Bonsoir à tous !

La fiction à atteint le cap des 150 reviews ! Merci donc à tous ceux et toutes celles qui prennent le temps de laisser une review, qu'elle soit longue, courte ou pleine de fautes d'orthographe, ça m'est égal car ça me fait toujours très très plaisir ! 95 personnes suivent également la fiction et 67 personnes l'ont mise en favoris et pour tout ça, je vous fais de gros bisous !

Sans plus tarder, je vous laisse avec les paroles d'une chanson de Linkin Park (un classique) et je vous souhaite une agréable lecture !


"Bring me home in a blinding dream,

Through the secrets that I have seen

Wash the sorrow from off my skin

And show me how to be whole again"

"Ramène-moi à la maison dans un rêve aveuglant,

À travers les secrets que j'ai vus

Rince la peine qui couvre ma peau

Et montre-moi comment être entier à nouveau"

...

Linkin Park – Castle Of Glass


Chapitre 21 : Home


Dans une grande pièce ronde et lumineuse et non loin de l'endroit où Harry Potter était gardé, un silence interminable planait.

Les nombreux tableaux, disposés sur les murs ne parlaient plus depuis quelques jours. Le Phoenix avait cessé de mettre des coups de bec dans son perchoir et arborait, à l'image de son maître, une mine affreuse.

C'était la première fois en trois jours que le directeur convoquait l'espion mais à l'allure où ils avançaient pour résoudre leurs nombreux problèmes, eh bien ils n'étaient pas rendus.

Laissant de côté son thé, Severus jeta un bref coup d'œil au vieux sorcier qui paraissait plongé dans ses pensées.

Depuis le sauvetage du garçon, Albus Dumbledore semblait en effet plus fatigué que jamais. Ses yeux bleus perçants derrière ses lunettes en demi-lune étaient ternes, sa voix d'habitude calme et réfléchie était basse et parfois hésitante et le maître des potions devait bien avouer qu'il ne l'avait pas vu ainsi depuis très longtemps, peut-être depuis la mort des Potter.

C'était compréhensible, il semblait beaucoup aimer le garçon et le voir dans cet état avait dû l'ébranler quelque peu, tout comme Black qui en plus d'avoir été sévèrement blessé, refusait de manger jusqu'à ce que Potter ne se réveille enfin…

Un acte tout à fait ridicule selon l'espion.

Mais il était étonnant que l'état du garçon affecte autant le directeur. Jusqu'à aujourd'hui en effet, l'espion n'aurait jamais cru revoir Albus Dumbledore ainsi préoccupé. Bien sûr, l'état de Potter était dramatique, mais ce n'était pas le seul élément sur lequel le directeur pouvait s'apitoyer. La liste, en effet, était plutôt longue.

En dehors du miracle que le directeur avait accompli en faisant évacuer l'Ordre du manoir, deux membres étaient morts. Lucien Mesnier qui venait à peine de le rejoindre et Dedalus Diggle, qui avait simplement voulu sauver Mesnier. L'un avait été tué sur le coup par Alecto Carrow, l'autre n'avait pu s'enfuir et avait été torturé par le Seigneur des Ténèbres lui-même, jusqu'à ce qu'il ne meure en emportant avec lui toutes les informations qu'il avait protégé de sa vie.

Et pour les autres qui avaient pu échapper à la mort, le bilan n'était pas non plus brillant. La jeune Nymphadora Tonks par exemple, lors du combat l'opposant elle, Lupin et Black au Seigneur des Ténèbres, avait reçu un puissant sortilège de magie noire et était désormais dans un coma profond à Ste Mangouste, ce depuis plus de trois jours.

Alastor Maugrey quant à lui avait été sérieusement blessé et ne serait remis sur pieds que dans plusieurs semaines, Lupin avait failli perdre un bras et portait un plâtre pour une durée indéterminée encore – ce qui allait être plutôt problématique lors de sa prochaine transformation, Minerva avait été blessée à la jambe et se reposait dans ses quartiers et Black semblait être parti en dépression. Pour les autres membres et quant à Dumbledore qui avait reçu un maléfice aussitôt soigné par le maître des potions, il n'était heureusement question que de blessures superficielles.

Cependant, en attendant que tous les membres ne se rétablissent, l'Ordre du Phoenix était entièrement paralysé.

La seule chose positive aujourd'hui était que du côté des Mangemorts, les pertes étaient à peu près équivalentes et qu'il faudrait donc attendre un petit moment avant le Seigneur des Ténèbres ne décide de repasser à l'attaque.

Désormais donc, les deux camps étaient à ex aequo. Du moins si l'on mettait à part la victoire des Mangemorts à Godric's Hollow.

Car le village, en dépit du fait que plus de la moitié des habitants avaient réussi à s'enfuir, avait été complètement détruit. La Marque des Ténèbres avait flotté sur ces cendres jusqu'au petit matin et les Aurors qui s'y étaient rendu peu après que les Mangemorts ne quitte le village s'étaient dit, pour la plupart, choqués qu'une telle catastrophe ait pu se produire. Quant au monde Moldu, l'information avait largement été diffusée et avait, selon le Ministère, fait grand bruit également.

