Note: Coucou, merci à tous pour les reviews j'espère que vous aimerez la suite!

Chapitre 5: Daenerys

Il y avait du vent dans ses cheveux, du vent sur son visage, et un ouragan dans son esprit.

Daenerys tenta de se concentrer sur des faits simples et rassurants, elle volait sur le dos de son dragon, elle avait réussis à revenir à Westeros, et Jon était près d'elle. Cela ne suffisait pas à la calmer. Elle venait de faire exécuter Varys, pour raison justifié certes, mais depuis son arrivée à Westeros, elle avait perdu la majeur partie de ses conseillers d'autrefois.

Paradoxalement, sa légitimité en tant que souveraine n'avait jamais été autant discutée que depuis qu'elle avait posé le pied sur le sol de son pays natale. Et que pouvait-il y avoir de pire que de savoir que Jon était véritablement son neveu et plus désigné pour réclamer le trône de fer? Alors qu'elle avait utilisé ses enfants pour combattre les marcheurs blancs, même si leurs flammes les avaient sauvé d'un hiver éternel, elle restait pour beaucoup d'entre eux une étrangère. Elle-même se sentait une étrangère, enfant, elle avait toujours cru que revenir ici serait comme rentrer chez soi après un long voyage, ce n'était pas le cas.

Biensûr, elle était indiciblement heureuse d'avoir repris Peyrdragon, d'être en chemin pour récupérer Port-Réal, il n'en restait pas moins qu'elle était presque seule dans son âme.

Des milliers de personnes l'avaient suivi jusqu'au bout du monde parce qu'elles pensaient qu'elle pouvait sauver un royaume qui ne voulait pas l'être, pas par elle en tout cas.

-Nous pourrions survolé Port-Réal avec Drogon et atterrir directement devant le Donjon rouge, il y aurait des chances pour que la compagnie dorée, qui n'est fidèle qu'à l'argent prenne la fuite à la vue de ton dragon, et même s'ils ne faisaient pas il vaudrait mieux raser le donjon rouge que la ville entière proposa Jon, dans son dos. Ils faisaient un tour sur le dos de Drogon dans le soleil couchant, Jon avait dit qu'il voulait passer du temps seul avec elle mais à en juger par les regards paniqués qu'il n'avait cessé d'échanger avec Tyrion, il était clairement là pour la résonner. Une part de Daenerys, -celle qui avait été très mal influencée par les manières brutales et belliqueuses des dotrakis et par son frère fou Vyseris- lui criait que Jon était aimé de tous, qu'il pourrait avoir le trône s'il le voulait et qu'on se débarasserait d'elle dans quelques terres reculés, alors pourquoi ne pas l'éliminer lui avant? La part plus rationnelle lui disait que jamais Jon ne ferait une chose pareille et c'était tout autant douloureux parce qu'alors elle songeait que sa bonté, son courage et son abnégation lui donnaient plus de droits au trône que tout le sang des Targaryen ne pouvait en fournir.

-Les habitants de cette ville doivent accepter mon autorité et s'y soumettre, sinon je ne raignerais jamais en paix rétorqua-t-elle.

-Et ne crois-tu pas qu'ils auront plus envie de t'accepter si tu évites de tous les brûler vifs? questionna Jon, mes frères et soeurs m'ont dit dans une lettre que...

-Je n'ai strictement rien à faire de ce qu'ont pu te dire tes trois parfaits petits frères et soeurs qui ne le sont pas vraiment d'ailleurs finalement hurla-t-elle, le regrettant aussitôt en constatant la peine qu'elle lui avait causé, je ne voulais pas dire ça, se reprit-elle, c'est juste que Jon, quand on est dans ma position il faut faire des choix difficiles, et s'il faut sacrifier des vies pour obtenir le respect et l'amour de mes sujets et bien je le ferai.

-Est-ce que c'est ainsi que tu as gagné le respect et l'amitié de Misandei? Le respect et la vénération de Ser Jorah? continua Jon, si j'ai abandonné mon titre de roi du Nord, contre l'avis de mon peuple et de ma famille, c'est pour une reine juste, intelligente, prête à affronter les réalités, et désirant aider les gens. Daenerys sentit son coeur faire un bond, comme s'il essayait de lui échapper pour rejoindre Jon et ne plus jamais le quitter. Drogon volait plus vite, conscient de la gravité des événements, le monde endessous d'eux se réduisait à des tâches de couleurs lointaines effacées comme sur une vielle tapisserie, un bleu océan, le vert vague de la nature et, au loin, la silhouette du château. Alors qu'elle était fermement agrippée au dos de Drogon, elle avait l'impression que la seule chose qui l'empêchait de dégringoler dans le vide était les bras vigoureux de Jon, qui lui pourtant ne tenait sur le dragon que par son attachement à elle.

