Bonsoiiiir à tous, voici le nouveau chapitre !
Concernant les réponses aux reviews, comme d'habitude je réponds en privé pour ceux qui ont un compte , pour les anonymes :
Drou : Ahah, peut-être ou peut-être pas, je ne peux pas dévoiler la fin !
Puerta : Oui, Malefoy s'ouvre peu à peu à Hermione mais le chemin est encore long...
Bonne lecture à tous, encore une fois n'hésitez pas à me faire part de vos impressions sur ce chapitre !
Hermione filait une vie parfaitement tranquille et presque sans soucis depuis plusieurs semaines. Le mois de novembre était bien entamé et le froid était bien la seule tâche au tableau pour l'instant. Elle n'avait pas reçu de doloris depuis ce qui lui semblait être une éternité, ses vêtements étaient toujours en bon état et ses pieds ne la faisaient plus souffrir maintenant qu'elle travaillait aux archives.
Elle ne souffrait du froid qu'une fois le soir venu lorsqu'elle devait retourner dans sa couchette venteuse. Elle détestait entendre le vent siffler dans les oreilles et ses couvertures n'étaient vraiment pas assez épaisses pour la protéger du froid glacial. Parfois, elle se réveillait au milieu de la nuit tant elle avait froid et elle était bien incapable de dormir.
Alors parfois c'était difficile de rester éveiller lors de sa journée de travail, alors qu'elle était bercée par la douce chaleur des archives. Elle aurait bien piqué un petit somme mais elle avait bien trop peur de se faire prendre par un gardien qui passerait par là pour déposer de nouveaux dossiers.
Elle ferma les yeux une seconde, et soupira lourdement. Son corps était fatigué à cause du manque de sommeil et elle se prit à se rappeler de sa dernière nuit passée dans un lit, au chaud derrière 4 murs épais. Si ce n'était pas des circonstances si terribles qu'il l'avait conduit dans le lit de Malefoy, elle en aurait gardé un bon souvenir.
Cela faisait maintenant trois semaines que cela s'était passé et Hermione y pensait chaque jour. Il n'y avait pas un jour où elle ne cherchait pas les visages de ces bourreaux dans la foule qui envahissait le réfectoire à chaque repas. Il n'y avait pas une fois où elle n'avait pas ressenti l'angoisse se saisir d'elle lorsqu'elle arrivait à un angle de couloir, toujours effrayée à l'idée de tomber face à eux alors qu'elle était seule et sans défense.
Elle n'avait pas osé poser la moindre question à Malefoy, mais Fred lui avait dit qu'elle n'avait pas d'idée à se faire. Ils étaient probablement morts dans de terribles souffrances. Hermione avait décidé de ne pas poser la question à Malefoy, pas certaine de pouvoir gérer la réponse qu'elle recevrait de sa part et la réaction de celui-ci face à une telle question.
- Salut, la miss ! scanda Barnabé qui venait d'arriver au réfectoire en passant un bras par-dessus son épaule.
Hermione lui sourit malgré l'affreux surnom que lui avait donné Barnabé. Elle n'aimait pas être appelée ainsi mais il était si gentil, si drôle, elle pouvait bien lui pardonner ce petit écart.
- N'est-ce pas une belle journée ? Le ciel n'a jamais eu l'air si bleu. C'est peut-être l'effet d'avoir survécu à une sélection, dit-il avec un large sourire.
- Tu n'aurais même pas pu être sélectionné, Barnabé, le contra Fred. Tu es un nouveau, tu ne risquais rien du tout.
- Mais vous oui, et mes codétenus préférés sont toujours en vie !
Il donna un petit coup dans l'épaule de Fred qui grimaça. Parfois le rouquin avait dû mal avec l'exubérance de Barnabé et Hermione avait bien du mal à se retenir de rire en voyant l'air contrit de Fred. Fut un temps, c'était lui le rigolo qui embêtait tout le monde.
Hermione aperçut Malefoy qui entrait dans le réfectoire. Aussitôt, les voix descendirent de quelques tons, au point de n'être plus qu'un vague murmure. Hermione s'écarta un peu de Barnabé sans que celui-ci n'en remarque rien.
