Bonjour à tous ! Voici le nouveau chapitre qui s'est fait attendre (oui, désolée, je sais que j'ai fait vivre un supplice à certains, ahah), j'avoue ne pas avoir touché à mon ordi des vacances et quand j'ai voulu reprendre à la rentrée ... j'ai été d'abord très occupée et ensuite, panne d'inspi ! D'ailleurs je ne suis pas pleinement satisfaite de ce chapitre, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, à mes yeux, c'est loin d'être le meilleur.
En tout cas, pas d'inquiétude, la fic n'est pas abandonnée, si c'est le cas, je vous préviendrai d'une façon ou d'une autre. Mais de toute façon, je finis toujours ce que je commence même si ça peut me prendre du temps !
N'hésitez pas à follow la fic ou à la fav, nous sommes à deux pas des 100 followers de la fic (ce qui me rend assez fière je l'avoue, ahah).
Réponses aux reviews :
Jenny : désolée pour l'attente, ahah, voici un chapitre pour te faire patienter !
Nenya : Oui, la consécration s'est fait attendre, ahah. Alors pour la croix, ca vient du moment où il a forcé pour entrer dans l'esprit de Hermione, juste après (je ne sais pas si tu te rappelles), il lance un sort sur son poignet pour être certain de savoir quand elle "osera" tomber amoureuse d'un garçon. En gros, une croix apparaitrait sur son poignet à ce moment-là, et cette croix est apparue ... Hermione n'a pas envie qu'il la voit car il penserait qu'elle aime un autre et s'énerverait probablement, et elle n'avait pas non plus envie de lui dire qu'elle ressent quelque chose pour lui, ahah. La façon dont je l'ai expliqué dans le chapitre n'était peut-être pas très clair, je t'avoue que je ne me rappelle plus !
Et concernant Hermione qui ne part pas avec Neville et George, je pense que ça vient aussi beaucoup du moment. C'était une excellente soirée qu'elle avait passé avec Drago, il y avait eu un rapprochement etc., et elle ne se voyait clairement pas partir à ce moment-là. S'ils étaient venus la chercher dans la prison, les choses auraient été différentes !
Pour ta précédente review, je pense faire un peu plus de pov Drago dans les prochains chapitres, car c'est vrai qu'il est très fermé, on ne voit pas vraiment ce qui peut bien se passer dans sa tête.
Drou : Salut ! Effectivement, on tend vers un syndrome de Stockholm vu les circonstances même si à mes yeux, c'est un vrai amour entre eux (oui, je suis mièvre, ahah). Il est un peu handicapé des sentiments, il est incapable de le lui dire, mais il a pu lui montrer qu'il était capable de douceur et d'écouter ses besoins. Il n'a plus fait preuve de grosses "violences", bien que ce soit une relation tout à fait toxique, je te l'accorde, c'est la raison pour laquelle on tend vers une relation de plus en plus "égalitaire". Bien sûr, il va y avoir bientôt du changement pour tendre encore une fois vers cette relation un peu plus saine, ahah.
Encore merci pour toutes vos reviews qui me donnent vraiment la motivation d'écrire, ça fait toujours plaisir de savoir ce qu'on pense de son histoire. J'espère avoir répondu à tout le monde, ça ne m'étonnerait pas qu'une review soit passé à la trappe, si c'est le cas, désolée !
Bonne lecture à tous !
Hermione tira nerveusement sur la manche de sa chemise.
Cela faisait 3 jours qu'elle parvenait à dissimuler la terrible marque qui était apparue sur son poignet. Pour le moment, Drago ne semblait pas soupçonné quoique ce soit. Un peu renfermé, il était bien moins bavard qu'habituellement toutefois Hermione ne s'en inquiétait pas.
Elle le connaissait depuis suffisamment longtemps pour savoir qu'il était du genre à avoir des humeurs changeantes. Il ne l'avait pas mise à la porte, continuait de dormir avec elle chaque soir, alors elle n'avait pas de quoi s'inquiéter.
Pourtant, elle appréhendait affreusement le moment où il poserait son regard sur la marque. Drago était du genre agressif, elle n'avait pas la moindre idée de sa réaction : allait-il se braquer et la mettre à la porte ou plutôt être … « heureux » ?
Heureux. Rien que ce mot ne semblait pas correspondre à Drago. Il était bien trop colérique pour ressentir un quelconque bonheur.
Hermione essuya une nouvelle quinte de toux qui manqua de lui arracher les poumons.
- Salut, Hermione, dit doucement Fred qui venait de la rejoindre au réfectoire.
