Salut ! Voici le dernier chapitre qui s'est un peu fait attendre, je vous l'accorde ! Comme d'habitude je réponds aux reviews en privé sauf pour les guests à qui je réponds dans le chapitre bien sûr ! N'hésitez pas à me faire part de vos impressions sur ce chapitre !

Miss Siera : Malefoy devient un petit coeur fragile peu à peu, effectivement, ahah ! J'essaie vraiment d'instaurer un climat un peu glauque, j'espère que c'est réussi...

Ivy : Merci beaucoup pour ces compliments, j'essaie vraiment de m'appliquer au mieux au niveau de l'écriture ! Concernant la fin ..., je ne suis pas vraiment une adepte des fins tristes !

Drou : Salut, effectivement, une bonne partie de l'intrigue se passera dans la prison. Il y aura un tournant, bien sûr, mais pas avant le chapitre 20 (au moins) ! La vie doit vraiment être lente et misérable pour Hermione, à mes yeux, c'est l'ambiance qui devrait régner dans ce genre d'endroit, je pense. J'espère que la suite te plaira malgré le cadre !

Merci à Guest !

Bonne lecture à tous !

Hermione regardait avec inquiétude Barnabé. Il était vraiment dans un état lamentable. Le dos courbé, un œil gonflé et une lèvre fendue, il tendait de garder son sourire mais la douleur le lui arrachait à chaque mouvement un peu trop osé.

- Tu es sûr que ça va, Barnabé ? s'inquiéta Hermione avec un froncement de sourcils.

Un gardien l'avait passé à tabac et il avait reçu 4 doloris d'après ses dires. Il avait l'air pâle et Hermione n'aurait pas été surprise qu'il vomisse dans son bol de gruau.

Elle n'aurait sans doute pas pu faire la différence entre la bouillasse qu'on leur servait et le vomi d'ailleurs.

- Oui, ça va aller. La prochaine fois, j'éviterais d'être un peu trop enjoué avec l'un d'eux, dit-il en pressant un morceau de sa chemise contre sa lèvre qui saignait abondamment.

- Quelle idée aussi, soupira Fred. Tu crois qu'ils ont envie de rire à tes blagues ? Ils ne rêvent que d'une chose : te tomber sur le coin de la figure et tu leur as donné une excuse toute trouvée !

- Ils n'ont pas besoin de la moindre excuse pour nous tomber dessus, dit Hermione avec un regard entendu.

Elle n'avait pas tort.

Barnabé n'eut pas le courage de passer la soirée avec elle. Elle l'accompagna jusqu'à sa cellule, l'aidant à se glisser dans sa couchette qui était à ras du sol, bien heureusement pour lui. Hermione lui souhaita bonne nuit et rejoignit la salle de douches sur un « à demain, la miss ». Qu'elle détestait ce surnom…

- Pourquoi je continue de te voir fourrée avec lui à longueur de journée ?

Voilà longtemps qu'il n'était pas venu la trouver en traitre dans la salle des douches. Elle n'avait même pas eu le temps de se brosser les dents, il était déjà, les bras croisés dans l'encadrement de la porte. Il devait sans doute attendre qu'elle arrive, Hermione en était certaine.

- C'est mon ami.

- Ce n'est pas ton ami, ce n'est qu'un pauvre mec qui ne cherche qu'une chose, et tu sais très bien laquelle.

- Tu te trompes. Il n'a jamais rien tenté, insista Hermione en tartinant sa brosse à dents d'une pâte douteuse qui était censée être du dentifrice.

Malefoy s'avança, les sourcils froncés, l'air excédé.

- En plus, il t'appelle « la miss ». Franchement, je ne savais même pas que c'était possible d'être aussi lourd.

Hermione se pencha juste à temps, crachant son dentifrice dans l'évier, éclatant de rire. Malefoy recula d'un pas, surpris par ce soudain élan.

Elle avait du mal à contenir ce fou rire. Elle n'avait pas la moindre idée de comment Malefoy avait réussi à entendre Barnabé l'appeler ainsi.

- Personne n'est parfait, j'imagine, rit-elle.

