Bonjour à tous, voici le nouveau chapitre après quelques semaines d'attente ! J'espère qu'il vous plaira, comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser des reviews, ça me fait toujours plaisir !
Drou : Ne t'inquiète pas trop, je suis plutôt happy end !
Pour les autres reviews, je réponds en message privé.
Bonne lecture !
Drago était comme dans une bulle. Tout lui semblait très silencieux, très lointain, et seuls les cris de Granger l'atteignaient. Il n'entendait pas la voix de Voldemort aussi tranchante qu'un couteau qui sifflait « doloris », alors que Granger se tortillait mollement sur le sol. Il ne voyait pas ses gardes tout autour qui guettaient sa réaction alors qu'il gardait les bras croisés dans le dos, les jointures blanchies par sa poigne.
Drago ne voyait qu'elle, le sang par terre qui s'écoulaient des coupures que le Lord lui avait infligé.
Toute sa haine s'était envolée. Il ne restait plus que la souffrance. Chaque doloris lui infligeait une douleur équivalente à celle de Granger.
La baguette du Lord se leva, laissant un peu de répit à la pauvre fille.
- Drago, voudrais-tu participer ? lui demanda le Lord, le sortant de sa transe.
Drago leva les yeux, croisant le regard sanglant de son maitre.
- Non merci, maitre. Je vous la laisse.
Le sourire du Lord se figea, plus froid que jamais.
- Tu n'as jamais refusé de torturer les sangs de bourbe avant aujourd'hui. Y aurait-il un problème ?
Le cœur de Drago s'emballa. Il dut se retenir de toutes ses forces de ne pas regarder Granger qui sanglotait.
- Non, maitre.
- Alors fais-le.
La voix du Lord avait claqué et il sentit une pression contre ses barrières mentales. Drago sortit sa baguette à contre cœur et souffla :
- Doloris.
Aussitôt, Hermione se remit à se tortiller sur le sol, souffrant le martyr.
- Tu n'y mets pas assez d'intensité, siffla le Lord. Doloris !
Le deuxième doloris acheva de plonger Hermione dans une demi-conscience. Drago baissa sa baguette, au bord de la nausée. Son regard flancha, il ne pouvait pas la regarder. La main anguleuse du Lord attrapa son menton par surprise, le forçant à le regarder.
- Me prends-tu pour un imbécile, jeune Malefoy ?
- Non, maitre, jamais.
- Crois-tu que je ne sais pas ce qui se passe ici ?
Les « s » sifflaient excessivement dans la bouche du Lord, ne faisant qu'accroitre son air de serpent.
Drago ne prit pas le risque de répondre, sa baguette serrée entre ses doigts tout en sachant qu'il n'oserait jamais la lever face au Lord.
- Mets-la dans la pièce.
Le cœur de Drago menaçait de sortir de sa poitrine. La pièce dont le Lord parlait, c'était l'endroit où on entassait les sangs de bourbe qui étaient sélectionnés pour être exécutés avant l'aube. Il y avait une grosse porte vitrée qui avait été griffée si souvent, avec un tel désespoir, qu'elle n'était plus si transparente. Du sang s'agglutinait dans les rainures, les pauvres détenus s'arrachant les ongles pour essayer de sortir de la pièce. 6 trous d'un ou deux centimètres de diamètre parcourait le mur de la pièce, juste assez large pour laisser une baguette. 6 baguettes et 6 sorciers, c'est tout ce qui fallait pour faire pleuvoir une pluie de doloris à l'intérieur avant d'y lâcher une brume empoisonnée qui finissait de les tuer.
Drago savait que s'il refusait, c'était lui qui finirait à l'intérieur, pourtant il ne put résister à une dernière tentative :
- On devrait la garder en vie, maitre. Elle pourrait nous servir contre l'Ordre. Elle doit avoir des informations.
Il n'avait rien de convaincant, la voix trop faiblarde et le teint trop jaunâtre. Les ongles du Lord s'enfoncèrent dans ses joues. Un rire âpre et glacial s'échappa de la gorge du Lord.
- Tu es un bon occlumens, mais ce n'est pas le cas de tes gardes. Et tu dois le savoir. Tout comme je sais ce qui se passe. Qu'as-tu fait avec cette sang de bourbe ?