Malefoy avait été clair, elle se rappelait bien son conseil. Il n'aimait pas la voir autour de Barnabé. N'ayant pas la moindre envie de mourir prématurément ni que Barnabé subisse les foudres de Malefoy par sa faute, Hermione avait agi en conséquence. Elle s'assurait que Barnabé n'était jamais trop tactile lorsque Malefoy rodait dans les couloirs, c'est-à-dire, très souvent.
Elle avait repoussé plus d'une fois le bras trop imposant de Barnabé sur son épaule, avait tapé le moins souvent dans sa main levée.
Malefoy balaya le réfectoire du regard et Hermione croisa son regard. Il jaugea un instant Barnabé qui discutait avec Fred et Hermione s'enfonça dans son bol pour éviter ce regard inquisiteur.
Le cœur de Hermione battait la chamade dans sa poitrine. Elle se rappelait l'étrange conversation qu'elle avait eu avec le Général dehors, loin des regards. Elle n'avait pas réussi à le cerner. Il ne voulait pas la voir approcher Barnabé et Hermione se demandait bien pourquoi. Elle n'aimait pas cette façon qu'il avait de vouloir contrôler le moindre de ses faits et gestes, n'acceptant pas qu'elle puisse nouer des liens avec quiconque.
Hermione avait bien une idée de ce qui pouvait bien le motiver à agir ainsi. Il avait toujours eu à cœur de faire de sa vie un enfer sur Terre. Voir Hermione se réjouir, être heureuse aux côtés de Barnabé, ça devait le mettre hors de lui. Maniaque du contrôle comme il était, il ne devait pas apprécier qu'elle puisse échapper à son influence destructrice.
Malefoy était vraiment détraqué. C'était bien l'une des choses dont elle était certaine.
Hermione rejoignit son poste de travail avec l'idée d'appliquer son nouveau modèle de classement dès aujourd'hui. Elle avait fini par récupérer son retard et à présent, il n'y avait plus un seul dossier qui trainait sur son bureau. Hermione avait trouvé quelques cartons rigides et s'était décidée à créer des bannettes pour que les gardes puissent déposer leurs dossiers selon son type.
Elle fouilla dans son tiroir et en tira un rouleau de scotch. Elle bricola ses cartons et 3 belles bannettes à l'aspect peu solides furent déposer sur un coin de son bureau. Elle attrapa une plume et écrivit sur une feuille volante : « Veuillez déposer vos documents dans la bannette appropriée svp ».
Alors quand Malefoy eut une pile suffisamment importantes de dossiers sur son bureau, il se rendit lui-même aux archives, épargnant cette corvée à son assistant qui n'était pas des plus débrouillards. Lorsqu'il aperçut le petit écriteau scotché au bureau, il ne put retenir un ricanement.
Elle ne manquait pas de toupet. Lâchez-la dans un endroit qui sent le vieux papier, et Hermione Granger prendra ses aises jusqu'à faire de cette pièce son territoire. Il chercha la dénommée du regard à travers les rangées de meubles classeurs. Il pouvait entendre du scotch déroulé, mais il ne la voyait pas.
Il lâcha bruyamment ses dossiers sur le bureau et aussitôt, il aperçut la tête aux cheveux ébouriffés apparaitre à l'angle d'un rayon. Granger sembla surprise de le voir un instant. Hermione rejoignit son bureau avec un air courroucé.
Malefoy ne pouvait-il donc pas lire l'écriteau comme tout le monde ? Tous les autres gardes s'y étaient conformés toute la journée, mais le Général lui, ne prenait pas cette peine !
Elle désigna la feuille de l'index avec un air circonspect.
- Tu ne sais pas lire, Malefoy ?
Malefoy, qui se sentait plutôt de bonne humeur, c'est-à-dire, pas en colère, perdit aussitôt son engouement. Il avait envie de lui casser tous les doigts à ce moment précis. Il fronça les sourcils, fusillant du regard la Gryffondor quand il aperçut le sourire qui jouait sur les lèvres de celle-ci.
