Bonsoir, voici le dernier chapitre ! J'espère qu'il vous plaira, les choses commencent à prendre place peu à peu !

Pour les reviews, merci à tous, ça me fait toujours autant plaisir !

Réponse aux reviews des guests :

Puerta : Merci beaucoup pour tous ces compliments, ça me fait hyper plaisir, parce que c'est vraiment ce que j'essaie de dépeindre. La déshumanisation qui apparait dans ce genre d'endroits super glauques et toutes les dérives qui en découlent.

Drou : Merci beaucoup d'abord, et ensuite, je t'avoue que je n'y avais pas encore pensé, mais que ça pourrait être quelque chose d'intéressant à explorer. Donc concernant la magie sans baguette ... je ne sais pas encore, mais c'est fort possible que cela arrive, et si ce n'est pas Hermione qui l'utilise, cela pourrait également être un autre prisonnier. A voir !

Bonne lecture !

Hermione avait repris un rythme normal de vie. Elle avait fini par se faire aux regards un peu insistants qui s'étaient faits de plus en plus rares. Ils avaient fini par oublier les circonstances qui avaient conduit à ce qu'on finisse par l'appeler « la fille à la chemise » et plus « la fille qui était amie avec Harry Potter ».

Malefoy lui avait dit que le nom sur sa chemise lui apporterait protection et Hermione ne pouvait pas dire le contraire. Si on avait arrêté de l'éviter comme la peste, on se permettait plus de la bousculer dans les rangs, et on n'envisageait plus de lui voler ses lacets. Hermione en avait tiré quelques avantages, bien qu'elle en eût un peu honte.

Hermione n'avait pas vraiment revu le Général Malefoy, qui arpentait toujours les couloirs dès la nuit tombée. Elle ne le voyait plus si souvent rodé en journée, et Hermione avait cessé de le chercher du regard. Cela avait sans doute contribuer à ce qu'on arrête de la craindre. Il n'y avait pas l'ombre de Malefoy dans son dos, cherchant à prendre quiconque s'en approchait ou l'offensait.

Tous les détenus étaient en ébullition. Hermione avait vu comme les autres le train arriver en gare, déposant sans doute une toute nouvelle collection de travailleurs potentiels. Jamais Hermione n'avait assisté à tant de bagarres, et paradoxalement, à un tel calme lors des repas. Tous les détenus cherchaient à se faire discret, à se faire oublier pour ne pas être sélectionnés.

Car chaque nouvelle arrivée signifiait surtout des départs. Des nouveaux détenus prendraient bientôt les couchettes disponibles, et d'autres quitteront les leurs pour ne plus jamais revoir le jour.

Les détenus émettaient des pronostics et des paris avaient commencé à apparaitre sur les futurs sélectionnés. C'était là l'étincelle qui déclenchait les bagarres bien souvent. Certains étaient considérés comme des candidats ayant de fortes chances d'être sélectionnés. A partir de là, d'autres cherchaient à dépouiller tous ceux qui étaient malades ou pas assez performants. Après tout, une paire de chaussures ne manquerait pas à un futur mort ? Un morceau de pain non plus. Hermione n'en avait pas cru ses yeux.

Et pourtant.

Hermione s'était faite discrète et n'avait pas approché les meneurs de paris. Elle n'était pas des plus performantes, mais Fred lui avait assuré que son nom était au plus bas. Personne ne pensait qu'elle allait être sélectionnée. Hermione n'en était pas si sûre. Ils pensaient tous que Malefoy la protégerait d'une sélection, mais elle … Elle savait qu'il n'hésiterait pas à la tuer si son humeur n'était pas des plus clémentes le jour de la sélection.

Fred, lui, avait pris plusieurs paris. C'était le meilleur moyen d'obtenir une nouvelle chemise un peu moins élimée que la sienne, des nouvelles semelles et des lacets. Hermione s'était refusée à de telles pratiques et Fred ne s'était pas privé de lui dire que c'était parce qu'elle avait le luxe de pouvoir le faire et que cela changerait dans les prochains mois, « si elle était toujours en vie ».

- Fred, tu es vraiment déprimant. Tu as bien changé, souffla-t-elle.

- C'est ce qui se passe ici. On devrait y aller. Le travail commence toujours plus tôt quand une nouvelle collection arrive.

Hermione grimaça. Elle détestait le terme de « collection ». Ils n'étaient pas des objets qui sortaient par saison et étaient vendus en soldes quelques mois plus tard.

Fred n'avait pas tort. Quelques minutes plus tard, la sirène annonçait le début du travail. Hermione eut le droit à la brouette la plus abimée cette fois-là, et grimaça. Elle aperçut Collins, un des gardiens, approché suivi de 3 hommes, tous habillés du traditionnel jeans rapiécé, chemise d'un blanc douteux dans un état lamentable.