-Je croyais que tu restais avec moi parce que tu trouvais que se promener sur un dragon était plus rapide qu'à cheval, plaisanta-t-elle.

-C'est l'un des avantages, mais je t'aurais suivi même si tu n'avais eu qu'un seul soldat et la même volonté, assura le jeune homme. Et c'était cela que Daenerys peinait à comprendre chez Jon Snow, Stark ou Targaryen.

Elle avait toujours été aimé par Khal Drogo, Dario Naaris et sans doute beaucoup d'autres, mais c'était pour des intérêts précis, pour l'argent, la gloire ou parce qu'elle avait une longue chevelure presque argentée et deux yeux violets qui scintillaie t comme des étoiles. Jon et peut-être à sa manière à lui Jorah, l'aimaient parce qu'elle existait tout simplement, et avant de rencontrer Jon la jeune femme n'aurait pu concevoir une telle chose.

-Quand j'aurai le trône, que feras-tu? intérogea-t-elle, j'ai déjà nommé Tyrion comme main et...

-Je retournerai dans le nord Dany l'interrompit-il, c'est là qu'est ma place, s'ils veulent de moi, je serai seigneur de Winterfell, sinon j'irai au-delà du mur, avec les sauvageons.

Rien que la mention d'un tel destin révulsait Daenerys, l'idée d'un Jon seul dans les froids des hivers, oublié dans un château ravagé... loin d'elle ce n'était pas possible. Pourtant Jon se plaisait là-bas, s'y plairait sans doute toujours sans elle sussura une petite voix agaçante dans sa tête.

-Tu ne veux pas rester avec moi fit-elle et c'était une constatation.

-Si les choses étaient différentes; oui, mais elles sont ceux qu'elles sont, j'en suis désolé, son visage était dur, en cet instant, il avait l'air tellement plus âgé qu'il n'était alors que lorsqu'il avait retrouvé sa "vraie" famille, il lui avait paru si jeune. Une fois encore, Daenerys sentit l'envahir un sentiment destructeur et cela la dégoûta; comment pouvait-elle être aussi pathétique que d'être jalouse de la joie qu'apportait à Jon, de revoir après tant d'années sa fratterie.

-Tu es ma tante, nous ne pouvons pas nous marier ou avoir une relation de ce genre poursuivait-il, sa voix se faisant suppliante, la jeune femme percevait une colère sourde bouillir dans tout son être, car si on disait que les Stark avaient de la glace coulant dans les veines, les siennes débordaient de lave en fusion. Elle savait qu'il avait raison, que l'inceste était une abomination, preuve en était que Cersei, celle qu'elle devait détruire à tout prix, l'avait pratiqué toute sa vie. Était-elle comme Cersei en fin de compte? Si Jon avait été quelqu'un de moins droit aurait-elle abandonné toute morale? Sans doute que oui, elle avait été élevée avec l'idée, comme beaucoup de Targaryen, qu'elle se marierait avec Vyseris son frère.

-Les targaryen ne se sont jamais gênés pour...

-Mais les Stark si, intervint Jon, et je suis un Stark, de part le sang de Lyanna et mon éducation.

-Nous parlerons de cela plus tard, je vais d'abord récupérer mon trône lança-t-elle avec férocité, notre armée doit être presque arrivée à Port-Réal maintenant, Peyrdragon n'est qu'à quatre jours de cheval de Port-réal, nous les aurons rejoints en quelques heures, je ne me sens pas tranquille d'avoir laissé le commandement à Vers-gris avec la disparition de Missandei,...

-Il ne reste plus que nous deux Davos et Tyrion ici constata Jon, j'imagine qu'ils viennent avec nous.

-Jon, je n'ai pas encore totalement perdu la raison, je comprends bien que si je veux être respectée par mes sujets je dois avoir auprès de moi des visages qui sont connus d'eux, des gens plus qu'ils connaissent et ultérieurement opposés qui de part leur accord à mon propos prouveront que je suis digne du trône de fer, soupira-t-elle, même si cela veut dire que nous allons devoir passer huit heures tous les quatre sur ce dragon, désolé mon bébé termina-t-elle à l'adresse du dit dragon en tapotant sa peau écailleuse.

