Bonsoir à tous ! Voici un nouveau chapitre qui s'est encore une nouvelle fois attendre. Je sais, c'est pas cool, alors j'ai fait un effort pour m'y mettre sérieusement et terminer le chapitre que j'avais déjà commencé et même bien entamé !

Merci pour vos reviews, Drou, Artnwork et Guest (tu m'as redonné un petit coup de peps pour terminer ce chapitre !)

Pour les autres, je vous réponds en privé dans les prochains jours !

J'espère que ce chapitre vous plaira, comme d'habitude et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, ça me fait toujours autant plaisir !

Bonne lecture !


Drago Malefoy, une cigarette entre les lèvres, observait l'horizon à travers la fenêtre de sa chambre.

Il avait abandonné le manoir Malefoy pour rejoindre ses quartiers dans ce qui était devenu son chez lui plusieurs années auparavant. Un chez lui, gris et terne, sans émotion et sans vie.

La fenêtre ouverte aspirait la fumée néfaste qui s'échappait de la cigarette qu'il fumait. Il se retourna, s'asseyant sur son bureau et son regard se posa sur la lettre pliée en trois.

Toujours pliée en trois, jamais dépliée.

Il n'avait qu'à fermer les yeux pour voir les deux mots écrits visibles « A Drago ». Une belle écriture. Une écriture de rat de bibliothèque trop studieux. Un rat de bibliothèque désagréable et hautain, qui passait tout son temps à prendre de haut tous ceux qui ne se passionnaient pas autant pour les bouquins sans intérêt. Il s'arracha à sa chaise de fortune pour attraper délicatement le parchemin plié en trois. Il le retourna doucement.

Voilà.

Plus d'écriture parfaite.

Plus de « A Drago ».

Drago rejoignit son bureau où l'attendait déjà son nouveau partenaire.

Rookwood. Déjà là. A 7h00 du matin. Il serait peut-être temps de te trouver une femme, tu ne penses pas ?

Rookwood, les bras croisés, l'attendait contre le mur gris du couloir. Une mèche de ses cheveux noirs graisseux lui barrait le front. Son regard était aussi noir que ses cheveux. Ce n'était pas un homme bavard. Il était langue de plomb au ministère pendant longtemps. Ça expliquait peut-être ce mutisme inquiétant.

Un sourire froid étira ses lèvres l'espace d'un instant.

- Il faut se lever tôt pour reprendre cet endroit comme il le faut, dit-il froidement.

- Il n'a jamais eu besoin de toi pour tourner correctement.

- Ce n'est pas ce que pense le maitre.

Drago ne répondit rien. Un frisson lui parcourut l'échine. La lueur rouge dans le regard du Lord … il s'en souviendrait toute sa vie, imprimée sur sa rétine chaque nuit. Chaque fois qu'il fermait les yeux.

- Qu'est-ce que tu veux, Rookwood ?

- La liste des gardes employés.

Drago entra dans son bureau, ouvrit l'un des tiroirs de fer et en tira un dossier épais comme un dictionnaire.

- Le voilà, dit-il avec un sourire faussement poli. Et Rookwood, trouve-toi une femme et arrête de camper devant mon bureau.

- Je ne suis pas assez désespéré pour chercher parmi les sangs de bourbe.

Drago aurait pâli s'il n'avait pas déjà le teint blanc. La porte se referma et il lâcha un juron.

Il frotta son visage d'une main fébrile.

Rookwood passait toutes ses actions au peigne fin. Il n'avait pas un instant de répit. Le lord avait exigé un rapport quotidien, et Rookwood se chargeait de faire le sien en plus de ça.

Il avait perdu toute la confiance du Lord qui le tenait alors en haute estime jusque-là.


Hermione avait obtenu le droit de cesser les missions de surveillance superflues, sa place ayant été attribuée à Fred Weasley malgré les protestations de George. Hermione avait maintenant pour mission de trouver un plan de pénétration d'Azkaban.

- S'il y a un endroit où vous-savez-qui pourrait cacher Harry, c'est bien là-bas, avait dit Neville avec raison.

- Vous pensez vraiment qu'il a Harry ? S'il l'avait, il l'aurait tué, dit Hermione, sceptique.

- On le pense tous, mais on se doit de vérifier. On ne peut écarter aucune possibilité.

Hermione dodelina de la tête. La quête pour retrouver Harry lui paraissait aussi interminable et impossible que celle des Horcruxes, quelques années auparavant. C'était chercher un grain de sable dans une botte de foin. Sauf que cette fois, il fallait trouver le Harry Potter disparu au milieu de la forêt interdite.

- Quelqu'un a réussi à joindre Ron ? demanda Hermione, avec intérêt en regardant Fred et George.

J'ai envoyé une lettre à maman et papa qui sont en Allemagne, mais je n'ai reçu aucune réponse. Je pense qu'ils se sont trop bien cachés, je doute que le hibou les ait trouvés. Il n'est toujours pas revenu et ça fait deux semaines.

Hermione hocha de la tête, un peu déçue. Elle aurait aimé retrouver Ron. Le serrer dans ses bras, oublier un peu toutes les horreurs qui peuplaient ses nuits. Les cernes qu'elle avait déjà depuis plusieurs mois ne faisaient que croitre. A présent, Voldemort lui rendait aussi visite dans ses cauchemars. Elle se revoyait, hurlant dans cette cabine minuscule où elle suffoquait, persuadée de mourir.

