Chapitre 2
Lorsque Rose repensait à son époque, ou sa planète, elle ne lui trouvait souvent rien de spécial. Ce sentiment était en grande partie dû à son manque de connaissances, un problème qui avait commencé à diminuer en flèche depuis qu'elle avait débuté ses voyages avec le Docteur. Le Seigneur du temps ne manquait jamais une occasion de lui offrir un cours, que ce soit d'Histoire, géographie, ou n'importe quel autre sujet d'ailleurs, que ce soit sur sa planète natale ou un bout de roc à l'autre bout du cosmos.
Rose les adorait tout autant les uns que les autres. Apprendre, découvrir, expérimenter, des verbes dont elle avait enfin compris le sens depuis qu'elle avait glissé sa main il y a si longtemps maintenant dans celle calleuse du Docteur, alors qu'ils fuyaient des monstres en plastique.
Cela avait été leur première aventure ensemble.
Rose ne cessait d'en rire à chaque fois qu'elle y repensait. Le ridicule des situations dans lesquelles ils avaient pu se retrouver … Elle ne regrettait rien, néanmoins : sa vie de vendeuse ne pesait rien dans la balance comparée à celle qu'elle menait à présent.
La jeune femme sourit alors que le serveur posait sur la petite table de bois jaune une assiette d'un métal inconnu – mais furieusement vert - couverte de nourriture inédite, en tout cas la concernant. Les grognements d'enthousiasme de Jack et le sourire satisfait du Docteur semblaient de bonne augure. Rose plissa les yeux, son regard s'attardant sur ce qui ressemblait à des mini-quiches, mais de couleur violette.
-Redis-moi ce que c'est? demanda-t-elle à Jack, qui avait déjà commencé à dévorer son repas et l'interrompit pour lui répondre, la bouche pleine.
-Karkos de poulure ! C'est, hum – son expression se fit pensive alors qu'il cherchait un équivalent terrien – comme une tourte, mais plus fort. Plus épicé. C'est une tuerie, affirma-t-il en se léchant les doigts.
Rose roula des yeux devant tant de dignité.
-Je vois ça ..
Ses yeux s'agrandirent en même temps qu'elle prenait une bouchée enthousiaste – vivons dangereusement !
-Waouh !
-Je te l'avais dit, affirma le capitaine, son sourire orgueilleux pas le moins du monde terni par les miettes étalées sur ses lèvres.
-Le Karkos est une spécialité des années 3050, expliqua le Docteur en mordant dans son propre repas – un espèce de gratin bleu et jaune. Celles d'ici, bien sûr. Tout cet endroit reconstitue à la perfection l'âge d'or de Barata.
Le sourire de ses compagnons augmenta en même temps alors qu'il commençait à décrire avec animation cette période faste. Comme à chaque fois qu'il commençait à discuter d'un sujet – et il n'en existait clairement aucun qui ne l'intéressait pas – le Docteur semblait animé d'une force propre. Ses yeux bleu marine pétillaient de plaisir en même temps qu'il récitait anecdote sur anecdote, ses mains volant autour de lui pour former des moulinets – Rose pouvait sentir le vent qui en émanait.
C'était un spectacle à nul autre pareil, et une des multiples raisons qui la poussaient à continuer à voyager, au milieu de la nourriture alien, des courses poursuites et des enlèvements. Jack citerait sans aucun doute des arguments beaucoup plus salaces, si sa bouche – que Dieu la sauve- n'était pas actuellement emplie d'une large bouchée de poêlée aux légumes locaux.
Il fallait l'admettre, le capitaine connaissait les bonnes adresses.
Le restaurant local dans lequel ils étaient descendus aurait pu gagner une médaille d'or dans Le guide du voyageur intergalactique: le personnage de Martin Freeman n'aurait pas dépaysé dans le décor de bois jaune et moulures rosées les entourant. La chaleur qui émanait des lieux rappelait à la jeune femme cette fois où ils étaient allés faire un tour dans les années 1960 terriennes : ils avaient terminé dans un petit bistrot, dévorant sans aucune grâce leur hamburger frites.
