Bien le bonjour !

Je vous présente le 25ème chapitre de la fiction ! Je n'arrive pas à croire que je suis arrivée jusque-là, c'est juste dingue ! (Et en plus, il n'est pas si court finalement !)

Pour ce chapitre aussi, j'avais déjà fait un brouillon mais je ne savais pas vraiment par quoi commencer et si je devais mettre un POV Snape ou pas... bref, c'était la galère ! J'ai aussi rajouté quelques lignes (ou plutôt un petit petit pavé) au début afin d'expliquer un peu ce qu'il se passe du point de vue de Harry et comme ça, j'ai pu décrire les appartements de Snape ainsi que les sentiments du Survivant.

Bref, bonne lecture !

(Au passage, j'ai changé l'illustration de la fiction pour lui redonner un petit coup de jeune !)


Chapitre 25 : Premières retrouvailles


Donnant un dernier coup de crayon sur son dessin presque achevé, l'adolescent attendit que le bruit caractéristique se fasse entendre pour enfin bouger.

Assis dans son petit lit, il tendit l'oreille, arrêtant presque de respirer afin de saisir ne serait-ce que le moindre petit son puis, enfin, lâcha un bref soupir avant de se lever finalement. C'était là le problème avec Snape, il était tellement discret que Harry n'entendait pas toujours le claquement de la porte d'entrée.

Désormais debout, il s'étira en soupirant d'aise, faisant craquer ses articulations puis fit quelques pas en direction du bureau où il posa son petit carnet ainsi que son crayon de papier. Il passa ensuite sa main sur son bras gauche toujours bandé mais qu'il pouvait désormais bouger sans trop de problème, sur son épaule où une cicatrice apparaissait désormais et fis quelques pas de plus afin de tester sa jambe, qui aujourd'hui se portait plutôt bien et ne lui faisait pas mal.

Maintenant que l'adolescent n'avait plus qu'un seul bandage et une sorte de gros pansement au-dessus du genou, il lui était beaucoup plus simple de se déplacer. Tellement plus simple en fait, que Harry soupçonnait le professeur de potions de ne pas lui avoir enlevé jusque-là pour qu'il ne se déplace pas trop.

Jetant un dernier coup d'œil à son lit défait, à la fenêtre où passaient quelques poissons juste au-dessus et à l'armoire entrouverte à droite du lit, il sortit finalement de la chambre et partit, tout comme la journée précédente, explorer les quartiers de Snape.

Il tomba d'abord sur le salon, encadré de livres disposés sur quatre grandes bibliothèques en bois sombre. À l'extrémité de la pièce où Harry se tenait, il y avait également une petite cheminée en face d'un canapé, d'un fauteuil et d'une table basse, le tout disposé sur un grand tapis aux motifs anciens. À quelques mètres derrière le sofa trônait une épaisse table en bois avec quatre chaises, où Harry avait mangé la journée précédente, non loin de l'entrée de la petite cuisine reliée au salon par une simple cloison.

Juste à côté d'elle, il y avait également un petit couloir menant d'abord à la salle de bain que l'adolescent connaissait bien désormais, ainsi qu'à la chambre de Snape, du moins c'était ce que l'adolescent supposait – il n'y était jamais allé et préférait éviter. Et de toute façon, il supposait qu'il n'avait pas le droit, tout comme il lui était interdit de pénétrer dans le laboratoire du sorcier.

Faisant quelques pas dans le salon, Harry jeta un bref coup d'œil à l'imposante porte en bois qui dissimulait des escaliers menant à la pièce interdite – l'adolescent avait entendu son professeur de potions les descendre, puis se dirigea vers une première bibliothèque.

L'après-midi précédente, lorsque Snape s'était également absenté, l'adolescent avait commencé à regarder ce que pouvaient contenir les énormes meubles. Il y avait bien sûr une quantité impressionnante de livres sur les potions, et ce en plusieurs langues, ainsi que d'autres livres écrits en rune. Il y avait également des grimoires de sortilèges, de vieux bouquins sur l'herboristerie et deux ou trois autres livres que Harry n'avait pas encore identifiés. Tout ce qu'il savait, c'était qu'ils étaient très vieux et sentaient quelque peu le moisi.

Passant vaguement sa main sur le velours du canapé anthracite, l'adolescent darda son regard sur les quelques fenêtres du salon où une lumière douce passait, parfois obstruée par de gros poissons ou autre.

Ici, dans les donjons du château et même s'il y avait des fenêtres, il n'y faisait jamais très clair. En début de soirée et lorsque celui-ci voulait bien se montrer, le soleil tapait du bon côté du lac et éclairait la chambre de l'adolescent qui, néanmoins, n'était jamais très lumineuse. Bien sûr, cela ne gênait en rien la vie dans les donjons mais l'adolescent après être resté dans une grande chambre bien éclairée par la lumière devait bien avouer que cela lui changeait.

Dans les appartements de Snape également, un silence de plomb régnait. On entendait bien sûr le léger clapotis que faisait l'eau sur les fenêtres et l'horloge sur la cheminée mais le son, tellement régulier et apaisant, se faisait parfois complétement oublié. Lorsque le professeur de potions était là, Harry entendait vaguement le bruissement des pages d'un livre que l'on tourne, ou bien d'un journal, parfois une porte qui se refermait ou s'ouvrait et des pas qui descendaient dans le laboratoire. Mais en dehors de cela et même lorsque Snape était là, les appartements étaient très calmes.

L'adolescent d'ailleurs ne savait pas vraiment quoi en penser. Le silence lui rappelait l'ennui de sa chambre au manoir et l'oppressait parfois, tandis que celui-ci lui plaisait beaucoup lorsqu'il dessinait ou se levait pour explorer, toujours bien sûr en l'absence du maître des potions.

Ce n'était pas qu'il lui avait interdit bien sûr, le sorcier ne lui avait en fait donné que très peu d'interdictions. Il n'avait pas le droit de descendre dans le laboratoire, avait l'obligation depuis la journée précédente de manger au moins deux repas dans la journée et ce sous la surveillance constante de Snape, et n'avait bien sûr pas le droit de sortir. L'adolescent – juste par curiosité – avait d'ailleurs déjà tenté d'ouvrir la porte d'entrée, sans succès. Harry supposait que le sorcier l'enfermait lorsqu'il n'était pas là.