Malefoy ne répondit rien, l'observant comme il ne l'avait jamais fait. Ça devait bien être la première fois qu'il l'entendait rire. Ou du moins qu'il l'entendait rire parce qu'il avait été drôle. Son visage s'était illuminé l'espace de quelques secondes. Elle l'avait trouvé hilarant.

Hermione cracha dans l'évier et se rinça la bouche. Elle croisa le regard bizarre de Malefoy dans le miroir et elle se retourna.

- Qu'est-ce qu'il y a ? dit-elle avec un froncement de sourcils.

Il ne répondit rien, l'air de réfléchir. Hermione ouvrit le robinet et passa de l'eau sur son visage en frissonnant. L'eau était vraiment glaciale, elle ne se sentait pas d'imposer à son corps tout entier ce froid.

- Tu ne devrais pas te doucher ici. C'est le meilleur moyen d'attraper une pneumonie et d'en mourir.

- De toute façon, si ce n'est pas l'eau gelée, ce sera le froid de la cellule…

- Viens dormir avec moi cette nuit, Granger.

Si Hermione n'était pas cramponnée au lavabo, elle serait sans doute tombée à la renverse. Incapable de cacher son air ahuri, elle se retourna vers le Général Malefoy. Elle avait dû mal comprendre.

- Quoi ?

- Tu as très bien entendu, siffla-t-il en reculant d'un pas comme s'il n'y avait pas assez d'espace entre eux. Ne prends pas cet air dégouté.

- Je n'ai pas d'air dégouté, Malefoy. Je suis juste … c'est inattendu de ta part.

Malefoy ne répondit rien, les dents serrées, regrettant déjà cette proposition ridicule. Les mots lui avaient échappé avant même qu'il s'en rende compte et il en était mortifié. Qu'est-ce qui lui avait pris d'inviter une sang de bourbe dans son lit ?

- Tu es sûr ? Si jamais je ne suis pas dans ma cellule la nuit…Il va y avoir des rumeurs.

- Je suis du genre à prêter attention à ce qui se dit, Granger ?

Mais pourquoi insistait-il ? Alors qu'il regrettait déjà sa première proposition ? Pourquoi continuait-il de s'enfoncer ? Elle allait finir par se poser des questions, cette foutue Gryffondor qui ne cessait jamais de s'interroger. Et puis, il savait ce qu'elle ressentait pour lui malgré ce qu'elle prétendait. Elle ne devait pas avoir la moindre envie de se retrouver à moins d'un mètre de son pire ennemi. Si ç'avait été ce putain de Barnabé, elle n'aurait sans doute pas hésité une seule …

- D'accord.

Son flot de pensées nauséabondes s'interrompit brusquement alors qu'il sentait la colère poindre, menacée d'exploser comme chaque fois. Il avait dû mal comprendre.

- D'accord ? répéta-t-il lentement.

- C'était une proposition sérieuse, n'est-ce pas ? demanda-t-elle avec une soudaine hésitation.

Il n'aurait pas osé lui tendre un piège pareil tout de même ? Quoique … a l'époque, il était du genre à humilier de cette façon.

- Oui.

Hermione ne répondit rien, aussi immobile que le Général, chacun se regardant dans les yeux sans trop savoir quoi dire ni faire. Elle était mal à l'aise face à son silence, craignant qu'il change brusquement d'avis et lui fasse payer son audace d'accepter et lui, il ne savait simplement pas … il ne savait rien, incapable de comprendre pourquoi il l'avait invité, si ce n'est pour l'empêcher de crever d'une pneumonie d'ici quelques semaines. Mais pourquoi la sauver ? Pourquoi s'évertuait-il à la maintenir en vie au point de l'inviter dans son lit, elle, la sang de bourbe et meilleure amie de Saint Potter ?

Ces questions sans réponse …il les détestait, elle le faisait se sentir insécure, mal dans sa peau et inconnu à lui-même. Comme s'il n'avait plus le moindre contrôle sur ce qui se passait autour de lui et en lui. Ses pensées n'étaient plus qu'une mélasse dans laquelle s'était insinuée Hermione Granger sans qu'il ne s'en rende compte.