Au total, trente-deux personnes étaient mortes, dont onze sorciers. Plus de cinquante personnes avaient été blessées et il était certain que cette nuit tragique ne serait pas oubliée de sitôt, même chez les Moldus, où la version officielle stipulait qu'un simple incendie involontaire était responsable de ce drame.

Soudain, Dumbledore prit la parole, brisant le silence de la pièce et tirant Severus de ses pensées.

« Voldemort vous a-t-il contacté ? » lança-t-il faisant au passage tiquer l'espion par l'utilisation du nom du mage noir.

L'attention du maître des potions se reporta alors sur Dumbledore et il remarqua que celui semblait avoir repris contenance.

« Non, pas encore. » répondit le concerné d'une voix agacée.

À ses mots, le vieux sorcier se contenta de prendre une gorgée de son thé et n'ajouta rien de plus, laissant un silence significatif dévoiler ses pensées.

« Et ce depuis plus de trois jours. » se dit le maître des potions d'un air préoccupé.

Il fallait bien l'admettre, le silence du Seigneur des Ténèbres était inquiétant et ne présageait rien de bon.

Lors de la nuit du sauvetage, quand l'Ordre avait finalement réussi à s'enfuir et que le serpent avait découvert la disparition du garçon, celui-ci s'était mis dans une colère sans précédent. L'Ordre avait en partie réussi à empêcher le génocide à Godric's Hollow, l'avait combattu dans son propre domaine, avait réussi à s'enfuir et en prime, le garçon lui avait été enlevé.

Devant sa fureur grandissante, la plupart des Mangemorts s'étaient alors retirés sans demander leurs restes, dont l'espion. Il s'était bien sûr attendu à une convocation rapide et n'avait cessé de réfléchir, avec une certaine appréhension, à ce qu'il pourrait bien dire au serpent. Car même s'il ne connaissait pas tous les détails, le maître des potions savait qu'il avait fait une erreur.

Tout d'abord, il avait assuré au mage noir que malgré la rumeur de l'attaque à Godric's Hollow, Dumbledore ne s'en était pas préoccupé plus que cela, alors même que le serpent devait déjà savoir que l'Ordre se rendrait à Godric's Hollow grâce au divin qui avait rejoint ses rangs.

Pourquoi alors, n'avait-il rien dit à ce moment-là ? Supposait-il que Dumbledore n'avait pas tout dit à son serviteur ? Mais dans ce cas, pourquoi ne lui avait-il pas signalé qu'une attaque aurait bien lieu ? À quoi cela lui avait-il servi de garder secret son atout ?...

Le maître des potions ne pouvait en être sûr, mais il craignait que le serpent ne le soupçonne déjà de trahison.

Et il restait bien sûr la question du garçon ; comment s'était-il échappé, par quel moyen et qui l'avait aidé – bien que pour ce cas présent, l'espion avait fait preuve d'une grande ingéniosité selon Dumbledore.

Cependant, le sauvetage du garçon avait bel et bien reposé sur un coup de chance.

Tout d'abord, Severus n'avait pas été exactement sûr que le portoloin donné par Dumbledore était toujours à sa place, rangé dans un terroir de son bureau, et qu'il fonctionnerait si le garçon mettait la main dessus. En effet, le maître des potions avait craint que le dispositif de Kingsley ne s'éteigne avant que Potter n'atteigne son but, ce qui n'avait pas été le cas à son plus grand soulagement.

De plus, il aurait pu y avoir des témoins dans le manoir, des Mangemorts blessés et cherchant refuges par exemple. Mais heureusement pour lui, aucun mage noir n'avait déserté – l'espion, après la bataille, se l'était remémoré en boucle et avait bien pris soin de compter chaque Mangemort présent.

Le seul qui n'avait pas participé à la bataille était Alexandre qui, blessé et selon Black et Lupin, avait quitté le manoir peu avant que l'Ordre n'arrive. Et quant à Pettigrew… le maître des potions supposait qu'il avait pris la fuite bien avant que la bataille ne commence.

Du moins il espérait. Car si quelqu'un avait eu le malheur de voir Potter se diriger vers son bureau et disparaître, l'espion ne donnait pas cher de sa peau.

La version officielle était que Black avait réussi à donner un Portoloin au garçon. Peu avant son départ du manoir et flanqué du directeur et d'Alastor Maugrey, il s'en était d'ailleurs venté auprès du Serpent. Severus espérait que le cabot avait été suffisamment convainquant.

Puis, le directeur reprit la parole, tirant le maître des potions de ses pensées.

« Ainsi, un voyant a rejoint ses rangs ? » demanda-t-il simplement en plongeant son regard dans celui de son interlocuteur.

L'espion hocha la tête.

« Ce ne peut être que cet… Alexandre. » répondit-il ensuite tandis qu'il détournait le regard.

Ayant eu le temps de s'entretenir avec Black, l'espion n'avait pu en déduire autrement. Le physique, bien que les informations du cabot soient limitées, correspondait et le Seigneur des Ténèbres lui-même avait utilisé le mot « divin » pour désigner son Mangemort.

Peut-être avait-il cru que l'Animagus ne lui échapperait pas et mourrait en emportant cette information avec lui, c'était en tout cas une très grosse erreur de sa part.