Hermione sursauta, soudain tirée de ses pensées. Avec Fred devant elle, elle se rappela brusquement la soudaine rencontre avec son frère jumeau. Fred n'en avait l'air que plus rachitique et faible. Il n'était plus aussi roux que son frère, et plus pâle que jamais. Même ses tâches de rousseur tendaient à disparaitre.
Elle détourna le regard une seconde, mal à l'aise tandis que Fred s'installait à côté d'elle.
Elle n'avait parlé à personne de sa sortie de la prison, elle ne pouvait pas dire à Fred qu'elle avait vu George et elle s'en sentait affreusement mal. Elle savait à quel point les jumeaux étaient proches et Fred aurait sans doute tout donner pour pouvoir serrer son frère dans ses bras une dernière fois.
- Tu ne les trouves pas tous bizarres ? Les gardiens, demanda Fred.
Hermione fronça les sourcils, jaugeant les quelques-uns qui étaient là, surveillant la masse de détenus agglutinés dans le petit réfectoire. Tous étaient rassemblés en petit groupe, discutant à voix basse, un air inquiet sur le visage, frappant du pied ou se tordant les doigts.
- Si. Tu as raison. C'est très étrange.
- Il y a peut-être eu … une nouvelle attaque de prison, dit-il plus bas.
- Peut-être. Ou autre chose.
L'agitation des gardes se reflétaient sur le comportement des prisonniers qui commençaient à se montrer agités. Tous jetaient des regards inquiets en direction de la gare qu'on voyait plus bas, attendant un nouveau convoi qui annoncerait inexorablement une nouvelle sélection.
La sirène retentit, annonçant le début d'une nouvelle journée pleine d'angoisse.
Hermione rejoignit les archives d'un pas mécanique, repensant à l'inhabituelle agitation des gardes et au comportement taciturne de Malefoy. Quelque chose se tramait et elle avait un très mauvais pressentiment.
Est-ce que Malefoy l'avait emmené en dehors de la prison pour une raison particulière ? Parce qu'il sentait la « fin » de la prison très proche ? Ou bien était-ce un mauvais signe pour elle, présageant sa mort prochaine ?
Elle attrapa une pile de dossiers avant de s'aventurer dans les rangées d'armoires classeurs sous les néons froids qui accompagnaient ses journées.
- Salut.
Hermione sursauta brusquement, lâchant un dossier qui s'éparpilla par terre. Maxwell Roswell. Drago avait raison, c'était un bien étrange nom.
- Bonjour, souffla Hermione en se dépêchant de rassembler les feuilles par terre pour les remettre en ordre.
- Je t'ai fait peur ?
- J'ai été prise par surprise, dit Hermione mal à l'aise.
Le garde roula des épaules, perdant son regard quelque part au loin, l'air mal à l'aise. Il attrapa le fin dossier sous son épaule et jeta un coup d'œil si rapide à l'intérieur que Hermione doutait qu'il ait pu lire le moindre mot. Elle fronça les sourcils. Il y avait vraiment quelque chose de bizarre chez cet homme.
- J'ai …
La porte des archives s'ouvrit et un éclair de peur traversa le visage de Maxwell Roswell. Il tendit le dossier à Hermione, se raclant la gorge bruyamment avant de prendre la direction de la porte. Hermione le regarda faire avec ahurissement, le dossier toujours dans la main.
- Granger ? Qu'est-ce que tu fous ?
Elle se retourna brusquement alors que Drago Malefoy la regardait comme si elle venait de développer la dragoncelle.
- Euh…j'étais dans mes pensées, éluda-t-elle.
Suspicieux, il plissa les yeux, la regardant de haut en bas comme si elle cachait quelque chose dans ses poches.
Mal à l'aise, elle rangea le dossier qu'elle avait dans les mains dans son tiroir.
Malefoy l'attrapa par le poignet, l'attirant à lui avant de jeter un coup d'œil inquiet vers la porte.
Hermione ne l'avait jamais vu inquiet. Il n'y avait toujours eu que la colère et la haine, pas d'inquiétude. Que se passait-il dans la tête de Drago Malefoy aujourd'hui ?
- Qu'est-ce qui se passe, Drago ? Tu es … bizarre.
- Je … Granger, je dois te di…
Mais il n'eut pas le temps de terminer ce qu'il disait. La porte des archives s'ouvrit à nouveau. Il lâcha le poignet d'Hermione comme s'il était brûlant, s'éloignant de deux pas au moins en lâchant une pile de dossier sur le haut des armoires-classeurs.