-Tu seras une reine formidable murmura Jon, comme contre son gré.

-Et tu aurais fait un roi exceptionnel répondit-elle, amèrement, en réalité, au plus profond d'elle-même elle savait que s'il était celui qu'elle aimait c'était pour cela, parce qu'à lui seul il représentait tout ce qu'elle avait juré de protéger en décidant de devenir reine, l'innocence, l'honneur, le devoir, la loyauté.

-Retournons chercher vos conseillers ma reine, avant que je ne change d'avis, conclut Jon.

Lorsque Lord Davos et Lord Tyrion apprirent qu'ils allaient réellement monter sur un dragon, tous deux parurent retomber en aenfance. Daenerys, déjà installée leurs fit signe d'approcher, Jon à côté d'eux arborait un sourire complice, il devait se souvenir de la joie qu'on éprouvait lors du premier vol. Le deux autres regardaient avec un mélange de crainte et d'admiration la créature qui à leur approche se tendit. Avec satisfaction Daenerys comprit que sans sa présence, Drogon n'aurait jamais laissé personne monter sur son dos à part peut-être, son neveu, le dernier des Targaryen.

Ser davos salua profondément le Dragon comme il l'aurait fait d'un souverain et Lord Tyrion se mit à lui parler doucement comme à un petit enfant. Tout deux étaient si différents et si semblables dans leur manière d'affronter la situation que Daenerys émit un rire de jeune fille, léger et musicale comme elle n'en émettait pas souvent et désormais ils étaient trois à la regarder comme si elle était un dragon avec crainte et admiration.

Lorsqu'ils arrivèrent aux abords de Port-réal, le jour ne s'était pas encore levé, ils avaient survolé leur armée quelques minutes auparavant c'est pourquoi elle ne s'attendait pas à voir des personnes l'accueillir. Les gens, peut-être jusqu'à cinq cent d'entre eux vue l'énorme masse sombre qu'ils représentaient fuyaient vers elle depuis la direction de Port-réal. Daenerys eut un instant peur que ce fut une faction de l'armée de Cersei envoyée au dehors pour mettre en déroute les assaillants mais en étudiant le groupe, elle observa qu'il se déplaçait sans ordre et que les trois quarts des silhouettes étaient trop petites et trop fines pour être celles d'hommes d'armes. À la manière dont ils regardaient le ciel cependant, ils l'avaient vue. Elle atterrit alors sur la route royale et elle et ses trois compagnons furent bientôt rejoint par trois cavaliers.

L'un d'eux était un garçon de quinze ou seize ans à l'air solennel sur lequel se précipita Jon, Brandon Stark avait donc quitté Winterfell et traversé le pays pour venir ici.

-Que fais-tu là Bran? s'écria Jon, j'ai reçu votre lettre hier, où sont tes soeurs?

-Elles sont à l'intérieur de la ville répondit Bran distraitement, elles pourraient avoir besoin de votre aide, ajouta-t-il en se tournant vers Daenerys.

C'était absurde, Arya et Sansa Stark étaient à ses yeux les deux personnes les moins susceptibles de vouloir de son aide. Pour éliminer la menace qui pesait sur leur précieux nord, oui, mais de l'aide pour sauver leurs vies à elles, cela n'était pas possible.

-Elles, Lady Brienne, ser Jaime Lannister et d'autres chevaliers sont entrés dans la ville pour tenter de négocier la reddition de Cersei, poursuivit Bran.

-Ne ments pas Brandon Stark, ta soeur Arya ne serait jamais entrée dans cette ville avec d'autres intentions que de tuer la reine asséna-t-elle, certaine, le masque passif de l'étrange garçon resta en place, seul un petit tressaillement presque indéchiffrable lui fit déduire qu'elle avait visé juste.

-En effet, se sont les plans d'Arya, s'opposent-ils aux vôtres? contra Bran.

-Non pas vraiment, mais c'est à moi de décider de la mort de Cersei et non à elle, aussi courageuse soit-elle Arya ne va pas diriger ce pays, la décision ne doit pas venir d'elle.

-Arya n'était pas seule, nous l'avons rattraper en chemin rappela Bran, Jaime connaît sa soeur, peut-être qu'il trouvera les mots justes.