Ce dernier point contrariait beaucoup le Survivant évidemment mais après sa tentative ratée lorsqu'il avait demandé à Snape s'il pouvait sortir – celle-ci datant de deux jours désormais, l'adolescent n'avait pas insisté. À la place donc, il explorait les appartements du sorcier. Et puis à part dessiner ou dormir, il n'avait pas grand-chose à faire d'autre.

En fait, ce qu'il attendait, c'était le lendemain.

La journée précédente en effet, Snape lui avait annoncé qu'il irait voir ses amis dans l'après-midi. Seul Ron et Hermione seraient de la partie et le professeur McGonagall les accompagnerait, tandis que l'adolescent irait bien sûr avec le professeur de potions. Celui-ci avait également dit à l'adolescent qu'il leur laisserait une heure et demie et que cela se déroulerait en début d'après-midi.

Curieusement, Snape lui avait aussi demandé s'il souhaitait que la rencontre ait lieu.

« Oui ! Bien sûr, je… » avait aussitôt répondu Harry. « J'aimerais vraiment voir mes amis. »

Sa légère hésitation avait cependant provoqué un haussement de sourcil du sorcier, qui avait eu l'air plutôt sceptique. Mais ce n'était pas de la faute de l'adolescent, cela avait été si soudain qu'il avait juste… eu besoin de temps pour trouver ses mots.

Car il voulait vraiment revoir ses amis, Hermione et Ron lui avaient beaucoup manqué pendant les vacances ainsi qu'après, il lui tardait d'ailleurs de leur parler et de leur raconter tout et n'importe quoi. Il était sûr que la sorcière et le rouquin pourraient également l'aider à retrouver quelques petits détails qu'il avait pour l'instant oubliés et d'une manière générale, il était plutôt euphorique quant à la perspective de les voir.

Alors Harry ne comprenait pas vraiment pourquoi Snape lui avait demandé une telle chose. Pour une fois d'ailleurs qu'il avait eu le choix… selon lui, sa réponse avait plutôt semblé évidente. Peut-être aurait-il voulu qu'il refuse afin de ne pas être obligé de l'accompagner, c'était sûrement ça.

Et d'ailleurs, pour que la rencontre ait vraiment lieu, le sorcier avait posé ses conditions. Avec Snape évidemment, rien n'était gratuit.

Tout d'abord, il lui avait imposé de manger les deux repas par jour afin d'arrêter de se nourrir uniquement avec des potions nutritives, car selon lui l'adolescent avait épuisé le stock. Manger ne lui disait rien mais se trouvant un peu maigre et se sentant désormais beaucoup mieux, Harry avait accepté. Et il n'avait de tout façon pas eu vraiment le luxe de refuser.

Cependant, la journée précédente et s'il s'était levé avec une petite faim, son estomac avait refusé d'avaler quoi que ce soit le soir. Sous les yeux de Snape, l'adolescent avait donc à peine avalé la moitié de la jardinière de légume qu'un elfe de maison lui avait apporté, ce qui avait bien sûr provoqué l'agacement du professeur de potions.

« Vous vous contenterez de ce que vous avez là Potter, ce n'est pas la cantine ici. » avait-il dit d'un air dédaigneux. « Mangez. » lui avait ensuite ordonné le sorcier d'une voix menaçante.

Ce à quoi l'adolescent avait préféré ne pas répondre. Il s'était forcé à finir son assiette en mangeant lentement, sentant parfois son petit estomac se contracter à mesure qu'il avalait quelque chose puis avait vite débarrassé le plancher tandis que le maître des potions lisait la Gazette du Sorcier.

Et s'étant levé tard ce matin et ayant bien déjeuné, l'adolescent sentait qu'il n'allait pas avoir plus faim que le jour précédent…

Feuilletant désormais quelques livres, Harry poussa un bref soupir. Il sentait que le lendemain après-midi ne viendrait pas aussi rapidement qu'il l'aurait voulu.

Puis, d'après la deuxième condition posée par Snape, l'adolescent devait reprendre l'Occlumancie. Ce fait l'avait étonné, il avait demandé pourquoi au maître des potions mais il n'avait rien ajouté de plus et s'était contenté de lui rappeler ce qu'il devait faire.

Heureusement, vider son esprit pendant quelques minutes – étant donné que Harry s'ennuyait beaucoup et ne pensait pas à grand-chose – n'était finalement pas si compliqué et si ce n'était que cela, il pouvait bien s'exécuter.

La journée précédente, il avait donc réalisé l'exercice plusieurs fois et avait continué ce matin même, pour finalement arrêter lorsqu'un étrange phénomène s'était produit.

Alors qu'il avait tenté de vider son esprit comme Snape lui avait dit de le faire, l'adolescent avait eu comme un flash qui lui avait soudainement fait mal à la tête, accompagné d'une image brève et effrayante. Sur le moment, il s'était tout à coup senti perdu et avait eu comme un élan de solitude profonde, comme si une présence rassurante l'avait quitté.

Ne parvenait pas à expliquer le phénomène et ne souhaitant pas réitérer la chose, Harry avait donc arrêté de s'exercer et avait bien sûr choisi de le cacher à Snape, qui pouvait bien annuler la rencontre avec ses amis si jamais il découvrait que l'adolescent ne respectait pas ses conditions.

Puis, changeant désormais de bibliothèque, Harry trouva un épais ouvrage totalement écrit en rune, comme il en avait déjà vu quelques-uns la journée précédente. Qui pouvait prendre plaisir à lire une chose pareille ?... à part Hermione bien sûr. Car oui, il se souvenait que la sorcière étudiait les runes anciennes et adorait lire de vieux ouvrages comme celui-là.

Petit à petit en effet, sa mémoire lui revenait. Des détails se précisaient, d'autres revenaient, certains souvenirs se confirmaient…

Bien sûr, il semblait à Harry qu'il lui manquait encore beaucoup de choses, comme par exemple le fait qu'il ne se souvenait pas avec précision ce qu'il avait étudié en Métamorphose l'année précédente, ou qu'il avait oublié certains noms de plantes qu'il avait vu dans les livres de botanique appartenant à Snape.

