Bonsoir à tous ! Voici le nouveau chapitre qui je l'espère vous plaira, un peu plus long que le précédent. Comme d'habitude, n'hésitez vraiment pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre !
Pour les reviews des guests :
Drou : Merci pour ta review, je me sens flattée, ahah. J'espère vraiment que tu te sentiras toute aussi imprégné dans les prochains chapitres où j'ai essayé de faire dans la même ambiance !
Puerta : Merci beaucoup, j'adore les compliments :3
Sarah MAES : Merci pour la review, et effectivement Hermione a des remords, mais je pense que c'est quelqu'un qui est fondamentalement bon. Peu importe que la personne qui soit morte était particulièrement mauvaise, elle éprouvera des remords à l'idée d'avoir provoquer cette mort (Gryffondor dans l'âme, on va dire). Malefoy lui se montre très calculateur, et quand on grandit dans un milieu de mangemorts, le meurtre est considéré comme un moyen d'arriver à ses fins. C'est la raison pour laquelle il n'hésite pas à user de cet acte pour garder le contrôle, au grand damne de Hermione bien sûr !
J'espère que la suite vous plaira tout autant,
Hermione qui avait osé douter de l'effectif traitement de faveur lorsque Malefoy l'avait menacé de l'en priver, n'en doutait plus un instant. Ses rations étaient bien plus légères, elle avait été réaffectée au transport et chaque garde semblait à l'affut du moindre faux pas comme s'ils avaient le droit à une prime de 10 galions chaque fois qu'elle serait prise en faute.
Fred l'avait encore une fois sermonnée et Hermione lui avait jeté un tel regard noir qu'il n'avait plus osé lui faire le moindre commentaire sur sa conduite inconsciente et stupide.
Evidemment qu'elle regrettait d'avoir poussé le Général dans ses retranchements, son estomac qui grognait plus bruyamment que jamais le lui rappelait chaque jour. Malefoy devait s'assurer qu'elle écopait de toutes les missions les plus désagréables et dangereuses possibles car elle avait eu le droit à plusieurs heures supplémentaires le midi, la privant d'un repas déjà bien maigre.
Alors elle ne fut pas surprise lorsqu'un garde lui tendit un coupon froissé pendant le diner.
- Qu'est-que c'est ? demanda-t-elle à voix haute avant même d'avoir lu le carton.
- La nuit des torches, dit Fred en grimaçant.
Le coupon indiquait seulement « laisser passer pour matricule : DM ». Merlin, qu'elle détestait être nommée ainsi. « Validité : 19 octobre, 21h00. Dispense de travail à partir de 14h00 exceptionnelle ».
- Je n'ai pas à travailler demain après-midi ! S'exclama-t-elle.
Elle était dans un tel état d'épuisement qu'elle ne pouvait que s'en réjouir, peu importe le prix à payer.
- Oh tu vas moins rire, demain soir, dit sombrement Fred. La nuit des torches, c'est quelque chose.
- Qu'est-ce que c'est ?
- 3 fois par an, quelques prisonniers sont réquisitionnés pour raviver les torches extérieures de la prison. Sans magie bien sûr. C'est très dangereux car elles sont haut perchées. Chaque fois, il y a quelques détenus qui disparaissent dans la nuit. Tu ferais mieux de prier pour que ce ne soit pas toi.
- Fred, tu es vraiment trop déprimant, soupira-t-elle.
Fred la fusilla du regard.
- Ce n'est pas moi qui suis déprimant, c'est toi qui es inconsciente, Hermione. Il serait temps que tu t'en rendes compte.
Hermione ne répondit rien, un peu honteuse. Fred vivait dans l'enfer permanent de cette prison depuis plus longtemps qu'elle. Il avait bien le droit de faire peser sur elle ses humeurs sombres. Il l'avait toujours épaulé, l'avait aidé et conseillé pour lui éviter des problèmes.
Elle se fit plus aimable et dissimula son contentement d'échapper à une demi-journée de travail jusqu'à ce que Fred lui tourne le dos pour rejoindre son travail. 5 autres personnes restèrent au réfectoire et Hermione en déduisit qu'ils l'accompagneraient sans doute dans sa mission de la soirée. Parmi eux, il y avait Elizabeth. C'était l'une des seules femmes de la prison qui pouvaient se compter sur les doigts d'une seule main.