« Severus. » l'interpella ensuite le directeur d'une voix calme. « Je ne peux vous blâmer pour ne pas avoir découvert cette information plus tôt. À ce que j'ai compris, Voldemort n'en a d'ailleurs parlé à aucun de ses Mangemorts. »

Ne sachant pas quoi répondre, le maître des potions hocha une nouvelle fois la tête.

« Cependant, il faut bien avouer que tout cela est plutôt inquiétant. » ajouta Dumbledore d'un air plus sérieux.

Et c'était peu dire, pensa l'espion. Car si les choses avaient aussi mal tourné, c'était bien à cause de ce voyant qui devait avoir tout prévu depuis un certain moment déjà.

Il était donc inutile de dire que le nouvel atout du Seigneur des Ténèbres formait à lui seul une menace sans précédent. Car jusqu'où, exactement, se limitait son pouvoir ? Jusqu'où pouvait-il prédire les choses ? Était-il, par exemple, capable de définir avec précision la date d'une attaque, était-il en mesure de découvrir le double jeu de l'espion ?

Tout cela donnait affreusement mal à la tête au maître des potions.

« Avez-vous d'autres informations quant à l'identité de ce Mangemort ? » demanda ensuite le directeur tandis qu'il faisait disparaître sa tasse vide du bureau.

Après une dernière gorgée, l'espion fit de même puis se redressa dans le dossier du fauteuil sur lequel il était assis.

« Il était discret. » dit-il en soutenant le regard du directeur. « Son nom de famille m'est inconnu, j'imagine qu'il le cachait pour une bonne raison. »

À ses mots, Dumbledore hocha la tête.

« Connaissez-vous la famille Vablatsky ? » demanda-t-il ensuite d'une voix tranquille.

Le maître des potions ne mit guère longtemps à deviner les pensées du directeur.

« Une célèbre famille de Sang-Pur possédant le don de voyance, aujourd'hui dirigée par Cassandra Vablatsky. » répondit simplement l'espion.

« C'est exact. » acquiesça le vieux sorcier.

« Mais il a été dit que le don de voyance ne s'était pas perpétué à ses enfants et petits-enfants. » nuança Severus. « Qu'est-ce qui vous fait dire que cet Alexandre serait l'un des descendant de Cassandra Vablatsky ? »

Comme seule réponse, le directeur fit apparaître la Gazette du Sorcier, datant de quelques jours et plus précisément du 18 août, où la disparition de Harry Potter avait été rendue publique.

Sous l'œil attentif du vieux sorcier, l'espion se saisit alors du journal et parcourut les autres titres. Son regard fut inévitablement attiré par un court article, dont le titre était : Cassandra Vablatsky toujours à la recherche de l'un de ses petits-fils.

Rapidement, Severus parcourut les quelques lignes qui composaient la nouvelle, jetant de temps à autre des coups d'œil au directeur puis reposa finalement le journal, qui disparut après un mouvement de la main du vieux sorcier.

« Qu'en pensez-vous ? » demanda-t-il ensuite à l'espion.

« Cela pourrait en effet correspondre. » répondit l'intéressé après quelques secondes de réflexion. « Il est assez jeune, plus ou moins proche de la trentaine, a la peau pâle et des traits qui pourraient s'apparenter à ceux d'un Sang-Pur.» précisa-t-il.

Des traits qu'ils camouflaient d'ailleurs derrière son air quelque peu négligé, l'espion l'avait bien remarqué.

« Mais n'oubliez pas que selon la version officielle, aucun enfant Vablatsky n'a hérité du don de voyance. » jugea tout de même bon de préciser le maître des potions. « Et la disparition du petit fils en question date de plusieurs mois, alors que cet Alexandre n'a rejoint le Seigneur des Ténèbres il y a seulement quelques jours, peut-être trois semaines tout au plus. » ajouta-t-il tandis que le vieux sorcier acquiesçait à ses paroles.

« La piste mérite cependant d'être creusée, ne pensez-vous pas ? » demanda Dumbledore d'une voix tranquille.

Comme seule réponse, l'espion hocha la tête. Il n'était pas rare aujourd'hui qu'une grande famille décide de cacher une information importante au public et il se pouvait très bien que le voyant n'ait pas immédiatement rejoint le Seigneur des Ténèbres.

Au point où ils en étaient, il fallait bien commencer par quelque chose.

Puis, sans plus de cérémonie, le directeur changea de sujet.

« Je pense vous accorder un congé jusqu'à mi-octobre. Cela vous convient-il ? » s'enquit Dumbledore auprès de l'espion, qui se contenta de hausser un sourcil dans une expression bien à lui.

« Ai-je l'air si pathétique ? » répondit Severus d'une voix teintée de sarcasmes.

Le vieux sorcier s'autorisa un bref sourire.

« Loin de moi cette idée. » affirma-t-il tranquillement. « Mais après ces trente jours auprès de Voldemort, il me semble que vous l'avez bien mérité. » précisa-t-il non sans dévisager l'espion, qui soutint son regard d'un air quelque peu méfiant.