Elle plaisantait. Encore une fois.
- Je ne vais quand même pas faire ton travail à ta place.
Hermione rit un peu.
Elle n'aurait pas cru qu'elle trouverait que ce ton snob et trainant, drôle.
Cela faisait un bout de temps qu'elle n'avait pas vu Malefoy en tête à tête. Il n'était pas venu à sa rencontre avant le couvre-feu. Hermione ne l'avait pas remarqué avant. Elle le détailla du regard. Il était toujours aussi parfaitement habillé. Il n'y avait pas une mèche de cheveux qui allait de travers. Sa peau pâle était parfaite. Son regard gris métallique ne semblait pas annoncé la moindre colère à l'horizon.
Elle tria rapidement les dossiers qu'elle répartit dans les bannettes, un peu distraite.
- Est-ce que … ça va pour toi, Malefoy ?
Celui-ci un peu surpris fronça les sourcils. Cette question était vraiment étrange.
- Pourquoi cette question ? demanda-t-il sur la défensive.
- Eh bien … on n'a pas discuté depuis longtemps. D'habitude on se voit plus régulièrement, alors je demande si tout va bien, expliqua-t-elle lentement.
Il fronça plus encore les sourcils.
- Enfin, ça a l'air d'aller, ajouta-t-elle, gênée par le silence. Ou peut-être pas, je ne sais pas. Après tout, tu ne montres jamais ce que tu ressens, alors c'est difficile à dire. Donc je préfère demander. Tu comprends ?
Malefoy cligna des yeux, la regardant un instant sans avoir la moindre idée de la réponse qu'il pourrait donner. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle s'intéresse de près ou de loin à son état d'esprit. Granger l'avait toujours détesté, l'avait toujours rejeté aussi durement qu'elle le pouvait, même ici, dans cette prison.
Elle et ses deux copains s'étaient toujours fait un malin plaisir de s'assurer qu'il n'irait pas bien, alors pourquoi s'en inquiéter à présent ?
- Oui. Ça va, dit-il finalement. C'est très délicat de ta part de le demander. Même si je me doute que tu n'en as pas vraiment quelque chose à faire.
- Si je te le demande, c'est que ça m'intéresse, dit-elle avec un froncement de sourcils.
- Oh je t'en prie, Granger. Ne te moque pas de moi. Tu me détestes depuis toujours et je doute que les choses aillent en s'améliorant dans cet endroit.
Hermione ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit.
A vrai dire, Malefoy soulevait un point important. Elle ne s'était pas posé la question, et la réponse était la plus évidente était « oui, je te déteste. ». Après tout, il avait fait de sa vie un enfer dès tout petit et il continuait. Elle l'avait toujours eu en horreur, sa simple chevelure au détour d'un couloir suffisant à la mettre hors d'elle. Mais maintenant qu'elle y pensait …
Elle ne l'appréciait pas. Hermione n'aurait pas pu dire le contraire. Il lui en faisait toujours voir de toutes les couleurs dans cette prison où on l'achevait à petit feu. Il avait tatoué son nom à même la peau de Hermione, il lui avait jeté le sortilège de douleur (plusieurs fois), avait menacé de lui couper un doigt, de lui faire du mal, de la faire exécuter.
Hermione aurait pu faire une liste longue comme le bras des horreurs qu'il lui avait fait subir en deux mois.
Toutefois, il l'avait sauvé de quelque chose de terrible. Et Hermione avait beau mettre en balance tout ce qu'elle avait subi par sa faute, elle ne pouvait pas le détester. Il l'avait sauvé. Elle n'aurait osé imaginer l'état dans lequel elle serait aujourd'hui si l'irréparable s'était produit.
- Je ne te déteste pas, dit-elle finalement en attrapant une des trois piles de dossiers qu'elle avait formées.
Hermione traversa les rayons pour y glisser les dossiers un à un.
- Ne me mens pas, sang de bourbe. Je t'ai déjà dit que je n'aimais pas ça.