- Travaille plus vite, sang de bourbe, lâcha-t-il avant de tourner les talons, laissant Hermione bouche bée.
Mais que se passait-il dans cette prison aujourd'hui ? Tout le monde semblait complètement … terrifié à l'idée d'être surpris dans les archives.
- Il y a vraiment quelque chose de bizarre, dit Hermione à Fred au réfectoire.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Je ne sais pas … tu trouves pas … qu'ils ont tous l'air terrifié ?
Fred suivit le regard de Hermione qui regardait les gardes qui occupaient le réfectoire. Tous se dandinaient bizarrement, murmurant avec des airs sombres. Elle l'avait déjà remarqué plus tôt, mais cette inquiétude ambiante semblait prendre de l'ampleur et Fred était d'accord avec elle.
- Hermione, c'est quoi ça ?
- De quoi ? demanda-t-elle en cherchant ce qui avait pu attirer le regard de Fred parmi les gardiens.
- Pas les gardes, Hermione, ça, dit-il en tirant sa main qui tenait sa cuiller.
Il releva brusquement la manche, pâle comme un mort alors que ses yeux fatigués fixaient l'étrange croix sombre. Hermione rougit jusqu'aux oreilles, tirant brusquement son bras à elle comme si cela effaçait la marque. Comme si Fred allait oublier ce qu'il avait vu.
- Qu'est-ce que …
- Ce n'est rien du tout.
Fred la fusilla du regard. Elle lui avait raconté ce que Malefoy lui avait fait subir après son … embrassade avec Harry. Il avait été horrifié, et il l'était encore plus à présent. La croix était apparue et cela signifiait que Hermione Granger avait des sentiments pour un garçon.
- S'il voit ça, Hermione, tu es morte, tu t'en rends compte ? Dans quoi tu t'es encore fourrée ?! Qui est-ce que tu fréquentes ? Tu passes tout ton temps avec moi et … tu-sais-qui, alors de qui tu t'es entiché ?
Hermione était mortifiée. Elle tira sur sa manche nerveusement, dissimulant la marque. Elle n'avait qu'une envie, disparaitre. Elle ne voulait pas répondre aux questions de Fred qui finirait de toute façon par comprendre le sens de son silence.
Elle était morte de honte. Elle ne pouvait décidément pas lui dire qu'elle ressentait quelque chose pour le Général Drago Malefoy, bourreau des sangs de bourbe détenteur du titre de pire tortionnaire du monde sorcier. Comment pouvait-elle dire à Fred qu'elle était … qu'elle tenait à ce garçon si terrible qui avait fait de son enfance un enfer et de ses jeunes années d'adulte un enfer pire encore ? C'était tout simplement impossible. Il ne croirait plus à son caractère bien trempé après ça, c'était certain.
- Par Merlin, Hermione, ne me dis pas que …
Ça y est, il avait compris et Hermione ne réussit pas à lever les yeux de son bol de gruau. Elle avait envie de s'y perdre pour toujours.
- Ne me juge pas, Fred.
- Tu es complètement inconsciente, Hermione. Je t'ai toujours un peu prise pour une folle hystérique avec ton obsession démesurée des livres mais là … là, tu te surpasses !
Hermione le fusilla du regard.
- Tu ne peux pas être sérieuse après tout ce qu'il t'a fait subir.
- Il n'y a pas eu que ça. Il n'y a pas eu que des bas, il y a eu aussi plein d'autres moment qui rattrapent ceux-là.
- C'est faux. Il n'y a rien qui peut rattraper ce qu'il t'a fait. Il t'a marqué de ses initiales, il t'a fait subir ce sortilège pour être certain que tu n'aimerais jamais quiconque parce que tu as osé accepter un baiser. Il est entré dans ta tête, comment tu peux lui pardonner tout ça ?
Fred ne semblait plus en colère, comme s'il avait mis le peu d'énergie qu'il lui restait dans le début de la conversation. Morose, il ne semblait plus quoi faire d'elle et cela blessa d'autant plus Hermione.
- Je te l'ai dit. Il y a eu un million d'autres choses.
Fred n'avait pas besoin de lui rappeler ce qu'il lui avait fait subir plus d'une fois, la façon qu'il avait de lui parler. Elle ne cessait de se remémorer tous ces moments, essayant de retarder l'inévitable, essayant de ne pas plonger complètement dans les sentiments qu'elle ressentait pour lui, mais cela n'y changeait rien. Elle avait beau y penser chaque soir avant de se coucher à ses côtés, elle ne pouvait pas s'empêcher d'attraper sa main, de sentir son cœur battre à toute allure quand il cherchait son contact sous les draps. Et toute la rancœur qu'elle gardait contre lui après qu'il ait osé lui faire tout ce mal depuis sa tendre enfance, s'envolait à son simple toucher.
