puis, Tonks prit à nouveau la parole et le fit sortir de ses pensées.

« Quel genre de garçon est Harry Potter ? » demanda-t-elle, curieuse.

La sorcière n'ayant pas encore eu l'occasion de le rencontrer, elle se demandait comment le Garçon qui a Survécu, celui qui avait défait Voldemort et l'avait vu renaître lors du Tournoi des Trois Sorciers était.

Sirius sembla réfléchir pendant quelques secondes et répondit tranquillement :

« Physiquement, il ressemble beaucoup à James Potter, l'homme que tu as vu sur la photo du premier Ordre. »

La sorcière hocha la tête. Maugrey et quelques autres lui avait en effet montré la photographie et elle se souvenait de chaque nom et de chaque visage.

« Avec une touffe et des lunettes ? » s'enquit-elle, amusée.

L'Animagus fit un sourire.

« Avec la touffe et les lunettes. » répéta-t-il en acquiesçant de la tête. « Mais il a les yeux de sa mère. » précisa-t-il. « La jeune femme aux côtés de James, avec les longs cheveux roux. »

« Lily Potter. » commenta la sorcière.

Sirius acquiesça à nouveau.

« Pour le caractère, eh bien… » hésita-t-il, semblant chercher ses mots. « Il n'est pas aussi chahuteur que James. » admit-il d'une voix amusée. « Il est moins arrogant, plus calme, moins extraverti je dirais. Un peu comme sa mère. »

« Et Ron et Hermione sont ses meilleurs amis, c'est ça ? » demanda Tonks sur le ton de la conversation.

L'Animagus hocha la tête.

Ayant déjà fait un séjour au square Grimmauld, la sorcière avait eu l'occasion de rencontrer les deux adolescents ainsi que toute la famille Weasley. Elle s'était d'ailleurs vite fait adoptée par tout le monde et appréciait la compagnie de Molly. Quant aux enfants, Hermione semblait être une jeune fille très intelligente et pleine de ressources tandis que Ron était plus terre à terre, fier et franc, comme un parfait Gryffondor.

« Tu verras, il te plaira. » lança Sirius d'un ton où perçait une certaine fierté.

Puis, Remus apparut derrière un arbre et les rejoignit en silence.

« Les boîtiers sont allumés. » dit-il. « Nous avons une heure. »

Les deux sorciers acquiescèrent.

« Allons-y. » dit alors Sirius en prenant la tête de la marche.


À suivre...

Dans le première partie, Severus risque de ne pas plaire à certains mais je pense, du moins je vois le personne comme ça : il a déjà tué, c'est un Mangemort, c'est plutôt commun (étrange à dire). Ce n'est pas qu'il rechigne à tuer mais il préfère l'éviter, pas pour ses victimes mais peut-être pour lui, parce qu'il est conscient que supprimer des vies noircit son âme déjà bien abîmée (peut-être). Il est assez cynique face au vieil homme qui l'attaque, et son commentaire même s'il prend le temps de l'écouter ne l'atteint pas, tout simplement parce qu'il doit avoir l'habitude. Et qu'il se fiche bien de ce qu'un vieil homme peut dire sur lui (lol).

Voilà c'est un peu près tout, j'espère en tout cas que ce chapitre vous aura plu et je vous dis à plus tard pour le chapitre 20 !

Gros bisous !