Bonsoir à tous, voici le nouveau chapitre après une looooongue attente (je sais), mais je n'étais pas très inspirée, et puis je n'avais pas vraiment le temps. Confinement oblige (merci mais non merci le coronavirus), j'ai trouvé le temps de continuer cette histoire ! Alors voici le dernier chapitre, n'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez surtout !

Merci a Ice Cream et Nedwige Stark pour vos reviews !

Si Hermione pensait avoir une paix relative maintenant qu'elle travaillait à l'abri des regards mauvais des gardes, elle s'était trompée.

Il n'y avait pas quinze minutes qui passaient sans qu'un garde n'arrive pour lui jeter une montagne de dossiers sans même un bonjour ou un merci. Parfois, elle avait même le droit à quelques insultes et quelques menaces qu'elle s'efforçait de soigneusement ignorer, s'excusant même parfois de sa présence.

Ici, il n'y avait personne pour la protéger de la soudaine fureur d'un garde. On pourrait la tuer sans que quiconque ne s'en rende compte et elle devait avouer que cette idée la terrifiait. En plus de l'animosité de chaque individu qui entrait dans les archives, elle avait le droit à une visite quotidienne de Malefoy qui se montrait toujours plus colérique. Lui-même poursuivait ses recherches infructueuses, et il attendait que Hermione identifie au moins l'un des deux traitres. Alors chaque fois qu'il venait et qu'elle lui disait qu'elle n'avait toujours pas reconnu l'une des voix, il ne manquait pas de lui cracher à la figure qu'il aurait mieux fait de la laisser crever au lieu de la sélectionner lors de son arrivée.

Hermione encaissait les coups, la violence et la haine de Malefoy, mais elle devait bien avouer, qu'isolée au fin fond des archives la solitude lui pesait beaucoup et la méchanceté de Malefoy n'aidait pas.

Il se montrait toujours méchant et dégoutant dans ses paroles.

Elle ne se rebiffait pas et s'efforçait de ne rien montrer de son pincement au cœur. Elle n'avait pas envie de lui faire le plaisir de l'avoir touché. Elle se rappelait lui plus jeune, qui jubilait chaque fois qu'il comprenait qu'il avait touché juste. Elle ne lui donnerait pas cette satisfaction supplémentaire.

- Ça fait deux semaines que tu es ici, Granger et tu vas me dire que tu n'as toujours pas reconnu le traitre ? Est-ce que tu te fous de ma gueule ?

Hermione recula d'un pas alors que Malefoy s'avançait vers elle, sombre et menaçant.

Elle n'arrivait pas à se focaliser sur lui, louchant sur la grosse tâche de sang sur le col de la chemise du Serpentard. A qui appartenait ce sang ? Est-ce que son propriétaire était mort ou se vidait lentement de son sang quelque part dans le cabinet du Général Drago Malefoy simplement pour avoir eu la malchance de ne pas savoir qui pouvait bien avoir pour idée de trahir l'héritier Malefoy ?

- Réponds-moi, sang de bourbe.

La baguette de Malefoy se planta dans sa gorge, menaçante.

- Je ne sais pas, bredouilla-t-elle. Peut-être qu'il n'est pas encore venu aux archives.

- Tout le monde est passé aux archives. Tous mes subordonnés y font au moins un tour par semaine. Est-ce que tu me caches quelque chose ?

- Non ! s'exclama Hermione.

Elle attrapa la pointe de la baguette de Malefoy pour l'écarter de sa gorge et une violente décharge traversa son bras. Malefoy recula d'un pas et essuya sa baguette sur son pantalon avec un air dégouté.

- Ne touche pas à ma baguette, pourriture. Les sangs de bourbe n'ont pas le droit d'y toucher.

Hermione se redressa, sonnée, le bras parcourut de fourmillements.

- Et qu'est-ce que tu regardes comme ça ? persiffla-t-il en surprenant son regard sur la grosse tâche de sang.

- Rien du tout …

La baguette vint s'écraser une nouvelle fois contre sa gorge et Hermione retint son souffle.

- Ne me mens pas, sang de bourbe. Sinon, ce sera ton sang qui tâchera mon col de chemise la prochaine fois. Tu as compris ?

Hermione hocha de la tête et la baguette s'enfonça plus profondément dans sa gorge.