-Je ne veux pas faire la paix avec elle rappela Daenerys, agacée, je dois me débarrasser d'elle, c'est une nuisance pour ce royaume.

-Je suis d'accord avec vous votre majesté convint le garçon, toujours sur son cheval, alors qu'elle était à terre mais ne serait-il pas mieux d'organiser un procès? Pour montrer que vous faites les choses dans les règles?

-Oui accorda-t-elle, mais si nous commençons à parler de procès, son frère aussi devra justifier ses actes, Lady Arya et Lady Sansa aussi, pour être en train d'interférer dans des affaires politiques graves.

-Excusez moi votre grâce fit alors une jeune fille, s'extrayant de la foule ammassée à distance respectueuse, Sansa Stark et deux chevaliers sont venus dire à l'orphelinat dans lequel je travaille que la reine légitime arrivait avec ses dragons et que nous devrions venir à votre rencontre pour témoigner de notre soutien.

-Lady Sansa a dit que j'étais la reine légitime? interrogea Daenerys d'un ton sceptique.

La jeune fille rosit légèrement, ses doigts se mirent à triturer le noeuf d'un baluchon de toile:

-Ce n'est peut-être pas exactement ce qu'elle a dit admit-elle, avec gêne mais aussi une pointe d'amusement, mais elle vous soutenait clairement contre Cersei.

Daenerys se tourna vers ses conseilles, malgré une légère anxiété, Jon, Tyrion et Davos ne pouvaient s'empêcher de sourire même elle était impressionnée par la hardiesse de la gamine qui s'adressait à une étrangère se tenant auprès d'un dragon

comme à une égal, malgré son respect des titres protocolaires.

-Qui es-tu?

-Je m'appelle Faérie, et je préférerais qu'on arrête de me demander cela aujourd'hui, c'est très embarrassant lança-t-elle avec quelque chose de purement elfique dans ses yeux noisettes.

Daenerys remarqua alors que quelques enfants faisant sans doute partie des orphelins s'étaient timidement approchés, leur attention absorbé entièrement par Drogon.

-C'est un vrai vous voyez murmura un petit à deux autres enfants.

-Biensûr que oui c'est un vrai chuchota une petite fille en poussant le premier pour voir, même que c'est le plus beau dragon que j'ai jamais vu.

-Tu n'en avais jamais vue avant protesta un troisième, et en plus sa mère c'est la plus belle reine que j'ai jamais vu.

Daenerys était rarement attendrie mais voir ses pauvres enfants dont certains n'avaient même pas de chaussures fascinés par son dragon lui redonnait futilement de l'espoir dans sa capacité à gagner l'affection de ces gens. Elle remarqua de surcroît que même les adultes ne pouvaient supprimer un brin d'émerveillement enfantin sur leurs visage.

-Où sont mes soeurs? questionna Jon, et lui qui accusait toujours Daenerys d'être agressive, il avait une expression presque féroce sur le visage à cet instant.

-Nous n'en n'avons vu qu'une intervint un homme qui portait sur son épaule un sac de légumes, les deux chevaliers et elle faisaient diversion au niveau des portes en se battant contre les gardes quand nous sommes passés.

-En tout cas elle essayait concéda Faérie, avec un petit sourire arrogant, à un moment j'ai failli les rejoindre parce que j'ai cru qu'elle allait juste s'enfuir ou tomber inanimée sur le sol, mais la femme chevalier et l'autre se battaient bien et on a pas vu la suite.

Jon et Tyrion arboraient des expressions anxieuses, ce qui agaça Daenerys.

Un flot continue d'habitants de la capitale continuait de déferler sur eux et Daenerys commençait à craindre que cela n'empêche son armée d'approcher. Ils finirent par tirer de Bran que le Limier, Jaime Lannister Arya Stark et un chevalier de l'île aux ours devaient actuellement se trouver dans le donjon rouge alors que Sansa, Brienne et Ser Edmund Thorne devraient reparaître d'un instant à l'autre si les choses s'étaient bien passées. Les Stark et leurs amis se mêlaient-ils donc toujours de tout? se demanda-t-elle avec mauvaise humeur et aussi mauvaise foie car à en croire les terribles histoires qui circulaient les Stark ne désiraient au début que rester ensemble dans leurs terres enneigées et tout avait mal tourné quand on les en avait tiré. Maintenant qu'ils s'étaient mis dans une situation impossible que pouvait bien faire Daenerys sinon envoyer une mission de sauvetage et non d'attaque? Jon ne la laisserait jamais brûler ne serait-ce qu'une cabane dans une ville où ces deux petites soeurs gambadaient librement, même Tyrion y serait opposé d'autant plus que Jaime qui était son frère aussi étrange que cela puisse paraître s'y trouvait également.