Alors voilà les nouveaux arrivants. Deux avaient dans la trentaine, le troisième devait avoir dans les 25 ans. Tous trois avaient l'air costauds, et c'était sans doute la raison de leur survie à la première sélection. Collins leur dit quelque chose, désignant chacun des trois travailleurs qui attendaient patiemment qu'on leur donne l'ordre de commencer leur travail de leur journée.

Le plus jeune hocha de la tête alors que Collins désignait Hermione et la rejoignit. Un énorme sourire d'un blanc éclatant apparut sur le visage du jeune homme et il lui tendit la main :

- Enchanté, je m'appelle Barnabé.

Hermione resta coite une seconde. Ce garçon était bien trop enjoué, bien trop heureux pour finir dans un tel endroit. Ses cheveux bruns, qui avaient été coupés courts, faisaient de la résistance, bouclant sur son crâne, et son regard noir n'avait rien de froid. Il était chaleureux, et Hermione se prit à lui rendre son sourire.

- Enchanté, répondit-elle finalement en lui serrant la main.

- Alors c'est toi qui vas m'apprendre ma mission ? dit-il en regardant la brouette de Hermione. Quelque chose me dit que ça ne va pas prendre bien longtemps.

Il rit de bon cœur et Hermione le regarda avec ahurissement. Comment pouvait-il être si heureux alors qu'il venait de débarquer dans la pire prison du pays ?

- Est-ce que tu es sûr de savoir où tu viens d'atterrir, Barnabé ? demanda-t-elle avec un froncement de sourcils.

- Oh oui, mais je n'ai pas la moindre envie de ruminer à ce propos. Alors, où est-ce que je récupère ma brouette ?

Hermione lui désigna le hangar et lui apprit tous les filons du métier. Elle lui rappela de venir le plus tôt possible pour avoir une brouette pas trop abimé s'il voulait éviter d'avoir les mains irritées et éraflées, qu'il risquait une infection s'il ne prenait pas garde à bien se nettoyer les mains dès qu'il le pouvait. Elle lui conseilla de trouver quelques vieilles paires de chaussettes pour se protéger les mains. A vrai dire, elle lui donna tous les conseils qu'on lui avait donné lors de son arrivée et même quelques-uns de son invention.

Hermione était heureuse de voir de nouveaux visages, qui n'avaient pas encore les joues creusées ni le regard terne et terrifié. La joie de Barnabé lui apportait un nouveau souffle. Il l'avait suivi dans son travail toute la journée alors que Hermione lui montrait tout ce qu'il avait besoin de savoir. Il avait écouté avec attention et Hermione avait oublié à quel point elle aimait discerner son savoir et son élève était des plus attentifs. Elle en oubliait presque qu'elle n'était qu'une sang de bourbe dans une prison de sangs de bourbe.

Barnabé était agréable et ne manquait pas de conversation. Pour tout dire, il ne se taisait jamais. Sans doute parce qu'il avait encore l'énergie pour cela. Ce n'était pas le cas de tous ceux qui étaient là depuis plusieurs mois.

Hermione lui proposa de diner avec elle et Fred, et le garçon accepta avec un sourire gigantesque. Elle fronça les sourcils. Elle n'était vraiment plus habituée à ce genre de comportements.

- Je n'ai fui que pendant 4 mois, expliquait Barnabé alors que Fred et Hermione mangeaient leur gruau. Mais les rafleurs sur lesquels je suis tombé n'ont pas trop aimé quelques sortilèges que je leur ai envoyé. Alors sur le formulaire, ils ont dû spécifier que j'avais fui pendant un an et demi pour qu'on m'envoie ici. Autant dire que j'ai moins ri quand on me l'a annoncé.

- Pas de chance, dit Fred. Tes chances de survie ont été divisé par 4.

Hermione leva silencieusement les yeux au ciel. Elle espérait secrètement que Barnabé réussirait à rapporter sa joie de vivre à Fred. Il était si malheureux, l'ombre de lui-même sans son frère, Hermione aurait aimé qu'il retrouve au moins un peu le sourire.

- Je suis catégorie 8, dit-il en jetant un œil à son tatouage tout frais sur son bras. Il parait que c'est pas mal.

- C'est même très bien, mais même les plus robustes sont sujets à une pneumonie fulgurante l'hiver. Tu ne seras peut-être plus là pour voir le printemps.

- Je ne m'inquiète pas trop, j'ai un système immunitaire très performant, dit-il avec un grand sourire.

- Ne l'écoute pas, dit Hermione avec un petit rire. La vie est loin d'être agréable, mais le tout c'est de survivre jusqu'à ce qu'on puisse s'en sortir, pas vrai ?