Ok, la comparaison était moyenne.
Mais l'ambiance était identique : Rose retrouvait les mêmes couleurs enjouées, la même musique gaie montant du groupe de musiciens se produisant sur la petite scène, le même mobilier outrageusement flashy qui l'aurait fait hurler à la mort à sa propre époque mais qui ici semblait parfaitement approprié.
Ou bien était-ce la présence de ses deux amis.
Le mélange des deux était sans aucun doute efficace.
Un détail contrastait brutalement avec le bar où elle s'était rendue avec le Docteur, néanmoins : un point central, évident, tellement logique qu'on finissait par l'oublier.
Les autres clients.
Rose n'était pas certaine que les tentacules rouges se seraient fondus dans la période hippie américaine. Les peaux bleues à pois jaunes pas davantage.
Où qu'elle regardait, elle était entourée d'une faune qui brisait définitivement le début de similitude avec sa planète.
Non pas qu'elle s'en plaignait, bien sûr : c'était tout de même une des raisons principales pour laquelle elle voyageait, après tout. Hé, le chef de bord était un alien à deux cœurs âgé de presque un millénaire, et la dernière recrue était peut-être humaine, mais d'un futur tellement éloigné que les yeux de la jeune femme brûlaient juste à tenter de l'imaginer.
Il était vrai, cependant, que tous deux possédaient une apparence similaire à la sienne. Rien à voir avec des pointes de jais ou des cornes vertes, mais après tout, n'étaient-ils pas les aliens, dans le cas présent ?
Voyager dans le temps et l'espace vous ouvrait sans aucun doute des perspectives.
Rose continua à analyser cette pensée déconcertante pendant que le Docteur et Jack se chamaillaient à propos du nom d'une petite localité. Certaines choses ne changeraient jamais, songea-t-elle en voyant le capitaine tirer la langue au Docteur, qui roula des yeux avant de le traiter de 'singe arriéré du fin fond de la galaxie'.
Elle ne put contenir un sourire devant cette image, s'attirant un haussement de sourcils de la part du Docteur.
-Qui y a-t-il ?
Rose explosa de rire.
-Vous êtes complètement fou, vous le savez, hein ?
Les lèvres du Seigneur du temps s'étirèrent pour laisser apparaître une rangée de dents étincelantes.
-Ne flatte pas son orgueil, il est déjà surdimensionné, ironisa Jack, mais les petites étoiles dans ses prunelles bleues démentaient toute mauvaise humeur.
-Ne me comparez pas à vous, capitaine ! En terme d'ego, personne ne peut égaler le vôtre !
Rose lâcha un grognement en voyant les lèvres de l'intéressé commencer à former un sourire salace.
-Docteur ! Pourquoi vous lui tendez la perche !
-Parce qu'il adore la saisir, ronronna Jack, provoquant un grognement perçant et un roulement de yeux. Tout ce temps passé à lustrer son vaisseau, c'est un expert en polissage.
-Mon Dieu, mais qu'est-ce que j'ai pu te trouver? gémit Rose, sa voix faussement désespérée alors qu'elle luttait pour contenir son fou rire.
-Ma beauté incomparable ? Ma mâchoire droite et ferme ? Mon aura tueuse ? Oh, je sais, mon expertise en danse? répliqua Jack en bombant le torse.
La blonde ne put se contenir plus longtemps : elle explosa de rire, rejetant la tête en arrière se faisant. Le capitaine échangea un sourire flamboyant avec le Docteur, les deux hommes s'abreuvant du spectacle offert. Rose ne semblait pas réaliser l'aura qui émanait d'elle : son naturel et sa répartie facile n'étaient que deux de ses extraordinaires qualités, parmi une liste bien trop longue pour pouvoir être entièrement défilée.