Large d'épaules, une mâchoire prononcée, il fallait dire qu'elle était plus costaud que bon nombre d'hommes de la prison. On racontait qu'elle était cracmol. Hermione n'aurait pas su dire si c'était la vérité, n'ayant jamais adressé la parole à la dame en question.
Elle se garda bien de les rejoindre, rejoignant sa couchette pour y faire une sieste bien méritée. Le regard perdu sur le sommier de bois de la couchette supérieur, elle se prit à imaginer ce à quoi sa vie ressemblerait si Voldemort n'avait pas gagné la guerre.
Peut-être qu'elle filerait le parfait amour avec Ron, vivant dans une belle petite maison de la banlieue tranquille de Londres. Les souvenirs de la guerre seraient loin derrière elle, elle n'aurait de pensée que pour le rouquin, envisageant peut-être d'avoir un enfant.
Elle aurait aimé travailler au ministère de la magie, continuer de défendre les droits des elfes de maison.
Sauf que Voldemort avait gagné la guerre, et Hermione devait se soucier de son sort plutôt que celui des elfes de maison alors qu'elle était réduite à l'esclavage au même titre que les elfes utilisés depuis des siècles. C'était sa cause qu'elle devait défendre.
Quelqu'un cria dehors. Sans doute parce qu'il avait reçu un doloris.
La gorge de Hermione se serra. Elle ne gouterait sans doute plus jamais à la liberté. Elle mourrait avant que Voldemort ne soit défait. Plus jamais elle ne verrait le visage de ses parents, ni celui de ses amis. Ron et Harry lui manquaient. Terriblement.
Depuis tout ce temps … elle avait la sensation qu'il s'agissait de vacances d'été à rallonge, comme si tout cela n'était qu'une passade. Comme si elle allait retrouver Harry et Ron à la rentrée qui ne saurait tarder. Comme si tout cela n'était qu'une vaste blague et que bientôt les jumeaux Weasley apparaitraient en éclatant de rire.
Mais ce n'était pas une mauvaise blague.
Elle était dans cette prison de malheur avec pour bourreau Drago Malefoy.
Elle ne sut pas trop quand elle s'endormit, mais elle ne se réveilla que lorsque la sirène annonça le diner. Elle eut du mal à s'arracher à son sommeil peuplé de rêves cauchemardesques. Elle se redressa, les paumes contre ses paupières. Des tâches blanches troublaient le noir sidéral derrière ses paupières closes.
Elle soupira lourdement et trouva le courage de rejoindre le réfectoire avant qu'il ne reste plus la moindre trace de gruau au fond de la marmite jamais assez remplie pour nourrir toutes les bouches affamées qui travaillaient douze heures par jour.
Hermione resta au réfectoire comme les autres détenus et il ne fallut pas bien longtemps avant qu'un garde ne vienne les chercher. Leur geôlier leur expliqua en une minute leur mission et Hermione avait déjà le vertige en levant le nez en haut du pilier qui portait la torche.
Elle se garda bien de rappeler au gardien qu'il suffirait simplement d'un coup de baguette pour que la flamme brûle pour quelques mois supplémentaires.
- Les poteaux n'ont pas l'air très solides, dit-elle plus pour elle-même que pour le garde.
- C'est pour ça que vous êtes 6. Deux d'entre vous se chargeront de grimper sur les piliers, les autres maintiendront du mieux qu'ils peuvent le poteau. Tout simplement, dit-il avec un sourire froid.
Hermione ne fit pas la moindre remarque sur la fiabilité de la méthode décrite. Encore une fois, une baguette magique aurait fait des miracles.
- Bien, on va composer deux équipes.
Hermione jeta un coup d'œil à ses deux voisins et pria silencieusement pour être dans la même équipe qu'Elizabeth. Les deux hommes lui jetaient des coups d'œil douteux, ricanant et marmonnant entre eux. Ils n'inspiraient pas confiance.
Et comme Hermione n'avait pas de chance dans son malheur, elle tomba avec les deux lourdauds qui ne lâchaient pas du regard. A son grand déplaisir.
Hermione qui s'était réjoui d'avoir son après-midi de libre perdit rapidement son sourire. Etant la plus légère, elle était chargée de grimper les piliers pour craquer quelques allumettes pour raviver la flamme faiblarde de chaque torche. Les genoux serrés contre le pilier de bois, ses articulations commençaient à la faire souffrir. Chaque rafale de vent lui donnait l'impression de faire tanguer le pilier.