Fred eut un mouvement de recul si violent que même Hermione le regarda d'un air inquiet.

- Ne dis jamais ça ici, Hermione, dit-il durement. Tu veux nous faire tuer ?

- Je n'ai rien dit de méchant, dit-elle avec ahurissement.

- J'espère que tu plaisantes, parler de … sortir d'ici, dit-il tout bas, c'est de l'insubordination. Voir de l'insurrection. Si un garde te prend à parler de ça, c'est un aller simple pour les chambres.

Hermione se tut. Elle connaissait la susceptibilité des gardes. Fred n'exagérait sans doute pas. Elle suivit le conseil de Fred et n'aborda plus l'idée d'une éventuelle libération. Chacun retourna à sa cellule après le repas, Barnabé la salua d'un grand geste de la main qu'elle lui rendit avec un sourire.

Ce garçon était exubérant, complètement décalé dans l'ambiance glauque et malsaine de cette prison. Il était comme une tâche colorée sur un fond en noir et blanc. Hermione eut du mal à se départir de son sourire, et se rendit aux douches avec une bonne humeur habituelle.

Elle n'était pas fatiguée aujourd'hui, elle n'avait pas faim. C'était comme si son corps n'avait réclamé qu'un peu de joie et de bonne humeur pour se remettre d'aplomb. Son énergie avait été au plus bas depuis plusieurs semaines et ce jour-là, pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait bien. Elle en oubliait sa condition, oubliait qu'elle était prisonnière de ces murs gris et ternes, que chaque garde qu'elle croisait n'attendait qu'une chose, lui jeter un sortilège doloris.

Elle n'avait pas eu froid de la journée malgré cette fin d'octobre qui faisait sentir le début de l'hiver qui approchait. Les vêtements de Malefoy étaient bien plus chauds que les guenilles qu'elle portait auparavant, et elle avait la chance d'être plus couverte que les autres.

L'eau gelée des douches passa un peu sa bonne humeur, mais était tout de même bien plus enjouée que la veille. Hermione se brossa les dents vigoureusement, pensive et cracha dans l'évier. Elle se fit le plus beau sourire dont elle était capable, observant son reflet dans le miroir.

Elle aimait croire que son regard était aussi pétillant qu'autre fois, qu'elle n'arborait pas cet air abattu que tous les détenus avaient. Elle ne voulait pas avoir le même regard, sans vie, plein de douleur qui n'exprimait qu'une chose : mourir pour ne plus subir la faim, le froid, les mauvais traitements, et le travail excessif.

- C'est à cause de ton nouveau petit-copain ce sourire ?

Malefoy venait d'entrer dans la salle des douches, cet endroit qui lui devenait de plus en plus familier. Le visage fermé, le regard dur et inexpressif, il attendait qu'elle lui réponde. Hermione se refusa à faire disparaitre ce petit sourire qui flottait sur son visage. Elle se sentait bien pour la première fois depuis longtemps, elle ne le laisserait pas tout ruiner.

- Non pas du tout, répondit-elle en se tournant vers lui. C'est simplement qu'aujourd'hui, je n'ai pas faim, ni froid. C'est une bonne journée.

- Alors tu t'es dit que c'était le bon moment pour venir aux douches te foutre à poil en prenant le risque que ce gars vienne ? Ça ne t'a pas servi de leçon la dernière fois ?

Le sourire de Hermione s'effaça. Elle avait tort, Malefoy était tout à fait capable de ruiner sa joie. Il était visiblement d'une humeur massacrante et avait bien décidé de le faire payer à Hermione.

Malefoy se rapprocha passant une main dans les cheveux humides de Hermione avec un œil critique, comme dégouté. Ces cheveux avaient repoussé. Un peu.

Elle le regarda, ayant une soudaine envie de vomir.

- Est-ce que tu tiens à te faire violer, Granger ?

Il planta son regard orageux dans le sien blessé.

- Pourquoi tu me dis ça, Malefoy ? dit-elle en éloignant sa main de ses cheveux. Pourquoi tu cherches absolument à me faire du mal ?

- Parce que tu me donnes l'impression d'en redemander, cracha-t-il. Je te sauve la mise une fois, et la meilleure idée que tu aies, c'est de te jeter sur ce sang de bourbe.

- Et qu'est-ce que ça peut bien te faire, hein ? Je n'aurais que ce que je mérite, n'est-ce pas ? Ce n'est pas ce que tu penses des gens comme moi ? On mérite tout le malheur du monde, alors réjouis-toi.

Hermione le contourna, cherchant à fuir cette pièce dans laquelle l'atmosphère était devenue trop lourde. Mais Malefoy la retint par le poignet.