- Je ne mens pas, soupira-t-elle avec irritation. Ce n'est pas ma faute si tu n'es pas capable d'accepter qu'on puisse ressentir autre chose que de la haine pour toi.
- Parle-moi autrement. N'oublie pas où tu es.
Hermione retint un soupir. Malefoy ressentait toujours le besoin de remettre les choses à leur place. Il ne supportait pas qu'elle puisse s'introduire un tant soit peu dans sa tête. Hermione avait pitié de lui. Garder le contrôle constamment devait être épuisant. Il n'y avait aucune place à l'imprévisible dans son monde, aucune place pour la confiance. Il n'y avait que la méfiance, l'humiliation pour s'assurer qu'on n'aurait pas idée de lui planter un poignard dans le dos et la vengeance.
Alors quand Hermione prenait ses « aises », du moins selon la définition de Malefoy, il reculait de 4 mètres, s'assurant qu'elle ne pourrait pas entrevoir quoique ce soit en lui.
- Excuse-toi.
Hermione ne protesta pas. Elle n'avait pas envie d'entrer dans une bataille qu'elle perdrait de toute façon.
- Je suis désolée, Malefoy.
- Evite les questions la prochaine fois ; ça ne te réussit pas, dit-il froidement.
Sans laisser le temps à Hermione de répondre, il quitta les archives laissant Hermione seule avec ses pensées. Elle soupira lourdement.
Elle aurait aimé, ne serait-ce que 10 minutes, que Malefoy ne soit pas si indéchiffrable et si compliqué. 10 minutes où elle pourrait simplement poser une question et en obtenir la réponse sans passer dans un ascenseur émotionnel qui passait de « je vais mourir ce soir parce que je l'ai mis en colère » à « il a souri, je crois qu'il a trouvé ça drôle ».
Hermione ne passa pas la soirée avec Barnabé comme à son habitude. Elle était épuisée, alors elle rejoignit sa cellule. Elle n'était pas allée à la douche depuis deux jours, mais elle ne se sentait pas d'humeur à affronter l'eau glaciale, alors ça attendrait le lendemain.
Malefoy avait raison, au moins aux archives, elle n'était pas poussiéreuse et terreuse. La douche se faisait moins nécessaire.
- Il est venu te voir ?
Elle était tellement plongée dans ses pensées qu'elle sursauta en entendant la voix de Fred.
- Qui ?
- Tu sais qui.
Hermione soupira lourdement. Elle connaissait l'avis de Fred sur la question, il n'approuvait pas sa façon de parler à Malefoy, de le pousser dans ses retranchements, de le titiller. Mais Hermione n'avait pas l'impression de faire tout ça. Elle n'avait pas l'impression de bousculer Malefoy, de le pousser à revenir vers elle.
C'était lui qui venait, qui la menaçait.
- Oui.
- C'est lui qui a demandé ta réaffectation ?
- Oui.
- Il ne t'a pas fait de mal ?
- Non.
Un silence retomba entre eux l'espace de quelques minutes.
- Je ne le cherche pas, Fred.
- Je sais. Mais…
La tête de Fred apparut soudainement au bout de son lit, l'observant, songeur.
- Tu ne trouves pas ça bizarre ?
Il jeta un coup d'œil derrière lui. Il n'y avait pas souvent des gardes qui trainaient dans les couloirs avant le couvre-feu, tous occupé à manger.
- Peut-être un peu, mais il a toujours été un peu étrange. Encore plus ici.
- Mais encore plus avec toi, insiste Fred.
Hermione ne répondit pas. Fred soulevait un point important mais Hermione n'avait pas envie d'y penser ni d'y réfléchir. Et surtout pas de se confronter à une quelconque réponse.
C'était bien l'une des premières fois que Hermione n'avait pas envie de faire fonctionner son cerveau.
Fred finit par abandonner l'idée de la faire parler, de lui tirer les vers du nez. Avec un soupir fatigué, il était retourné dans sa couchette et avait laissé Hermione seule avec ses questionnements, avec ses peurs et ses angoisses. Elle était si perturbée, qu'elle en oublia le couvre-feu et sursauta violemment en entendant les sirènes annonçant la fermeture des portes.