Depuis, elle passait le plus clair de son temps à chercher tous les plans qui pouvaient exister de la prison Azkaban. Il n'en existait pas beaucoup, la prison avait pour réputation d'être imprenable. Mais Hermione ne se fiait pas aux réputations de ce genre d'endroit. Elle avait réussi à sortir d'une prison dont on ne sortait jamais vivant après tout.

Cependant, elle devait bien avouer que cela lui semblait bien compliqué. Implanté sur un rocher en mer, il n'y avait rien d'autre que des falaises à perte de vue sans la moindre dissimulation possible. On voyait quiconque arriver à plusieurs kilomètres à l'aide de bonnes jumelles.

Ensuite, se posait le problème des détraqueurs. Hermione les avait vu roder tout autour de la prison et elle ne doutait pas qu'il devait y en avoir bien plus à l'intérieur. Même si Hermione réussissait à former un patronus, ce qui était loin d'être certain dans une prison infestée de ces atroces créatures, il n'y aurait rien de mieux pour donner l'alerte et qu'une armée de mangemorts débarquent pour l'arrêter et la renvoyer de là où elle venait.

Et Merlin savait à quel point Hermione n'avait pas la moindre envie de remettre les pieds dans une prison où l'attendait l'homme qui souhaitait le plus sa mort.

Hermione avait réussi à dégoter une information qui pouvait faire la différence : le nom de Auguste Garrick. Auguste Garrick était un responsable de la justice magique travaillant au ministère. Il avait un travail parfaitement insignifiant, mais Hermione avait appris grâce à un rapport obscur sur les visites du dénommé Garrick à Azkaban afin de s'assurer du cours de la peine des condamnés. Hermione n'avait plus qu'à lui arracher quelques petites mèches de cheveux, découvrir la date prévue de sa prochaine visite à Azkaban et se présenter à sa place.

Il lui fallut un bon moment avant de réussir à le suivre sans le perdre à la sortie du ministère.

Il habitait dans une petite maison de banlieue de Londres avec sa femme et ses deux filles. Hermione n'avait pas eu trop de mal à s'introduire chez lui sans être remarquée pour y trouver son agenda. Elle parcourut rapidement les pages et y trouva une date : le 12 mars.

Dans deux semaines. Elle avait bien fait de commencer sa potion de polynectar en avance.

A présent, il fallait qu'elle le neutralise le jour de sa visite sans éveiller les soupçons.

Hermione fit son rapport et alla se coucher sans manger ce soir-là. Elle était épuisée, et elle peinait de plus en plus à trouver le sommeil. Chaque fois qu'elle fermait les yeux, le visage colérique de Drago apparaissait, puis laissait finalement place à un Voldemort plus effrayant encore qui le torturait à coups de doloris.

Elle courait à en perdre haleine. Les couloirs sentaient l'humidité, à en suffoquer. Il n'y avait que les ténèbres tout autour d'elle. L'écho de ses pas raisonnaient à l'infini. Elle ne pouvait pas s'arrêter de courir. C'était comme si la mort était à ses trousses.

Harry. Elle devait trouver Harry.

Elle tourna brusquement dans un nouveau couloir, comme appelée.

Il y avait des gémissements. Des gémissements horribles de douleur. Il y eut un gargarisme bizarre, comme si quelqu'un se noyait.

De la lumière. Tout au bout du couloir.

Elle accéléra le pas et s'arrêta nette. C'était le vide ! Les vagues déferlaient contre l'île rocailleuse qui abritait Azkaban.

- Toi … toi, c'est ta faute si je suis ici.

Hermione sentit son sang se glacer. Cette voix … sa voix.

Lentement, elle tourna la tête.

Là, dans une cellule sans porte, il y avait Drago Malefoy. Son teint d'une blancheur cadavérique était crasseux, couvert de sang séché. Son visage était couvert de bleus, ses cheveux en bataille. Il ne tenait pas debout. Recroquevillé par terre, il la regardait avec souffrance. Son regard bleu était plein de larmes, et lorsqu'il ouvrit la bouche, un flot de sang se déversa.

- Dra … Drago, murmura-t-elle.

Elle entra fébrilement dans la cellule, s'agenouillant. Il écarta sa main d'un mouvement brusque, hoquetant de douleur.

- Réjouis-toi, tu es libre, dit-il difficilement, le sang coulant de sa bouche. Ça t'aura couté ma vie. Ce n'est pas cher payé, n'est-ce-pas ?

- Pardon … Pardon, Drago, je … je ne voulais pas qu'il te fasse du mal.

- Il fallait y penser avant, sang de bourbe.

Hermione caressa doucement la joue creusée de Drago. Il était trop faible pour la repousser.

- Il le fallait. Il le fallait, Drago. Je ne veux pas que tu meures en pensant que je souhaitais tout ça, sanglota-t-elle.

- Rassure-toi, vous mourrez ensemble.

La voix glaciale de Voldemort stria la tête de Hermione qui se plia en deux, se couvrant les oreilles de douleur. Entre ses paupières closes, elle aperçut le visage de serpent de Voldemort.

- Mais pas sans souffrir.

La pièce changea. Ce n'était plus une cellule d'Azkaban mais l'horrible pièce où elle avait suffoqué, pensant mourir. Sous les yeux de Drago.