- Oui, monsieur, souffla-t-elle en pressant ses paupières ne voulant plus voir ce visage.

- Bien. Alors identifie le traitre, sinon je risque d'oublier la raison pour laquelle tu m'aies utile.

Sans un mot de plus, il tourna les talons et quitta les archives. Hermione déglutit douloureusement et essuya les larmes de colère qui menaçaient de quitter ses yeux.

Ce n'était qu'un abruti. Est-ce qu'il voulait qu'elle dénonce quelqu'un au hasard ? Car c'était le moyen d'agir si tel était le cas. Elle se rappelait chacune des voix qu'elle avait entendu dans ce couloir, et elle était certaine de ne pas avoir croisé le moindre individu avec une voix semblable. Ce n'était pas faute de tendre l'oreille. Malefoy lui faisait suffisamment peur pour la motiver à trouver les traitres.

Il se faisait de plus en plus irritable et Hermione ne doutait pas une seconde qu'il finirait par se venger sur elle. Il ne mentait pas quand il disait que c'était son sang qui allait tâcher sa chemise.

Elle frissonna et reprit son classement de dossiers.

Au moins, elle n'était plus aussi fatiguée à la fin de sa journée. Ou du moins, il ne s'agissait pas d'une fatigue physique. Tout son corps ne hurlait pas de douleur chaque soir lorsqu'elle rejoignait sa cellule. Ses pieds n'étaient plus couverts d'ampoules et ses mains ne lui donnaient pas la sensation d'être gonflées en permanence.

Et bien qu'elle ne l'aurait jamais avoué à voix haute, le changement de secteur ordonné par Malefoy l'aidait à tenir le coup. Elle se sentait moins affaibli et moins affamée à la fin de la journée. Elle sentait qu'elle reprenait des forces tandis que Fred et les autres détenus s'affaiblissaient en même temps que le froid arrivait.

Oh, Hermione ne se méprenait pas. Malefoy n'avait pas fait ça pour elle, il n'avait pas cessé de lui répéter.

- Je t'avais dit que tu aurais mieux fait de te taire, Hermione, lui dit Fred. Maintenant, si tu ne lui donnes pas un nom très bientôt, c'est toi qui vas passer à la trappe.

- T'es franchement déprimant, Fred, soupira Hermione.

- Mais réaliste.

- Un peu dramatique quand même, tu ne trouves pas ?

- Peut-être, dit-il avec un sourire.

Hermione rit un peu. Ça ressemblait plus à un hoquet d'étouffement. Elle n'avait plus l'habitude de rire ici. Même sourire lui donnait l'impression de grimacer.

Fred s'apprêtait à rajouter quelque chose quand une bagarre éclata non loin d'eux. Presque aussitôt, tout le monde se mit à genoux par terre, le front contre le sol, la tête entre les bras alors que trois gardes pointèrent leur baguette sur les deux prisonniers qui se battaient lamentablement. Sous la force d'un sortilège doloris, ils se tortillaient sur le sol en gémissant de douleur.

Hermione observait la scène aussi bien qu'elle le pouvait, dans la même position que tous les autres détenus.

Si un détenu avait le malheur d'oublier de se mettre dans une telle position, il le regrettait amèrement, subissant le même châtiment que les fauteurs de trouble. Hermione l'avait appris à ses dépens, mais n'avait plus jamais fait l'erreur.

- Pourquoi est-ce qu'ils se sont battus ? souffla Hermione à Fred à côté d'elle.

- Parce qu'il parait qu'une nouvelle cargaison ne devrait pas tarder. Ça a tendance à angoisser un peu tout le monde, expliqua-t-il en se redressant après autorisation des gardiens qui avaient évacué les deux prisonniers qui allaient sans doute faire un petit séjour dans le cabinet de Malefoy.

- Pourquoi ça les angoisse ? s'étonna Hermione.

- Parce que quand une cargaison arrive, ça veut dire qu'on va être soumis à une nouvelle sélection. Et crois-moi, personne n'aime cette idée.

- Une … nouvelle sélection ? s'inquiéta Hermione.

Fred hocha gravement de la tête :

- Tu ne te croyais pas sortie d'affaire quand même ? Si la faim et la fatigue ne te tuera pas, ne t'inquiète pas, on se chargera de t'envoyer aux chambres si tu n'es pas assez efficace.

