Chapitre 11
C'est propre et étincelant que Jack frappa à la porte de la chambre de Rose.
Qui c'est ?
-Qui d'autre que ton plus grand amour ?
La blonde rit, secouant la tête. Le jeune homme sourit, avant de pousser le battant.
-Je peux entrer ?
Rose tapota son lit. Jack referma la porte derrière lui, avant de la rejoindre. Du regard, il nota le nounours posé à coté d'elle, du matériel de vernis étalé sur la couverture. Les yeux de la jeune femme étaient rouges, son mascara séchés autour.
On déprime ?
Rose roula des yeux. Jack haussa les épaules, avant de prendre sa main dans la sienne, la serrant gentiment. La blonde soupira, avant de repousser une mèche de cheveux derrière son oreille.
-Il t'a raconté ?
-Yep. Je te demanderai bien comment tu te sens, mais je pense que l'on sait tous les deux que seul le mot 'misérable' convient.
-Mouais … Je le mérite, tu sais, je le lui ai dit.. Je l'ai cherché, à jouer avec les sentiments de Mickey.. Ce n'était même pas méchant, je ne m'en rendais pas compte, soupira-t-elle de nouveau. Mais maintenant, je le vois par ses yeux, et je me sens juste.. sale.
Jack grimaça. Il ne savait pas quoi lui dire. Il adorait Rose, mais il ne pouvait pas nier que son amie était celle en tort dans cette histoire.
-Mickey était assez remonté quand on a parlé au restaurant.. Il était persuadé qu'on sortait ensemble, commenta-t-il, la faisant sourire malgré elle.
-La faute à qui ?
-Hé ! Je n'y peux rien si je suis irrésistible !
-Ce n'est pas que ça ! Elle lui tapa sur le bras, avant d'expliquer. C'est .. une différence culturelle. Jack haussa un sourcil, la fixant avec attention. Ce n'est pas juste .. que tu es magnifique, roula-t-elle des yeux alors qu'il lui adressait un sourire grivois. C'est ton flirt, je sais que pour toi, c'est naturel, c'est comme respirer, tout le monde agit comme cela à ton époque. Mais aux yeux de singes du XXIème siècle, la façon dont tu as agi quand Mickey est entré dans le Tardis, c'était de la provocation. Un combat de mâles, commenta-t-elle amusée.
Sans surprise, Jack sourit.
-Je sais.
-Tu l'as fait exprès !
-C'était beaucoup trop drôle !
-Le pauvre ! Tu l'as fait se sentir nul !
-Hé ! Il n'a qu'à aller en salle de muscu !
-Il n'a pas besoin de cela ! Elle fronça les sourcils, pensive. Tu sais, Mickey n'est pas le type le plus baraqué au monde, mais il a un cœur énorme. Peu de gens le voient, ils le prennent pour une andouille.. Parfois, moi aussi, admit-elle. Et ce sera ma faute si je le perds.. Parce que oui, on n'est plus sur la même longueur d'ondes, mais c'est quand même un chic type. Il a été là tout le temps pour moi, même quand je ne le méritais pas, marmonna-t-elle, pensive.
-Je sais, Rose, répondit Jack en serrant sa main. Et j'en suis jaloux, admit-il. Il connaît tout de toi, ton enfance, ton adolescence, tes rêves, tes premiers amours, sourit-il. Il ne voyage pas avec toi, mais il te connaît d'une manière que ni moi ni le Docteur ne verront jamais. Comme ta mère. Une femme charmante, d'ailleurs, ajouta-t-il, la faisant sourire.
-Elle est insupportable.
-C'est ta mère, c'est son job d'être insupportable. Sois heureuse de l'avoir, répliqua-t-il, avant de se pencher pour embrasser sa joue. Je suis désolé. J'ai peur que ce soit en partie ma faute s'il a rompu.. Je lui ai dit que vous aviez besoin de parler.
Rose secoua la main.
-Je l'ai dit au Docteur, il aurait fini par le faire. Cela a juste accéléré les choses. Ce n'est pas plus mal, j'imagine. Tant pis pour moi. Je n'ai qu'à ravaler mon orgueil et trouver le courage de m'excuser, marmonna-t-elle. S'il voudra bien, bien sûr.
-Vu comment il est fou de toi ? Aucun doute.
-C'est le problème, il me pardonne tout, il ne devrait pas, regarde où ça nous a mené.. J'imagine qu'il faut que je le laisse vivre sa vie, soupira-t-elle. Je ne peux pas faire la mienne et exiger qu'il m'attende. Maman dit qu'il le fera, et qu'il perdra tout.
-Une réflexion d'une grande sagesse, commenta Jack, avant de la prendre dans ses bras. Ok, l'heure de la discussion intense est terminée, viens me faire un câlin.
Rose sourit, se laissant tomber contre lui.
Elle se sentait ignoble et méprisable, mais dans les bras de Jack, elle n'était que Rose, la merveilleuse blonde dont il était fou. Et, aussi égoïste cela soit-il, cela la rassurait.
-Jack ?
-Oui, mon cœur ?
-Est-ce que je suis une délurée ?
Le capitaine se mordit la lèvre. Il s'attendait à cette question. Elle était à attendre après sa discussion avec Mickey.
-Non, répliqua-t-il fermement. Je pense que tu es jeune, et que tu veux voir et goûter l'univers, hommes inclus. Il n'y a rien de mal à cela. Tu dois juste t'assurer que tu ne blesses personne se faisant.
-Tu veux dire, ne pas laisser un hypothétique copain derrière ?
-Voilà. Mon époque et la tienne sont à l'opposé, mais il me semble évident que chez toi, la notion de couple est très .. rigide ? Cadrée?tenta-t-il, lui faisant hocher la tête.
-On était ensemble, mais souvent cela sonnait plus comme des mots.. Ce n'était pas.. J'imagine que c'était un amour de jeunesse, celui que tu as avec ton meilleur ami d'enfance.
-Mais ensuite on grandit, et on se rend compte que cela ne nous correspond plus, compléta Jack.
Elle hocha la tête.
-J'ai fui, marmonna-t-elle. Je savais bien que cela ne durerait pas, même avant de partir avec le Docteur, et c'était encore plus évident quand je suis revenue.. Je n'avais pas pensé à Mickey une seule fois. Mais au lieu de le lui dire, d'être honnête, je me suis enfuie.. Pff, j'ai vraiment merdé, soupira-t-elle. Ça fait mal.. J'ai l'impression de me prendre une claque dans la tronche.
-On fait tous des erreurs, mais que tu culpabilises est bon signe, cela veut dire que tu n'es pas une tâche égoïste, répliqua-t-il, la faisant sourire.
-Sûrement. Tu .. Tu peux rester ?
-Bien sûr, ma puce, sourit-il avant d'embrasser son front, jouant avec ses cheveux.
Rose ferma les yeux, se laissant sombrer dans le bien-être qui la saisissait toujours dans les bras de Jack. Ces derniers se fermèrent un peu plus autour d'elle, alors qu'il commençait à siffloter une mélodie de son enfance.
La respiration de la blonde s'apaisa, son corps se relaxant contre le sien.
Bientôt, elle dormait à poings fermés contre lui, ses bras enroulés autour de son ami. Souriant, Jack la déposa gentiment sur le lit, la recouvrant de sa couverture rose avant de placer la peluche à coté d'elle. Avec lenteur, il se releva, sortant sur la pointe des pieds pour rejoindre le Docteur.