Qu'avait-donc le vieux sorcier derrière la tête ? Le maître des potions en était sûr, cette soudaine bienveillance à son égard cachait forcément quelque chose. Peut-être espérait-il que l'espion se concentrerait davantage sur le Seigneur des Ténèbres s'il n'enseignait pas, ce qui était faux bien sûr, car l'espion était parfaitement capable de faire les deux.

Mais il était vrai que les derniers jours avaient été plutôt éprouvants et si le directeur lui proposait si gentiment, il ne voyait pas pourquoi il devrait refuser…

« Avez-vous au moins un remplaçant ? » demanda-t-il tout de même, pour faire bonne mesure.

« Ne vous inquiétez pas pour cela. » lui répondit Dumbledore d'un ton satisfait. « Mr Vermeille sera tout à fait d'accord pour prolonger son séjour à Poudlard. Et même si j'ai cru comprendre que vous manquiez à certain de vos élèves, ils pourront encore se passer de vous quelques jours de plus. » ajouta le sorcier d'une voix où perçait son amusement.

Le maître des potions, quant à lui, garda un air parfaitement neutre.

« Mais vos cours de potions mis à part, il vous faudra tout de même vite reprendre votre statut de directeur de maison, car je crains fort que vos Serpentards aient été quelque peu… perturbés en votre absence. » précisa Dumbledore.

Severus fut tenté de laisser échapper un petit sourire railleur. Il espérait simplement que personne n'était mort. Mais si les pertes étaient à déplorer du côté des Gryffondor, eh bien ce n'était pas si grave. Minerva lui en voudrait peut-être, mais c'était un mal pour un bien.

« Quant à Harry, je dois dire que je suis quelque peu indécis. » lança le vieux sorcier, changeant encore une fois de sujet.

Le maître des potions avait bien cru qu'il n'aborderait jamais le cas du garçon. Car le problème, depuis trois jours, n'avait toujours pas été résolu.

« S'est-il réveillé ? » s'enquit Severus au passage.

Comme seule réponse le directeur nia de la tête.

« Hélas non, pas encore. »

Et ce n'était pas étonnant, pensa Severus, s'ils considéraient l'état du garçon lors de la nuit de son sauvetage. Il avait paru épuisé, presque à bout de souffle, et complètement perdu. Ces quelques jours de repos ne pouvaient donc que lui être bénéfiques.

« Pomfresh a pu soigner ses blessures superficielles mais il faudra hélas, un certain temps avant que son état physique ne s'améliore véritablement. » précisa le vieux sorcier d'une voix où perçait une certaine tristesse.

L'espion ne voyant pas quoi répondre, un petit silence s'installa.

« Avez-vous décidé où le placer ? » demanda-t-il ensuite.

Car c'était bien le problème ici ; il fallait trouver un endroit sans danger et une personne qui saurait s'occuper du Survivant afin qu'il puisse se rétablir.

« J'ai d'abord considéré l'hôpital de Ste Mangouste. » répondit le vieux sorcier. « Mais Voldemort étant certainement à sa recherche, il serait imprudent, aussi sécurisé qu'est l'endroit, de le laisser là-bas. »

Le maître des potions hocha la tête. Pour la sécurité du garçon en effet, il valait mieux éviter les endroits publics et aussi fréquentés que Ste Mangouste. D'autant plus qu'il ne serait pas à l'abri des journalistes.

« J'ai ensuite pensé à le confier à son parrain. » lui avoua Dumbledore.

À ces mots, le maître des potions manqua de faire une remarque désobligeante. Il se reprit cependant à temps et commenta simplement :

« Black ne sera pas capable de s'occuper de Potter. » dit-il d'une voix catégorique. « Il n'est déjà pas capable de s'occuper de lui-même… » pensa l'espion. « Lupin à la rigueur en serait capable, bien que son état de lycanthrope poserait vite problème. » précisa-t-il.

Le vieux sorcier n'ajouta rien de plus et se contenta de hocher la tête, laissant le maître des potions lui exposer son avis.

« Mais le Square Grimmauld n'est-il pas détruit ? » s'enquit l'espion d'un air incertain.

Car s'il était question de confier Potter à l'Animagus, où exactement iraient-ils ?

« Rassurez-vous sur ce point, la maison des Black n'a pas été détruite. Endommagée peut-être, mais pas détruite. » répondit le vieux sorcier. « Hélas, le lieu ayant été découvert, il est aujourd'hui inutilisable. » précisa-t-il.

Certes, c'était évident.

« Et vous ne pouvez héberger Black à Poudlard tant qu'il ne sera pas innocenté… » jugea bon de lui rappeler le maître des potions.

Ce qui l'arrangeait bien, car la perspective de croiser le cabot à Poudlard ne l'enchantait pas le moins du monde.

« J'en suis conscient, et c'est bien là tout le problème. » répondit simplement Dumbledore d'une voix tranquille. « Car Harry, pour sa sécurité, doit rester à Poudlard. »

Avec la présence du vieux sorcier et les protections autour du château, il serait en effet impossible que le Seigneur des Ténèbres ne cherche à attaquer l'école. Et dans l'enceinte du château, le garçon serait relativement protégé du Ministère et des journalistes trop insistants.

C'était donc à tous points de vue la meilleure solution.