Hermione déglutit douloureusement. Efficace ? Elle avait un poste qui ne servait absolument à rien, parfaitement inutile une fois qu'elle aura mis la main sur l'un des traitres. Et sur les postes qu'elle avait occupés avant celui-là, elle était loin d'être efficace. Elle n'était pas assez solide, pas assez rapide. Elle ne faisait pas partie du haut du panier. Elle faisait partie des moins bon à présent, bien que ce soit difficile à accepter.

- Mais moi, je suis vraiment inefficace, Fred, souleva-t-elle.

- Comme 10% d'entre nous à chaque nouvelle sélection. Les nouveaux sont sélectionnés pour remplacer les anciens qui n'ont pas été assez efficaces. C'est comme ça que ça fonctionne.

- Mais pourquoi ? Il y a encore plein de cellules inoccupées ! Ils n'ont pas besoin de se débarrasser de nous.

- L'intérêt, ce n'est pas de faire de la place, c'est de nous rappeler que notre vie est comptée chaque jour. Que si on ne se montre pas assez bon, on y passera. Pour qu'on ne se sente jamais en sécurité. C'est une des inventions du Général, dit-il moins fort.

- Un véritable champion de la torture, murmura Hermione.

Fred hocha simplement de la tête.

Hermione comprenait mieux les regards plus terrifiés que jamais et ses camarades qui redoublaient d'efforts pour travailler plus vite et mieux.

- Je n'ai aucune chance de survivre à une nouvelle sélection, désespéra Hermione.

- Arrête, dit sèchement Fred. On sait tous que le Général s'arrangera pour te garder ici. On a tous beaucoup plus de soucis à se faire.

- Pourquoi tu dis ça ? réagit Hermione, piquée au vif.

- Parce qu'il n'a d'yeux que pour toi, Hermione, dit-il entre ses dents. Peut-être pas en bien, mais tu accapares toute son attention. Il ne rêve que d'une chose, c'est de te tomber sur le coin de la figure à chaque fois que tu fais un pas de travers.

Hermione resta coite.

- Tu ne t'en rends peut-être pas compte, mais crois-moi, ici, tout le monde l'a remarqué. Jamais on n'a autant vu le Général dans les couloirs que depuis que tu es là. Tu es son jouet. Et il ne va pas jeter son jouet préféré tout de suite si tu veux mon avis.

- Je ne suis pas un objet, dit-elle durement.

- Va lui dire si tu oses, dit-il avec un mouvement du menton vers Malefoy qui traversait justement un couloir.

Hermione se garda bien de relever le défi de Fred. Elle n'était pas pressée de mourir.

- Tu te trompes totalement. Malefoy ne me protégera pas. Il y a même de grandes chances qu'il se fasse un plaisir de m'annoncer lui-même que la partie est terminée pour moi.

- On parie ?

Hermione le fusilla du regard. Elle n'aimait pas trop l'insolence de Fred, mais elle n'en dit rien. L'air furieux qu'elle affichait était suffisamment clair.

Ce n'était pas lui qui faisait face à la fureur de Malefoy chaque fin de journée lorsqu'elle devait lui annoncer qu'elle n'avait toujours pas identifié l'un des traitres. Malefoy se montrait de plus en plus impatient et Hermione ne serait pas surprise qu'il la tue sur un coup de colère.

Et aujourd'hui, elle n'avait toujours pas trouvé trace du traitre. Elle essayait d'ignorer la boule dans sa gorge qui s'installait toujours plus tôt dans la journée à l'idée de sa rencontre quotidienne avec Malefoy, mais cela devenait difficile. Sa première pensée lorsqu'elle se réveillait allait toujours à celui-ci.

Elle rejoignit les archives en soufflant lourdement. Ses journées n'étaient pas des plus captivantes.

Elle jeta un coup d'œil à l'horloge au-dessus de la porte. 17h00 approchait.

C'était l'heure à laquelle Malefoy venait toujours et la boule dans sa gorge grossissait de minute en minute. Un peu fébrile, les mains moites et le cœur battant, elle ferma les yeux une seconde en entendant la porte s'ouvrir puis se refermer dans un claquement.