Si Jack devait en citer une, néanmoins, ce serait son hallucinante capacité à pouvoir porter n'importe quelle tenue et en ressortir toujours aussi sublime. Tous deux avaient passé un certain temps dans la penderie, s'amusant comme toujours à essayer toutes les tenues possibles avant de finalement choisir leur costume du jour. Jack avait opté pour un traditionnel costume trois pièces noir, les vêtements tombant avec une finesse outrageuse autour de lui alors qu'il fermait sa veste. Son expression se fit carnassière quand il nota le regard de Rose, et il tira sur ses manches, prenant un soin complètement inutile de vérifier sa tenue déjà parfaite. La blonde ne s'y trompa pas, son propre sourire illuminant également la pièce alors qu'elle venait poser ses mains sur ses bras.
-Arrête ton show, tu es parfait !
-Il n'y a rien de mal à vouloir augmenter un idéal absolu, répliqua l'intéressé, son sourire se faisant malicieux en même temps que Rose se figeait.
-Je te jure, tu devrais les écrire, tu te ferais une fortune, commenta-t-elle en secouant la tête, clairement blasée.
Elle roula des yeux lorsque le capitaine saisit sa main pour la porter à sa bouche.
-Je n'ai pas besoin d'argent. Je vous ai vous.
Et n'était-ce pas la preuve de tout le chemin qu'il avait parcouru depuis son arrivée sur le vaisseau?
Jack secoua la tête, revenant au présent pour mieux dévorer des yeux son amie. Après moult débats et essayages passionnés, le choix de Rose s'était finalement portée sur une robe type années 50 terriennes : les minuscules carreaux bleus et noirs se croisaient sur le tissu de tweed, formant un ensemble à la fois chic et terriblement quitch. Quatre boutons noirs en carré fermaient le bustier, deux bandes de jais descendant des épaules jusqu'au croisement formé par sa poitrine. Une ceinture de couleur identique couronnait l'ensemble, mettant si c'était possible davantage en valeur sa taille.
La jeune femme avait même poussé le bouchon jusqu'à coiffer ses cheveux en une coupe de l'époque : le Docteur avait senti ses deux pauvres cœurs battre la chandelle en la voyant entrer dans la salle de contrôle, ses mèches ordinairement rebelles remontées en un chignon empli de boucles fluides. Un rouge à lèvres rouge vif et des talons aiguilles bleu marine complétaient l'ensemble.
Une déesse était tombée du ciel.
Qu'avait-il fait pour mériter de passer sur son chemin ?
Face à lui, le Docteur semblait manger des yeux sa compagne, l'intensité de son regard augmentant le rythme cardiaque de Jack qui contint une grimace en sentant son corps commencer à réagir. Damnit. Comment cet homme pouvait-il lui faire subir cela sans même le regarder ? Mais ce n'était pas un simple être humain, n'est-ce pas ? Le Docteur était un Seigneur du temps, le dernier Seigneur du temps, un de ces êtres millénaires sensés n'être que légende et dont il avait entendu des échos effrayés à l'Agence.
Jack ne comprenait toujours pas pourquoi il le laissait demeurer à bord du vaisseau : il n'avait plus trop de doutes concernant son affection à son égard, mais ce n'était bien que cela, de l'affection. Le capitaine avait depuis longtemps tiré un trait sur son espoir que tous deux puissent être davantage, quoi que ce 'davantage' puisse être.
Les cœurs du Docteur n'appartenaient qu'à Rose.
Parfois, alors que la nuit était tombée sur le vaisseau, les ombres sombres de minuit dansant autour de lui dans sa chambre, Jack se prenait à rêver : un espoir fou le saisissait, l'idée qu'il puisse demeurer le restant de ses jours sur le Tardis le dévorant avant que ses démons ne se réveillent, et avec eux la peur d'être rejeté. La vie n'était pas un conte de fées, et le Docteur n'était pas son prince charmant. Un jour, la réalité les rattraperait, et Jack quitterait le vaisseau. Les deux pensées se battraient plusieurs minutes, chacune tentant de prendre le dessus jusqu'à ce que Jack ne se lève brutalement de son lit, exaspéré.