D'un seul mouvement, les grilles de toutes les cellules se fermèrent. Hermione était épuisée, mais elle avait beau essayé de s'endormir, elle en était incapable. La voix de Fred la hantait.
« Tu ne trouves pas ça bizarre ? »
Pourquoi est-ce que ce serait bizarre ? Serait-ce si surprenant que Malefoy la surveille simplement parce qu'elle était Hermione Granger, l'amie du Survivant, l'ennemi numéro 1 de Voldemort qui était à présent disparu. Il l'avait détesté toute sa vie, il n'y avait pas de raison que ça ne continue pas.
Elle se retourna avec irritation dans sa couchette inconfortable, cherchant une position qui l'aiderait à s'endormir. Sans succès.
Le regard perdu quelque part dans le couloir sombre, le silence se faisait de plus en plus imperturbable. Il n'y avait plus de toux ou d'éternuement pour le perturber, les détenus s'endormaient, épuisés par leur journée. Elle pouvait entendre un jeu de clés teinté à la ceinture d'un gardien au rythme de ses pas.
Oui, Malefoy ne la titillait qu'en souvenir du « bon vieux temps », de l'époque de Poudlard, quand ils se chamaillaient à longueur de journée. C'était peut-être sa façon de quitter ce monde affreux qu'était la prison, sa façon de se rappeler l'époque où son cœur n'était pas un gigantesque glaçon. Ou du moins, à l'époque où il était un peu moins froid.
Une matraque raisonna contre une porte à barreaux de cellule. Sans doute un détenu qui ronflait trop fort et qui était réprimandé. Hermione entendit des bruits de pas au loin. Ça venait des quartiers des officiers. Aucun gardien ne venait jamais par là le soir venu. Une seule personne empruntait ce couloir, le Général en personne.
Hermione se rapprocha un peu de la grille qui la séparait du couloir et plissa les yeux. Il ne fallut qu'une minute pour qu'elle aperçoive la chevelure d'un blond presque blanc de Malefoy. Toujours vêtu de son éternel uniforme militaire. Adieu les tenues hors de prix et raffinées de l'époque de Poudlard, bonjour rigueur militaire.
Peut-être que Fred avait raison, que son attention toute particulière pour Hermione était étrange et déplacée. Peut-être qu'il ne se remémorait pas le bon vieux temps quand il la malmenait.
Le regard de Malefoy survola chacune des cellules pour s'arrêter sur celle de Hermione. Elle croisa son regard d'acier, indéchiffrable et neutre ce soir-là. Il ne s'arrêta pas, ne dit pas un mot, ne fit pas un mouvement vers elle, continuant sa ronde quotidienne.
Ou bien il était comme elle. Elle ne le détestait pas et ne l'aimait pas. Peut-être qu'il était comme elle. Il ne la détestait pas et ne l'aimait pas.
Ils étaient dans un entre-deux, dans un monde auxquels aucun d'eux n'appartient, un monde qu'ils empruntent pour définir cette relation si étrange qui les définit. Une relation sans haine et sans amour, une relation qui rappelle à l'autre qu'il est en vie, qu'il n'y a pas que ces murs gris et ternes.
L'un rappelait à l'autre qu'il n'était pas qu'une sang de bourbe emprisonnée dans une prison affreuse et qu'il n'était pas qu'un sang-pur à la botte de Voldemort sans la moindre liberté, la corde au cou qui menace de se resserrer à chaque instant.
Il disparut au coin du couloir.
Oui. C'était ça qu'ils étaient l'un pour l'autre. Elle en était certaine.
Il était ce qui recollait les morceaux de son cœur brisé par les horreurs qu'elle avait déjà vécu. La mort de son meilleur ami, la fuite du second, l'extinction des gens comme elle. Et elle était ce qui lui rappelait qu'il n'était pas qu'un cœur emmuraillé, un cœur de fer sans aucun sentiment. Elle lui rappelait ce que c'était que d'être vivant, de ressentir.
Ils se rappelaient Poudlard. Leur maison.