Drago garda la bouche fermée. Il ne pouvait pas mentir, mais il ne pouvait pas dire la vérité. Le Lord agita la baguette et Granger fut propulsée dans la pièce. La porte se referma dans un claquement, étouffant son cri terrifié.
- Si tu ne tiens pas à cette sang de bourbe, tu ne verras aucun inconvénient à sa mort, n'est-ce pas ?
Il fit signe à ses mangemorts d'avancer. Ceux-ci s'exécutèrent, plaçant leur baguette dans les alcôves prévues à cet effet. Drago avait envie de se jeter sur eux, de le tuer un à un, mais il était figé. Terrifié à l'idée de la voir mourir, terrifié à l'idée de mourir en essayant de la sauver et ne pas y parvenir.
Car c'était impossible. Le Lord le tuerait d'un coup de baguette. Granger s'était relevée, frappant à coup de poing contre la porte, le suppliant du regard de le sortir de là. Il ne l'avait jamais vu si affaibli, mais qui était-il lui pour juger ? Alors qu'il peinait à ne pas trembler de tout son corps en la présence du Lord ?
- Allez-y, dit le Lord.
Une brume blanchâtre commença à emplir la pièce et Hermione couvrit sa bouche alors que Drago ne pouvait la lâcher du regard. Il ne voulait pas la laisser là, peu importe sa trahison, peu importe qui elle aimait, il préférait crever que de la laisser mourir comme un animal.
Alors pourquoi ne bougeait-il pas ? Pourquoi était-il paralysé ?
- Ou alors …, dit doucement le Lord. Si tu trouvais un quelconque intérêt à cette sang de bourbe, peut-être que je pourrais tolérer sa survie.
Mais Drago n'était pas dupe. Il savait que le Lord lui ferait payer une trahison pareille.
- Mais pour ça, il faudrait que tu me dises ce qu'elle représente pour toi.
Granger commençait à peiner à contenir sa respiration. Elle ouvrit finalement la bouche et aussitôt des larmes lui montèrent aux yeux, elle toussait à en cracher ses poumons.
- Ne faites pas ça, souffla alors Drago, incapable de supporter ce spectacle.
Le Lord leva une main. La fumée cessa de sortir des baguettes des sorciers, mais la brume emplissait tout de même toute la petite pièce, faisant agoniser la Gryffondor. Drago ne pouvait supporter ce spectacle. Une partie de lui mourait avec elle dans cette pièce.
- Qui est-elle, jeune Malefoy ?
La baguette du Lord se planta dans sa gorge. Drago recula d'un pas, incapable de lâcher du regard Granger qui continuait de s'étouffer.
- Elle … on couche juste ensemble.
Une lueur malsaine s'alluma dans le regard de sang du Lord.
- C'est tout ?
- Bien sûr. Ce n'est qu'une sang de bourbe, se défendit Drago, la voix tremblante.
Cette fois, le Lord rit à gorge déployée.
- Il n'y a que les faibles pour aimer, n'est-ce pas ? Tu es le meilleur de mes Généraux. Tu ne te serais pas abaissé à une chose pareille.
Il se moquait de lui. Il l'accusait d'aimer la Gryffondor.
- Je ne l'aime pas.
- Si tu ne fais que coucher avec, alors je devrais pouvoir te trouver une autre sang de bourbe convenable. Laissons celle-là mourir.
A un ordre tacite, les mangemorts projetèrent à nouveau la brume empoisonné.
- Mais si c'est celle-là que tu veux … alors j'imagine que tu n'as qu'à ouvrir la porte.
Granger avait disparu quelque part dans la brume. Drago n'hésita pas une seconde. En deux foulées, il était à la porte. Il l'ouvrit en grand, retenant à peine sa respiration et se jetant à l'intérieur sans se préoccuper de savoir s'il s'agissait d'un piège.
Elle avait reculé tout au fond de la pièce. Ses lèvres avaient craqué, ses yeux étaient entourés de cercles rouges. Il l'attrapa et la tira hors de la pièce embrumée. Il prit une longue inspiration refermant la porte pour ne pas aspirer une once de cet air nauséabond.
- Allez, réveille-toi, Granger, souffla-t-il en la claquant doucement. S'il te plait, réveille-toi.