« Cependant, Pomfresh ne pourra indéfiniment le garder à l'infirmerie et je doute qu'elle ne puisse s'occuper de lui encore bien longtemps. » précisa le vieux sorcier. « Les accidents pendant les cours de potions se font en effet nombreux, surtout lorsqu'il est question de Gryffondors et de Serpentards. » ajouta-t-il en lançant au passage un regard significatif à l'espion, qui manqua de laisser échapper un petit rire sarcastique. « Il faudra donc, je le crains, trouver quelqu'un d'autre que Mme Pomfresh pour continuer à le soigner. » acheva-t-il tranquillement.

Restait donc à savoir qui, pensa le maître des potions. D'autant plus que celui qui s'occuperait du garçon aurait aussi à s'occuper de son état psychologique.

« Avez-vous pensé à un psychomage ? » demanda alors l'espion tandis que l'idée lui traversait l'esprit. « Car il lui faudra un suivi, Albus. Soigner seulement son corps ne suffira pas. » déclara-il catégoriquement, avant de penser à ce qu'il venait de dire.

Voilà maintenant qu'il disait quoi faire à Dumbledore au sujet de Potter. Peut-être était-il vraiment fatigué, après tout.

Cependant, il fallait l'avouer, le cas du garçon était préoccupant et l'ayant côtoyé pendant presque trente jours, le professeur était le mieux placé pour savoir ce qu'il avait subi et les soins qu'il devait à présent recevoir.

« J'en suis conscient, Severus. » répondit tranquillement le vieux sorcier. « Avez-vous une idée de la personne à qui je pourrais le confier ? » demanda-t-il ensuite d'un ton toujours aussi posé.

L'espion fut d'abord surpris que le vieux sorcier lui demande une telle chose. Qui aurait cru que Dumbledore viendrait lui demander conseil lorsqu'il s'agissait de Harry Potter ? Le monde, depuis quelques temps déjà, ne tournait plus rond.

« Il vous faut trouver quelqu'un de disponible qui saura s'en occuper et garder constamment un œil sur lui. » répondit cependant le maître des potions. « Lui apprendre l'Occlumancie ne serait pas un luxe, également, afin de protéger son esprit. »

« Vous avez tout à fait raison. » acquiesça aussitôt le directeur d'un air satisfait, comme si le problème était réglé.

Peut-être les mots de l'espion lui avaient-ils fait penser à la personne la mieux placée pour cette tâche. Il espérait simplement que ce n'était pas Minerva. Malgré son caractère têtu et sévère, le maître des potions n'était pas sûr que la sorcière ne réussisse à remettre le garçon en état, bien qu'en l'occurrence, il n'avait pas son mot à dire si le directeur lui confiait la garde de Potter.

« Cependant, je suis moi-même assez occupé. » jugea bon de préciser Dumbledore, tandis que son regard perçant plongeant dans celui de son interlocuteur, parfaitement neutre.

Certes, le vieux sorcier devait en effet avoir beaucoup de chose à gérer. Il devait d'abord s'occuper de l'Ordre tout en surveillant le Seigneur des Ténèbres, et se pencher sur le problème de Fudge qui paraissait toujours déterminé à nier le retour du mage noir. Et accessoirement bien sûr, il devait s'occuper de l'école. Ce n'était donc pas lui qui allait enseigner l'Occlumancie à Potter.

« N'avez-vous donc personne à l'esprit ? » se contenta alors de demander le maître des potions.

Il était étrange que le vieux sorcier n'ait pas encore mentionné Minerva. L'espion aurait pensé que son choix se serait vite tourné vers elle. La sorcière était réfléchie, quelque peu réticente lorsqu'il était question de passer outre ses sentiments mais aussi très loyale envers Dumbledore, et surtout attachée au garçon.

« En fait, je pensais à vous. » dit Dumbledore.

En tant que professeur et directrice de maison, elle n'aurait certes pas beaucoup de temps à lui consacrer mais Severus imaginait que Pomfresh pourrait-...

Que venait de dire le vieux sorcier ?

L'air quelque peu surpris, l'espion se repassa plusieurs fois les mots du directeur et se demanda s'il avait bien entendu. Il fixa de son regard noir son interlocuteur, attendit qu'il ne prenne la parole pour répéter une toute autre phrase qui dissiperait l'inquiétude grandissante du maître des potions, mais il n'en fit rien et soutint simplement son regard d'un air tout à fait tranquille.

C'est alors que Severus sut qu'il avait bien compris.

« Vous n'êtes pas sérieux ? » s'enquit-il, croyant que le directeur lui faisait une plaisanterie.

Et en outre de très mauvais goût.

« Je suis on ne peut plus sérieux, Severus. Rassurez-vous. » répondit simplement Dumbledore.

Cependant, cela ne le rassura absolument pas, et l'espion ne trouva rien à dire de plus.

Où donc le vieux sorcier était-il allé chercher une idée pareille ? C'était complètement inconcevable, qui aurait l'idée de confier à Severus Snape la garde d'un gamin de quinze ans, et qui plus est de Harry Potter ?

Le monde ne tournait vraiment pas rond, et le directeur avait en l'occurrence perdu la tête.

« Croyez-moi Severus que si j'avais une autre solution, je la prendrais. » lui affirma cependant celui-ci d'une voix catégorique.