- Ne me parle pas comme ça, Granger. Ce n'est pas parce que je t'ai donné certaines permissions que tu peux me parler comme à un chien.

Son ton était menaçant, son regard plus sombre que jamais et Hermione ne se risqua pas à répondre, le fusillant du regard.

Il avait tout gâché. Elle qui avait passé une merveilleuse journée ne garderait que le souvenir de cette altercation aux douches, avec un Malefoy en colère, qui lui reprochait de provoquer les hommes, de provoquer son propre malheur.

- Je ferais mieux de retourner dans ma cellule. Avant le couvre-feu, dit-elle en tirant sur son poignet.

- Ne t'enfuis pas comme ça, siffla-t-il.

- Je ne voudrais pas être un appel au viol en trainant dans les couloirs alors que je n'ai pas de raison d'y être, monsieur.

Dardant son regard dans le sien, elle était certaine que son insubordination ne lui plairait pas, mais la joie de Barnabé l'avait revigoré, lui donnant des ailes, lui donnant un courage qu'elle n'aurait pas eu habituellement.

Quelque chose passa dans le regard de Malefoy.

- Ne joue pas à ça avec moi, gronda-t-il.

Son regard s'était assombri, mais Hermione ne baissa pas les yeux malgré sa terrible envie de le faire. Elle ne pouvait s'empêcher de chercher quelque chose dans ce regard bleu-gris, mais il n'y avait rien d'autre que la colère et la rage, comme d'habitude. Il n'y avait rien de bon qui ressortait de Drago Malefoy. Depuis son plus jeune âge, son âme était pourrie. Hermione devait se faire une raison.

Ne fais pas ci, ne fais pas ça, c'étaient les seuls mots qu'il avait en bouche constamment. Il était incapable de converser, de discuter. Il ne pouvait que donner des ordres, maintenir le contrôle sur tout ce qui l'entourait, poser des barrières tout autour de lui, empêcher quiconque de fleurir à ses côtés. Il n'y avait que la pourriture et la mort qui pouvaient subsister à ses côtés.

- Tu me fais mal, dit-elle en sentant le sang s'échapper de sa main.

Sa prise se relâcha, comme s'il revenait brusquement à la réalité.

- Tu n'as plus besoin de moi maintenant que tu as eu tes vêtements chauds et un nouveau copain, cracha-t-il.

Il la bouscula brusquement.

- Cours le retrouver alors, sang de bourbe.

Hermione ignora le douloureux pincement au cœur qu'elle ressentit et tourna les talons.

Malefoy était vraiment un malade, il n'y avait pas d'autres explications.

- Et ne viens pas te plaindre quand il te violera, tonna-t-il dans le couloir.

Hermione se retourna brusquement vers lui :

- C'est bas, même pour toi, Malefoy. Vraiment bas.

Et Hermione comme Malefoy se sentirent à Poudlard à ce moment précis, lorsqu'elle osa le jauger de toute sa bien pensance de Gryffondor alors que Malefoy usait de toute sa fourberie et méchanceté pour lui faire du mal. Malefoy put presque imaginer les murs de pierre chaleureux de Poudlard autour d'eux, Granger parcourant ces mêmes couloirs, les bras portant une dizaine d'ouvrages plus épais les uns que les autres, entourés de ces foutus amis de toujours.

La colère explosa en lui, mais quand il fut rappelé à la réalité, Granger avait déjà disparu, rejoignant sans doute les murs protecteurs de sa cellule en espérant qu'il ne viendrait pas la chercher pour lui infliger un sortilège de doloris.

Hermione, le cœur meurtri, eut bien du mal à s'endormir. Il y avait bien que Malefoy pour lui faire si mal, taper là où il fallait pour infliger un maximum de dégâts. La gorge serrée, elle essayait de se sortir le blond de la tête mais elle en était incapable.

Il la rendait folle. Il était si méchant avec elle et pourtant, il l'avait aidé ce soir-là. Il lui avait permis de dormir dans son lit. Hermione savait que cela représentait beaucoup pour lui, le sang pur qui haïssait les sangs de bourbe comme elle.

Hermione passa une nuit terrible, emplie de cauchemars, tantôt peuplé par un Malefoy violent, tantôt par un Barnabé qui cherchait à lui faire des choses dont elle n'avait pas la moindre envie. Malefoy avait réussi à son coup. Elle ne réussit pas à servir son plus beau sourire à Barnabé le lendemain matin.

Si Malefoy avait pour objectif de ternir ces journées, il avait réussi avec brio. Il avait tout ruiné encore une fois. Hermione n'aurait pas le droit au moindre répit, pas le droit à la moindre once de paix et de bonheur, pas un seul instant. Jusqu'à ce que mort s'en suive.