Elle pouvait entendre les ricanements de ses camarades plus bas qu'elle soupçonnait de secouer pour lui faire des frayeurs. Au début, elle avait eu envie de leur faire part de son sentiment sur leur comportement puéril mais il y avait quelque chose dans leur regard qui la terrifiait. Elle avait la sensation qu'il ne valait mieux pas qu'elle cherche des poux à ce genre d'individus.
Alors elle avait fermé sa grande bouche, avait détourné leur regard en surprenant leur regard malsain sur elle et s'était hissé le plus rapidement possible sur les piliers, espérant se débarrasser de cette mission au plus vite.
Lorsqu'enfin la dernière torche fut ravivée, Hermione poussa un long soupir de soulagement. Elle resta un moment, perché à plusieurs mètres au-dessus du sol. D'ici, dans la pénombre nocturne seulement perturbé par la lueur froide et pâle de la lune, elle pouvait se sentir libre. Elle ne voyait pas les grillages surplombés de barbelés. Tout ce qu'elle voyait, c'étaient les champs à plusieurs kilomètres à la ronde.
- Tu redescends ou on te laisse là ?! entendit-elle plus bas.
Avec un dernier soupir, elle essaya d'imprimer cette image dans son esprit. Les genoux raides, elle descendit les échelons du poteau et sauta à terre.
- Terminée !
Son sourire se transforma en grimace en voyant les deux hommes qui la surplombaient bien d'une bonne tête.
Le garde leur fit signe de rejoindre leur cellule et de l'y attendre pour qu'il puisse ouvrir la porte. Hermione se dépêcha de tourner les talons, faisant un grand détour pour éviter que ses camarades la suivent. Longeant le grillage, elle espérait secrètement qu'ils n'auraient pas idée de la suivre et qu'aucun garde ne se rendrait compte de sa petite escapade sans autorisation. Elle savait quel sort on lui réserverait si on la prenait à prendre une trajectoire non nécessaire.
Hermione ne cessait de jeter des coups d'œil inquiet derrière elle. Elle était certaine de sentir un regard sur elle, une présence. Pourtant, elle avait beau scruter les environs, il n'y avait personne dans la pénombre. Elle regarda au travers du grillage. Personne.
Hermione allait enfin pousser un soupir de soulagement, certaine que personne ne la suivait, quand elle reçut un coup dans l'estomac qui la jeta contre le grillage, faisant gémir ses côtes. Sonnée, sa vision se troubla et elle s'écroula par terre. Elle fut redressée de force et Hermione réussit à reconnaitre ses compagnons de travail à la lueur de la lune.
- Qu'est-ce …
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, une main épaisse et poussiéreuse couvrit sa bouche, étouffant toute protestation. Les yeux écarquillés, elle planta son regard dans celui de l'homme qui la maintenait contre le grillage. Elle y lut quelque chose qui la terrifia, quelque chose qui lui donna envie de vomir : le désir.
C'est comme si ses narines n'étaient plus capables d'inhaler suffisamment d'oxygène, elle suffoquait. Paniquait.
- Ne te fatigue pas, petite trainée. Personne ne viendra te sauver ici, souffla le second homme.
Hermione se débattait de toutes ses forces, essayant d'échapper à cette main qui l'étouffait sans que son propriétaire ne s'en rende compte. Mais la peur rendait chacun de ses mouvements trop faiblards pour écarter les mains qui cherchaient les boutons de sa chemise. Les borborygmes étouffés dans sa gorge n'étaient pas suffisamment puissants pour alerter un quelconque garde au milieu de la nuit.
La main s'écarta enfin de sa bouche le temps d'une seconde et elle inspira une grande goulée d'air alors que son cœur faisait des ratés.
- Lâchez-moi, dit-elle difficilement en s'extirpant du piège tendu.
Elle se mit à courir, mais aussitôt, l'un des hommes la rattrapa, la tirant si brutalement par l'épaule qu'elle crut qu'elle s'était démise.
- Pourquoi tu cours ? Tu penses pouvoir nous échapper ?
Tous les boutons de sa chemise sautèrent, ne laissant que la maigre barrière qu'était son débardeur.