Par Merlin, se dit alors l'espion, le sorcier était vraiment sérieux.

« Demandez à quelqu'un d'autre. » lança-t-il alors aussitôt. « Minerva serait sûrement ravie de prendre sous son aile Potter… »

« Le professeur McGonagall est malheureusement bien trop occupée pour cette lourde responsabilité. » contra Dumbledore. « Qui plus est, Minerva ne possède pas les qualifications nécessaires pour enseigner l'Occlumancie à Harry. » ajouta-t-il d'un air patient.

« Pomfresh pourrait l'assister et Lupin n'aurait qu'à venir s'installer à Poudlard… » tenta le maître des potions, dépassé par la tournure que prenait la conversation.

« Mme Pomfresh, comme je vous l'ai dit plus tôt, doit d'abord gérer les autres élèves de Poudlard. » expliqua tranquillement le vieux sorcier. « Et je crains que le professeur Lupin, déjà blessé et du fait de sa condition de lycanthrope ne soit pas complètement apte à s'occuper de Harry. »

« Mais enfin… » tenta une nouvelle fois l'espion.

Il ne pouvait tout de même pas l'obliger, n'est-ce pas ?

« Je n'ai que vous, Severus. » le coupa le directeur d'une voix catégorique.

Le concerné, en désespoir de cause, voulut alors ajouter quelque chose mais se retint finalement, dissuadé par le regard décidé du vieux sorcier. Lorsqu'il arborait ce regard, l'espion savait qu'il était inutile d'argumenter. Cependant, même si le maître des potions s'était toujours montré plutôt conciliant quant au caractère obstiné du directeur, il lui était cette fois-ci était impossible de faire un compromis. C'était beaucoup trop demander pour lui.

À la place de continuer à argumenter donc, il se contenta de lâcher un bref soupir et de se masser l'arête du nez d'un air quelque peu exaspéré. C'était donc dans ce but, pensa-t-il d'ailleurs, que le vieux sorcier lui avait accordé un congé. Comme d'habitude, il avait tout prévu.

« Le garçon me déteste. » lâcha le maître des potions, s'accrochant encore à l'espoir de pouvoir faire changer d'avis le directeur. « Et il n'a pas confiance en moi. » ajouta-t-il tandis que le vieux sorcier acquiesçait de la tête.

« Cela peut changer. » répondit Dumbledore d'une voix douce.

L'espion fut tenté de rouler des yeux devant de telles paroles. Qui donc le directeur espérait-il convaincre avec ce genre de mauvaise blague ?

« C'est complètement ridicule. » dit le maître des potions d'une voix irritée. « Vous savez bien que le garçon, tout comme son père, m'insupporte au plus haut point. » cracha-t-il. « Et cela ne changera pas. » ajouta-t-il d'une voix catégorique.

« Mais Harry est aussi le digne fils de sa mère, Severus. » lui rappela calmement le vieux sorcier.

Ses mots firent tiquer le concerné. Comment osait-il évoquer Lily de la sorte ?

« Le garçon est peut-être son fils, mais ils n'ont absolument rien en commun. » lui assura l'espion tandis que la colère montait lentement en lui. « Il est arrogant, paresseux, insolent, et cherche constamment à avoir l'intention sur lui. Il est en tout point semblable à son père. » cracha-t-il.

« C'est en effet ce que vous essayez de vous persuader. » acquiesça toujours aussi calmement Dumbledore, soutenant sans ciller le regard glacial du Mangemort.

« Je ne… » répliqua-t-il aussitôt.

« Mais sachez le Severus, je ne vous oblige en rien. » le coupa fermement le directeur. « Je vous expose simplement la meilleure solution. »

L'espion à ces mots plissa les yeux d'un air méfiant, attendant la suite qui viendrait nuancer ses propos, puis voyant que rien ne suivait se calma alors un peu.

Il avait donc apparemment le choix... mais le vieux sorcier, même s'il ne l'obligeait à rien, l'incitait tout de même fortement à aller dans son sens. Et bien que les méthodes sournoises du directeur qui consistaient à faire réfléchir et rendre coupable son interlocuteur étaient en tout point impressionnantes, l'espion préférait que le vieux sorcier ne les exerce pas sur lui.

« Je peux donc refuser, si j'ai bien compris ? » s'enquit-il d'une voix quelque peu dédaigneuse.

« Bien évidemment. » répondit tranquillement Dumbledore, choisissant de passer outre l'attitude de son interlocuteur. « Mais je vous demanderais cependant de bien réfléchir avant de me donner votre réponse. » ajouta-t-il en plongeant son regard perçant dans celui-ci de son vis-à-vis.

« Évidemment. » lança l'espion d'un ton où perçait un certain sarcasme. « Et jusqu'à quand, exactement, puis-je réfléchir ? »

« Jusqu'à ce qu'Harry ne se réveille. » répondit le directeur. « Cela vous convient-il ? » s'enquit-il d'un ton ferme, signalant à l'espion qu'il n'avait aucun intérêt à refuser.