- Je n'en parlerais à personne, dit-elle finalement. Je sais bien que tu n'as pas envie que ça se sache, alors …

- Que quoi se sache, Granger ? Il n'y a rien à savoir, dit-il froidement. Dépêche-toi de me suivre.

Hermione accusa le coup sans un mot. Mieux valait ne pas énerver Malefoy pour le moment alors que lui-même semblait en proie à des doutes et des questions existentielles que Hermione partageait. Il était du genre explosif et elle avait la sensation de graviter autour d'une bombe qu'elle apprenait à désamorcer très lentement et avec très peu d'informations.

Il était si indéchiffrable.

Il poussa la porte que Hermione avait passé une première fois plusieurs semaines auparavant. Ça lui paraissait si loin à présent, comme si une éternité la séparait des évènements tragiques dont elle avait été victime. Et pourtant …, c'est comme si tout son corps lui hurlait de faire attention chaque fois qu'elle se trouvait seule et sans défense. C'était plus fort qu'elle.

Mais Malefoy ne lui inspirait pas cette peur, peut-être parce qu'il était celui qui l'avait tiré de là, ou parce qu'elle le connaissait depuis longtemps. Elle ne savait pas.

- Tu peux prendre ta douche, prends ce que tu veux dans le placard. Il faut que je termine ma tournée.

Il pointa sa baguette sur la porte que Hermione n'avait jamais traversé, et le loquet tinta, annonçant sa fermeture.

- Merci, Drago, dit-elle.

Il referma la porte derrière lui avant qu'elle ne voie son regard se troubler.

Mais que faisait-il ?

Il clôtura sa tournée à toute vitesse et en profita pour fumer deux cigarettes. Mais cela ne l'aida pas à mettre de l'ordre dans ses idées, il était toujours aussi troublé, incapable de mettre des mots sur ce qui motivait ses actes. Il avait bien essayé d'y réfléchir mais aucune explication ne le satisfaisait.

Hermione quant à elle, se prélassait dans un jogging molletonné si doux qu'elle aurait pu vendre son âme pour pouvoir le garder. Le t-shirt noir de coton était des plus agréables et un faux feu de cheminée brûlait dans une âtre magique diffusant une douce chaleur dans la chambre.

Elle devait avouer qu'elle n'avait pas beaucoup prêté attention au mobilier lors de sa dernière visite, et à présent, loin de l'œil de faucon de Malefoy, Hermione ne pouvait pas s'empêcher de détailler tout ce qui lui passait sous l'œil.

C'était quelque chose de très étrange d'entrer dans l'intimité de Drago Malefoy. Du Général Drago Malefoy. Tout était assez impersonnel, sa curiosité s'en trouvait fort déçu. Un bureau supportait quelques piles de dossiers sans importance qui devaient être là depuis des mois, du papier à lettre tentait de s'échapper de l'un des tiroirs du bureau et une plume menaçait de tomber par terre.

Hermione l'attrapa et la déposa dans l'encrier, à sa place. Une si belle plume qui devait couter un bras, ne méritait pas un tel traitement.

Hermione s'approcha de la porte que Malefoy avait pris soin de verrouiller avant de la laisser seule. Elle se demandait ce qui pouvait bien se cacher derrière elle. Elle effleura du bout des doigts la poignée ronde qui n'attendait que d'être actionnée pour dévoiler ce qu'elle dissimulait.

Malefoy avait de toute façon lancer un sortilège qui l'empêcherait de réussir sa manœuvre, mais Hermione ne pouvait pas nier qu'elle avait terriblement envie de savoir.

- Ecarte-toi de cette porte, Granger. Je ne peux pas partir dix minutes sans que tu cherches à fuir ?

Hermione sursauta si fort qu'elle recula d'un bon mètre, le cœur battant.

- Tu m'as fait peur, dit-elle dans un souffle.

Il ne répondit rien, se claquemurant dans la salle de bain sans un mot.

- Bon …, éluda Hermione en s'asseyant sur le bord du lit, sans trop savoir si elle n'outrepassait pas ses droits.