Mais cette fois ils étaient tous les deux, et il n'y avait personne qui les regardait de l'autre côté de la vitre. Il y eut un bruit de bouchon qu'on dévisse et un embout de baguette apparut. Aussitôt, un gaz atroce se déploya dans la pièce.

Hermione se redressa brusquement. Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte qu'elle hurlait et sanglotait.

Elle s'extirpa de ses couvertures avec force, s'empêtrant plus encore. Elle était en sueur, paniquée. Son cœur battait si fort qu'il lui faisait mal. Elle se jeta presque à la fenêtre, l'ouvrant en grand. Elle respirait comme si elle avait couru dans ces dédales de couloirs. Sa gorge lui faisait mal, ses poumons lui brûlaient.

Le visage atroce de Voldemort était imprimé sur ses rétines.

- Arrête d'y penser, se dit-elle à elle-même. Ne pense pas à lui, ne pense pas à tout ça.

Mais elle n'y arrivait pas.

- Arrête de réfléchir, murmura-t-elle.

Le regard accusateur de Drago la hantait. Ses cris d'agonie lui vrillaient les oreilles.

Elle pressa ses paupières et les taches blanches habituelles apparurent, faisant disparaitre les images de son cauchemar.

Je l'ai vu au Rat Pendu, l'autre soir. Il était tout seul. Il buvait comme un trou.

Hermione sentit sa gorge se serrer. Non. Elle ne pouvait pas.

Je l'ai vu au Rat Pendu, l'autre soir. Il était tout seul. Il buvait comme un trou.

C'était trop risqué.

- Arrête d'y penser, dit-elle à nouveau à elle-même alors que les cris de Drago continuaient de lui vriller les oreilles. Il n'est pas là. Ce n'est qu'un rêve. Un horrible cauchemar.

Il buvait comme un trou.

Elle gratta distraitement la croix qui tachait toujours l'intérieur de son poignet. Elle se laissa lentement glisser contre le mur, épuisée. Elle n'en pouvait plus. Entre les cauchemars et les journées passées à ressasser, elle avait l'impression de ne jamais avoir de repos.

Ça faisait des semaines qu'elle était partie.

Pourquoi n'arrivait-elle pas à le détester après toutes les horreurs qu'il lui avait fait subir ? Après toutes les méchancetés qu'il lui avait craché à la figure ?

Pourquoi cette putain de croix ne disparait pas ?

Elle ferma les yeux, somnolent doucement au pied de la fenêtre, ses cheveux agités par une petite brise qui lui faisait du bien.

Elle pouvait presque se sentir là-bas, les yeux fermés. Elle pouvait presque sentir sa main glisser sur le matelas pour rejoindre la sienne, silencieusement.

Elle se redressa. Elle s'habilla, enfila ses chaussures et un manteau avant de jeter quelques sortilèges qu'elle maitrisait parfaitement à présent. Elle ne ressemblait plus à Hermione Granger avec ses cheveux lisses et châtains, le menton plus pointu qu'à l'habitude, les sourcils broussailleux et les yeux bleus.

Sur la pointe des pieds, elle se faufila hors de sa chambre.

Il y avait des gardes aux portes de l'hôpital, elle ne pouvait pas passer par là sans devoir affronter des questions auxquelles elle ne voulait pas répondre. On ne pouvait pas transplaner dans le bâtiment, c'était une protection nécessaire.

Elle ouvrit la fenêtre de la cuisine et sauta à travers l'ouverture.

L'air frais lui fit du bien et elle en inspira une grande bouffée.

Il était minuit lorsqu'elle arriva dans l'Allée des Embrumes. Il lui fallut un bon moment avant de trouver le Rat Pendu. C'était un pub assez grand à l'angle de l'Allée des Embrumes. Il était plutôt en bon état comparé aux boutiques délabrées qui bordaient la rue.

Hermione hésita un moment.

Ce qu'elle s'apprêtait à faire … si Neville et les autres l'apprenaient, on pourrait l'accuser d'inconscience.

A force d'approcher trop près du soleil, tu vas te brûler, la prévenait constamment Fred.

Mais elle avait si mal au cœur.

Personne ne l'apprendrait jamais.

Décidée, elle poussa la porte du pub dont la cloche tinta. Quelques clients levèrent la tête sans grand intérêt et Hermione se dirigea vers l'une des petites tables encore libres. Elle commanda une bièraubeurre et se plonga dans la lecture factice d'un journal qui trainait sur la table. Elle chercha un long moment la présence des cheveux blonds aristocratiques de Drago, mais il n'était pas là.

La déception emplit son cœur et elle fronça les sourcils. Après tout, c'était peut-être mieux ainsi. Qu'aurait-elle fait s'il avait été là ? Et puis le voir aurait raviver la plaie déjà bien ouverte qui lui meurtrissait le cœur.

Hermione commanda trois bièraubeurres, mais Drago n'apparaissait toujours pas. Finalement, épuisée, elle se leva. Il ne viendrait pas. Peut-être une autre fois.

Ce qui était certain, c'est qu'elle ne se présenterait pas à nouveau. C'était une idée stupide qui pourrait couter cher à l'Ordre si elle se faisait débusquer.

Elle poussa la porte distraitement, réfléchissant à la bêtise dont elle avait fait preuve quand elle percuta un client qui entrait dans le pub.

- Excusez-moi, dit-elle rapidement.

Elle reconnut la main qui dépassait du manteau avant même de relever la tête. Le souffle court, elle leva le menton.