Mais il sentait que bientôt, tout irait mieux. Le lendemain, il lui suffirait de demander à Ron et à Hermione et il savait qu'il se rappellerait bientôt de tout.

Et il comptait évidemment sur le fait que ses amis lui racontent tout ce qu'il avait manqué à Poudlard. Comme il avait hâte !

Puis, une heure passa.

Harry l'occupa à feuilleter quelques livres qui paraissaient intéressant, assis – voire même affalé – sur le canapé gris, prenant soin bien sûr de tout remettre à sa place afin que Snape ne remarque rien, puis retourna tranquillement dans sa chambre environ un quart d'heure avant que celui-ci ne revienne.

Si l'adolescent se souvenait bien, le sorcier lui avait dit qu'il allait voir quelques élèves, des Serpentards… personnes que Harry n'appréciait guère, cela il s'en rappelait.

Jusqu'à l'heure du dîner, l'adolescent écrivit ensuite dans son carnet, fouilla dans sa malle et dans ses maigres affaires afin de trouver ce qu'il pourrait bien mettre le lendemain puis lorsque Snape l'appela, sortit de sa chambre et alla manger.

Désormais assis à la lourde table en bois, Harry remuait distraitement son riz et ses carottes dans son assiette. Un elfe de maison lui avait apporté environ dix minutes plus tôt et l'adolescent n'en était qu'à la moitié. Mais ce n'était pas de sa faute, il avait pris une potion nutritive le matin, avait plutôt bien mangé le midi… il n'avait pas faim, voilà tout !

Assis dans son fauteuil et lisant la Gazette, Snape ne s'intéressait – heureusement – pas à lui. Maintenant que Harry y pensait d'ailleurs, le sorcier ne mangeait jamais avec lui et profitait de ce temps-là pour lire le journal des sorciers. Là où il était assis, le Survivant ne pouvait voir exactement la première de couverture mais crut tout de même apercevoir un village en train de brûler, les flammes se mouvant paresseusement sur le papier.

Aussitôt qu'il eut identifié la photo cependant, l'adolescent détourna le regard et préféra se concentrer à nouveau sur son assiette. Distraitement, pensant encore et encore à la rencontre qui aurait lieu le lendemain, il tria d'un côté les carottes et de l'autre le riz, mélangea tout à nouveau et lâcha finalement un bref soupir, la tête soutenue par sa main.

Il se demandait où ils iraient le lendemain afin de voir ses amis. Snape lui avait dit qu'il ne souhaitait croiser aucun élève, ce qui voulait dire qu'il allait peut-être l'emmener dans une vieille salle déserte au beau milieu des cachots, là ou Rusard envoyait parfois les élèves frotter le sol en pierre…

« Potter. » l'interpella soudain une voix agacée, le faisant sortir de ses pensées et se redresser sur sa chaise.

D'un air innocent, Harry posa son regard sur le sorcier toujours assis dans son fauteuil.

« Mangez. » lui ordonna-t-il d'un ton traînant, tandis que ses yeux noirs impénétrables fixaient l'adolescent. « À moins que vous ne souhaitiez pas voir vos amis demain ? » ajouta-t-il en haussant un sourcil dans une expression quelque peu dédaigneuse et bien à lui.

Harry secoua aussitôt la tête. Non, il allait manger, il lui fallait juste un peu de temps, ce n'était pas de sa faute s'il n'avait pas faim… il trouvait la nourriture fade et se serait très bien passé de manger mais puisqu'il n'avait encore une fois pas le choix… il s'exécuta en silence, maudissant intérieurement le sorcier.

Puis, quelques minutes plus tard, le Survivant finit enfin son assiette et s'éclipsa dans sa chambre tandis que le maître des potions continuait tranquillement de lire.

La soirée passa alors plutôt vite, Harry entreprit de finir un dessin après que Snape soit venu vérifier que toutes ses blessures allaient bien puis, finalement fatigué, il se coucha avec une potion de sommeil-sans-rêve que le maître des potions – peut-être agacé d'être réveillé tous les matins à cause de ses cauchemars – lui avait gracieusement donné.

Le lendemain, il se réveilla donc tranquillement, prit une potion nutritive en attendant de déjeuner et entreprit encore une fois de choisir ce qu'il allait mettre pour l'après-midi. Tous ses t-shirts étaient trop grands ou délavés et il n'avait que deux pantalons – encore trop grands. Il fut donc obligé de retrousser le jean qu'il avait choisi et alla ensuite prendre une douche tandis que Snape, cette fois pour une raison inconnue, s'était encore absenté.

Ce n'était pas pour déplaire à Harry, cependant.

Puis, le maître des potions revint pour l'heure du déjeuner, Harry mangea son assiette de pâtes au jambon et retourna dans sa chambre afin d'attendre l'heure tant attendue.

À mesure que les minutes passaient cependant, l'adolescent doutait de plus en plus. Ses amis n'allaient-ils pas le regarder autrement après ce qu'il s'était passé ? N'allaient-ils pas être différents envers lui ? Il avait confiance en Ron et Hermione bien sûr mais finalement, Harry redoutait quelque peu cette rencontre.

Car après tout, qu'allait-il bien pouvoir leur dire ? Il n'était pas sûr de comment réagir face à eux, ni comment eux-mêmes réagiront. Il avait confiance en eux bien sûr et savait qu'ils resteraient naturels même si quelque chose chez l'adolescent les dérangeaient. Ou alors s'attendaient-ils à ce que l'adolescent revienne comme avant, comme si rien ne s'était passé ?...

Harry n'était pas sûr de pouvoir jouer un pareil rôle. Étrangement, il lui était facile d'oublier ou de ne pas y penser, mais il ne pouvait nier que des choses s'étaient vraiment passé et qu'il avait peut-être… changé ? Il espérait simplement que ses amis ne le regarderaient pas différemment. C'était tout ce qu'il demandait.

Et bien sûr, il ferait des efforts pour paraître le plus normal possible, car il allait très bien, peu importe si Snape n'avait pas l'air de cet avis. Il n'était pas dans sa tête après tout, il ne pouvait savoir ce qui s'y passait.