Malefoy avança à grands pas. Ses cheveux d'un blond parfait étaient désordonnés et son regard était plus orageux qu'à l'habitude.

Hermione reculait au même rythme qu'il avançait, une pile de papiers dans les bras. La colère de Malefoy ne faisait que grandir en la voyant reculer, signe qu'elle n'avait toujours pas reconnu le moindre traitre.

- J'ai réfléchi, et il n'y a qu'une seule raison qui expliquerait pourquoi je n'ai pas encore trouvé le traitre.

- Abrège, Granger, tu sais bien que je déteste quand tu fais ta je-sais-tout, siffla-t-il en dégainant sa baguette.

Hermione leva les mains, essayant de l'appeler au calme, mais les yeux couleur orage ne laissaient que peu d'espoir à Hermione.

- Peut-être qu'il ne vient jamais ici, peut-être qu'il n'a pas besoin de venir aux archives, dit-elle rapidement.

- Tout le monde doit déposer des papiers aux archives. Je me suis assuré que tous y viennent ces dernières semaines. Chaque gardien est passé dans cette putain de pièce et tu n'as pas réussi à me trouver le traitre. Tu …

Il s'arrêta brusquement, son regard se perdant dans le vague, l'air de réfléchir à quelque chose.

Sans un mot de plus, il tourna les talons et Hermione resta plantée là, coite. Il n'était vraiment pas clair ce garçon. Elle allait sans doute mourir d'une crise cardiaque précoce ou d'un anévrisme provoqué par le stress, elle hésitait encore sur la cause probable de sa mort.

Quoique ces morts étaient trop naturelles. Elle avait plus de chance d'y passer lors d'une future sélection.

Elle soupira lourdement et entama son rangement par ordre alphabétique. Il lui restait encore deux heures de travail à fournir. Elle hissa une montagne de dossiers au-dessus d'une des armoires-classeurs à bout de bras en espérant secrètement qu'elle disparaisse avant le lendemain matin.

Hermione n'avait jamais aimé le rangement, encore moins le classement. Elle avait toujours trouvé qu'il s'agissait d'un travail stupide, fatiguant et bien trop fastidieux. Malheureusement, elle n'avait pas son mot à dire et Malefoy tenait à ce qu'elle se charge de ce dur labeur afin de démasquer un traitre qui ne se ferait peut-être jamais connaitre.

- Vous n'allez pas me faire croire que vous n'avez pas reçu la notification que j'ai envoyé il y a deux semaines, Wagner.

Hermione se figea, entendant la voix du Général Malefoy un peu lointaine. Dans le silence quasi religieux des archives, Hermione n'avait pas la moindre difficulté à suivre la conversation qui s'annonçait tendue. Intriguée, elle se glissa entre les rayons grisâtres et ternes des archives, se rapprochant pour entendre un peu mieux ce qui se passait.

Hermione n'avait pas perdu sa curiosité légendaire, et cela finirait par lui couter cher. Elle le savait, mais ne pouvait pas s'en empêcher.

- Ecoutez, Général, je fais ce métier depuis bien plus longtemps que vous, je pense pouvoir gérer le rangement de mes dossiers sans aide.

Hermione se tendit. Cette voix… Elle se rapprocha encore, attrapant un balai et feintant un ménage assidu.

- Ne me parlez pas de cette façon, Wagner. N'oubliez pas qui est le Général. Le Lord ne vous a pas confié la charge de cette prison. Alors jusqu'à ce que ce soit le cas, vous lirez chacune de mes notifications et vous y obéirez, est-ce que c'est clair ?

- Très clair, Général, dit l'homme entre ses dents.

Hermione se figea, levant les yeux vers Malefoy et croisa aussitôt son regard, comme s'il attendait sa réaction. Elle n'eut pas à dire le moindre mot.

Il fit un signe du menton au dénommé Wagner qui déposa une pile monstrueuse de dossier sur le bureau que Hermione aimait appeler « le sien ». Elle croisa le regard de l'homme âgé. C'était celui qui assistait Malefoy le jour de son admission. Elle se rappelait l'impression qu'il lui avait faite : celle d'un homme qui se sentait tellement supérieur à elle, comme si elle n'était qu'un détritus qui ne méritait pas la vie.

Quelque chose passa dans le regard de Wagner, mais il ne dit rien. Il tourna les talons, accordant un signe de tête respectueux à Malefoy et disparut des archives.

