Salut ! Voici le dernier chapitre qui s'est fait beaucoup attendre et qui en plus est particulièrement court (ne me détestez pas, ahah)
Je vais répondre aux reviews (qui sont nombreuses, et ça, ça me plait !) du chapitre 15 et 16.
Jenny : Tu auras ta réponse pour Barnabé dans ce chapitre ! Mais oui, Drago a dépassé les bornes !
Drou : Je sens que tu attends avec impatience une intervention extérieure ... ahah. D'ailleurs, merci pour tes reviews sur mes deux autres fics !
Alice394 : Ah cool que ça te plaise alors ! C'est assez sombre et en même temps, ça aurait pu être bien pire, je reste "soft". Niveau nombre de chapitres, comme je l'ai dit dans le chapitre d'avant (parce que j'avais vu ta question, ahah), je pense que ça va tourner entre 35 et 40 chapitres.
Miss Siera : Evidemment, il faut bien que cette croix serve à quelque chose, tu devines bien !
Puerta : J'aurais tendance à dire que comme d'habitude, elle va s'embarquer dans un bourbier pas possible...
Nenya : Je ne vais pas trop te spoiler sur le sort de Fred, ahah
Merci beaucoup à Doudoudasilva, Guest, Dharmiony, narutogroupie ! Et merci aux autres aussi (si j'en ai oublié...).
Le prochain chapitre ne tardera pas à arriver, il est écrit et ce chapitre est vraiment court alors le chap 18 devrait arriver ce weekend ! Bonne lecture et comme d'habitude n'hésitez pas à me laisser une petite review !
Hermione était partie en courant dans les couloirs malgré les protestations de Fred. Les yeux noyés de larmes, elle ne pouvait pas s'empêcher de penser au destin funeste de son ami. Elle ne pouvait pas laisser faire, elle devait au moins essayer quelque soit le prix.
Grâce à son nouveau travail, elle devait dire qu'elle connaissait tous les couloirs par cœur et il ne lui fallut pas longtemps pour trouver un chemin sans garde qui s'y promenait. Grâce à son nouveau travail, elle devait dire qu'elle connaissait tous les couloirs par cœur et il ne lui fallut pas longtemps pour trouver un chemin sans garde qui s'y promenait.
« C'est un détraqué », lui avait dit Fred mais Hermione ne voulait pas laisser passer sa chance de sauver Fred. Il y avait une seule et unique personne qui pouvait gracier Fred : le Général Malefoy.
Il la détestait, il lui rirait sans doute au nez, mais elle devait tenter. Peu importe ce que cela couterait. Son cœur lui faisait trop mal, elle ne pouvait pas supporter l'idée que Fred meure. Et si George le savait …elle n'osait pas penser à son frère jumeau qui n'avait pas été le même depuis qu'il pensait son frère mort.
Elle s'arrêta devant la porte et prit une longue inspiration. Il devait rester une bonne heure avant que les détenus sélectionnés soient emmenés aux chambres. Elle passa une main sur son visage, espérant faire disparaitre l'air larmoyant de ses yeux et ses joues rouges, puis elle toqua.
La porte s'ouvrit sur un Drago Malefoy en pantalon de survêtement et au t-shirt manches longues noir. Il sembla en colère, sans doute irrité qu'on puisse venir le déranger dans sa chambre, puis surpris en découvrant Hermione à sa porte.
- Pourquoi tu as fait ça, Malefoy ?
Elle qui avait espéré avoir l'air digne, elle s'était trompée. Sa voix avait trahi des sanglots et elle sentit quelques larmes brûler la commissure de ses yeux. Elle ne pouvait pas craquer devant lui, ça lui ferait trop plaisir.
- De quoi tu parles, Granger ? Tu n'as rien à faire ici, comment se fait-il qu'on t'ait laissé passer, persiffla-t-il en regardant dans le couloir à la recherche d'un garde à punir.
- Tu l'as condamné à mort alors qu'il était innocent. Il travaille bien, il est bien plus performant que beaucoup d'autres qui ont vécu, alors pourquoi le sélectionner ? Pour me faire du mal ? S'il n'y avait que ça, tu aurais pu me sélectionner, moi.
La voix de Hermione se brisa une nouvelle fois. Le visage de Malefoy s'était endurci.