Elle se rappelait tous ces moments où il avait été vulnérable, où il lui avait parlé à cœur ouvert, quand il avait parfois plaisanté. Quand il se mettait en colère parce qu'elle ne lui accordait tout simplement pas assez d'attention. Elle se rappelait ces fois où il l'avait sorti de mauvais pas, elle se rappelait comme il s'était évertué de lui épargner la famine et le froid.
Bien sûr, ça ne faisait pas tout. Elle lui en voudrait toujours de la garder prisonnière dans cet endroit de malheur, mais à côté de tout ça …elle avait su entrapercevoir le cœur brisé derrière les murailles de fer construites au fil des ans. Elle avait su briser cette carapace de barbelés qui blessait quiconque osait s'approcher.
Il avait pénétré son intimité, oui, Fred avait raison, elle devrait lui en vouloir de toutes ses forces, mais elle en était tout simplement incapable.
Il ne l'avait plus jamais blessé après cela. Il lui avait même fait le plus beau des cadeaux : une soirée loin de la prison Malefoy, une soirée d'une vie normale.
Elle n'y croyait plus à ce syndrome de Stockholm, elle s'était cachée derrière lui mais tout au fond d'elle, elle savait que cela n'avait rien à voir.
Elle se rappela le garçon de 6ème année, assis sur la même table qu'elle à la bibliothèque, entourés par les murs chaleureux de Poudlard. Elle se rappelait les millions de questions qu'elle se posait déjà à l'époque alors que le nom de Drago Malefoy venait chaque jour dans les conversations qu'elle avait avec ses amis, Harry et Ron. Harry était persuadé que Drago était devenu un mangemort à l'époque, et Hermione se rappelait le nombre de fois où elle avait levé le nez de son parchemin pour observer du coin de l'œil le Serpentard qui se faisait plus discret que jamais, sombre et renfermé, l'air fatigué.
Tout ça lui semblait incongru, un mangemort assis à sa table, un garçon qui l'avait détesté dès le premier regard. Et pourtant …
La sirène la tira brusquement de ses rêveries. Il était temps de retourner au travail et d'échapper à cette terrible conversation avec Fred.
Le soir arriva plus vite que prévu et elle n'était pas sereine à l'idée que Malefoy puisse voir la marque sur son poignet.
- Il fait un peu froid, tu ne trouves pas ? demanda Hermione en tirant nerveusement sur la manche de sa chemise.
- Pas vraiment, dit Drago en pointant sa baguette sur le feu de cheminée qui redoubla d'intensité, baignant la pièce dans une chaleur plus intense.
- Tu n'aurais pas un … t-shirt à manches longues ? osa-t-elle.
Son cœur tambourinait dans sa poitrine alors qu'elle trouvait son excuse ridicule. Malefoy allait forcément se douter de quelque chose et refuser avant d'arracher la manche de sa chemise pour y découvrir la nouvelle croix toute fraiche.
- Si, je dois avoir ça.
Il farfouilla une seconde dans son armoire et en tira un t-shirt noir aux manches longues.
- Merci, souffla Hermione.
Elle se barricada dans la salle de bain et se dépêcha de se doucher. Inconsciemment, elle frottait plus que de raison son poignet, comme si cela allait faire disparaitre la marque de son péché.
Paradoxalement, son corps semblait se sentir mieux alors qu'elle avait l'impression de plonger dans les abysses de la dépression nerveuse. Elle avait repris du poids et des couleurs, ses lèvres se courbaient presque à la façon d'un sourire sans même qu'elle s'en rende compte, et pourtant … elle était terrifiée à l'idée de ce que signifiait cette croix, à l'idée que Malefoy puisse la voir. Elle se sentait mal de ressentir quoique ce soit pour lui, et encore plus à l'idée de devoir le dire à qui que ce soit.
Hermione soupira une nouvelle fois, comme de plus en plus souvent et finalement sortit de la salle de bain. La lumière n'était pas déjà éteinte, et c'était plutôt rare. Malefoy avait tendance à éteindre la lumière dès qu'il le pouvait. Elle se faufila dans le lit sans trop savoir quoi faire de ses bras. Habituellement, elle se sentait plus à l'aise dans la pénombre. Drago ne pouvait pas voir ses réactions, la peur d'être rejetée qui passait dans son regard chaque fois qu'elle tentait d'attraper sa main ou ses joues rouges quand il lui disait quelque chose qui la faisait chavirer. Là, elle se sentait mal à l'aise avec elle-même, incapable d'amorcer le moindre mouvement vers Drago qui fixait le plafond.