Malefoy ne bougea pas d'un iota, attendant le moindre geste de Hermione qui restait figée, le regardant sans la moindre réaction. Son regard chocolat était stupéfait et c'était l'une des premières fois où il la voyait sans voix, le souffle coupé.

- Baisse les yeux, siffla-t-il, reprenant contenance en se rapprochant.

Mais c'était comme si elle ne l'avait pas entendu :

- C'était cette voix ! s'exclama-t-elle, les yeux écarquillés, sautant presque sur place en lâchant son balai. C'était lui !

Et le soupçon de Malefoy se matérialisa. Il sentit la colère montée en lui.

- Comme par hasard, cracha-t-il en l'attrapant par l'épaule avec violence. Il fallait que ce soit mon bras droit, n'est-ce pas ? Celui qui t'a fait une si forte impression lors de ton arrivée.

Elle attrapa sa main sur son épaule et il se sentit comme brûlé, un spasme le traversa et il vit quelque chose passé dans son regard. Ça l'avait blessé. Comme il la blessait à Poudlard en lui crachant qu'elle n'était qu'une sang de bourbe, qu'elle ne valait rien. Comme quand il lui rappelait qu'elle était tellement moins que lui.

Il arracha sa main de sous la sienne, incapable de supporter son contact plus longtemps. Il ne supportait plus le moindre contact depuis longtemps.

- Je ne mens pas, dit-elle en détournant le regard une seconde.

- Avoue que ça tombe plutôt bien.

Elle braqua son regard dans le sien, un brin revanchard et Malefoy se sentit à Poudlard l'espace d'un instant. Il sentit la chaleur s'insinuer dans ses extrémités. Mais cette douce sensation disparut rapidement, le rappelant entre ses murs gris et froids.

- Il n'y a pas un garde a qui je n'ai pas de raison d'en vouloir ici, Monsieur, dit-elle avec insistance.

Malefoy plissa les yeux, menaçant mais elle ne détourna toujours pas le regard.

Elle avait du courage. Il pouvait lui reconnaitre ça. A moins que ce soit de l'inconscience. Peut-être un peu des deux. Putain de Gryffondor avec leur courage à deux balles.

- Je croyais que t… vous saviez toujours quand je mentais ?

Sans trop savoir pourquoi, il avait une envie monstrueuse de la gifler. Il détestait sa façon de se rappeler de chacune de ses paroles, de les lui rappeler. Il détestait qu'elle prête une attention si particulière à tout ce qu'il pouvait dire, et en même temps il aimait ça.

Non, il adorait ça. Il adorait être son monde, son centre de tout.

Il aimait le contrôle qu'il avait sur elle. Elle, qui s'était fait un malin plaisir de le faire tourner en bourrique à Poudlard. La souris était devenue le chat. A moins qu'il ait toujours été le chat.

Alors il ne la toucha pas. Il ne défigura pas ce minois si familier qu'il avait vu grandir, devenir celui d'une jolie fille, et plus ce visage enfantin aux dents trop longues et aux cheveux ébouriffés.

- Ne te fous pas de moi, Granger. Ou ça pourrait se retourner contre toi.

Hermione fronça les sourcils, sans trop savoir ce qu'elle devait penser de ces derniers mots.

Elle ne se fichait pas de lui.

- Ce n'est pas mon genre.

Drago ricana. Elle pouvait être drôle, la sang de bourbe. C'était tout à fait son genre de se foutre de lui.

- Jour de fête pour toi, Granger. Tu peux disposer, profite de ta soirée.

Il tourna les talons et disparut de la salle des archives, laissant Hermione perplexe et chamboulé.

Malefoy était une vraie girouette, menaçant puis joueur, passant d'une humeur passablement correcte à massacrante, Hermione ne savait vraiment pas sur quel pied danser.

Elle jeta un œil à l'horloge. Il était déjà 17h30. Elle n'avait pas eu autant de temps libre depuis très longtemps. Une seconde, elle se demanda ce qui allait arriver à Wagner, mais elle se força à le sortir de sa tête. Elle n'avait pas envie de se torturer les méninges ce soir. Elle avait échappé à une mort certaine, elle avait bien le droit de souffler le temps d'une soirée.