Le maître des potions soutint le regard du vieux sorcier pendant quelques secondes, un silence de plomb s'installant dans la grande pièce ronde tandis que certains tableaux assistaient avec crainte à l'échange qui se déroulaient devant eux, puis céda finalement, conscient d'être allé un peu loin.

« Oui. » répondit alors en reprenant un air neutre.

Le directeur hocha la tête, satisfait.

Puis, avant que le maître des potions ne quitte la pièce, le vieux sorcier lança d'un air d'excuse :

« Je sais que ce que je vous demande paraît impossible, mais j'aimerais vraiment que vous réfléchissiez à cette proposition. » dit-il tandis que le concerné dardait son regard impénétrable sur le directeur.

L'usage du mot « proposition » faillit faire doucement sourire l'espion, mais il se retint.

« J'ai pleinement confiance en vous Severus, et croyez-moi que si j'avais une meilleure solution, je la prendrais. » continua Dumbledore d'une voix douce.

Un petit silence s'installa à nouveau, les deux sorciers se fixant mutuellement, l'un d'un air conciliant et l'autre avec un visage parfaitement neutre. Au loin, la sonnerie signalant la fin des cours se fit entendre, quelques oiseaux passèrent devant les grandes fenêtres de la pièce et les tableaux qui avaient assisté à l'échange retournèrent à leurs occupations.

Puis, l'espion hocha la tête, signalant qu'il acceptait les paroles du vieux sorcier et s'éclipsa finalement sans un mot de plus.

Plus tard, lorsque le maître des potions se retira dans ses quartiers et se permit enfin de laisser tomber son masque, c'est avec un profond soupir qu'il s'assit dans son fauteuil, la Gazette du Sorcier à la main.

Durant les quelques heures qui avaient séparé ce moment et la conversation avec Dumbledore, l'espion avait eu le temps de réfléchir avec plus de lucidité à la proposition du vieux sorcier et même s'il n'acceptait toujours pas l'idée de s'occuper de Potter, il ne pouvait entièrement la refuser.

Tout d'abord, il était vrai que le maître des potions était certainement le plus qualifié à Poudlard – après le directeur bien sûr, pour enseigner l'Occlumancie au garçon, grand bien lui en fasse… et ayant côtoyé le garçon pendant une trentaine de jour, Severus savait à peu près ce que le Survivant avait subi et ce qui serait approprié afin de le remettre sur pied.

De plus, le directeur lui laissait le choix mais serait tout de même bien embêté si le maître des potions refusait de s'occuper du garçon, ce qui évidemment ferait sans doute culpabiliser le maître des potions avec le temps.

Cependant, il fallait bien l'admettre, Severus n'était pas fait pour s'occuper d'un enfant. Et encore moins de Potter.

Il n'était pas assez patient, s'énervait vite lorsqu'il n'obtenait pas ce qu'il voulait et avait un mode de vie beaucoup trop incompatible aux exigences d'un adolescent. Il avait besoin de calme et de tranquillité pour travailler et réfléchir, ne supportait pas le désordre et les saletés, sans parler des cris et des conversations anodines que pouvaient entretenir les gens normaux.

Minerva l'avait d'ailleurs vite découvert lorsqu'elle avait eu le malheur de lancer un jour à l'espion qu'il ''faisait frai pour un mois de mai'', ce à quoi Severus avait répondu par un mémorable – selon Filius, regard dédaigneux. Encore aujourd'hui, les rares témoins – dont la vieille sorcière elle-même, s'en souvenaient encore.

Le maître des potions n'y pouvait rien, il était comme ça.

Ainsi, la perspective de devoir s'occuper d'un adolescent sûrement pourri-gâté par sa famille et qui n'hésiterait pas à aller se plaindre à Dumbledore si quelque chose lui déplaisait ne l'enchantait pas le moins du monde. Même s'il pensait secrètement que Potter n'était pas de ce genre. Il était arrogant et insolent certes, mais il avait son honneur – aussi ridicule soit-il, il fallait bien le reconnaître. Et même si le garçon lui avait paru plutôt facile durant les quelques jours passés au manoir, même s'il avait certes subi de terribles épreuves auxquelles l'espion compatissait, il n'était pas du genre à avoir pitié.

Ce mot n'avait d'ailleurs jamais fait partie de son vocabulaire, Mangemort ou pas.

Ainsi, le lendemain matin, lorsque Dumbledore le pria de venir à l'infirmerie, l'espion avait fait son choix. Au diable la mauvaise conscience qui naîtrait de sa décision et poserait une nouvelle fois problème au vieux sorcier, Severus Snape n'était pas censé avoir d'état d'âme.

Un air parfaitement neutre sur le visage, il franchit donc les grandes portes de l'infirmerie et se dirigea rapidement vers le directeur, qui semblait avoir une discussion importante avec Mme Pomfresh. Et bien sûr, la discussion se tenait juste en face du lit de Potter.

« Severus. » le salua aussitôt le directeur d'une voix polie, rejoint par l'infirmière qui lui adressa un bref signe de tête. « Je suis à vous dans quelques minutes. »

L'espion acquiesça et attendit alors un peu en retrait que le vieux sorcier ne finisse sa conversation. Pendant ce temps, le maître des potions eut tout le loisir de détailler le garçon, toujours endormi dans son lit d'hôpital.