- Je ne l'ai pas sélectionné, ton petit-copain, ne t'inquiète pas, gronda-t-il. Comment oses-tu te pointer à ma porte pour défendre la cause de ce sang de bourbe ? Tu ne manques pas de culot.
- Je ne parle pas de Barnabé, dit-elle soudainement surprise.
Elle se sentit un peu honteuse de ne pas avoir pensé à son ami, mais revint vite au sujet de sa visite.
- Je parle de Fred. Fred Weasley.
Malefoy se détesta de ressentir du soulagement à cette idée. Il attrapa son poignet et le détailla. Rien. La croix n'était pas réapparue.
- Je n'ai pas menti, Malefoy, dit-elle faiblement.
Il ne répondit pas, mais la lâcha. Il attendait. Il attendait qu'elle parle et Hermione appréhendait. Elle ne savait pas comment former sa requête sans que cela provoque sa colère. Il allait forcément partir au quart de tour.
- Je …Malefoy, retire-le de la liste. S'il te plait. Ne le laisse pas mourir, c'est mon ami. Et son frère …, il ne mérite pas ça. Il peut encore travailler quelques mois. Je t'en prie, retire-le, ne le tue pas. Je ferais ce que tu veux. Je veux bien recevoir autant de doloris que tu veux, tu peux même entrer dans ma tête autant de fois que tu le souhaites, mais ne le laisse pas mourir.
Elle avait réussi à le dire et elle avait eu raison. Dans son regard gris, elle vit se déployer l'étendue de sa rage. Quand il ouvrit la bouche, elle savait qu'elle s'apprêtait à être balayée par une tempête.
- Comment oses-tu te pointer ici pour me demander un passe-droit après ce que tu m'as dit, cracha-t-il en sortant de sa chambre.
Il aurait pu être moins impressionnant, en jogging et pieds nus, mais la vérité c'était qu'il était tout aussi terrifiant avec son air sombre.
- Tu ne voulais plus me voir en peinture il y a deux semaines. Tu te rappelles « mourir, ce sera toujours mieux que d'être près de moi » ? Ce n'est pas ce que tu m'as dit ?
Hermione recula d'un pas et Malefoy avança de deux.
- Et maintenant, tu te pointes la bouche en cœur pour me supplier d'épargner ce putain de rouquin. Maintenant que tu as besoin de moi, je ne suis plus si détestable, n'est-ce pas ?
Hermione recula encore un peu. Il fallait dire qu'elle avait été stupide de lui parler ainsi. Elle s'était mise dans une mauvaise position.
- Tu ne peux pas me le reprocher, Malefoy, je … tu es entré dans ma tête, c'est inhumain.
- Parce que tu as embrassé ce connard.
- Je ne l'ai pas embrassé ! Et même si c'était le cas, je ne méritais pas un tel traitement.
- Alors casse-toi, gronda-t-il si bas qu'elle sentit presque la vibration dans l'air. Casse-toi avant que je te fracasse le crâne, Granger. Puisque de toute façon je suis néfaste. Un monstre. Tu n'es rien pour moi, je ne te dois rien. Qu'est-ce que tu as cru ? Que tu pouvais débarquer quand tu voulais pour que j'épargne tes petits potes sangs de bourbe ?
Il ricana froidement et Hermione ignora la douleur sourde de son cœur.
- Pas moi, Granger. Tu devrais commencer à me connaitre.
Il la poussa dans le couloir et Hermione recula, la gorge serrée.
- Barre-toi, cracha-t-il.
Hermione recula un peu encore, abandonnant son espoir de sauver Fred.
- C'est parce que je te connais un peu, Malefoy, que j'ai cru que tu pourrais sauver Fred. J'ai dû me tromper.
Hermione tourna les talons et partit au pas de course, des sanglots plein la gorge. Elle s'effondra à l'angle du couloir et tira ses genoux contre elle, pleurant à chaudes larmes. Si elle ne s'était pas disputée avec Malefoy, peut-être qu'elle aurait réussi à sauver Fred.
Elle prit une longue inspiration. C'était la dernière soirée de Fred, elle ne voulait pas le laisser seul.