Elle ne se réveillait pas. Elle avait déjà l'air d'un cadavre, le visage blanchâtre. Il posa deux doigts sur sa gorge. Il croyait sentir un pouls faible. A moins que ce soit son cœur qu'il sentait battre au bout de ses doigts ?
- Allez …
Il ne pouvait pas imaginer qu'elle soit morte. Comment Hermione Granger pourrait-elle mourir si … facilement ? Elle était pire qu'un nuisible depuis qu'il la connaissait. On ne se débarrassait pas d'elle si facilement. Elle n'allait pas mourir. C'était impossible. Sa vie sans elle serait fade, sans chaleur aucune. Il ne voulait pas retourner au froid constant et ennuyant de sa vie.
Soudain, une quinte de toux traversa la gorge de Hermione, réveillée parmi les morts. Drago sentit son cœur retomber dans sa poitrine. Sa main contre la joue de la Gryffondor, il se délectait de la chaleur de son visage chaud et vivant. Son regard brun était vitreux et mouillé, mais vivant. Elle était en vie.
- Dra… go.
Puis elle s'évanouit. Drago soupira lourdement. Le Lord le regardait avec un air supérieur, jubilant d'avoir trouvé un nouveau moyen de pression pour manipuler le fils Malefoy.
- Ridicule, souffla le Lord.
Drago se redressa péniblement.
- Qu'est-ce que vous allez me faire maintenant ? demanda-t-il avec le plus de bravoure dont il était capable.
- Mais rien du tout, mon cher Drago. Rien du tout. Par le passé, j'ai pu voir qu'il n'y avait personne de plus loyal qu'un homme amoureux.
- Je ne suis pas amoureux.
- C'est ce qu'il disait aussi.
Drago ignorait de qui il parlait, il n'en avait que faire.
- N'oublie pas qui est ton maitre, Drago. Et surtout, n'oublie pas qui te permet de la garder en vie.
Il fit signe à ses mangemorts et ils lui emboitèrent le pas lorsqu'il quitta la pièce. Les quelques gardes de Drago dansaient sur le pied, mal à l'aise et surtout terrifié à l'idée de subir la colère de leur Général parce qu'ils avaient tous trahi son secret.
- Dehors, souffla Drago à peine assez fort pour qu'ils l'entendent. Et envoyez-moi le médecin.
Ils s'exécutèrent, quittant à toute allure cet endroit trop plein de tension. Drago se pencha sur Hermione, le cœur battant à toute allure. Il glissa les quelques mèches de cheveux de Granger qui barraient son visage, et embrassa doucement son front.
- Je suis désolé, Granger. Tellement désolé.
Il l'attira contre lui, la serrant dans ses bras, essayant de faire passer tout son mal être, tout son regret à travers cette étreinte. Il n'espérait qu'une chose, qu'elle comprenne à quel point il aurait tout donné pour qu'elle ne subisse pas cette horreur, qu'elle comprenne ce qui se déchainait en lui.
Mais Hermione ne comprendrait pas. Elle ne lui pardonnerait pas. Elle ne l'acceptera plus. Il avait brisé quelque chose en elle.
Hermione se réveilla dans un lit confortable, juste à côté d'une source de chaleur agréable. Si la première sensation qu'elle ressentit fut agréable, la seconde qui vint seulement un instant plus tard, fut des plus désagréable. Une migraine monstrueuse lui vrillait le crâne. Tout son corps était douloureux, comme si on l'avait roué de coups et que tout son corps n'était plus que bleus et traumatismes.
Elle ouvrit péniblement les yeux et fut éblouie quelques instants par la lueur des chandelles au plafond. Plusieurs pansements couvraient certaines parties de son corps et elle se rappela brusquement les derniers évènements.
Elle avait été torturée. Par Lord Voldemort lui-même. Le simple souvenir des sortilèges doloris qu'elle avait reçu la fit frémir. Les plaies qui couvraient son corps étaient toujours douloureuses, comme si le simple fait qu'elles étaient infligées par la baguette du mage noir les rendaient plus insoutenables.
Elle se redressa péniblement contre les coussins, pressant ses paumes de main contre ses paupières. Elle aperçut l'ombre de la croix qui couvrait toujours son poignet.