Elle osa un coup d'œil. Il avait toujours l'air préoccupé, plongé profondément dans ses pensées.
- Qu'est-ce qui se passe, Drago ?
- Rien.
- Arrête. Je vois bien que tu es stressé.
- Je ne suis pas stressé, Granger, siffla-t-il.
Elle ne répondit pas, mais n'en pensait pas moins. S'il pouvait ravaler son égo de temps en temps, leur conversation serait beaucoup moins houleuse.
- Tu sais, Drago, dit-elle finalement incapable de se taire, ce n'est pas grave d'être un peu stressé ou d'avoir peur de temps en temps. Moi aussi j'ai peur, moi aussi je suis angoissée parfois. Et je sais aussi que je peux te le dire, qu'à toi je pourrais toujours le dire.
Il tourna la tête, la regardant bizarrement avant de pencher pour l'embrasser. Son bras se glissa derrière son cou et Hermione trouva ce geste étrange. Il ne se rapprochait jamais d'elle avant que les lumières soient éteintes.
- Ce n'est que moi, tu peux tout me dire.
- Bien sûr que non, dit-il doucement. Je ne peux pas tout te dire, tu pourrais me trahir.
- Tu ne me fais pas confiance ? dit-elle, vexée.
- Ne le prends pas pour toi, je suis Drago Malefoy, Général du Lord, je sais des choses que les gens comme toi ne doivent pas savoir. Nous ne sommes pas dans le même camp, Granger, tu ne vas quand même pas me reprocher d'avoir des secrets. Toi aussi, tu as les tiens.
- Plus maintenant, dit-elle, aigre en se rappelant lorsqu'il avait forcé ses barrières mentales.
Drago ne répondit rien mais elle sentit ses doigts se crisper sur son épaule. Hermione se recula, se tournant face au mur.
- Tu ne vas pas bouder quand même ?
- Tu ne me fais pas assez confiance pour me dire que tu es stressé, Drago, je crois que j'ai le droit d'être vexé.
Il soupira lourdement.
- Arrête, tu crois que je t'aurais emmené dehors si je ne te faisais pas confiance ?
Il était doué, pensa Hermione, lui rappeler son meilleur souvenir avec lui, il n'y avait rien de plus efficace pour la faire fondre.
- Ce n'est pas mon truc d'étaler mes sentiments et mes émotions, Granger, tu devrais le savoir maintenant. Je suis pas un mièvre Gryffondor, moi.
- Il y a un monde entre étaler ses sentiments et dire « oui, je suis stressé », Drago. Vraiment tout un monde, dit-elle avec moquerie.
- Pas pour moi.
Elle entendait le sourire dans sa voix et elle se retourna. Appuyé sur son coude, il la regardait avec un sourire en coin.
- Tu es vraiment un imbécile, Drago Malefoy, dit-elle un sourire jouant sur les lèvres, levant les yeux au ciel.
- Et Hermione Granger déteste les imbéciles, c'est bien connu, dit-il faussement sérieux.
Drago se mouva dans la pénombre mais il stoppa son geste un instant. Hermione s'affala sur son oreiller, un peu déçu. Ça y est, Drago s'était refermé, l'instant de complicité était terminé. Elle ferma les yeux. Alors quand elle sentit la douce caresse dans ses cheveux, elle tressaillit.
- Si seulement cela pouvait toujours être comme ça, soupira-t-il.
Hermione eut envie de lui dire que cela pourrait. Mais c'était un mensonge. Parce que Malefoy ne pouvait strictement rien faire, coincé dans son rôle de Général Malefoy et elle dans son rôle de sang de bourbe poursuivi par le régime de terreur de Lord Voldemort. Il n'y avait pas d'échappatoire. Même si elle n'était plus dans cette prison, il n'y aurait aucune vie idyllique pour eux. Il fallait qu'elle se rende à l'évidence.
Alors elle ne répondit rien. Hermione consentant silencieusement à cette prière impossible.
- Voyons positif, si on n'avait pas été tous les deux ici, on ne serait sans doute jamais adressé la parole pour faire autre chose que s'insulter, dit finalement Hermione.
- Je crois que tu exagères un peu sur le positivisme, ricana-t-il.
- On se rassure comme un peu, soupira-t-elle.