De toute sa hauteur, il la jaugeait avec froideur. Son regard gris était dur et glacial. Son visage impassible n'exprimait que dégout et supériorité. Un instant, quand elle croisa ce regard gris, elle se sentit découverte. Comme s'il n'y avait aucun sortilège pour la dissimuler, comme si son âme était à nue et que les sortilèges ne pourraient jamais dissimuler qui elle était à ses yeux inquisiteurs.

- Vous pourriez faire attention, siffla-t-il.

- Je … je …

Elle avait le souffle court. Son cœur battait à tout rompre, presque douloureusement. Mais ce n'était pas la douleur habituelle. C'était une douleur bienfaitrice, la douleur de la vie qui coulait à nouveau dans ses veines.

- Pardon, répéta-t-elle finalement.

Il ne lui accorda pas d'autre regard et entra en la bousculant.

Hermione se força à bouger. Elle ne devait pas rester là. On commencerait à se demander pourquoi elle restait comme une imbécile devant la porte. La croix à son poignet la brûlait presque. Le cœur au bord des lèvres, elle se cacha dans l'une des ruelles pour reprendre ses esprits. Elle ne pouvait pas transplaner dans cet état, elle risquait de se désartibuler.

Elle renifla, essuyant les quelques larmes qui avait coulé sur ses joues.

Cette voix … elle était si réelle … elle avait l'impression de l'avoir oublié.

Elle hoqueta.

Pourquoi était-ce si dur ? Pourquoi le destin était si injuste, pourquoi avait-il fallu que ce soit lui qui sache la rendre si vivante alors qu'ils étaient ennemis de toujours et pour toujours ?

Elle se releva, toujours à fleur de peau et transplana.

Elle ne prit pas la peine de passer par la fenêtre. Elle passa les portes sans répondre aux questions de deux anciens de ses camarades de prison qui étaient chargés de la surveillance de la porte principale. Elle fila au second étage et s'arrêta devant la porte 224. Elle toqua doucement. Encore et encore. Jusqu'à ce que la porte s'ouvre sur un Fred à l'air endormi.

- Qu'est-ce qu'il y a ? dit-il d'une voix ensommeillée.

- Je crois que je suis malade, Fred.

Il la regarda avec plus d'attention, remarquant ses joues un peu humides et ses yeux rougis. Avec un sourire triste, il la laissa entrer.

- On tombe tous malade un jour, Hermione. Tu as simplement choisi une maladie plus dure que les autres.


Drago se réveilla en sursaut le lendemain matin. Il avait une migraine atroce qui lui vrillait le crâne et sa bouche, pâteuse à cause de l'alcool, ne demandait qu'à boire. Difficilement, il s'extirpa du lit pour se mettre sous la douche.

Son cerveau était embrumé et il n'avait pas le moindre souvenir de sa soirée. Il était allé au Rat Pendu. Il avait entendu les murmures lorsqu'il était entré. Mais il n'en avait plus rien à faire des rumeurs et de ce qu'on pensait de lui.

Les yeux fermés, il revit le visage si ouvert et souriant de la Gryffondor. Chaque fois qu'il fermait les yeux, son visage apparaissait. Chaleureux, doux. Si différent de cette Granger qui l'avait trahi. Qui avait réduit sa vie à néant. Après qu'il lui ait avoué ce qu'il n'avait jamais dit à personne.

Elle avait emporté avec elle cette partie de Drago, dissimulée depuis toujours, si bien caché qu'il avait cru qu'il n'en avait pas.

Il jeta un œil à sa montre avec frustration.

Rookwood n'était toujours pas parti. Il l'épiait constamment et Drago devait bien avouer que ça avait tendance à l'irriter. Il ne pouvait pas prendre le risque que Rookwood le suive, ou se rende compte qu'il s'en allait de temps à autre de façon mystérieuse.

- Je m'en vais, Rookwood, dit-il finalement après avoir tapé à la porte de son bureau.

Rookwood releva un œil suspicieux vers lui.

- Où ça ?

Drago leva les yeux au ciel.

- Chez mes parents. Satisfait ?

Rookwood ne répondit pas, le fixant intensément. Drago sentit quelque chose effleurer son esprit, se heurter aux barrières impénétrables qu'il avait érigé il y a fort longtemps. Il se félicita d'avoir compris la manœuvre de Rookwood qui était un très mauvais légilimens. Il n'avait pas la moindre chance de percer les défenses de Drago.

- A demain, Rookwood.

Et il claqua la porte.

Drago prit soin de quitter la prison par l'entrée sur laquelle avait vu le bureau de Rookwood. Il se concentra et transplana devant le grand portail du manoir.

Il était plus sombre que jamais, comme toujours surplombé d'un gros nuage gris qui assombrissait le jardin qu'il avait trouvé si accueillant lorsqu'il était enfant.

Il n'attendit pas une seconde de plus pour contempler son chez lui. Il transplana à nouveau. Cette fois, il apparut devant le portail d'un autre manoir, plus petit que celui de son enfance, mais majestueux tout de même. C'était la résidence de vacances des Malefoy. Avec vue sur la côte et pas un seul voisin à plusieurs kilomètres à la ronde, il était parfaitement situé pour quiconque voulait se retrouver seul loin de la civilisation.