Quelque peu inquiet mais essayant de se persuader que tout irait bien, Harry s'habilla donc en silence après avoir jeté négligemment son pyjama sur le lit. Il prit ensuite un t-shirt bleu ciel ainsi que son jean retroussé tout en faisant attention de ne pas trop toucher l'énorme pansement qu'il avait à la jambe. Son bras quant à lui n'était plus bandé mais Snape lui avait conseillé de ne pas trop le bouger s'il souhaitait qu'il se rétablisse vite, tout comme son épaule.

Puis, finalement habillé, l'adolescent s'assit sur le petit lit de la chambre tout en lâchant un bref soupir.

Alors que la matinée s'était plutôt bien passée et qu'il avait eu hâte que l'heure tant attendue arrive enfin, l'adolescent sans qu'il ne puisse expliquer pourquoi avait désormais une boule au ventre. Il se sentait quelque peu anxieux, incertain sur ce qui allait se passer. Il n'y avait sûrement aucune raison d'avoir peur bien sûr, mais il s'inquiétait un peu, voilà tout.

Il se demandait aussi pourquoi il avait soudainement eu la permission de sortir alors même que Snape lui avait rabâché qu'il n'en avait pas le droit, ainsi que l'autorisation de voir ses amis tandis que le maître des potions ne semblait pas d'accord sur le fait qu'il aille bien et qu'une telle chose puisse se produire.

Harry le savait, il remarquait souvent les coups d'œil soupçonneux que le sorcier lui jetait sans aucune raison. Peut-être pensait-il qu'il était fou, ou bien instable. Dans tous les cas, l'adolescent allait se faire le plaisir de lui montrer qu'il allait parfaitement bien.

Ainsi, quand Snape l'appela lorsque l'heure arriva enfin, l'adolescent resta de marbre et sortit tranquillement de sa chambre pour rejoindre le sorcier dans le salon. Comme à son habitude, celui-ci avait revêtu ses longues capes noires et n'arborait aucune expression sur son visage – même si Harry le soupçonnait d'être assez agacé de participer lui aussi à la rencontre.

Un elfe de maison que l'adolescent ne connaissait pas se tenait non loin du sorcier, celui-ci fit une petite courbette afin de saluer le Survivant et lui fit signe de prendre sa main.

« Il vous emmènera où il faut. » dit simplement Snape lorsque l'adolescent lui lança un regard incertain.

Non sans se demander où il atterrirait, Harry s'avança alors pour donner sa main à l'elfe puis, sans même le prévenir, une sensation désagréable envahit l'adolescent et il se retrouva soudain au beau milieu d'une nouvelle pièce lumineuse, légèrement chancelant.

« Timmo va chercher le professeur Snape pour l'emmener dans la Salle Va-et-Vient. Timmo revient tout de suite. » dit ensuite l'elfe en lâchant la main du Survivant, qui acquiesça de la tête.

L'elfe de maison disparut alors et Harry regarda autour de lui.

Il était désormais dans une petite pièce ronde et lumineuse, avec d'un côté un grand canapé et deux autres fauteuils ainsi qu'une petite table basse et de l'autre une porte blanche et une plante verte. En dessous des deux fenêtres de la salle et à l'opposé des fauteuils, il y avait également une petite table basse avec pot rempli de fleurs, sûrement des jonquilles, ainsi qu'une petite lampe.

Curieusement, le terme qu'avait employé l'elfe de maison pour désigner la pièce lui était familier. Il lui semblait qu'il l'avait déjà entendu quelque part, dans une grande pièce circulaire et lumineuse semblable à celle-ci.

Il n'eut cependant pas le temps de réfléchir d'avantage et se retourna pour voir Snape et l'elfe de maison, qui venaient d'apparaître dans un ''poc'' caractéristique. Puis, sans plus de cérémonie, l'elfe disparut avec une courbette et le maître des potions, après avoir vaguement promené son regard noir et impénétrable autour de lui, s'avança vers Harry.

« Je vous répète les consignes Mr Potter. Tachez de les respecter. » dit-il à voix basse en plongeant ses orbes noirs dans les yeux émeraude du garçon. « Vous avez une heure et demie et pas une minute de plus. Si à un quelconque moment vous souhaitez partir, venez m'en informer. » continua-t-il d'une voix catégorique tandis que l'adolescent acquiesçait de la tête, légèrement incertain quant aux paroles du sorcier. « Le professeur McGonagall et moi-même avons également le pouvoir de mettre fin à cette petite… rencontre. Est-ce clair ? »

Harry ne comprenait toujours pas pourquoi le maître des potions le jugeait inapte à gérer une situation comme celle-ci mais il ne releva pas et se contenta simplement de dire :

« Oui monsieur. »

Snape parut alors satisfait et quelques secondes plus tard, la porte blanche de la petite pièce s'ouvrit, faisant presque rater un battement au cœur de l'adolescent.

Tout allait bien aller, il n'avait aucune raison d'être anxieux de la sorte. Il était sur le point de revoir ses amis et il était bien décidé à ce que tout se passe bien, peu importe ce que pensait Snape de lui.

McGonagall fut la première à entrer dans la pièce. Elle était habillée d'une longue robe violette sombre, était coiffée de son habituel chignon serré et lorsque ses yeux verts croisèrent ceux de son élève, elle sourit légèrement. L'adolescent salua alors la sorcière d'un mouvement de tête, pour ensuite reporter son attention sur la nouvelle arrivante.

Hermione fut la seconde à entrer. Ses cheveux en bataille étaient lâchés, elle arborait une légère expression inquiète et portait son uniforme de Gryffondor. Derrière elle, le visage de Ron s'illumina lorsqu'il vit son ami se tenant juste à côté du maître des potions et tous deux s'avancèrent, non sans une légère appréhension bien visible.

Pendant quelques secondes, la pièce fut alors silencieuse tandis que Harry détaillait ses amis à présent devant lui et que les deux professeurs semblaient se lancer des coups d'œil incertains.

« Heu… » commença alors l'adolescent en se grattant l'arrière de la tête dans un geste gêné. « Salut. » dit-il ensuite en esquissant un sourire gêné à ses deux amis.

« Oh Harry ! » lança alors la jeune sorcière en s'avançant vers lui, les bras ouverts pour lui faire un câlin et surprenant quelque peu le concerné.

Malheureusement, elle ne parvint pas à serrer dans ses bras l'adolescent car celui-ci, qui s'était soudain crispé, recula d'un pas pour éviter l'étreinte de son amie.