Drago avait été en partie responsable de son mal. Il avait laissé le mage noir la torturer, il l'avait laissé la jeter dans cette pièce d'agonie. Il lui avait même lancé un doloris. Jamais elle n'aurait cru qu'il irait jusqu'au bout, jamais elle n'aurait cru qu'il mettrait sa vengeance à exécution.
Et une vengeance pour quoi ? Pour une croix qui était apparu pour lui.
Un rire sans joie lui échappa.
C'était une vie de fou dans un monde de tarés.
Elle se rendormit, plongée dans un sommeil de plomb qui lui vrillait le crâne. Elle ne se réveilla que lorsqu'une infirmière vint la piquer en toute brutalité.
Le temps était passé mais Hermione était toujours coincée dans ce lit dont elle désespérait d'en sortir. Les médecins étaient sceptiques sur son état de santé de ce qu'elle avait compris, bien qu'aucun d'eux ne se soit adressé à elle directement. Ils avaient couvert ses yeux d'un bandeau, ne le retirant qu'une fois par jour pour badigeonner ses paupières d'un baume réparateur. Elle était plongée dans la pénombre depuis des jours, car chaque fois qu'elle ouvrait les yeux, elle était brûlée par une lueur d'un blanc trop éclatant. Elle avalait des potions en tout genre plusieurs fois par jour, pour retrouver des forces, sans que cela semble avoir le moindre effet.
Elle ne tenait toujours pas debout toute seule, elle ne voyait rien, entendait péniblement, ses oreilles vrillées constamment par un sifflement désagréable. Son dos lui donnant l'impression d'être une planche de bois et chaque mouvement lui était douloureux.
Elle avait senti sa présence. Plusieurs fois. C'était à lui que parlaient les médecins. Mais il n'avait jamais répondu. Elle avait simplement senti son regard brûlant sur elle, même en étant incapable de le voir. Elle avait senti le malaise des médicomages qui angoissaient à l'idée de dire quelque chose qui allait lui déplaire.
Elle sentait l'atmosphère piquante, aigre dans la pièce, glacée.
Elle n'avait pas ouvert la bouche. Elle n'avait pas esquissé le moindre geste, même lorsque les docteurs l'avaient laissé seul avec lui. Elle écoutait simplement son propre cœur qui battait à ses tempes, qui battait avec force chaque fois qu'elle le sentait à proximité alors qu'il peinait à palpiter faiblement depuis son accident.
Elle sentait la rage et la colère qui enflammait le sang dans ses veines et ses dents se serraient. Elle ne lui accorderait pas un son, pas une attention. Il ne le méritait pas.
Elle ne voulait pas savoir pourquoi il l'avait sorti de cet enfer, car il était le responsable de son calvaire. Il l'avait puni pour cette croix. Il l'avait puni à coups de doloris, il l'avait poussé au bord du gouffre de la mort par rancœur et par lâcheté.
Il n'avait pas eu le courage de défier Voldemort pour la sortir de là. Il n'avait pas eu la présence d'esprit d'essayer de comprendre pourquoi elle avait cette croix sur le poignet. Il n'avait eu que la lâcheté de plonger dans une rage noire, la lâcheté et la fourberie de lui faire payer cet affront monstrueux qu'était celui d'aimer.
L'aimer lui.
Elle déglutit douloureusement.
Elle entendit le froissement de ses vêtements et le sifflement à ses oreilles prit encore en ampleur.
Elle sentit le matelas s'affaisser. Il savait qu'elle était consciente de sa présence, mais elle n'esquissa pas le moindre mot, le moindre mouvement.
Il lui sembla rester ainsi pendant des heures avant que finalement il se lève, sans un mot et quitte enfin sa chambre.
Hermione avait 3 semaines alitée avant d'enfin pouvoir quitter sa chambre et abandonner les bandes qui dissimulaient sa vue. Elle avait troqué son bandage pour des lunettes de soleil si opaques qu'elle voyait à peine à travers, et elle était suffisamment forte pour pouvoir se déplacer en rasant les murs, s'y tenant fermement.
C'était sa mission chaque jour. S'aventurer dans les couloirs en priant pour y croiser l'unique personne qu'elle souhaitait rencontrer depuis son réveil dans cette chambre médicalisée.
Et enfin, elle le vit.
- Maxwell.