À cet instant, ses démons étaient éteints, son esprit entièrement rivé sur la manière absolument indécente – et c'était lui qui parlait – dont les lèvres du Seigneur du temps se plissaient alors que ce dernier fixait Rosie, de minuscules risettes apparaissant au coin de ses yeux. Le Docteur tourna la tête vers lui, lui adressant un de ces sourires fous dont il avait le secret. Jack le lui rendit, son cerveau faisant un double roulé boulé en même temps que son bas-ventre effectuait un salto.
-Commandant ! Astun lio !
Rose et le Docteur sentirent leurs sourcils monter en unisson en entendant une voix enthousiaste s'élever derrière eux : l'expression de Jack se fit purement canaille avant qu'il ne tourne la tête.
-Hugpo ! Ke mir ta dahbanurg sku !
La jeune femme écarquilla les yeux alors que le capitaine se levait pour prendre dans ses bras celui qu'elle reconnut comme le responsable – propriétaire ? - du restaurant. Sa peau bleu azur dépassait de l'éternelle chemise blanche qui semblait partie intégrante de tous les restaurateurs de l'univers, des lianes vert foncé émergeant du col pour remonter dans son cou et former des dessins d'une infime complexité.
Le nouveau venu éclata de rire avant de plaquer avec force ses lèvres sur celles du capitaine, la pointe triangulaire de ses oreilles virant au bleu nuit lorsque ce dernier passait la main dans ses cheveux noirs rasés en trois longues lignes sur son crâne. Le Docteur et Rose échangèrent un regard blasé, la blonde secouant la tête avant de reprendre une gorgée de sa boisson.
Jack ne cesserait jamais d'être Jack.
-Docteur, Rose, laissez-moi vous présenter l'éminent maître des lieux, Harr Hugpo, commenta le capitaine, sa main enroulée fermement autour de la taille de l'intéressé qui roula des yeux.
-Écoutez-le, il va me faire passer pour une star quand il est le héros.
-Héros? répéta Rose, les yeux du Seigneur du temps faisant l'aller-retour entre les deux hommes.
Jack pouvait voir son cerveau tourner d'où il se trouvait.
-C'est une longue histoire, répondit-il simplement, son inhabituelle sobriété allumant immédiatement tous les radars de ses amis.
-J'espère que tu nous feras le plaisir de chanter, s'exclama Hugpo. Cela fait des lustres que je ne t'ai pas entendu !
L'expression de l'intéressé se fit machiavélique.
-Uniquement si j'ai droit à un aftershow !
-Je ne comptais pas te laisser repartir sans te remercier, répliqua le restaurateur, un ronronnement montant de sa gorge lorsque Jack caressa la pointe de ses oreilles.
-Le repas d'abord, le plaisir après ! Chauffe-moi cette salle!s'exclama-t-il en lui lançant un clin d'œil avant de se rasseoir à sa table.
Il eut à peine le temps de profiter de la vue que lui offrit Hugpo en repartant avant qu'un train de questions ne lui tombe dessus.
-Commandant ?
-Tu as couché avec ?
-À quelle période vous a-t-il connu exactement ?
-Pourquoi le Tardis n'a pas traduit ce que tu lui as dit ?
Le regard de Jack se perdit quelques instants dans le vague, ses doigts caressant instinctivement son bracelet de cuir. Le geste n'échappa pas à ses amis, le silence tombant soudainement autour de lui alors qu'il scannait par réflexe la pièce autour d'eux.
-Jack? appela le Docteur en notant sa tension.
Celui-ci secoua la tête, se recentrant sur sa table.
-J'étais commandant à l'Agence, expliqua-t-il simplement, son apparent sourire se fanant légèrement à ce souvenir.
Le Docteur plissa les lèvres, mais ne commenta pas. C'était inutile; Jack connaissait déjà son avis sur ses anciens employeurs. Rose fronça les sourcils.
-L'Agence ? C'est là que tu l'as rencontré ? Mais tu es..
Sa voix mourut.