Cela faisait plusieurs années que Drago n'y avait pas mis les pieds pour les vacances. Ses parents n'y allaient plus non plus. Dans ce nouveau monde, partir en vacances semblaient incongrus, complètement irréfléchis. Il n'osait pas imaginer la tête de son maitre s'il lui disait qu'il partait deux semaines en vacances à la plage.

Il aurait sans doute le droit à un sortilège de mort cette fois.

Il s'assura de ne pas croiser le jardinier en entrant dans le parc qui entourait la propriété et rejoignit aussitôt le petit bois à sa droite. Les arbres étaient touffus et rapprochés, empêchant presque la lumière du soleil d'atteindre le sol. Il lui fallut moins de deux minutes pour rejoindre la minuscule cabane de trappeur à la lisière du parc. Appuyée contre le mur de pierre qui entourait la propriété, deux fenêtres crasseuses encadrait une porte de bois humide.

C'était une vieille cabane abandonnée.

Drago entra.

XXX

Hermione avait suivi les conseils de Fred : essayer de se concentrer sur le travail, se forcer à ne pas penser à lui (comme si elle avait déjà réussi …), ne jamais céder à l'envie d'aller le voir.

- C'est trop dangereux, lui avait dit Fred. Tu te rends compte s'il te démasque ? Tu as envie de retourner là-bas ? Imagine ce qu'il va te faire si tu as le malheur d'être retrouvée. Imagine, rien qu'une seconde, et rappelle-toi de ce fichu article.

Hermione n'avait rien répondu à ce moment-là. Elle le connaissait par cœur cet article, et depuis son visage était placardé un peu partout avec une magnifique récompense de 1000 galions.

Il avait raison, bien évidemment, mais Hermione ne pouvait pas s'empêcher d'y penser chaque soir. Elle gardait les yeux résolument ouverts dans la pénombre, fixant le plafond. Il ressemblait à celui de la chambre de Malefoy. Comme tous les plafonds.

Elle ne s'endormait pas, obnubilée par l'idée qu'il soit au Rat Pendu, peut-être trop ivre pour la reconnaitre même sans camouflage magique.

Après l'avoir vu, l'avoir heurté … l'avoir entendu. Sa voix avait hanté ses nuits depuis, plus réelle que jamais.

Point positif, ses nuits écourtées par ses tourmentes, Hermione eut tout le loisir de réfléchir à un plan d'action pour pénétrer Azkaban. C'était un plan simple, pas très raffiné ou subtile, mais c'était celui qui avait paru le plus sûr à Hermione.

La veille du rendez-vous, lorsqu'Auguste Garrick rentrerait du travail, elle l'accueillerait devant la porte de chez lui avant que sa femme ne puisse l'apercevoir. Là, elle le neutraliserait et le confierait à deux de ses confrères de l'Ordre qui s'assureraient de lui demander tout ce qui pourrait être nécessaire à sa visite d'Azkaban le lendemain.

Ensuite, elle n'aurait plus qu'à faire mine d'être Auguste Garrick jusqu'au lendemain et après sa visite d'Azkaban, libérer le véritable Auguste qui aura subi un sortilège d'amnésie.

Rien de plus simple.

- Dis, George, toujours pas de nouvelles de ta famille ?

- Aucune. Le hibou n'est toujours pas revenu …

Hermione vit l'inquiétude dans son regard et Fred lui tapota doucement le dos.

- Je suis sûr qu'ils vont bien, dit-il avec un sourire qui se voulait encourageant. Ils sont simplement trop bien cachés, et c'est ce qui est essentiel. Le Lord ne doit jamais mettre la main sur eux.

Il frissonna.

Hermione aussi.

Chacun replongeant dans les terribles souvenirs de la prison Malefoy. On ne souhaitait ça à personne, pas même à son pire ennemi.

Elle se rappela brusquement ses parents. C'était horrible de le dire, mais elle n'avait pas pensé à eux depuis si longtemps … elle avait eu temps d'autres priorités … survivre par exemple. Elle leur avait effacé la mémoire, les avait envoyés à l'autre bout du monde. Elle n'avait pas eu de nouvelles depuis des années. Elle arrivait à peine à se rappeler de leur visage. Elle avait tout perdu d'eux lorsqu'elle avait été emprisonnée. La seule photo qu'elle avait d'eux avait sans doute été jetée.

Ils lui manquaient. Mais ils étaient en vie. Parce qu'elle s'était sacrifiée, elle avait préféré qu'ils l'oublient mais qu'ils survivent. Et si un jour la guerre terminerait, alors elle se demanderait comment les retrouver et leur redonner la mémoire.

- Tu dors ? demanda Fred.

- Non.

Le silence retomba un long moment, chacun occupé à observer le plafond avec beaucoup d'attention.

- Parfois je n'arrive pas à m'endormir. Pendant des heures, murmura Fred. George s'inquiète, il trouve ça étrange.

Hermione ne répondit rien, les lèvres résolument scellées. Elle aussi peinait à s'endormir. C'était comme si elle était toujours en prison, mais cette fois, elle était dans sa tête.

- Je ne sais pas comment lui dire que je ne peux pas dormir parce que la chambre est trop grande. Que j'ai besoin que quatre murs encadrent mon lit. Que le matelas est trop confortable. Qu'il faut que j'entende les pas des gardiens dans les couloirs pour m'endormir.

Le cœur de Hermione se serra douloureusement. Elle pressa les paupières, essayant de retenir ses larmes.

- Je crois que j'ai un problème, Hermione, souffla-t-il. Je crois que je suis brisé à cause de cette prison.