Il pouffa et dit quelque chose mais Hermione s'endormait déjà et le lendemain matin elle avait beau tenter de se rappeler de ce qu'il avait bien pu dire, ce moment lui paraissait de plus en plus fou à force d'essayer de se le remémorer.
Elle n'eut pas le temps d'y penser bien longtemps, l'agitation était à son comble. Les gardiens ne prenaient même pas la peine de leur jeter quelques coups d'œil, tous discutant avec un air inquiet. Des mangemorts se succédaient dans les couloirs et Hermione avait pris soin de se cacher dans sa touffe de cheveux chaque fois que l'un d'eux se glissait dans les archives à la recherche d'un dossier quelconque.
Aucun ne l'avait reconnu. Il fallait dire qu'elle avait bien changé depuis le temps de Poudlard. Elle ne ressemblait plus à la Hermione des affiches. La prison l'avait métamorphosée. Cela ne l'avait pas empêché de frissonner à chaque fois qu'elle avait aperçu ce masque de métal froid.
Malefoy ne lui avait pas rendu la moindre visite, ni accordé le moindre regard lorsqu'elle l'avait entraperçu. Il était inquiet. Plus inquiet que jamais. Et son inquiétude la mettait mal à l'aise. Il était si imperturbable habituellement … elle n'osait imaginer ce qui devait le mettre dans un tel état. Elle priait pour qu'elle ne soit pas directement concernée sans trop d'espoir.
Hermione, incapable de retenir son affreuse curiosité, n'avait pas pu s'empêcher de trainer des oreilles pour comprendre pourquoi tous ces gens étaient si inquiets. Mais leur discrétion était irréprochable. Elle n'avait réussi à capter que quelques brides sans queue ni tête.
- Tu es certaine que c'est en rapport avec le Lord ? l'interrogea Fred, dubitatif.
- Je crois oui, son nom revenait régulièrement, expliqua Hermione. Il est apparemment dans une colère noire, et Malefoy n'y est pas pour rien, je crois …
- Chut ! Je t'en prie, Hermione, tais-toi, geignit Fred.
Hermione leva les yeux au ciel. Elle avait bien trop envie de savoir ce qui se passait entre les murs de cette prison pour accorder la moindre importance aux précautions exagérées de Fred.
Elle changea aussitôt d'avis en apercevant un mangemort qu'elle reconnut, Dolohov. Elle frissonna et replongea dans son repas, se demandant plus encore ce qui pouvait bien se tramer pour qu'autant de mangemorts défilent dans cette prison quasi hermétique d'habitude. En plusieurs mois, elle n'avait pas aperçu si souvent que cela des personnes extérieures si ce n'est les gardes et quelques rafleurs de temps en temps.
Hermione sursauta brutalement en entendant la porte des archives s'ouvrir dans un grand fracas. Avec un air apeuré, elle risqua un coup d'œil à la porte, priant pour qu'il ne s'agisse pas d'un nouveau mangemort. Les cheveux d'un blond presque blancs l'apaisèrent un peu, mais ce fut un moment de courte durée.
Drago déboula dans le rayon où elle se trouvait l'attrapant brusquement par le poignet. Il avait l'air plus inquiet que le matin même. Il jeta un coup d'œil vers la porte, ne la quittant des yeux qu'un court moment pour regarder Hermione.
- Qu'est-ce qui se passe, Drago ? J'ai l'impression que le ciel va nous tomber sur la tête … tu as vu ta tête ?
- Granger, je …
Mais rien ne suivit. Drago Malefoy avait perdu ses mots, sa main pressée autour du poignet si coupable de Hermione qui ne pouvait pas s'empêcher d'angoisser à l'idée qu'il y voit ce qu'elle cachait.
- On ne va pas pouvoir continuer, Granger. Ce n'est plus possible, souffla-t-il.
- Pourquoi tu parles si bas ?
- Parce que les murs ont des oreilles.
- Ça ne t'a jamais dérangé avant, fit-elle remarquer.
- Parce qu'il s'agissait de mes oreilles, à présent je n'en suis plus certain.
Elle frissonna. Est-ce que Malefoy avait perdu le contrôle de ses gardes au point de ne plus leur faire confiance ? Doutait-il de pouvoir garder secret leur étrange relation ?
Hermione n'avait pas besoin de lui demander pour le savoir. S'il venait à elle pour lui dire qu'ils ne pouvaient plus se fréquenter, c'est que le vent commençait à tourner pour Drago. Et si le vent tournait contre lui … Hermione risquait de se prendre de plein fouet un ouragan qui risquait de l'emporter vers la mort.