Devant le geste de Harry, elle s'arrêta alors dans une expression confuse et elle lança aussitôt :

« Je… désolée. » dit-elle tandis que son visage perdait peu à peu l'expression rayonnante qu'elle avait arborée.

« Ce n'est rien ! » contra immédiatement l'adolescent, se maudissant d'avoir fait une telle chose.

Qu'est-ce qui clochait avec lui, c'était Hermione !

Après un petit silence gêné, l'incident fut heureusement vite oublié lorsque Ron, lui aussi habillé de son uniforme et sûrement pour détendre l'atmosphère, lança d'une voix joyeuse en apercevant le canapé :

« Je ne sais pas vous mais moi, je vais m'asseoir ! »

« Oui… bonne idée. » acquiesça Hermione en faisant un sourire à Harry, souhaitant peut-être lui signaler que son geste était sans importance.

Les trois adolescents, sous le regard quelque peu inquiet de la vieille sorcière et affûté du maître des potions allèrent alors s'asseoir, le Survivant lâchant un bref soupir anxieux.

À cause de lui, les choses commençaient mal. Tout en s'asseyant sur un fauteuil tandis que ses deux amis occupaient le canapé blanc cassé, il se persuada cependant que ce n'était pas si grave et se dit qu'il aurait largement le temps de se rattraper en une heure et demie. Hermione avait paru quelque peu alarmée devant sa réaction, heureusement que Ron avait détourné le sujet, mais elle affichait désormais un sourire joyeux devant Harry.

« Alors, comment tu vas ? » demanda ensuite le rouquin afin d'engager la conversation, tandis que l'adolescent suivait du regard Snape et McGonagall s'éloigner pour finalement s'arrêter devant les fenêtres en discutant à voix basse.

« Je… je vais bien. » répondit Harry d'un ton qu'il voulut convaincant. « Je suis content de vous voir. » ajouta-t-il ensuite en promenant son regard sur ses deux amis, Hermione souriant comme jamais et Ron affichant une expression légère, presque soulagée.

« Nous aussi Harry. » répondit Hermione d'une voix douce et sincère.

« Tu nous as beaucoup manqué tu sais ! » ajouta le rouquin sur un ton plaisantin, arrachant une expression amusée à son ami.

« Oui, vous aussi. » répondit-il doucement tandis que les simples paroles qu'il venait d'entendre lui réchauffaient le cœur.

« Et puis pour cet été… nous sommes désolées de ne pas t'avoir envoyé de lettres mais nous… eh bien... » hésita Hermione avant d'être coupée.

« Ce n'est pas grave, c'est du passé. » dit Harry en haussant les épaules.

Il se souvenait avoir ressenti beaucoup de solitude, de colère et de tristesse alors que les jours défilaient et qu'il ne recevait aucune lettre de ses amis, mais c'était oublié. Lui-même avait jusque-là complètement oublié ce détail.

« Et sinon… Snape s'occupe de toi c'est ça ? » demanda Ron d'une voix plus basse, afin que le concerné qui discutait avec McGonagall ne les entende pas.

« Heu… oui. » répondit simplement Harry, ne s'attendant pas à ce que le rouquin lui parle déjà du maître des potions.

Certes, il avait deviné que ses amis trouveraient étrange – voire même insensé – que celui qui se faisait appeler la chauve-souris graisseuse de Poudlard ait été désigné pour s'occuper de lui. Lui-même et au moins la moitié de l'école le détestait et Snape était plutôt réputé pour ne pas vraiment aimer les enfants, ni même qui que ce soit en fait… mais Harry aurait pensé que ses amis éviteraient le sujet, ou du moins ne lui en parleraient que bien plus tard.

« Et… ça se passe bien ? » continua le rouquin tandis que Hermione arborait désormais une expression incertaine.

Apparemment, le fait qu'il soit désormais sous les bons soins du professeur de potions avait l'air de les inquiéter. L'adolescent pouvait comprendre pourquoi, même si selon lui cette inquiétude était injustifiée. Snape n'était pas très sympathique, ni patient ou même aimable et était certes un Mangemort – du moins un espion chez les Mangemorts – mais Harry avait vu pire. Au moins, il était tranquille, dormait jusqu'à l'heure où il voulait, ne faisait pas les corvées et mangeait à sa faim, aussi petite soit-elle.

« Oui, ça va. » répondit alors le Survivant tandis qu'il lançait un coup d'œil en direction de Snape. « J'ai une chambre à moi, il m'a soigné et me donne des potions quand j'en ai besoin et puis, j'ai de quoi m'occuper. » ajouta-t-il simplement sous les mines quelque peu surprises de ses amis.

« Et il est… gentil avec toi ? » s'enquit Ron d'un ton méfiant.

Selon Harry, les mots ''Snape'' et ''gentil'' collés ensemble formaient un oxymore. Même avec des élèves qu'il avait l'air d'apprécier – les Serpentards, le professeur de potions ne s'était jamais montré gentil… alors sur ce point, le Survivant ne pouvait pas vraiment dire que c'était le cas.

« Il est comme d'habitude. » répondit-il alors en haussant les épaules.

Devant les expressions inquiètes de ses amis, l'adolescent fut contraint de développer afin de les rassurer un peu. Snape n'était pas vraiment la personne dont Harry aurait souhaité pour s'occuper de lui, mais il n'était pas non plus un monstre… curieusement cependant, l'adolescent savait qu'il n'aurait jamais eu une telle pensée avant. Mais ses souvenirs étant encore quelque peu imprécis et le professeur de potions l'ayant déjà aidé au manoir – même s'il n'avait pas été vraiment d'une grande aide, envisager Snape ainsi ne le dérangeait pas.

« Il n'est pas non plus sympa mais je ne sais pas, il s'occupe bien de moi… je pense. » précisa-t-il donc toujours à voix basse, afin que le concerné ne l'entende pas.

Il était certainement à plus de huit mètres, mais mieux valait être prudent.

Sur cette pensée d'ailleurs, un bref souvenir lui revint en mémoire, lorsqu'il était en cours de potion et que Seamus, après avoir fait enlever des points à Gryffondor pour avoir – encore une fois – provoqué l'explosion sa potion, avait murmuré un juron à l'encontre de Snape. Celui-ci, alors qu'il avait pourtant semblé beaucoup trop loin pour entendre, s'était immédiatement retourné et avait donné trois heures de colle à l'élève insolent, non sans user d'un ton particulièrement sarcastique.