Elle se redressa et prit la direction des dortoirs. Elle aperçut Fred qui attendait près de leur cellule et elle était certaine d'avoir vu une lueur d'espoir dans son regard mais elle s'éteignit bien vite en voyant les yeux rougis de Hermione.
- Il n'a rien voulu entendre…Il a dit que je venais seulement pour obtenir des faveurs.
- Il n'a pas tort sur ce coup-là.
- Il aurait pu … pour … pour se faire pardonner.
- Le Général n'a rien à se faire pardonner, Hermione. Il faut que tu comprennes ça. Nous ne sommes rien ici. Plus vite tu le comprendras, plus tu vivras longtemps.
Hermione ne répondit pas, la gorge trop serrée. Elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir agacée de l'air abattu de Fred. Pourquoi ne se battait-il pas ?
Elle l'accompagna jusqu'à la sortie du bâtiment principal. Lorsque la sirène sonnerait le couvre-feu, les sélectionnés allaient devoir se rendre tout au fond du parc de la prison, là où il y avait un bâtiment avec des grosses cheminées qui ne fonctionnaient jamais sauf lors des sélections.
Ils restèrent un long moment, assis contre les murs gris de la prison. Ils ne parlèrent pas, regardant la nuit devant eux. La Lune était pleine et Hermione se sentait plus mélancolique encore. Elle avait envie de dire tellement de choses à Fred mais sa gorge refusait de laisser passer le moindre son et Fred ne semblait pas dérangé. Il regardait le ciel, les traits un peu plus tirés qu'à l'habitude.
Il était son seul ami, et le voir mourir après l'avoir cru mort une première fois… c'était si difficile. Et elle ne pouvait s'empêcher de penser à George, à l'air catatonique qu'il avait depuis la première mort de Fred. Il n'avait jamais été le même. Il avait perdu son sourire et son humour. Il semblait plongé dans ses souvenirs à chaque instant de la journée et Hermione ne pouvait lui en vouloir.
Toute la famille Weasley avait été heurté de plein fouet par la mort de l'un d'entre eux. Les parents n'avaient pas été en meilleur état. L'un de leurs enfants était mort et c'était Charlie qui portait toute cette famille bancale depuis qu'elle avait perdu un pied.
- Tu devrais y aller. A mon avis, la sirène va bientôt retentir.
Hermione hocha de la tête et se leva, aussitôt suivi de Fred. Ils se regardèrent un instant et Hermione le prit dans ses bras, retenant ses larmes.
C'était lui qui allait mourir, elle n'avait pas le droit de lui voler sa peur. Elle devait se montrer forte pour lui.
- Je t'aime, Fred.
- Je t'aime aussi, Hermione.
- Je ne t'oublierai jamais. Je penserai à toi chaque jour, je te le promets. Et le jour où je sortirais de cette prison, je trouverais George et je lui raconterais tout.
- Ne lui fais pas plus de mal qu'il ne subit déjà, dit-il douloureusement. Une seule mort, ça suffit peut-être.
Hermione essaya de sourire mais c'était plutôt une grimace.
- Courage, souffla-t-elle.
- A toi aussi.
Et ils se séparèrent.
Hermione rejoignit sa cellule. Elle avait les jambes en compote et elle crut qu'elle allait s'effondrer en grimpant à l'échelle qui menait à sa banquette.
Elle se rapprocha de sa fenêtre. De là, elle pouvait voir les cheminées gigantesques qui commençaient déjà fumer, chauffant doucement avant l'arrivée des sélectionnées. Cette vision lui fit plus de mal encore si c'était possible.
Elle ne réussit pas à fermer l'œil de la nuit, regardant la fumée s'élever dans les ténèbres d'un gris étrange à la lumière de la lune. Et l'odeur … c'était l'odeur qui l'empêchait de dormir. C'était une odeur de chair brûlée immonde qui vous restait dans les narines pendant des jours. Des semaines quand il s'agissait d'un de vos amis qui avait été sélectionné.
Elle en avait vomi à travers les barreaux de sa fenêtre béante. Une seconde, elle regretta de ne pas avoir ravalé son vomi. Ça lui aurait permis d'oublier cette affreuse odeur au moins pendant quelques minutes.
Elle n'était pas à sa première sélection mais jamais un ami n'avait été sélectionné. Fred était son seul ami. Et il était mort.