- Granger, je … je suis désolé, je ne peux plus rien faire pour …
Il s'arrêta brusquement, une porte claquant au loin.
- Merde, j'ai vraiment déconné, dit-il en se couvrant le visage de ses mains. Ce soir, il faut que tu dormes dans ta cellule.
- Quoi ? Mais … qu'est-ce qui se passe pour qu'on en arrive là ? Explique-moi, je t'en prie.
- Tu ne comprendrais pas, il faut que j'y retourne. Ce soir, ne …
- Drago Malefoy, cesse de me prendre pour une imbécile. Je ne suis pas une simple potiche qui n'a rien dans le ciboulot, mon pote, dit-elle en pointant son index dans sa poitrine.
Drago ne put retenir un ricanement. Elle était bien audacieuse la Gryffondor qui était à sa merci depuis des mois.
- Nous sommes « potes » alors ? dit-il avec un sourire jouant sur les lèvres.
- Ne sois pas stupide, la blanche colombe ne s'associe pas au crapaud baveux, dit-elle, les joues en feu.
- Je suis à peu près sûr que ce n'est pas le dicton exact, Granger.
Elle le foudroya du regard et Drago rit fébrilement. Angoissé, au bord de la nausée, le cœur battant de peur à l'idée d'avoir fait l'erreur de sa vie en s'étant rapproché de Hermione Granger, Drago Malefoy sentit son cœur se réchauffer en un instant. Cette sensation valait tous les risques qu'il avait pris, il en était certain.
Pourtant une partie de son âme, froide et calculatrice lui rappelait qu'il était stupide au possible de fréquenter cette sang de bourbe qui n'avait pas la moindre valeur et aucun respect pour lui. C'est à ce moment précis, plongé dans le regard brun de Hermione qu'il comprit que son cœur brisé ne l'était plus. Que son cœur de fer n'était plus si impénétrable et solide. Hermione Granger s'y était introduite. Il n'y avait plus que cet organe fragile qui osait enfin pointer le bout de son nez, terrifié à l'idée d'être frappé de plein fouet par un soudain rejet de cette fille aux airs de souillon.
Et tout au fond de lui, il savait qu'il serait bientôt déçu par cette fille qu'il n'avait jamais mérité. Et plus au fond encore, il savait que cela serait de sa faute, comme d'habitude. Qu'il ne pourrait pas la détester de partir car il était le monstre qui la maintenait dans ce monde terrible.
Drago avait envie de lui dire toute la vérité, mais il savait que ce sourire allait s'effacer du visage si rarement illuminé de la Gryffondor. Alors il ne dit rien, il resta silencieux, pour admirer le « bonheur » ignorant de Granger. Elle se rendrait compte bien assez tôt que l'étrange relation qui était née entre eux allait devoir disparaitre.
Un peu lâche, il préférait ne pas y faire face. Elle comprendrait seule et lui, il pourrait profiter de ces derniers moments avec elle. Après tout, il avait toujours su qu'il ne s'agissait que d'une passage, une vague occupation dans sa vie monotone dans cette prison de malheur qui avait aspiré toute once de bonheur en lui, plus sûrement qu'en détraqueur l'aurait fait.
Hermione Granger n'était rien du tout, juste un passe-temps. Sa gorge se serra. Comment pourrait-il se convaincre lui-même d'un tel mensonge ?
- D'accord, dit-il finalement, viens ce soir.
Et il partit, laissant Hermione plus perplexe que jamais.
Hermione se sentait rassurée à l'idée de le revoir le soir même, et en même temps une angoisse terrible montait en elle, elle avait l'impression que le pire était à venir et qu'il y allait bientôt y avoir un incident qui ne permettrait aucun retour en arrière.
Si elle avait longtemps reproché à Drago son manque de transparence, elle se rendait compte à présent, que le voir dévoiler l'espace d'un court moment la peur qui le rongeait la terrifiait d'autant plus.
Pourtant ce soir-là, Drago ne montra rien de son angoisse. Il avait retrouvé son calme olympien. C'est lui qui attrapa sa main, c'est lui qui l'enlassa et l'embrassa sur la tempe, dégageant toutes les sombres pensées de Hermione. Mais il y avait quelque chose de pressant dans ses gestes, comme s'il avait peur que ce moment prenne trop rapidement fin, comme si on allait lui arracher Hermione des bras. Comme si le temps leur était compté.