- Ne me touchez pas, vous n'avez pas le droit, bredouilla-t-elle.
Mais ils n'arrêtaient pas, et ils n'arrêteraient pas. Elle était une proie facile, sans protection, sans personne pour la sauver de cet affreux mauvais pas. Elle était trop faible, trop fragile. C'est la raison pour laquelle elle n'aurait jamais dû passer la première sélection. Elle n'était même pas capable de se protéger elle-même, elle n'avait pas sa place dans cette prison qui abritait des animaux.
Elle aurait aimé crever.
- Il n'y a que le Général qui peut profiter de tes faveurs peut-être ? Tu crois qu'on n'a pas vu tes petits aller et venus aux douches ? C'est marrant comme il ne tarde jamais à t'y rejoindre.
Sa ceinture fut débouclée, tirée si violemment qu'Hermione manqua de s'écrouler à genoux. D'une main désespérée, elle maintenant le pantalon sur ses hanches trop étroites pour ce pantalon trop large.
- Tu crois qu'on ne sait pas ?
Un éclair de lumière rouge traversa la nuit sombre, heurtant de plein fouet celui qui la maintenait toujours par l'épaule, l'écartant brusquement d'elle. Presque aussitôt, un second rayon rouge expulsa à plusieurs mètres le deuxième homme.
- Doloris.
La voix de Malefoy n'avait été qu'un sifflement, la baguette pointée sur l'un des deux hommes qui avaient osé déroger aux règles de sa prison.
- Doloris, répéta-t-il.
L'homme se tortillait de douleur, les dents si serrées qu'il n'y avait pas le moindre cri qui s'échappait de sa bouche hideuse. Malefoy écarta sa baguette une seconde, l'appuyant rapidement sur sa marque des ténèbres avant de lancer un nouveau sortilège de douleur à cet homme.
- Oh, ne pense pas t'échapper toi, dit-il avec un petit rire à faire froid dans le dos alors que le deuxième rampait pour essayer de se cacher.
Il l'attrapa par le col et lui colla son poing dans la figure. Une fois. Deux fois. Trois fois.
Trois gardes arrivèrent à toute vitesse, essoufflés, surpris d'être appelé par le Général au milieu de la nuit. Ce n'est qu'à ce moment-là que Malefoy s'arrêta, le poing couvert de sang, tâchant sa chemise et sa peau si pâle.
- Amenez-les dans mon cabinet.
Le souffle court, ses épaules se soulevaient lourdement alors que le silence avait repris ses droits, comme si les cris de souffrance des sangs de bourbe avaient été engloutis. Puis soudain, un sanglot le ramena à la réalité. C'était pour ça qu'il était là.
C'était pour ça qu'il avait débarqué à toute vitesse.
Là, contre le grillage, recroquevillée, les boutons de sa chemise arrachée, Hermione Granger tremblait de tout son corps. Malefoy parcourut à grandes foulées la distance qui le séparait d'elle et se pencha, posant ses mains sur ses épaules.
Mais Hermione n'y voyait rien, les yeux noyés de larmes. Elle recula plus encore dans le grillage qui grinça sous la contrainte.
- Non, ne me touchez pas ! s'exclama-t-elle, hystérique.
- Granger, calme-toi.
- Non, non, non …
Elle pleurait sans pouvoir s'arrêter. Elle pouvait encore sentir la main couvrant sa bouche, une autre lui arrachant sa chemise. Elle pouvait sentir l'haleine fétide de ses compagnons.
Une gifle monumentale la sortit de sa torpeur.
- Calme-toi, répéta Malefoy.
Hermione cligna des yeux une seconde, évacuant les larmes qui la rendaient aveugle. Elle tomba dans le regard gris orageux de Malefoy, et son cœur tomba dans sa poitrine. Elle chercha du regard les deux hommes mais elle ne les vit pas.
- Où … où est-ce qu'ils sont ?
- Ne t'occupe pas d'eux. Est-ce qu'ils t'ont touché ? dit-il froidement.
- Ils … Ils voulaient mais …
Elle détailla Malefoy. Ses phalanges étaient couvertes de sang. Pas le sien. Elle en était certaine.
- Est-ce qu'ils t'ont touché, Granger ? répéta-t-il un peu plus fort.