D'un côté cela donnait envie à Daenerys de foncer sur son dragon et d'attaquer la ville rien que pour leur montrer qu'ils ne pouvaient pas lui dire ce qu'elle avait à faire. C'était immature irresponsable, illogique tout bonnement ce que Vyserys aurait fait. De l'autre, la jeune femme avait un cerveau et elle comprenait que la chose la plus sage à faire était de se rendre avec son dragon et quelques compagnons au donjonrouge et d'exiger de Cersei qu'elle libère tous les otages qu'elle avait dû récupérer ces dernières heures. La reine folle refuserait, soit parce qu'elle les aurait déjà tué, soit parce qu'elle ne les aurait pas capturé, soit tout simplement parce que tout comme Daenerys l'aurait fait si elle n'avait pas pris le temps d'écouter les autres, elle ne ferait jamais ce que quiconque lui demanderait. Dans ces conditions-là, il serait parfaitement justifié d'exécuter Cersei sans plus de dommages aux habitants de la ville. Daenerys soupira, il semblait bien entendu que quelqu'un avait réfléchi à tout cela avant elle, pour la mener à le penser, et en se remémorant la composition du petit groupe majoritairement impulsif dont il était question, la seule qui avait pu mettre en place tout cela était Sansa Stark.

Des gamins s'approchaient d'elle et de Drogon:

-On nous a dit qu'il est dangereux mais qu'il vous obéit, votre majesté pépilla une enfant.

Elle sourit fièrement et fit approcher les enfants un par un pour ne pas brusquer Drogon en posant leurs mains sur la peau de la créature de légende.

-Votre majesté interrompit Tyrion, aussi fascinant que soit Drogon pour nous tous... je crois que nous devrions agir.

Daenerys acquiesça vaguement gênée, et se tourna vers la foule de plus d'un millier de personnes qui l'entourait, un peu perdue. Alors que la neige se remettait à tomber en même temps qu'un faible soleil d'hiver dardait ses premiers rayons sur l'étrange assemblée, trois chevaux apparurent galopant vers eux.

Daenerys devina rapidement ce dont il s'agissait car Cersei n'aurait jamais envoyé trois soldats seulement pour la rencontrer comme émissaires. Si ce qu'on lui avait dit sur Cersei était vrai, elle n'essairait pas d'engager la discussion. Un jeune chevalier aux cheveux châtains fut le premier à terre, l'air essoufflé mais intact il attendit avec déférence que Brienne et Sansa l'aient rejoints pour se diriger vers Daenerys et Jon. Tous trois les saluèrent respectueusement, mais Jon ne semblait pas se soucier du protocole, il partagea une accolade avec Ser Edmund et lady Brienne et serra sa soeur dans ses bras pour se reculer effrayé.

Sansa, en plus d'avoir, tout comme Lady Brienne les cheveux à moitié recouverts d'une horrible substance noirâtre dégoulinante, arborait une ample tâche rouge sur sa gorge pâle qui goûtait sur une partie de ses vêtements.

-Ce n'est rien rassura la jeune fille, enfin, j'ai failli connaître le même sort que mère, déjà que j'avais hérité de little finger, j'aimerai bien aussi avoir les côté positifs de sa vie si possible, tenta-elle de plaisanter mais Daenerys comprit qu'elle était sur le point de s'écrouler de fatigue.

La jeune Stark n'avait peut-être pas eu une vie facile jusqu'à présent, mais contrairement à la plupart d'entre eux, elle n'avait jamais eu à courir la nuit entière une arme à la main au milieu d'adversaires près à en découdre, et apparamment l'expérience n'était pas plaisante.

-Arya est toujours dans la ville constata-t-elle, la voix presque désincarnée.

-Venez Sansa on va trouver de l'eau pour nettoyer tout ça déclara Brienne, et de quoi faire un bandage pour votre blessure.

Brienne entraîna Sansa, un bras autour de ses épaules pour la soutenir, vers un ruisseau à une centaine de mètres de distance et Daenerys envoya quelqu'un à son armée seulement cinq cent mètres en arrière pour demander les produits médicaux nécessaires au traitement de la blessure.