- Hermione, par Merlin, tu es encore en vie ? Les rumeurs disaient vraies ?
- Tu en doutais ?
Elle tenta de sourire, mais ses lèvres peinaient à obéir, s'affaissant rapidement.
- Survivre à une rencontre avec le Lord, oui, j'avoue en avoir douté.
Il se rapprocha, jetant un œil derrière lui, s'assurant que le couloir était désert.
- Tu es dans un sale état, remarqua-t-il.
- Merci pour ce compliment, Maxwell.
Il prit une moue désolé, mais Hermione ne s'y attarda pas.
- J'accepte. Ta proposition. Je veux sortir d'ici, mais pas seule. Fred doit venir avec nous.
- Tu compliques les choses, dit-il avec un froncement de sourcils. En plus, je doute que tu sois capable de sortir d'ici dans cet état.
- Je vais aller mieux. J'irai mieux. Procure-moi de la poudre de cheminette. C'est tout ce que je te demande.
Il soupira. Lourdement.
- Très bien.
Hermione sentit son cœur s'emballer. La fin était proche. Maintenant, elle devait trouver un moyen de pénétrer la chambre de Malefoy avec Fred pour emprunter cette cheminée.
- Et j'aurais besoin d'une potion d'endormissement.
- Je t'apporte ça au plus vite. A plus tard, Hermione.
Elle hocha de la tête et entreprit son long chemin de retour jusqu'à sa chambre.
Lorsqu'elle entra dans la pièce, elle sentit aussitôt sa présence. Elle ne le voyait pas. Il était dans l'angle de la pièce qui lui était invisible si elle ne tournait pas la tête. Elle s'avança jusqu'à son lit et trébucha, se rattrapant de justesse à la table de chevet. Elle s'assit au bord du lit.
Il n'était pas venu depuis longtemps. Si longtemps que cela datait des jours où elle avait encore les bandages qui dissimulaient son regard. Cela faisait au moins 6 jours. Elle s'assit sur le bord du lit, reprenant lentement son souffle après les efforts qu'elle avait fourni pour sa petite promenade.
Là, dissimulée derrière ses lunettes trop sombres pour que la direction de son regard ne soit trahie, elle jaugea Malefoy. Il était dans son éternel uniforme. Pourtant, il faisait plus fatigué qu'à l'époque. Avant qu'il ne l'envoie à la mort. Il avait des cernes, et le teint plus terne que pâle. Les bras croisés, il observait Hermione.
Elle avait le cœur qui battait à tout rompre. Si elle voulait mettre son plan à exécution… elle devait faire preuve de maitrise. Il allait falloir tromper la méfiance de Drago Malefoy. Elle allait devoir le battre à son propre jeu : la manipulation.
Le cœur fébrile, elle ouvrit la bouche, laissant sa voix éraillée depuis son incident, passer la barrière de ses lèvres :
- Ça faisait longtemps que tu n'étais pas venu me voir.
Il lui fallut tellement de temps pour lui répondre, qu'elle crut qu'il n'allait pas parler.
- Et pourquoi à ton avis ? souffla-t-il finalement.
Il sentait le regret, il sentait la culpabilité. C'était comme si Hermione avait acquis un nouveau pouvoir en frôlant la mort : celui de lire à travers les expressions indéchiffrables de Malefoy.
Elle avait envie de lui faire mal, de lui cracher les pires vérités à la figure pour empirer sa culpabilité, pour le mettre au plus bas et l'achever. Elle avait envie de lui cracher à la figure qu'il avait failli la tuer, qu'il n'était qu'un lâche, un poltron et un incapable qui n'avait pas réussi à comprendre qu'il était celui qu'elle avait aimé, qu'il n'y avait jamais eu personne d'autre. Qu'il avait tout ruiné et qu'elle ne lui pardonnerait jamais la douleur qu'il lui avait infligé.
- Tu m'as sauvé la vie, Drago.
Ce furent les mots qui passèrent ses lèvres, avec une douceur dont elle ne s'était pas sentie capable.
- Tu as fait ce qu'il fallait pour que le Lord m'oublie.
Quelque chose passa dans le regard de Drago, une lueur d'espoir peut-être.
Il n'y avait pas plus facile à convaincre que celui qui ne demande qu'à croire.