Hermione sentit sa gorge se serrer et les larmes imprégnées ses yeux. Elle bénit Merlin que la lumière soit éteinte et qu'il ne puisse rien entrapercevoir de son mal-être. Elle ne voulait pas gâcher ce moment. Elle avait compris. Elle avait compris la soudaine inquiétude de Drago.
Tout au fond d'elle, elle savait que c'était terminé, que la mort était au bout du chemin et que la fin de ce chemin était proche. C'était la seule raison pour laquelle Drago pouvait avoir eu l'air dans une telle panique. C'est la raison pour laquelle il voulait qu'elle dorme dans sa cellule, très certainement pour essayer de la sauver d'une mort certaine. Hermione l'avait toujours su, on finirait par savoir ce qui se tramait entre eux. Les gardiens avaient remarqué depuis bien longtemps que Hermione Granger ne dormait plus dans sa cellule, et ça ne pouvait être que pour une raison : Voldemort avait dû apprendre ce qui se passait. Ou du moins quelqu'un de suffisamment proche de Voldemort qui pourrait mettre en péril Drago Malefoy.
Elle s'enfouit dans les bras de Drago, le front contre son torse, écoutant ce cœur qui palpitait à toute vitesse. Elle aurait aimé rester ainsi pour l'éternité.
Elle aurait aimé … l'aimer pour l'éternité.
Elle pressa ses paupières plus fort encore. Fred avait raison, elle s'était embarquée dans une situation qu'elle ne contrôlait pas dès son arrivée dans la prison Malefoy. Elle avait bien trop attiré l'attention du Général et elle s'était engouffrée dans cette faille qui lui rappelait tristement sa vie à Poudlard. Avant même de s'en rendre compte, elle s'était retrouvée dans le lit de l'ancien Serpentard, jouant avec sa mauvaise humeur et sa possessivité ridicule. Elle avait fini par s'enticher de lui et à présent, c'était ce qui allait la tuer.
Ne sois pas ridicule, Hermione, de toute façon tu serais morte bien avant s'il ne t'avait pas maintenu en vie. Tu as gagné quelques mois de vie, ce n'est pas plus mal, pensa-t-elle aigrement.
Oui, elle avait vécu quelques mois de plus dans l'enfer de cette prison, un enfer adouci par la présence de Drago Malefoy. Elle tenta de se remémorer toutes les horreurs qu'il lui avait fait vivre, le supplice qu'il lui avait infligé en entrant dans sa tête mais elle ne parvenait même pas à lui en vouloir ce soir-là, cramponnée à lui, s'y accrochant comme à une bouée de sauvetage alors qu'elle savait que c'était la dernière soirée qu'elle passait avec lui.
Elle savait qu'elle devait lui en vouloir et être en colère contre lui, mais c'était comme si elle n'arrivait pas à remplir la jauge de ces émotions-là, comme si tout cela était futiles et qu'il n'y avait que les sentiments qu'elle ressentait pour lui qui écrasaient toutes les autres émotions.
Alors ce soir-là, quand Drago Malefoy se montra plus tactile que d'habitude, plus joueur, plus entreprenant, elle ne le repoussa pas. Parce qu'elle en avait envie aussi. Elle voulait partager ce moment unique avec lui, la consécration des sentiments qu'elle ressentait pour lui, tout en espérant qu'il se souviendrait d'elle et de ce moment où elle avait voulu lui montrer tout l'amour qu'elle ressentait pour lui sans jamais le lui dire.
Ils n'étaient pas ce genre de personnes qui se faisaient des confidences sur leurs sentiments. Non, Hermione n'en avait pas envie. Il n'y avait rien de mieux que les actes pour prouver à l'autre qu'il comptait vraiment.
Ils s'endormirent, nus, pelotonnés l'un contre l'autre, dans un silence paisible et Hermione ne s'endormit que tard dans la nuit.
Oui, les choses allaient bientôt changées, et pas de la façon qu'avait imaginé Hermione Granger. Et Drago était terrifié à l'idée d'affronter ce moment. Terrifié de croiser son regard plein de reproches lorsqu'elle comprendrait. Il n'osait imaginer la fureur dans laquelle elle allait être plongée surtout après leur nuit passée ensemble.
Il ne put s'endormir, le cœur au bord des lèvres.
Il ne voulait pas la quitter, il ne voulait pas se passer d'elle. Elle avait réussi à lui faire ressentir des choses qu'il n'avait jamais ressenti. C'est comme si la chaleur s'était répandue pour la première fois dans tout son corps, comme s'il avait découvert la véritable vie.
Tout ça allait s'envoler et il ne voyait aucun moyen d'y remédier.