Encore une fois donc et quelque peu soucieux, l'adolescent lança un bref coup d'œil au maître des potions qui, heureusement pour lui, ne semblait pas écouter et discutait toujours à voix basse avec la directrice des Gryffondor.

« En tout cas, tu peux venir nous dire si jamais il… eh bien… » hésita Hermione, semblant chercher ses mots. « S'il n'est pas correct avec toi. » dit-elle tandis que le rouquin à ses côtés acquiesçait de la tête. « Nous savons qu'il te déteste et que tu le déteste aussi alors… n'hésite pas. » acheva-t-elle doucement en plongeant son regard décidé dans les yeux émeraudes qui lui faisaient face.

Ne sachant pas quoi répondre, Harry se contenta simplement d'acquiescer de la tête. Même s'il était quelque peu surpris d'une telle inquiétude de la part de ses amis, il était néanmoins heureux de voir que ceux-ci se préoccupaient de lui.

Cette pensée d'ailleurs lui arracha un petit sourire et tandis que Ron changeait de sujet et entreprenait désormais de lui raconter tout ce qu'il avait manqué à Poudlard, l'adolescent sentit monter en lui une joie timide qui, à mesure qu'il écoutait et observait ses amis, ne cessait d'augmenter.

Bien sûr, il était encore gêné de son geste et ne savait parfois pas vraiment quoi répondre lorsque ses amis lui demandaient quelque chose, mais il tentait de passer outre et de se détendre. Il avait douté et avait appréhendé ce moment en croyant qu'il ne saurait quoi dire face à ses amis qui le verraient peut-être différemment, mais finalement tout allait bien.

Snape l'avait vraiment sous-estimé, après tout.


C'est bien ce qu'il avait pensé ; c'était trop tôt, se dit l'espion en observant le garçon reculer lorsque Miss Granger voulut l'étreindre.

Il détailla le visage crispé de l'adolescent lorsque celui-ci s'immobilisa devant la jeune sorcière, puis son expression confuse lorsque la Gryffondor s'excusa.

Le maître des potions se fit une note pour plus tard, il faudrait soigner cette peur de tout contact. Avec lui, le garçon semblait plutôt à l'aise – il l'avait après tout repris bon nombre de fois pour ne pas avoir accepté de le laisser soigner sa cicatrice boursouflée – mais avec d'autres personnes, il était évident qu'il avec toujours le même réflexe.

Snape remarqua également que Minerva à présent à côté de lui observait avec inquiétude la scène, avant qu'elle ne lui propose d'aller plus loin pour laisser les trois adolescents tranquilles.

Ce n'était pas vraiment sa vision du mot ''surveiller'' mais l'espion imaginait qu'il pouvait au moins laisser un peu d'intimité aux trois Gryffondors. D'autant plus qu'une possible conversation sur le Quidditch ou autre ne l'intéressait aucunement.

« J'ai cru comprendre que vous aviez été blessé lors de votre fuite du manoir. » commença ensuite le maître des potions tandis que la vieille sorcière et lui s'arrêtaient près des fenêtres de la pièce.

« Ne vous inquiétez pas pour moi Mr Snape. Il en faut plus pour m'abattre. » répondit simplement la directrice des Lions d'un ton légèrement amusé.

Ce n'était pas qu'il s'inquiétait pour la vieille sorcière, cependant.

« Et Mr Potter, comment va-t-il ? » demanda-t-elle ensuite d'une voix plus sérieuse en regardant l'intéressé qui ne semblait pas vraiment à l'aise devant ses deux amis.

Une pointe d'inquiétude marquait également sa voix.

« Il va mieux. » répondit simplement Snape tout en détournant le regard du garçon, préférant jeter un coup d'œil par la fenêtre.

Encore aujourd'hui, il étonné de voir comment la Salle sur Demande fonctionnait. Le paysage qu'elle montrait dehors était un vaste champ de fleurs jaunes et rouges et aucun nuage n'étaient visibles dans le ciel, alors même qu'il pleuvait sur le château.

La vieille sorcière sembla alors chercher ses mots devant la réponse de l'espion et dit doucement à voix basse, une expression crispée sur le visage :

« Albus m'a raconté ce qu'il a subi. »

Ces mots surprirent l'espion.

« Vraiment ? » releva-t-il en haussant un sourcil.

Il aurait pensé que le directeur éviterait d'ébruiter la chose, par respect pour le garçon et afin de ne pas mettre tout le château au courant. Mais il s'était apparemment trompé. Seul Merlin savait ce que le vieux sorcier avait dans la tête.

« C'est un de mes élèves, je vous rappelle. » lança Minerva d'un ton froissé.

L'espion préféra garder le silence.

« Je n'aurais jamais imaginé qu'une telle chose… » avoua-t-elle ensuite d'une voix incertaine. « Eh bien, qu'une telle atrocité soit commise envers un enfant. »

Le maître des potions fut tenté de faire une remarque, mais la vieille sorcière la devança.

« J'imagine que les quinze années de paix que nous avons connues sont révolues à présent. » déclara-t-elle en lançant un regard compatissant au garçon, les lèvres pincées.

Snape ne put qu'acquiescer. Pour lui, cette réalité était déjà ancrée depuis longtemps déjà, mais il imaginait que ce n'était pas encore évident pour tout le monde. Il n'y avait qu'à voir la Gazette du Sorcier d'ailleurs, qui semblait désormais partagée sur l'idée que le Seigneur des Ténèbres ne soit vraiment mort.

Puis, l'espion posa à nouveau son regard sur le garçon. Celui-ci écoutait désormais ses amis bavarder sur ce qui devait être Poudlard, le sorcier ayant déjà entendu le mot plusieurs fois.

« Et Potter… se souvient-il de tout ? » continua Minerva à voix basse, reportant l'attention du maître des potions sur elle.

En réalité, c'était une question à laquelle l'espion ne pouvait pas répondre. Il avait déjà tenté de dialoguer avec le dit garçon afin d'en savoir plus quant à ses souvenirs du manoir, de cette fameuse nuit au bosquet et du sauvetage, mais cela n'avait rien donné. Il imaginait que c'était peut-être trop tôt pour l'adolescent et il ne pouvait le blâmer.