Mais Hermione n'arrivait pas à lâcher du regard le rouge vermeille qui couvrait la peau blanche de Malefoy. Il attrapa son visage brusquement, la forçant à le regarder dans les yeux, l'interrogeant silencieusement.
- Ils n'ont pas eu le temps, souffla-t-elle finalement.
Elle avait une sensation étrange, le cœur au bord des lèvres. Elle avait une sensation de nausée au creux du ventre et avait la désagréable impression qu'elle ne s'en débarrasserait jamais.
Malefoy la hissa sur ses pieds, ignorant le tremblement quasi compulsif de son corps. Hermione n'arrivait pas à oublier le contact sur sa peau. Tous ses sens étaient en alerte, son corps ne demandait qu'une chose : se retrouver enfermer dans la petite cellule qu'était la sienne, être protégée par les 4 murs infranchissables.
Mais Malefoy l'entraina dans les couloirs, sans faire fi de son état déplorable. Hermione n'avait pas la moindre idée de là où il l'entrainait.
Et ces vêtements … Elle savait qu'aucun garde ne lui donnerait un nouvel exemplaire de sa chemise. Elle était condamnée à réparer les lambeaux du tissu qui était déjà bien abimé. Elle n'avait pas la moindre idée de la façon dont elle allait réussir un tel exploit. Un nouveau sanglot lui échappa. Malefoy poussa une porte et Hermione s'assit sur le bord du lit sans discuter alors que Malefoy se dirigeait tout droit vers une autre porte, la verrouillant à double-tour d'un coup de baguette.
Malefoy observa du coin de l'œil la fille assise sur le bord de son lit, le dos courbé, l'air au bord de l'évanouissement.
- Je crois que …
Elle ne finit même pas sa phrase. Elle se pencha, dégobillant sur le sol son maigre repas. Son estomac se contorsionnait violemment, essayant d'expulser un repas qu'elle n'avait pas. Ses yeux pleuraient, son nez coulait et son ventre se crispait violemment.
- Je suis désolée, s'excusa-t-elle rapidement alors que Malefoy se rapprochait.
- C'est bon, Granger, dit-il entre ses dents. C'est bon.
Il l'aida à se redresser et l'entraina dans la salle de bain. Hermione, sans la moindre délicatesse, essuya sa bouche d'un geste du poignet alors que Malefoy s'affairait, ouvrant le robinet de la douche. Il ouvrit un tiroir, en sortant deux serviettes de bain, un jogging et un t-shirt noir.
- Douche-toi.
Il referma la porte derrière lui et poussa un long soupir.
Il n'arrivait pas à calmer la colère qui bouillonnait en lui. Pourquoi était-il si enragé ? Pourquoi s'était-il mis dans un état pareil pour elle ? Pour une sang de bourbe.
Il repensa au visage de la Gryffondor. Il n'avait jamais ressenti une telle impuissance et une telle folie furieuse. Une seconde, il avait imaginé le pire : il avait cru que l'irréparable s'était passé. Il n'osait pas imaginer ce qu'il aurait infligés à ces pourritures s'ils avaient osé franchir les limites.
Hermione resta longtemps sous le jet d'eau brûlante. Elle n'avait pas eu une douche chaude depuis des mois. Elle s'extirpa de la douche avec lassitude, attrapant les serviettes. Chaque mouvement était douloureux. Son épaule lui faisait mal et un bleu violacé commençait à apparaitre sur son ventre. Elle enfila lentement le jogging et le t-shirt et soupira lourdement.
Le coton était doux et chaud. Une douce odeur de lessive en émanait. L'odeur de la terre n'imprégnait plus ses vêtements, ses cheveux n'étaient plus si ternes et rêches à force d'être dans la poussière. Elle se pencha sur le lavabo, observant son visage avec minutie.
Elle avait une marque qui apparaissait au cou, une plaie coupait son arcade sourcilière. Elle n'avait même pas senti ces blessures. Elle attrapa ses vêtements et son corps se remit à trembler. La chaleur de la douche l'avait aidé à calmer les soubresauts qui secouaient son corps.
Sa chemise était dans un état lamentable et son pantalon … il était traversé d'une grosse déchirure. Elle massa ses paupières, espérant empêcher les larmes de lui monter aux yeux.
Elle ouvrit la porte, sans trop savoir ce à quoi elle allait faire face.