- Ne dis pas ça, le coupa Hermione. Je suis comme toi. Et comme tous ceux qui ont réussi à sortir vivant de cet endroit. Il nous faudra du temps pour s'en remettre, mais on s'en remettra. J'en suis certaine.

Fred tourna la tête vers elle, le regard empli de douleur.

- Je n'y crois pas. Mais d'accord. Allez, bonne nuit, Hermione.

Hermione le raccompagna à sa porte et se rallongea dans son lit avec lassitude. C'est vrai que ce matelas était trop épais, cette couverture trop chaude et ses murs … trop loin d'elle.

Elle pressa ses paumes de main contre ses paupières et le visage de Drago apparut.

- Laisse-moi. Je ne peux plus. J'ai besoin de dormir. Laisse-moi.

Elle ravala un sanglot. Elle n'en pouvait plus. La fatigue, la souffrance d'être loin de Drago, la honte de vouloir être plus proche de lui, son cœur brisé chaque fois qu'elle repensait à sa voix, à ce visage qu'elle avait pu voir l'espace d'un instant en quittant le Rat Pendu. Toutes ces émotions se bousculaient, se bouffaient entre elles, se combinaient pour lui créer le plus grand mal être qu'elle n'avait jamais vécu.


Hermione se tenait droite comme un i, perchée au sommet d'une falaise, observant Azkaban sur son rocher à quelques centaines de mètres d'elle, séparé de la terre par un océan trop calme. C'était quelque chose d'étrange. Le temps était gris, mais jamais Hermione n'avait vu une eau si calme. Si proche de cet enfer sur terre, elle avait imaginé un endroit bien plus tourmenté.

Elle transplana et atterrit à l'intérieur d'Azkaban, cette vaste prison triangle qui la fit frissonner. Un instant, elle se rappela sa propre prison. Elles ne se ressemblaient pas, mais il y régnait la même ambiance glauque et mortelle.

Elle gratta nerveusement la croix à son poignet. Malgré le polynectar, elle n'avait pas disparu. Sans doute parce qu'il s'agissait d'un sortilège trop puissant.

- M. Garrick, nous vous attendions.

La voix doucereuse lui fit l'effet d'ongles qui crissaient sur un tableau à craie. Elle se retourna lentement, conservant un air impassible sur ce visage qui n'était pas le sien.

- Vous avez passé un agréable voyage ? Pas trop embêté par les cuillers carnivores ?

Le cœur de Hermione fit un bond dans sa poitrine. Cette question … le vrai Garrick l'avait prévenu. Le gardien lui poserait cette question de sécurité. Alors elle répondit ce qu'Auguste lui avait indiqué sous véritasérum :

- Un peu de laitue, et elles se sont calmées.

Le gardien, Bartholomé Gesbert, sourit, satisfait de sa réponse.

- Comment se porte votre femme, Auguste ?

- Fort bien, elle refait la décoration de la cuisine, soupira faussement Hermione.

- Les femmes, toutes les mêmes, gloussa le gardien.

Hermione s'efforça de ne pas l'observer de trop près. Il lui rappelait Rusard, et ce n'était pas un très bon souvenir. Mais le gardien avait un air bien plus inquiétant, et ce n'était pas peu dire. Rusard n'était pas un modèle de gentillesse.

- Rien de nouveau depuis la dernière inspection ? demanda Hermione en observant les longs couloirs dans lesquels la menait le gardien.

- Non.

Hermione ne trouva rien à répondre. L'odeur humide dans les couloirs qui donnaient l'impression de s'enfoncer sous terre l'angoissaient.

- Il y a des détraqueurs par ici ?

- Ils sont plus hauts, avec les détenus, répondit-il tout simplement.

Hermione regardait avec attention le gardien qui lui donnait l'impression d'être à l'aise dans cet endroit hanté par les détraqueurs.

- Vous venez voir quel quartier déjà ? demanda Bartholomé Gesbert en poussant une lourde porte.

Le cœur de Hermione sauta dans sa poitrine, mais rien n'apparut sur le visage d'Auguste.

- Le quartier de ceux qu'on ne veut pas voir ressortir, dit-elle d'une voix sombre qui se voulait particulièrement lugubre.

Son cœur battait à toute allure. Elle était terrifiée à l'idée que le gardien trouve ça étrange, qu'il lui demande une précision sur l'endroit qu'elle voulait voir.

Elle ne pouvait pas prendre le risque de demander à voir Harry Potter. D'abord parce que le garde ne saurait sans doute pas qu'il était prisonnier ici, le Lord devait garder bien secret sa capture, et qu'en plus, elle risquait d'attirer des soupçons. Demander à voir quelqu'un de mort et enterré depuis des années pourrait avoir un air quelque peu suspect auprès d'un partisan de Voldemort.

Et Hermione n'avait pas la moindre envie que le garde décide de faire savoir qu'Auguste Garrick avait été étrange lors de sa visite de routine. Cette visite devait passer complètement inaperçue.

- C'est bien la première fois que vous demandez à les voir, grimaça Gesbert.

Il bifurqua dans un couloir et s'arrêta devant une porte blindée courbée qui donnait l'impression d'emboucher dans un sous-marin. Il appuya sur un gros bouton rouge et une lumière de la même couleur inquiétante apparut dans le minuscule hublot de la porte.