Voyant que l'espion ne répondait pas mais devinant ses pensées, la vieille sorcière lissa d'un geste de la main sa longue robe violette et observa simplement, d'une voix où perçait une certaine tristesse :

« J'espère s'il souvient de quelque chose qu'il n'a que peu de détails. »

C'était sans doute ce que beaucoup pouvaient souhaiter pour un enfant ayant subi ce genre de chose mais l'espion n'était pas de cet avis, même s'il le comprenait. Pour lui, ne pas se souvenir était une faiblesse, un pont de pression qu'un ennemi pourrait utiliser afin de briser le garçon. Même si c'était dur et que cela pouvait paraître cruel, il fallait qu'il se souvienne et qu'il accepte ce qui lui était arrivé afin d'aller de l'avant.

Car il était facile de se mentir et de refouler de tels événements, mais la chute qui viendrait forcément un jour, indéniablement, n'en serait que plus grande.

Puis, voyant que les choses du côté du garçon se passaient plutôt bien malgré une certaine anxiété qui se faisait voir dans ses gestes quelque peu crispés, Minerva décida de lui parler de Poudlard ainsi que de ce qu'il s'y passait en ce moment.

Elle lui raconta combien elle détestait le nouveau professeur de DCFM et évoqua le laxisme dont le remplaçant de l'espion faisait preuve. La plupart des enseignants ne pouvaient s'entendre avec celle qui se faisait appeler Dolores Ombrage, sauf peut-être Rusard qui semblait la vénérer.

« Et étant donné qu'Albus s'absente encore cette semaine, j'imagine que cette vipère va en profiter. » lança la Gryffondor d'un ton rempli d'amertume.

« Le directeur s'absente ? » releva simplement l'espion, étonné.

Il était enchanté de l'apprendre.

« C'est assez soudain, mais j'ai cru comprendre qu'il avait quelque chose d'important à faire. » acquiesça la vieille sorcière d'une voix quelque peu méfiante.

L'espion imaginait que le directeur aurait tout le loisir de lui en parler lorsqu'il reviendrait. Si du moins il acceptait de lui révéler ce qu'il était allé faire.

Puis, ne voyant rien d'autre à ajouter, Minerva décida de lui raconter ce que ses Serpentards avaient pu faire en son absence – bien qu'il en sût déjà plus de la moitié. D'un air sévère et tandis que les minutes défilaient, l'espion appris donc que ses Serpents et surtout un certain garçon de cinquième année n'avaient cessé de chercher les problèmes avec ''ses Gryffondors''.

Elle lui raconta certains événements tout en ponctuant son récit de commentaires dédaigneux envers certains élèves, puis raconta combien ses lions s'étaient certes montrés tout aussi stupides en répondant, mais aussi fiers et soudés face aux Serpentards.

Sur ce point d'ailleurs, le maître des potions ne put retenir un sourire sarcastique.

« Si cela vous amuse, tant mieux pour vous Mr Snape. » remarqua Minerva d'un ton sévère. « Mais sachez que Mme Pomfresh et moi-même ne sommes pas vraiment amusées de devoir gérer toutes seules tous ces problèmes. » ajouta-t-elle d'un ton rempli de reproches.

Ces paroles arrachèrent à l'espion une nouvelle expression amusée.

« Mes Serpents se tiendront tranquilles. » dit-il ensuite tandis que la vieille sorcière lui envoyait un regard sévère. « Je leur ai parlé. » ajouta-t-il simplement.

« Oh… très bien. » lança alors la vielle sorcière tandis qu'elle reprenait un air poli.

La brève image de ses Serpents donnant du fil à retordre à la directrice de Gryffondor plût cependant au maître des potions et il se demanda brièvement si Flitwick, qui avait certainement été témoin de la colère de Minerva, accepterait de lui en parler…

Il fut cependant tiré de ses pensées lorsqu'il entendit vaguement les paroles du garçon, tandis que la vieille sorcière lui annonçait que sa maison allait certainement gagner la coupe de Quidditch cette année :

« Dumbledore… pas celui que vous croyez. »

Discrètement, il lança un coup d'œil en direction des trois adolescents qui, alors qu'ils avaient été plutôt tranquilles jusque-là, semblaient désormais agités.

« Comment ça, que veux-tu dire Harry ? » s'enquit Miss Granger. « Tu… toujours aimé Dumbledore et… jamais fait rien de mal. » saisit ensuite l'espion tandis que Minerva lui parlait à présent d'un de ses futurs joueurs.

« Tu te trompes… » dit simplement le garçon d'un ton incertain, lançant au passage un coup d'œil en direction de l'espion, qui fit mine de ne rien entendre.

« J'oses espérer que votre équipe est déjà formée. » lança la vieille sorcière à l'espion.

« Évidemment. » se contenta de répondre le professeur de potions, qui n'en avait en réalité aucune idée.

Il laisserait Malfoy s'en occuper, peut-être cette tâche l'empêcherait-t-il de créer des problèmes avec les Gryffondor même si Snape s'en amusait quelque peu.

Écoutant d'une oreille ce qui se disait de l'autre côté de la pièce, l'espion fit ensuite signe à Minerva de l'imiter, voyant les choses s'envenimer.

« Harry, je crois que tu dis n'importe quoi… » lança Weasley au garçon, qui n'apprécia évidemment pas ses paroles.

« Je sais ce que je dis ! » s'exclama-t-il, furieux, sa voix résonnant dans la pièce tandis qu'il s'était levé du fauteuil sur lequel il était assis, sur le coup de la colère.

Puis, remarquant que les deux professeurs ainsi que ses amis le regardaient d'un air incertain, il se rassit précipitamment, les poings serrés, et marmonna :

« Désolé. »

« Ce… ce n'est pas grave. » hésita Granger tandis que Minerva parlait à voix basse au maître des potions.

« Que se passe-t-il ? » s'enquit-elle en regardant d'un air perplexe son élève.

« Tu ne réalises peut-être pas très bien ce que tu dis, voilà tout. » continua la jeune Gryffondor en essayant de calmer la situation, aussi bien du côté de Ron que de celui du Survivant.