Malefoy … Malefoy lui avait sauvé la mise cette fois, et à présent qu'elle était calmée, elle ne savait pas à quoi s'attendre avec lui. Est-ce qu'il allait lui faire plus mal encore ?
Elle referma silencieusement la porte de la salle de bain derrière elle et Malefoy releva la tête.
- Jette tes vêtements.
- C'est les seuls que j'ai …
- Jette-les, je te dis, siffla-t-il. Est-ce que tu tiens vraiment à me mettre en colère ce soir ?
Hermione serra les dents. Elle jeta ses vêtements, essuyant discrètement ses yeux un peu trop larmoyants.
- Je t'en donnerai d'autres.
Hermione hocha de la tête, s'asseyant au bord du lit, l'air prête à bondir pour se défendre à chaque instant.
- Arrête de trembler, grinça-t-il.
Un sanglot s'échappa de la gorge de Hermione qui enfouit son visage entre ses mains. Malefoy posa ses mains sur ses épaules, les forçant à interrompre leur mouvement.
- Arrête !
- Mais j'ai peur, souffla-t-elle.
- Arrête d'avoir peur alors. Je ne te ferai aucun mal, Granger, dit-il en s'efforçant d'être le plus doux possible.
Mais ce n'était pas dans ses habitudes. Ça ne l'avait jamais été, mais il devait faire un effort aujourd'hui, pour ne pas briser la petite chose fragile qui menaçait de s'effondrer juste devant lui.
Hermione releva les yeux, croisant ce regard gris orageux qui était en colère. Mais pas contre elle aujourd'hui. Elle renifla bruyamment. Il lui rappelait le Malefoy de Poudlard, pas la brute épaisse et froide qui tenait cette prison d'une main de maitre.
- Tu vas rester dormir là, dit-il en se redressant brusquement, s'arrachant à la contemplation de ce visage amochée par les coups.
- Où … où ça ?
- Ben, Granger, où est-ce que tu as mis ton gros cerveau ?
Quelque chose qui ressemblait à un rire s'échappa de la gorge de Malefoy, mais il n'était plus habitué à produire ce son. Il s'arrêta presque aussitôt.
- Dans le lit, Granger. Où d'autre ?
Mais Hermione n'esquissa pas le moindre sourire, jaugeant ce lit froid et sombre d'un œil vide.
- Et … t… ?
Elle ne finit pas. Ne pas le mettre en colère, elle avait failli oublier.
- Comme tu peux le remarquer, c'est un lit deux personnes. Tu dormiras à droite et moi à gauche, tout simplement.
Hermione essaya de sourire. L'air snob et suffisant de Malefoy aurait pu lui manquer.
Elle jaugea Malefoy d'un œil critique.
- Je ne te toucherai pas.
Hermione ne répondit rien. Elle ne savait plus à quoi s'attendre avec ce Malefoy qui avait tellement changé en quelques petites années.
Elle se glissa sous la couverture, si près du rebord qu'elle aurait pu en tomber. Malefoy l'avait remarqué et il ne put s'empêcher de ressentir l'aigreur envahir sa bouche :
- A moins que je te dégoute à ce point ?
Hermione releva la couverture sur elle, se couvrant entendant à moitié Malefoy. Les paroles puantes des deux ordures qui avaient osé la toucher envahissaient ses oreilles, couvrant la menace du Général.
- Et arrête de trembler.
Il agita sa baguette et la lumière s'éteignit. Hermione ferma les yeux, mais elle avait la sensation que des dizaines de paires d'yeux clignaient dans la pénombre et sur ses rétines, l'observant, menaçantes, murmurant des paroles effrayantes.
- Je n'ai jamais dit ça, souffla-t-elle.
- Quoi ?
- Je n'ai jamais dit que vous me dégoutiez.
Elle ignora sa gorge qui se serrait.
- Arrête de me vouvoyer, Granger. Arrête ça, siffla-t-il.
- C'est toi qui le voulais, dit Hermione d'une voix à moitié endormie. C'est toi qui tenais à ce que je t'appelle « monsieur », que je te vouvoie.
- Ne me provoque pas, gronda-t-il.
Hermione ne répondit pas.
Si susceptible … Hermione n'avait pas la force d'y faire face ce soir.
Elle s'endormit, l'esprit tourmenté.