- Pour faire partir les détraqueurs. Ce sont les pires qui sont là-dedans. Je crois qu'on ne pourrait même pas en ressortir indemne.

Hermione frissonna dans le corps d'Auguste.

- Si ça ne vous dérange pas, je vous attends là.

Il tourna la poignée circulaire, utilisant toute son énergie pour y arriver et la porte s'ouvrit dans un grincement.

La lumière rouge baignait le long couloir étroit au plafond bas dans une ambiance lugubre. Elle entra et ignora ses genoux à demi flageolant. Il y avait une odeur de sang qui lui faisait mal aux dents, et une autre odeur … d'urine.

Il y avait une humidité ambiante qui lui transperçait les os. Elle devait se baisser pour éviter les tuyaux rouillés qui traversaient parfois le plafond, ignorant l'angoisse qui commençait à s'emparer d'elle. Elle jetait un regard dans chaque minuscule cellule, si sombre, à peine éclairé par la lueur rouge pour s'assurer que la cellule était vide ou occupée. La plupart ne contenait personne, et dans celles qui étaient occupées, il lui fallait regarder à deux fois pour apercevoir la masse informe et squelettique allongée au fond de la cellule.

On aurait dit des cadavres aux joues creuses, habillés d'un simple pagne, leur poitrine se soulevant difficilement à chaque respiration, chaque côte dessinée au point de se demander si on pouvait être encore en vie en étant si maigre.

Hermione avait vécu l'enfer en prison. Elle avait connu la faim, les côtes apparentes, le manque d'hygiène et la déshumanisation. Mais ces gens étaient à demi-morts.

Elle frissonna encore une fois. Avait-elle ressemblé à ça lorsqu'elle vivait dans la demeure de Drago Malefoy ? Elle en doutait. Elle espérait que ça n'avait pas été le cas. Comment Drago aurait-il pu la reconnaitre dans un tel état ? Comment aurait-il pu voir en elle Hermione Granger, l'insupportable je sais tout de Poudlard ?

Impossible.

Hermione s'arrêta devant l'une des cellules. Elle était presque au bout du boyau. Elle voyait l'autre porte ronde. Elle jeta un coup d'œil derrière elle. Elle pouvait voir le gardien qui l'attendait à l'autre extrémité du couloir. Elle n'avait pas eu l'impression de marcher autant. Elle ne pouvait même pas lire l'expression de son visage. Elle se pencha sur les barreaux, observant l'être qui respirait péniblement de l'autre côté, les mains posées sur le ventre.

La lumière rouge peinait à éclairer l'intérieur.

Est-ce qu'il aurait pu être Harry ?

Il avait des cheveux noirs, coupés ras et des trous dans sa chevelure ne se comblaient pas. Il avait les joues creuses, le teint cadavérique et les yeux clos. Elle aurait pu l'appeler, chuchoter son prénom, mais elle avait la désagréable impression que son chuchotis traverserait tout le couloir pour raisonner jusqu'aux oreilles du gardien.

Elle frappa doucement contre le barreau et l'homme à l'intérieur tourna péniblement la tête. Ses yeux bleus étaient morts, voilés.

Pas de cicatrice sur le front. Ce n'était pas lui.

Et Hermione ressentit un profond soulagement. Elle avait espéré retrouver Harry dans cet endroit, mais à présent, elle comprenait qu'elle n'aurait pas retrouvé Harry Potter dans l'une de ces cellules. Simplement son corps sans âme.

Harry Potter n'aurait jamais sauvé le monde des sorciers s'il avait vécu plusieurs années ici.

Mieux valait être mort.

Hermione continua jusqu'à l'extrémité du boyau avant de remonter à toute vitesse le couloir. L'odeur de macchabée, de pourriture commençait à la faire suffoquer.

- Alors ? Sont-ils assez maltraités pour vous ? demanda Gesbert avec un sourire jaune en refermant la porte.

- Qu'est-ce que vous leur faites pour qu'ils soient … comme ça ? souffla Hermione.

- Secret professionnel des détraqueurs, dit-il sombrement. Et ce n'est pas moi qui leur poserais la question.

Hermione le suivit, remontant les couloirs qui allaient bientôt la ramener à la surface. Elle jeta un coup d'œil à sa montre. Il lui restait une vingtaine de minutes avant de reprendre son apparence. Elle serait partie avant ça.

- Qui on envoie dans ces cellules ? demanda Hermione.

Gesbert fronça les sourcils.

- Ceux que vous nous ordonnez d'y mettre. Je ne connais pas leur nom et à vrai dire, je doute que même un membre de leur famille puisse les reconnaitre.

Hermione ne posa plus la moindre question. Elle ne pouvait que prier pour que Gesbert ne se demande pas pourquoi Auguste Garrick se demandait pourquoi il déposait des détenus à Azkaban.

- Bon eh bien … je vous tiens informé de ma prochaine visite.

Le gardien hocha de la tête, enfonçant les poings dans ses poches alors que Hermione se positionnait dans le cercle de transplanage.

- Vous passerez le bonjour à votre femme.

- Je n'y manquerai pas.

Hermione essaya de sourire avec le corps d'Auguste Garrick mais elle eut la désagréable impression que ça avait dû ressembler à une grimace.

Hermione poussa les portes du QG de la résistance et sentit la pression sur ses épaules s'évanouir enfin. C'était comme si le stress avait circulé dans ses veines tout le long de son infiltration avec l'horrible sensation d'être à deux doigts de se faire démasquer.