« Je réalise très bien ce que je dis. » répéta fermement le garçon, tandis que l'espion répondait à la vieille sorcière.

« Le Seigneur des Ténèbres l'a conditionné à se méfier d'Albus. »

À ses mots, la directrice des lions prit une expression surprise.

L'espion quant à lui le savait depuis un moment déjà, mais il avait partiellement oublié ce détail. Beaucoup de choses lui trottaient en ce moment dans la tête et il était vrai qu'il se sentait désormais quelque peu idiot de ne pas avoir pensé à dire aux deux Gryffondor d'éviter le sujet épineux.

Car ils avaient bien sûr eu des consignes avant de venir, soigneusement choisies par l'espion et le directeur en personne. Ils n'étaient pas autorisés à évoquer le manoir, ni de près ou de loin le Seigneur des Ténèbres. Il aurait fallu cependant que l'espion leur interdise de mentionner Dumbledore…

« Peut-être est-ce le moment de mettre fin à cette conversation. » lança la vieille sorcière tandis qu'elle s'approchait des adolescents et que les paroles de ceux-ci montaient encore d'un ton.

L'espion l'empêcha cependant d'intervenir en la rejoignant, à présent au milieu de la pièce ronde.

La sorcière lui lança un regard interrogateur, le maître des potions quant à lui garda le silence. Il avait besoin de savoir. Jusque-là rien n'était vraiment sûr en ce qui concernait l'adolescent, et il avait besoin de savoir jusqu'où le Seigneur des Ténèbres était allé avec le garçon.

« Mais Harry, on parle de Dumbledore. » lâcha Weasley tandis que Granger à ses côtés semblait tout à coup complètement démunie. « Tu l'as toujours aimé je te rappelle... » continua-t-il en regardant avec méfiance le garçon, comme s'il pensait qu'il n'avait plus toute sa tête.

« Eh bien les choses ont changé, voilà tout ! » s'exclama Potter d'un ton brusque, furieux que son ami le considère de la sorte.

« Comment ça Harry ? » demanda la jeune sorcière d'une petite voix, abasourdie par les paroles de son ami.

« Harry, je crois que tu divagues. Parlons d'autre chose. » déclara le rouquin d'une voix plus calme, cherchant peut-être à apaiser les choses.

Sa tentative cependant, face au garçon désormais furieux, fut bien évidemment vaine.

« Je ne divague pas ! » contra-t-il d'une voix féroce tandis qu'il se levait à nouveau, les poings serrés. « Il… il me l'a dit ! » ajouta-t-il alors que Weasley se levait également.

Un petit silence s'abattit alors sur la pièce, tandis que Miss Granger plaçait sa main devant sa bouche d'un air horrifié et que le rouquin baissait soudain d'un ton.

« Tu ne parles pas quand même pas de… enfin tu sais… » lâcha prudemment Weasley.

« Ron ! » s'exclama son amie d'une voix choquée, se levant finalement elle aussi.

« Parce que ce n'est pas vrai Harry, tout ce qu'il t'a dit est faux. » continua-t-il en essayant de résonner son ami, ignorant les paroles de la jeune sorcière.

« Non, c'est vrai ! » contra immédiatement le garçon, les poings tellement serrés que ses phalanges en étaient blanches. « C'est vous qui êtes trop bêtes pour le voir ! » s'exclama-t-il d'une voix remplie de colère.

À ces mots, Weasley se braqua aussitôt et voulut répliquer mais la Gryffondor l'en empêcha et lui dit simplement, afin de le dissuader de continuer :

« Arrête Ron, je crois qu'il ne va pas bien… » lança-t-elle doucement d'un ton profondément inquiet.

Ce fut cependant la phrase de trop pour le garçon.

« JE VAIS TRÈS BIEN ! » cria-t-il devant ses deux amis qui, surpris par une telle colère, se turent finalement tous deux.

Et c'est sur ces mots que Snape décida finalement d'intervenir.

« Potter, il est temps pour vous de partir. » annonça-t-il en rejoignant les adolescents, suivi par Minerva qui ne pipait mot et observait avec une certaine inquiétude le garçon.

À l'entente de son nom, le Survivant détourna le regard de ses amis pour finalement le poser sur l'espion qui, en croisant les orbes émeraudes remplies de colère du garçon, plissa les yeux d'un air dissuasif.

Les deux sorciers s'affrontèrent alors du regard pendant quelques secondes tandis qu'un silence plat s'était installé sur la pièce. Puis, finalement, semblant perdre peu à peu de sa colère, le Survivant détourna le regard et choisit plutôt d'observer ses amis qui le regardaient désormais d'un air profondément inquiet.

« Je… nous sommes désolés Harry. » dit alors Hermione d'une petite voix, tandis que le rouquin fixait le garçon comme s'il était fou.

Le Survivant ne répondit cependant rien mais sembla tout de même se calmer, réalisant peut-être enfin ce qui venait de se produire.

Dans l'espoir alors de faire changer d'avis le maître des potions, il posa à nouveau son regard sur lui et dit simplement :

« Désolé… je peux rester encore un peu ? »

Mais l'espion n'était pas de cet avis-là. Cela avait assez duré.

« Ne me faites pas répéter la même chose Potter. » répondit-il d'une voix basse et traînante.

« Harry... » l'appela ensuite Miss Granger, attirant de nouveau l'attention de l'adolescent qui aux paroles du maître des potions avait à nouveau repris son air furieux. « Tu ne nous en veux pas ? » s'enquit-t-elle d'un ton conciliant.

« Non. » répondit le garçon d'un ton brusque tandis qu'il lui lançait à peine un regard et rejoignait Snape, les poings serrés.

L'espion appela ensuite l'elfe de maison qui apparut aussitôt au milieu de la pièce, tandis que les deux Gryffondor encore près du canapé blanc se lançaient un regard incertain.

Puis, sans plus de cérémonie et sans même un regard en arrière, le Survivant donna sa main à l'elfe qui transplana avec lui, laissant ses deux amis et sa directrice de Maison plus confus que jamais, tandis que le professeur de potions réfléchissant rapidement à ce qu'il venait de voir.

Il avait fait preuve d'indulgence et avait laissé l'adolescent plutôt tranquille, mais il était désormais nécessaire que Severus s'occupe de certaines choses.


À suivre...