Elle avait beau avoir des relations compliquées avec Sansa Stark, et penser qu'elles avaient des caractères trop différents pour jamais s'entendre, la fatigue et l'adrénaline avaient repoussé le calme d'acier de l'aînée des Stark pour ne laisser dessous, qu'une fille à l'air impossiblement jeune et dévastée.

-Ser Davos vous partagerez le commandement de mon armée avec Versgris ordonna-t-elle au chevalier oignon, vous placerez le gros de nos troupes à l'entrée de la ville en en faisant rentrer une partie pour maîtriser les gardes, si la compagnie dorée malgré sa minorité numérique attaque défendez-vous, faites-les reculer, mais ne dévastez pas la cité et aussitôt que vous entendrez les cloches du Donjon rouge sonner, arrêtez les combats, je vais aller dénicher Cersei Lannister et je reviendrai le plus vite possible.

Ser Davos opina d'un air approbateur et récupérant un des chevaux laissés par les nouveaux- venus et se dirigea vers leur troupe.

-Je viens avec toi assura Jon.

Elle accepta sans rechigner, le soutien de Jon lui permettait de trouver en elle la force de faire ce qui était juste, ce qui devait être fait.

-Podrick, Ser Thorne, Bran prévenez Lady Sansa et Lady Brienne que si elles veulent que je ferme les yeux sur leur comportement discutable elles ont intérêt à s'occuper de ces pauvres gens, de les emmener au loin si jamais une armée Lannister rageuse d'avoir perdu se sentait d'humeur à massacrer des innocents sur leurs chemin pour rentrer dans l'ouest.

-Oui votre majesté répondirent-ils en coeur.

Jon était reconnaissant que Daenerys demande à son frère et à sa soeur de rester avec tout ces gens, qui selon lui, devina-t-elle, seraient plus suceptibles de protéger les derniers des Stark que l'inverse. Daenerys avait pensé à cela, elle avait également pensé que cela agacerait Sansa de recevoir des ordres menaçants de sa part et de devoir rester debout dans son état et de se comporter en leader auprès d'inconnus qui ne lui faisaient sans doute pas encore confiance. Elle utilise mon dragon pour me faire respecter, mais elle n'en a pas, elle, piaillait une petite voix mesquine à l'intérieur de sa tête. Le problème, avec les Stark, songea-t-elle en regardant Jon lui sourire d'un air niais, c'est que vous ne pouviez pas véritablement leur en vouloir pour aucune raison valable.

-Tyrion, vous aussi vous venez avec moi, se sont les dégâts causés par votre famille que nous allons réparer après tout, ajouta-t-elle, à l'adresse du moins impressionnant et pourtant du plus intelligent des Lannister qui avait observé la jeune Stark avec une expression que Daenerys ne pouvait déchifrer, un mélange de soulagement, de culpabilité et de douleur.

-Biensûr approuva-t-il, partagé entre la fierté d'avoir sa confiance, et quelque chose comme de la peur à l'idée de ce qui allait arriver.

Ce qui rappela une fois encore, à Daenerys qu'au final, quelque soit les serments, la famille gardait une importance sacré, même quand ladite famille consistait en une pair de jumeaux agressifs et incestueux. Cela la déprima un peu, car quant à elle, elle n'avait plus de famille à part Jon, dont elle ne pouvait supporter l'idée d'être la tante et qui ne pouvait supporter celle d'être son amant.

Elle s'envola donc sur le dos de Drogon, avec Jon et Tyrion discutant derrière elle de la meilleur manière d'approcher le donjon. Daenerys n'avait pas toujours raison et comme beaucoup, elle avait des certitudes difficiles à accepter pour les autres. Elle était certaine cependant que le sang des dragons coulait dans ses veines, qu'elle était née de l'orage, qu'elle pouvait briser les chaînes, elle comprenait également que le feu des dragons pouvait illuminer et réchauffer les autres plutôt que de les forcer à la soumission en brûlant tout sur son passage et qu'une fois sur le trône de fer, il lui faudrait plus souvent user de clémence que de violence. Elle pourrait le faire, peut-être, si Jon voulait bien continuer de lui sourire comme si elle était plus importante que l'univers tout entier.

note: Désolée pour les fans de Daenerys, il y aura peu de chapitres de son point de vue, et la fic va de moins en moins se concentrer sur elle.