Tout comme le jour où il avait été amené en urgence à l'infirmerie, après avoir atterri inconscient et couvert de sang dans le bureau de Dumbledore, son teint était pâle, presque livide. Ses cernes étaient toujours aussi prononcés, sa cicatrice toujours aussi rouge et boursouflée et son front était plissé dans une expression crispée.

Dans les habits amples de l'infirmerie, il paraissait beaucoup plus mince que d'habitude, presque maigre. Son bras gauche était plâtré, des bandages se faisaient voir sur son épaule, l'un de ses poignets et certains de ses doigts et il sembla à l'espion que le garçon tremblait légèrement.

Le maître des potions devait bien l'admettre, Harry Potter faisait peine à voir. Dans son lit d'hôpital, recouvert d'une couette surmontée d'un fin drap blanc, il paraissait fragile, vulnérable.

« Comme tout enfant de son âge et étant dans le même état que lui. » se dit logiquement l'espion.

Cependant cette vision, même pour le maître des potions réputé sans cœur, le mettait mal à l'aise.

Certes, il n'appréciait par le garçon mais ne pensait pas non plus qu'il avait mérité ce qu'il avait subi. Aucun garçon de son âge d'ailleurs, ne devrait avoir à subir cela. Celui qui disait le contraire n'était pas sain d'esprit, il n'y avait pas d'autre explication.

Sauf si la personne en question se nommait Tom Jédusor, mais l'espion soupçonnait déjà que le serpent n'avait plus toute sa tête.

Et en regardant le Survivant, Severus se demanda jusqu'où le Seigneur des Ténèbres avait réussi à aliéner son esprit. Le garçon semblait assez résistant à la magie de l'esprit, il fallait l'admettre, mais on ne pouvait résister indéfiniment à l'emprise du Seigneur des Ténèbres. Même l'espion qui excellait pourtant dans la pratique de l'Occlumancie avait ses limites.

De plus, un sérieux problème se posait ; le serpent avait-il pu accéder aux souvenirs du garçon et si oui, qu'avait-il vu exactement ? Car les moments où l'espion s'était compromis étaient nombreux, et la découverte de ceux-ci par le mage noir signait indubitablement son arrêt de mort.

À cette pensée justement, l'espion passa vaguement sa main sur son bras gauche, où gisait la Marque des Ténèbres désespérément inactive depuis maintenant quatre jours.

Le directeur, qui ne manqua pas de remarquer son geste – il avait des yeux partout, interrompit alors sa discussion avec l'infirmière et lança un regard interrogateur au maître des potions, qui se contenta de secouer négativement la tête.

Dumbledore, derrière ses lunettes en demi-lune plissa alors les yeux, fixa l'espion pendant quelques secondes encore puis reporta finalement son attention sur Mme Pomfresh, qui paraissait soudain déconcertée par les paroles du directeur.

« Mais alors, quand allez-vous rendre la nouvelle publique ? » demanda-t-elle tandis que l'espion, qui n'avait pas été invité à la conversation mais était tout de même très proche se permit d'écouter.

« Lorsque Harry ira mieux. » répondit le directeur. « Il faut, je le crains, le protéger du Ministère. » ajouta-t-il doucement, faisant grimacer l'infirmière.

Tout comme Minerva, elle paraissait plutôt réticente à aller contre la loi.

« Oui, vous avez sans doute raison… » admit-elle cependant après un petit silence. « Et de cette Dolores Ombrage, également. » crut-elle bon de compléter d'une voix agacée.

Comme seule réponse, Dumbledore hocha la tête.

Soudain, un mouvement attira l'attention du maître des potions.

Cherchant l'endroit d'où il provenait, son regard fut rapidement attiré sur le lit de Potter, qui était pourtant parfaitement immobile.

Avait-il rêvé ?

L'espion ne manqua cependant pas de remarquer que tout comme lui, l'infirmière et le directeur semblaient aussi avoir vu un mouvement.

Interrompant leur discussion, Pomfresh se plaça alors aux côtés du garçon, vérifia sa respiration en plaçant sa main à deux ou trois centimètres de son nez puis prit ensuite son pouls sous le regard inquiet du directeur et celui, parfaitement neutre de l'espion.

« Mr Potter ? » demanda-t-elle ensuite d'une voix calme et douce, tandis que Dumbledore se rapprochait lui aussi du lit. « M'entendez-vous ? »

Le garçon n'eut cependant aucune réaction.

« Mr Potter ? » tenta une nouvelle fois l'infirmière.

Les secondes passèrent, et le garçon ne bougea pas d'avantage.

« Il est peut-être encore un peu tôt. » dit alors Pomfresh en reculant d'un air désolé, tandis que le directeur fixait l'adolescent de son regard préoccupé.

Ses yeux s'agrandirent cependant de surprise lorsqu'enfin, après quatre jours de sommeil profond, le Survivant ouvrit les yeux.

En quelques secondes, l'infirmière se précipita aux côtés du garçon, le vieux sorcier s'avança à son tour et l'espion, qui était resté en retrait et observait le directeur rejoindre Pomfresh, pensa soudain que ce n'était peut-être pas une bonne idée.

C'est alors que le garçon hurla.


À suivre...