Après sa douche brûlante, toute la fatigue lui était retombée sur les épaules et elle se rendait compte de son état d'épuisement. Habituellement, le froid la maintenait éveillé, mais bercée par la douche chaleur du faux feu de cheminée …, elle n'avait qu'une envie, c'était de poser la tête sur l'oreiller.

Quand Drago eut fini de mettre un peu d'ordre dans ses pensées, il se risqua hors de la salle de bain, prêt à affronter les questions insupportables et incessantes de la Gryffondor qu'il avait invité contre sa volonté dans son lit.

Mais elle était endormie, assise sur le bord du lit, sa tête avait basculé sur l'oreiller alors que ses jambes pendaient encore dans le vide. La bouche à demi ouverte, elle respirait si fort que Drago aurait presque pu dire qu'elle ronflait. Comme ça, elle ressemblait beaucoup la Granger qu'il avait connu à Poudlard. Ses cheveux semblaient plus longs mouillés et son visage était bien moins tiré lorsqu'elle dormait. C'est comme si la pression qu'exerçait la prison sur elle s'était évaporée.

Elle se retourna dans son sommeil, s'installant un peu plus dans le lit. Dans son lit. Drago se sentit un peu en colère à l'idée qu'elle se comporte ainsi sans même lui en demander l'autorisation. Il avait la sensation de perdre le contrôle de la situation et qu'elle s'en rendait compte. Qu'elle en profitait.

Drago aperçut la marque tatouée sur le bras gauche de la Gryffondor.

Elle était là, dans SES vêtements, avec SES initiales sur son bras, et il se sentait absolument malsain de s'en satisfaire. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ? Il fallait qu'il se calme, qu'il arrête de porter une attention si grande à de si petits détails. Il se sentait pathétique, comme s'il ne pouvait rien avoir d'elle et qu'il devait se contenter de ces quelques marques.

Ruminant, il éteignit la lumière d'un coup de baguette et la glissa sous son oreiller. Il n'avait pas la moindre envie qu'elle lui vole son outil et s'en serve pour fuir. De quoi aurait-il l'air ?

- Malefoy ? dit-elle la voix ensommeillée, à moitié sortie du sommeil.

- Ouais ?

Il avait tenté d'arborer le ton le plus neutre possible, mais dans ce silence parfait, il avait l'impression que la moindre inflexion de sa voix serait perçue et interprétée.

Un si long silence suivi qu'il crut qu'elle s'était déjà rendormie.

- Tu as vraiment le lit le plus confortable qui existe, dit-elle finalement.

Il ricana, se glissant sous la couverture et jetant un pan par-dessus Hermione.

- Je ne suis pas sûr qu'on puisse faire confiance à ton avis sur ce sujet étant donné que tu dors le lit le plus inconfortable qui puisse exister.

- Sans doute, dit-elle avec un sourire dans la voix.

Elle enfonça un peu sa tête dans l'oreiller, étendant ses jambes dans ce lit si confortable. Elle aurait tout donné pour y dormir chaque nuit. Avec un soupir de satisfaction, elle referma les yeux, prête à se rendormir dans un instant.

- C'est grâce à moi que tu es dans ce lit, Granger.

Elle fronça les sourcils, rouvrant les yeux. Où voulait-il en venir ?

- Oui, dit-elle simplement sans trop savoir ce qu'elle était censée dire.

- Alors pour remercier, je pense que tu devrais accéder à l'une de mes demandes.

Dans la pénombre éclairée par le feu de cheminée mourant, elle le vit se redresser sur un coude, l'observant probablement.

- De quel genre ? soupira-t-elle en se redressant.

- Hm…Tu pourrais t'occuper de ma manucure tous les jours ?

- Excuse-moi ?

Elle vit un sourire danser sur ses lèvres, et elle rit. Un peu.

- Même pas en rêve, Malefoy.

- J'aurais essayé au moins, dit-il avec un faux soupir déçu en se laissant tomber sur le lit.

Hermione lui jeta un coup de coude dans les côtes en se rallongeant et regretta aussitôt son geste. Figée, elle attendait la réaction du Général qui risquait de ne pas se faire attendre. Mais rien, il ne dit rien.

- Bonne nuit, Malefoy.

- Bonne nuit, Granger.