- Alors comment ça s'est passé ?

Neville s'était jeté sur elle, la regardant de ses grands yeux écarquillés.

Elle secoua la tête négativement et Neville soupira lourdement, passant une main sur son visage maussade.

- Ça aurait été trop beau qu'il soit là-bas, soupira-t-il. On t'attend tous en salle de réunion.

Hermione le suivit dans les étages et enleva son manteau trop grand. Tous ses vêtements étaient trop grands, mais tous les membres les plus influents de la résistance attendait sa prise de parole, la regardant avec un intérêt non dissimulé.

Elle se changerait plus tard.

- Il n'est pas là-bas.

Aussitôt, toutes les épaules s'affaissèrent. La lueur d'espoir qui brûlait doucement dans leur regard s'était éteinte au son de sa voix.

- De toute façon, s'il y avait été, je ne vois pas comment on aurait pu le récupérer, essaya de tempérer Hermione. C'est un vrai labyrinthe et complètement imprenable. Et croyez-moi, si Harry avait été enfermé là-bas … il n'aurait pas été en état de nous aider.

- S'il est retenu prisonnier par le Lord, je doute qu'il soit bien traité et en état de nous sauver, dit gravement Dean qui n'avait pas tort.

- De toute façon, il est mort ! dit sèchement George, l'air à bout de nerf.

Fred se tendit à côté de lui, Hermione le vit à son tressaillement.

- Harry ne nous sauvera pas. Nous ne pouvons compter que sur nous-même.

- Je refuse de perdre espoir, tonna Neville. Ron n'a peut-être pas tort et Hermione non plus n'a pas vu Harry en tenant la pierre de résurrection. Il n'est pas mort !

- Tu dis ça parce que tu es désespéré, tu sais qu'on a aucune chance de gagner la guerre autrement, s'énerva Seamus, soutenant George. Il faut être réaliste. On ne peut compter que sur nous-mêmes.

- Calmez-vous tous, dit durement Hermione ramenant le calme autour de la table. Mort ou pas, il ne faut pas perdre espoir et continuer de se battre. Si Harry est vivant, on doit le savoir. Alors on va continuer de chercher, et continuer de lutter contre le Lord.

Tous hochèrent difficilement de la tête.

- Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? demanda Fred en levant les yeux vers Hermione.


Drago poussa la porte de la cabane et la referma sans la moindre délicatesse. De toute façon, il n'y avait personne à une centaine de kilomètres à la ronde. C'est pour ça qu'il avait choisi cet endroit. Une lanterne éclairait péniblement la petite cabane qui n'avait qu'une seule fenêtre couverte de mousse verte.

- Debout, dit-il simplement.

Il posa son sac sur la table proche de la cuisine, y déversant toutes les denrées qu'il avait rapporté.

- Debout, répéta-t-il.

- Et comment tu sais que je ne suis pas déjà mort de faim, Malefoy ?

- Malheureusement, j'ai appris au cours des années que tu étais aussi résistant qu'un cafard. Impossible à noyer, impossible à assoiffer, impossible à affamer. Un vrai nuisible.

Celui qui se cachait dans la pénombre, avachi dans le lit de fer blanc se dressa brusquement dans un bruit de chaine. Il se précipita sur Malefoy, sortant de l'ombre et Drago brandit sa baguette jusqu'à temps, bloquant la chaine d'un coup de baguette avant qu'il ne soit assez près pour le frapper.

- Tu ferais mieux de me remercier de te garder en vie depuis tout ce temps.

- Plutôt crever.

- Ne me tente pas. Je pourrais en avoir envie après ce que m'a fait ta super copine.

Méfiant, il n'osa pas répondre tout de suite à Drago.

- De qui tu parles ?

- Granger, bien sûr.

- Ne t'approche pas d'elle, persiffla-t-il.

- Comme si tu m'impressionnais. Comme si tu pouvais m'en empêcher.

- T'es vraiment qu'un sale con.

Le cœur de Drago bondit dans sa poitrine alors que cette phrase avait un désagréable écho. Il le disait exactement comme elle. Plein de colère, plein de rage impossible à retenir.

- C'est exactement ce qu'elle me disait.

Il remit son sac sur son dos et se dirigea vers la porte.

- Qu'est-ce que tu lui as fait ? vociférait-il derrière lui, coincé les pieds dans des chaines.

Drago ne répondit pas, ouvrant la porte.

- Dis-le moi ! hurlait-il.

- Ce que je lui ai fait ? répondit avec rage Drago. C'est plutôt ce qu'elle a fait qui devrait t'inquiéter. Parce qu'il n'y a pas un jour qui passe sans je me demande si tu ne vas pas y passer toi aussi.

- Elle … Elle est morte ?

Toute la colère avait disparu de sa voix, il n'y avait plus qu'une immense douleur, une fatigue insurmontable qui finirait de l'abattre.

- Non, répondit finalement Drago. Mais tu le sauras dès que je l'aurais tué.

- Ne fais pas ça, je t'en prie, Malefoy. Pas elle.

- Comme si tu pouvais m'en empêcher.

- Je ferais ce que tu voudras, mais ne lui fais pas de mal …

- Tu n'as rien à m'offrir. Rien d'autre que ta vie, et je l'ai déjà entre mes mains, Potter.

Drago ferma la porte, ignorant les dernières suppliques de son prisonnier.