-Il n'en sait rien, répondit Jack, et une ombre noire traversa son regard. Et j'entends bien que cela demeure ainsi.
Rose hocha lentement la tête, un léger frisson la traversant. Ce n'était pas souvent que le passé de leur ami était ramené à la surface, et chaque fois la laissait avec un sentiment mitigé. Curiosité, malaise, gêne, frustration se mixaient, l'envie d'en connaître davantage se mélangeant à la peur de ce qu'elle pourrait découvrir, le souvenir de l'amnésie de Jack et l'affrontement dans le vaisseau se rappelant à elle.
Le capitaine ne le montrait quasiment jamais, mais il était un homme dangereux. Ses sourires pétillants et ses rires francs dissimulaient une vie noire dont elle ne connaissait qu'à peine la surface. Celui-ci pouvait s'apercevoir par sa capacité surélevée à se battre ou ses connaissances technologiques bien au dessus de la moyenne – bien que bien éloignées de celles du Docteur, évidemment, mais personne ne pouvait égaler ce dernier en terme de connaissances de l'univers.
Et puis il y avait les regards. La manière dont ses yeux pouvaient devenir froids et durs quand il pensait l'un de ses amis en danger, ou qu'un innocent était menacé. Son expression d'ordinaire si joueuse et chaleureuse se ferait polaire, une lueur noire envahissant ses prunelles alors qu'il évaluait la situations et les multiples possibilités qui s'ouvraient à eux.
Jack ne lui avait jamais dit ce qu'il faisait exactement à l'Agence, mais il avait tout de l'attitude d'un homme de terrain. Le genre de personne qu'on enverrait faire le sale boulot : récupérer un otage, aller chercher un objet mortel, effacer des preuves.
Faire disparaître des témoins.
Jack n'avait même pas cligné des yeux quand il s'était proposé pour descendre sur Taclos, des mois auparavant.
Et sa manie constante de vouloir porter une arme en descendant du vaisseau..
-Tu ne risques pas d'ennuis? s'inquiéta-t-elle malgré tout, refoulant ces mauvais souvenirs. Il ne va pas les appeler ?
-Hugpo possède cette incroyable et rare qualité qui s'appelle loyauté, répondit simplement Jack, son sourire en apparence innocent ne laissant en rien deviner à la foule les entourant l'épineux sujet de conversation. Je lui ai sauvé la vie, et celle de sa famille. Il ne les appellera pas.
-Maintenant, voici une histoire que j'aimerai entendre, commenta le Docteur en faisant tourner son verre, son regard bleu nuit étudiant toujours son compagnon.
-Plus tard, répliqua Jack en terminant son dessert. Mes services sont auparavant requis.
-Tu adores ça, hein? rit Rose, toute tension oubliée. Être le centre de l'attention !
-Et tu adores m'entendre chanter, rétorqua l'intéressé en jouant de ses sourcils depuis sa coupe de champagne.
-Ça me rappelle La Nouvelle-Orléans, s'exclama la blonde, ses prunelles châtains brillant à ce souvenir.
-Hum .. Je me souviens aussi, sourit Jack, son regard se perdant dans le vague.
Rose pouffa alors que le Docteur roulait avec affection des yeux.
-Bien évidemment, vous ne vous souvenez que de cela.
-Amstrong, Docteur ! Cette ville sait définitivement y faire en terme d'hospitalité !
-Je ne veux rien savoir, grogna Rose en se plaquant les mains sur les oreilles.
-Dommage, c'était délicieux, répliqua le capitaine avant de se redresser. Ouvrez les oreilles, messieurs dames, la scène m'attend!
Le couple le regarda avec tendresse sautiller vers la scène. Jack Harkness, ce mystère éternel : comment parvenait-il à concilier ainsi drague insupportable et joie enfantine de vivre? Son sourire était d'or lorsqu'il monta sur scène, posant le minuscule implant servant de micro sur son oreille avant de commencer à entamer les premières notes d'une chanson.
Though I've tried before to tell her
Of the feelings I have for her in my heart …
